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1io 6 l’in itia tio n ainsi que les livres d’Azar et d’Azipha comme jouis sant chez eux d’une grande autorité. Mais plus tard, il y eut une si grande controverse au sujet de TAlcoran de Mahomet, qu’elle dégénéra bientôt en quatre hérésies. L’auteur de la première hérésie fut Melich, que suivit l’Afrique presque entière ; l’autre fut Assafihi, que suivirent les Mécaniens, et aussi les Arabes indigènes ; le troisième fut Alambeli, que sui virent les Perses et les Babyloniens ; enfin le quatrième fut Mulhanifa, que suivirent les Egyptiens, les Syriens et ceux de Damas. Et porté par ces hérésies comme parle cheval de Troie, l’Alcoran s’avança, et quoique contaminé de violente sorte, et en butte à la diversité des opinions, tous cependant et chacun le vénèrent profondément comme apporté du ciel à Mahomet par l’archange Gabriel; et de même qu’ils croient que d’immenses mystères sont cachés sous le voile de leur religion, de même aussi ils s’emparent de ce livre uniquement comme servant leurs superstitions, comme cela ressortira par la suite. Mais nous avons voulu exposer ces quelques faits pris dans le grand nombre pour montrer l’origine de cette si perverse doctrine. Reprenons donc la suite de notre narration. Il n’est pas étonnant que les Arabes Sarrazins aient en tout temps imité les Hébreux, puisque cet im monde enfantement fut fait par la main de l’Hébreu Sélam, maître de Mahomet, qui servît d’accoucheur, et ce qui est surabondamment prouvé par leur doc trine cabalistique. Cependant ils souillèrent peu à peu par des superstitions innombrables et inouïes l’éclat et la pureté de la cabale à ce point que nous Digitized by Google
2KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE IO7 pouvons justement dire que leur cabale est un amas inépuisable de magie et de sciences maudites, comme on le verra dans la suite : à tel point qu’au jourd’hui il n’est pas une amulette magique qui, soit par ses lettres, soit par les noms talismaniques qui y sont gravés,ne sente à plein nez cette doctrine damnée.Je vais donc dévoiler dans cette partie de mon ouvrage ce qui a trait à la superstition qui se révèle dans les caractères, ou dans les noms honorés d’un culte vain ; j’écrirai ces choses en me méfiant des hommes légers, mais pour les sages j’ouvrirai une porte sur l’origine, la composition, le rapport artificiel des lettres arabes, auxquelles ils appliqueront leurs facultés, puisque je me suis engagé à donner un exposé de cette doc trine étrangère et que personne n’a abordée ; et par là ils apprendront ainsi combien de pièges multiples l’Ange de ténèbres a coutume de tendre au genre humain, et quel jugement exact ils peuvent porter sur le sens des amulettes que l’on trouve çà et là. J’ai dit que les Arabes avaient en tout temps été les singes des Hébreux dans leur doctrine cabalistique : pour le prouver, je répéterai ici les quelques faits que j’ai développés longuement plus haut, pour que, dans un parallèle, les institutions de ces deux sectes soient plus clairement dévoilées. Les Hébreux assurent que la cabale fut transmise par Adam à ses fils par une tradition successive ; les Arabes disent la même chose. La kabbale des Hébreux a son fondement dans la loi mosaïque et les autres monuments de l’histoire sainte; la cabale Saracenique a sonfondementdansl’Alcoran, qu’ils appellent Digitized by Google
3l ’in it ia t io n 108 aussi Alphurcan. En outre, la cabale des Hébreux a tiré son origine des caractères ou Alphabet mystique et des noms divins qui en dérivent ; la cabale des Sarrazins tire aussi son original de là. La cabale des Hébreux approfondit à l’aide de nombres tirés des textes sacrés, et de caractères tracés sur des talismans les différents noms de Dieu et des Anges, dont ils se servent dans leurs invocations à l’effet d’obtenir de Dieu quelque grâce ; les Arabes agissent de même avec beaucoup plus d’exagération et de superstition. En un mot, elle a pour but et fin dernière de procurer le bonheur dans cette vie et dans l’autre, par des moyens permis ou illicites. Les monuments arabes manuscrits, dontnoüs avons extrait tout ceci, sont en premier lieu Y Histoire sacrée et profane des Sarrasins, par Amamo Abulhessan, Aben Abdalla et Kessadijes Récits des Visions, par Aben Joseph Altokphi ; le Livre des Arcanes, par Abrahim Estalh Babvlonio ; le Livre de computation, par Aben Rahmon ; le Livre de Vinvocation divine, par Halymorchum ; le Livre de la vie des Ermites Sarrasins, par Aben Amer Osman ; le livre intitulé Hesban elrammel, c’est-à-dire le comput de l’amphi théâtre, d’un auteur inconnu de la ville de Fez, écrit en caractères nubiens ; le Livre des Sceaux, par un anonyme ; la Magie des Turcs, par Hasmon Aben Buri, et encore d’innombrables fragments détachés sans nom d’auteur. Digitized byGoogle
