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1102 L’INITIATION qui rêvent de tuer leur initiateur et qui finissent gé néralement par se tuer eux-mêmes. Les médecins apparaissent toujours semblables à eux-mêmes et on trouve dans leurs écrits des mots exquis comme celui-ci, que je cite de mémoire: « Guérir les malades que nous avons abandonnés ce n'est- pas une raison puisque le caractère des charlatans est justement de rendre à la santé par leurs moyens empiriques ces gens que nous avions scientifiquement condamnés à mort. » •Le chapitre VI (Lyon) nous donne des renseigne- •ments du plus haut intérêt sur la franc-maçonnerie au ’XYIIi** siècle. Il est à lire en entier, ainsi que la savoureuse analyse de l’esprit lyonnais (page i 37) : «Vesprit lyonnais estunsingulier mélange : un mys ticisme très profond, qui a survécu à toutes les révo lutions, se cache danstoutes ses vieilles maisons aux portes peu accueillantes, aux corridors sombres, aux fenêtres étroites; la vie intérieure semble se dévelop per davantage dans les villes, où le ciel brumeux et maussade éloigne l’homme de la place publique et f engage à se renfermer près de son feu, pour lire, méditer ou prier. » L’essai de réformes de la franc-maçonnerie par la maçonnerie égyptienne est analysé très clairement, [^développement des pouvoirs humains par l’homme régénéréestsavammentdéveloppé «Lorsque l’homme triplement régénéré possède une âme saine dans un corpssain, Dieu consacre en lui la maîtrise par fin aux desa Grâce. H devient alors un Maître, un élu ; fï zjouit des connaissances de tout le pouvoir que
2LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 104 Dieu, en principe, avait accordé à l'homme et les conserve tant qu’il se conforme scrupuleusement aux lois de sa nouvelle charge: il n’a plus besoin de h protection ni du secours d'aucun mortel et on le re connaît à ses œuvres. » En note, nous trouvons les deux renvois suivants : Extraits d'un manuscrit de Cagliostro appartenant a notre bibliothèque. « La grâce s’obtient surtout par des actes: vivre de la vie de tous dans la société ou le Ciel nous a placés, en respectant les lois et surtout se consacrer au bonheur et au soulagement de son prochain, voilà le premier devoir d'un philosophe et l'œuvre agréable à Dieu. » « On reconnaîtra l'élu à sa patience, à sa candeur, à la réalité de ses faits, a son succès età sa manière d'opérer qui ne doit être que celle d’implorer le grand Dieu et de commander aux sept anges primi tifs, sans jamais recourir à une voie superstitieuse ou idolâtre >>. Tout ce chapitre est à étudier par tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à la vie mystique. Le chapitre VII étudie Cagliostro à Paris. Ce chapitre est surtout consacré à l’étude de l’ini tiation de la femme. «La femme, disait-il, ne devaitelle pas aussi s'élever à la conception du vrai et du bien, participer à l’œuvre de régénération; n’était-ce pas < lie qui devait la première mettre le pied sur la tête du serpent : n'était ce pas dans le clair miroir de de son âme que devaient se réfléchir d’abord les pre miers rayons de la sagesse. » Nous laisserons de côté l’étude de l’affaire du
3104 l’initiation collier et des roueries de Mme de La Motte ; nous en reparlerons sans doute à propos de Cagliostro, considéré comme homme. Ce qui nous intéresse au point de vue ésotérique, ce sont les effets de l’envoyé du ciel dans le monde des lois. « Lorsqu’un être de lumière vient à vous, lorsqu’il vous offre, avec des preuves d une puis sance grandiose, les témoignages d’une bonté sans égale, est-il admissible qu'un sentiment mesquin de méfiance puisse amener un être intelligent à jouerau plus fin avee l’envoyé de Dieu ». ♦ ♦ • « Or, le ciel est aux violents ; il ne se donne pas auxtièdes; encore moins s’impose-t-il de force aux récalcitrants. Il faut, pour qu’il fasse sa demeure chez un homme, non pas les apparences mais la réa lité d’une paix intérieure, d’un bon vouloir sincère. U n‘y a pas de partage: celui qui veut servir Dieu, et