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1484 L’INITIATION .» ä.."—, .»,.« --r‘..- ,‘._. .l‘____ __‘ ;_ t ‘ m’a toujours inspiré, dès mes premières années de réflexion, et m’inspire surtout aujourd’hui, dans un âge très avancé, le plus profond respect, j’oserai même dire un culte mêlé de tendresse. C’est qu’il est à mes yeux une protestation éloquente et absolument justi— fiée en principe contre tous les systèmes qui rétré cissent l’intelligence et font descendre l’âme de sa hau— teur originelle. Ces systèmes, je n’ai pas besoin fie les nommer, ils règnent presque en maîtres dans le temps Où nous vivons, ils règnent principalement sur l’esprit de la jeunesse, qui, n’osant ni choisir entre eux, ni les admettre tous à la fois, parce qu’ils se contredisent, se trouve réduite à une sorte de nihilisme spéculatif. Heureusement que le cœur , dans ces nouvelles générations, vaut mieux que la tête et neutralise en en partie les effets des mauvaises doctrines. Mais qu’est—ce que le cœur sinon une des formes, tout au moins un des élémens du mysticisme, c’est-à-dire le l sentiment et les intuitions spontanées, jusqu’à un certain point irrésistibles de la conscience? « Dieu sensible au cœur » ; quel sens profond dans cette parole de Pascal ! C’est que, en effet, si Dieu ne nous touche pas, ne pénètre pas en nous, n’est pas le mo teur secret de nos pensées et de nos actions, il n’est 7 ‘ pas ce que la Bible appelle si bien le Dieu vivant. Il ‘ se réduit à une formule algébrique ou logique telle que l’lnconnaissable de Herbert Spencer, l’Inconscient de Hartmann ou même les Postulats de la raison pure ' inventés par Kant. ' ' ‘ Cependant la protestation ’plus ou moins vague, plus ‘ l ou moins flottante du sentiment contre l’athéisme,
2AVANT-PROPOS 48 5 le positivisme et le pessimisme me paraît insuffisante. On ne connaît pas Dieu, et si je puis parler ainsi, on ne le possède pas et l’on n’est pas possédé par lui tant qu'on ne va pas au fond des choses, dont il est non seulement l’auteur et le législateur, mais la suprême réalité, la dernière essence, dans lesquelles il réside et qu’il enveloppe en nous enveloppant nous— mêmes. C’est dans ces profondeurs que vous et vos collaborateurs de 1’1222'tz'atz'on, en appelant à votre aide toutes les formes du mysticisme, celles de l’Orient comme celles de l’Occident, celles de l’Inde comme celles de l’Europe, vous aimez à vous Ëbîmer! Ces profondeurs ont leurs ténèbres et leurs dangers: je ne Serais pas sincère si je vous disais que vous réus sissez toujours à les éviter et que nOtamment la liberté humaine n’est jamais compromise avec voùs ni les exigences de la vie et de la science proprement dite. Mais je préfère de beaucoup ces audacieuses spécula tions à la myopie du positivisme, au néant de la science athée et au désespoir plus ou moins hypocrite du pessimisme. Elles sont à mes yeux comme un appel énergiqne au sérieux de la vie, au réveil du sens du divin. Elles me représentent un salutaire révulsif pour l’âme humaine engourdie, menacée de s’éteindre. Je ne puis donc que vous engager,‘sous les réserves que je viens de faire, à persévérer dans la voie que vous parcourez avec tant d’ardeur, où malgré votre jeunesse vous avez déjà acquis tant d’autorité. Mon intention est de vous y suivre avec un intérêt toujours croissant. Ad. FRANCK. Paris, le I2 février 1891. ' ‘ '“M . M
3. PARTIE INITIATIQUE ' l > äs Iluuiar mans l.’lJ DE REICHEMBACH La Science occulte se présente7 au premier abord comme constituée uniquement par une série d’affir— mations plus ou moins logiques sur l’Homme, sur l’Univers et sur Dieu. Ces théories avancées sont, de plus, inconnues le plus souvent des contemporains. La Science occulte ne saurait toutefois être séparée de la Science ordinaire, ainsi que le remarque si jus— tement M. Ad. Franck dans sa lettre ci-jointe. En apparence l’occultisme diffère des connaissances cou— rantes par sa conceptiOn de l’Univers et des_forces qui y sont en action. ‘ Quand nous disons difi’e’re nous devrions dire difl’e’rait; car chaque jour la Science en arrive à démontrer par la méthode expérimentale les données de l’ésOtérisme, contre lesquelles elle s’élevait avec tant d’ardeur la veille. 4‘ N..Ï;" r,wPI.«- - ,\.. l“f‘r'”k,“'_g’;-æm
