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1DEVOIRS DE L’OCCULTISME 195 Un occultiste doit donc être toujours de son temps — il faudrait même presque dire du temps suivant — et, bien qu’il ne doive cesser d’étudier le passé, il n'en doit retenir autre chose que ses enseignements ou ses principes. C’est pour cela qu’on nous voit tous si sympathiques aux efforts les plus hardis, si indul gents aux derniers novateurs de tous genres, artistes ou sociologues, politiques ou savants: n’avons-nous pas leur amour ardent du mieux, leur foi dans la puissance humaine, leur certitude d'une direction supérieure en correspondance avec F Universalité de nos aspirations, la conviction que nous touchons aux principes premiers de notre monde? Nous regardons donc comme le premier de nos devoirs de développer ces principes en applications immédiatement réalisables pour notre société dans toutes les branches de l'activité humaine, c’est-à-dire en science, en art, en morale précise, en sociologie ou en religion ; les symboles, si magnifiques qu’ils soient, ne peuvent plus suffire, nous le savons, à notre époque démocratique et positive. C’est ce que nous pensons tous, c’est ce que nous nous efforçons d'appliquer de notre mieux dans ce groupe d'études ésotériques où vous avez réussi à nous rassembler. Mais ce que l'on sait moins même, je crois, parmi nos amis, ce qu’il n'est pas aussi facile encore d'intèrpréter, c’est la suite de vos efforts et la nature des difficultés que vous avez dû vaincre pour nous mettre à même d’accomplir ces travaux. 11 est bien utile cependant que nous nous en rendions compte;
2196 l’initiation et je me trouve, à ce qu'il me semble, particulière ment à meme d'aider cissemcnt. car il faut avoir vécu dans votre intimité, il faut avoir possédé ces bonnes heures d'expansion que votre lettre rap pelle pour savoir ce que vous ont coûté les réalisa tions entreprises au milieu des travaux intellectuels les plus abstraits ou des exigences de la vie s jciale, pour pénétrer, comme vous savez le faire d'avance, tout l’avenir de ces fondations aussi simples que fécondes dont vous avez le secret. Parmi ceux que vous avez rassemblés, il en est peu. je crois, qui aient assisté à vos débuts. On ne se rappelleguère aujourd'hui où en était l'occultisme en 1SS6. Le spiritisme, presque seul, se débattait depuis trente ans dans les efforts impuissants d’unification auxquels le condamne sa nature d'abandon passif: l’œuvre admirable du marquis de Saint-Yves avait fait son apparition, mais comme une illumination subite, l’éblouissement d'un éclair dont la puissance bienfaisante se diffuse, longtemps méconnue, dans la nature qu’il vivifie. Un seul s’efforcait alors de la divulguer: c’était mon ami René Caillié. âme aussi désintéressée, aussi active peut-être que la vôtre, mais plus isolée dans la sphère idéale, plus enfermée loin des réalisations quotidiennes dans la confiance et l’indulgence de son excellent cœur. Sa revue de l\4;ztimatérialiste. la première, en France, qui ait parlé de l'occultisme, avait eu pour effet d’encourager l'am bition plus ou moins tyrannique de personnalités d’autant plus inutiles à nommer que les principales sont aujourd’hui disparues.
3DEVOIRS DE L’OCCULTISME r97 Il suffit de rappeler comment la bonne foi de notre dévoué et consciencieux ami Gaboriau en avait été surprise, comment les difficultés nées de ces convoi tises firent périr son Lotus, si apprécié dès le début» si recherché maintenant. Il suffit de redire, en outre, combien, à côté du spi ritisme troublé par ce mouvement nouveau qui devait lui enlever nombre de ses meilleurs adeptes, d’autres doctrines réclamaient, et sou vent avec beaucoup moins d’autorité que d’intolérance, la possession exclusive et infaillible de la vérité: Boudhisme, Brahmanisme. Johannisme plus ou moins pur. Magisme plus ou moins savant. Cabale, Judéo-Christianisme, Catholi cisme. se précipitaient à l'assaut des consciences: sans compter quelques aspirants excentriques au Pon tificat suprême, ou sans parler de quelques inconnus que la lumière nouvelle faisait à peine apercevoir dans l'ombre où ils se plaisent à poursuivre modeste ment leur développement mystérieux. C'est du milieu de ce chaos primitif que, sans aucun secours matériel, comme vous le rappelez, vous avez fait surgir audacieusement un centre et une revue, corps et âme. qui survivant à toutes les tenta tives de vos prédécesseurs, se sont enfin, depuis plus de cinq ans, imposés à l'attention publique autant qu'il le fallait pour l’obliger à compter avec l'Occultisme comme avec une doctrine qu’on n'a plus le droit de négliger. Comment avez-vous atteint ce résultat si désiré? Vous saviez bien que le public n’accorde ses suffrages qu’à celui qui fait acte de puissance réelle ; vous
