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1VOLONTÉ IO7 comme antécédent à la Volonté. C'est ce que com prend aujourd’hui un peu vaguement encore la phi losophie des Sciences qui dit : la Force est la base, l'essence première de toute existence. La Force est ce qui produit les changements, ce qui modifie les rapports des choses, aussi bien des choses invisibles que des choses visibles. L'apparition d’une idée dans une mentalité où elle n'était pas est un changement, donc l’effet d’une force, le résultat de son action. Rien de nouveau ne peut apparaître que par changement, ce qui veut dire que rien ne peut apparahre sans une force qui agisse pour le produire. Pour notre action sur le monde physique, la volition est la force par laquelle nous agissons; nous appelons volonté notre aptitude à vouloir, à être actifs par volitions ; nos volitions ont pour antécédents des idées mises en certains rapports ; elles sont mises en rapports par l’effet d'un vouloir agissant dans l’am biance mentale; et, en remontant toujours ainsi, on arrive à trouver que la Volonté est antécédente à tout, même à la Pensée (1) dont les produits sont des chan gements, par conséquent des effets de l’action d’une force. Avant le Logos qui pense l’univers, il y a la Vo lonté qui le fait penser. Schopenhauer a été un bon métaphysien. La Force des savants, la Volonté de Schopenhauer, c’est le Grand X, le Parabrahm des Hindous, l’Absolu (1) Ceci répond à la critique de M. Erny dans V Initiation de février 1899, page i3g, quoique écrit avant la lecture de cette critique.
2l’initiation 108 des métaphysiciens d’Occident. Etant le Grand X, on n’en peut rien dire, on n’en sait que son élance, je ne dis pas son existence, ce dernier mot exprimant une conception insuffisamment étendue qui jette les pen seurs en de grands embarras. * ¥ ¥ Les choses existantes ont des rapports entre elles ; un arbre est en rapport avec le sol dans lequel il a poussé ; avec l’air de l’endroit où il étale sa ramure ; avec le soleil, la lune, les étoiles, avec les arbres en vironnants avec tous les objets de la terre et du sys tème solaire; il est déterminé, tel qu'il est, par la somme de ses rapports avec toutes choses ; on peut dire qu’il est une somme de rapports. Par la modifi cation de l’un quelconque de ces rapports, l’arbre se trouve modifié, changé, est devenu autre qu’il était auparavant. On en peut dire autant de toutes choses. Les êtres et les choses sont donc des sommes de rapports et tout changement dans la somme des rap ports qu’ils sont, fait devenir autres les êtres et les choses. On appelle fait un des rapports constitutifs des êtres et des choses. Cet arbre est sur telle colline, voilà un fait; il est situé à telle hauteur au-dessus du niveau de la mer, voilà un autre fait; il est au nord de telle maison, voilà encore un fait; il est à l’ouest de tel ravin, c’est un fait encore. Les faits sont donc perçus isolément, les rapports des choses et
3VOLONTÉ ÎOÇ des êtres, rapports que nous avons trouvés les cons tituants de l’être et de la chose. Un rapport est une idée, une chose mentale; les Idéalistes du moyen âge n'avaient donc pas tout à fait tort de penser que la réalité des choses était dans les idées. Ceci revient à dire que la mentalité est an térieure à la physicité, que choses et êtres existent mentalement avant d’exister physiquement. Il y a une science des rapports, bien incomplète mais réelle quand même, on la nomme la Mathéma tique. Pythagore disait que le nombre, élément mathéma tique, est la racine de tous les êtres et de toutes les choses. Cela devient clair lorsque l'on a compris qu’êtres et choses sont essentiellement des sommes de rapports. Les changements du monde qui font sa vie, sont des modifications de rapports, ces modifications sont produites par des volitions; tout rapport nouveau est une modification de rapports antérieurs ; tous les rap ports sont donc des effets de la Volonté ; celle-ci est donc bien le producteur premier de toute existence. Arrivé là, une question se pose : Y a-t-il eu un temps où la volonté était seule, sans rapports produits, par conséquent sans activité? Les partisans de la création le prouvent et ils ima ginent un commencement pour l’existence. Le Bouddhisme n’admet pas de création, mais la coéternité de la Volonté et de son activité. Ni com mencement, ni fin ; toujours des rapports qui vont se modifiant sans cesse.