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1LE SPIIIME CHEZ LES PEJH-WüE Les manifestations spirites suscitées vers 1840 dans la famille américaine des Fox, et qui redonnèrent une actualité et une importance toute nouvelle aux évocations des esprits, ont-elles été produites dans ces conditions en vertu de l’ambiance, et l'Amérique devait-elle devenir la terre classique des médiums, parce que la race des Peaux-Rouges présente plus que toute autre des traits de médiumnité fréquents? Ce problème posé par le docteur Gibier dans son étude sur les faits spirites n’a pas reçu de réponse, mais la question toutefois a excité les investigations simultanées des sceptiques et des adeptes de la religion nouvelle sur un côté très peu étudié du caractère des Indiens. Au fait, les études sérieuses sur la mentalité des Peaux-Rouges sont peu nombreuses. D’abord il est certain que la très grande diversité des dialectes, variables dans chaque peuplade, opposait une bar rière aux recherches des savants. De plus, les Indiens sont peu bavards et leurs haines envers les blancs, depuis surtout les férocités américaines, avaient trop de raison d’exister pour qu’il n’en découlât pas une défiance contre l'esprit selon lequel des investigateurs auraient tenté d’éclairer les légendes et les pratiques indiennes.
2LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 20/ Loin d’être de purs sauvages enfiévrés de chasse seule et de meurtre, les Peaux-Rougessemblent avoir adopté des mœurs nomades et frustes plutôt par suite de raisons ignorées que par une incapacité intellec tuelle à la civilisation ou au sédentarisme. En tous cas, certaines de leurstraditions ou de leurs coutumes rapportées par les anciens auteurs témoignent de facultés poétiques et divinatoires qui paraîtraient enviables à beaucoup de civilisés. Les Indiens sont très facilement des sujets médiami niques. ils vivent autant en compagnie des morts et des esprits qu’attentifs aux événements extérieurs, dits matériels ou visibles. Parmi les esprits qui se manifestent par leur entremise ou qui leur parlent, il paraît que sont nombreux des êtres désincarnés appartenant à des races asiatiques : Phéniciens. Arabes ou Mongols. Les Rouges expliquent ce fait en disant que ces races sont venues en bandes, habiter l'Amé rique septentrionale alors que le détroit de Behring était guéable Un grand nombre d’autres esprits se réclament des anciens conquérants blancs de l'Amé rique, et des peuples autochtones qu’ils vainquirent. Ils s’intitulent Hispano-Américains. Mais la médiumnité des Peaux-Rouges ne s’arrête pas à ces facultés d’entremise entre les morts humains et les vivants. Adeptes du totémisme, les Rouges se réclament, comme on sait, d’êtres divers, à forme humaine, animale ou même végétale. Ces êtres, dont les totems ou signes ornent les pavillons, les instruments des tribus, sont des tortues, des ser pents, des écureuils, des plantes, des pierres, etc.
32oS l’initiation Nous voulons dire par là que telles sont leurs signa tures matérielles. Ils constituent dans « l’invisible » des génies bien ou mal faisants, protecteurs des fils de la race des tenants du totem et au dire des Peaux-Rouges se mani festent par l'intermédiaire des sorciers, ou plus pro bablement par l’intermédiaire d’individus ‘doués de pouvoirs médianimiques selon des rites dont quel ques voyageurs nous ont conservé l'appareil exté rieur. Le P. de Charlevoix, jésuite, qui explorait l’Amé rique du Nord vers 1720, affirme que les sorciers n'arrivent à des facultés spéciales qu’après des jeûnes, des mortifications, des ascèses longues et périlleuses. Il prétend que l’on ne trouve pas toujours dans les tribus, des individus prêts à affronter les épreuves préliminaires et surtout les transes qui accompa gnent les phénomènes, même à prix d’argent. Relatant une foule de faits soit rétrospectifs, soit contemporains, relatifs aux mœurs, à la religion des Indiens, le P. de Charlevoix en rapporte l'origine à l'ennemi du genre humain jaloux de conserver, par l’imposture et le simulacre des manifestations divines, l’empire que l’idolâtrie lui confère sur tout homme. Tertullien avait déjà dit cela des manifesta tions spirites dont Rome fut le lieu sous les Césars. En échange le P. de Charlevoix cite des traits de courage, de clairvoyance miraculeuse dont se sont montrés capables des Rouges convertis au catholi cisme. Il ne se doute pas d’ailleurs de la cruauté de certains traits qu’il rapporte des missionnaires envers
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LE SPIIIME CHEZ LES PEJH-WüE Les manifestations spirites suscitées vers 1840 dans la famille américaine des Fox, et qui redonnèrent une actualité et une importance toute nouvelle aux évocations des esprits, ont-elles été produites dans ces conditions en vertu de l’ambiance, et l'Amérique devait-elle devenir la terre classique des médiums, parce que la race des Peaux-Rouges présente plus que toute autre des traits de médiumnité fréquents? Ce problème posé par le docteur Gibier dans son étude sur les faits spirites n’a pas reçu de réponse, mais la question toutefois a excité les investigations simultanées des sceptiques et des adeptes de la religion nouvelle sur un côté très peu étudié du caractère des Indiens. Au fait, les études sérieuses sur la mentalité des Peaux-Rouges sont peu nombreuses. D’abord il est certain que la très grande diversité des dialectes, variables dans chaque peuplade, opposait une bar rière aux recherches des savants. De plus, les Indiens sont peu bavards et leurs haines envers les blancs, depuis surtout les férocités américaines, avaient trop de raison d’exister pour qu’il n’en découlât pas une défiance contre l'esprit selon lequel des investigateurs auraient tenté d’éclairer les légendes et les pratiques indiennes.