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1DEVOIRS DE L’OCCULTISME 195 Un occultiste doit donc être toujours de son temps — il faudrait même presque dire du temps suivant — et, bien qu’il ne doive cesser d’étudier le passé, il n'en doit retenir autre chose que ses enseignements ou ses principes. C’est pour cela qu’on nous voit tous si sympathiques aux efforts les plus hardis, si indul gents aux derniers novateurs de tous genres, artistes ou sociologues, politiques ou savants: n’avons-nous pas leur amour ardent du mieux, leur foi dans la puissance humaine, leur certitude d'une direction supérieure en correspondance avec F Universalité de nos aspirations, la conviction que nous touchons aux principes premiers de notre monde? Nous regardons donc comme le premier de nos devoirs de développer ces principes en applications immédiatement réalisables pour notre société dans toutes les branches de l'activité humaine, c’est-à-dire en science, en art, en morale précise, en sociologie ou en religion ; les symboles, si magnifiques qu’ils soient, ne peuvent plus suffire, nous le savons, à notre époque démocratique et positive. C’est ce que nous pensons tous, c’est ce que nous nous efforçons d'appliquer de notre mieux dans ce groupe d'études ésotériques où vous avez réussi à nous rassembler. Mais ce que l'on sait moins même, je crois, parmi nos amis, ce qu’il n'est pas aussi facile encore d'intèrpréter, c’est la suite de vos efforts et la nature des difficultés que vous avez dû vaincre pour nous mettre à même d’accomplir ces travaux. 11 est bien utile cependant que nous nous en rendions compte;
2196 l’initiation et je me trouve, à ce qu'il me semble, particulière ment à meme d'aider cissemcnt. car il faut avoir vécu dans votre intimité, il faut avoir possédé ces bonnes heures d'expansion que votre lettre rap pelle pour savoir ce que vous ont coûté les réalisa tions entreprises au milieu des travaux intellectuels les plus abstraits ou des exigences de la vie s jciale, pour pénétrer, comme vous savez le faire d'avance, tout l’avenir de ces fondations aussi simples que fécondes dont vous avez le secret. Parmi ceux que vous avez rassemblés, il en est peu. je crois, qui aient assisté à vos débuts. On ne se rappelleguère aujourd'hui où en était l'occultisme en 1SS6. Le spiritisme, presque seul, se débattait depuis trente ans dans les efforts impuissants d’unification auxquels le condamne sa nature d'abandon passif: l’œuvre admirable du marquis de Saint-Yves avait fait son apparition, mais comme une illumination subite, l’éblouissement d'un éclair dont la puissance bienfaisante se diffuse, longtemps méconnue, dans la nature qu’il vivifie. Un seul s’efforcait alors de la divulguer: c’était mon ami René Caillié. âme aussi désintéressée, aussi active peut-être que la vôtre, mais plus isolée dans la sphère idéale, plus enfermée loin des réalisations quotidiennes dans la confiance et l’indulgence de son excellent cœur. Sa revue de l\4;ztimatérialiste. la première, en France, qui ait parlé de l'occultisme, avait eu pour effet d’encourager l'am bition plus ou moins tyrannique de personnalités d’autant plus inutiles à nommer que les principales sont aujourd’hui disparues.
3DEVOIRS DE L’OCCULTISME r97 Il suffit de rappeler comment la bonne foi de notre dévoué et consciencieux ami Gaboriau en avait été surprise, comment les difficultés nées de ces convoi tises firent périr son Lotus, si apprécié dès le début» si recherché maintenant. Il suffit de redire, en outre, combien, à côté du spi ritisme troublé par ce mouvement nouveau qui devait lui enlever nombre de ses meilleurs adeptes, d’autres doctrines réclamaient, et sou vent avec beaucoup moins d’autorité que d’intolérance, la possession exclusive et infaillible de la vérité: Boudhisme, Brahmanisme. Johannisme plus ou moins pur. Magisme plus ou moins savant. Cabale, Judéo-Christianisme, Catholi cisme. se précipitaient à l'assaut des consciences: sans compter quelques aspirants excentriques au Pon tificat suprême, ou sans parler de quelques inconnus que la lumière nouvelle faisait à peine apercevoir dans l'ombre où ils se plaisent à poursuivre modeste ment leur développement mystérieux. C'est du milieu de ce chaos primitif que, sans aucun secours matériel, comme vous le rappelez, vous avez fait surgir audacieusement un centre et une revue, corps et âme. qui survivant à toutes les tenta tives de vos prédécesseurs, se sont enfin, depuis plus de cinq ans, imposés à l'attention publique autant qu'il le fallait pour l’obliger à compter avec l'Occultisme comme avec une doctrine qu’on n'a plus le droit de négliger. Comment avez-vous atteint ce résultat si désiré? Vous saviez bien que le public n’accorde ses suffrages qu’à celui qui fait acte de puissance réelle ; vous
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