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1LES PLANTES MAGIQUES 9 Quant à ses vertus médicales, la mandragore pos sède des propriétés narcotiques analogues à celles de la belladone. En Sicile, om la cultive pour ses proprié tés diverses. Ses feuilles, ses fruits, sa racine ont été employés en applications externes contre les tumeurs scrofuleuses, scirrheuses et syphilitiques. Apulée dans ses Métamorphoses (livre X) nous dit, en parlant •de la mandragore : « Je lui donnai donc une drogue ; mais c’était le suc somnifère de la mandragore, suc fameux par la vertu narcotique qu’on lui connaît, et un sommeil exactement pareil à celui de la mort. » Flandin écrit : « Il est des plantes qui produisent sur l’homme des effets tels qu’ils rêvent, étant éveil lés, qu'ils se croient transformés en pierre, en arbre, en animal. « Au nombre de ces plantes sont : la jusquiame, qui veut dire fève de pourceau ; la mandragore, vul gairement appelée Herbe de Circé. » Voici les vertus des mandragores femelles, d’après Lemery : « Elles sont narcotiques, rafraîchissantes, stupéfiantes, résolutives, appliquées extérieurement. On se sert en médecine principalement de l’écorce de • leurs racines ou des racines entières ; on nous les apporte sèches d’Italie ; elles doivent être grises en dehors, blanches en dedans, charnues, se rompant net sans filaments, sans odeur, d’un goût un peu amer ; on les emploie pour les inflammations des yeux, pour les érésipèles, pour les scrofules et pour les autres tumeurs. » Le Grand Propriétaire des choses translatées du
210 l’imiIatio latin en françoys, à la requeste du très chrestien et très puissant et redoubté roy Charles, décrit ainsi les propriétés de la mandragore : « Mandragoire est une herbe qui porte sur ses fueilles petites pommes qui sont de bonne et de souefve odeur. Elle a la racine à la forme de ung homme ou de une femme. On donne Fescorce de ceste herbe avec vin à une personne que on veult tailler et pour ce il s’endort tellement que il ne sent point la douleur. » Selon Diascorides, « mandragoire est une herbe qui fait dormir. On doit user saigement de ceste herbe, car qui en prent trop il en a la mort : car elle a la vertu de refroidir et de mortifier et de endormir. Et pour ce le jus de ceste herbe avec lait de femme mis sur les temples fait dormir la personne nonobstant quelle soit en agûe malladie, si comme dit le Plateaire : « Moult d’aultres vertus a la mandragoire car « elle oste toutes enfleures. » Enfin le bon Lafontaine, dans ces contes imités de Machiavel, prête une autre vertu à la mandragore : Cette recette est une médecine Faite du jus de certaine racine, Ayant pour nom mandragore ; et ce jus, Pris par 4a femme, opère beaucoup plus Que ne fit onc nulle ombre monacale D’aucun couvent, de jeunes frères plein. Nous ne saurions omettre dans cette monographie l’article classique sur la mandragore, que nous a laissé le grand occultiste Éliphas Lévi : « La mandragore naturelle, dit-il, est une racine LES PLANTES MAGIQUES II chevelue qui présente plus ou moins, dans son ensemble, soit la figure d’un homme, soit celle des parties viriles de la génération.
3Cette racine est légère ment narcotique, et les anciens lui attribuaient une vertu aphrodisiaque qui la faisait rechercher par les sorcières de la Thessalie pour la composition des philtres. » • Cette racine est-elle, comme le suppose un certain mysticisme magique, le vestige ombilical de notre ori gine terrestre ? C’est ce que nous n’oserions sérieuse ment affirmer. Il est certain, cependant, que l’homme est sorti du limon de la terre : il a donc dû s’y former en première ébauche sous la forme d’une racine. Les analogies de la nature exigent absolument qu’on admette cette notion, au moins comme une possibi lité. Les premiers hommes eussent donc été une famille de gigantesques mandragores sensitives que le soleil eût animées, et qui d’elles-mêmes se seraient détachées de la terre, ce qui n’exclut en rien et sup pose même, au contraire, d’une manière positive, la volonté créatrice et la coopération providentielle de la première cause, que nous, avons Raison d’appeler Dieu. Quelques anciens alchimistes, frappés de cette idée, ont rêvé la culture de la mandragore, ont cher ché à reproduire artificiellement une bourbe assez féconde et un soleil assez actif pour humaniser de nouveau cette racine et créer ainsi des hommes sans le concours de femmes. D’autres, qui croyaient voir dans l’humanité la syn thèse des animaux, ont désespéré d’animer là man12 l'initiation dragore ; mais ils ont croisé les accouplements mons trueux, et ont jeté la semence humaine en terre animale, sans produire autre chose que des crimes honteux et des monstres sans postérité. La troisième manière de former l’androïde, c’est par le mécanisme galvanisé.