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1386 L’INITIATION devant une force plus puissante que sa volonté: le Soleil paraît à l’horizon. La lumière aveugle qui la veut contempler face à face sans en avoir le pouvoir; et si quelque extatique vient enseigner aux hommes les divins mystères qu’il a sur pris au sein du soleil des soleils, la foule des aveugles et des faux voyants s’ameute contre lui, le taxe d’impos ture ou d’ignorance et le conduit au bûcher, à la croix ou à la fusillade suivant les peuples et les temps. Etre initié c’est savoir la nature humaine, c’est attendre la calomnie et l’outrage de ceux à qui vous révélez les mystères sacrés, et c’est avoir la force de leur pardonner à l’avance : l’initie’ tuera l’initiateur, telle est la loi. ‘ Or le caractère essentiel de l’homme parvenu à l’ini tiation véritable, c’est l’indiflérence devant l’attaque d’en bas et la poursuite courageuse de son but. Lorsque, dès 1880, un écrivain parut qui affirma l’existence de la tradition occidentale en l’appliquarit à la loi sociale, que d’obstacles ne rencontra-HI pas ? Chose curieuse, ce furent ceux qui prétendaient être les dépositaires de la tradition originelle d’Orient qui devinrent ses implacables adversaires, et ces pseudo— initiés employèrent à cet effet les seules armes dignes d’eux :la calomnie, les attaques personnelles sur la vie privée et l’injure sous toutes ses formes. Mais les paroles passent et les écrits seuls restent, scripta manent ; ouvrons donc les livres des deux parties et cherchons où se trouve la preuve dernière de la plus haute initiation. La sagesse orientale se manifeste à l’Occident par
2JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 387 des pamphlets dont le catéchisme poissard forme le fond : attaques contre nos sciences, injures contre nos religions, prise à partie de nos savants les plus cons— ciencieux, le tout pour clamer des affirmations sans preuves, panachées d’erreurs scientifiques. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre; les naïfs ou les fem— mes, peu instruits des connaissances contemporaines, sont seuls à se pâmer devant ce genre de productions, quitte à reconnaître plus tard leur cruelle erreur. D’autre part, nous voyons répondre à toutes ces calomnies par des actes ou par des œuvres. Parcourez les ouvrages du marquis de Saint-Yves, vous n’y trouverez d’attaques contre rien, ni contre personne; les sciences, les religions, les philosophies sont cha cune l’objet d’une étude aussi élevée qu’impartiale, et l’auteur peut être justement fier d’avoir en le courage de chercher partout le bien, de manifester partout le beau en dehors de toute école ou de tout commentaire. D’un côté nous voyons donc l’envie, la jalousie et l’injure présider à la confection d’ouvrages destinés à « développer les facultés latentes en l’homme ». Ceux là possèdent seuls , à les entendre, le titre d’initiés. De l’autre côté, au contraire, on s’occupe à produire des œuvres solides, pures de toute personnalité et dont la lecture élève les cœurs vers la bonté au lieu de les plonger dans la haine. Ceux-là ne sont peut— être pas les initiés, car ils ne se targuent jamais de ce titre ; mais franchement je préfère être profane de cette façon, qu’initié de l’autre. M. de Saint-Yves vient de faire paraître un nou veau livre : Jeanne d’Arc victorieuse. “m.«m.M\W «nm.n‘ -ws.«—‘ ._ ,,—»Mm.4_aæwvnwu
3388 L’INITIATION _.— -vw—— , L’ouvrage comprend trois parties : 1° Une préface en prose; 2° Le corps du volume constitué par une épopée en vingt-cinq chants ; 3° Un appendice bibliographique et la table. Nous allons analyser de notre mieux chacune de ces trois parties. le tu La Préface constitue à elle seule une étude magis trale de politique sociale, dans la véritable acception du mot. L’auteur défend une thèse que nous réprouvons personnellement au sujet de l’Alsace-Lorraine, mais notre opinion a trop peu d’importance pour l’instant. Considérant la France comme la Jeanne d’Arc des nations, il montre que toute abdication de sa part serait une faute irréparable et qu’accepter la neutra lisation de l’Alsace—Lorraine serait accepter la neutra lisation de notre Patrie elle-même vis—à-vis de toute I’Europe. Il y a dans cette préface une étude de géométrie sociale tout à fait suggestive, déjà énoncée d’ailleurs dans la Mission des sou»erains. Considérant les champs d’évolution des intérêts de chaque peuple comme une ellipse dont les foyers sont constitués par chacun des peuples antagonistes, l’auteur montre que l’ellipse franco-allemande est enfermée dans l’ellipse anglo-russe, elle-même sus ceptible d’être écrasée par la grande ellipse américano chinoise. Cette étude des résultats épouvantables auxquels
