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12 l’initiation [Avril plusieurs invitations qui restèrent sans réponse, peut-être bien à cause du long voyage qu'il avait à entreprendre pour venir à Saint-Pétersbourg. Enfin, un jour j’appris que les deux médiums, MM. de Sarrack, de Paris, et Yanck Gouzik, devaient donner des séances à Pétersbourg: mais après des informations prises sur place, je dus me contenter de voir Yanck, car M. de Sarrack, le lama de Paris, avait demandé selon les uns 2.5oo roubles, selon les autres 25.ooo roubles pour venir parmi nous, les Bar bares du Nord, tandis que le modeste Gouzik ne récla mait que i5 à 25 roubles par séance. Les badauds, les curieux et beaucoup d’ignorants et de petites gens, membres des Sociétés d’études psychiques, qui, entre la poire et le fromage, prétendaient s'initier aux trucs des prestidigitateurs et dévoiler Yanck, n'éprouvèrent que de la déconvenue, et les rieurs furent cette foislà du côté de Yanck. Ges faiseurs de tours, tous ces ignorants, furent obligés de se rendre à l'évidence, en emportant sur leurs visages des empreintes d’ «es prits », ou des cicatrices.....C’est de cette façon que les « esprits » convainquent les Peter Petrovitch, les Smirnoft, les Yvan Yvanovitch e tutti quanti..., avor tons de la race humaine, qui ne sont qu’au premier stade de leur ascèse spirituelle. Pauvre Yanck ! Vous devez comprendre, chers lec teurs, ses souffrances morales et physiques dans ces séances ! Vous concevez les dépenses de ses forces vivantes, l’extériorisation de ses énergies neuriques déséquilibrées, mais vous ne pouvez vous imaginer la conduite de ces ignares expérimentateurs qui se
2igiOl SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK 3 permettent, dans leur ignorance de l’occulte, de pro voquer les forces surhumaines qui se manifestent aux séances médiumnimiques ! Croyez-vous qu’ils savent, que, à chaque moment, leur vie et celle du médium dépendent d’un caprice de ces grands « élémentals»? Croyez-vous qu'ils aient l’idée de quelques théories spirites? Pensez-vous qu’ils savent se con duire dans ce temple en fidèles? Allons donc ! Au lieu du silence religieux, du recueillement et de la concentration psychique appropriés à ces circons tances, nous les avons entendus crier, rire, siffler, demander de la bière, fumer des cigarettes ; bref, ces manants croyaient être au cirque, oubliant qu’ils assis taient à des manifestations sublimes en un lieu où le directeur des séances lui-même aurait dû être au moins versé dans la technique du spiritisme, sinon un vrai znz'Z/é, alors qu’il n’est, hélas, qu’un ignorant improvisé en opérateur! Comprenez-vous ces cambrio leurs s'amusant de la vie du pauvre Yanck Gouzik (i), père de quatre enfants, alors qu’il était dominé par l'esprit de Maurice Yarosch, mort, comme il le pré tend lui-même, en 1893 à Cracovie, lequel s’incarne en Yanck depuis le commencement de sa médium nité en 18g3. Ayant entendu parler de cette infâme exploitation du médium, je me rendis chez Yanck et l’invitai à venir chez moi. Il y fut accueilli avec amour fraternel par les « nôtres ». Maurice Yarosch se manifesta en notre milieu, en un joli ourson, dont vous voyez, (1) Diminutif de Jean.
3l'initiation 4 aimables lectrices, la photographie donnée dans cet article et reproduisant dans l’angle droit le tableau du peintre académicien Rührich, représentant un cloître entouré de murailles, d’où par une petite porte d’entrée les moines se rendent à la rivière pour y pui ser de l’eau ; l’ourson est perché sur le fond noir. Cet ourson a été vu, tâté par des centaines de per sonnes qui l’avaient observé dès le début des séances de Yanck, depuis 1893. Il entra vite en amitié avec les nôtres, s’attacha à nous en manifestant sa bonne humeur par des caresses, des baisers surtout sur les visages des dames qui, effrayées, lui présentaient quand même leurs petites oreilles. Il tirait celles-ci avec tous les égards dus au beau sexe ; un peu taqui né, il mordait par-ci et par-là, et, pour comble, il me chuchotait des paroles que je ne vous confierai pas, chères lectrices..., et pour cause. Dans nos séances, il transportait des objets lourds; faisait jouer des polyphones qu’il remontait lui-même en faisant entendre quelque morceau demandé; enle vait les fauteuils des assistants pour les mettre en suite sur la table ; transportait des pots de fleurs, des tableaux de chambre en chambre, remontait l’accu mulateur d’électricité, pour nous montrer sa force. Toujours bon enfant et plus encore polisson, ce messire Yarosch chantait comme un coq, contrefaisait les chats, les grenouilles, puis, à la fin, voulant laisser un bon souvenir à ses « amis », il allumait une ciga rette et la mettait dans ma bouche ! Mais voilà que tout à coup ce brave ourson se fâcha, distribuant des coups aux assistants qui doutaient.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
