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1Les MYSTÈRLS DYUNE FEUILLE DE PAPIER 199 dessein beaucoup de parties incomplètes, pour ne pas trop charger la planche et qu'on y voie plus clair. Je crois que cette þÿ S u v r e a un caractère tout à fait þÿ d iû é r e n t de la production de M. et Mme P. F. B-, dont* le dessin n'a rien, je crois, des caractères du mien. C'est un débutà encourager; et, d`aîlleurs, rien encore n'avait pu les þÿû x e r sur ma maniere de faire, puisqtfils n'avaient vu aucune de mes productions. Je possède une collection unique au monde de dessins très différents les uns des autres, comme genres, tout en ayant Iesmèmes caractères fondamentaux que j'ai indiqués. J'informe les amateurs que ces þÿ S u v r e s vont être éditées par la librairie du Panthéon, 5, rue þÿ S o u fû o t , où ils pourront se les procurer. Leur étude à la loupe leur causera de profondes surprises. * Sans encore développer mes théories, permettezmoi, mon cher Monsieur, de ne pas accepter, en ce qui vous concerne, cette conclusion : * « Il est, du reste, évident que, les dessins produits semblent bien être en rapport avec la mentalité de Yopérateur, qui choisit d'instinct les figures qui correspondent à ses goûts esthétiques. » ` Tel n'est pas mon cas; car j'ignore absolument d'avance ce que je vais produire. Je me borne à ne pas trop charger mon dessin, qui serait noir. partout sans cela. Au contraire, je tâche de supprimer beaucoup de þÿû g u r e s inutiles; et mon gros défaut, à l'heure actuelle, est encore de trop charger mes dessins. Je veux dire, en résumé, que le sujet qui sort de
2zoo LÎNITIATION mes mains n'a aucun rapport avec mon état d'âme, vu que Pesquisse del'ensemble de mon dessin est faite en quelques instants, sans même que je sache ce que j'ai fait, et j"en suis le premier stupéfait. Il n'y a aucune inspiration, celle-ci étant d'avance dans le papier, sous une forme invisible que mon de crayon me révèle. Veuillez agréer, mon cher Monsieur, l'expression de mes meilleurs sentiments. "' COMTE DE Tkomsuw, _ 3, rue du Théâtre-Français, Marseille. o n 0
3.FORMES & ASTRAUX Comme bien d`autres, la maladie me gagne et je frotte le fusain sur le papier mystérieux. Le lot n° 1 renferme mes premiers essais. Je crois ne pas avoir opéré sur le bon buvard, aussi mes résultats sont un peu différents de ce qui a été fait jusqu'ici. Je frotte légèrement, et, en regardant un peu obliquement, il me semble voir apparaître une ou plusieurs tormes. Je les accentue par quelques coups de crayon et quelques ombres. Comme moyen de production imprévu de dessins, c'est original, récréatif, cela constitue un gentil jeu de société pour petites villes paisibles, mais quant à y voir la main de l'Invisible, je reste sceptique, et en cela le comte de Tromelin, que la foi n`a pas encore touché, et qui se montre si incrédule pour les manifestations occultes, m'y engage : on ne doit pas être plus royaliste que le roi l . L'inventeur a donné son procédé et a laissé à d'autres le soin d'en chercher la théorie. On en a trouvé non une, mais plusieurs, et ce n'est pas moi qui oserai les nier, car dans toute idée fausse, mais rai202 L'n~zi'r1A'1'roN _ sonnable, il y a des parcelles de vérité. Je me contenterai de les discuter. _ Seulement examinons : chaque atome de matière a son âme individuelle; plusieurs atomes réunis fondront leurs âmes individuelles en une âme collective; ce sera un corps. Mais comme les corps» s`édiþÿû e n t selon des lois particulières pour chacun, une âme plus matérielle se montre et les fait - vivre. - Jusqu'ici, c'est parfait; ce sont les principes de la Nature - Trois - appliqués aussi bien aux corps dits inertes qu'aux corps animés. Entre chaque molécule formée d'atomes il y a des vides. Ces molécules se groupent, suivent des agencements constants, formés de pleins et de vides. Pourquoi les astraux ne se fourrent-ils pas dans une solution de sucre et ne la font-ils pas cristalliser, en laissant aussi leurs empreintes ?Vous me répondrez: la force -dite þÿ aû î n i t é - est si puissante qu'el1e réunit les molécules þÿ - : rejetteles astraux, qui s'échappentalors comme le ferait 1'eau d`une éponge que l'on serrefait, et, enfin, pour nepas être battu, vous me diriez : mais examinez tel morceau de sucre candi et tel autre, ils ne se ressemblent pas extérieurement; si les cristaux isolés sont semblables, Pensemblede leur groupement diíïère, les astraux ont þÿ i nû u e n c é þÿ l ' é d iû c e . Or, ce qui a dû l'in* þÿû u e n c e r , ce sont mille causes: la quantité du liquide, la richesse en sucre, la température, la vitesses de Popération, les trépidations, l'état électrique, hygrométrique. etc. Voilà ce qui donne la diversité. On medit, « lorsqu'une matière broyée est entraînée à-l`état de pâte moitié liquide, les astraux se trouvent
