Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1io8 l'initiation la peine d'observersuffisamment le sujet en litige ne peuvent pas ne pas avoir une conviction sur la lévi tation des tables et autres objets lourds, la variation du poids des corps, les déplacements sans contact, les coups frappés sans choc apparent et répondant à des questions, etc. Cette conviction peut se résumer en deux points : i° Les phénomènes sont certains. 2° Leur explication est impossible, dans l'état ac tuel de nos connaissances. * » » L'esprit humain est ainsi fait que la seconde partie de cette affirmation semble détruire la première. Nous avons la naïveté de croire, en général, que nous pouvons et devons tout expliquer. Or, en fait, nous vivons en plein inconnu et n'expliquons rien du tout. Voilà une tuile qui tombe d'un toit. « C'est bien simple, dit le physicien : c'est la pesanteur, c'est parce que la terre l'attire. » Mais, qu'est-ce que la pesanteur, qu'est-ce que l'at traction de la terre? Personne n'en sait rien. J'ai dans la main un aimant, je soulève une plaque de fer. C'est bien simple : c'est l'attraction. Mais en quoi consiste cette attraction ? Nul ne peut le dire. Et non seulement nous voulons tout expliquer, sans rien savoir de l'essence des choses, mais encore nous avons la prétention de soumettre la nature à nos caprices. Si les facultés de telle ou telle personne ou de tel ou tel groupe ont le pouvoir d'alléger une
2PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS IO9 table et de la déplacer, nous déclarons ne vouloir l'admettre que si, au lieu de soulever une table, ces facultés soulèvent autre chose, une soupière, par exemple, une assiette, un couteau, en vertu de cet adage vulgaire : « Qui peut le plus peut le moins. » Ce mode de raisonnement est à peu près le même que celui-ci : « Moi, monsieur, je ne crois pas aux marées de l'océan, et je n'ai pas le temps d'y aller voir. Il est bien plus simple de soulever l'eau du lac du bois de Boulogne que celle de l'Atlantique : mon trez-moi ce soulèvement, et je croirai aux marées. » La place nous manque pour entrer en d'autres dé tails ; mais, puisqu'on m'a fait l'honneur de me demander mon opinion, basée sur une longue expé rience, mon devoir est de répondre que l'être humain n'est encore connu de personne, pas plus des physio logistes que des psychologues, et qu'il est doué de facultés psychiques et physiques encore presque com plètement ignorées, dont l'investigation sera la gloire de la science future. Camille Flammarion. (Le Matin,)
3Une Découverte La philologie a pour objet d'établir, si possible, les origines du langage humain. Cherchant à savoir si l'antiquité possédait des sciences, une piste que j'ai crue intéressante m'a mené, après cinq ans de laborieuses études, aux résul tats suivants : La langue hébraïque est une langue artificielle, comparable en tous points à la notation chimique actuelle. Tandis que cette dernière permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, une subs tance quelconque de composition définie, la notation hébraïque permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, tout objet, tout acte, toute pensée. Elle se compose exclusivement de soixante-dix éléments figuratifs, dont j'ai pu reconstituer le sens exact. Ces soixante-dix éléments sont décrits dans le Pentateuque sous forme de soixante-dix personnages mis en scène, et dont les noms, autant que leur his toire, définissent le rôle. Tout le système est basé sur les trois règles sui vantes :
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1io8 l'initiation la peine d'observersuffisamment le sujet en litige ne peuvent pas ne pas avoir une conviction sur la lévi tation des tables et autres objets lourds, la variation du poids des corps, les déplacements sans contact, les coups frappés sans choc apparent et répondant à des questions, etc. Cette conviction peut se résumer en deux points : i° Les phénomènes sont certains. 2° Leur explication est impossible, dans l'état ac tuel de nos connaissances. * » » L'esprit humain est ainsi fait que la seconde partie de cette affirmation semble détruire la première. Nous avons la naïveté de croire, en général, que nous pouvons et devons tout expliquer. Or, en fait, nous vivons en plein inconnu et n'expliquons rien du tout. Voilà une tuile qui tombe d'un toit. « C'est bien simple, dit le physicien : c'est la pesanteur, c'est parce que la terre l'attire. » Mais, qu'est-ce que la pesanteur, qu'est-ce que l'at traction de la terre? Personne n'en sait rien. J'ai dans la main un aimant, je soulève une plaque de fer. C'est bien simple : c'est l'attraction. Mais en quoi consiste cette attraction ? Nul ne peut le dire. Et non seulement nous voulons tout expliquer, sans rien savoir de l'essence des choses, mais encore nous avons la prétention de soumettre la nature à nos caprices. Si les facultés de telle ou telle personne ou de tel ou tel groupe ont le pouvoir d'alléger une
2PHÉNOMÈNES INEXPLIQUÉS IO9 table et de la déplacer, nous déclarons ne vouloir l'admettre que si, au lieu de soulever une table, ces facultés soulèvent autre chose, une soupière, par exemple, une assiette, un couteau, en vertu de cet adage vulgaire : « Qui peut le plus peut le moins. » Ce mode de raisonnement est à peu près le même que celui-ci : « Moi, monsieur, je ne crois pas aux marées de l'océan, et je n'ai pas le temps d'y aller voir. Il est bien plus simple de soulever l'eau du lac du bois de Boulogne que celle de l'Atlantique : mon trez-moi ce soulèvement, et je croirai aux marées. » La place nous manque pour entrer en d'autres dé tails ; mais, puisqu'on m'a fait l'honneur de me demander mon opinion, basée sur une longue expé rience, mon devoir est de répondre que l'être humain n'est encore connu de personne, pas plus des physio logistes que des psychologues, et qu'il est doué de facultés psychiques et physiques encore presque com plètement ignorées, dont l'investigation sera la gloire de la science future. Camille Flammarion. (Le Matin,)
3Une Découverte La philologie a pour objet d'établir, si possible, les origines du langage humain. Cherchant à savoir si l'antiquité possédait des sciences, une piste que j'ai crue intéressante m'a mené, après cinq ans de laborieuses études, aux résul tats suivants : La langue hébraïque est une langue artificielle, comparable en tous points à la notation chimique actuelle. Tandis que cette dernière permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, une subs tance quelconque de composition définie, la notation hébraïque permet de représenter, pour tout initié de n'importe quelle langue, tout objet, tout acte, toute pensée. Elle se compose exclusivement de soixante-dix éléments figuratifs, dont j'ai pu reconstituer le sens exact. Ces soixante-dix éléments sont décrits dans le Pentateuque sous forme de soixante-dix personnages mis en scène, et dont les noms, autant que leur his toire, définissent le rôle. Tout le système est basé sur les trois règles sui vantes :
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
No commentary for this page.