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1MANDEMENT DE SA GRACE LE PATRIARCHE 9 C’est pourquoi le Très-Hiut Synode, par son décret suivi de notre Exécutoire du 28 septembre 1893, ré tablit le symbolisme albigeois et conféra à tous les membres de l’Ordre Martiniste le rang de Parfaits ou Pneumatiques. Il emprunta aux Albigeois ou Cathares, leurs Evêques, leurs Diacres, leurs Diaconesses, en y ajoutant pour les femmes le titre de Sophia qui équi vaut à celui d’Evêque. Les trois sacrements ou symboles : le Consolamentum, la Fraction du pain et I’Appareillamentum furent restaurés. Il déclara que l’Evangile de Jean était le seul que la Gnose reconnût. Ce décret était signé par Nous et par nos vénérables frères les Evêques de Toulouse, de Béziers, de Milan, de Concorezzo, d’Avignon, et par notre illustre sœur la Sophia de Varsovie. Enfin il décréta la publication de la Catéchèse et des rituels auxquels on travaille actuellement. Nous-même créâmes ensuite l’Ordre de la Colombe du Paraclet, en mémoire des faydits et des Chevaliers et Dames de la guerre Albigeoise et des glorieux mar tyrs de l’inquisition du Midi. Nous conférons par ce Mandement la Colombe d’argent à nos frères les Evêques et à notre sœur la Sophia, avec le titre de Commandeurs, et les autori sons à recevoir les Chevaliers et Chevalières de l’Ordre. Et sera notre Mandement publié par les soins de nos vénérables frères l’Evêque de Toulouse et l’Evêque élu de Rennes. Donné à Monségur, sur le Mont des Martyrs, le
2io l’initiation 26e jour du 2e mois de l’an V de la Restauration de la Gno.se, sous notre sceau patriarcal. f- Valentin, Par mandement de sa Grâce Patriarcale, René du V.-M. Diacre réjérendaire. Patriarche gnostique. Alice L., Diaconesse référendaire. LES LETTRE OUVERTE a MADAME SEVERINE Certes vous nous troublez profondément, madame, dans votre apostolat de bonté. Votre prière au Bon nous élève et nous purifie. Pourquoi, cependant, voulez-vous, avec tant d’in sistance, tenter d’établir un parallèle entre le Christ et Ravachol. Ne sentez-vous pas combien ils se ressemblent peu dans la conception de leur Idéal et combien ils dif fèrent dans sa réalisation. Ne faites-vous pas erreur lorsque vous associez les aspirations des premiers chrétiens aux appétits de nos derniers anarchistes ? Ceux-ci sont les fils de la science sans foi ou sans Idéal, comme vous le dites ;
3LES COMPAGNONS NE SONT PAS DES MESSIES I I ce sont les petits neveux du Positivisme jouisseur et vide, ce sont les produits des manuels de MM. Compayré et Paul Bert. Ils poussent à l'extrême les syl logismes dont ces prud’hommesques universitaires avaient posé les prémices. Ils considèrent, savamment, avec leur petite science de manuel, la pensée comme une sécrétion du cer veau et, dans leur haine bête de la hiérarchie, ils ne veulent pas inférioriser l’encéphale à l’estomac, mais toutes ces idées-là sont garanties par le pouvoir, profes sées par ses représentants et appliquées par ces anar chistes que ce même pouvoir incarcère et tue aujour d’hui, sans doute parce qu’ils ont trop bien compris la philosophie officielle et qu'ils en ont mis les préceptes en pratique. L’anarchiste. Cet homme qui se croit tellement supérieur par la vertu suprême de sa raison infaillible, ce profond penseur traitant de balançoires intéressées les dogmes et la foi, en professe une cependant sur laquelle s’échafaude tout son système ; la foi en la bonté humaine, n’est-ce pas là une foi de circons tance, discutable, et en tout cas sujette à caution ? Et puisque ces philosophes n’admettent que le fait comme outil de raisonnement ou de propagande, est-ce que le fait quotidien, banal ne verse pas sur leur foi