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Les MYSTÈRLS DYUNE FEUILLE DE PAPIER 199 dessein beaucoup de parties incomplètes, pour ne pas trop charger la planche et qu'on y voie plus clair. Je crois que cette þÿ S u v r e a un caractère tout à fait þÿ d iû é r e n t de la production de M. et Mme P. F. B-, dont* le dessin n'a rien, je crois, des caractères du mien. C'est un débutà encourager; et, d`aîlleurs, rien encore n'avait pu les þÿû x e r sur ma maniere de faire, puisqtfils n'avaient vu aucune de mes productions. Je possède une collection unique au monde de dessins très différents les uns des autres, comme genres, tout en ayant Iesmèmes caractères fondamentaux que j'ai indiqués. J'informe les amateurs que ces þÿ S u v r e s vont être éditées par la librairie du Panthéon, 5, rue þÿ S o u fû o t , où ils pourront se les procurer. Leur étude à la loupe leur causera de profondes surprises. * Sans encore développer mes théories, permettezmoi, mon cher Monsieur, de ne pas accepter, en ce qui vous concerne, cette conclusion : * « Il est, du reste, évident que, les dessins produits semblent bien être en rapport avec la mentalité de Yopérateur, qui choisit d'instinct les figures qui correspondent à ses goûts esthétiques. » ` Tel n'est pas mon cas; car j'ignore absolument d'avance ce que je vais produire. Je me borne à ne pas trop charger mon dessin, qui serait noir. partout sans cela. Au contraire, je tâche de supprimer beaucoup de þÿû g u r e s inutiles; et mon gros défaut, à l'heure actuelle, est encore de trop charger mes dessins. Je veux dire, en résumé, que le sujet qui sort de
2zoo LÎNITIATION mes mains n'a aucun rapport avec mon état d'âme, vu que Pesquisse del'ensemble de mon dessin est faite en quelques instants, sans même que je sache ce que j'ai fait, et j"en suis le premier stupéfait. Il n'y a aucune inspiration, celle-ci étant d'avance dans le papier, sous une forme invisible que mon de crayon me révèle. Veuillez agréer, mon cher Monsieur, l'expression de mes meilleurs sentiments. "' COMTE DE Tkomsuw, _ 3, rue du Théâtre-Français, Marseille. o n 0
3.FORMES & ASTRAUX Comme bien d`autres, la maladie me gagne et je frotte le fusain sur le papier mystérieux. Le lot n° 1 renferme mes premiers essais. Je crois ne pas avoir opéré sur le bon buvard, aussi mes résultats sont un peu différents de ce qui a été fait jusqu'ici. Je frotte légèrement, et, en regardant un peu obliquement, il me semble voir apparaître une ou plusieurs tormes. Je les accentue par quelques coups de crayon et quelques ombres. Comme moyen de production imprévu de dessins, c'est original, récréatif, cela constitue un gentil jeu de société pour petites villes paisibles, mais quant à y voir la main de l'Invisible, je reste sceptique, et en cela le comte de Tromelin, que la foi n`a pas encore touché, et qui se montre si incrédule pour les manifestations occultes, m'y engage : on ne doit pas être plus royaliste que le roi l . L'inventeur a donné son procédé et a laissé à d'autres le soin d'en chercher la théorie. On en a trouvé non une, mais plusieurs, et ce n'est pas moi qui oserai les nier, car dans toute idée fausse, mais rai202 L'n~zi'r1A'1'roN _ sonnable, il y a des parcelles de vérité. Je me contenterai de les discuter. _ Seulement examinons : chaque atome de matière a son âme individuelle; plusieurs atomes réunis fondront leurs âmes individuelles en une âme collective; ce sera un corps. Mais comme les corps» s`édiþÿû e n t selon des lois particulières pour chacun, une âme plus matérielle se montre et les fait - vivre. - Jusqu'ici, c'est parfait; ce sont les principes de la Nature - Trois - appliqués aussi bien aux corps dits inertes qu'aux corps animés. Entre chaque molécule formée d'atomes il y a des vides. Ces molécules se groupent, suivent des agencements constants, formés de pleins et de vides. Pourquoi les astraux ne se fourrent-ils pas dans une solution de sucre et ne la font-ils pas cristalliser, en laissant aussi leurs empreintes ?Vous me répondrez: la force -dite þÿ aû î n i t é - est si puissante qu'el1e réunit les molécules þÿ - : rejetteles astraux, qui s'échappentalors comme le ferait 1'eau d`une éponge que l'on serrefait, et, enfin, pour nepas être battu, vous me diriez : mais examinez tel morceau de sucre candi et tel autre, ils ne se ressemblent pas extérieurement; si les cristaux isolés sont semblables, Pensemblede leur groupement diíïère, les astraux ont þÿ i nû u e n c é þÿ l ' é d iû c e . Or, ce qui a dû l'in* þÿû u e n c e r , ce sont mille causes: la quantité du liquide, la richesse en sucre, la température, la vitesses de Popération, les trépidations, l'état électrique, hygrométrique. etc. Voilà ce qui donne la diversité. On medit, « lorsqu'une matière broyée est entraînée à-l`état de pâte moitié liquide, les astraux se trouvent
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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