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1VOLONTÉ IO7 comme antécédent à la Volonté. C'est ce que com prend aujourd’hui un peu vaguement encore la phi losophie des Sciences qui dit : la Force est la base, l'essence première de toute existence. La Force est ce qui produit les changements, ce qui modifie les rapports des choses, aussi bien des choses invisibles que des choses visibles. L'apparition d’une idée dans une mentalité où elle n'était pas est un changement, donc l’effet d’une force, le résultat de son action. Rien de nouveau ne peut apparaître que par changement, ce qui veut dire que rien ne peut apparahre sans une force qui agisse pour le produire. Pour notre action sur le monde physique, la volition est la force par laquelle nous agissons; nous appelons volonté notre aptitude à vouloir, à être actifs par volitions ; nos volitions ont pour antécédents des idées mises en certains rapports ; elles sont mises en rapports par l’effet d'un vouloir agissant dans l’am biance mentale; et, en remontant toujours ainsi, on arrive à trouver que la Volonté est antécédente à tout, même à la Pensée (1) dont les produits sont des chan gements, par conséquent des effets de l’action d’une force. Avant le Logos qui pense l’univers, il y a la Vo lonté qui le fait penser. Schopenhauer a été un bon métaphysien. La Force des savants, la Volonté de Schopenhauer, c’est le Grand X, le Parabrahm des Hindous, l’Absolu (1) Ceci répond à la critique de M. Erny dans V Initiation de février 1899, page i3g, quoique écrit avant la lecture de cette critique.
2l’initiation 108 des métaphysiciens d’Occident. Etant le Grand X, on n’en peut rien dire, on n’en sait que son élance, je ne dis pas son existence, ce dernier mot exprimant une conception insuffisamment étendue qui jette les pen seurs en de grands embarras. * ¥ ¥ Les choses existantes ont des rapports entre elles ; un arbre est en rapport avec le sol dans lequel il a poussé ; avec l’air de l’endroit où il étale sa ramure ; avec le soleil, la lune, les étoiles, avec les arbres en vironnants avec tous les objets de la terre et du sys tème solaire; il est déterminé, tel qu'il est, par la somme de ses rapports avec toutes choses ; on peut dire qu’il est une somme de rapports. Par la modifi cation de l’un quelconque de ces rapports, l’arbre se trouve modifié, changé, est devenu autre qu’il était auparavant. On en peut dire autant de toutes choses. Les êtres et les choses sont donc des sommes de rapports et tout changement dans la somme des rap ports qu’ils sont, fait devenir autres les êtres et les choses. On appelle fait un des rapports constitutifs des êtres et des choses. Cet arbre est sur telle colline, voilà un fait; il est situé à telle hauteur au-dessus du niveau de la mer, voilà un autre fait; il est au nord de telle maison, voilà encore un fait; il est à l’ouest de tel ravin, c’est un fait encore. Les faits sont donc perçus isolément, les rapports des choses et
3VOLONTÉ ÎOÇ des êtres, rapports que nous avons trouvés les cons tituants de l’être et de la chose. Un rapport est une idée, une chose mentale; les Idéalistes du moyen âge n'avaient donc pas tout à fait tort de penser que la réalité des choses était dans les idées. Ceci revient à dire que la mentalité est an térieure à la physicité, que choses et êtres existent mentalement avant d’exister physiquement. Il y a une science des rapports, bien incomplète mais réelle quand même, on la nomme la Mathéma tique. Pythagore disait que le nombre, élément mathéma tique, est la racine de tous les êtres et de toutes les choses. Cela devient clair lorsque l'on a compris qu’êtres et choses sont essentiellement des sommes de rapports. Les changements du monde qui font sa vie, sont des modifications de rapports, ces modifications sont produites par des volitions; tout rapport nouveau est une modification de rapports antérieurs ; tous les rap ports sont donc des effets de la Volonté ; celle-ci est donc bien le producteur premier de toute existence. Arrivé là, une question se pose : Y a-t-il eu un temps où la volonté était seule, sans rapports produits, par conséquent sans activité? Les partisans de la création le prouvent et ils ima ginent un commencement pour l’existence. Le Bouddhisme n’admet pas de création, mais la coéternité de la Volonté et de son activité. Ni com mencement, ni fin ; toujours des rapports qui vont se modifiant sans cesse.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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