2LE SPIRITISME CHEZ LES PEAUX-ROUGES 20/ Loin d’être de purs sauvages enfiévrés de chasse seule et de meurtre, les Peaux-Rougessemblent avoir adopté des mœurs nomades et frustes plutôt par suite de raisons ignorées que par une incapacité intellec tuelle à la civilisation ou au sédentarisme. En tous cas, certaines de leurstraditions ou de leurs coutumes rapportées par les anciens auteurs témoignent de facultés poétiques et divinatoires qui paraîtraient enviables à beaucoup de civilisés. Les Indiens sont très facilement des sujets médiami niques. ils vivent autant en compagnie des morts et des esprits qu’attentifs aux événements extérieurs, dits matériels ou visibles. Parmi les esprits qui se manifestent par leur entremise ou qui leur parlent, il paraît que sont nombreux des êtres désincarnés appartenant à des races asiatiques : Phéniciens. Arabes ou Mongols. Les Rouges expliquent ce fait en disant que ces races sont venues en bandes, habiter l'Amé rique septentrionale alors que le détroit de Behring était guéable Un grand nombre d’autres esprits se réclament des anciens conquérants blancs de l'Amé rique, et des peuples autochtones qu’ils vainquirent. Ils s’intitulent Hispano-Américains. Mais la médiumnité des Peaux-Rouges ne s’arrête pas à ces facultés d’entremise entre les morts humains et les vivants. Adeptes du totémisme, les Rouges se réclament, comme on sait, d’êtres divers, à forme humaine, animale ou même végétale. Ces êtres, dont les totems ou signes ornent les pavillons, les instruments des tribus, sont des tortues, des ser pents, des écureuils, des plantes, des pierres, etc.
32oS l’initiation Nous voulons dire par là que telles sont leurs signa tures matérielles. Ils constituent dans « l’invisible » des génies bien ou mal faisants, protecteurs des fils de la race des tenants du totem et au dire des Peaux-Rouges se mani festent par l'intermédiaire des sorciers, ou plus pro bablement par l’intermédiaire d’individus ‘doués de pouvoirs médianimiques selon des rites dont quel ques voyageurs nous ont conservé l'appareil exté rieur. Le P. de Charlevoix, jésuite, qui explorait l’Amé rique du Nord vers 1720, affirme que les sorciers n'arrivent à des facultés spéciales qu’après des jeûnes, des mortifications, des ascèses longues et périlleuses. Il prétend que l’on ne trouve pas toujours dans les tribus, des individus prêts à affronter les épreuves préliminaires et surtout les transes qui accompa gnent les phénomènes, même à prix d’argent. Relatant une foule de faits soit rétrospectifs, soit contemporains, relatifs aux mœurs, à la religion des Indiens, le P. de Charlevoix en rapporte l'origine à l'ennemi du genre humain jaloux de conserver, par l’imposture et le simulacre des manifestations divines, l’empire que l’idolâtrie lui confère sur tout homme. Tertullien avait déjà dit cela des manifesta tions spirites dont Rome fut le lieu sous les Césars. En échange le P. de Charlevoix cite des traits de courage, de clairvoyance miraculeuse dont se sont montrés capables des Rouges convertis au catholi cisme. Il ne se doute pas d’ailleurs de la cruauté de certains traits qu’il rapporte des missionnaires envers
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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