12 l’initiation [Avril plusieurs invitations qui restèrent sans réponse, peut-être bien à cause du long voyage qu'il avait à entreprendre pour venir à Saint-Pétersbourg. Enfin, un jour j’appris que les deux médiums, MM. de Sarrack, de Paris, et Yanck Gouzik, devaient donner des séances à Pétersbourg: mais après des informations prises sur place, je dus me contenter de voir Yanck, car M. de Sarrack, le lama de Paris, avait demandé selon les uns 2.5oo roubles, selon les autres 25.ooo roubles pour venir parmi nous, les Bar bares du Nord, tandis que le modeste Gouzik ne récla mait que i5 à 25 roubles par séance. Les badauds, les curieux et beaucoup d’ignorants et de petites gens, membres des Sociétés d’études psychiques, qui, entre la poire et le fromage, prétendaient s'initier aux trucs des prestidigitateurs et dévoiler Yanck, n'éprouvèrent que de la déconvenue, et les rieurs furent cette foislà du côté de Yanck. Ges faiseurs de tours, tous ces ignorants, furent obligés de se rendre à l'évidence, en emportant sur leurs visages des empreintes d’ «es prits », ou des cicatrices.....C’est de cette façon que les « esprits » convainquent les Peter Petrovitch, les Smirnoft, les Yvan Yvanovitch e tutti quanti..., avor tons de la race humaine, qui ne sont qu’au premier stade de leur ascèse spirituelle. Pauvre Yanck ! Vous devez comprendre, chers lec teurs, ses souffrances morales et physiques dans ces séances ! Vous concevez les dépenses de ses forces vivantes, l’extériorisation de ses énergies neuriques déséquilibrées, mais vous ne pouvez vous imaginer la conduite de ces ignares expérimentateurs qui se
2igiOl SÉANCE DE MAGIE AVEC JEAN GOUZIK 3 permettent, dans leur ignorance de l’occulte, de pro voquer les forces surhumaines qui se manifestent aux séances médiumnimiques ! Croyez-vous qu’ils savent, que, à chaque moment, leur vie et celle du médium dépendent d’un caprice de ces grands « élémentals»? Croyez-vous qu'ils aient l’idée de quelques théories spirites? Pensez-vous qu’ils savent se con duire dans ce temple en fidèles? Allons donc ! Au lieu du silence religieux, du recueillement et de la concentration psychique appropriés à ces circons tances, nous les avons entendus crier, rire, siffler, demander de la bière, fumer des cigarettes ; bref, ces manants croyaient être au cirque, oubliant qu’ils assis taient à des manifestations sublimes en un lieu où le directeur des séances lui-même aurait dû être au moins versé dans la technique du spiritisme, sinon un vrai znz'Z/é, alors qu’il n’est, hélas, qu’un ignorant improvisé en opérateur! Comprenez-vous ces cambrio leurs s'amusant de la vie du pauvre Yanck Gouzik (i), père de quatre enfants, alors qu’il était dominé par l'esprit de Maurice Yarosch, mort, comme il le pré tend lui-même, en 1893 à Cracovie, lequel s’incarne en Yanck depuis le commencement de sa médium nité en 18g3. Ayant entendu parler de cette infâme exploitation du médium, je me rendis chez Yanck et l’invitai à venir chez moi. Il y fut accueilli avec amour fraternel par les « nôtres ». Maurice Yarosch se manifesta en notre milieu, en un joli ourson, dont vous voyez, (1) Diminutif de Jean.
3l'initiation 4 aimables lectrices, la photographie donnée dans cet article et reproduisant dans l’angle droit le tableau du peintre académicien Rührich, représentant un cloître entouré de murailles, d’où par une petite porte d’entrée les moines se rendent à la rivière pour y pui ser de l’eau ; l’ourson est perché sur le fond noir. Cet ourson a été vu, tâté par des centaines de per sonnes qui l’avaient observé dès le début des séances de Yanck, depuis 1893. Il entra vite en amitié avec les nôtres, s’attacha à nous en manifestant sa bonne humeur par des caresses, des baisers surtout sur les visages des dames qui, effrayées, lui présentaient quand même leurs petites oreilles. Il tirait celles-ci avec tous les égards dus au beau sexe ; un peu taqui né, il mordait par-ci et par-là, et, pour comble, il me chuchotait des paroles que je ne vous confierai pas, chères lectrices..., et pour cause. Dans nos séances, il transportait des objets lourds; faisait jouer des polyphones qu’il remontait lui-même en faisant entendre quelque morceau demandé; enle vait les fauteuils des assistants pour les mettre en suite sur la table ; transportait des pots de fleurs, des tableaux de chambre en chambre, remontait l’accu mulateur d’électricité, pour nous montrer sa force. Toujours bon enfant et plus encore polisson, ce messire Yarosch chantait comme un coq, contrefaisait les chats, les grenouilles, puis, à la fin, voulant laisser un bon souvenir à ses « amis », il allumait une ciga rette et la mettait dans ma bouche ! Mais voilà que tout à coup ce brave ourson se fâcha, distribuant des coups aux assistants qui doutaient.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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