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1JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 395 "TÏ’:Ï:;Î"I'"“ ' C’est pourquoi il ne cessa pas un moment d’entra ver partout Jeanne d’Arc, de conspirer sa perte, de soustraire le roi à la direction de l’inspirée, à l’en traînement de l’héroïne, à la politique nationale de la sainte paysanne. A Reims, le plan définitif de la perte de Jeanne d’Arc fut résolu. Il y allait de la tête du chancelier si Philippe le Bon et le duc de Bedfort avaient parlé , et ils l’eussent fait sans ce qui suit. Après que La Trémoille eut empêché la prise de Paris par Jeanne, le chancelier alla de sa personne tenter de faire échouer la campagne de l’Oise. La Trémoille prit le gouvernement de Compiègne, Flavy obéit : Jeanne fut livrée à Philippe de Bour gogne. C’est alors que Régnault de Chartres se trahit osten siblement en aidant l’ennemi, dans son mandement aux Rémois, sans parler ici d’autres actes. C’est alors aussi que son vidame, l’évêque de Beau vais, Cauchon, entra en scène. Prisonnière de guerre, Jeanne tombait dans le droit des gens: c’était la liberté sous rançon. Prisonnière d’Eglise diocésaine, jugée par le clergé bourguignon, anti-armagnac, et sous le contrôle des Plantagenets—Lancastres, c’était la mort. La situation était celle de Jésus jugé par les siens d’un parti adverse et sous l’œil du gouverneur romain. Voilà toute la vérité, résumée en peu de mots, qu’au ‘ cun historien ne contestera valablement, car les mem—
2396 L’INITIATION bres épars de cette vérité sont chez eux tous comme dans les documents du xv° siècle. » * I#* Les vingt-cinq chants développent les diverses phases historiques condensées en ces quelques lignes. Signalons tout particulièrement à l’attention des lec— teursle quatrième chant : la Vengeance des Templiers, où se trouve ainsi conçue l’œuvre néfaste de l’Esprit du mal : L'invisible Esprit de l'enfer Livre aux États chrétiens le secret de la poudre, Et ricane: « Prenez et buvez... c'est la foudre! : Mangez... c'est du plomb! c'est du fer! » Il faudrait citer en son entier le 19" chant : Jeanne au Concile, à tous les points de vue; ' mais la place nous manque. Signalons ces quelques vers du début comme reconstitution : Par ordre du Conseil royal ! Clergé, clergie, oyezl Sa Majesté vous somme Et messire de Reims. chancelier du royaulme, Vous clame à son Présidial. . . Chez l'advocat du Roy, toutes cléricatures Tretous clers, moynes, séculiers, Docteurs, professeurs, bacheliers Es droits civils, canon et sainctes Escriptures; A bonnes fins d'ouîr, céans Icelle Jeanne d'Arc, en assises publicques Jugeant d’elle en ses foy, dactrines catholicques, Et visions sus Orléans Pour, illec, dire au roi des François, vostre maistre, S'il convient user tel secours, Et si, li bailler son concours, Est d'ung roi très chrestien, sans nul pesche‘ commestre? L’interrogatoire de Jcanne devrait être cité tout au long, mais encore une fois l’espace nous est compté
3JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 397 et force nous est de dire quelques mots de l’œuvre au point de vue hermétique. Si les études d’occultisme constituent des « œuvres de jeunesse », M. de Saint-Yves me permettra-t-il de saluer en lui un des plus « jeunes » parmi ceux qui défendent ces idées? Son ouvrage fourmille d’idées profondes, empreintes de la plus haute philosophie, faites pour être incom— prises des lecteurs mondains et toutes teintées du plus pur ésotérisme. Voyez plutôt cet exposé en trois lignes de la double loi du ternaire scientifique et artistique : « A tout effet il faut une cause, entre l’efi‘et et la cause une loi ; à tout art il faut une science, entre l’un et l’autre un rapport. » Le rapport de l’art à la science correspondant à laloz' de l’effet à la cause, n’est-ce pas là de l’analogie mise merveilleusement en action? Et tout « cet avertissement » ne renierme-t-il pas un résumé très clair de l’extase et de ses mystérieuses lois ? La distinction entre ces deux extases est, du reste, tout entière enfermée en ces deux strophes : Voici la description de l’infernale par Séguin, le docteur théologien, au 19° chant : C‘est un des rites du Sabbat Qui relie au démon la région hantée; Et tout corps dont la peau par quelque herbe est frottée Sent l‘extase où l'Eufer s'ébat.