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1— 10 — lir, elle pouuoit estre redintegrée au sépulchre de leur pre mier fondateur. » Ce qui veut dire : s’il arrive aux Frères de se compromettre dans le monde, l’Ordre qu’ils auront imparfaitement manifesté en actes rentrera en puissance ; de patent, il redeviendra occulte... Nul homme n’est par fait, nulle société indéfectible. L’ordre faillit, et, vers 1630, il rentra —» en tant qu’association régulière — dans les ténèbres occultes d’où il était sorti quelque vingt années auparavant (1)* Seuls, des Rose f Croix isolés semanifestèrentde loin en loin. L’unité collective parut sommeiller longtemps dans le silence de la grotte dont on l’a fait sortira nouveau, en 18§8. Les hommes sont sujets à l’erreur, à la malice, à l’aveu glement, et les Rose f Croix sont des hommes ; mais on ne saurait imputer leurs fautes à l’abstrait de l’Ordre. Elieartiste est infaillible, immortel, inaccessible par surcroît aux imperfections comme aux souillures et aux ridicules des hommes de chair qui s’offrent à Le manifester. Esprit de lumière et de progrès, Il s’incarne dans les êtres de bonne volonté qui L’évoquent. Ceux-ci viennent-ils trébucher sur la voie ?—Déjà l’artiste Elie n’est plus en eux. Faire mentir ce Verbe supérieur est chose impossible ; encore que l’on puisse mentir en son nom. Car tôt ou tard il trouve un organe digne àe lui (ne fût-ce qu’une minute), une bouche fidèle ét loyale (ne fût-ce que le temps dé prononcer une parole). Par cet organe d’élection, ou par cette bouche de rencontre —- qu’importe ? — sa voix se fait entendre, puissante et vibrant de cette autorité sereine et triomphale que prête au verbe humain l’inspi ration d’En-haut. Ainsi sont exécutés sur la terre ceux-là que Sa justice avait condamnés dans l’abstrait. Gardons-nous de fausser l’esprit traditionnel de l’Ordre: réprouvés là-haut sur l’heure même, tôt ou tard nous (1) Vers cette époque, surgit, sous le titre d'Association des Philo* sophes Inconnus, une fraternité dérivée de la Rose f Croix, et dont les aaeptes s’occupaient principalement d’alchimie. On peut en lire les Statuts dans les Traitiez au Cosmopolite nouvellement descouverts. Paris, 1691, in«* 12. Digitized by LiOOQLe
2serions reniés ici-bas du mystérieux démiurge que l’Ordre salue de ce nom : Elias Artisla! Il n’est pàsla Lumière, mais, comme saint Jean-Baptiste, sa mission est de rendre témoignage à la Lumière de gloire, qui doit rayonner d’un nouveau ciel sur une terre rajeunie. Qu’Il se manifeste par des conseils de force et qu’il déblaie la pyramide des saintes traditions, défigurées par ces cou ches hétéroclites de détritus et de platras, que vingt siècles ont accumulées sur elle. Et qu’enfin, par Lui, les voies soient ouvertes à l’avènement du Christ glorieux, dans le nimbe majeur de qui s’évanouira — son œuvre étant accomplie — le précurseur des temps à venir, l’expression humaine du saint Paraclet, le daïmon de la Science et de la Liberté, de la Sagesse et de la Justice intégrale : Élie-artiste. 11 SAR PELADAN Le vocable de Rose-croix ne porte pas bonheur aux ultramontains : par prudence, tout au moins, ils devraient s’abstenir d’y toucher..... Les jésuites ne sont-ils pas les auteurs du grade maçonnique de R.*. G.\ (18e de l’actuel Ecossisme)? — C’est un fait connu. Par cette innovation et quelques autres, les jésuites espéraient, en donnant le change sur leurs intentions, accaparer en mode indirect les forces vives d’un ordre florissant. Ce sont d’habiles meneurs que les jésuites. Mais V abstrait du nom ainsi pros* titué fut plus fort que ces politiques sournois ; cet occulte Digitized by
