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1202 l'initiation adeptes. Mais, qu’elle soit admise ou non comme •officielle, elle nous montre une fois de plus qu’en mé decine nulle doctrine n’est sûre de vivre le lendemain, nul axiome n’est posé, quoi qu’en disent les savants de journaux, et que toujours les vieux mots, les vieux rites, les vieille croyances reviennent habillés de neuf montrer leur éternelle vérité, comme de la masse adamique sans cesse jaillissent des individualités nou velles, d’une même terre vers un même ciel. Marc Haven. Il est peu de matières sur lesquelles les rhéteurs se soient aussi abondamment exercés que l’art du dis cours. Mais qui dit rhéteur dit analyste, et tous ces écrivains n’ont illustré que les époques de décadence où les chefs-d’œuvre produits ne pouvaient plus être que commentés. Actuellement même les traditions de l’éloquence latine sont abandonnées ; la parole est descendue de son piédestal jupitérien; elle s’est faite familière, vivante, plus rapide d’expression ; mais aussi, je crois, elle a cessé d’inspirer des génies tels que les orateurs grecs, latins, tels que ceux du xvn' siècle français. Eh bien, puisque cet art s’est adapté, par la force des choses, à notre conception moderne de l’agréable, de l’utile et du pratique, je vais essayer de présenter
2l’art ORATOIRE ET l’ÉSOTÉRISME 2û3 ici quelques idées, fournies par unetrès vieille théorie, celle du quaternaire mystique, lesquelles idées me semblent pouvoir constituer une synthèse systéma tique de l’art oratoire et ses moyens d’action. Envisagé d’une façon générale, un discours est le passage d’une idée de puissance en acte parle moyen d’un orateur. Voici donc une Trinité déjà très caractérisée : l’idée, pure abstraction, une, immuable, et auditoire, la multiplicité féconde et matérialisatrice. La Matière et l’Esprit tendent sans cesse à se rapprocher, à s’unir; ils ne le peuvent qu’au moyen d’un troisième terme, l’orateur, canaldel7»j'oZwZzondel’Idée(i). Ce dernier, dès qu’il commence à parler, à manifester l’idée, ne le fait qu’en se dédoublant : son intelligence reçoit l’idée, et l’assimile, et ses facultés d’expression, sa voix, l’annoncent et la réalisent dans le monde matériel. Ainsi la Trinité pythagoricienne est représentée ici : l’idée est providentielle ; l’auditoire est fatidique, en tant que résultat d’activités passées ; l’orateur est volontaire. Le schéma suivant fera sans doute mieux saisir le quaternaire dont nous parlons. Remarquons qu’il n’est autre que l’X par qui M. de Saint-Yves nous dit que les hiérophantes d’Egypte répondaient au néophyte demandant la connaissance (2). Une fois le discours terminé, l’idée et l’orateur dis- ( 1 ) Voyez Barlet, Principes de Sociologie synthétique, p. 1 2. (2) Mission des Juifs, passim.
320Ô l’initiation La condition première et indispensable pour agir selon cette méthode sera la maîtrise absolue de la raison et de l’ètre instinctif par l’orateur, de manière que le procédé d’exposition, l’allure de l’énoncia tion, la voix et le geste puissent être maniés avec la plus entière liberté. Remarquons en outre que, dès le commencement de l’action oratoire, l’idée subit une série de morts et de renaissances à mesure que l’orateur la manifeste. Par suite, nous n’aurons plus en somme à considérer que le ternaire. Pensée. —Expression. — Auditoire. Pour que l’auditoire reçoive complètement cette pensée, il faut qu’elle lui soit complémentaire ; il s’ensuit pour l’expression la nécessité de revêtir la pensée des apparences de ce complémentarisme : il se formera ainsi un courant orateur-auditoire dont la tendance polarisante aboutira aux actes futurs de l’auditoire, strictement conformes à l’idée primitive. La pensée en soi est nue et sans forme ; l’orateur devra la revêtir du tempérament complémentaire à celui de l’auditoire, c’est-à-dire lui donner une forme générale (sermon, conférence, discours ou harangue) déterminée 'par le monde d’où elle émane (religieux, philosophique, sentimental ou scientifique) et appuyée sur une forme de style convenable. On pourra suivre sur la figure toutes les correspon dances de ces divisions.