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110 L'INITIATION de mille angoisses, faire en soi un vide complet où les influences supérieures puissent descendre sans aucun mélange; « prépare-toi à recevoir le pèlerin ; « cherche le guerrier et laisse-le combattre en toi », dit-on au disciple. Il doit faire en son âme la nuit obscure afin que rien de terrestre ne ternisse « la lu mière divine » qui viendra l’illuminer; il doit faire l’absolu silence pour qu’aucun écho d’en bas ne trou ble « la voix d’en haut », « le chant de vie » qui doit se faire entendre au loin. Après les longs et pénibles travaux de cette seconde période, la lumière jaillit enfin, l’incompréhensible fusion commence ; « la fleur qui a grandi dans l'orage « s’épanouit en silence aux rayons du soleil divin »; la divine harmonie retentit admirable; un ravisse ment céleste récompense amplement les souffrances du néophyte, et en même temps la Puissance divine à qui son âme afait place vient opérer par lui avec une facilité croissante les prodiges de la clairvoyance, de la guérison, de la prophétie sacrée. C’est la voie d’amour, où s’exercent les facultés fémi mines. L’autre, à l’inverse, exige du néophyte, avec la même pureté de cœur préliminaire, l’exercice incessant d’une volonté qui doit se faire intrépide et se doubler d’intelligence et de prudence: « Savoir, vouloir, oser, se taire » est ici la devise du disciple. Il est appelé à ' dompter par sa propre énergie les forces inconscientes de la nature, à conjurer les êtres invisibles, à les con— traindre d’opérer pour lui, quand il le souhaite, les prodiges magiques: talismans, guérisons ou révéla
2MARTINES DE PASQUALLY Il ‘Wmpm-‘v tions même. Tout le monde connaît ces opérations que Papus nous a détaillées dans son Traité de Magie pratique en leurs triples degrés d’aimantation, de concentration et d’évocation, ou opération capitale. C’est la voie de Volonté où s’exercent les facultés masculines; c’est celle que les anciens nommaient la magz’a innatumlz's. Deux mots, correspondant à leur opération princi pale,caractérisent nettement ces deux œuvres occultes: La première INVOQUE l’Esprit, la seconde 'l’Évo— QUE (1). Elles ne sont pas les seules : il en est une troisième, moins connue, moins exclusive aussi, moins extrême, qui joint la puissance de la volonté magique à l’hum ble piété du mysticisme, mais en les appliquant à des objets différents. Sans abandonner l’exercice de sa propre initiative, l’initié y appelle à son secours la puissance divinedont il désire se faire l’agent actif. 11 invoque le divin ; il évoque quand il le faut l’hu— main et l’infra-humain. Cette troisième forme de l’Occultisme, qui est la plus pure, la plus puissante, mais la plus difficile aussi, est celle de la The’urgz‘e. C’est elle que définit comme voici le remarquable initié qui a écrit Art Magie. « Les fonctions principales des prêtres anciens « étaient de trois sortes: Trouver le point de contact k-: . (I) Invoquer, vocare—z‘n; appeler en soi, à son secours, sub— jectivement. ' . Evoquer, uocare—ex; appeler l’esprit hors de son séjour, le contraindre à une comparution extérieure, objective.
312 L‘INITIATION ’« ou d’union entre l'homme et les êtres qui lui sont '« supérieurs ; \ « Découvrir les lois constitutives de l’être humain « et lui apprendre à adapter ses actions à la volonté « de ces êtres supérieurs ; « Invoquer ou solliciter leur aide pour l’accomplis « sement de la mission terrestre de l'homme. » Pour cette dernière fonction la Théurgie a recours aux élans du mysticisme et développe toutes les facul tés occultes qu’il comporte. Le théurge collabore en— suite avec les puissances supérieures par la projection de sa propre volonté soit surles éléments de la nature physique, soit sur les esprits inférieurs, soit sur ses semblables et à toute distance: la suggestion, la lec ture dans la pensée, l’ubiquité même sont à sa dispo sition s’il le faut. Apollonius de Tyane nous décrit dans le Nuclamé— ron les difficiles degrés de cette énorme initiation; c’est celle des Mages antiques, des Egyptiens dont Moïse est le plus illustre disciple ; c’est encore l’initia tion des alchimistes et des Rose-Croix du moyen âge; c’est celle à laquelle se rapporte Martines, disciple de Bœhm, bien qu’il ne la poursuive pas dans toute son étendue. ' Nous le voyons, en effet, par ses lettres, enseigner une certaine magie cérémonielle facile à reconnaître bien qu’elle n’y soit qu’indiquée. Le rituel s’en accom _ plit la nuit, en période lunaire convenable, principa lement aux équinoxes, mais il est fort simple etexclu sivement protecteur: ni épée ni bâton, aucune arme offensive, un simple cercle éclairé de quelques bou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