qui se repose après avoir mis la main à la charrue, n’est pas digne du salaire. » Nous trouvons, dans les quelques lignes suivantes, l’énoncé d’une loi qui fera méditer bien des esprits évolués: « En supportant, lui, innocent, pour la cause de la vérité, pour la défense du dreit et de la dignité hu maine, l’injustice et l’arrestation arbitraire, les vio lences de la police, le pillage de ses biens, les tor tures physiques et morales de la séquestration, les blessures de la calomnie, il augmentait la responLE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 105 sabilité des coupables, leur faisant atteindre le terme extrême de leurs abus et déterminait ainsi dans le temps la fin de leur criminelle carrière. Une chose frappe dans la vie de Cagliostro : c'est que, partout où il a dû subir quelque injustice, delà part d’un homme ou d une loi, homme ou loi sont tombés immédiatement, comme si la coupe d’iniquité était pleine, du jour où la persécution de Cagliostro y avait mis la dernière goutte ». Au chapitre VIII, nous retrouvons Cagliostro à Londres et nous assistons à la lutte d’un envoyé contre une puissance formidable qui se lève : le jour nalisme. La victoire reste à l'envoyé,mais après quels cruels combats ! Le chapitre IX nous initie très finement à l’état d’âme des disciples, brûlant d’amour pour le Maître quand il est là, se refroidissant peu à peu lors de son abscence et finissant par devenir des ennemis et des adversaires. Page 224, nous assistons à l’arrivée du Maître à Rome, à ces tenues du rite égyptien, et à l’arrivée de Cagliostro devant le Tribunal de la Sainte Inqui sition. 11 faut lire ces pages où l’envoyé révèle aux inquisiteurs des vérités qu’ils devaient entendre sur terre avant d’aller payer leur dette spirituelle de l’autre côté : « Je crois, disait-il, que l’homme créé à Limage de Dieu peut, par sa protection spéciale, parvenir à la connaissance et à la domination des esprits, qui, eux, procèdent d’un autre mode de création, parce que
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1102 L’INITIATION qui rêvent de tuer leur initiateur et qui finissent gé néralement par se tuer eux-mêmes. Les médecins apparaissent toujours semblables à eux-mêmes et on trouve dans leurs écrits des mots exquis comme celui-ci, que je cite de mémoire: « Guérir les malades que nous avons abandonnés ce n'est- pas une raison puisque le caractère des charlatans est justement de rendre à la santé par leurs moyens empiriques ces gens que nous avions scientifiquement condamnés à mort. » •Le chapitre VI (Lyon) nous donne des renseigne- •ments du plus haut intérêt sur la franc-maçonnerie au ’XYIIi** siècle. Il est à lire en entier, ainsi que la savoureuse analyse de l’esprit lyonnais (page i 37) : «Vesprit lyonnais estunsingulier mélange : un mys ticisme très profond, qui a survécu à toutes les révo lutions, se cache danstoutes ses vieilles maisons aux portes peu accueillantes, aux corridors sombres, aux fenêtres étroites; la vie intérieure semble se dévelop per davantage dans les villes, où le ciel brumeux et maussade éloigne l’homme de la place publique et f engage à se renfermer près de son feu, pour lire, méditer ou prier. » L’essai de réformes de la franc-maçonnerie par la maçonnerie égyptienne est analysé très clairement, [^développement des pouvoirs humains par l’homme régénéréestsavammentdéveloppé «Lorsque l’homme triplement régénéré possède une âme saine dans un corpssain, Dieu consacre en lui la maîtrise par fin aux desa Grâce. H devient alors un Maître, un élu ; fï zjouit des connaissances de tout le pouvoir que
