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11897} CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 3 ajoutés qui n’avaient l’air de rien, avec des interpré tations en} apparence anodines ; chaque fois qu’un passage était obscur, je l’éclairais dans le sens agréable aux catholiques, qui voient en messire Lucifer le su prême grand-maître des francs-maçons. Mais cela était à peine indiqué. J’aplanissais d’abord et tout doucement le terrain, sauf à labourer ensuite et à jeter la semence mystificatrice qui devait si bien ger— mer. ‘ « Après deux années de ce travail préparatoire, je me rendis à Rome (Une voix : Ah! nous y voilà!) « Reçu d’abord par le cardinal Rampolla et le car dinal Parocchi, j’eus le bonheur de les entendre, l’un et l’autre, me dire que mes livres étaient parfaits. Ah! oui, ils dévoilaient très exactement ce qu’on savait fort bien au Vatican, et c’était vraiment heureux qu’un converti publiât ces fameux rituels.(Rires.) « Le Cardinal Rampolla me donnait du « mon cher» gros comme le bras. Et comme il regrettait que je n’eusse jamais été qu’un simple apprenti en maçonnerie! Mais, du moment que j’avais réussi à avoir les rituels, rien n’était plus légitime que leur re production. Il y reconnaissait tout ce qu’il avait lu dans les documents que le Saint-Siège possède, disait il; il reconnaissait tout, même ce qui, par mon fait, avait la même valeur que les requins de Marseille ou la ville sous-lacustre. (Une voix: Coquin! canaille! gredin ! fripouille!) « Quant au cardinal Parocchi, ce qui l’intéressait plus particulièrement, c’était la question des Sœurs Maçonnes; à lui aussi, mes précieuses révélations mas. -*““î-"’*“ÈÏÂÂÏ“{1_ “‘*\““‘*‘ÏÎ k ““""“"‘L- “""
24 L’INITIATlON n‘apprenaient rien. (Murmures d’une part, rires de l’autre. « J’étais venu à Rome à l’improviste, ignorant qu'il fallait s’y prendre assez longtemps à l’avance pour obtenir une audience particulière du Souverain Pon tife; mais j’eus l’agréable surprise de ne point atten dre, et le Saint-Père me reçut pendant trois quarts d’heure. (Une voix : Vous êtes un bandit!) « N’ayant été qu’Apprenti, j’avais un grand [mérite à avoir compris que le « diable est là ». Et le Souve rain Pontife appuyait sur ce mot le diable avec une intonation qu’il m’est facile de rendre. Il me semble que je l’entends encore me répétant: « le diable! le » « Quand je partis, j’avais acquis la certitude que mon plan pourrait être mis à exécution jusqu’au bout. L’important était de ne plus me mettre en avant personnellement, quand le fruit serait mûr. « L’arbre du luciférianisme contemporain commen çaitàcroître. Je lui donnai tous mes soins pendant quelques années encore... Enfin, je relis un de mes livres, en y introduisant un rituel palladique, censé— ment obtenu en communication, et de ma belle fa brication, de la première ligne à la dernière. « Un auditeur. — Et nous entendons cela l... C’est dégoûtant! « M. LÉo TAXIL. — Cette fois, le Palladisme ou Haute—Maçonnerie luciférienne avait vu le jour. ' « Le nouveau livre eut les plus enthousiastes ap probations, y compris celles de toutes les revues ré digées par les Pères de la Compagnie de Jésus. »
3CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 5 ‘k 254 C’est alors que M. Léo Taxil, voyant qu’un certain nombre de chercheurs s’eflorçaient de ramener les âmes à la foi par la Science, eut l’idée de se servir de ces « occultistes » pour corser sa mystification en faisant passer les dits occultistes pour des diables ou des agents de l’Enfer. Mais là surgissait une nouvelle difficulté. Dans tous leurs livres, dans tous leurs journaux, les dits occul tistes parlaient de Dieu avec le plus grand respect, et ils soutenaient énergiquement l’immortalité de l’âme dans toutes ses conséquences. Ils défendaient la divi— nité du Christ et la révélation. Un autre que M. Taxil eût été embarrassé pour trouver le diable où il y avait Dieu et l’appel au vice là où n’éclatait que l’éloge de la vertu. Confiant en la naïveté inébranlable de ses lec teurs, notre auteur affirma tout simplement qu’il suf— fisait de lire Diable ou Dieu bon au lieu de bon Dieu et mal au lieu de bien pour saisir le vrai sens... N.