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1A PROPOS DE MARTINES DE PASQUALLY 201 _..:att 5...“.7 -. W Y w??‘.‘Ù'"WP“"E’Ë . e‘-æi.‘._aÆ"I Pasqualis et une vocation qui lui semblait irrésistible, il quitta brusquement le service, malgré les exhorta tions de ses parents, de ses amis et de son protecteur, se brouilla avec son père et se voua aux œuvres de sa ' ‘ science mystique et à la pauvreté. Il s’était proposé de ne rien demander à son père, et, réduit au pain et à l’eau, c’est en se chauffant au feu d’une cuisine de gar— gote qu’il a composé son traité des Erreurs et de la Vérité. Le débit de ce livre, le premier et le meilleur qu’il a écrit (1), l’a aidé à subsister jusqu’à ce que M“ de la Croix, qui courait une carrière approchante de la sienne, l’ait recueilli chez elle. Mais bientôt ils se brouillèrent, voulant s’endoctrinerl’un l’autre, et Saint— Martin, ayant hérité d’une tante cinquante louis de rente, se trouva fort riche et publia quelques nouveaux ouvrages qui augmentèrent son aisance: c’est alors qu’il ouvrit une petite école et je devins son disciple. Tout ce qu’il m’a appris est si peu important, et je l’ai si parfaitement oublié, que je ne crains pas d’être indiscret, en parlant de sa doctrine. Le peu que j’en dirai m’appartient; je le dois à l’application avec la— quelle je n’ai cessé de relire son livre, à l’attention avec laquelle j’ai saisi chaque mot échappé à mon Harpocrate (2) et peut-être à mon talent pour la devi— (I) Nous donnons pour ce qu’elles valent les appréciations du baron de Gleichen sur les livres de Saint—Martin. Ces Sou venirs posthumes valent surtout par les détails vécus ; mais la compétence théosophique de l’auteur paraît assez mince, et ses préférences dogmatiques demeurent sujettes à caution. (2) On voit que le baron de Gleichen n’a point si parfaite ment oublié tout ce qu’a pu lui dire son Maître.
2202 L’INITIATlON . T ? Tl l_ÿrfl—\Hñ v-w -w nation (sic) de tous les livres qui traitent de sciences occultes. Celui des Erreurs et de la Vérité est le seul dont le style soit agréable... Bien des gens ont cru que cet ouvrage n’avait été composé que pour ramener le monde à des idées reli gieuses par l’appât du merveilleux. Il est certain qu’il a produit cet effet sur plusieurs personnes de ma con— naissance et sur moi-même; mais j’ai lieu d’assurer que c’est une introduction très savante et très détaillée à la science de la Magie, et qu’il renferme beaucoup de choses, dont l’auteur s’abstenait de parler dans les leçons. La science des nombres, qu’il a représentée sous l’emblème d’un livre à dix feuilles, était de toutes ses connaissances celle à laquelle il attachait le plus haut prix. Il disait l’avoir volée à son maître, et qu’il ne la communiquerait jamais à personne. C’est grand dommage, car c’est sous ce voile mystérieux qu'il a enveloppé les plus rares secrets de son ouvrage. Tout ce qu’il avouait était que les nombres don naient la clé de l’essence de toutes les choses maté rielles pourvu qu’on en connût les véritables noms dans la langue primitive; que, par les nombres on éprouvait les esprits, de même que par les paroles de puissance, pour s’assurer si les uns ou les autres étaient bons ou mauvais; et que tout s’obtenait par l’analyse cabalistique de ces noms et de ces paroles, dont les lettres hébraïques produisaient les dix nombres, qui manifestaient des vérités si importantes. Il ajoutait que l’alphabet hébreu n’était juste que
3A PROPOS DE MARTINES DE PASQUALLY 203 jusqu’à la dixième lettre inclusivement; que le reste avait été brouillé, mais qu’ilen connaissait l'ordre vé— ritable (I). Voilà déjà une confession assez, claire que ces Messieurs s’occupaient de Magie. Un autre aveu que je lui ai arraché est la descrip tion des figures hiéroglyphiques écrites en traits de feu qui lui apparaissaient dans ses travaux, ce dont il lui était ordonné de conserver les dessins, qu’il m’a montrés. Ces figures ne sont autre chose que ce qu‘on appelle les sceaux des esprits, qu'on voit sur les talis— mans, sur les pentacles et autour des cercles magiques. Mais ce n’est qu’en tremblant que Saint-Martin par— lait de toutes ces choses-là. Il assurait que la Magie avait occasionné la chute des esprits et celle de l‘homme; que la seule pensée analogue à ces crimes pouvait nous perdre pour toujours; que sa conscience était chargée de l'âme de ses disciples, et que, par toutes ces raisons, il se trouvait obligé à toutes ces précautions que prescrivaient ses doctrines pour les mener au bien à petits pas, et pour éloigner de cette route ceux que la providence n’a point destinés au grand œuvre des élus, choisis par elle pour combattre le mal sur la terre. Au reste, je conseille à ceux qui veulent étudier le livre des Erreurs et de la Vérité de lire préalablement l’Histoire du Mam'che’isme de Beausobre, qui leur ou— vrira l’intelligence sur les matières fondamentales du livre de Saint-Martin et où ils trouveront de grands rapports avec sa doctrine. (I) Il est impossible de ne pas penser au Tarot.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1A PROPOS DE MARTINES DE PASQUALLY 201 _..:att 5...