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16 L’INITIATION « Je lui fis lire les divers livres d’auteurs qui s’étaient emballés à la suite de mes mirifiques révéla tions. Le plus extraordinaire de ces ouvrages est ce lui d’un évêque—jésuite, Mgr Meurin, évêque de Port—Louis (île Maurice), qui vint me voir à Paris et me consulta. On pense S’il fut bien renseigné l... (Rires) « Cet excellent Mgr Meurin, érudit orientaliste, ne saurait mieux être comparé qu’à l’archéologue polo— nais qui avait si bien distingué un restant de statue équestre au milieu d'un restant de place publique de ma ville sous-lacustre. (Nouveaux rires.) « Partant de cette idée bien arrêtée que les francs maçons adorent le diable, et convaincu de l’existence du Palladisme, il a découvert les choses les plus ex traordinaires au fond des mots hébreux qui servent de mots de passe, etc., dans les innombrables grades des rites maçonniques. , « Cordons, tabliers, accessoires rituels, il a tout scruté; il a examiné jusqu’aux moindres broderies figurant sur la plus insignifiante pièce d'étoffe ayant appartenu à un franc—maçon, et, avec la meilleure bonne foi du monde, il a trouvé mon Palladisme partout. « Je me rappellerai toujours, comme des plus joyeuses heures de ma vie, celles Où il me lisait son manuscrit. Son gros volume, la Franc—Maçonnerie synagogue de Satan, m’a servi admirablement à convaincre mon ami le docteur qu’il y avait, en toute vérité, un sens secret luciférien à tout le symbolisme maçonnique. » m.- . .4.._ _...... .._
2CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 7 —:. .-ïxt-...-..:.....««.... _,2.__.:....._:.«; -...‘..-_,. ....-v-..-.1.,. -Z' .- .;_..cæs-..n’..;., . ÉVOLUTION DE LA MYSTIFICATION. RÉCIT DE M. LÉO TAXIL. Laissons toujours la parole à M. Taxil, et sui— vons avec lui les phases de la mystification. Voici les principaux passages de son discours; nous ne les dis cuterons qu’après les avoir cités : « Sapeck, en effet, s’appelait de son vrai nom : Bataille. (Rires prolongés.) « Mais mon ami le docteur ne suffisait pas à la réalisation de mon plan. Le Diable au XIX”’ siècle, dans mon projet, devait préparer l’entrée en scène d’une grande-maîtresse luciférienne qui se converti rait. . «(L’ouvrage que j’avais signé avait présenté Sophia Sapho, mais sous les couleurs les plus noires. Je m’étais attaché à la rendre aussi antipathique que possible aux catholiques : c’était le type accompli de la diablesse incarnée, se vautrant dans le sacrilège, une vraie satanisante, telle qu’on en voit dans les romans de Huysmans. « Sophiei—Sapho, ou Mlle Sophie Walder, n’était là que pour servir de repoussoir à une autre lucifé rienne, mais celle—ci sympathique, une angélique créature vivant dans cet enfer palladiste par le hasard de sa naissance; et celle-ci, je réservais à l’ouvrage signé Bataille le soin de la faire connaître au public catholique. (Une uozx : 0/1! le coquin J... 012! l’im monde crapule!) M",m%’Mä_’__m_wwüäg.w‘w :Γ__ . <V\‘- x_,M - ‘ \, .w.._M s‘\,...—h\æ.. a
38 L’INITIATION .-.-vv—- —_— .. q... . ...n ----- - « Or, comme cette luciférienne exceptionnelle devait se convertir à un moment donné, il fallait bien avoir quelqu‘un en chair et en os, en cas de quelque présentation indispensable. » C’est à ce moment que M. Taxi! découvrit une dactylographe américaine : Mlle Vaughan. « Mais je ne pouvais pas mieux tomber. Personne, mieux que Mlle Vaughan n’était apte à me seconder. Toute la question était : Accepterait-elle? » Elle accepta. « C’est elle qui nous fit connaître, afin de diminuer les dépenses, l’existence des agences de poste privée. Elle avait eu l’occasion de recourir à l’une d'elles, à Londres, et nous l'indiqua. C’est elle aussi qui m’in diqua l’Alibi—Oflice, de New-York. « Le Diable au XIX" siècle fut donc écrit principa lement