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One moment.
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1100 l’initiation pareille tâche ; c’est ce que nous laissons, à ceux qui ont passé par là, le soin de déterminer. Toujours est-il que notre chercheur, Camille Flam marion, poursuivit son but avec l’opiniâtreté et la ténacité de l’apôtre enthousiaste, et que, vingt ans à peine après les premières luttes, paraissait le centième mille de Astronomie populaire (i8go\ On donnait aux enfants pour les étrennes et comme un ouvrage aussi attrayant qu’instructif cette description du monde que vingt ans auparavant les « papas » actuels, alors imberbes, n’entrevoyaient à travers leurs traités classiques de cosmographie que comme un épouvan tail et la plus affreuse des « boîtes à colles » du baccalauréat. Flammarion avait livré les secrets du Temple au monde intellectuel, et cela sans cesser de poursuivre des études abstraites et purement analytiques, comme le montrent ses importantes communications sur les Étoiles doubles et sur la planète la plus proche de la Terre : Mars, qui depuis 1862 captiva tellement son attention qu’elle a fait l’objet d’une série ininterrompue detravauxdepuisce moment jusqu’en septembre 1892, ce qui représente trente années d’un labeur aussi cons tant que désintéressé. Voilà pour l’analyste. Mais l’apôtre poursuivait son œuvre et peu à peu reconstituait en face du Maté rialisme ce temple de la science synthétique et spiri tualiste qu’on croyait anéantie à jamais. Aussi faut-il voir les colères sourdes, les attaques haineuses, les oppositions patentes ou occultes dont l’œuvre du jeunes savant est l’objet de la part des
2CAMILLE FLAMMARION I O I milieux dits « scientifiques ». Mais le public, ce juge souvent si impartial, sait rendre justice au rayon d’espérance qu’il entrevoit dans les ouvrages publiés, et, aux cent mille exemplaires de VAstronomie popu laire, il faut ajouter quarante-cinq mille des Étoiles et Curiosités du Ciel, quarante-cinq mille des Terres du Ciel, cinquante mille du Monde avant la création de l’Homme, quarante-quatre mille des Merveilles célestes, etc., etc., car on pourrait faire le calcul, si l’on était friand de chiffres, de la hauteur qu’attein draient tous les exemplaires des ouvrages issus de la plume infatigable de notre auteur. Et si nous tenons si particulièrement à présenter aux quinze cents lecteurs de {’Initiation l’œuvre de Camille Flammarion, c’est parce qu’il fut presque seul au début à défendre les principes synthétiques de la science spiritualiste contre les prétentions abusives des partisans du matérialisme. Aujourd’hui, la psy chologie physiologique se crée sur le domaine des forces psychiques, et, bon gré mal gré, une réaction vers la synthèse emporte les esprits bien loin de ce matérialisme, alors tout-puissant. Or, un grave défaut des nouveau-venus, c’est le mépris et l’oubli des tra vailleurs de la première heure, des pionniers obscurs qui ont seuls éclairé la route, et ce n’est pas au moment où les travaux de Crookes sur la matière radiante, le discours de Lodge à l’Association pour l’avancement des sciences, les recherches expérimentales de M. de Rochas et les découvertes du Dr Luys viennent bou leverser les vieux moules de la pensée, qu’il faut ou blier les efforts opiniâtres et désintéressés d’un cher
3102 l’initiation cheur aussi éminent que Camille Flammarion. N’at-on pas, lors du mouvement de 1853, sacrifié les travaux de Cahagnet sur le spiritisme, quand 1e le succès se porta vers les recherches de Rivail, dit Allan Kardec, recherches très curieuses, mais posté rieures aux travaux précédents? Combien de magné tiseurs estiment aujourd’hui à sa juste valeur les ouvrages de Chardel bien supérieurs par ses connais sances et ses découvertes physiologiques aux études de du Potet ! Il en sera bientôt de même dans l’étude de l’hypnotisme pour Braid par rapport à M. Charcot et aussi pour l’Ecole de Nancy par rapport à l’Ecole de Paris. Eh bien, les occultistes ont été assez habitués à tra vers les siècles à ce mépris de la science officielle pour leurs travaux, pour conserver, à la face de tous, les titres des initiateurs, dans quelque ordre que ce soit, quand on tend à oublier, sous l’influence d’un succès longtemps poursuivi, les épreuves supportées par ces initiateurs, sentinelles avancées de tous les mouvements futurs. Voilà pourquoi nous tenions à faire précéder de cet exposé sur l’évolution de la Science spiritualiste, l’étude que nous allons consacrer au dernier ouvrage de Camille Flammarion, ouvrage purement technique, mais dont la portée scientifique sera considérable, inti túle La PZanéie Mars et ses conditions d’habitabilité. • « « Ce volume de 6o8 pages in-40, édité avec tout le luxe apporté par la maison Gauthier-Villars à ses
