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1200 L’INITIATION Aujourd’hui, une petite bourgeoise prophétise, elle annonce des événements quz'ai*rz‘ventau jour annoncé, elle prouve sa mission par des faits très nets de vision dans l’atmosphère invisible des milliers de personnes qui viennent la consulter, elle refuse tout cadeau’et toute rétribution : voilà de quoi rendre fous de colère tous les pharisiens contemporains, et Dieu sait si la graine s’est multipliée depuis l‘origine! Tout le journalisme matérialiste, tous les exploi teurs et les jouisseurs qu’on dérange dans leurs tripo tages, hurlent comme un seul homme: « A Charen ton! Un seul a osé tenir tête aux hurlements, un brave. que la vérité n’efi°raye pas, mon ami Gaston Méry, dont l’Inz'tz‘ation a longuement parlé à ses dé buts. A lui seul il a fait taire tous les autres. Les académies n’ayant pas bronché, c’est une société libre, la Société d’études psychiques, qui, très courageusement, a abordé l’étude de ce problème. Je dois rendre ici hautement hommage au Président de cette société; le chanoine Brettes, qui a su conduire les enquêtes avec une largeur d’esprit remarquable. Il sera un peu le Gerson de la voyante. La commission ecclésiastique a conclu sans trop se compromettre en disant que cette jeune fille n’était sûrement pas inspirée par l’Ange Gabriel, mais qu’elle pourrait peut-être être inspirée par le diable, quoique cela ne fût pas bien sûr. Il est clair que si j’avais été un ecclésiastique, j’aurais été « diable ment » (pardon du mot) embarrassé; mais, comme je suis libre de toute attache en cette occurrence, je vais essayer de discuter un peu ce cas. œ-ï-.z;. ..-.m;...mæ,«— . .ÿ/um.,...., . .... A:«. : Wlflm«h. a .. u ,‘w,’ & 1 - . dl
2LE CAS DE MADEMOISELLE COUEDON 201 Avant d’aborder cette discussion, parlerai—je des] véritables pharisiens actuels, mes bons amis de l’Aca— démie des sciences et de l’Académie de médecine? Un seul d’entre eux a un peu de courage devant les faits de ce genre, c’est le professeur de physiologie de la Faculté de médecine, M. Charles Richet. Pour n’avoir pas de difficulté dans ses appréciations, cet honorable savant emploie un procédé renouvelé de Calino. « Revenons à'M"e Couédon. L’Ange Gabriel est une création de son esprit malade, et, quant à sa lucidité, elle n’a pu en donner même la plus minuscule preuve. Son délire est donc du domaine de la fantaisie, et peut-être de la médecine mentale. (Revue scientifique du 9 mai I896, p. 591.) Or je ne crains pas de dire à M. Richet que son appréciation sur M“e Couédon est du domaine de la fantaisie et peut-être de la médecine mentale, attendu qu’il n’y a pas un, mais cinquante faits de lucidité, dont tous les témoins sont à Paris et qui portent sur des réa— lités objectives, comme la découverte des titres cachés depuis trois ans dans un placard muté par un original, depuis lors défunt. La méthode de raisonnement de M. Richet corres pond à peu près à celle du monsieur qui dit: « Suppo sons que Napoléon était nègre » et qui fait ensuite une longue et savante étude sur les nègres à travers les âges. Ce qu’il y ad’intéressant, mon cher professeur, dans le cas de M“° Couédon, ce sont justement les prophéties justes et les preuves de lucidité, et, quoique simple docteur de cette Faculté que vous illustrez, c’est
3202 L’INITIATION à-dire quoique simple microbe par rapport à vous, que vos titres grandissent au moins à la grosseur d’une cellule embryonnaire, j’oserai appeler votre haute attention sur la nécessité d’étudier les sujets dont vous daignez traiter et de ne pas confondre des cas évidents de lucidité avec des faits d’écriture automatique, sur lesquels je partage ou à peu près votre haute opinion, à moins que ce nelsoit vous qui partagiez à ce sujet l’humble avis que je formulais vers [890. Revenons donc à M“c Couédon, et précisons la ques— tion en publiant tout d’abord le rapport que j’établis à son sujet pour la Société d’études psychiques de Paris. RAPPORT PERSONNEL PREMIÈRE PARTIE « Messieurs, « A côté et en dehors du rapport médical, chacun de nous doit, d’après une commune décision, exposer son avis et ses conclusions personnelles concernant M"° Couédon, la Voyante de la rue de Paradis. C’est donc en mon seul nom et au point de vue strictement personnel, que je prends la liberté de développer devant vous la relation suivante, ne voulant en rien engager mes collègues médecins, non plus qu’aucun des membres de la Société qui m’a fait le grand honneur de me conférer une délicate mission. « Vous avez sans doute été frappés comme moi
