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1TI LLY-SUR-SEULLES 9 tiatz‘on obligée de s’intéresser à l’actualité. Nous com prenons l’effarement que l’irruption d’images astrales dans notre vie quotidienne a dû causer aux pontifes du matérialisme, et nous allons parler un peu de ces faits dont tous nos lecteurs doivent déjà posséder la clef. A propos de Tilly-sur—Seulles nous allons examiner: 1° Les faits produits et leur authenticité; 2° Les diverses tentatives d’explication de ces faits données par les matérialistes, par les catholiques et par les spirites. ' 3° L’explication donnée par l’occultisme et les rap ports de ces visions avec les faits télépathiques. I. —— Les FAITS. Nous empruntons à l’excellent travail de Gaston Méry sur les Apparitions de Tilly-sur-Seulles quel ques-uns des faits les plus marquants. Les apparitions de Tilly ont commencé le 18 mars dernier. M“° Couédon, devant plusieurs personnes, les avait annoncées depuis quelque temps déjà. Elle m’en avait parlé à moi-même, dès ma première visite, le 13 mars. Je n’avais pas attaché, sur le moment, une grande importance à cette prédiction: je ne savais même pas alors si le bourg de Tilly existait. Ce n’est que quelques jours plus tard, en lisant les journaux qui rendaient compte des merveilleuses visions, que les paroles de la Voyante me revinrent àla mémoire. Je me rappelai également qu’elle m’avait annoncé que la Vierge apparaîtrait de nouveau à Lourdes et,
210 L’INITIATION prochainement, de ce côté, c’est—à-dire à Paris même ou aux environs. La première partie de la prédiction s’est réalisée. Nous verrons s’il en sera de même de la seconde. Quoi qu'il en soit, dès que je le pus, je partis pour Tilly. C’était dans les derniers jours de mai. Et voici mes impressions à la bonne franquette et sans arrière pensée: Le plus simple, pour se rendre à Tilly, c’est de prendre le train à la gare Saint-Lazare, et de descen dre à la station d’Audrieu, à quelques lieues de Caen. Là, vous trouvez la guimbarde de l'obligeant M. Mo rel, patron de l’auberge Saint-François, qui, en une demi-heure, vous conduit à destination. Le trajet, en voiture, par cette saison, est une véritable promenade en paradis. La route est bordée de jardins et de haies en fleurs. Il flotte dans l’air je ne sais quelle odeur sucrée et fraîche. Avec cela, un paysage exquis, gras, vert, où les champs de céréales alternent avec les pâtu rages, et où partout neigent les pommiers. Vous traversez la Seulles au bord de laquelle s’agi tent des lavandières, et vous atteignez le bourg. Le père Morel vous débarrasse de votre valise, vous in dique votre chambre — et, libre, vous faites immé— diatement comme tous les pèlerins: vous courez au Champ. Le Champ, c’est un vaste carré d’avoine, situé sur plateau qui domine tous les environs. Vous y arrivez par des chemins ombreux, bordés d’aubépine. Déjà, deux ou trois baraques en toile y sont installées ; on
3TILLY-SUR-SEULLES l 1 y vend des photographies, des statuettes de la Vierge, des cierges. - Le Champ a peut-être 150 mètres de large sur 300 mètres de long. A l’entrée, sur un poteau on lit: On ne blasphème pas ici. Lit-bas, dans le fond, vous apercevez un arbre ébranché, long, penché, qui émerge de la haie. C’est l’orme miraculeux, l’orme autour duquel ont lieu les apparitions. Sur un large espace, le terrain est battu, durci. Avancez. Vous apercevez quelques hommes en blouse, chapeau bas. Quelques femmes en bonnet plat, agenouillées. Avan cez encore, et notez bien tous les détails touchants du décor que vous avez sous les yeux. Au pied de l’orme, une statuede la Vierge étend les bras. A droite et à gauche, deux tableaux naïfs, dans des cadres de bois. Cela forme comme un autel rustique, qui a pour fond le ciel bleu. Devant cet autel improvisé, on a creusé un fossé. Aux parois sont accrochés des bouquets, des ex-voto, des chapelets, des images. Des cierges, plantés en terre, brûlent. _ Une barrière, faite de planches, de fils de fer, de poteaux reliés tant bien que _mal, protège l’arbre contre la pieuse avidité des visiteurs qui l’ont déjà dé— pouillé de son écorce jusqu’à mi—hauteur... C’est là que, depuis deux mois, des milliers et des milliers de pèlerins se sont prosternés, -— là que la Vierge s’est montrée, quelquefois à des foules, plus souvent à de rares privilégiés... Le 18 mars dernier, la supérieure faisait réciter la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1TI