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One moment.
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16 L'INITIATION cantons. J’en ay mêmelorgné un d’icy, et si ma pro position ne vous paroît pas insensée, c’est à vous-même àqui je m’adresserai pour le visiter et l’arrêter si vous le trouvez convenable. rien ne couvriroit mieux ma marche qu’en daignant vous-même y participer. La maison Où je désirerois pouvoir me caserner est un bâtimentneufplacé au haut du chemin neuf, à main gauche avant d’être à la pente qui mène au gourguil Ion, j’y ai vu souvent un écriteau de logements à louer;s’il y en avait encore, je vous prierois de les examiner. Je souhaiterais pour tout une chambre à coucher et un local de physique. S’il se trouvoit de plus un cabinet, cela ne feroit pourtant qu’améliorer la chose. Vous s’avez les conditions requises pour le local de physique. Mais comme ceux qui bâtissent ne les connoissent pas, je ne prétends pas les trouver toutes et je me contenterai de ce que je trouverai. La vie animale ne me seroit point un obstacle, il y a un traiteur dans le canton, je verrois à m’arranger avec luy, cela me coûteroit moins qu’un ménage et seroit beaucoup moins embarrassant. Enfin, il me semble que c’est Une chose faisable, et pour quelques anicroches nécessairement attachées aux choses de la vie, je crois que le bien que j’attends de ce projet me feroit, facilement les oublier. Le premier de ces biens seroit la paix dont nous jouirions l’un et l’autre en. pouvant nous livrer sans gêne à ce que nous sentons nous être propres. Nous serions libres quoique rapprochés, nous serions seuls quoique non séparés. Je des cendrois fréquemment à la ville, j’y porterois une humeur gaye parce que j’aurois joui à ma manière. WA —n-W-'ww »-'«rv—-JMW
2LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 7 Nous nous verrions peut-être autant qu’en vivant chez vous et ce seroit sûrement avec plus de fruits pour tousles deux, je volerois de cœur près de’ma bonne mère qui, malgré tout l’ennui que je dois lui causer, auroit encore assez d‘amitié pour moi pour ne pas me fermer ses bras. Les assemblées iroient leur train autant que vous le jugeriez nécessaire. En un mot je ferois en sorte que tout le monde fut content sans que rien parût et j’ay la persuasion que j’y parviendrais en me rendant content moi-même. Faute de cette précaution vous avez‘vu en moi un tout autre être que je ne suis; j’ay couru les risques de perdre votre amitié et il faut une âme aussi belle "que la vôtre pour en avoir conservé encore pour moi après ne m’avoir vu que sous des faces si désavanta geuses. Je dois en outre avoir sûrement perdu votre confiance ayant aussi peu fait pour la mériter; si je continuois, je viendrois peut-être au point de perdre votre estime et tous ces malheurs viendroient que de nous être pas entendus. Oh! jugez quelle victoire pour notre ennemi! non, ne la laissons pas remporter, coupons le mal pendant qu’il en est encore tems. Peut-être que quand vous m’aurez vu tout entier, me rendrez—vous tous les sentiments que vous pourriez me retirer aujourd’huy sans que j’eus droit de me plaindre. Si ce tempérament vous agrée, T. ch. m"°, vous me ferez plaisir d’annoncer à tous les nôtres que je désire remplir mon loisir par des occupations chymiques et surtout suivre quelques grandes opé rations en ce genre avec M. Privat, que cela m‘oblige à me loger près de lui et que comme il ne sort point,
38 L’lNl'l‘lA'l’lON c’est vous quej’ay prié de me faire la découverte d’un local dans vos moments perdus et un jour de fête. Vous pourrez vous concerter‘avec ma mère aupara vant et si vous êtes d’accord tous deux, vous rendrez la chose beaucoup plus simple et plus naturelle à leurs yeux. Quant aux meubles il m’en faudra si peu que je n’aurai pas grands soins à prendre, ni grand argent à dépenser pour me les procurer, d'ailleurs je ne rougirai point de recevoir en forme d’emprunt, de l’un une chaise, de l’autre une table, une pelle, etc., quand ils pourront s’en priver pour un temps sans gêne. J’ay déjà préparé Périose à ce projet chymique, j’y préparerai Bruysffet quand il sera à Paris; il vous sera facile d’y préparer les autres et tout se pourra arranger pour le mieux. Je ne parle point à d’Haute rive de voir Privat, c’est un homme avec qui il faut le langage des sciences humaines, cependant s’il veut y aller dans huit à dix jours, je l’y annoncerai et je crois qu’il le trouvera assez préparé sur nos matières pour pouvoir s’en faire entendre. Je ne suis point surpris. T. ch. m"°, que vous trouviez dans d’Haute— rive tout ce que vous en attendiez, c’est un modèle de vertu et de science, je ne suis auprès de lui que V comme l’ombre d’un tableau pour en faire mieux_ ressortir la lumière; c’est sans contredit le plus fort sujet de l’ordre et auprès duquel il y ait le plus à gagner. le scais pour moi combien il me seroit utile et combien je suis puni de mon escapade à Paris, puisque j’y consomme inutilement mon tems et mon argent et que je me suis privé d’une occasion si favo— rable d’être encouragé par l’exemple d’un homme que
