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1CAMILLE FLAMMARION io3 travaux, contient 58o dessins télescopiques et 23 cartes, et comprend deux parties : la première tout historique subdivisée en trois périodes (i 636 à 185o; 185o à 1877 ; 1877 à 1892); la seconde synthé tique et ramenant tous les détails énumérés dans la première à l’unité de conception de ce monde, la plus proche de nous. Cette seconde partie nous arrêtera surtout; car c’est en comparant les données acquises sur Mars à notre époque avec les enseignements de la Kabbale et de l’é sotérisme que nous pourrons montrer comment l’ou vrage de Flammarion est un des plus beaux monu ments scientifiques élevés par la science à la gloire de la Volonté humaine. Signalons dès maintenant, une fois pour toutes, la clarté et le merveilleux style de l’auteur déjà connus de tous et qui se manifestent dans le travail technique autant que dans les œuvres les plus gracieuses du célèbre astronome. La première partie est en quelque sorte l’embryo logie de ce monde autre que le nôtre. Une légende éso térique nous enseigne que l’âme du prophète, qui vient s’incarner sur la Terre pour accomplir sa divine mission, est tout à coup saisie d’effroi en pen sant que ce corps matériel est un voile obscur qui la sépare désormais de ses connaissances certaines de l’au-delà. Comment me ressouviendrai-je de l’infini et de l’absolu ? comment retrouvai-je mon amour du divin qui constituait ma seule vie réelle là-bas? com ment enfin retrouver la CONNAISSANCE? s’écriet-elle. Mais le génie ailé qui guide lame immortelle vers les gouffres de la Terre répond : En rassemblant
2104 l’initiation les sciences. C’est en effet par la Science que Prométhée reconquiert le ciel, et c’est vers la Science seule que se portent toutes les aspirations des nouvelles générations avides de croire, mais à la condition de savoir tout d’abord. Or de cette embryologie patiente de la planète Mars poursuivie depuis i656 opiniâtrement par une série de générations de chercheurs, se dégage cette syn thèse dont chacune des cent pages représente la vic toire incessante de la volonté humaine sur la Matière ét sur l’ignorance originelle. Nous sommes sur la Terre, nous la parcourons, nous creusons ses entrailles, nous traversons ses mers et cependant nous connaissons aujourd’hui cer tains points de la constitution de Mars, dont l’orbite est situé à dix-neuf millions de lieues de l’orbite ter restre, mieux que les points correspondants de notre géographie. En doutez-vous, ouvrez l’ouvragede Flam marion et vous verrez comment les pôles de notre voisin sont parfaitement connus, comment on peut assister de chez nous à la fonte des glaces ou à la for mation et la résolution d’une immense tempête de neige sur Mars ; comment on suit les transformations de ses fleuves ou peut-être de ses canaux, car ce monde se présente à nous synthétiquement, et, grâce à l’emploi bien compris de l’analogie, nous pouvons en pénétrer les principaux mystères. Et cela est si vrai qu’un habitant de Mars muni des moyens d’ob servation analogues, théoriquement et pratiquement, aux nôtres, connaîtrait bien mieux que nous-mêmes la météorologie de notre planète et pourrait nous an
3CAMILLE FLAMMARION IO5 noncer, dès leur formation, les ouragans et les tem pêtes qui se déchaînent quelques joue, plus tard. Mais nos lecteurs savent tout cela déjà par les pré cédents ouvrages de Flammarion, et notre but n’est pas, dans cet article, de faire un cours de vulgarisation astronomique; loin de là. Nous signalerons donc pour mémoire les cartes si détaillées de la planète Mars établies à l’heure actuelle, les mesures, les poids et la description météorologique de cette planète, pour en arriver au point qui constitue l’effort vraiment per sonnel de l’auteur dans son apostolat scientifique depuis près de trente ans. Une phrase de la préface résume tout cela, et cette phrase, la voici : « L’astronomie mathématique devait évidemment conduire à l’astronomie physique, sans laquelle, d’ailleurs, elle perdrait la majeure partie de son inté rêt. Chercheurs du grand problème, ne voyons pas seulement des pierres en mouvement dans l’espaceLes masses sidérales ne sont pas tout : la valeur du Soleil ne consiste pas seulement dans son poids, non plus que celle de la Terre. Le philosophe voit plus haut et plus loin : il cherche le but. Il admire les bases mécaniques du système de l’Univers, mais ne s’y arrête point. Lorsqu’il contemple au télescope un monde perdu au fond de l’immensité, il peut s’inté resser à sa distance, à ses mouvements et à sa masse, mais il veut savoir davantage et se demande quelle est la nature de ce monde, quelle est sa constitution physique au point de vue de son habitabilité. Voilà ce qui l’intéresse ; le reste n’est que la voie qui doit conduire au but. »