pour accréditer Mlle Vaughan, à qui je desti nai dès lors le grand rôle dans la mystification. Si elle s’était appelée Campbell ou Thompson, nous aurions donné à notre luciférienne sympathique le nom de Miss Campbell ou celui de Miss Thompson. Nous nous bornâmes à la faire américaine elle—même, sauf naissance accidentelle à Paris. Nous plaçâmes sa famille au Kentucky. Ceci nous permit de rendre notre personnage intéressant au possible, en multipliant à son sujet des phénomènes extraordinaires que nul ne pouvait contrôler. (Rires.) Un autre motif : c’est que nous avions placé aux États—Unis, à Charleston, le centre du Palladisme, en lui donnant pour fondateur
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
16 L’INITIATION « Je lui fis lire les divers livres d’auteurs qui s’étaient emballés à la suite de mes mirifiques révéla tions. Le plus extraordinaire de ces ouvrages est ce lui d’un évêque—jésuite, Mgr Meurin, évêque de Port—Louis (île Maurice), qui vint me voir à Paris et me consulta. On pense S’il fut bien renseigné l... (Rires) « Cet excellent Mgr Meurin, érudit orientaliste, ne saurait mieux être comparé qu’à l’archéologue polo— nais qui avait si bien distingué un restant de statue équestre au milieu d'un restant de place publique de ma ville sous-lacustre. (Nouveaux rires.) « Partant de cette idée bien arrêtée que les francs maçons adorent le diable, et convaincu de l’existence du Palladisme, il a découvert les choses les plus ex traordinaires au fond des mots hébreux qui servent de mots de passe, etc., dans les innombrables grades des rites maçonniques. , « Cordons, tabliers, accessoires rituels, il a tout scruté; il a examiné jusqu’aux moindres broderies figurant sur la plus insignifiante pièce d'étoffe ayant appartenu à un franc—maçon, et, avec la meilleure bonne foi du monde, il a trouvé mon Palladisme partout. « Je me rappellerai toujours, comme des plus joyeuses heures de ma vie, celles Où il me lisait son manuscrit. Son gros volume, la Franc—Maçonnerie synagogue de Satan, m’a servi admirablement à convaincre mon ami le docteur qu’il y avait, en toute vérité, un sens secret luciférien à tout le symbolisme maçonnique. » m.- . .4.._ _...... .._
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38 L’INITIATION .-.-vv—- —_— .. q... . ...n ----- - « Or, comme cette luciférienne exceptionnelle devait se convertir à un moment donné, il fallait bien avoir quelqu‘un en chair et en os, en cas de quelque présentation indispensable. » C’est à ce moment que M. Taxi! découvrit une dactylographe américaine : Mlle Vaughan. « Mais je ne pouvais pas mieux tomber. Personne, mieux que Mlle Vaughan n’était apte à me seconder. Toute la question était : Accepterait-elle? » Elle accepta. « C’est elle qui nous fit connaître, afin de diminuer les dépenses, l’existence des agences de poste privée. Elle avait eu l’occasion de recourir à l’une d'elles, à Londres, et nous l'indiqua. C’est elle aussi qui m’in diqua l’Alibi—Oflice, de New-York. « Le Diable au XIX" siècle fut donc écrit principa lement pour accréditer Mlle Vaughan, à qui je desti nai dès lors le grand rôle dans la mystification. Si elle s’était appelée Campbell ou Thompson, nous aurions donné à notre luciférienne sympathique le nom de Miss Campbell ou celui de Miss Thompson. Nous nous bornâmes à la faire américaine elle—même, sauf naissance accidentelle à Paris. Nous plaçâmes sa famille au Kentucky. Ceci nous permit de rendre notre personnage intéressant au possible, en multipliant à son sujet des phénomènes extraordinaires que nul ne pouvait contrôler. (Rires.) Un autre motif : c’est que nous avions placé aux États—Unis, à Charleston, le centre du Palladisme, en lui donnant pour fondateur
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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