110 L'INITIATION de mille angoisses, faire en soi un vide complet où les influences supérieures puissent descendre sans aucun mélange; « prépare-toi à recevoir le pèlerin ; « cherche le guerrier et laisse-le combattre en toi », dit-on au disciple. Il doit faire en son âme la nuit obscure afin que rien de terrestre ne ternisse « la lu mière divine » qui viendra l’illuminer; il doit faire l’absolu silence pour qu’aucun écho d’en bas ne trou ble « la voix d’en haut », « le chant de vie » qui doit se faire entendre au loin. Après les longs et pénibles travaux de cette seconde période, la lumière jaillit enfin, l’incompréhensible fusion commence ; « la fleur qui a grandi dans l'orage « s’épanouit en silence aux rayons du soleil divin »; la divine harmonie retentit admirable; un ravisse ment céleste récompense amplement les souffrances du néophyte, et en même temps la Puissance divine à qui son âme afait place vient opérer par lui avec une facilité croissante les prodiges de la clairvoyance, de la guérison, de la prophétie sacrée. C’est la voie d’amour, où s’exercent les facultés fémi mines. L’autre, à l’inverse, exige du néophyte, avec la même pureté de cœur préliminaire, l’exercice incessant d’une volonté qui doit se faire intrépide et se doubler d’intelligence et de prudence: « Savoir, vouloir, oser, se taire » est ici la devise du disciple. Il est appelé à ' dompter par sa propre énergie les forces inconscientes de la nature, à conjurer les êtres invisibles, à les con— traindre d’opérer pour lui, quand il le souhaite, les prodiges magiques: talismans, guérisons ou révéla
2MARTINES DE PASQUALLY Il ‘Wmpm-‘v tions même. Tout le monde connaît ces opérations que Papus nous a détaillées dans son Traité de Magie pratique en leurs triples degrés d’aimantation, de concentration et d’évocation, ou opération capitale. C’est la voie de Volonté où s’exercent les facultés masculines; c’est celle que les anciens nommaient la magz’a innatumlz's. Deux mots, correspondant à leur opération princi pale,caractérisent nettement ces deux œuvres occultes: La première INVOQUE l’Esprit, la seconde 'l’Évo— QUE (1). Elles ne sont pas les seules : il en est une troisième, moins connue, moins exclusive aussi, moins extrême, qui joint la puissance de la volonté magique à l’hum ble piété du mysticisme, mais en les appliquant à des objets différents. Sans abandonner l’exercice de sa propre initiative, l’initié y appelle à son secours la puissance divinedont il désire se faire l’agent actif. 11 invoque le divin ; il évoque quand il le faut l’hu— main et l’infra-humain. Cette troisième forme de l’Occultisme, qui est la plus pure, la plus puissante, mais la plus difficile aussi, est celle de la The’urgz‘e. C’est elle que définit comme voici le remarquable initié qui a écrit Art Magie. « Les fonctions principales des prêtres anciens « étaient de trois sortes: Trouver le point de contact k-: . (I) Invoquer, vocare—z‘n; appeler en soi, à son secours, sub— jectivement. ' . Evoquer, uocare—ex; appeler l’esprit hors de son séjour, le contraindre à une comparution extérieure, objective.
312 L‘INITIATION ’« ou d’union entre l'homme et les êtres qui lui sont '« supérieurs ; \ « Découvrir les lois constitutives de l’être humain « et lui apprendre à adapter ses actions à la volonté « de ces êtres supérieurs ; « Invoquer ou solliciter leur aide pour l’accomplis « sement de la mission terrestre de l'homme. » Pour cette dernière fonction la Théurgie a recours aux élans du mysticisme et développe toutes les facul tés occultes qu’il comporte. Le théurge collabore en— suite avec les puissances supérieures par la projection de sa propre volonté soit surles éléments de la nature physique, soit sur les esprits inférieurs, soit sur ses semblables et à toute distance: la suggestion, la lec ture dans la pensée, l’ubiquité même sont à sa dispo sition s’il le faut. Apollonius de Tyane nous décrit dans le Nuclamé— ron les difficiles degrés de cette énorme initiation; c’est celle des Mages antiques, des Egyptiens dont Moïse est le plus illustre disciple ; c’est encore l’initia tion des alchimistes et des Rose-Croix du moyen âge; c’est celle à laquelle se rapporte Martines, disciple de Bœhm, bien qu’il ne la poursuive pas dans toute son étendue. ' Nous le voyons, en effet, par ses lettres, enseigner une certaine magie cérémonielle facile à reconnaître bien qu’elle n’y soit qu’indiquée. Le rituel s’en accom _ plit la nuit, en période lunaire convenable, principa lement aux équinoxes, mais il est fort simple etexclu sivement protecteur: ni épée ni bâton, aucune arme offensive, un simple cercle éclairé de quelques bou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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