3— 12 agent s’empara de leur œuvre et lui fit faire volte-face : eu sorte que le grade maç. •. de Rose-Croix, fondé par les jésuites au dernier siècle, étoile actuellement de sa quincaillerie symbolique la poitrine de leurs pires ennemis ! Et comme c’est une loi de nature, que la réaction inversement proportionnelle à l’action, l'agnosticisme ultramontain des fondateurs a fait place à l’agnosticisme matérialiste de leurs héritiers du jour. Sans le savoir, les jésuites avaient évoqué le fantôme lointain d’Élie-artiste. Élie-artiste parut un instant, retourna leur institution comme on retourne un gant, puis disparut aussitôt, laissant l’œuvre de ces fanatiques en proie à l’envahissement du fanatisme contraire. En dépit de cet échec, un nouvel effort a été tenté récem ment, pour infliger à la Rose-Croix à peine rénové# une éti quette ultramontaine. Le 14 mai 1890, parut une brochure tapageuse, sous ce titre : la Décadence esthétique (théopha nie) XIX. Le Salon de Joséphin Péladan... etc., suivi de Trois Mandements de la Rose-Croix catholique à Varistie (Paris, in-12). Syxngellï acta : I. Mandement à ceux des arts du dessin. — IL Lettre ci Varchevêque de Paris. — III. Excommunica tion de la femme Rotschild(sic). — Tel était le titre des trois mandements, promulgués au nom de la Rose f Croix, et signés : Sar Mérodack (Joséphin Péladan). Or, qu’était donc M. Péladan, pour ainsi pontifier au nom de l’ordre ? — L'un des membres du Conseil des douze de la Rose f Croix, rénovée en 1888 par Stanislas de Gu ai ta et des occultistes de ses amis. Le Sar avait-il seu lement consulté ses collègues ?... Ouvrons Cœur en peine (1) à la page 322 : «... Avant de lancer mes Acta syncelli (écritil à Papus), je vous avais averti de la nécessité de nous rencontrer et de nous entendre. » M. Péladan déplace la question : le fait certain, c’est que, n’ayant consulté per sonne, il s’est arrogé le droit de parler au nom de tous. (1) Pâris, 1890, in-18. Digitized by VnOOQie
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1— 10 — lir, elle pouuoit estre redintegrée au sépulchre de leur pre mier fondateur. » Ce qui veut dire : s’il arrive aux Frères de se compromettre dans le monde, l’Ordre qu’ils auront imparfaitement manifesté en actes rentrera en puissance ; de patent, il redeviendra occulte... Nul homme n’est par fait, nulle société indéfectible. L’ordre faillit, et, vers 1630, il rentra —» en tant qu’association régulière — dans les ténèbres occultes d’où il était sorti quelque vingt années auparavant (1)* Seuls, des Rose f Croix isolés semanifestèrentde loin en loin. L’unité collective parut sommeiller longtemps dans le silence de la grotte dont on l’a fait sortira nouveau, en 18§8. Les hommes sont sujets à l’erreur, à la malice, à l’aveu glement, et les Rose f Croix sont des hommes ; mais on ne saurait imputer leurs fautes à l’abstrait de l’Ordre. Elieartiste est infaillible, immortel, inaccessible par surcroît aux imperfections comme aux souillures et aux ridicules des hommes de chair qui s’offrent à Le manifester. Esprit de lumière et de progrès, Il s’incarne dans les êtres de bonne volonté qui L’évoquent. Ceux-ci viennent-ils trébucher sur la voie ?—Déjà l’artiste Elie n’est plus en eux. Faire mentir ce Verbe supérieur est chose impossible ; encore que l’on puisse mentir en son nom. Car tôt ou tard il trouve un organe digne àe lui (ne fût-ce qu’une minute), une bouche fidèle ét loyale (ne fût-ce que le temps dé prononcer une parole). Par cet organe d’élection, ou par cette bouche de rencontre —- qu’importe ? — sa voix se fait entendre, puissante et vibrant de cette autorité sereine et triomphale que prête au verbe humain l’inspi ration d’En-haut. Ainsi sont exécutés sur la terre ceux-là que Sa justice avait condamnés dans l’abstrait. Gardons-nous de fausser l’esprit traditionnel de l’Ordre: réprouvés là-haut sur l’heure même, tôt ou tard nous (1) Vers cette époque, surgit, sous le titre d'Association des Philo* sophes Inconnus, une fraternité dérivée de la Rose f Croix, et dont les aaeptes s’occupaient principalement d’alchimie. On peut en lire les Statuts dans les Traitiez au Cosmopolite nouvellement descouverts. Paris, 1691, in«* 12. Digitized by LiOOQLe
