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1vaéracz nu sauveur me LA Genèse 103 récents charniers, et c'est au même refrain que nous rêvons de futures et plus sanglantes hécatombes. Sommes-nous pas bien naïfs, dans notre présomption, quand nous proclamons Pavènement contemporain de la Science et de la Lumière? Pareils au grossier centurîon de Rome, qui traitait les Grecs de barbares, nous n'avon$ pas assez de dédain pour les héros des civilisations antiques. - Apôtres du scepticisme, nous conspuons leur fozfnaïve ; leur enthousiasme serein nous fait sourire, blasés qui n'avons plus d'énergie que pour le Mal! _ Et si les morts revenaient, pourtant. A la vue de notre société pourrie, Ram ou Zoroastre pourraient bien railler à leur tour, s'ils ne se sentaient plutôt l'envie de pleurer sur nous et notre þÿ p r é s o m p t u e ¼ s e décadence. V Est-ce à la multitude des connaissances isolées, empiriques, analytiques; est-ce aux progrès de l'industrie, du luxe et du confort que se mesure une civilisation? - Ces choses sans doute ont leur importance secondaire, dans þÿ l ' é d iû c e d'un état social;' mais la valeur réelle d'une société se mesure à son développement intellectuel et moral, à l'équilibre de ses fonctions organiques, et surtout à la perfection de son système unitaire. L'incontestable progrès des sciences positives ; l'importance et la variété de leurs applications; le développement ,gigantesque de Vindustrie; l'apparente prospérité des grandes nations, qui þÿû n i s s e n t toujours par engloutir les petites; Paccroissement général (significatif d'égoïsme), du bien-être matériel; a
2104 IÎINITIATION la diffusion très active d'une instruction bienfaisante sans doute, mais bien primaire: toutes ces manifestations du Progrès au sens moderne du mot ne nous font-elles pas illusion sur la valeur et l'universalité de notre état social européen P Mais à n'envisager que les questions sociales, nous apparaît-il si merveilleusement enviable, cet état P Allons, rentrons en nous-mêmes et faisons appel å notre conscience, þÿ aû n qu'elle juge avec équité l * I -ï -Vþÿ : L ' é t a t actuel ? - Voyons ses fruits: L'hostilité þÿû a g r a n t e de la science et de la religion ; - la grande lutte des autoritaires et des libéraux, plus farouches et plus irréconciliables que jamais; - le Positivisme aveugle se disputant les plus hautes intelligences avec le stérile Éclectisme et l'individualisme éhonté des Sceptiques; -- le Militarisme envaliissant tout : la cité bâtissant la caserne et la caserne opprimant la cité; - le Socialisme s'alliant trop souvent au Nihilisme, pour triompher par la dynamite ou sur l'échafaud; - l'Economie politique épuisant sa verve ingénieuse à dissimuler sous d'euphémiques vocables l'imminence de banqueroutes nationales, signes avant-coureurs de pires débâcles; - l"Agriculture en Europe égorgée par le Libre-Échange... -- Toutes les licences, en un mot, sous le nom de Liberté; toutes les misères sous le nom d'Egalité, et sous le nom de Fraternité, tous les égoïsmes! Sont-ce là les indices d'une civilisation réellement prospère ? l I
3PRÉFAC1: nu snnmzur ma LA G1:NÈs|: 105 La réponse n'est pas douteuse, pour qui a comparé l"ère présente, non pas aux siècles césariens d'Assoûr et de l'Empire de Rome þÿ ( i nû m e s épaves d'un vaste état social en pleine dissolution), mais bien aux trois mille cinq cents ans de la Paix du Bélier, quand Fempire universel de Rama prodiguait au monde sa glorieuse lumière, si vive et si douce, que le souvenir de l'âge d'or est resté dans la conscience humaine, comme un réconfort pour le présent et une espérance pour l'avenir! * -ï! Quels cataclysmes matériels, intellectuels et moraux n'a-t-il pas fallu, pour jeter à bas cet þÿ é d iû c e auguste, cette sainte Babel de Pharmonieux androgyne éternel, l'Adam-Eve social P Mais debout, malgré Faction dissolvante des siècles, -- bravant Saturne et sa faulx, Neptune et son trident, bravant Mars et son glaive, -- les ruines de ce passé grandiose ont subsisté: des