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1ESSAI DE CHIMIE SYNTHETIQUE I I simples, la constitution de leurs combinaisons, ainsi que les propriétés de ces dernières, sont des fonctions périodiques dérivant des poids atomiques périodiques des éléments. » Son système ne tarda pas à recevoir une consécra tion éclatante de l’expérience : Le tableau offre, on le voit, d’assez nombreuses lacunes, témoins du reste de la hardiesse d’invention de l’auteur ; sa foi dans l’analogie n’était pas moindre : il affirma donc l’exis tence des corps ignorés et osa les décrire avec leurs propriétés chimiques. Or ce même Gallium, qui semble avoir été prédestiné à récompenser la foi des inventeurs dans l’inspiration, se trouva, une fois révélé par le spectroscope, conforme au corps que Mendeleeff avait décrit et prévu sous le nom d’Ekaaluminium. Dès ce moment, l’ardeur des savants semble se ranimer pour la solution de ce grand problème de synthèse : la classification de Mendeleeff devint comme le centre de leurs efforts : on s’efforça surtout de faire ressortir l’évolution, la genèse des corps simples, signalée par la périodicité de leur série. Wundt, Nor man Lockyer, Prayer se distinguèrent surtout dans cette direction. Mais les travaux les plus remarquables tant par le génie de l’invention que par les confirma tions expérimentales sont, sans contredit, ceux de Crookes (i). Cet illustre chimiste s’attacha spécialement à un ensemble de corps simples fort importants, le fer, le (i) Voir Revue Scientifique du 13 août 1887.
212 l’initiation nickel, le cobalt, le platine, l’osmium, etc., qui sem blaient faire exception dans le système de Mendeleeff et qui, par ce motif, avaient été rejetés, non sans quelque désordre, dans un groupe peu caractérisé. C’est dans cette difficulté même qu'il trouva la preuve d’une genèse évolutive des corps simples ; pour la démontrer, il réussit à isoler par une suite d'opéra tions sur la terre d’Yttria, multipliées et minutieuse ment fractionnées, comme celles des anciens alchi mistes, une suite de corps si voisins qu’ils apparaissent comme les témoins d’une série de transformations de l’Yttrium. Ces transformations, appréciables seule ment aux spectres phosphorescents, ne semblent explicables que par une modification dans la structure des atomes. Ce serait, selon lui, une loi générale, et qui expliquerait probablement l’abondance des raies du spectre, que les atomes d’un même corps diffèrent entre eux très légèrement, mais par degrés périodiques, non d’une façon continue. Il déduisit de là cette ingénieuse interprétation du tableau de Mendeleeff: A l’origine existait unecertaine substance primordiale, sans représentant de nos jours, qu’il nomme protyle. Elle était animée d’une certaine énergie manifestée par la chaleur, mais qui tendait à se condenser, donc à se refroidir. Cette condensation a produit des vibrations périodiques réparties elles-mêmes en périodes plus larges qu’il représente par les oscillations du pendule, la verticale répondant au protyle. A chaque vibration correspond un corps simple. Seulement la vitesse du refroidissement n’a pas été
3i3 ESSAI DE CHIMIE SYNTHÉTIQUE constante. Lorsqu’il était très rapide, il s’est produit des corps comme l’yttrium, l’iode, etc., tellement voi sins qu’ils se confondent pour nous en un seul corps simple; lorsque, au contraire, le refroidissement s’est ralenti, ces productions secondaires (ou métaéléments, comme Crookes les a nommés) sont plus espacés et deviennent pour nous des corps simples : tels sont le Fer, le Nickel, le Cobalt, le Ruthémium, le Rhodium et le Palladium ; l’Osmium, l’Irridium et le Platine, qui se rangent tous dans la même période, voisine de la verticale (du ralentissement par conséquent) dans les oscillations pendulaires : c’est faute de leur avoir reconnu ce caractère que Mendeleeff ne pouvait leur assignerune place convenable, ou du moins la justifier. En conséquence, Crookes modifie comme voici le tableau primitif pour l’adapter à la représentation des oscillations alternantes^de chaud et de froid qui sont la base de son hypothèse. $- 0Ï1S iraceurs. Aesréilelecjs p'1-10' jous °nt [aires, Par chimistes ; ■oinme elles
