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1202 L’INITIATION éclairés, ou qui se prétendent tels, se contentent sim plement de sourire de pitié quand on leur parle de la science des Mages. 0 Ceux«ci, au surplus, gravement, et sans un seul momentse préoccuper de ce silence dédaigneux, pour suivent leurs chères études, et, en présence du réper toire des connaissances officielles, ils édifient de leur côté une science abstruse pour le vulgaire, simple pour le pratiquant à qui en ont été dévoilés les mys térieux arcanes. Savants classés et occultistes élèvent simultanément deux autels où ils recherchent les uns et les autres la Vérité; les moyens seuls d’inquisition diffèrent. Du reste, pour différentes que soient les méthodes, le but à atteindre étant le même, il se produit de temps à autre des rapprochements. En dépit de leur mépris plus apparent que réel, en somme, les savants officiels ne dédaignent point, à l’occasion, de venir demander à leurs confrères occul tistes l’explication de certains phénomènes, et, en échange, les occultistes volontiers s’efforcent de démontrer que leur science ésotérique n’est nulle ment contradictoire avec les enseignements ortho—' doxes, mais, au contraire, les complète et parfois en donne la solution simple et rigoureuse. « Il n’y a pas de religion plus élevée que la vérité », prennent-ils volontiers pour devise, et, sans renoncer à des croyances qu’ils estiment justes et bonnes, ils travaillent ardemment à démontrer que leur méthode est en vérité plus parfaite, plus synthétique, plus philosophique surtout, que les procédés analytiques
2L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 203 _7‘I__W.f_lw_- .,.æpvr_p .u : r...- . . .. . , î3 t ?* . Ë."E‘,—'€ ."'.':'Klî.‘ des savants reconnus. D’ailleurs, il ne renient nulle ment la valeur et l’importance des travaux de ceux ci; mais, ils pensent et ils déclarent fermement qu’à côté des faits mis en lumière par ces travaux, il est autre chose d’essence supérieure et dont les seules pratiques positives du laboratoire ne sauraientdonner une rationnelle explication. La science, prétendent-ils encore, n’est pas aussi nouvelle qu’on le croit généralement, et les anciens initiés savaient les formules de bien des lois aujour— d’hui perdues pour la foule. Or, ces lois, l’enseigne ment ésotérique permet de les retrouver. Quoi qu’il en soit, semble-HI, la période des luttes amères entre les deux écoles est pour jamais passée. L’union, il est vrai, n’est pas encore faite, et n’est même point proche de se faire, d’une manière éten due, au moins; mais, symptôme important, les adversaires d’hier ne se refusent plus, de parti déli béré, à se prêter un mutuel concours. Chimistes, médecins, physiciens, mathématiciens et physiologistes se rencontrent « au seuil du mys tère » avec les occultistes, et les méthodes d’investi— gation se fondent. Quel fruit l’homme a-t-il dès maintenant tiré d’une semblable alliance P C’est ce que nous allons nous efl’orcer de déter« miner. I « Notre but est simple et évident; il consiste à démontrer, par une .voie. scientifique nouvelle,
3204 L’INITIATION quoique très connexe avec les idées antiques, que le fondement des dogmes religieux a sa base, non pas dans des fables populaires, inventées on ne sait sous l’influence de quel cauchemar inconnu, mais certai nement sur des doctrines mathématiques et physiques dont la trace s’est perdue. (i) » ’ Ainsi s’exprime dans un livre peu connu aujour d’hui, en dépit de sa haute valeur philosophique, M. Louis Lucas(2), qui, le premier en notre siècle, d’une manière réellement scientifique au moins,se soit occupé de concilier les données des connais sances officielles avec les enseignements de l’ésoté— risme, ou, plus exactement, d’appliquer ceux-ci à celles-là. La Chimie nouvelle, dans laquelle, notamment, il applique sa méthode aux sciences physiques et natu relles, est à cet égard particulièrement instructive. Mais, voyons comme il procède. Les anciens maîtres en la science hermétique, à seule fin d’écarter le vulgaire, avaient coutume d’en serrer les formules de leur Œuvre en un langage mythique et allégorique que les Initiés seuls savaient interpréter. Du reste, procédant avec sagacité, en dépit de leur (1) Louis Lucas, la Chimie nouvelle. Paris, 1854, un vol. in-u, p. 82. (2) Louis Lucas est un auteur longtemps demeuré complètement i noré, et il n'y a guère que quelques mors, grâce aux recherches de 3 us, que les occult15tes ont appris à le connaître. ersonne, auparavant, ne semble s'être douté de son existence, et ni le Larousse, ni aucune autre encyclopédie quelconque ne fait mention de l'homme et de ses œuvres. , . L’avenir se chargera de réparer cet oubli.