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1200, L’INITIATION l’acide osmique, réactif ordinaire des substances ner— veuses et de l’écorce grise. Je fis des coupes transversales dans la noix, et je > vis : le trigbne, les ventricules, les cornes. Je recommencai à regarder les circonvolutions extérieures, et gyrusfrontalis.fissura Sylvii, gyms occiputalis, lobas... enfin tout était là. Alors la peur me saisit, la peur de l’inconnu, que nous autres naturalistes ont cru avoir connu,et, hu milié, j’abordai le grand problème qui se cachait dans une noix... in nuce. Le microscope me révélait le tissu osseux et les‘ corpuscules osseux de la coquille de la noix, et les réactifs chimiques me prouvaient que la noix était enfermée dans un crâne, entouré d’une peau (le brou) et re'vêtu en dedans par une dura mater. ' Six semaines durant je fis germer des noix, et, comme une moelle épinière, la racine descendait du germe poussant des radicelles latérales, simulant les nerfs mixtes. Maintenant, et c‘est le point capital, la physiologie nous enseigne que la moelle épinière est formée d’une substance grise à l’intérieur et une substance blanche à l’extérieur, et que dans le bulbe rachidien un entre crbisement a lieu de façon que dans l’encéphale le gris soit mis dehors et le blanc dedans. Aussi bien la botanique nous instruit que dans la racine le bois est situé en dehors et le liber en dedans, mais que dans le collet un entrecroisement a lieu de: manière que dans la tige le bois reste dedans et le liber‘ dehors.
2LE NOYER 201 L’analogie est donc parfaite. Et si l’on se rappelle quel rôle autrefois on a attri bué au col de la racine, étant le nœud vital, le seul poiht où une blessure tue la plante, personne n’hési tera d’avouer qu’il y a là un rapport avec le bulbe rachidien où un coup d’aiguille tue tandis que le cer— veau atteint sous le crâne enfoncé n’amène pas sou vent la mort. Lecteur, sans lâcheté et sans préjugés, j’ai témoigné du courage en établissant en raccourci les ressem-' blances d’une noix avec un cerveau, entre la graine d’une plante et le centre de la pensée chez un animal. Regardez la section verticale d‘un cerveau humain et observez cet organe qui se présente comme une feuille et qui ramène l’idée à la vie végétale. C’est l’intérieur du cervelet, ap pelé autrefois et encore aujour— d’hui l’arbre de vie. Un zeste végétal au milieu de la tète, l’arbre de la vie ombragé de l’arbre de la connaissance! Lecteur vaillant! observez un moment cette figure illustrant la naissance d’un homme. C'est un fœtus humain à la huitième semaine. Une plante qui germe; la racine, le collet, les cotylédons, sur lesquels est greffé... un homme.. La botanique nous enseigne que les Lichens sont créés par une symbiose d’une algue et un champi— gnon. Or, le champignon est censé être un animal,
3202 L'INITIATION un polype terrestre dépourvu de la faculté motrice, et l’algue est une plante, dont les anthérozoïdes sont des animalcules doués de mouvements spontanés. ' Le Lichen offre donc un exemple de symbiose entre animal et plante, et les arborisations de l’allanto‘ide d’un fœtus humain nous indique le chemin à suivre la prochaine fois que l’on s’avisera à révéler l’origine de l’homme. Y L’enfant n’est qu’un animal aquatique flottant dans un liquide privé d’air et attaché par des feuilles vé gétales aux parois de l’utérus, où l’ovule comme une graine a pris racine (I). ' Le corail est un animal qui se fait plante pour se constituer en partie comme pierre. L’un n’est pas plus absurde que l’autre, et les diffé rences entre les règnes de la nature n’existent que dans les systèmes. Pour les fonctions des cotylédons de la noix, ou a été d’accord de les regarder comme nourrices qui allai tent le germe. C’est vrai que la noix broyée à l’eau donne un lait dont savent tirer parti les habitants de l’Amérique du Nord (juste comme les falsificateurs du lait se servent de cervelles broyées, encore une analogie). Mais les expériences m’ont éveillé des doutes. Après avoir fait germer une noix, je trouvai la ra— cine longue de 7 centimètres et large de 3/4 de centi mètres. La tigelle avait poussé de 1 r/2 centimètre,et les feuilles, qtmique transparentes et grêles, montraient le caractère des feuilles futures. (I) La plante dans la graine possède tous les caractères d‘un animal bilatéral (Haeckel).
