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11 895] MARTINISME ET rmxc-m.xçozvxanm 1 95 CHAPITRE PREMIER LES ILLUMINÉS. — S\VEDENBORG, MARTINES ET “'1LLERMOZ LES !LLUMINÉS CHRÉTIENS. — LA ROSE-CROIX Il est impossible de se rendre clairement compte du caractère réel du Martinisme à toute époque, si l’on n’établit pas tout d'abord la différence capitale qui sépare les sociétés d’illuminés des sociétés de francs maçons. La société d'illuminés est liée à l'invisible par un ou plusieurs de ses chefs. Son principe d’existence et de durée,prend donc sa source dans un plan supra humain et tout son gouvernement se fait de haut en bas, avec obligation, pour les membres de la frater nité, d‘obéir aux chefs, quand ils sont entrés dans le cercle intérieur, ou de quitter ce cercle intérieur. La sociétéde francs-maçons n’est en rien liéeà l’in visible. Son Principe d‘existence et de durée prend sa source dans ses membres et rien que dans ses membres; tout son gouvernement se fait de bas en haut avec sélections successives par élection. Il suit de là que cette dernière forme de fraternitç
21 96 L‘INITIATION ne peut produire pour fortifier son existence que les chartes et les papiers administratifs communs à toute société profane; tandis que les ordres d‘illuminés se réfèrent toujours au Principe invisible qui les dirige. La vie privée, les œuvres publiques et le caractère des chefs de la plupart des fraternités d’illuminés montrent que ce Principe invisible appartient au plan divin, et qu’il n’a rien à faire avec Satan ou les dé— mons, comme essaient de l'insinuer les cléricaux effrayés des progrès de ces sociétés. La Fraternité d’illumine’s la plus connue, anté rieure à Swedenborg, et la seule dont on puisse parler au monde profane, est celle des Frères Illumi nés de la Rose—Croix, dont la constitution et la clef seront données dans plusieurs années. Ce sont les membres de cette fraternité qui ont décidé la création de sociétés symboliques, chargées de conserver les rudiments de l’initiation hermétique, et qui ont ainsi donné naissance aux divers rites de la Franc—Maçon nerie. il ne peut donc être établi aucune confusion entre l’illuminisme, ou centre supérieur d'études her— métiques, et la Maçonnerie ou centre inférieur de con servation réservé aux débutants. C’est seulement en entrant dans les fraternités d’illuminés que les francs maçons peuvent obtenir la connaissance pratique de cette lum1ere, apres laquelle llS courent de grade en grade. SVVEDENBORG Aux efforts incessants des frères illuminés de la Rose-Croix, l’invisible vint apporter un appoint consi
3MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 197 dérable par l’illumination de Swedenborg le célèbre savant suédois. La mission de réalisation de Swedenborg, consista surtout en la constitution d'une cheValerie laïque du Christ, chargée de défendre l’idée chrétienne dans sa pureté primitive et d'atténuer, dans l’Invisible, les déplorables effets des concussions, des accaparements de fortune et de tous les procédés chers au « Prince de ce Monde », mis en œuvre par les iésuites, sous couleur de christianisme. Swedcnborg divisa son œuvre de réalisation en trois sections : t" La section d’enseignement constituée par ses livres et le récit de ses visions; 2° La section religieuse, constituée par l’application rituelle de ses enseignements; 3° La section chargée de la tradition symbolique et pratique, et constituée par les grades initiatiques du Rite swedenborgien. Cette dernière nous intéresse seule pour le moment. Elle était partagée en trois sections secondaires: la première élémentaire et maçonnique, la seconde élevait le récipiendaire jusqu’à l’illuminisme, et la troisième active. La première section comprenait les grades de: ap« prenti, compagnon, maître et maître élu. La seconde section comprenait les grades de : ap prenti Coën (ou maître élu illuminé), compagnon Coën, maître Coën. La troisième section comprenait les grades de : 1° maître Coën déléguéà la réalisation élémentaire ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11 