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One moment.
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18 l’initiation Eh bien, je ne vois pour ce personnage qu’un seul moyen de prouver la réalité des phénomènes qu’il produit : c'est de prier la matérialisation de tremper sa main dans de la stéarine fondue, à l’eilet de lais ser. au moment de la dématérialisation, un moule parfait de la main... — Oh ! le médium ne voudra jamais cela. Vous oubliez qu’il est l’instrument de ses guides et qu’ils ne sont pas à ses ordres... — Ils le sont bien, cependant, trois fois par se maine et à heures fixes. De plus, je trouve qu’ils sont presque aussi intelligents que leur sujet : celui-ci ne veut pas que les 7/6 qu’on lui paye parreprésentarion donne le droit d’examen et de critique, et ceux-là. qui produisent des matérialisations pour que le monde payant puisse les observer et s’instruire, interdisent précisément les seules observations qui pourraient conduire à la connaissance de la vérité. Tout bien considéré, je refuse d’aller à Bridgford. Je crois, je croirai toujours à la réalité des phénomènes obtenus en famille ou dans des cercles d’études ésotériques, mais à la réalité de phénomènes produits contre ar gent, jamais!... Je crois aux matérialisations; je n’en aurais pas vu, que je croirais à toutes celles rappor tées dans les anciens procès de sorcellerie, à toutes celles signalées depuis les temps les plus reculés par l’histoire universelle, à celle qui se présenta devant le roi de Prusse la veille de la bataille de Valmy, à celles qui ont eu lieu chez l’iilustre savant William Crookes. Mais à celles produites à raison de 7/6 par spectateur chez le « médium de Bridgford je n’y
2THE MEDIUM OF BRIDGFOBD 9 ns la crois pas... Dans tout ce qui m'est rapporté et da tout ce que j’entends à droite et à gauche, je vois preuve que mon intuition ne me trompe pas... Les faits n'ont pas donné tort à mon ami. D’abord une lettre du docteur Wallace, publiée le 27 janvier, a exprimé quelques doutes ; puis, le 3 février, le Rap port de la délégation spiritualiste de Nottingham en a exprimé d’autres; enfin, le 5 mars, un flagrant délit de fraude était constaté à Londres par M. Ronald Brailey et plusieurs autres personnes. Une chaise à secret compartiment composait tout le plan astral des « matérialisations » opérées parle « médium de Bridgford », et ce gentleman s'asseyait dessus avant de jouer la comédie de la transe ! Quelle triste et pénible leçon pour tous ceux que ¡'enthousiasme aveuglait, pour tous ceux qui, sous l’influence de l'auto-suggestion, découvraient un pa rent dans les poupées exhibées, mais étaient incapa bles, tant leur bonne foi était grande, de découvrir la fraude sous la cupidité d'un batteur de monnaie. Nous savons tous que le monde des esprits n’est pas un rêve, nous savons tous que des matérialisa tions peuvent se produire; qu'avons-nous donc à courir pour aller les voir, comme on va voir les tours d'un prestidigitateur ? Si le visible est la manifesta tion de l’invisible, ne sommes-nous pas suffisamment convaincus de l’existence de la Suprême Intelligence par les merveilles qui nous entourent, depuis la se mence qui va éclore et produire un arbre jusqu'à ces millions d’étoiles qui gravitent dans l'espace sans le secours d'aucune de nos sciences réputées exactes? r
310 l’initiation Qu’avons-nous donc à imiter les Pharisiens et à de mander sans cesse à voir des prodiges et des miracles, quand tout est miracle et prodige autour de nous? La presse quotidienne, qui parle souvent de omni re scibili et quibusdam aliis, mais qui est puissante parce quelle pénètre profondément dans les masses, s’est emparée de cette affaire — et l'on rit à présent un peu partout de ces bons spiritualistes qui ont dé pensé leur argent pour aller voir des poupées dégui sées en esprits ; on rit de ces personnages, petits ou grands, qui, après la première lettre du docteur Wallaceou le Rapport du Comité spiritualiste de ottingham, ont osé prendre parti pour le « médium de Bridgford » dont ils ignoraient les trucs, mais dont ils garantissaient cependant la probité, uniquement parce que ses « matérialisations », non prouvées réelles, cadraient avec leur crovance. •/ Cela ne serait rien, en somme, si les commérages des journaux quotidiens n’avaient pas poussé plus loin les choses. Maison dit aujourd’hui, en faisant allusion à ce malheureux : Ab uno disce omnes — ce que le vulgaire n’arrive à traduire qu’en mettant en doute la droiture de tous les médiums et l’existence même du monde spirituel. 