LLY-SUR-SEULLES 9 tiatz‘on obligée de s’intéresser à l’actualité. Nous com prenons l’effarement que l’irruption d’images astrales dans notre vie quotidienne a dû causer aux pontifes du matérialisme, et nous allons parler un peu de ces faits dont tous nos lecteurs doivent déjà posséder la clef. A propos de Tilly-sur—Seulles nous allons examiner: 1° Les faits produits et leur authenticité; 2° Les diverses tentatives d’explication de ces faits données par les matérialistes, par les catholiques et par les spirites. ' 3° L’explication donnée par l’occultisme et les rap ports de ces visions avec les faits télépathiques. I. —— Les FAITS. Nous empruntons à l’excellent travail de Gaston Méry sur les Apparitions de Tilly-sur-Seulles quel ques-uns des faits les plus marquants. Les apparitions de Tilly ont commencé le 18 mars dernier. M“° Couédon, devant plusieurs personnes, les avait annoncées depuis quelque temps déjà. Elle m’en avait parlé à moi-même, dès ma première visite, le 13 mars. Je n’avais pas attaché, sur le moment, une grande importance à cette prédiction: je ne savais même pas alors si le bourg de Tilly existait. Ce n’est que quelques jours plus tard, en lisant les journaux qui rendaient compte des merveilleuses visions, que les paroles de la Voyante me revinrent àla mémoire. Je me rappelai également qu’elle m’avait annoncé que la Vierge apparaîtrait de nouveau à Lourdes et,
210 L’INITIATION prochainement, de ce côté, c’est—à-dire à Paris même ou aux environs. La première partie de la prédiction s’est réalisée. Nous verrons s’il en sera de même de la seconde. Quoi qu'il en soit, dès que je le pus, je partis pour Tilly. C’était dans les derniers jours de mai. Et voici mes impressions à la bonne franquette et sans arrière pensée: Le plus simple, pour se rendre à Tilly, c’est de prendre le train à la gare Saint-Lazare, et de descen dre à la station d’Audrieu, à quelques lieues de Caen. Là, vous trouvez la guimbarde de l'obligeant M. Mo rel, patron de l’auberge Saint-François, qui, en une demi-heure, vous conduit à destination. Le trajet, en voiture, par cette saison, est une véritable promenade en paradis. La route est bordée de jardins et de haies en fleurs. Il flotte dans l’air je ne sais quelle odeur sucrée et fraîche. Avec cela, un paysage exquis, gras, vert, où les champs de céréales alternent avec les pâtu rages, et où partout neigent les pommiers. Vous traversez la Seulles au bord de laquelle s’agi tent des lavandières, et vous atteignez le bourg. Le père Morel vous débarrasse de votre valise, vous in dique votre chambre — et, libre, vous faites immé— diatement comme tous les pèlerins: vous courez au Champ. Le Champ, c’est un vaste carré d’avoine, situé sur plateau qui domine tous les environs. Vous y arrivez par des chemins ombreux, bordés d’aubépine. Déjà, deux ou trois baraques en toile y sont installées ; on
3TILLY-SUR-SEULLES l 1 y vend des photographies, des statuettes de la Vierge, des cierges. - Le Champ a peut-être 150 mètres de large sur 300 mètres de long. A l’entrée, sur un poteau on lit: On ne blasphème pas ici. Lit-bas, dans le fond, vous apercevez un arbre ébranché, long, penché, qui émerge de la haie. C’est l’orme miraculeux, l’orme autour duquel ont lieu les apparitions. Sur un large espace, le terrain est battu, durci. Avancez. Vous apercevez quelques hommes en blouse, chapeau bas. Quelques femmes en bonnet plat, agenouillées. Avan cez encore, et notez bien tous les détails touchants du décor que vous avez sous les yeux. Au pied de l’orme, une statuede la Vierge étend les bras. A droite et à gauche, deux tableaux naïfs, dans des cadres de bois. Cela forme comme un autel rustique, qui a pour fond le ciel bleu. Devant cet autel improvisé, on a creusé un fossé. Aux parois sont accrochés des bouquets, des ex-voto, des chapelets, des images. Des cierges, plantés en terre, brûlent. _ Une barrière, faite de planches, de fils de fer, de poteaux reliés tant bien que _mal, protège l’arbre contre la pieuse avidité des visiteurs qui l’ont déjà dé— pouillé de son écorce jusqu’à mi—hauteur... C’est là que, depuis deux mois, des milliers et des milliers de pèlerins se sont prosternés, -— là que la Vierge s’est montrée, quelquefois à des foules, plus souvent à de rares privilégiés... Le 18 mars dernier, la supérieure faisait réciter la
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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