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1200, L’INITIATION l’acide osmique, réactif ordinaire des substances ner— veuses et de l’écorce grise. Je fis des coupes transversales dans la noix, et je > vis : le trigbne, les ventricules, les cornes. Je recommencai à regarder les circonvolutions extérieures, et gyrusfrontalis.fissura Sylvii, gyms occiputalis, lobas... enfin tout était là. Alors la peur me saisit, la peur de l’inconnu, que nous autres naturalistes ont cru avoir connu,et, hu milié, j’abordai le grand problème qui se cachait dans une noix... in nuce. Le microscope me révélait le tissu osseux et les‘ corpuscules osseux de la coquille de la noix, et les réactifs chimiques me prouvaient que la noix était enfermée dans un crâne, entouré d’une peau (le brou) et re'vêtu en dedans par une dura mater. ' Six semaines durant je fis germer des noix, et, comme une moelle épinière, la racine descendait du germe poussant des radicelles latérales, simulant les nerfs mixtes. Maintenant, et c‘est le point capital, la physiologie nous enseigne que la moelle épinière est formée d’une substance grise à l’intérieur et une substance blanche à l’extérieur, et que dans le bulbe rachidien un entre crbisement a lieu de façon que dans l’encéphale le gris soit mis dehors et le blanc dedans. Aussi bien la botanique nous instruit que dans la racine le bois est situé en dehors et le liber en dedans, mais que dans le collet un entrecroisement a lieu de: manière que dans la tige le bois reste dedans et le liber‘ dehors.
2LE NOYER 201 L’analogie est donc parfaite. Et si l’on se rappelle quel rôle autrefois on a attri bué au col de la racine, étant le nœud vital, le seul poiht où une blessure tue la plante, personne n’hési tera d’avouer qu’il y a là un rapport avec le bulbe rachidien où un coup d’aiguille tue tandis que le cer— veau atteint sous le crâne enfoncé n’amène pas sou vent la mort. Lecteur, sans lâcheté et sans préjugés, j’ai témoigné du courage en établissant en raccourci les ressem-' blances d’une noix avec un cerveau, entre la graine d’une plante et le centre de la pensée chez un animal. Regardez la section verticale d‘un cerveau humain et observez cet organe qui se présente comme une feuille et qui ramène l’idée à la vie végétale. C’est l’intérieur du cervelet, ap pelé autrefois et encore aujour— d’hui l’arbre de vie. Un zeste végétal au milieu de la tète, l’arbre de la vie ombragé de l’arbre de la connaissance! Lecteur vaillant! observez un moment cette figure illustrant la naissance d’un homme. C'est un fœtus humain à la huitième semaine. Une plante qui germe; la racine, le collet, les cotylédons, sur lesquels est greffé... un homme.. La botanique nous enseigne que les Lichens sont créés par une symbiose d’une algue et un champi— gnon. Or, le champignon est censé être un animal,
3202 L'INITIATION un polype terrestre dépourvu de la faculté motrice, et l’algue est une plante, dont les anthérozoïdes sont des animalcules doués de mouvements spontanés. ' Le Lichen offre donc un exemple de symbiose entre animal et plante, et les arborisations de l’allanto‘ide d’un fœtus humain nous indique le chemin à suivre la prochaine fois que l’on s’avisera à révéler l’origine de l’homme. Y L’enfant n’est qu’un animal aquatique flottant dans un liquide privé d’air et attaché par des feuilles vé gétales aux parois de l’utérus, où l’ovule comme une graine a pris racine (I). ' Le corail est un animal qui se fait plante pour se constituer en partie comme pierre. L’un n’est pas plus absurde que l’autre, et les diffé rences entre les règnes de la nature n’existent que dans les systèmes. Pour les fonctions des cotylédons de la noix, ou a été d’accord de les regarder comme nourrices qui allai tent le germe. C’est vrai que la noix broyée à l’eau donne un lait dont savent tirer parti les habitants de l’Amérique du Nord (juste comme les falsificateurs du lait se servent de cervelles broyées, encore une analogie). Mais les expériences m’ont éveillé des doutes. Après avoir fait germer une noix, je trouvai la ra— cine longue de 7 centimètres et large de 3/4 de centi mètres. La tigelle avait poussé de 1 r/2 centimètre,et les feuilles, qtmique transparentes et grêles, montraient le caractère des feuilles futures. (I) La plante dans la graine possède tous les caractères d‘un animal bilatéral (Haeckel).
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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