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1LE SORCIER 199 ' 5. -’:".F‘,‘_‘Ï" ."”.'..;..ÏT. ,-.v:v:w».m- .,.|.. .‘r<lj, :.À mm}. ...,...-.. '.:x y, """’_ - 1A jours capitaux, les procès de sorcellerie ne laissent chômer ni juge, ni procureur, ni bourreau. Ceci nous conduit jusqu’en plein xvrn° siècle !... A cette heure même, que la torture est abolie et que les nécromans ne risquent guère de démêlés avec la justice, si ce n’est quelque anodine poursuite pour escroquerie ou vagabondage, l’on commettrait une grave erreur à soutenir la disparition de leur postérité funeste. Etre hybride, presque uniformément malicieux et sot, le sorcier ne témoigne que par exception d’une intelligence à demi-sombrée déjà dans le fanatisme. Ingénieux par instinct aux travestissements les plus inouïs, il a changé d’aspect, de mœurs et de langage. Sous la blouse du paysan, sous la redingote du médecin, ailleurs encore nous le retrouvons, presque aussi répandu, et j’ajouterai plus dangereux peut être dans ses modalités nouvelles... hélas! aussi sous la robe du prêtre. C’est affaire de statistique. A tôute époque, du reste, il en fut ainsi... Comme les médecins fournissent à l’opiophagie et à ses équivalents le con— tingent le plus sérieux; de même et pour des motifs analogues, l’armée de Satan s’est toujours recrutée de préférence dans le sacerdoce: ce rapprochement ne laisse point que d’être piquant, et la vérification est facile de part et d’autre. Je le répète: jamais sorciers ne furent plus hardis et plus malfaisants qu’à cette époque qui les nie. Il y a peut-être quelque courage à rompre de visière aux préjugés les plus honorablement reçus ; mais ce que j’avance, je le soutiendrai par des exemples, je le ..i.Ï.I,..æ. -.,... .
2200 L’INITIATION _..... .. . ._..-—-«-3.... .. v . .', _ démontrerai par des faits; enfin je l’expliquerai par la mise au jour d’une doctrine singulière et mécon nue, médiatrice de la libre raison et des intuitions populaires, conciliatrice de la science la plus méfiante et des plus augustes traditions. Le sorcier, ai—je dit, est de tous les temps et de toutes les latitudes. Pour remonter à la plus lointaine des civilisations, -— si vaguement estompée dans les brumes du passé, que tous les documents réunis sur elle par les cher cheurs tiendraient presque en une demi-page, nous savons pourtant que les Atlantes, dont un cataclysme sans exemple dans l’histoire engloutit le continent plus de sept mille ans avant notre ère, avaient leurs devins et leurs enchanteurs. L’Inde a toujours connu les sorciers; mais au début, ils dissimulaient leur malice et déguisaient leurs pratiques sans nom, que n’eûssent point tolérées les sages successeurs du grand Théocrate Rama. Ils ne commencèrent à se montrer dans l’empire qu’à l’heure où, sourdement travaillé par la fermentation du schisme imminent, l’Etat social penchait insensi blement vers son déclin. Pour les modernes hindous, ils sont descendus _ jusqu’au dernier échelon des croyances supersti— tieuses: l’enchanteur est à la fois, chez eux, oracle, magnétiseur, exorciste, saltimbanque. et mendiant. Ce sont surtout les Fakirs et même certains prêtres de bas étage (Pourohitas), puis les ascètes et les moines quêteurs : tous rivalisent de momeries et perpétrent des phénomènes d’ailleurs surprenants, à grand ren