2LE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 104 Dieu, en principe, avait accordé à l'homme et les conserve tant qu’il se conforme scrupuleusement aux lois de sa nouvelle charge: il n’a plus besoin de h protection ni du secours d'aucun mortel et on le re connaît à ses œuvres. » En note, nous trouvons les deux renvois suivants : Extraits d'un manuscrit de Cagliostro appartenant a notre bibliothèque. « La grâce s’obtient surtout par des actes: vivre de la vie de tous dans la société ou le Ciel nous a placés, en respectant les lois et surtout se consacrer au bonheur et au soulagement de son prochain, voilà le premier devoir d'un philosophe et l'œuvre agréable à Dieu. » « On reconnaîtra l'élu à sa patience, à sa candeur, à la réalité de ses faits, a son succès età sa manière d'opérer qui ne doit être que celle d’implorer le grand Dieu et de commander aux sept anges primi tifs, sans jamais recourir à une voie superstitieuse ou idolâtre >>. Tout ce chapitre est à étudier par tous ceux qui veulent comprendre quelque chose à la vie mystique. Le chapitre VII étudie Cagliostro à Paris. Ce chapitre est surtout consacré à l’étude de l’ini tiation de la femme. «La femme, disait-il, ne devaitelle pas aussi s'élever à la conception du vrai et du bien, participer à l’œuvre de régénération; n’était-ce pas < lie qui devait la première mettre le pied sur la tête du serpent : n'était ce pas dans le clair miroir de de son âme que devaient se réfléchir d’abord les pre miers rayons de la sagesse. » Nous laisserons de côté l’étude de l’affaire du
3104 l’initiation collier et des roueries de Mme de La Motte ; nous en reparlerons sans doute à propos de Cagliostro, considéré comme homme. Ce qui nous intéresse au point de vue ésotérique, ce sont les effets de l’envoyé du ciel dans le monde des lois. « Lorsqu’un être de lumière vient à vous, lorsqu’il vous offre, avec des preuves d une puis sance grandiose, les témoignages d’une bonté sans égale, est-il admissible qu'un sentiment mesquin de méfiance puisse amener un être intelligent à jouerau plus fin avee l’envoyé de Dieu ». ♦ ♦ • « Or, le ciel est aux violents ; il ne se donne pas auxtièdes; encore moins s’impose-t-il de force aux récalcitrants. Il faut, pour qu’il fasse sa demeure chez un homme, non pas les apparences mais la réa lité d’une paix intérieure, d’un bon vouloir sincère. U n‘y a pas de partage: celui qui veut servir Dieu, et qui se repose après avoir mis la main à la charrue, n’est pas digne du salaire. » Nous trouvons, dans les quelques lignes suivantes, l’énoncé d’une loi qui fera méditer bien des esprits évolués: « En supportant, lui, innocent, pour la cause de la vérité, pour la défense du dreit et de la dignité hu maine, l’injustice et l’arrestation arbitraire, les vio lences de la police, le pillage de ses biens, les tor tures physiques et morales de la séquestration, les blessures de la calomnie, il augmentait la responLE MAITRE INCONNU CAGLIOSTRO 105 sabilité des coupables, leur faisant atteindre le terme extrême de leurs abus et déterminait ainsi dans le temps la fin de leur criminelle carrière. Une chose frappe dans la vie de Cagliostro : c'est que, partout où il a dû subir quelque injustice, delà part d’un homme ou d une loi, homme ou loi sont tombés immédiatement, comme si la coupe d’iniquité était pleine, du jour où la persécution de Cagliostro y avait mis la dernière goutte ». Au chapitre VIII, nous retrouvons Cagliostro à Londres et nous assistons à la lutte d’un envoyé contre une puissance formidable qui se lève : le jour nalisme. La victoire reste à l'envoyé,mais après quels cruels combats ! Le chapitre IX nous initie très finement à l’état d’âme des disciples, brûlant d’amour pour le Maître quand il est là, se refroidissant peu à peu lors de son abscence et finissant par devenir des ennemis et des adversaires. Page 224, nous assistons à l’arrivée du Maître à Rome, à ces tenues du rite égyptien, et à l’arrivée de Cagliostro devant le Tribunal de la Sainte Inqui sition. 11 faut lire ces pages où l’envoyé révèle aux inquisiteurs des vérités qu’ils devaient entendre sur terre avant d’aller payer leur dette spirituelle de l’autre côté : « Je crois, disait-il, que l’homme créé à Limage de Dieu peut, par sa protection spéciale, parvenir à la connaissance et à la domination des esprits, qui, eux, procèdent d’un autre mode de création, parce que
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