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1ESSAI DE CHIMIE SYNTHETIQUE I I simples, la constitution de leurs combinaisons, ainsi que les propriétés de ces dernières, sont des fonctions périodiques dérivant des poids atomiques périodiques des éléments. » Son système ne tarda pas à recevoir une consécra tion éclatante de l’expérience : Le tableau offre, on le voit, d’assez nombreuses lacunes, témoins du reste de la hardiesse d’invention de l’auteur ; sa foi dans l’analogie n’était pas moindre : il affirma donc l’exis tence des corps ignorés et osa les décrire avec leurs propriétés chimiques. Or ce même Gallium, qui semble avoir été prédestiné à récompenser la foi des inventeurs dans l’inspiration, se trouva, une fois révélé par le spectroscope, conforme au corps que Mendeleeff avait décrit et prévu sous le nom d’Ekaaluminium. Dès ce moment, l’ardeur des savants semble se ranimer pour la solution de ce grand problème de synthèse : la classification de Mendeleeff devint comme le centre de leurs efforts : on s’efforça surtout de faire ressortir l’évolution, la genèse des corps simples, signalée par la périodicité de leur série. Wundt, Nor man Lockyer, Prayer se distinguèrent surtout dans cette direction. Mais les travaux les plus remarquables tant par le génie de l’invention que par les confirma tions expérimentales sont, sans contredit, ceux de Crookes (i). Cet illustre chimiste s’attacha spécialement à un ensemble de corps simples fort importants, le fer, le (i) Voir Revue Scientifique du 13 août 1887.
212 l’initiation nickel, le cobalt, le platine, l’osmium, etc., qui sem blaient faire exception dans le système de Mendeleeff et qui, par ce motif, avaient été rejetés, non sans quelque désordre, dans un groupe peu caractérisé. C’est dans cette difficulté même qu'il trouva la preuve d’une genèse évolutive des corps simples ; pour la démontrer, il réussit à isoler par une suite d'opéra tions sur la terre d’Yttria, multipliées et minutieuse ment fractionnées, comme celles des anciens alchi mistes, une suite de corps si voisins qu’ils apparaissent comme les témoins d’une série de transformations de l’Yttrium. Ces transformations, appréciables seule ment aux spectres phosphorescents, ne semblent explicables que par une modification dans la structure des atomes. Ce serait, selon lui, une loi générale, et qui expliquerait probablement l’abondance des raies du spectre, que les atomes d’un même corps diffèrent entre eux très légèrement, mais par degrés périodiques, non d’une façon continue. Il déduisit de là cette ingénieuse interprétation du tableau de Mendeleeff: A l’origine existait unecertaine substance primordiale, sans représentant de nos jours, qu’il nomme protyle. Elle était animée d’une certaine énergie manifestée par la chaleur, mais qui tendait à se condenser, donc à se refroidir. Cette condensation a produit des vibrations périodiques réparties elles-mêmes en périodes plus larges qu’il représente par les oscillations du pendule, la verticale répondant au protyle. A chaque vibration correspond un corps simple. Seulement la vitesse du refroidissement n’a pas été
3i3 ESSAI DE CHIMIE SYNTHÉTIQUE constante. Lorsqu’il était très rapide, il s’est produit des corps comme l’yttrium, l’iode, etc., tellement voi sins qu’ils se confondent pour nous en un seul corps simple; lorsque, au contraire, le refroidissement s’est ralenti, ces productions secondaires (ou métaéléments, comme Crookes les a nommés) sont plus espacés et deviennent pour nous des corps simples : tels sont le Fer, le Nickel, le Cobalt, le Ruthémium, le Rhodium et le Palladium ; l’Osmium, l’Irridium et le Platine, qui se rangent tous dans la même période, voisine de la verticale (du ralentissement par conséquent) dans les oscillations pendulaires : c’est faute de leur avoir reconnu ce caractère que Mendeleeff ne pouvait leur assignerune place convenable, ou du moins la justifier. En conséquence, Crookes modifie comme voici le tableau primitif pour l’adapter à la représentation des oscillations alternantes^de chaud et de froid qui sont la base de son hypothèse. $- 0Ï1S iraceurs. Aesréilelecjs p'1-10' jous °nt [aires, Par chimistes ; ■oinme elles
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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