895] MARTINISME ET rmxc-m.xçozvxanm 1 95 CHAPITRE PREMIER LES ILLUMINÉS. — S\VEDENBORG, MARTINES ET “'1LLERMOZ LES !LLUMINÉS CHRÉTIENS. — LA ROSE-CROIX Il est impossible de se rendre clairement compte du caractère réel du Martinisme à toute époque, si l’on n’établit pas tout d'abord la différence capitale qui sépare les sociétés d’illuminés des sociétés de francs maçons. La société d'illuminés est liée à l'invisible par un ou plusieurs de ses chefs. Son principe d’existence et de durée,prend donc sa source dans un plan supra humain et tout son gouvernement se fait de haut en bas, avec obligation, pour les membres de la frater nité, d‘obéir aux chefs, quand ils sont entrés dans le cercle intérieur, ou de quitter ce cercle intérieur. La sociétéde francs-maçons n’est en rien liéeà l’in visible. Son Principe d‘existence et de durée prend sa source dans ses membres et rien que dans ses membres; tout son gouvernement se fait de bas en haut avec sélections successives par élection. Il suit de là que cette dernière forme de fraternitç
21 96 L‘INITIATION ne peut produire pour fortifier son existence que les chartes et les papiers administratifs communs à toute société profane; tandis que les ordres d‘illuminés se réfèrent toujours au Principe invisible qui les dirige. La vie privée, les œuvres publiques et le caractère des chefs de la plupart des fraternités d’illuminés montrent que ce Principe invisible appartient au plan divin, et qu’il n’a rien à faire avec Satan ou les dé— mons, comme essaient de l'insinuer les cléricaux effrayés des progrès de ces sociétés. La Fraternité d’illumine’s la plus connue, anté rieure à Swedenborg, et la seule dont on puisse parler au monde profane, est celle des Frères Illumi nés de la Rose—Croix, dont la constitution et la clef seront données dans plusieurs années. Ce sont les membres de cette fraternité qui ont décidé la création de sociétés symboliques, chargées de conserver les rudiments de l’initiation hermétique, et qui ont ainsi donné naissance aux divers rites de la Franc—Maçon nerie. il ne peut donc être établi aucune confusion entre l’illuminisme, ou centre supérieur d'études her— métiques, et la Maçonnerie ou centre inférieur de con servation réservé aux débutants. C’est seulement en entrant dans les fraternités d’illuminés que les francs maçons peuvent obtenir la connaissance pratique de cette lum1ere, apres laquelle llS courent de grade en grade. SVVEDENBORG Aux efforts incessants des frères illuminés de la Rose-Croix, l’invisible vint apporter un appoint consi
3MARTINISME ET FRANC-MAÇONNERIE 197 dérable par l’illumination de Swedenborg le célèbre savant suédois. La mission de réalisation de Swedenborg, consista surtout en la constitution d'une cheValerie laïque du Christ, chargée de défendre l’idée chrétienne dans sa pureté primitive et d'atténuer, dans l’Invisible, les déplorables effets des concussions, des accaparements de fortune et de tous les procédés chers au « Prince de ce Monde », mis en œuvre par les iésuites, sous couleur de christianisme. Swedcnborg divisa son œuvre de réalisation en trois sections : t" La section d’enseignement constituée par ses livres et le récit de ses visions; 2° La section religieuse, constituée par l’application rituelle de ses enseignements; 3° La section chargée de la tradition symbolique et pratique, et constituée par les grades initiatiques du Rite swedenborgien. Cette dernière nous intéresse seule pour le moment. Elle était partagée en trois sections secondaires: la première élémentaire et maçonnique, la seconde élevait le récipiendaire jusqu’à l’illuminisme, et la troisième active. La première section comprenait les grades de: ap« prenti, compagnon, maître et maître élu. La seconde section comprenait les grades de : ap prenti Coën (ou maître élu illuminé), compagnon Coën, maître Coën. La troisième section comprenait les grades de : 1° maître Coën déléguéà la réalisation élémentaire ou
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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