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES PLANTES MAGIQUES 9 Quant à ses vertus médicales, la mandragore pos sède des propriétés narcotiques analogues à celles de la belladone. En Sicile, om la cultive pour ses proprié tés diverses. Ses feuilles, ses fruits, sa racine ont été employés en applications externes contre les tumeurs scrofuleuses, scirrheuses et syphilitiques. Apulée dans ses Métamorphoses (livre X) nous dit, en parlant •de la mandragore : « Je lui donnai donc une drogue ; mais c’était le suc somnifère de la mandragore, suc fameux par la vertu narcotique qu’on lui connaît, et un sommeil exactement pareil à celui de la mort. » Flandin écrit : « Il est des plantes qui produisent sur l’homme des effets tels qu’ils rêvent, étant éveil lés, qu'ils se croient transformés en pierre, en arbre, en animal. « Au nombre de ces plantes sont : la jusquiame, qui veut dire fève de pourceau ; la mandragore, vul gairement appelée Herbe de Circé. » Voici les vertus des mandragores femelles, d’après Lemery : « Elles sont narcotiques, rafraîchissantes, stupéfiantes, résolutives, appliquées extérieurement. On se sert en médecine principalement de l’écorce de • leurs racines ou des racines entières ; on nous les apporte sèches d’Italie ; elles doivent être grises en dehors, blanches en dedans, charnues, se rompant net sans filaments, sans odeur, d’un goût un peu amer ; on les emploie pour les inflammations des yeux, pour les érésipèles, pour les scrofules et pour les autres tumeurs. » Le Grand Propriétaire des choses translatées du
210 l’imiIatio latin en françoys, à la requeste du très chrestien et très puissant et redoubté roy Charles, décrit ainsi les propriétés de la mandragore : « Mandragoire est une herbe qui porte sur ses fueilles petites pommes qui sont de bonne et de souefve odeur. Elle a la racine à la forme de ung homme ou de une femme. On donne Fescorce de ceste herbe avec vin à une personne que on veult tailler et pour ce il s’endort tellement que il ne sent point la douleur. » Selon Diascorides, « mandragoire est une herbe qui fait dormir. On doit user saigement de ceste herbe, car qui en prent trop il en a la mort : car elle a la vertu de refroidir et de mortifier et de endormir. Et pour ce le jus de ceste herbe avec lait de femme mis sur les temples fait dormir la personne nonobstant quelle soit en agûe malladie, si comme dit le Plateaire : « Moult d’aultres vertus a la mandragoire car « elle oste toutes enfleures. » Enfin le bon Lafontaine, dans ces contes imités de Machiavel, prête une autre vertu à la mandragore : Cette recette est une médecine Faite du jus de certaine racine, Ayant pour nom mandragore ; et ce jus, Pris par 4a femme, opère beaucoup plus Que ne fit onc nulle ombre monacale D’aucun couvent, de jeunes frères plein. Nous ne saurions omettre dans cette monographie l’article classique sur la mandragore, que nous a laissé le grand occultiste Éliphas Lévi : « La mandragore naturelle, dit-il, est une racine LES PLANTES MAGIQUES II chevelue qui présente plus ou moins, dans son ensemble, soit la figure d’un homme, soit celle des parties viriles de la génération.
3Cette racine est légère ment narcotique, et les anciens lui attribuaient une vertu aphrodisiaque qui la faisait rechercher par les sorcières de la Thessalie pour la composition des philtres. » • Cette racine est-elle, comme le suppose un certain mysticisme magique, le vestige ombilical de notre ori gine terrestre ? C’est ce que nous n’oserions sérieuse ment affirmer. Il est certain, cependant, que l’homme est sorti du limon de la terre : il a donc dû s’y former en première ébauche sous la forme d’une racine. Les analogies de la nature exigent absolument qu’on admette cette notion, au moins comme une possibi lité. Les premiers hommes eussent donc été une famille de gigantesques mandragores sensitives que le soleil eût animées, et qui d’elles-mêmes se seraient détachées de la terre, ce qui n’exclut en rien et sup pose même, au contraire, d’une manière positive, la volonté créatrice et la coopération providentielle de la première cause, que nous, avons Raison d’appeler Dieu. Quelques anciens alchimistes, frappés de cette idée, ont rêvé la culture de la mandragore, ont cher ché à reproduire artificiellement une bourbe assez féconde et un soleil assez actif pour humaniser de nouveau cette racine et créer ainsi des hommes sans le concours de femmes. D’autres, qui croyaient voir dans l’humanité la syn thèse des animaux, ont désespéré d’animer là man12 l'initiation dragore ; mais ils ont croisé les accouplements mons trueux, et ont jeté la semence humaine en terre animale, sans produire autre chose que des crimes honteux et des monstres sans postérité. La troisième manière de former l’androïde, c’est par le mécanisme galvanisé.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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