“.7 -. W Y w??‘.‘Ù'"WP“"E’Ë . e‘-æi.‘._aÆ"I Pasqualis et une vocation qui lui semblait irrésistible, il quitta brusquement le service, malgré les exhorta tions de ses parents, de ses amis et de son protecteur, se brouilla avec son père et se voua aux œuvres de sa ' ‘ science mystique et à la pauvreté. Il s’était proposé de ne rien demander à son père, et, réduit au pain et à l’eau, c’est en se chauffant au feu d’une cuisine de gar— gote qu’il a composé son traité des Erreurs et de la Vérité. Le débit de ce livre, le premier et le meilleur qu’il a écrit (1), l’a aidé à subsister jusqu’à ce que M“ de la Croix, qui courait une carrière approchante de la sienne, l’ait recueilli chez elle. Mais bientôt ils se brouillèrent, voulant s’endoctrinerl’un l’autre, et Saint— Martin, ayant hérité d’une tante cinquante louis de rente, se trouva fort riche et publia quelques nouveaux ouvrages qui augmentèrent son aisance: c’est alors qu’il ouvrit une petite école et je devins son disciple. Tout ce qu’il m’a appris est si peu important, et je l’ai si parfaitement oublié, que je ne crains pas d’être indiscret, en parlant de sa doctrine. Le peu que j’en dirai m’appartient; je le dois à l’application avec la— quelle je n’ai cessé de relire son livre, à l’attention avec laquelle j’ai saisi chaque mot échappé à mon Harpocrate (2) et peut-être à mon talent pour la devi— (I) Nous donnons pour ce qu’elles valent les appréciations du baron de Gleichen sur les livres de Saint—Martin. Ces Sou venirs posthumes valent surtout par les détails vécus ; mais la compétence théosophique de l’auteur paraît assez mince, et ses préférences dogmatiques demeurent sujettes à caution. (2) On voit que le baron de Gleichen n’a point si parfaite ment oublié tout ce qu’a pu lui dire son Maître.
2202 L’INITIATlON . T ? Tl l_ÿrfl—\Hñ v-w -w nation (sic) de tous les livres qui traitent de sciences occultes. Celui des Erreurs et de la Vérité est le seul dont le style soit agréable... Bien des gens ont cru que cet ouvrage n’avait été composé que pour ramener le monde à des idées reli gieuses par l’appât du merveilleux. Il est certain qu’il a produit cet effet sur plusieurs personnes de ma con— naissance et sur moi-même; mais j’ai lieu d’assurer que c’est une introduction très savante et très détaillée à la science de la Magie, et qu’il renferme beaucoup de choses, dont l’auteur s’abstenait de parler dans les leçons. La science des nombres, qu’il a représentée sous l’emblème d’un livre à dix feuilles, était de toutes ses connaissances celle à laquelle il attachait le plus haut prix. Il disait l’avoir volée à son maître, et qu’il ne la communiquerait jamais à personne. C’est grand dommage, car c’est sous ce voile mystérieux qu'il a enveloppé les plus rares secrets de son ouvrage. Tout ce qu’il avouait était que les nombres don naient la clé de l’essence de toutes les choses maté rielles pourvu qu’on en connût les véritables noms dans la langue primitive; que, par les nombres on éprouvait les esprits, de même que par les paroles de puissance, pour s’assurer si les uns ou les autres étaient bons ou mauvais; et que tout s’obtenait par l’analyse cabalistique de ces noms et de ces paroles, dont les lettres hébraïques produisaient les dix nombres, qui manifestaient des vérités si importantes. Il ajoutait que l’alphabet hébreu n’était juste que
3A PROPOS DE MARTINES DE PASQUALLY 203 jusqu’à la dixième lettre inclusivement; que le reste avait été brouillé, mais qu’ilen connaissait l'ordre vé— ritable (I). Voilà déjà une confession assez, claire que ces Messieurs s’occupaient de Magie. Un autre aveu que je lui ai arraché est la descrip tion des figures hiéroglyphiques écrites en traits de feu qui lui apparaissaient dans ses travaux, ce dont il lui était ordonné de conserver les dessins, qu’il m’a montrés. Ces figures ne sont autre chose que ce qu‘on appelle les sceaux des esprits, qu'on voit sur les talis— mans, sur les pentacles et autour des cercles magiques. Mais ce n’est qu’en tremblant que Saint-Martin par— lait de toutes ces choses-là. Il assurait que la Magie avait occasionné la chute des esprits et celle de l‘homme; que la seule pensée analogue à ces crimes pouvait nous perdre pour toujours; que sa conscience était chargée de l'âme de ses disciples, et que, par toutes ces raisons, il se trouvait obligé à toutes ces précautions que prescrivaient ses doctrines pour les mener au bien à petits pas, et pour éloigner de cette route ceux que la providence n’a point destinés au grand œuvre des élus, choisis par elle pour combattre le mal sur la terre. Au reste, je conseille à ceux qui veulent étudier le livre des Erreurs et de la Vérité de lire préalablement l’Histoire du Mam'che’isme de Beausobre, qui leur ou— vrira l’intelligence sur les matières fondamentales du livre de Saint-Martin et où ils trouveront de grands rapports avec sa doctrine. (I) Il est impossible de ne pas penser au Tarot.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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