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1386 L’INITIATION devant une force plus puissante que sa volonté: le Soleil paraît à l’horizon. La lumière aveugle qui la veut contempler face à face sans en avoir le pouvoir; et si quelque extatique vient enseigner aux hommes les divins mystères qu’il a sur pris au sein du soleil des soleils, la foule des aveugles et des faux voyants s’ameute contre lui, le taxe d’impos ture ou d’ignorance et le conduit au bûcher, à la croix ou à la fusillade suivant les peuples et les temps. Etre initié c’est savoir la nature humaine, c’est attendre la calomnie et l’outrage de ceux à qui vous révélez les mystères sacrés, et c’est avoir la force de leur pardonner à l’avance : l’initie’ tuera l’initiateur, telle est la loi. ‘ Or le caractère essentiel de l’homme parvenu à l’ini tiation véritable, c’est l’indiflérence devant l’attaque d’en bas et la poursuite courageuse de son but. Lorsque, dès 1880, un écrivain parut qui affirma l’existence de la tradition occidentale en l’appliquarit à la loi sociale, que d’obstacles ne rencontra-HI pas ? Chose curieuse, ce furent ceux qui prétendaient être les dépositaires de la tradition originelle d’Orient qui devinrent ses implacables adversaires, et ces pseudo— initiés employèrent à cet effet les seules armes dignes d’eux :la calomnie, les attaques personnelles sur la vie privée et l’injure sous toutes ses formes. Mais les paroles passent et les écrits seuls restent, scripta manent ; ouvrons donc les livres des deux parties et cherchons où se trouve la preuve dernière de la plus haute initiation. La sagesse orientale se manifeste à l’Occident par
2JEANNE D’ARC VICTORIEUSE 387 des pamphlets dont le catéchisme poissard forme le fond : attaques contre nos sciences, injures contre nos religions, prise à partie de nos savants les plus cons— ciencieux, le tout pour clamer des affirmations sans preuves, panachées d’erreurs scientifiques. Le résultat ne se fait pas longtemps attendre; les naïfs ou les fem— mes, peu instruits des connaissances contemporaines, sont seuls à se pâmer devant ce genre de productions, quitte à reconnaître plus tard leur cruelle erreur. D’autre part, nous voyons répondre à toutes ces calomnies par des actes ou par des œuvres. Parcourez les ouvrages du marquis de Saint-Yves, vous n’y trouverez d’attaques contre rien, ni contre personne; les sciences, les religions, les philosophies sont cha cune l’objet d’une étude aussi élevée qu’impartiale, et l’auteur peut être justement fier d’avoir en le courage de chercher partout le bien, de manifester partout le beau en dehors de toute école ou de tout commentaire. D’un côté nous voyons donc l’envie, la jalousie et l’injure présider à la confection d’ouvrages destinés à « développer les facultés latentes en l’homme ». Ceux là possèdent seuls , à les entendre, le titre d’initiés. De l’autre côté, au contraire, on s’occupe à produire des œuvres solides, pures de toute personnalité et dont la lecture élève les cœurs vers la bonté au lieu de les plonger dans la haine. Ceux-là ne sont peut— être pas les initiés, car ils ne se targuent jamais de ce titre ; mais franchement je préfère être profane de cette façon, qu’initié de l’autre. M. de Saint-Yves vient de faire paraître un nou veau livre : Jeanne d’Arc victorieuse. “m.«m.M\W «nm.n‘ -ws.«—‘ ._ ,,—»Mm.4_aæwvnwu
3388 L’INITIATION _.— -vw—— , L’ouvrage comprend trois parties : 1° Une préface en prose; 2° Le corps du volume constitué par une épopée en vingt-cinq chants ; 3° Un appendice bibliographique et la table. Nous allons analyser de notre mieux chacune de ces trois parties. le tu La Préface constitue à elle seule une étude magis trale de politique sociale, dans la véritable acception du mot. L’auteur défend une thèse que nous réprouvons personnellement au sujet de l’Alsace-Lorraine, mais notre opinion a trop peu d’importance pour l’instant. Considérant la France comme la Jeanne d’Arc des nations, il montre que toute abdication de sa part serait une faute irréparable et qu’accepter la neutra lisation de l’Alsace—Lorraine serait accepter la neutra lisation de notre Patrie elle-même vis—à-vis de toute I’Europe. Il y a dans cette préface une étude de géométrie sociale tout à fait suggestive, déjà énoncée d’ailleurs dans la Mission des sou»erains. Considérant les champs d’évolution des intérêts de chaque peuple comme une ellipse dont les foyers sont constitués par chacun des peuples antagonistes, l’auteur montre que l’ellipse franco-allemande est enfermée dans l’ellipse anglo-russe, elle-même sus ceptible d’être écrasée par la grande ellipse américano chinoise. Cette étude des résultats épouvantables auxquels
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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