11 est heureux, vraiment, et ceci a produit et pro duira un grand effet chez les personnes de bon sens, que ce soit un croyant, un spiritualiste, un clair voyant, qui ait, par une simple action psychomé trique, découvert et démasqué le faux médium, d’ail leurs soupçonné par des sensitifs l'ayant approché. Cependant, songez aux autres conséquences, si celuiTUE MEDIUM OF BR IDG FORD I I ci n’avait été découvert que par un incrédule quel conque: le spiritualisme tout entier aurait été déclaré complice de la fraude, on l’aurait accusé de vouloir imposer la foi par le mensonge et l'imposture, on l'au rait accusé de suivre cette horrible maxime pratiquée autrefois par une femme célèbre : « In order to rule men, it is necessary to deceive them ; in order to per suade them to let the reselves be driven where vou will, you must promise them and show them plav things... » Rappelons donc que le devoir de tout spiritualiste sincère, dans l'intérêt meme de la noble cause qu’il défend, n'est pas de toujours tenir pour vrai, à pre mière vue, ce qui paraît vouloir appuyer sa foi, mais de prendre toutes les précautions désirables afin de n être jamais la dupe des faux médiums ; ceux-ci peuvent avoir souvent l’apparence de spéculateurs éhontés, mais dans la réalité ils peuvent être aussi bien de simples agents au service d'une organisation ennemie. Il'y a lutte entre le matérialisme et le spiritualisme, et l’on sait qu’entre des armées qui luttent, il y a tou jours des ruses de guerre. Or, les trucs des prestidigi tateurs de Music-Halls, les tables qui dansent sous des impulsions électriques, les chaises à comparti ment secret, les spectres en baudruche que l'on gonfle et dégonfle selon qu’on veut les faire apparaître ou disparaître dans une obscurité relative, sont des ruses au moyen desquelles le matérialisme, qui a établi des sociétés magiques à la tète desquelles sont des « sor ciers » connus, a toujours tenté de faire tomber le
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
18 l’initiation Eh bien, je ne vois pour ce personnage qu’un seul moyen de prouver la réalité des phénomènes qu’il produit : c'est de prier la matérialisation de tremper sa main dans de la stéarine fondue, à l’eilet de lais ser. au moment de la dématérialisation, un moule parfait de la main... — Oh ! le médium ne voudra jamais cela. Vous oubliez qu’il est l’instrument de ses guides et qu’ils ne sont pas à ses ordres... — Ils le sont bien, cependant, trois fois par se maine et à heures fixes. De plus, je trouve qu’ils sont presque aussi intelligents que leur sujet : celui-ci ne veut pas que les 7/6 qu’on lui paye parreprésentarion donne le droit d’examen et de critique, et ceux-là. qui produisent des matérialisations pour que le monde payant puisse les observer et s’instruire, interdisent précisément les seules observations qui pourraient conduire à la connaissance de la vérité. Tout bien considéré, je refuse d’aller à Bridgford. Je crois, je croirai toujours à la réalité des phénomènes obtenus en famille ou dans des cercles d’études ésotériques, mais à la réalité de phénomènes produits contre ar gent, jamais!... Je crois aux matérialisations; je n’en aurais pas vu, que je croirais à toutes celles rappor tées dans les anciens procès de sorcellerie, à toutes celles signalées depuis les temps les plus reculés par l’histoire universelle, à celle qui se présenta devant le roi de Prusse la veille de la bataille de Valmy, à celles qui ont eu lieu chez l’iilustre savant William Crookes. Mais à celles produites à raison de 7/6 par spectateur chez le « médium de Bridgford je n’y