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1100 l’initiation pareille tâche ; c’est ce que nous laissons, à ceux qui ont passé par là, le soin de déterminer. Toujours est-il que notre chercheur, Camille Flam marion, poursuivit son but avec l’opiniâtreté et la ténacité de l’apôtre enthousiaste, et que, vingt ans à peine après les premières luttes, paraissait le centième mille de Astronomie populaire (i8go\ On donnait aux enfants pour les étrennes et comme un ouvrage aussi attrayant qu’instructif cette description du monde que vingt ans auparavant les « papas » actuels, alors imberbes, n’entrevoyaient à travers leurs traités classiques de cosmographie que comme un épouvan tail et la plus affreuse des « boîtes à colles » du baccalauréat. Flammarion avait livré les secrets du Temple au monde intellectuel, et cela sans cesser de poursuivre des études abstraites et purement analytiques, comme le montrent ses importantes communications sur les Étoiles doubles et sur la planète la plus proche de la Terre : Mars, qui depuis 1862 captiva tellement son attention qu’elle a fait l’objet d’une série ininterrompue detravauxdepuisce moment jusqu’en septembre 1892, ce qui représente trente années d’un labeur aussi cons tant que désintéressé. Voilà pour l’analyste. Mais l’apôtre poursuivait son œuvre et peu à peu reconstituait en face du Maté rialisme ce temple de la science synthétique et spiri tualiste qu’on croyait anéantie à jamais. Aussi faut-il voir les colères sourdes, les attaques haineuses, les oppositions patentes ou occultes dont l’œuvre du jeunes savant est l’objet de la part des
2CAMILLE FLAMMARION I O I milieux dits « scientifiques ». Mais le public, ce juge souvent si impartial, sait rendre justice au rayon d’espérance qu’il entrevoit dans les ouvrages publiés, et, aux cent mille exemplaires de VAstronomie popu laire, il faut ajouter quarante-cinq mille des Étoiles et Curiosités du Ciel, quarante-cinq mille des Terres du Ciel, cinquante mille du Monde avant la création de l’Homme, quarante-quatre mille des Merveilles célestes, etc., etc., car on pourrait faire le calcul, si l’on était friand de chiffres, de la hauteur qu’attein draient tous les exemplaires des ouvrages issus de la plume infatigable de notre auteur. Et si nous tenons si particulièrement à présenter aux quinze cents lecteurs de {’Initiation l’œuvre de Camille Flammarion, c’est parce qu’il fut presque seul au début à défendre les principes synthétiques de la science spiritualiste contre les prétentions abusives des partisans du matérialisme. Aujourd’hui, la psy chologie physiologique se crée sur le domaine des forces psychiques, et, bon gré mal gré, une réaction vers la synthèse emporte les esprits bien loin de ce matérialisme, alors tout-puissant. Or, un grave défaut des nouveau-venus, c’est le mépris et l’oubli des tra vailleurs de la première heure, des pionniers obscurs qui ont seuls éclairé la route, et ce n’est pas au moment où les travaux de Crookes sur la matière radiante, le discours de Lodge à l’Association pour l’avancement des sciences, les recherches expérimentales de M. de Rochas et les découvertes du Dr Luys viennent bou leverser les vieux moules de la pensée, qu’il faut ou blier les efforts opiniâtres et désintéressés d’un cher
3102 l’initiation cheur aussi éminent que Camille Flammarion. N’at-on pas, lors du mouvement de 1853, sacrifié les travaux de Cahagnet sur le spiritisme, quand 1e le succès se porta vers les recherches de Rivail, dit Allan Kardec, recherches très curieuses, mais posté rieures aux travaux précédents? Combien de magné tiseurs estiment aujourd’hui à sa juste valeur les ouvrages de Chardel bien supérieurs par ses connais sances et ses découvertes physiologiques aux études de du Potet ! Il en sera bientôt de même dans l’étude de l’hypnotisme pour Braid par rapport à M. Charcot et aussi pour l’Ecole de Nancy par rapport à l’Ecole de Paris. Eh bien, les occultistes ont été assez habitués à tra vers les siècles à ce mépris de la science officielle pour leurs travaux, pour conserver, à la face de tous, les titres des initiateurs, dans quelque ordre que ce soit, quand on tend à oublier, sous l’influence d’un succès longtemps poursuivi, les épreuves supportées par ces initiateurs, sentinelles avancées de tous les mouvements futurs. Voilà pourquoi nous tenions à faire précéder de cet exposé sur l’évolution de la Science spiritualiste, l’étude que nous allons consacrer au dernier ouvrage de Camille Flammarion, ouvrage purement technique, mais dont la portée scientifique sera considérable, inti túle La PZanéie Mars et ses conditions d’habitabilité. • « « Ce volume de 6o8 pages in-40, édité avec tout le luxe apporté par la maison Gauthier-Villars à ses
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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