un perpétuel jet d’eau froide ? Ne voyons-nous pas beaucoup de gens heureux être de parfaits gredins. — Par pur dilettantisme, les bienfaits ou les élans du cœur se comptent-ils au prorata de la félicité de ceux qui en sont capables ? Elles sont rares, n’est-ce pas, les créatures bienfai12 L INITIATION santés, au point de se priver pour donner, comme je sais que vous le faites, Madame, et n’est-on pas en droit de douter de la générosité d’individus scientifiques et dogmatiques aussi qui vous écharpent chimiquement des tas d’innocents, sous couleur de philanthropie, mais peut-être à fin de troubler une eau dans laquelle ils jettent ensuite le filet? Dans l’état actuel de notre société, il faut du renon cement en haut, et de la résignation en bas de l’échelle sociale, et cette dernière vertu est la plus héroïque et la plus noble, parce qu’elle est la plus humble. Qui nous enseigne le renoncement et la résigna tion ? Qui règle éntre les hommes ces rapports fra ternels par lesquels on doit donner sans cabotinisme, et on peut accepter sans outrage ? La Religion. Ne riez pas, Madame ; c’est encore là que se sèchent les larmes et se réchauffent les cœurs. Je ne veux pas vanter l’excellence de telle ou telle Eglise, aussi n’ai-je pas dit une religion (avec un petit r). Je ne suis pas non plus le champion d’un clérica lisme quelconque ; il y a des cléricalismes autour de toutes les grandes idées, comme des frelons près des ruches. La politique; n’est-ce pas le cléricalisme de la philosophie sociale? Et l’Art, et la Science? n’ontelles pas aussi leurs petites chapelles ou mieux leurs sacristies? Et les fameux libre penseurs. N’ont-ils pas également leurs cléricaux et quels cléricaux ! Quand je dis Religion, j’entends le culte et la pratique du beau, du bon et vrai de quelques formes, de quelques
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1MANDEMENT DE SA GRACE LE PATRIARCHE 9 C’est pourquoi le Très-Hiut Synode, par son décret suivi de notre Exécutoire du 28 septembre 1893, ré tablit le symbolisme albigeois et conféra à tous les membres de l’Ordre Martiniste le rang de Parfaits ou Pneumatiques. Il emprunta aux Albigeois ou Cathares, leurs Evêques, leurs Diacres, leurs Diaconesses, en y ajoutant pour les femmes le titre de Sophia qui équi vaut à celui d’Evêque. Les trois sacrements ou symboles : le Consolamentum, la Fraction du pain et I’Appareillamentum furent restaurés. Il déclara que l’Evangile de Jean était le seul que la Gnose reconnût. Ce décret était signé par Nous et par nos vénérables frères les Evêques de Toulouse, de Béziers, de Milan, de Concorezzo, d’Avignon, et par notre illustre sœur la Sophia de Varsovie. Enfin il décréta la publication de la Catéchèse et des rituels auxquels on travaille actuellement. Nous-même créâmes ensuite l’Ordre de la Colombe du Paraclet, en mémoire des faydits et des Chevaliers et Dames de la guerre Albigeoise et des glorieux mar tyrs de l’inquisition du Midi. Nous conférons par ce Mandement la Colombe d’argent à nos frères les Evêques et à notre sœur la Sophia, avec le titre de Commandeurs, et les autori sons à recevoir les Chevaliers et Chevalières de l’Ordre. Et sera notre Mandement publié par les soins de nos vénérables frères l’Evêque de Toulouse et l’Evêque élu de Rennes. Donné à Monségur, sur le Mont des Martyrs, le
