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1. CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 9 feu le général Albert Pike, grand maître du Rite Écos sais dansla Caroline du Sud. Ce franc—maçon célèbre, doué d’une vaste érudition, avait été une des hautes lumières de l’Ordre; nous en fîmes le premier pape luciférien, chef suprême de tous les francs-maçons du globe, conférant régulièrement chaque vendredi, à trois heures de l’après-midi, avec messire Lucifer en personne. (Explosion de rires.) «Quand j’ai nommé Adriano Lemmi, deuxième suc cesseur d’Albert Pike au souverain pontificat luciférien — car ce n’est pas au palais Borghèse, mais dans mon bureau qu’il a été élu pape des francs-maçons (rires),— quand cette élection imaginaire a été connue, des ma çons italiens, parmi lesquels un député au Parlement, ont cru que c’était sérieux. Ils ont été vexés d’apprendre, par les indiscrétions de la presse profane, que Lemmi faisait le cachottier avec eux, qu’il les tenait à l’écart de ce fameux Palladisme dont on parlait déjà dans le monde entier. Ils se réunirent en Congrès à Palerme, constituèrent en Sicile, à Naples et à Florence trois Suprêmes Conseils indépendants, et ils nommèrent Miss Vaughan membre d’honneur et protectrice de leur fédération. « Une noix. — Comme mystification, c’était réussi. « Un autre auditeur. -— Ces francs—maçons étaient vos complices! « M. Léo TAXILÏ —— Allons donc!... Je vous le ré— pète, je n’ai eu que deux auxiliaires mis dans le secret de la mystification ; mon ami le docteur et Mlle Diana Vaughan. « Mais il ne convient pas que nous paraissions
210 L’lNITIATION .. _._ :.-<s. a .1 v.- ....._ v .. .. .—..wmo_.__.«.- ä-.-av- ., plus nombreux que nous ne l’étions en réalité. Trois nous étions, et c’est assez. Les éditeurs eux-mêmes ont été mystifiés dans les grands prix. Ils n’ont pas, d’ailleurs, à s’en plaindre : d’abord parce que nos merveilleuses révélations leur ont valu les plus encou— rageantes félicitations épiscopales, sans compter celles des graves théologiens, que notre crocodile jouant du piano et les voyages de Mlle Vaughan dans diverses planètes n'étonnèrent même pas (rires); ensuite, parce que cette triple collaboration leur a permis de donner au public deux ouvrages qui peuvent rivaliser avec les Mille et une Nuits, qui ont été dévorés avec dé— lices, et qu’on lira longtemps encore, non plus par conviction peut-être, mais par curiosité. « M. LÉo TAXIL, quand le tumulte s’est apaisé. —— Les mystifiés du Palladisme peuvent se diviser en deux catégories : «Ceux qui ont été de bonne foi, entièrement de bonne foi. Ceux-ci ont été victimes de leur science théologique et de leurs études acharnées de tout ce qui touche à la Franc—Maçonnerie. Il m’a fallu me plonv ger jusqu’au cou dans ces deux sciences pour imagi ner tout et tout de façon à ne pas leur faire découvrir la supercherie. Croit-on, par exemple, qu’il était aisé d’en faire accroire à M. de la Rive, qui est l’enquête incarnée, qui fouille au microscope les moindres riens et qui rendrait des points à nos meilleurs juges d’ins— Îruction ? Il peut se vanter de m’avoir donné du mal ! . . . . . . . . . . . - « Mais, en dehors de cette première catégorie de
3CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME Il .-- -.-..--ærr‘ " . mystifiés, il y en a une seconde, et chez ceux-là il n’y a pas eu mystification absolue. Les bons abbés et religieux qui ont admiré en Miss Diana Vaughan une Sœur maçonne luciférienne convertie ont le droit de croire qu’il existe de ces maçonnes—là. Ils n’en ont jamais vu, jamais rencontré; mais c’est qu’il n’y en a pas dans leur diocèse, peuvent-ils se dire. A Rome, il n’en est plus de même; à Rome, tous les renseigne ments sont centralisés; à Rome, on ne peut pas igno rer qu’il n’y a pas d‘autres maçonnes que les épouses, filles ou sœurs de francs-maçons, admises aux ban quets, aux fêtes ouvertes, ou même se réunissant elles-mêmes à part, très honnêtement, en sociétés ' particulières uniquement composées d’éléments fémi nins, comme celaa lieu‘au États—Unis pour les Sœurs de l’Étoile d’Orient ou les Dames de la Révolution. (Marques d’approbation.) «Avec un peu de réflexion, il est aisé de comprendre que, s’il existait des Sœurs maçonnes telles que les antimaçons se les imaginent, il y aurait en des con versions et des aveux, depuis le temps! L’empresse ment avec lequel on a accueilli à Rome la prétendue conversion de Miss Vaughan est significatif. Pensez donc que Mgr Lazzareschi, délégué du Saint-Siège auprès du Comité central de l’Union antimaçon nique, fit célébrer un Trz’duum d’actions de grâces à l’église du’Sacré-Cœur de Rome ! « L’Hymne à Jeanne d’Arc, composée censément par Miss Diana, paroles et musique, a été exécutée aux fêtes antimaçonniques du Comité romain ; cette musique, devenue presque une musique sacrée, on l’a