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
16 L'INITIATION cantons. J’en ay mêmelorgné un d’icy, et si ma pro position ne vous paroît pas insensée, c’est à vous-même àqui je m’adresserai pour le visiter et l’arrêter si vous le trouvez convenable. rien ne couvriroit mieux ma marche qu’en daignant vous-même y participer. La maison Où je désirerois pouvoir me caserner est un bâtimentneufplacé au haut du chemin neuf, à main gauche avant d’être à la pente qui mène au gourguil Ion, j’y ai vu souvent un écriteau de logements à louer;s’il y en avait encore, je vous prierois de les examiner. Je souhaiterais pour tout une chambre à coucher et un local de physique. S’il se trouvoit de plus un cabinet, cela ne feroit pourtant qu’améliorer la chose. Vous s’avez les conditions requises pour le local de physique. Mais comme ceux qui bâtissent ne les connoissent pas, je ne prétends pas les trouver toutes et je me contenterai de ce que je trouverai. La vie animale ne me seroit point un obstacle, il y a un traiteur dans le canton, je verrois à m’arranger avec luy, cela me coûteroit moins qu’un ménage et seroit beaucoup moins embarrassant. Enfin, il me semble que c’est Une chose faisable, et pour quelques anicroches nécessairement attachées aux choses de la vie, je crois que le bien que j’attends de ce projet me feroit, facilement les oublier. Le premier de ces biens seroit la paix dont nous jouirions l’un et l’autre en. pouvant nous livrer sans gêne à ce que nous sentons nous être propres. Nous serions libres quoique rapprochés, nous serions seuls quoique non séparés. Je des cendrois fréquemment à la ville, j’y porterois une humeur gaye parce que j’aurois joui à ma manière. WA —n-W-'ww »-'«rv—-JMW
2LETTRE DE CLAUDE DE SAINT-MARTIN 7 Nous nous verrions peut-être autant qu’en vivant chez vous et ce seroit sûrement avec plus de fruits pour tousles deux, je volerois de cœur près de’ma bonne mère qui, malgré tout l’ennui que je dois lui causer, auroit encore assez d‘amitié pour moi pour ne pas me fermer ses bras. Les assemblées iroient leur train autant que vous le jugeriez nécessaire. En un mot je ferois en sorte que tout le monde fut content sans que rien parût et j’ay la persuasion que j’y parviendrais en me rendant content moi-même. Faute de cette précaution vous avez‘vu en moi un tout autre être que je ne suis; j’ay couru les risques de perdre votre amitié et il faut une âme aussi belle "que la vôtre pour en avoir conservé encore pour moi après ne m’avoir vu que sous des faces si désavanta geuses. Je dois en outre avoir sûrement perdu votre confiance ayant aussi peu fait pour la mériter; si je continuois, je viendrois peut-être au point de perdre votre estime et tous ces malheurs viendroient que de nous être pas entendus. Oh! jugez quelle victoire pour notre ennemi! non, ne la laissons pas remporter, coupons le mal pendant qu’il en est encore tems. Peut-être que quand vous m’aurez vu tout entier, me rendrez—vous tous les sentiments que vous pourriez me retirer aujourd’huy sans que j’eus droit de me plaindre. Si ce tempérament vous agrée, T. ch. m"°, vous me ferez plaisir d’annoncer à tous les nôtres que je désire remplir mon loisir par des occupations chymiques et surtout suivre quelques grandes opé rations en ce genre avec M. Privat, que cela m‘oblige à me loger près de lui et que comme il ne sort point,
38 L’lNl'l‘lA'l’lON c’est vous quej’ay prié de me faire la découverte d’un local dans vos moments perdus et un jour de fête. Vous pourrez vous concerter‘avec ma mère aupara vant et si vous êtes d’accord tous deux, vous rendrez la chose beaucoup plus simple et plus naturelle à leurs yeux. Quant aux meubles il m’en faudra si peu que je n’aurai pas grands soins à prendre, ni grand argent à dépenser pour me les procurer, d'ailleurs je ne rougirai point de recevoir en forme d’emprunt, de l’un une chaise, de l’autre une table, une pelle, etc., quand ils pourront s’en priver pour un temps sans gêne. J’ay déjà préparé Périose à ce projet chymique, j’y préparerai Bruysffet quand il sera à Paris; il vous sera facile d’y préparer les autres et tout se pourra arranger pour le mieux. Je ne parle point à d’Haute rive de voir Privat, c’est un homme avec qui il faut le langage des sciences humaines, cependant s’il veut y aller dans huit à dix jours, je l’y annoncerai et je crois qu’il le trouvera assez préparé sur nos matières pour pouvoir s’en faire entendre. Je ne suis point surpris. T. ch. m"°, que vous trouviez dans d’Haute— rive tout ce que vous en attendiez, c’est un modèle de vertu et de science, je ne suis auprès de lui que V comme l’ombre d’un tableau pour en faire mieux_ ressortir la lumière; c’est sans contredit le plus fort sujet de l’ordre et auprès duquel il y ait le plus à gagner. le scais pour moi combien il me seroit utile et combien je suis puni de mon escapade à Paris, puisque j’y consomme inutilement mon tems et mon argent et que je me suis privé d’une occasion si favo— rable d’être encouragé par l’exemple d’un homme que
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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