2io l’initiation 26e jour du 2e mois de l’an V de la Restauration de la Gno.se, sous notre sceau patriarcal. f- Valentin, Par mandement de sa Grâce Patriarcale, René du V.-M. Diacre réjérendaire. Patriarche gnostique. Alice L., Diaconesse référendaire. LES LETTRE OUVERTE a MADAME SEVERINE Certes vous nous troublez profondément, madame, dans votre apostolat de bonté. Votre prière au Bon nous élève et nous purifie. Pourquoi, cependant, voulez-vous, avec tant d’in sistance, tenter d’établir un parallèle entre le Christ et Ravachol. Ne sentez-vous pas combien ils se ressemblent peu dans la conception de leur Idéal et combien ils dif fèrent dans sa réalisation. Ne faites-vous pas erreur lorsque vous associez les aspirations des premiers chrétiens aux appétits de nos derniers anarchistes ? Ceux-ci sont les fils de la science sans foi ou sans Idéal, comme vous le dites ;
3LES COMPAGNONS NE SONT PAS DES MESSIES I I ce sont les petits neveux du Positivisme jouisseur et vide, ce sont les produits des manuels de MM. Compayré et Paul Bert. Ils poussent à l'extrême les syl logismes dont ces prud’hommesques universitaires avaient posé les prémices. Ils considèrent, savamment, avec leur petite science de manuel, la pensée comme une sécrétion du cer veau et, dans leur haine bête de la hiérarchie, ils ne veulent pas inférioriser l’encéphale à l’estomac, mais toutes ces idées-là sont garanties par le pouvoir, profes sées par ses représentants et appliquées par ces anar chistes que ce même pouvoir incarcère et tue aujour d’hui, sans doute parce qu’ils ont trop bien compris la philosophie officielle et qu'ils en ont mis les préceptes en pratique. L’anarchiste. Cet homme qui se croit tellement supérieur par la vertu suprême de sa raison infaillible, ce profond penseur traitant de balançoires intéressées les dogmes et la foi, en professe une cependant sur laquelle s’échafaude tout son système ; la foi en la bonté humaine, n’est-ce pas là une foi de circons tance, discutable, et en tout cas sujette à caution ? Et puisque ces philosophes n’admettent que le fait comme outil de raisonnement ou de propagande, est-ce que le fait quotidien, banal ne verse pas sur leur foi un perpétuel jet d’eau froide ? Ne voyons-nous pas beaucoup de gens heureux être de parfaits gredins. — Par pur dilettantisme, les bienfaits ou les élans du cœur se comptent-ils au prorata de la félicité de ceux qui en sont capables ? Elles sont rares, n’est-ce pas, les créatures bienfai12 L INITIATION santés, au point de se priver pour donner, comme je sais que vous le faites, Madame, et n’est-on pas en droit de douter de la générosité d’individus scientifiques et dogmatiques aussi qui vous écharpent chimiquement des tas d’innocents, sous couleur de philanthropie, mais peut-être à fin de troubler une eau dans laquelle ils jettent ensuite le filet? Dans l’état actuel de notre société, il faut du renon cement en haut, et de la résignation en bas de l’échelle sociale, et cette dernière vertu est la plus héroïque et la plus noble, parce qu’elle est la plus humble. Qui nous enseigne le renoncement et la résigna tion ? Qui règle éntre les hommes ces rapports fra ternels par lesquels on doit donner sans cabotinisme, et on peut accepter sans outrage ? La Religion. Ne riez pas, Madame ; c’est encore là que se sèchent les larmes et se réchauffent les cœurs. Je ne veux pas vanter l’excellence de telle ou telle Eglise, aussi n’ai-je pas dit une religion (avec un petit r). Je ne suis pas non plus le champion d’un clérica lisme quelconque ; il y a des cléricalismes autour de toutes les grandes idées, comme des frelons près des ruches. La politique; n’est-ce pas le cléricalisme de la philosophie sociale? Et l’Art, et la Science? n’ontelles pas aussi leurs petites chapelles ou mieux leurs sacristies? Et les fameux libre penseurs. N’ont-ils pas également leurs cléricaux et quels cléricaux ! Quand je dis Religion, j’entends le culte et la pratique du beau, du bon et vrai de quelques formes, de quelques
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