3LE SORCIER 2 0 I fort de mentrams (I) et d’invocations aux Pitris (2). L’on peut lire dans les intéressants ouvrages de Louis Jacolliot, — le Spiritisme dans l’Inde en particulier et les Fils de Dieu, — des détails aussi complets qu’imprévus sur ces sortes d’espèces. L’admiration, la vénération des campagnes leur est universellement acquise. Les brahmes pandits (3) et les initiés de la haute doctrine: Dwz‘djas (4) et Yoghz's (5) véritables, Tc/zélas et Slzabe’rons (6) sont presque seuls sur la péninsule, tout à fait exempts de cette lèpre morale : Si nous sortons de la caste sacerdotale,yà peine quel ques Rajahs et l’élite des Xchatryas font-ils excep tion (7). Chez les anciens hébreux, la magie noire se borne à l’évocation des spectres de la lumière négative, Aôbot/1 nfi:fix, si sévèrement proscrite par Moïse. (I) Conjurations. (2) Esprits désincarne’s. (3) Savants. ' (4) Deux fois nés. (5) Unis en Dieu, réintégrés. . (6) Shabërons, moines bouddhistes des couvents thibétains. Tehêlas, disciples de la science occulte. On en compte peu dans l'Inde propre ment dite. . (7) Recommandons à ce propos un livre très ancien et fort peu connu, dont les documents, cueillis au jour le jour dans l‘Inde, furent groupés et mis en lumière par un voyageur du xvm siècle, missionnaire pro— testant, ABRAHAM ROGERIUS, « qui a faict sa réfidence l'efpace de dix « années sur les coftes du Choromandel, et aux pais circovoil‘ins: » La Porte ouuerle pour paruenir à la connaissance du Pa anisme caché, traduict en français par Th. la Grue; Amsterdam, Jean ‘chipper, 1670, 1 vol. in-4°, frontispice et gravures très curieuses. Le lecteur y trouvera de précieux documents, souvenirs peut—être un peu mêlés de mirages. mais doués de la rare et pénétrante saveur propre aux impressions vierges, absolument sincères et naïves. On sent ce livre écrit d après les notes îuotidiennes d'un observateur neuf, ignorant des philosophies orienta es comme tous ceux de son temps, mais scrupuleux à raconter les choses vues, sans prétentions au bel esprit, et ce qui vaut mieux encore; sans artiris d'école. Il y est traité fort au long des superstL tions del‘In e et es maléfices qui s‘y exercent. . i< /‘!
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE SORCIER 199 ' 5. -’:".F‘,‘_‘Ï" ."”.'..;..ÏT. ,-.v:v:w».m- .,.|.. .‘r<lj, :.À mm}. ...,...-.. '.:x y, """’_ - 1A jours capitaux, les procès de sorcellerie ne laissent chômer ni juge, ni procureur, ni bourreau. Ceci nous conduit jusqu’en plein xvrn° siècle !... A cette heure même, que la torture est abolie et que les nécromans ne risquent guère de démêlés avec la justice, si ce n’est quelque anodine poursuite pour escroquerie ou vagabondage, l’on commettrait une grave erreur à soutenir la disparition de leur postérité funeste. Etre hybride, presque uniformément malicieux et sot, le sorcier ne témoigne que par exception d’une intelligence à demi-sombrée déjà dans le fanatisme. Ingénieux par instinct aux travestissements les plus inouïs, il a changé d’aspect, de mœurs et de langage. Sous la blouse du paysan, sous la redingote du médecin, ailleurs encore nous le retrouvons, presque aussi répandu, et j’ajouterai plus dangereux peut être dans ses modalités nouvelles... hélas! aussi sous la robe du prêtre. C’est affaire de statistique. A tôute époque, du reste, il en fut ainsi... Comme les médecins fournissent à l’opiophagie et à ses équivalents le con— tingent le plus sérieux; de même et pour des motifs analogues, l’armée de Satan s’est toujours recrutée de préférence dans le sacerdoce: ce rapprochement ne laisse point que d’être piquant, et la vérification est facile de part et d’autre. Je le répète: jamais sorciers ne furent plus hardis et plus malfaisants qu’à cette époque qui les nie. Il y a peut-être quelque courage à rompre de visière aux préjugés les plus honorablement reçus ; mais ce que j’avance, je le soutiendrai par des exemples, je le ..i.Ï.I,..æ. -.,... .