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1CAMILLE FLAMMARION io3 travaux, contient 58o dessins télescopiques et 23 cartes, et comprend deux parties : la première tout historique subdivisée en trois périodes (i 636 à 185o; 185o à 1877 ; 1877 à 1892); la seconde synthé tique et ramenant tous les détails énumérés dans la première à l’unité de conception de ce monde, la plus proche de nous. Cette seconde partie nous arrêtera surtout; car c’est en comparant les données acquises sur Mars à notre époque avec les enseignements de la Kabbale et de l’é sotérisme que nous pourrons montrer comment l’ou vrage de Flammarion est un des plus beaux monu ments scientifiques élevés par la science à la gloire de la Volonté humaine. Signalons dès maintenant, une fois pour toutes, la clarté et le merveilleux style de l’auteur déjà connus de tous et qui se manifestent dans le travail technique autant que dans les œuvres les plus gracieuses du célèbre astronome. La première partie est en quelque sorte l’embryo logie de ce monde autre que le nôtre. Une légende éso térique nous enseigne que l’âme du prophète, qui vient s’incarner sur la Terre pour accomplir sa divine mission, est tout à coup saisie d’effroi en pen sant que ce corps matériel est un voile obscur qui la sépare désormais de ses connaissances certaines de l’au-delà. Comment me ressouviendrai-je de l’infini et de l’absolu ? comment retrouvai-je mon amour du divin qui constituait ma seule vie réelle là-bas? com ment enfin retrouver la CONNAISSANCE? s’écriet-elle. Mais le génie ailé qui guide lame immortelle vers les gouffres de la Terre répond : En rassemblant
2104 l’initiation les sciences. C’est en effet par la Science que Prométhée reconquiert le ciel, et c’est vers la Science seule que se portent toutes les aspirations des nouvelles générations avides de croire, mais à la condition de savoir tout d’abord. Or de cette embryologie patiente de la planète Mars poursuivie depuis i656 opiniâtrement par une série de générations de chercheurs, se dégage cette syn thèse dont chacune des cent pages représente la vic toire incessante de la volonté humaine sur la Matière ét sur l’ignorance originelle. Nous sommes sur la Terre, nous la parcourons, nous creusons ses entrailles, nous traversons ses mers et cependant nous connaissons aujourd’hui cer tains points de la constitution de Mars, dont l’orbite est situé à dix-neuf millions de lieues de l’orbite ter restre, mieux que les points correspondants de notre géographie. En doutez-vous, ouvrez l’ouvragede Flam marion et vous verrez comment les pôles de notre voisin sont parfaitement connus, comment on peut assister de chez nous à la fonte des glaces ou à la for mation et la résolution d’une immense tempête de neige sur Mars ; comment on suit les transformations de ses fleuves ou peut-être de ses canaux, car ce monde se présente à nous synthétiquement, et, grâce à l’emploi bien compris de l’analogie, nous pouvons en pénétrer les principaux mystères. Et cela est si vrai qu’un habitant de Mars muni des moyens d’ob servation analogues, théoriquement et pratiquement, aux nôtres, connaîtrait bien mieux que nous-mêmes la météorologie de notre planète et pourrait nous an
3CAMILLE FLAMMARION IO5 noncer, dès leur formation, les ouragans et les tem pêtes qui se déchaînent quelques joue, plus tard. Mais nos lecteurs savent tout cela déjà par les pré cédents ouvrages de Flammarion, et notre but n’est pas, dans cet article, de faire un cours de vulgarisation astronomique; loin de là. Nous signalerons donc pour mémoire les cartes si détaillées de la planète Mars établies à l’heure actuelle, les mesures, les poids et la description météorologique de cette planète, pour en arriver au point qui constitue l’effort vraiment per sonnel de l’auteur dans son apostolat scientifique depuis près de trente ans. Une phrase de la préface résume tout cela, et cette phrase, la voici : « L’astronomie mathématique devait évidemment conduire à l’astronomie physique, sans laquelle, d’ailleurs, elle perdrait la majeure partie de son inté rêt. Chercheurs du grand problème, ne voyons pas seulement des pierres en mouvement dans l’espaceLes masses sidérales ne sont pas tout : la valeur du Soleil ne consiste pas seulement dans son poids, non plus que celle de la Terre. Le philosophe voit plus haut et plus loin : il cherche le but. Il admire les bases mécaniques du système de l’Univers, mais ne s’y arrête point. Lorsqu’il contemple au télescope un monde perdu au fond de l’immensité, il peut s’inté resser à sa distance, à ses mouvements et à sa masse, mais il veut savoir davantage et se demande quelle est la nature de ce monde, quelle est sa constitution physique au point de vue de son habitabilité. Voilà ce qui l’intéresse ; le reste n’est que la voie qui doit conduire au but. »
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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