—S. J.-C. voulait dire sans doute non pas Notre—Seigneur— Jésus-Christ, mais Ne Soyez Jamais Curé. La farce était bien conduite puisque, encore aujour— d’hui, M. Huysmans y croit toujours. Dans une inter view récente, M. Huysmans affirme que, si les œuvres de M. Taxil sont une mystification, il n’en saurait être de même du magnifique travail de Monseigneur Meu rin, la Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan. Or ce magnifique travail est encore le résultat d’une tromperie de M. Taxil, comme celui-ci nous l’avoue si franchement : ‘ v- .. > \ _..\ _>W«ew”» w.— ‘,_ , , “roi—v? .s ‘/—-«M‘,m .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11897} CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 3 ajoutés qui n’avaient l’air de rien, avec des interpré tations en} apparence anodines ; chaque fois qu’un passage était obscur, je l’éclairais dans le sens agréable aux catholiques, qui voient en messire Lucifer le su prême grand-maître des francs-maçons. Mais cela était à peine indiqué. J’aplanissais d’abord et tout doucement le terrain, sauf à labourer ensuite et à jeter la semence mystificatrice qui devait si bien ger— mer. ‘ « Après deux années de ce travail préparatoire, je me rendis à Rome (Une voix : Ah! nous y voilà!) « Reçu d’abord par le cardinal Rampolla et le car dinal Parocchi, j’eus le bonheur de les entendre, l’un et l’autre, me dire que mes livres étaient parfaits. Ah! oui, ils dévoilaient très exactement ce qu’on savait fort bien au Vatican, et c’était vraiment heureux qu’un converti publiât ces fameux rituels.(Rires.) « Le Cardinal Rampolla me donnait du « mon cher» gros comme le bras. Et comme il regrettait que je n’eusse jamais été qu’un simple apprenti en maçonnerie! Mais, du moment que j’avais réussi à avoir les rituels, rien n’était plus légitime que leur re production. Il y reconnaissait tout ce qu’il avait lu dans les documents que le Saint-Siège possède, disait il; il reconnaissait tout, même ce qui, par mon fait, avait la même valeur que les requins de Marseille ou la ville sous-lacustre. (Une voix: Coquin! canaille! gredin ! fripouille!) « Quant au cardinal Parocchi, ce qui l’intéressait plus particulièrement, c’était la question des Sœurs Maçonnes; à lui aussi, mes précieuses révélations mas. -*““î-"’*“ÈÏÂÂÏ“{1_ “‘*\““‘*‘ÏÎ k ““""“"‘L- “""
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3CATHOLICISME, SATANISME ET OCCULTISME 5 ‘k 254 C’est alors que M. Léo Taxil, voyant qu’un certain nombre de chercheurs s’eflorçaient de ramener les âmes à la foi par la Science, eut l’idée de se servir de ces « occultistes » pour corser sa mystification en faisant passer les dits occultistes pour des diables ou des agents de l’Enfer. Mais là surgissait une nouvelle difficulté. Dans tous leurs livres, dans tous leurs journaux, les dits occul tistes parlaient de Dieu avec le plus grand respect, et ils soutenaient énergiquement l’immortalité de l’âme dans toutes ses conséquences. Ils défendaient la divi— nité du Christ et la révélation. Un autre que M. Taxil eût été embarrassé pour trouver le diable où il y avait Dieu et l’appel au vice là où n’éclatait que l’éloge de la vertu. Confiant en la naïveté inébranlable de ses lec teurs, notre auteur affirma tout simplement qu’il suf— fisait de lire Diable ou Dieu bon au lieu de bon Dieu et mal au lieu de bien pour saisir le vrai sens... N.—S. J.-C. voulait dire sans doute non pas Notre—Seigneur— Jésus-Christ, mais Ne Soyez Jamais Curé. La farce était bien conduite puisque, encore aujour— d’hui, M. Huysmans y croit toujours. Dans une inter view récente, M. Huysmans affirme que, si les œuvres de M. Taxil sont une mystification, il n’en saurait être de même du magnifique travail de Monseigneur Meu rin, la Franc-Maçonnerie, synagogue de Satan. Or ce magnifique travail est encore le résultat d’une tromperie de M. Taxil, comme celui-ci nous l’avoue si franchement : ‘ v- .. > \ _..\ _>W«ew”» w.— ‘,_ , , “roi—v? .s ‘/—-«M‘,m .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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