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1200 L’INITIATION Aujourd’hui, une petite bourgeoise prophétise, elle annonce des événements quz'ai*rz‘ventau jour annoncé, elle prouve sa mission par des faits très nets de vision dans l’atmosphère invisible des milliers de personnes qui viennent la consulter, elle refuse tout cadeau’et toute rétribution : voilà de quoi rendre fous de colère tous les pharisiens contemporains, et Dieu sait si la graine s’est multipliée depuis l‘origine! Tout le journalisme matérialiste, tous les exploi teurs et les jouisseurs qu’on dérange dans leurs tripo tages, hurlent comme un seul homme: « A Charen ton! Un seul a osé tenir tête aux hurlements, un brave. que la vérité n’efi°raye pas, mon ami Gaston Méry, dont l’Inz'tz‘ation a longuement parlé à ses dé buts. A lui seul il a fait taire tous les autres. Les académies n’ayant pas bronché, c’est une société libre, la Société d’études psychiques, qui, très courageusement, a abordé l’étude de ce problème. Je dois rendre ici hautement hommage au Président de cette société; le chanoine Brettes, qui a su conduire les enquêtes avec une largeur d’esprit remarquable. Il sera un peu le Gerson de la voyante. La commission ecclésiastique a conclu sans trop se compromettre en disant que cette jeune fille n’était sûrement pas inspirée par l’Ange Gabriel, mais qu’elle pourrait peut-être être inspirée par le diable, quoique cela ne fût pas bien sûr. Il est clair que si j’avais été un ecclésiastique, j’aurais été « diable ment » (pardon du mot) embarrassé; mais, comme je suis libre de toute attache en cette occurrence, je vais essayer de discuter un peu ce cas. œ-ï-.z;. ..-.m;...mæ,«— . .ÿ/um.,...., . .... A:«. : Wlflm«h. a .. u ,‘w,’ & 1 - . dl
2LE CAS DE MADEMOISELLE COUEDON 201 Avant d’aborder cette discussion, parlerai—je des] véritables pharisiens actuels, mes bons amis de l’Aca— démie des sciences et de l’Académie de médecine? Un seul d’entre eux a un peu de courage devant les faits de ce genre, c’est le professeur de physiologie de la Faculté de médecine, M. Charles Richet. Pour n’avoir pas de difficulté dans ses appréciations, cet honorable savant emploie un procédé renouvelé de Calino. « Revenons à'M"e Couédon. L’Ange Gabriel est une création de son esprit malade, et, quant à sa lucidité, elle n’a pu en donner même la plus minuscule preuve. Son délire est donc du domaine de la fantaisie, et peut-être de la médecine mentale. (Revue scientifique du 9 mai I896, p. 591.) Or je ne crains pas de dire à M. Richet que son appréciation sur M“e Couédon est du domaine de la fantaisie et peut-être de la médecine mentale, attendu qu’il n’y a pas un, mais cinquante faits de lucidité, dont tous les témoins sont à Paris et qui portent sur des réa— lités objectives, comme la découverte des titres cachés depuis trois ans dans un placard muté par un original, depuis lors défunt. La méthode de raisonnement de M. Richet corres pond à peu près à celle du monsieur qui dit: « Suppo sons que Napoléon était nègre » et qui fait ensuite une longue et savante étude sur les nègres à travers les âges. Ce qu’il y ad’intéressant, mon cher professeur, dans le cas de M“° Couédon, ce sont justement les prophéties justes et les preuves de lucidité, et, quoique simple docteur de cette Faculté que vous illustrez, c’est
3202 L’INITIATION à-dire quoique simple microbe par rapport à vous, que vos titres grandissent au moins à la grosseur d’une cellule embryonnaire, j’oserai appeler votre haute attention sur la nécessité d’étudier les sujets dont vous daignez traiter et de ne pas confondre des cas évidents de lucidité avec des faits d’écriture automatique, sur lesquels je partage ou à peu près votre haute opinion, à moins que ce nelsoit vous qui partagiez à ce sujet l’humble avis que je formulais vers [890. Revenons donc à M“c Couédon, et précisons la ques— tion en publiant tout d’abord le rapport que j’établis à son sujet pour la Société d’études psychiques de Paris. RAPPORT PERSONNEL PREMIÈRE PARTIE « Messieurs, « A côté et en dehors du rapport médical, chacun de nous doit, d’après une commune décision, exposer son avis et ses conclusions personnelles concernant M"° Couédon, la Voyante de la rue de Paradis. C’est donc en mon seul nom et au point de vue strictement personnel, que je prends la liberté de développer devant vous la relation suivante, ne voulant en rien engager mes collègues médecins, non plus qu’aucun des membres de la Société qui m’a fait le grand honneur de me conférer une délicate mission. « Vous avez sans doute été frappés comme moi
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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