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1392 L’INITIATION Nos livres d’histoire sont également à refaire sur un nouveau plan; j’en appelle à l’auteur lui-même. Enfin, les grands mouvements sociaux n’ont jamais été exécutés que par les sociétés d’occultisme. Que ces sociétés aient été mal dirigées, c’est possible; mais un fait certain, c’est que l’indépendance de l’Amérique, la Révolution française et, à l’heure actuelle, tous les soulèvements qui agitent l’Amérique du Sud sont l’œuvre des sociétés occultes, dont l’influence possible n’apparaît pas dans l’exposé politique qui sert d’intro duction à Jeanne d’A rc rictorieuse. M. de Saint-Yves affirme qu’il n’a « voulu exercer aucune action directe sur ces mouvements » provoqués par la science occulte. Nous sommes heureux de cette affirmation loyale qui répond victorieusement à cer— taines insinuations dénuées de fondement. Comme occultiste, nous sommes donc obligés de critiquer cette partie de la Préface, tout en admirant profondément la hauteur à laquelle atteint l’auteur des Missions, exposant en quelques pages les lois poli tiques qui dirigent fatalement l’Europe,et leurs tristes conséquences si l’on n’y porte bientôt remède. Regrettons enfin les déclarations réitérées de l’au teur annonçant que c’est là sa dernière œuvre et qu’il abandonne le soin de réaliser définitivement la synar chie au grand justicier d’ici-bas : le Temps. * 44 Le caractère tout nouveau de l’épopée qui forme le corps du volume, c’est que l’histoire y est suivie pas à
2JEANNE D'ARC VICTORIEUSE 393 pas, sans que l’auteur se soit permis aucune de ces licences qu’excuse la forme qu’il a choisie. Pour donner une juste idée de la somme de science et d’observations accumulées dans ces vingt—cinq chants, il faudrait analyser l’ouvrage à un triple point de Vue : 1° comme œuvre d’art, 2° comme livre d’his— toire, 3° comme livre d’occultisme. Jelaisse aux critiques autorisés le soin de se pro noncer sur le premier point, mon opinion n’ayant qu’une valeur toute négativeà ce propos. Je n’ai qu’une chose à déclarer : c’est que la lecture des poèmes m’a ému en maint passage au delà de toute expression et que je suis très sincèrement reconnaissant à l’auteur des moments délicieux qu’il m’a fait passer. Au point de vue historique, je ne crains pas d’affir— mer que M. de Saint-Yves est un des premiers qui aient su dégager nettement les deux influences en cours dans l’action de Jeanne d’Arc : l’influence mys tique d’une part et l’influence rationnelle de l’autre, sans vouloir jamais mêler en rien ces deux influences ainsi que le font les historiens catholiques, sans vou— loir non plus soumettre de force toutes les actions mystiques aux lois étroites d’une « raison » apanage exclusif(heureusement pour nous) de quelques his toriens matérialistes. Voici le résumé de la mission de Jeanne présenté clairement par l’auteur lui-même ; nous ne pouvons ‘ mieux faire que de le citer in extenso : xæ « ax « Jeanne d’Arc n’a pas plus été abandonnée de
3394 L’INITIATION Dieu et de ses anges après Reims qu’avant. Elle n’avait ni n’a jamais rien fait qui méritât cet abandon. Mais elle a toujours porté ombrage aux deux princi— paux conseillers de son roi, dès son arrivée de Dom rémy à Chinon. Ces deux conseillers étaient Régnault de Chartres, archevêque de Reims, grand chancelier, et le cham— bellan vicomte de Thouars de la Trémoille. Avant qu’elle vit le Dauphin pour la première fois, on essaya de la faire tuer à Chinon même. Ensuite, dans l’espoir de se débarrasser, sinon d‘elle, du moins de sa mission, on suscita un concile de fait, si ce n’est de nom. On l'y tint quinze jours à Poitiers, l’examinant sur sa foi, sur ses mœurs et sur ses révé— lations divines. Elle convainquit l'Assemblée ecclésiastique, qui permit au roi d'accepter son secours, au dépit des deux conseillers susnommés. . Ceux—ci, croyant la dynastie des Valois et la France entière perdues, avaient déjà fait leurjeu politique de l’autre côté. Ils s’étaient engagés à fond vis-à—vis de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et des Plantagenets-Lan castres. La chute d’0rléans était le signal de ces prélimi naires oraux ou écrits. La mission de Jeanne d’Arc vint bouleverser cette politique de liquidateurs féodaux. Elle mit le principal meneur du Dauphin, son pre mier ministre, dans une situation périlleuse à l’ex trême.