obélisques et des pylônes sont encore là, criblés d'hiéroglyphes. . _ Une âme latente habite ces squelettes du passé ; .un verbe puissant fera vibrer quelque jour les profondeurs de ces nécropoles soixante fois séculaires, et la mort apparente livrera une fois de plus au monde caduc les secrets de la vie ! En attendant que la Parole posthume s'exhale de tous ces ossements de l"Antiquité sainte, de rares penseurs ont déchiíïré les inscriptions hiérogrammatiques des temples en ruine, les pantacles des manus1 oô IÎINXTIATION cri-ts décriés: ils sont à même de prêcher, avec la prudence qui sied, l'Evangile nouveau. Assez longtemps, du haut de sa croix, le Christ douloureux a fait retentir le monde du plus épouvantable cri qui ait jailli des lèvres d*un homme, des lèvres d'un Dieu défaillant un instant jusqu'à douter de lui-même: « Eli, Eli, lamma sabacthani/ þÿ : : -f L'avènement est proche du Christ glorieux: il est venu pour souffrir, se sacrer dans le sang et þÿ s ' aû î r m e r dans la mort; il reviendra pour vaincre, régner dans la paix, et triompher dans la viel -ii* Jésus-Christ est le soleil idéal de Phumanité : c'est dans son Evangile qu'il faut chercher la loi de la vie éternelle; son esprit y est tout entier. Mais lui-même (ne l'oublions pas) nous a prévenus diun voile å déchirer, si nous voulons que la Minerve se révèle à nous dans sa nudité chaste et merveilleuse: « La Lettre tue, a-t-il dit, et l'Esprit seul vivÿie. þÿ : : C'est à Poubli de ce divin précepte que les Docteurs modernes doivent de n'entendre guère mieux l'Evangile, qu'ils n'ont compris le Sepher de Moïse, les prophéties d'Ézéchiel, de Daniel et d'Isaïe, l'Apocalypse de saint Jean. Ils prennent les textes sacrés au pied de la lettre morte, attribuantà d'incomparables génies, tels que Moïse, Zoroastre et Jean, les tissus d'inepties que sont le Pentateuque, ou l'Avesta, ou l'Apocalypse, si, s'attachant au « récit þÿ : :(1) littéral, l'interprète U] Lequel þÿû ' e | t rien moins qifun réoin
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1vaéracz nu sauveur me LA Genèse 103 récents charniers, et c'est au même refrain que nous rêvons de futures et plus sanglantes hécatombes. Sommes-nous pas bien naïfs, dans notre présomption, quand nous proclamons Pavènement contemporain de la Science et de la Lumière? Pareils au grossier centurîon de Rome, qui traitait les Grecs de barbares, nous n'avon$ pas assez de dédain pour les héros des civilisations antiques. - Apôtres du scepticisme, nous conspuons leur fozfnaïve ; leur enthousiasme serein nous fait sourire, blasés qui n'avons plus d'énergie que pour le Mal! _ Et si les morts revenaient, pourtant. A la vue de notre société pourrie, Ram ou Zoroastre pourraient bien railler à leur tour, s'ils ne se sentaient plutôt l'envie de pleurer sur nous et notre þÿ p r é s o m p t u e ¼ s e décadence. V Est-ce à la multitude des connaissances isolées, empiriques, analytiques; est-ce aux progrès de l'industrie, du luxe et du confort que se mesure une civilisation? - Ces choses sans doute ont leur importance secondaire, dans þÿ l ' é d iû c e d'un état social;' mais la valeur réelle d'une société se mesure à son développement intellectuel et moral, à l'équilibre de ses fonctions organiques, et surtout à la perfection de son système unitaire. L'incontestable progrès des sciences positives ; l'importance et la variété de leurs applications; le développement ,gigantesque de Vindustrie; l'apparente prospérité des grandes nations, qui þÿû n i s s e n t toujours par engloutir les petites; Paccroissement général (significatif d'égoïsme), du bien-être matériel; a