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1io 6 l’in itia tio n ainsi que les livres d’Azar et d’Azipha comme jouis sant chez eux d’une grande autorité. Mais plus tard, il y eut une si grande controverse au sujet de TAlcoran de Mahomet, qu’elle dégénéra bientôt en quatre hérésies. L’auteur de la première hérésie fut Melich, que suivit l’Afrique presque entière ; l’autre fut Assafihi, que suivirent les Mécaniens, et aussi les Arabes indigènes ; le troisième fut Alambeli, que sui virent les Perses et les Babyloniens ; enfin le quatrième fut Mulhanifa, que suivirent les Egyptiens, les Syriens et ceux de Damas. Et porté par ces hérésies comme parle cheval de Troie, l’Alcoran s’avança, et quoique contaminé de violente sorte, et en butte à la diversité des opinions, tous cependant et chacun le vénèrent profondément comme apporté du ciel à Mahomet par l’archange Gabriel; et de même qu’ils croient que d’immenses mystères sont cachés sous le voile de leur religion, de même aussi ils s’emparent de ce livre uniquement comme servant leurs superstitions, comme cela ressortira par la suite. Mais nous avons voulu exposer ces quelques faits pris dans le grand nombre pour montrer l’origine de cette si perverse doctrine. Reprenons donc la suite de notre narration. Il n’est pas étonnant que les Arabes Sarrazins aient en tout temps imité les Hébreux, puisque cet im monde enfantement fut fait par la main de l’Hébreu Sélam, maître de Mahomet, qui servît d’accoucheur, et ce qui est surabondamment prouvé par leur doc trine cabalistique. Cependant ils souillèrent peu à peu par des superstitions innombrables et inouïes l’éclat et la pureté de la cabale à ce point que nous Digitized by Google
2KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE IO7 pouvons justement dire que leur cabale est un amas inépuisable de magie et de sciences maudites, comme on le verra dans la suite : à tel point qu’au jourd’hui il n’est pas une amulette magique qui, soit par ses lettres, soit par les noms talismaniques qui y sont gravés,ne sente à plein nez cette doctrine damnée.Je vais donc dévoiler dans cette partie de mon ouvrage ce qui a trait à la superstition qui se révèle dans les caractères, ou dans les noms honorés d’un culte vain ; j’écrirai ces choses en me méfiant des hommes légers, mais pour les sages j’ouvrirai une porte sur l’origine, la composition, le rapport artificiel des lettres arabes, auxquelles ils appliqueront leurs facultés, puisque je me suis engagé à donner un exposé de cette doc trine étrangère et que personne n’a abordée ; et par là ils apprendront ainsi combien de pièges multiples l’Ange de ténèbres a coutume de tendre au genre humain, et quel jugement exact ils peuvent porter sur le sens des amulettes que l’on trouve çà et là. J’ai dit que les Arabes avaient en tout temps été les singes des Hébreux dans leur doctrine cabalistique : pour le prouver, je répéterai ici les quelques faits que j’ai développés longuement plus haut, pour que, dans un parallèle, les institutions de ces deux sectes soient plus clairement dévoilées. Les Hébreux assurent que la cabale fut transmise par Adam à ses fils par une tradition successive ; les Arabes disent la même chose. La kabbale des Hébreux a son fondement dans la loi mosaïque et les autres monuments de l’histoire sainte; la cabale Saracenique a sonfondementdansl’Alcoran, qu’ils appellent Digitized by Google
3l ’in it ia t io n 108 aussi Alphurcan. En outre, la cabale des Hébreux a tiré son origine des caractères ou Alphabet mystique et des noms divins qui en dérivent ; la cabale des Sarrazins tire aussi son original de là. La cabale des Hébreux approfondit à l’aide de nombres tirés des textes sacrés, et de caractères tracés sur des talismans les différents noms de Dieu et des Anges, dont ils se servent dans leurs invocations à l’effet d’obtenir de Dieu quelque grâce ; les Arabes agissent de même avec beaucoup plus d’exagération et de superstition. En un mot, elle a pour but et fin dernière de procurer le bonheur dans cette vie et dans l’autre, par des moyens permis ou illicites. Les monuments arabes manuscrits, dontnoüs avons extrait tout ceci, sont en premier lieu Y Histoire sacrée et profane des Sarrasins, par Amamo Abulhessan, Aben Abdalla et Kessadijes Récits des Visions, par Aben Joseph Altokphi ; le Livre des Arcanes, par Abrahim Estalh Babvlonio ; le Livre de computation, par Aben Rahmon ; le Livre de Vinvocation divine, par Halymorchum ; le Livre de la vie des Ermites Sarrasins, par Aben Amer Osman ; le livre intitulé Hesban elrammel, c’est-à-dire le comput de l’amphi théâtre, d’un auteur inconnu de la ville de Fez, écrit en caractères nubiens ; le Livre des Sceaux, par un anonyme ; la Magie des Turcs, par Hasmon Aben Buri, et encore d’innombrables fragments détachés sans nom d’auteur. Digitized byGoogle
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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