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1206 ‘ L’INITIATION le Dr de Chateaubourg. A la première séance, le sujet dit à notre confrère : « Tu soignes des malades en quantité « C'est pour la Charité « Tu es tourmenté « Tu en es préoccupé. « Déclaration vague s’il en fut. Aussi notre con— frère dit-il: «Je sortis donc de chez M"° Couédon « fort peu édifié sur sa mission et ne trouvant là rien de remarquable. » « A la seconde séance, le mardi 24 mars, « l’ange » (pour parler comme le sujet) annonça deux faits inconnus du docteur et qui se réalisèrent, l’un le len demain, l’autre quelques jours après. Il faut noter, Messieurs, la différence caractéristique entre la géné ralité des termes de la première séance et la précision progressz‘ne des termes employés dans les séances ultérieures, 24 mars, 30 mars, 1“" avril. « Or, que serait—il arrivé si le Dr de Chateaubourg, imitant la généralité des consultants, n’avait pas pris sur lui de revenir et d’étudier encore plusieurs fois ce sujet ? « Il en serait resté sur son impression défavorable et pour quelle cause ? Uniquement pour cause d’aban don du problème avant sa solution ou mieux avant l’établissement des éléments les plus indispensables à sa solution. « Ce qui est donc le plus curieux, ce n’est pas de voir le sujet incapable de parler positivement avant trois ou quatre séances, c’est de constater que, dans
2LE CAS DE MADEMOISELLE COUÉDON 207 certains cas, des faits réels et probants ont été pro— duits en une seule séance, car, encore une fois, c’est là l’exception et non pas la règle. « Enfin j’appellerai'tout spécialement l’attention de la Société sur ce point capital. Le sujet présente DEUX ÉTATS : l’état dit normal et l’état d’incarnalion, qu’on peut aussi appeler « état second ». De ces deux états. quel est le plus intéressant pour nous tous P « Ce n’est certainement pas le premier, puisqu’il ne diffère en rien (ou en presque rienl de l’état de toute jeune fille d’idées religieuses et de même âge que le sujet. C’est l’état second. La logique la plus élémentaire nous conduit donc à poser comme troi— sième élément d’étude : « 3° Étudier beaucoup plus longuement l’état second ou prophétique que l’état premier ou normal et surtout ne pas faire entre ces deux états des analogies qui ne seraient pas rigoureusement corroborées par des faits. « Je résume les éléments qui, à mon avis, consti— tuent une base sérieuse et solide d’appréciation, d’après les faits acquis jusqu’à ce jour. « 1° Causerie avec le sujet ou étude en tête—à-tête. « 2° N e jamais se borner à une seule séance d’étude. « 3° Étudier plus longuement l’état second que l’état premier. « Nous pouvons maintenant nous rendre compte de l’origine des divergences de vues signalées entre nos confrères et qui sont des conséquences forcées de l’oubli d’une ou des trois conditions fondamentales ci-dessus énumérées.
3208 L'INITIATION « Certains confrères n’ont jamais vu le sujet. On vient leur demander leur avis, et il est tout clair qu’ils répondent, suivant leur spécialité. —- C’est une hysté— rique, une névropathe, dit M.‘le Dr Maurice de Fleury (Figaro), avec excitation maladive de la circonvolu— tion de Broca. « Il est clair que,si on venait me demander mon ' avis sur une prophétesse du Kamchatka, et, si je vou lais répondre d’après mon imagination, je ne pourrais donner aucune autre conclusion que celle de mon confrère de Fleury. Il n’a rempli aucune des trois conditions élémentaires nécessaires à l’élucidation du prOblème. Il en est de même du D' Bérillon. « Je ne parlerai pas, Messieurs, des jugements médicaux portés par des reporters, comme le stupé fiant exemple que nous en fournit un des derniers numéros du Figaro, accusant le sujet, sans l’avoir vu, d’écholalie! Nous nous en tiendrons aux opinions réellement discutables, celles de nos confrères. « Voici un de nos maîtres les plus éminents le Dr Dumonpallier. Il a vu le sujet un quart d’heure en présence de cinquante personnes, il a parlé cinq mi nutes au sujet à l’état normal et n’a vu l’état second qu’en présence également de tous les membres de la Société, et cependant un court examen a suffià notre éminent maître pour constater un fait de la plus haute importance au point de vue médical: l’absence for melle de tout symptôme d’hyste’rz‘e. ‘« Le Dr Dumontpallier a cru à une fraude, il a cru se trouver en présence d’une farceuse. Lequel de nous, avec des moyens si défectueux d’investigation, et vou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1206 ‘ L’INITIATION le Dr de Chateaubourg. A la première séance, le sujet dit à notre confrère : « Tu soignes des malades en quantité « C'est pour la Charité « Tu es tourmenté « Tu en es préoccupé. « Déclaration vague s’il en fut. Aussi notre con— frère dit-il: «Je sortis donc de chez M"° Couédon « fort peu édifié sur sa mission et ne trouvant là rien de remarquable. » « A la seconde séance, le mardi 24 mars, « l’ange » (pour parler comme le sujet) annonça deux faits inconnus du docteur et qui se réalisèrent, l’un le len demain, l’autre quelques jours après. Il faut noter, Messieurs, la différence caractéristique entre la géné ralité des termes de la première séance et la précision progressz‘ne des termes employés dans les séances ultérieures, 24 mars, 30 mars, 1“" avril. « Or, que serait—il arrivé si le Dr de Chateaubourg, imitant la généralité des consultants, n’avait pas pris sur lui de revenir et d’étudier encore plusieurs fois ce sujet ? « Il en serait resté sur son impression défavorable et pour quelle cause ? Uniquement pour cause d’aban don du problème avant sa solution ou mieux avant l’établissement des éléments les plus indispensables à sa solution. « Ce qui est donc le plus curieux, ce n’est pas de voir le sujet incapable de parler positivement avant trois ou quatre séances, c’est de constater que, dans
2LE CAS DE MADEMOISELLE COUÉDON 207 certains cas, des faits réels et probants ont été pro— duits en une seule séance, car, encore une fois, c’est là l’exception et non pas la règle. « Enfin j’appellerai'tout spécialement l’attention de la Société sur ce point capital. Le sujet présente DEUX ÉTATS : l’état dit normal et l’état d’incarnalion, qu’on peut aussi appeler « état second ». De ces deux états. quel est le plus intéressant pour nous tous P « Ce n’est certainement pas le premier, puisqu’il ne diffère en rien (ou en presque rienl de l’état de toute jeune fille d’idées religieuses et de même âge que le sujet. C’est l’état second. La logique la plus élémentaire nous conduit donc à poser comme troi— sième élément d’étude : « 3° Étudier beaucoup plus longuement l’état second ou prophétique que l’état premier ou normal et surtout ne pas faire entre ces deux états des analogies qui ne seraient pas rigoureusement corroborées par des faits. « Je résume les éléments qui, à mon avis, consti— tuent une base sérieuse et solide d’appréciation, d’après les faits acquis jusqu’à ce jour. « 1° Causerie avec le sujet ou étude en tête—à-tête. « 2° N e jamais se borner à une seule séance d’étude. « 3° Étudier plus longuement l’état second que l’état premier. « Nous pouvons maintenant nous rendre compte de l’origine des divergences de vues signalées entre nos confrères et qui sont des conséquences forcées de l’oubli d’une ou des trois conditions fondamentales ci-dessus énumérées.
3208 L'INITIATION « Certains confrères n’ont jamais vu le sujet. On vient leur demander leur avis, et il est tout clair qu’ils répondent, suivant leur spécialité. —- C’est une hysté— rique, une névropathe, dit M.‘le Dr Maurice de Fleury (Figaro), avec excitation maladive de la circonvolu— tion de Broca. « Il est clair que,si on venait me demander mon ' avis sur une prophétesse du Kamchatka, et, si je vou lais répondre d’après mon imagination, je ne pourrais donner aucune autre conclusion que celle de mon confrère de Fleury. Il n’a rempli aucune des trois conditions élémentaires nécessaires à l’élucidation du prOblème. Il en est de même du D' Bérillon. « Je ne parlerai pas, Messieurs, des jugements médicaux portés par des reporters, comme le stupé fiant exemple que nous en fournit un des derniers numéros du Figaro, accusant le sujet, sans l’avoir vu, d’écholalie! Nous nous en tiendrons aux opinions réellement discutables, celles de nos confrères. « Voici un de nos maîtres les plus éminents le Dr Dumonpallier. Il a vu le sujet un quart d’heure en présence de cinquante personnes, il a parlé cinq mi nutes au sujet à l’état normal et n’a vu l’état second qu’en présence également de tous les membres de la Société, et cependant un court examen a suffià notre éminent maître pour constater un fait de la plus haute importance au point de vue médical: l’absence for melle de tout symptôme d’hyste’rz‘e. ‘« Le Dr Dumontpallier a cru à une fraude, il a cru se trouver en présence d’une farceuse. Lequel de nous, avec des moyens si défectueux d’investigation, et vou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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