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One moment.
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1l'initiation 198 saviez aussi que la force idéale a deux moyens de se faire accepter: ou de s'exposer simplement aux regards en quelque œuvre solide, en comptant sur le temps pour la laisser survivre aux ruines des autres, ou de se comparer avec éclat à ses rivales en un concours immédiat pour la survivance. Vous étiez également capable de l'un et l'autre procédé ; vous l’avez assez prouvé en les combinant, en appuyant vos œuvres, si originales et si suggestives, de ces créations actives, de ces réalisations que je rappelais tout à l’heure. Mais soit à cause des susceptibilités qu'elles ont froissées, soit que vous ayiez cru devoir, en raison des circons tances, donner la prépondérance à l'action immédiate, la valeur de vos travaux n'a pu vous garantir de ces écœurements rappelés dans votre dédicace, des dangers peut être même dont ils menacent l'avenir de votre œuvre, des difficultés en tous cas qu'ils lui créent. Vous savez comme nous souffrons avec vous de ces misères, aussi j’espère qu’il ne sera inutile ni pour nos amis, ni pour nos rivaux eux-mêmes d’entendre quelques mots de conciliation de celui qui, confident de toutes vos pensées, ne s’est pas trouvé comme vous dans la nécessité de sacrifier aux exigences de la lutte jugée nécessaire, ses sentimeuts de fraternelle tolérance, ses sympathies, et jusqu’à ses amitiés elles-mêmes. Les échecs répétés et de plus en plus éclatants de vos prédécesseurs vous avaient convaincu qu’il fallait sous peine de mort que l’occultisme s’attaquât vigou reusement à ces pavots dont les têtes ambitieuses s’élevaient au-dessus de tous pour imposer la fatalité de leurs parfums suspects.
2DEVOIRS DE L’OCCULTISME z99 Vous étiez préparé mieux que qui que ce soit pour ce difficile combat. Je ne parle ni de la science ni de l'érudition acquises par plusieurs années d'un labeur silencieux, ni de cette activité pratique qui vous rend infatigable: votre supériorité s'accusait surtout par le désintéressement avec lequel vous vous donniez sans ambition personnelle au service d’une cause bien précisée, et par cette tolérance qui vous a permis de rassembler sans distinction d’opinions toutes nos bonnes volontés, sachant qu’elles ne demandaient qu'à grouper leurs divergences pour les effacer. Mais la lutte qu'il fallait soutenir pour profiter de ces avantages devait traverser plusieurs phases néces saires dont on ne se peut rendre compte qu’en s’en rappelant toutes les conditions : Vous avez eu pour vous d'abord la coalition de tous ceux à qui les plus puissants de vos adversaires por taient ombrage, mais, de ceux-là plus d’un devait à son tour vous disputer le fruit de la victoire ; de vieilles amitiés d’enfance devaient meme succomber à cette épreuve de la jalousie ! Vous auriez pu, à ce qu'il semblait, négliger ces rivalités plus intimes; les per sonnalités dangereuses pour le triomphe de notre cause étaient dominées, la plupart des autres grou paient, spécifiaient les différentes convictions que votre tolérance devait admettre. Mais vous avez pensé que l’Unité était obligée de s’affirmer plus fortement encore en face du public ; de nouveaux sacrifices étaient nécessaires. Je sais mieux que qui que ce soit ce qu’ils ont coûté à la déli catesse de votre générosité, à commencer par cette
3200 l’initiation séparation d’avec le plus artiste de nos confrères, séparation que l'exagération meme de ses qualités a rendue aussi éclatante qu'indispensable. Celte néces sité créait une situation nouvelle. Comme le public commençait seulement à appré cier tout l'intérêt de cette lutte, il fallait que les coups en devinssent plus retentissants, plus matériels pour qu'il pût les reconnaître. C'est ainsi que vous avez cru devoir céder, sous peine d'excommunication de toute l’œuvre entreprise, à ce préjuge social qui vous a mis un jour en face d’un confrère égaré — de bonne foi peut-être — dans l’injure grossière. Je sais quel sacrifice fut imposé, non à votre cou rage qui s’en fut plutôt réjoui, mais à la bonté de votre cœur, alors qu'il vous fallut recevoir ce baptême du missionnaire résolu à descendre au milieu de la foule. C’était sans doute l’épreuve terrible qui s'im pose à tout créateur quand il approche du but : c’est en tout cas, dans votre pensée même, n’est-ce pas. la fin de cette période pénible que devaient traverser nos rivalités d’occultistes empressés au triomphe de la cause commune. Si l’œuvre a dû s’imposer d’abord à la mauvaise volonté d’adversaires aveugles ou intéressés ; si eux écartés, la seconde phase vitale, celle de la diffusion qui forme les groupements secondaires, a créé des chefs nouveaux, de nouvelles rivalités, et si celles-ci ont dù fatalement se ressentir encore de la vivacité des premières luttes, nul ne sait mieux que vous que. de par nos principes, la troisième phase est celle de la synthèse en une Unité puissante, et que la condition