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1202 L’INITIATION éclairés, ou qui se prétendent tels, se contentent sim plement de sourire de pitié quand on leur parle de la science des Mages. 0 Ceux«ci, au surplus, gravement, et sans un seul momentse préoccuper de ce silence dédaigneux, pour suivent leurs chères études, et, en présence du réper toire des connaissances officielles, ils édifient de leur côté une science abstruse pour le vulgaire, simple pour le pratiquant à qui en ont été dévoilés les mys térieux arcanes. Savants classés et occultistes élèvent simultanément deux autels où ils recherchent les uns et les autres la Vérité; les moyens seuls d’inquisition diffèrent. Du reste, pour différentes que soient les méthodes, le but à atteindre étant le même, il se produit de temps à autre des rapprochements. En dépit de leur mépris plus apparent que réel, en somme, les savants officiels ne dédaignent point, à l’occasion, de venir demander à leurs confrères occul tistes l’explication de certains phénomènes, et, en échange, les occultistes volontiers s’efforcent de démontrer que leur science ésotérique n’est nulle ment contradictoire avec les enseignements ortho—' doxes, mais, au contraire, les complète et parfois en donne la solution simple et rigoureuse. « Il n’y a pas de religion plus élevée que la vérité », prennent-ils volontiers pour devise, et, sans renoncer à des croyances qu’ils estiment justes et bonnes, ils travaillent ardemment à démontrer que leur méthode est en vérité plus parfaite, plus synthétique, plus philosophique surtout, que les procédés analytiques
2L’OCCULTISME SCIENTIFIQUE 203 _7‘I__W.f_lw_- .,.æpvr_p .u : r...- . . .. . , î3 t ?* . Ë."E‘,—'€ ."'.':'Klî.‘ des savants reconnus. D’ailleurs, il ne renient nulle ment la valeur et l’importance des travaux de ceux ci; mais, ils pensent et ils déclarent fermement qu’à côté des faits mis en lumière par ces travaux, il est autre chose d’essence supérieure et dont les seules pratiques positives du laboratoire ne sauraientdonner une rationnelle explication. La science, prétendent-ils encore, n’est pas aussi nouvelle qu’on le croit généralement, et les anciens initiés savaient les formules de bien des lois aujour— d’hui perdues pour la foule. Or, ces lois, l’enseigne ment ésotérique permet de les retrouver. Quoi qu’il en soit, semble-HI, la période des luttes amères entre les deux écoles est pour jamais passée. L’union, il est vrai, n’est pas encore faite, et n’est même point proche de se faire, d’une manière éten due, au moins; mais, symptôme important, les adversaires d’hier ne se refusent plus, de parti déli béré, à se prêter un mutuel concours. Chimistes, médecins, physiciens, mathématiciens et physiologistes se rencontrent « au seuil du mys tère » avec les occultistes, et les méthodes d’investi— gation se fondent. Quel fruit l’homme a-t-il dès maintenant tiré d’une semblable alliance P C’est ce que nous allons nous efl’orcer de déter« miner. I « Notre but est simple et évident; il consiste à démontrer, par une .voie. scientifique nouvelle,
3204 L’INITIATION quoique très connexe avec les idées antiques, que le fondement des dogmes religieux a sa base, non pas dans des fables populaires, inventées on ne sait sous l’influence de quel cauchemar inconnu, mais certai nement sur des doctrines mathématiques et physiques dont la trace s’est perdue. (i) » ’ Ainsi s’exprime dans un livre peu connu aujour d’hui, en dépit de sa haute valeur philosophique, M. Louis Lucas(2), qui, le premier en notre siècle, d’une manière réellement scientifique au moins,se soit occupé de concilier les données des connais sances officielles avec les enseignements de l’ésoté— risme, ou, plus exactement, d’appliquer ceux-ci à celles-là. La Chimie nouvelle, dans laquelle, notamment, il applique sa méthode aux sciences physiques et natu relles, est à cet égard particulièrement instructive. Mais, voyons comme il procède. Les anciens maîtres en la science hermétique, à seule fin d’écarter le vulgaire, avaient coutume d’en serrer les formules de leur Œuvre en un langage mythique et allégorique que les Initiés seuls savaient interpréter. Du reste, procédant avec sagacité, en dépit de leur (1) Louis Lucas, la Chimie nouvelle. Paris, 1854, un vol. in-u, p. 82. (2) Louis Lucas est un auteur longtemps demeuré complètement i noré, et il n'y a guère que quelques mors, grâce aux recherches de 3 us, que les occult15tes ont appris à le connaître. ersonne, auparavant, ne semble s'être douté de son existence, et ni le Larousse, ni aucune autre encyclopédie quelconque ne fait mention de l'homme et de ses œuvres. , . L’avenir se chargera de réparer cet oubli.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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