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1202 L’INITIATION Mais les Finnois et les Accadiens se révèlent moins novices aux opérations criminelles et François le Normant nous signale sur la Nigromancie d’Accad mille détails caractéristiques: on peut voir, dans les nombreux monuments qu’il commente, le théurge très nettement distingué du sorcier, qu’on flétrit du nom d’homme méchant. Les maléfices s’appellent l’œuvre; les incantations, la parole; les philtres, la chose mortelle (I). Nous ne mentionnerons que pour mémoire l’exis tence des magiciens du mal dans les autres contrées de l’Orient. Ce n’est point qu’ils soient rares ou que leur influence y soit nulle; mais à part Ceylan, où le Civaïsme dégénéré en sorcellerie (c’est le cas de tous les cultes morts), fait une rude guerre au Bouddhisme triomphant comme religion, les sorciers orientaux manquent de caractéristiques; ils semblent tous façonnés sur le même patron. Il est d’ailleurs une confusion qu’on ne saurait éclaircir d’une plume trop précise, une confusion cou— tumière à tous les historiens de mœurs orientales et que les narrateurs de voyages, — missionnaires Ou explorateurs officiels, — semblent prendre à tâche de perpétuer. Sur ce point délicat, ils amoncellent à l’envi de compendieuses ténèbres. Qu’il s’agisse de récits contemporains ou de documents sur l’époque la plus reculée, le narrateur ou l’historien parle volontiers de magie; mais il désigne d’un même substantif et enveloppe d’une même épithète le théurge (1)0n ne faisait guère alors de différence entre le philtre et le poison.
2LE SORCIER 203 Wu fnr ü hsrsumr _ ' -‘»- _ ;.- :. . v v.2. . v _ . . - initié des sanctuaires et le nécroman de bas étage, dont l’art, prostitué à des œuvres criminelles et sombres, ne répugne pas non plus aux procédés du plus vulgaire escamotage. Or la Magie noire a pour premiers caratères d’être furtive et antt’sacerdotale et les rites les plus suspects ne sauraient justifier l‘appellation de sorcellerie. lors— qu’ils sont pratiqués au grand jour, par les prêtres d’une religion quelconque, devant les fidèles assem— blés. Il est pourtant des circonstances atténuantes à la méprise des ethnographes. Ces écrivains ne remon tent guère en deçà des temps dits historiques: alors que les multiples débris de l’antique synthèse reli— gieuse se morcelant de plus en plus, le polythéisme incompris de ses sectateurs mêmes dérobait à leurs propres yeux le tabernacle catholique de l’Unité‘. Il est incontestable qu’alors, dans la plupart des sanc— tuaires, — surtout à l’entour des autels consacrés à des dieux d’ordre analytique et particulier, — le culte public consistait en mille cérémonies dont le caractère peut à bon droit paraître ténébreux. Les sacrifices humains, pour prendre un exemple significatif, étaient presque universellement consacrés et légitimés par un symbolisme sacerdotal, déjà matérialisé de longue date, et que des prêtres dépravés ou vénaux se chargeaient de maintenir toujours au niveau de leurs passions et de leurs convoitises, — en un mot, de leurs intérêts grands ou petits. Dès longtemps disloquée par le schisme, l’hérésie et les dissensions politiques,la Confédération théocra
3204 L’iNITIATION ,——;rfläffrzzh-? rw>—MNŒ- m— mmr > - “as, uw‘ . ‘ J l tique du Bélier avait cessé d’être: à peine quelques contrées fragmentaires de ce vaste empire reli gieux restaient fidèles à l’enseignement intégral comme au culte traditionnel. — Elles s’opposaient encore, pétrifiées dans leur immuable orthodoxie, à la marée montante d’iniquités et de corruption, soulevée à flots toujours plus menaçants autour d’elles. Mais partout ailleurs, de récentes autocraties, assez discordantes pour s’être attribué chacune des lois, des mœurs et des rites nouveaux, s’accordaient g, au moins pour introduire dans leurs usages publics et revêtir de la sanction religieuse le principe abomi nable du sang humain répandu par l’homme en l’honneur de la divinité. Réellement mais inconsciemment révélateur d’une décadence profonde dans l’ésotérisme (monopolisé en vain par les sacerdoces schismatiques), ce rite impur et sacrilège manifestait le Grand Arcane désor mais incompris dans un de ses plus sublimes corol laires: l’ineffable identité du Grand Adam et du Verbe divin, ou si l’on veut, la synthèse hominale en Dieu, de qui l’Homme Universel (I) est la première extériorisation, le premier développement d’ordre purement intelligible. Donc, si nous entrons en plein cycle d’Assûr, à cette époque maudite dont le Taureau du Zodiaque redevient l’emblème antisocial, après avoir été, tant de siècles auparavant, l’hiér0glyphe astronomique du 41) Nous envisageons ici, bien entendu, 1'Homme Upiuçrsel comme n'étant autre que e Regne homma! conçu dans son prmc1pe d'univer— salrte transcendante.