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1l'initiation 198 saviez aussi que la force idéale a deux moyens de se faire accepter: ou de s'exposer simplement aux regards en quelque œuvre solide, en comptant sur le temps pour la laisser survivre aux ruines des autres, ou de se comparer avec éclat à ses rivales en un concours immédiat pour la survivance. Vous étiez également capable de l'un et l'autre procédé ; vous l’avez assez prouvé en les combinant, en appuyant vos œuvres, si originales et si suggestives, de ces créations actives, de ces réalisations que je rappelais tout à l’heure. Mais soit à cause des susceptibilités qu'elles ont froissées, soit que vous ayiez cru devoir, en raison des circons tances, donner la prépondérance à l'action immédiate, la valeur de vos travaux n'a pu vous garantir de ces écœurements rappelés dans votre dédicace, des dangers peut être même dont ils menacent l'avenir de votre œuvre, des difficultés en tous cas qu'ils lui créent. Vous savez comme nous souffrons avec vous de ces misères, aussi j’espère qu’il ne sera inutile ni pour nos amis, ni pour nos rivaux eux-mêmes d’entendre quelques mots de conciliation de celui qui, confident de toutes vos pensées, ne s’est pas trouvé comme vous dans la nécessité de sacrifier aux exigences de la lutte jugée nécessaire, ses sentimeuts de fraternelle tolérance, ses sympathies, et jusqu’à ses amitiés elles-mêmes. Les échecs répétés et de plus en plus éclatants de vos prédécesseurs vous avaient convaincu qu’il fallait sous peine de mort que l’occultisme s’attaquât vigou reusement à ces pavots dont les têtes ambitieuses s’élevaient au-dessus de tous pour imposer la fatalité de leurs parfums suspects.
2DEVOIRS DE L’OCCULTISME z99 Vous étiez préparé mieux que qui que ce soit pour ce difficile combat. Je ne parle ni de la science ni de l'érudition acquises par plusieurs années d'un labeur silencieux, ni de cette activité pratique qui vous rend infatigable: votre supériorité s'accusait surtout par le désintéressement avec lequel vous vous donniez sans ambition personnelle au service d’une cause bien précisée, et par cette tolérance qui vous a permis de rassembler sans distinction d’opinions toutes nos bonnes volontés, sachant qu’elles ne demandaient qu'à grouper leurs divergences pour les effacer. Mais la lutte qu'il fallait soutenir pour profiter de ces avantages devait traverser plusieurs phases néces saires dont on ne se peut rendre compte qu’en s’en rappelant toutes les conditions : Vous avez eu pour vous d'abord la coalition de tous ceux à qui les plus puissants de vos adversaires por taient ombrage, mais, de ceux-là plus d’un devait à son tour vous disputer le fruit de la victoire ; de vieilles amitiés d’enfance devaient meme succomber à cette épreuve de la jalousie ! Vous auriez pu, à ce qu'il semblait, négliger ces rivalités plus intimes; les per sonnalités dangereuses pour le triomphe de notre cause étaient dominées, la plupart des autres grou paient, spécifiaient les différentes convictions que votre tolérance devait admettre. Mais vous avez pensé que l’Unité était obligée de s’affirmer plus fortement encore en face du public ; de nouveaux sacrifices étaient nécessaires. Je sais mieux que qui que ce soit ce qu’ils ont coûté à la déli catesse de votre générosité, à commencer par cette
3200 l’initiation séparation d’avec le plus artiste de nos confrères, séparation que l'exagération meme de ses qualités a rendue aussi éclatante qu'indispensable. Celte néces sité créait une situation nouvelle. Comme le public commençait seulement à appré cier tout l'intérêt de cette lutte, il fallait que les coups en devinssent plus retentissants, plus matériels pour qu'il pût les reconnaître. C'est ainsi que vous avez cru devoir céder, sous peine d'excommunication de toute l’œuvre entreprise, à ce préjuge social qui vous a mis un jour en face d’un confrère égaré — de bonne foi peut-être — dans l’injure grossière. Je sais quel sacrifice fut imposé, non à votre cou rage qui s’en fut plutôt réjoui, mais à la bonté de votre cœur, alors qu'il vous fallut recevoir ce baptême du missionnaire résolu à descendre au milieu de la foule. C’était sans doute l’épreuve terrible qui s'im pose à tout créateur quand il approche du but : c’est en tout cas, dans votre pensée même, n’est-ce pas. la fin de cette période pénible que devaient traverser nos rivalités d’occultistes empressés au triomphe de la cause commune. Si l’œuvre a dû s’imposer d’abord à la mauvaise volonté d’adversaires aveugles ou intéressés ; si eux écartés, la seconde phase vitale, celle de la diffusion qui forme les groupements secondaires, a créé des chefs nouveaux, de nouvelles rivalités, et si celles-ci ont dù fatalement se ressentir encore de la vivacité des premières luttes, nul ne sait mieux que vous que. de par nos principes, la troisième phase est celle de la synthèse en une Unité puissante, et que la condition
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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