2200 L’INITIATION _..... .. . ._..-—-«-3.... .. v . .', _ démontrerai par des faits; enfin je l’expliquerai par la mise au jour d’une doctrine singulière et mécon nue, médiatrice de la libre raison et des intuitions populaires, conciliatrice de la science la plus méfiante et des plus augustes traditions. Le sorcier, ai—je dit, est de tous les temps et de toutes les latitudes. Pour remonter à la plus lointaine des civilisations, -— si vaguement estompée dans les brumes du passé, que tous les documents réunis sur elle par les cher cheurs tiendraient presque en une demi-page, nous savons pourtant que les Atlantes, dont un cataclysme sans exemple dans l’histoire engloutit le continent plus de sept mille ans avant notre ère, avaient leurs devins et leurs enchanteurs. L’Inde a toujours connu les sorciers; mais au début, ils dissimulaient leur malice et déguisaient leurs pratiques sans nom, que n’eûssent point tolérées les sages successeurs du grand Théocrate Rama. Ils ne commencèrent à se montrer dans l’empire qu’à l’heure où, sourdement travaillé par la fermentation du schisme imminent, l’Etat social penchait insensi blement vers son déclin. Pour les modernes hindous, ils sont descendus _ jusqu’au dernier échelon des croyances supersti— tieuses: l’enchanteur est à la fois, chez eux, oracle, magnétiseur, exorciste, saltimbanque. et mendiant. Ce sont surtout les Fakirs et même certains prêtres de bas étage (Pourohitas), puis les ascètes et les moines quêteurs : tous rivalisent de momeries et perpétrent des phénomènes d’ailleurs surprenants, à grand ren
3LE SORCIER 2 0 I fort de mentrams (I) et d’invocations aux Pitris (2). L’on peut lire dans les intéressants ouvrages de Louis Jacolliot, — le Spiritisme dans l’Inde en particulier et les Fils de Dieu, — des détails aussi complets qu’imprévus sur ces sortes d’espèces. L’admiration, la vénération des campagnes leur est universellement acquise. Les brahmes pandits (3) et les initiés de la haute doctrine: Dwz‘djas (4) et Yoghz's (5) véritables, Tc/zélas et Slzabe’rons (6) sont presque seuls sur la péninsule, tout à fait exempts de cette lèpre morale : Si nous sortons de la caste sacerdotale,yà peine quel ques Rajahs et l’élite des Xchatryas font-ils excep tion (7). Chez les anciens hébreux, la magie noire se borne à l’évocation des spectres de la lumière négative, Aôbot/1 nfi:fix, si sévèrement proscrite par Moïse. (I) Conjurations. (2) Esprits désincarne’s. (3) Savants. ' (4) Deux fois nés. (5) Unis en Dieu, réintégrés. . (6) Shabërons, moines bouddhistes des couvents thibétains. Tehêlas, disciples de la science occulte. On en compte peu dans l'Inde propre ment dite. . (7) Recommandons à ce propos un livre très ancien et fort peu connu, dont les documents, cueillis au jour le jour dans l‘Inde, furent groupés et mis en lumière par un voyageur du xvm siècle, missionnaire pro— testant, ABRAHAM ROGERIUS, « qui a faict sa réfidence l'efpace de dix « années sur les coftes du Choromandel, et aux pais circovoil‘ins: » La Porte ouuerle pour paruenir à la connaissance du Pa anisme caché, traduict en français par Th. la Grue; Amsterdam, Jean ‘chipper, 1670, 1 vol. in-4°, frontispice et gravures très curieuses. Le lecteur y trouvera de précieux documents, souvenirs peut—être un peu mêlés de mirages. mais doués de la rare et pénétrante saveur propre aux impressions vierges, absolument sincères et naïves. On sent ce livre écrit d après les notes îuotidiennes d'un observateur neuf, ignorant des philosophies orienta es comme tous ceux de son temps, mais scrupuleux à raconter les choses vues, sans prétentions au bel esprit, et ce qui vaut mieux encore; sans artiris d'école. Il y est traité fort au long des superstL tions del‘In e et es maléfices qui s‘y exercent. . i< /‘!
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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