2104 IÎINITIATION la diffusion très active d'une instruction bienfaisante sans doute, mais bien primaire: toutes ces manifestations du Progrès au sens moderne du mot ne nous font-elles pas illusion sur la valeur et l'universalité de notre état social européen P Mais à n'envisager que les questions sociales, nous apparaît-il si merveilleusement enviable, cet état P Allons, rentrons en nous-mêmes et faisons appel å notre conscience, þÿ aû n qu'elle juge avec équité l * I -ï -Vþÿ : L ' é t a t actuel ? - Voyons ses fruits: L'hostilité þÿû a g r a n t e de la science et de la religion ; - la grande lutte des autoritaires et des libéraux, plus farouches et plus irréconciliables que jamais; - le Positivisme aveugle se disputant les plus hautes intelligences avec le stérile Éclectisme et l'individualisme éhonté des Sceptiques; -- le Militarisme envaliissant tout : la cité bâtissant la caserne et la caserne opprimant la cité; - le Socialisme s'alliant trop souvent au Nihilisme, pour triompher par la dynamite ou sur l'échafaud; - l'Economie politique épuisant sa verve ingénieuse à dissimuler sous d'euphémiques vocables l'imminence de banqueroutes nationales, signes avant-coureurs de pires débâcles; - l"Agriculture en Europe égorgée par le Libre-Échange... -- Toutes les licences, en un mot, sous le nom de Liberté; toutes les misères sous le nom d'Egalité, et sous le nom de Fraternité, tous les égoïsmes! Sont-ce là les indices d'une civilisation réellement prospère ? l I
3PRÉFAC1: nu snnmzur ma LA G1:NÈs|: 105 La réponse n'est pas douteuse, pour qui a comparé l"ère présente, non pas aux siècles césariens d'Assoûr et de l'Empire de Rome þÿ ( i nû m e s épaves d'un vaste état social en pleine dissolution), mais bien aux trois mille cinq cents ans de la Paix du Bélier, quand Fempire universel de Rama prodiguait au monde sa glorieuse lumière, si vive et si douce, que le souvenir de l'âge d'or est resté dans la conscience humaine, comme un réconfort pour le présent et une espérance pour l'avenir! * -ï! Quels cataclysmes matériels, intellectuels et moraux n'a-t-il pas fallu, pour jeter à bas cet þÿ é d iû c e auguste, cette sainte Babel de Pharmonieux androgyne éternel, l'Adam-Eve social P Mais debout, malgré Faction dissolvante des siècles, -- bravant Saturne et sa faulx, Neptune et son trident, bravant Mars et son glaive, -- les ruines de ce passé grandiose ont subsisté: des obélisques et des pylônes sont encore là, criblés d'hiéroglyphes. . _ Une âme latente habite ces squelettes du passé ; .un verbe puissant fera vibrer quelque jour les profondeurs de ces nécropoles soixante fois séculaires, et la mort apparente livrera une fois de plus au monde caduc les secrets de la vie ! En attendant que la Parole posthume s'exhale de tous ces ossements de l"Antiquité sainte, de rares penseurs ont déchiíïré les inscriptions hiérogrammatiques des temples en ruine, les pantacles des manus1 oô IÎINXTIATION cri-ts décriés: ils sont à même de prêcher, avec la prudence qui sied, l'Evangile nouveau. Assez longtemps, du haut de sa croix, le Christ douloureux a fait retentir le monde du plus épouvantable cri qui ait jailli des lèvres d*un homme, des lèvres d'un Dieu défaillant un instant jusqu'à douter de lui-même: « Eli, Eli, lamma sabacthani/ þÿ : : -f L'avènement est proche du Christ glorieux: il est venu pour souffrir, se sacrer dans le sang et þÿ s ' aû î r m e r dans la mort; il reviendra pour vaincre, régner dans la paix, et triompher dans la viel -ii* Jésus-Christ est le soleil idéal de Phumanité : c'est dans son Evangile qu'il faut chercher la loi de la vie éternelle; son esprit y est tout entier. Mais lui-même (ne l'oublions pas) nous a prévenus diun voile å déchirer, si nous voulons que la Minerve se révèle à nous dans sa nudité chaste et merveilleuse: « La Lettre tue, a-t-il dit, et l'Esprit seul vivÿie. þÿ : : C'est à Poubli de ce divin précepte que les Docteurs modernes doivent de n'entendre guère mieux l'Evangile, qu'ils n'ont compris le Sepher de Moïse, les prophéties d'Ézéchiel, de Daniel et d'Isaïe, l'Apocalypse de saint Jean. Ils prennent les textes sacrés au pied de la lettre morte, attribuantà d'incomparables génies, tels que Moïse, Zoroastre et Jean, les tissus d'inepties que sont le Pentateuque, ou l'Avesta, ou l'Apocalypse, si, s'attachant au « récit þÿ : :(1) littéral, l'interprète U] Lequel þÿû ' e | t rien moins qifun réoin
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