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1392 L’INITIATION Nos livres d’histoire sont également à refaire sur un nouveau plan; j’en appelle à l’auteur lui-même. Enfin, les grands mouvements sociaux n’ont jamais été exécutés que par les sociétés d’occultisme. Que ces sociétés aient été mal dirigées, c’est possible; mais un fait certain, c’est que l’indépendance de l’Amérique, la Révolution française et, à l’heure actuelle, tous les soulèvements qui agitent l’Amérique du Sud sont l’œuvre des sociétés occultes, dont l’influence possible n’apparaît pas dans l’exposé politique qui sert d’intro duction à Jeanne d’A rc rictorieuse. M. de Saint-Yves affirme qu’il n’a « voulu exercer aucune action directe sur ces mouvements » provoqués par la science occulte. Nous sommes heureux de cette affirmation loyale qui répond victorieusement à cer— taines insinuations dénuées de fondement. Comme occultiste, nous sommes donc obligés de critiquer cette partie de la Préface, tout en admirant profondément la hauteur à laquelle atteint l’auteur des Missions, exposant en quelques pages les lois poli tiques qui dirigent fatalement l’Europe,et leurs tristes conséquences si l’on n’y porte bientôt remède. Regrettons enfin les déclarations réitérées de l’au teur annonçant que c’est là sa dernière œuvre et qu’il abandonne le soin de réaliser définitivement la synar chie au grand justicier d’ici-bas : le Temps. * 44 Le caractère tout nouveau de l’épopée qui forme le corps du volume, c’est que l’histoire y est suivie pas à
2JEANNE D'ARC VICTORIEUSE 393 pas, sans que l’auteur se soit permis aucune de ces licences qu’excuse la forme qu’il a choisie. Pour donner une juste idée de la somme de science et d’observations accumulées dans ces vingt—cinq chants, il faudrait analyser l’ouvrage à un triple point de Vue : 1° comme œuvre d’art, 2° comme livre d’his— toire, 3° comme livre d’occultisme. Jelaisse aux critiques autorisés le soin de se pro noncer sur le premier point, mon opinion n’ayant qu’une valeur toute négativeà ce propos. Je n’ai qu’une chose à déclarer : c’est que la lecture des poèmes m’a ému en maint passage au delà de toute expression et que je suis très sincèrement reconnaissant à l’auteur des moments délicieux qu’il m’a fait passer. Au point de vue historique, je ne crains pas d’affir— mer que M. de Saint-Yves est un des premiers qui aient su dégager nettement les deux influences en cours dans l’action de Jeanne d’Arc : l’influence mys tique d’une part et l’influence rationnelle de l’autre, sans vouloir jamais mêler en rien ces deux influences ainsi que le font les historiens catholiques, sans vou— loir non plus soumettre de force toutes les actions mystiques aux lois étroites d’une « raison » apanage exclusif(heureusement pour nous) de quelques his toriens matérialistes. Voici le résumé de la mission de Jeanne présenté clairement par l’auteur lui-même ; nous ne pouvons ‘ mieux faire que de le citer in extenso : xæ « ax « Jeanne d’Arc n’a pas plus été abandonnée de
3394 L’INITIATION Dieu et de ses anges après Reims qu’avant. Elle n’avait ni n’a jamais rien fait qui méritât cet abandon. Mais elle a toujours porté ombrage aux deux princi— paux conseillers de son roi, dès son arrivée de Dom rémy à Chinon. Ces deux conseillers étaient Régnault de Chartres, archevêque de Reims, grand chancelier, et le cham— bellan vicomte de Thouars de la Trémoille. Avant qu’elle vit le Dauphin pour la première fois, on essaya de la faire tuer à Chinon même. Ensuite, dans l’espoir de se débarrasser, sinon d‘elle, du moins de sa mission, on suscita un concile de fait, si ce n’est de nom. On l'y tint quinze jours à Poitiers, l’examinant sur sa foi, sur ses mœurs et sur ses révé— lations divines. Elle convainquit l'Assemblée ecclésiastique, qui permit au roi d'accepter son secours, au dépit des deux conseillers susnommés. . Ceux—ci, croyant la dynastie des Valois et la France entière perdues, avaient déjà fait leurjeu politique de l’autre côté. Ils s’étaient engagés à fond vis-à—vis de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, et des Plantagenets-Lan castres. La chute d’0rléans était le signal de ces prélimi naires oraux ou écrits. La mission de Jeanne d’Arc vint bouleverser cette politique de liquidateurs féodaux. Elle mit le principal meneur du Dauphin, son pre mier ministre, dans une situation périlleuse à l’ex trême.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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