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1202 l'initiation adeptes. Mais, qu’elle soit admise ou non comme •officielle, elle nous montre une fois de plus qu’en mé decine nulle doctrine n’est sûre de vivre le lendemain, nul axiome n’est posé, quoi qu’en disent les savants de journaux, et que toujours les vieux mots, les vieux rites, les vieille croyances reviennent habillés de neuf montrer leur éternelle vérité, comme de la masse adamique sans cesse jaillissent des individualités nou velles, d’une même terre vers un même ciel. Marc Haven. Il est peu de matières sur lesquelles les rhéteurs se soient aussi abondamment exercés que l’art du dis cours. Mais qui dit rhéteur dit analyste, et tous ces écrivains n’ont illustré que les époques de décadence où les chefs-d’œuvre produits ne pouvaient plus être que commentés. Actuellement même les traditions de l’éloquence latine sont abandonnées ; la parole est descendue de son piédestal jupitérien; elle s’est faite familière, vivante, plus rapide d’expression ; mais aussi, je crois, elle a cessé d’inspirer des génies tels que les orateurs grecs, latins, tels que ceux du xvn' siècle français. Eh bien, puisque cet art s’est adapté, par la force des choses, à notre conception moderne de l’agréable, de l’utile et du pratique, je vais essayer de présenter
2l’art ORATOIRE ET l’ÉSOTÉRISME 2û3 ici quelques idées, fournies par unetrès vieille théorie, celle du quaternaire mystique, lesquelles idées me semblent pouvoir constituer une synthèse systéma tique de l’art oratoire et ses moyens d’action. Envisagé d’une façon générale, un discours est le passage d’une idée de puissance en acte parle moyen d’un orateur. Voici donc une Trinité déjà très caractérisée : l’idée, pure abstraction, une, immuable, et auditoire, la multiplicité féconde et matérialisatrice. La Matière et l’Esprit tendent sans cesse à se rapprocher, à s’unir; ils ne le peuvent qu’au moyen d’un troisième terme, l’orateur, canaldel7»j'oZwZzondel’Idée(i). Ce dernier, dès qu’il commence à parler, à manifester l’idée, ne le fait qu’en se dédoublant : son intelligence reçoit l’idée, et l’assimile, et ses facultés d’expression, sa voix, l’annoncent et la réalisent dans le monde matériel. Ainsi la Trinité pythagoricienne est représentée ici : l’idée est providentielle ; l’auditoire est fatidique, en tant que résultat d’activités passées ; l’orateur est volontaire. Le schéma suivant fera sans doute mieux saisir le quaternaire dont nous parlons. Remarquons qu’il n’est autre que l’X par qui M. de Saint-Yves nous dit que les hiérophantes d’Egypte répondaient au néophyte demandant la connaissance (2). Une fois le discours terminé, l’idée et l’orateur dis- ( 1 ) Voyez Barlet, Principes de Sociologie synthétique, p. 1 2. (2) Mission des Juifs, passim.
320Ô l’initiation La condition première et indispensable pour agir selon cette méthode sera la maîtrise absolue de la raison et de l’ètre instinctif par l’orateur, de manière que le procédé d’exposition, l’allure de l’énoncia tion, la voix et le geste puissent être maniés avec la plus entière liberté. Remarquons en outre que, dès le commencement de l’action oratoire, l’idée subit une série de morts et de renaissances à mesure que l’orateur la manifeste. Par suite, nous n’aurons plus en somme à considérer que le ternaire. Pensée. —Expression. — Auditoire. Pour que l’auditoire reçoive complètement cette pensée, il faut qu’elle lui soit complémentaire ; il s’ensuit pour l’expression la nécessité de revêtir la pensée des apparences de ce complémentarisme : il se formera ainsi un courant orateur-auditoire dont la tendance polarisante aboutira aux actes futurs de l’auditoire, strictement conformes à l’idée primitive. La pensée en soi est nue et sans forme ; l’orateur devra la revêtir du tempérament complémentaire à celui de l’auditoire, c’est-à-dire lui donner une forme générale (sermon, conférence, discours ou harangue) déterminée 'par le monde d’où elle émane (religieux, philosophique, sentimental ou scientifique) et appuyée sur une forme de style convenable. On pourra suivre sur la figure toutes les correspon dances de ces divisions.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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