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 395 "TÏ’:Ï:;Î"I'"“ ' C’est pourquoi il ne cessa pas un moment d’entra ver partout Jeanne d’Arc, de conspirer sa perte, de soustraire le roi à la direction de l’inspirée, à l’en traînement de l’héroïne, à la politique nationale de la sainte paysanne. A Reims, le plan définitif de la perte de Jeanne d’Arc fut résolu. Il y allait de la tête du chancelier si Philippe le Bon et le duc de Bedfort avaient parlé , et ils l’eussent fait sans ce qui suit. Après que La Trémoille eut empêché la prise de Paris par Jeanne, le chancelier alla de sa personne tenter de faire échouer la campagne de l’Oise. La Trémoille prit le gouvernement de Compiègne, Flavy obéit : Jeanne fut livrée à Philippe de Bour gogne. C’est alors que Régnault de Chartres se trahit osten siblement en aidant l’ennemi, dans son mandement aux Rémois, sans parler ici d’autres actes. C’est alors aussi que son vidame, l’évêque de Beau vais, Cauchon, entra en scène. Prisonnière de guerre, Jeanne tombait dans le droit des gens: c’était la liberté sous rançon. Prisonnière d’Eglise diocésaine, jugée par le clergé bourguignon, anti-armagnac, et sous le contrôle des Plantagenets—Lancastres, c’était la mort. La situation était celle de Jésus jugé par les siens d’un parti adverse et sous l’œil du gouverneur romain. Voilà toute la vérité, résumée en peu de mots, qu’au ‘ cun historien ne contestera valablement, car les mem—
2396 L’INITIATION bres épars de cette vérité sont chez eux tous comme dans les documents du xv° siècle. » * I#* Les vingt-cinq chants développent les diverses phases historiques condensées en ces quelques lignes. Signalons tout particulièrement à l’attention des lec— teursle quatrième chant : la Vengeance des Templiers, où se trouve ainsi conçue l’œuvre néfaste de l’Esprit du mal : L'invisible Esprit de l'enfer Livre aux États chrétiens le secret de la poudre, Et ricane: « Prenez et buvez... c'est la foudre! : Mangez... c'est du plomb! c'est du fer! » Il faudrait citer en son entier le 19" chant : Jeanne au Concile, à tous les points de vue; ' mais la place nous manque. Signalons ces quelques vers du début comme reconstitution : Par ordre du Conseil royal ! Clergé, clergie, oyezl Sa Majesté vous somme Et messire de Reims. chancelier du royaulme, Vous clame à son Présidial. . . Chez l'advocat du Roy, toutes cléricatures Tretous clers, moynes, séculiers, Docteurs, professeurs, bacheliers Es droits civils, canon et sainctes Escriptures; A bonnes fins d'ouîr, céans Icelle Jeanne d'Arc, en assises publicques Jugeant d’elle en ses foy, dactrines catholicques, Et visions sus Orléans Pour, illec, dire au roi des François, vostre maistre, S'il convient user tel secours, Et si, li bailler son concours, Est d'ung roi très chrestien, sans nul pesche‘ commestre? L’interrogatoire de Jcanne devrait être cité tout au long, mais encore une fois l’espace nous est compté
3JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 397 et force nous est de dire quelques mots de l’œuvre au point de vue hermétique. Si les études d’occultisme constituent des « œuvres de jeunesse », M. de Saint-Yves me permettra-t-il de saluer en lui un des plus « jeunes » parmi ceux qui défendent ces idées? Son ouvrage fourmille d’idées profondes, empreintes de la plus haute philosophie, faites pour être incom— prises des lecteurs mondains et toutes teintées du plus pur ésotérisme. Voyez plutôt cet exposé en trois lignes de la double loi du ternaire scientifique et artistique : « A tout effet il faut une cause, entre l’efi‘et et la cause une loi ; à tout art il faut une science, entre l’un et l’autre un rapport. » Le rapport de l’art à la science correspondant à laloz' de l’effet à la cause, n’est-ce pas là de l’analogie mise merveilleusement en action? Et tout « cet avertissement » ne renierme-t-il pas un résumé très clair de l’extase et de ses mystérieuses lois ? La distinction entre ces deux extases est, du reste, tout entière enfermée en ces deux strophes : Voici la description de l’infernale par Séguin, le docteur théologien, au 19° chant : C‘est un des rites du Sabbat Qui relie au démon la région hantée; Et tout corps dont la peau par quelque herbe est frottée Sent l‘extase où l'Eufer s'ébat.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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