2THE MEDIUM OF BRIDGFOBD 9 ns la crois pas... Dans tout ce qui m'est rapporté et da tout ce que j’entends à droite et à gauche, je vois preuve que mon intuition ne me trompe pas... Les faits n'ont pas donné tort à mon ami. D’abord une lettre du docteur Wallace, publiée le 27 janvier, a exprimé quelques doutes ; puis, le 3 février, le Rap port de la délégation spiritualiste de Nottingham en a exprimé d’autres; enfin, le 5 mars, un flagrant délit de fraude était constaté à Londres par M. Ronald Brailey et plusieurs autres personnes. Une chaise à secret compartiment composait tout le plan astral des « matérialisations » opérées parle « médium de Bridgford », et ce gentleman s'asseyait dessus avant de jouer la comédie de la transe ! Quelle triste et pénible leçon pour tous ceux que ¡'enthousiasme aveuglait, pour tous ceux qui, sous l’influence de l'auto-suggestion, découvraient un pa rent dans les poupées exhibées, mais étaient incapa bles, tant leur bonne foi était grande, de découvrir la fraude sous la cupidité d'un batteur de monnaie. Nous savons tous que le monde des esprits n’est pas un rêve, nous savons tous que des matérialisa tions peuvent se produire; qu'avons-nous donc à courir pour aller les voir, comme on va voir les tours d'un prestidigitateur ? Si le visible est la manifesta tion de l’invisible, ne sommes-nous pas suffisamment convaincus de l’existence de la Suprême Intelligence par les merveilles qui nous entourent, depuis la se mence qui va éclore et produire un arbre jusqu'à ces millions d’étoiles qui gravitent dans l'espace sans le secours d'aucune de nos sciences réputées exactes? r
310 l’initiation Qu’avons-nous donc à imiter les Pharisiens et à de mander sans cesse à voir des prodiges et des miracles, quand tout est miracle et prodige autour de nous? La presse quotidienne, qui parle souvent de omni re scibili et quibusdam aliis, mais qui est puissante parce quelle pénètre profondément dans les masses, s’est emparée de cette affaire — et l'on rit à présent un peu partout de ces bons spiritualistes qui ont dé pensé leur argent pour aller voir des poupées dégui sées en esprits ; on rit de ces personnages, petits ou grands, qui, après la première lettre du docteur Wallaceou le Rapport du Comité spiritualiste de ottingham, ont osé prendre parti pour le « médium de Bridgford » dont ils ignoraient les trucs, mais dont ils garantissaient cependant la probité, uniquement parce que ses « matérialisations », non prouvées réelles, cadraient avec leur crovance. •/ Cela ne serait rien, en somme, si les commérages des journaux quotidiens n’avaient pas poussé plus loin les choses. Maison dit aujourd’hui, en faisant allusion à ce malheureux : Ab uno disce omnes — ce que le vulgaire n’arrive à traduire qu’en mettant en doute la droiture de tous les médiums et l’existence même du monde spirituel. 11 est heureux, vraiment, et ceci a produit et pro duira un grand effet chez les personnes de bon sens, que ce soit un croyant, un spiritualiste, un clair voyant, qui ait, par une simple action psychomé trique, découvert et démasqué le faux médium, d’ail leurs soupçonné par des sensitifs l'ayant approché. Cependant, songez aux autres conséquences, si celuiTUE MEDIUM OF BR IDG FORD I I ci n’avait été découvert que par un incrédule quel conque: le spiritualisme tout entier aurait été déclaré complice de la fraude, on l’aurait accusé de vouloir imposer la foi par le mensonge et l'imposture, on l'au rait accusé de suivre cette horrible maxime pratiquée autrefois par une femme célèbre : « In order to rule men, it is necessary to deceive them ; in order to per suade them to let the reselves be driven where vou will, you must promise them and show them plav things... » Rappelons donc que le devoir de tout spiritualiste sincère, dans l'intérêt meme de la noble cause qu’il défend, n'est pas de toujours tenir pour vrai, à pre mière vue, ce qui paraît vouloir appuyer sa foi, mais de prendre toutes les précautions désirables afin de n être jamais la dupe des faux médiums ; ceux-ci peuvent avoir souvent l’apparence de spéculateurs éhontés, mais dans la réalité ils peuvent être aussi bien de simples agents au service d'une organisation ennemie. Il'y a lutte entre le matérialisme et le spiritualisme, et l’on sait qu’entre des armées qui luttent, il y a tou jours des ruses de guerre. Or, les trucs des prestidigi tateurs de Music-Halls, les tables qui dansent sous des impulsions électriques, les chaises à comparti ment secret, les spectres en baudruche que l'on gonfle et dégonfle selon qu’on veut les faire apparaître ou disparaître dans une obscurité relative, sont des ruses au moyen desquelles le matérialisme, qui a établi des sociétés magiques à la tète desquelles sont des « sor ciers » connus, a toujours tenté de faire tomber le
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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