2serions reniés ici-bas du mystérieux démiurge que l’Ordre salue de ce nom : Elias Artisla! Il n’est pàsla Lumière, mais, comme saint Jean-Baptiste, sa mission est de rendre témoignage à la Lumière de gloire, qui doit rayonner d’un nouveau ciel sur une terre rajeunie. Qu’Il se manifeste par des conseils de force et qu’il déblaie la pyramide des saintes traditions, défigurées par ces cou ches hétéroclites de détritus et de platras, que vingt siècles ont accumulées sur elle. Et qu’enfin, par Lui, les voies soient ouvertes à l’avènement du Christ glorieux, dans le nimbe majeur de qui s’évanouira — son œuvre étant accomplie — le précurseur des temps à venir, l’expression humaine du saint Paraclet, le daïmon de la Science et de la Liberté, de la Sagesse et de la Justice intégrale : Élie-artiste. 11 SAR PELADAN Le vocable de Rose-croix ne porte pas bonheur aux ultramontains : par prudence, tout au moins, ils devraient s’abstenir d’y toucher..... Les jésuites ne sont-ils pas les auteurs du grade maçonnique de R.*. G.\ (18e de l’actuel Ecossisme)? — C’est un fait connu. Par cette innovation et quelques autres, les jésuites espéraient, en donnant le change sur leurs intentions, accaparer en mode indirect les forces vives d’un ordre florissant. Ce sont d’habiles meneurs que les jésuites. Mais V abstrait du nom ainsi pros* titué fut plus fort que ces politiques sournois ; cet occulte Digitized by
3— 12 agent s’empara de leur œuvre et lui fit faire volte-face : eu sorte que le grade maç. •. de Rose-Croix, fondé par les jésuites au dernier siècle, étoile actuellement de sa quincaillerie symbolique la poitrine de leurs pires ennemis ! Et comme c’est une loi de nature, que la réaction inversement proportionnelle à l’action, l'agnosticisme ultramontain des fondateurs a fait place à l’agnosticisme matérialiste de leurs héritiers du jour. Sans le savoir, les jésuites avaient évoqué le fantôme lointain d’Élie-artiste. Élie-artiste parut un instant, retourna leur institution comme on retourne un gant, puis disparut aussitôt, laissant l’œuvre de ces fanatiques en proie à l’envahissement du fanatisme contraire. En dépit de cet échec, un nouvel effort a été tenté récem ment, pour infliger à la Rose-Croix à peine rénové# une éti quette ultramontaine. Le 14 mai 1890, parut une brochure tapageuse, sous ce titre : la Décadence esthétique (théopha nie) XIX. Le Salon de Joséphin Péladan... etc., suivi de Trois Mandements de la Rose-Croix catholique à Varistie (Paris, in-12). Syxngellï acta : I. Mandement à ceux des arts du dessin. — IL Lettre ci Varchevêque de Paris. — III. Excommunica tion de la femme Rotschild(sic). — Tel était le titre des trois mandements, promulgués au nom de la Rose f Croix, et signés : Sar Mérodack (Joséphin Péladan). Or, qu’était donc M. Péladan, pour ainsi pontifier au nom de l’ordre ? — L'un des membres du Conseil des douze de la Rose f Croix, rénovée en 1888 par Stanislas de Gu ai ta et des occultistes de ses amis. Le Sar avait-il seu lement consulté ses collègues ?... Ouvrons Cœur en peine (1) à la page 322 : «... Avant de lancer mes Acta syncelli (écritil à Papus), je vous avais averti de la nécessité de nous rencontrer et de nous entendre. » M. Péladan déplace la question : le fait certain, c’est que, n’ayant consulté per sonne, il s’est arrogé le droit de parler au nom de tous. (1) Pâris, 1890, in-18. Digitized by VnOOQie
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