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1. CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 9 feu le général Albert Pike, grand maître du Rite Écos sais dansla Caroline du Sud. Ce franc—maçon célèbre, doué d’une vaste érudition, avait été une des hautes lumières de l’Ordre; nous en fîmes le premier pape luciférien, chef suprême de tous les francs-maçons du globe, conférant régulièrement chaque vendredi, à trois heures de l’après-midi, avec messire Lucifer en personne. (Explosion de rires.) «Quand j’ai nommé Adriano Lemmi, deuxième suc cesseur d’Albert Pike au souverain pontificat luciférien — car ce n’est pas au palais Borghèse, mais dans mon bureau qu’il a été élu pape des francs-maçons (rires),— quand cette élection imaginaire a été connue, des ma çons italiens, parmi lesquels un député au Parlement, ont cru que c’était sérieux. Ils ont été vexés d’apprendre, par les indiscrétions de la presse profane, que Lemmi faisait le cachottier avec eux, qu’il les tenait à l’écart de ce fameux Palladisme dont on parlait déjà dans le monde entier. Ils se réunirent en Congrès à Palerme, constituèrent en Sicile, à Naples et à Florence trois Suprêmes Conseils indépendants, et ils nommèrent Miss Vaughan membre d’honneur et protectrice de leur fédération. « Une noix. — Comme mystification, c’était réussi. « Un autre auditeur. -— Ces francs—maçons étaient vos complices! « M. Léo TAXILÏ —— Allons donc!... Je vous le ré— pète, je n’ai eu que deux auxiliaires mis dans le secret de la mystification ; mon ami le docteur et Mlle Diana Vaughan. « Mais il ne convient pas que nous paraissions
210 L’lNITIATION .. _._ :.-<s. a .1 v.- ....._ v .. .. .—..wmo_.__.«.- ä-.-av- ., plus nombreux que nous ne l’étions en réalité. Trois nous étions, et c’est assez. Les éditeurs eux-mêmes ont été mystifiés dans les grands prix. Ils n’ont pas, d’ailleurs, à s’en plaindre : d’abord parce que nos merveilleuses révélations leur ont valu les plus encou— rageantes félicitations épiscopales, sans compter celles des graves théologiens, que notre crocodile jouant du piano et les voyages de Mlle Vaughan dans diverses planètes n'étonnèrent même pas (rires); ensuite, parce que cette triple collaboration leur a permis de donner au public deux ouvrages qui peuvent rivaliser avec les Mille et une Nuits, qui ont été dévorés avec dé— lices, et qu’on lira longtemps encore, non plus par conviction peut-être, mais par curiosité. « M. LÉo TAXIL, quand le tumulte s’est apaisé. —— Les mystifiés du Palladisme peuvent se diviser en deux catégories : «Ceux qui ont été de bonne foi, entièrement de bonne foi. Ceux-ci ont été victimes de leur science théologique et de leurs études acharnées de tout ce qui touche à la Franc—Maçonnerie. Il m’a fallu me plonv ger jusqu’au cou dans ces deux sciences pour imagi ner tout et tout de façon à ne pas leur faire découvrir la supercherie. Croit-on, par exemple, qu’il était aisé d’en faire accroire à M. de la Rive, qui est l’enquête incarnée, qui fouille au microscope les moindres riens et qui rendrait des points à nos meilleurs juges d’ins— Îruction ? Il peut se vanter de m’avoir donné du mal ! . . . . . . . . . . . - « Mais, en dehors de cette première catégorie de
3CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME Il .-- -.-..--ærr‘ " . mystifiés, il y en a une seconde, et chez ceux-là il n’y a pas eu mystification absolue. Les bons abbés et religieux qui ont admiré en Miss Diana Vaughan une Sœur maçonne luciférienne convertie ont le droit de croire qu’il existe de ces maçonnes—là. Ils n’en ont jamais vu, jamais rencontré; mais c’est qu’il n’y en a pas dans leur diocèse, peuvent-ils se dire. A Rome, il n’en est plus de même; à Rome, tous les renseigne ments sont centralisés; à Rome, on ne peut pas igno rer qu’il n’y a pas d‘autres maçonnes que les épouses, filles ou sœurs de francs-maçons, admises aux ban quets, aux fêtes ouvertes, ou même se réunissant elles-mêmes à part, très honnêtement, en sociétés ' particulières uniquement composées d’éléments fémi nins, comme celaa lieu‘au États—Unis pour les Sœurs de l’Étoile d’Orient ou les Dames de la Révolution. (Marques d’approbation.) «Avec un peu de réflexion, il est aisé de comprendre que, s’il existait des Sœurs maçonnes telles que les antimaçons se les imaginent, il y aurait en des con versions et des aveux, depuis le temps! L’empresse ment avec lequel on a accueilli à Rome la prétendue conversion de Miss Vaughan est significatif. Pensez donc que Mgr Lazzareschi, délégué du Saint-Siège auprès du Comité central de l’Union antimaçon nique, fit célébrer un Trz’duum d’actions de grâces à l’église du’Sacré-Cœur de Rome ! « L’Hymne à Jeanne d’Arc, composée censément par Miss Diana, paroles et musique, a été exécutée aux fêtes antimaçonniques du Comité romain ; cette musique, devenue presque une musique sacrée, on l’a
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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