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1484 L’INITIATION .» ä.."—, .»,.« --r‘..- ,‘._. .l‘____ __‘ ;_ t ‘ m’a toujours inspiré, dès mes premières années de réflexion, et m’inspire surtout aujourd’hui, dans un âge très avancé, le plus profond respect, j’oserai même dire un culte mêlé de tendresse. C’est qu’il est à mes yeux une protestation éloquente et absolument justi— fiée en principe contre tous les systèmes qui rétré cissent l’intelligence et font descendre l’âme de sa hau— teur originelle. Ces systèmes, je n’ai pas besoin fie les nommer, ils règnent presque en maîtres dans le temps Où nous vivons, ils règnent principalement sur l’esprit de la jeunesse, qui, n’osant ni choisir entre eux, ni les admettre tous à la fois, parce qu’ils se contredisent, se trouve réduite à une sorte de nihilisme spéculatif. Heureusement que le cœur , dans ces nouvelles générations, vaut mieux que la tête et neutralise en en partie les effets des mauvaises doctrines. Mais qu’est—ce que le cœur sinon une des formes, tout au moins un des élémens du mysticisme, c’est-à-dire le l sentiment et les intuitions spontanées, jusqu’à un certain point irrésistibles de la conscience? « Dieu sensible au cœur » ; quel sens profond dans cette parole de Pascal ! C’est que, en effet, si Dieu ne nous touche pas, ne pénètre pas en nous, n’est pas le mo teur secret de nos pensées et de nos actions, il n’est 7 ‘ pas ce que la Bible appelle si bien le Dieu vivant. Il ‘ se réduit à une formule algébrique ou logique telle que l’lnconnaissable de Herbert Spencer, l’Inconscient de Hartmann ou même les Postulats de la raison pure ' inventés par Kant. ' ' ‘ Cependant la protestation ’plus ou moins vague, plus ‘ l ou moins flottante du sentiment contre l’athéisme,
2AVANT-PROPOS 48 5 le positivisme et le pessimisme me paraît insuffisante. On ne connaît pas Dieu, et si je puis parler ainsi, on ne le possède pas et l’on n’est pas possédé par lui tant qu'on ne va pas au fond des choses, dont il est non seulement l’auteur et le législateur, mais la suprême réalité, la dernière essence, dans lesquelles il réside et qu’il enveloppe en nous enveloppant nous— mêmes. C’est dans ces profondeurs que vous et vos collaborateurs de 1’1222'tz'atz'on, en appelant à votre aide toutes les formes du mysticisme, celles de l’Orient comme celles de l’Occident, celles de l’Inde comme celles de l’Europe, vous aimez à vous Ëbîmer! Ces profondeurs ont leurs ténèbres et leurs dangers: je ne Serais pas sincère si je vous disais que vous réus sissez toujours à les éviter et que nOtamment la liberté humaine n’est jamais compromise avec voùs ni les exigences de la vie et de la science proprement dite. Mais je préfère de beaucoup ces audacieuses spécula tions à la myopie du positivisme, au néant de la science athée et au désespoir plus ou moins hypocrite du pessimisme. Elles sont à mes yeux comme un appel énergiqne au sérieux de la vie, au réveil du sens du divin. Elles me représentent un salutaire révulsif pour l’âme humaine engourdie, menacée de s’éteindre. Je ne puis donc que vous engager,‘sous les réserves que je viens de faire, à persévérer dans la voie que vous parcourez avec tant d’ardeur, où malgré votre jeunesse vous avez déjà acquis tant d’autorité. Mon intention est de vous y suivre avec un intérêt toujours croissant. Ad. FRANCK. Paris, le I2 février 1891. ' ‘ '“M . M
3. PARTIE INITIATIQUE ' l > äs Iluuiar mans l.’lJ DE REICHEMBACH La Science occulte se présente7 au premier abord comme constituée uniquement par une série d’affir— mations plus ou moins logiques sur l’Homme, sur l’Univers et sur Dieu. Ces théories avancées sont, de plus, inconnues le plus souvent des contemporains. La Science occulte ne saurait toutefois être séparée de la Science ordinaire, ainsi que le remarque si jus— tement M. Ad. Franck dans sa lettre ci-jointe. En apparence l’occultisme diffère des connaissances cou— rantes par sa conceptiOn de l’Univers et des_forces qui y sont en action. ‘ Quand nous disons difi’e’re nous devrions dire difl’e’rait; car chaque jour la Science en arrive à démontrer par la méthode expérimentale les données de l’ésOtérisme, contre lesquelles elle s’élevait avec tant d’ardeur la veille. 4‘ N..Ï;" r,wPI.«- - ,\.. l“f‘r'”k,“'_g’;-æm
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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