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1202 L’INITIATION Mais les Finnois et les Accadiens se révèlent moins novices aux opérations criminelles et François le Normant nous signale sur la Nigromancie d’Accad mille détails caractéristiques: on peut voir, dans les nombreux monuments qu’il commente, le théurge très nettement distingué du sorcier, qu’on flétrit du nom d’homme méchant. Les maléfices s’appellent l’œuvre; les incantations, la parole; les philtres, la chose mortelle (I). Nous ne mentionnerons que pour mémoire l’exis tence des magiciens du mal dans les autres contrées de l’Orient. Ce n’est point qu’ils soient rares ou que leur influence y soit nulle; mais à part Ceylan, où le Civaïsme dégénéré en sorcellerie (c’est le cas de tous les cultes morts), fait une rude guerre au Bouddhisme triomphant comme religion, les sorciers orientaux manquent de caractéristiques; ils semblent tous façonnés sur le même patron. Il est d’ailleurs une confusion qu’on ne saurait éclaircir d’une plume trop précise, une confusion cou— tumière à tous les historiens de mœurs orientales et que les narrateurs de voyages, — missionnaires Ou explorateurs officiels, — semblent prendre à tâche de perpétuer. Sur ce point délicat, ils amoncellent à l’envi de compendieuses ténèbres. Qu’il s’agisse de récits contemporains ou de documents sur l’époque la plus reculée, le narrateur ou l’historien parle volontiers de magie; mais il désigne d’un même substantif et enveloppe d’une même épithète le théurge (1)0n ne faisait guère alors de différence entre le philtre et le poison.
2LE SORCIER 203 Wu fnr ü hsrsumr _ ' -‘»- _ ;.- :. . v v.2. . v _ . . - initié des sanctuaires et le nécroman de bas étage, dont l’art, prostitué à des œuvres criminelles et sombres, ne répugne pas non plus aux procédés du plus vulgaire escamotage. Or la Magie noire a pour premiers caratères d’être furtive et antt’sacerdotale et les rites les plus suspects ne sauraient justifier l‘appellation de sorcellerie. lors— qu’ils sont pratiqués au grand jour, par les prêtres d’une religion quelconque, devant les fidèles assem— blés. Il est pourtant des circonstances atténuantes à la méprise des ethnographes. Ces écrivains ne remon tent guère en deçà des temps dits historiques: alors que les multiples débris de l’antique synthèse reli— gieuse se morcelant de plus en plus, le polythéisme incompris de ses sectateurs mêmes dérobait à leurs propres yeux le tabernacle catholique de l’Unité‘. Il est incontestable qu’alors, dans la plupart des sanc— tuaires, — surtout à l’entour des autels consacrés à des dieux d’ordre analytique et particulier, — le culte public consistait en mille cérémonies dont le caractère peut à bon droit paraître ténébreux. Les sacrifices humains, pour prendre un exemple significatif, étaient presque universellement consacrés et légitimés par un symbolisme sacerdotal, déjà matérialisé de longue date, et que des prêtres dépravés ou vénaux se chargeaient de maintenir toujours au niveau de leurs passions et de leurs convoitises, — en un mot, de leurs intérêts grands ou petits. Dès longtemps disloquée par le schisme, l’hérésie et les dissensions politiques,la Confédération théocra
3204 L’iNITIATION ,——;rfläffrzzh-? rw>—MNŒ- m— mmr > - “as, uw‘ . ‘ J l tique du Bélier avait cessé d’être: à peine quelques contrées fragmentaires de ce vaste empire reli gieux restaient fidèles à l’enseignement intégral comme au culte traditionnel. — Elles s’opposaient encore, pétrifiées dans leur immuable orthodoxie, à la marée montante d’iniquités et de corruption, soulevée à flots toujours plus menaçants autour d’elles. Mais partout ailleurs, de récentes autocraties, assez discordantes pour s’être attribué chacune des lois, des mœurs et des rites nouveaux, s’accordaient g, au moins pour introduire dans leurs usages publics et revêtir de la sanction religieuse le principe abomi nable du sang humain répandu par l’homme en l’honneur de la divinité. Réellement mais inconsciemment révélateur d’une décadence profonde dans l’ésotérisme (monopolisé en vain par les sacerdoces schismatiques), ce rite impur et sacrilège manifestait le Grand Arcane désor mais incompris dans un de ses plus sublimes corol laires: l’ineffable identité du Grand Adam et du Verbe divin, ou si l’on veut, la synthèse hominale en Dieu, de qui l’Homme Universel (I) est la première extériorisation, le premier développement d’ordre purement intelligible. Donc, si nous entrons en plein cycle d’Assûr, à cette époque maudite dont le Taureau du Zodiaque redevient l’emblème antisocial, après avoir été, tant de siècles auparavant, l’hiér0glyphe astronomique du 41) Nous envisageons ici, bien entendu, 1'Homme Upiuçrsel comme n'étant autre que e Regne homma! conçu dans son prmc1pe d'univer— salrte transcendante.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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