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1KABBALE SARACENI^UE ET ISMAELITE 103 Sur le point d’exposer ici le fondement mystérieux de la philosophie des Sarazins, qu’ils nomment Ca bale, matière certes abstruse et enfouie dans les sanc tuaires les plus secrets de l’Arabie, abordée par un si petit nombre de gens et si peu étudiée, que je ne connais pas de meilleur juge en premier lieu que Toi, très illustre Albicius, très sage administrateur de notre congrégation arabe ; que vous ensuite, Maîtres trèshabiles de langue arabe, à qui je puisse dédier cette œuvre : car vous savez que les énigmes, au témoignage' de Clément d’Alexandrie, doivent être proposées non seulement aux Hommes habiles, mais aussi à ceux qui sont remarquables par leur sagesse, comme vous le dit Locman, auteur illustre chez les Arabes. Car il y a déjà bientôt presque huit ans, dans l’exposé des Tables de Grenade, vous avez, non sans un labeur opiniâtre, orné à ce point votre patrie, qu’à l’avis de tous, vous avez mérité d’être appelés vrais Œdipes et de passer pour tels. Acceptez donc, justes et bienveillants, ce travail de votre collaborateur, témoignage unique et durable de ma confiance en vous. Si à votre avis cette œuvre renferme quelque chose digne de louange, remerciez-en d’abord Dieu souverainement Juste, ensuite César le Grande qui ordonna qu’il fût, et qui, pour qu’il vît le jour, subvint avec une munificence toute royale aux besoins de l’auteur ; mais si, à ma surprise, tout s’écroule dans l’imperfection et l’impuissance, je veux que vous attribuiez cela à la faiblesse de mon talent.
2l ' in itia tio n LA CABALE SARACÉNIQUE PRÉFACE Comme aucun écrivain latin n’a, à ma connais sance, abordé le présent sujet, je suis persuadé que cela rentre dans le cadre de mon Œdipe, et je vais tâcher de l’exposer, dans la mesure de mon talent. Mais, éternel Dieu ! dans ce travail combien il fallut de discernement pour éclaircir mainte obscurité, combien de labeur pour déchiffrer les débris, à demirongés, de maint volume manuscrit, combien de juge ment dans la lecture des divers auteurs, ne voulant pas me servir de compilations, pour enfin parvenir, avec la grâce de Dieu, à la source de la vérité cachée ; et pour aussi que cela me fît comprendre combien il est difficile de parvenir aux régions inconnues, d'aborder les chemins vierges, d’entrer sans guide, sans compagnon dans des voies bordées d’écueils et de précipices innombrables ! Mais ceux qui pénétrèrent dans des sanctuaires semblables le comprendront par l'esprit plus aisément que je n’ai pu le décrire au prix de mille difficultés. Digitized byGoogle
3KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE io5 CHAPITRE PREMIER Origine de la Cabale Saracénique. Mais laissons de côté ceci et abordons le sujet luimême. Comme jadis entre les Hébreux et les Sama ritains, de même entre les Sarrazins et les Ismaélites éclatèrent de vastes querelles et discussions touchant la primauté de leur origine. Les Sarrazins d’une part tirent orgueilleusement leur origine de Sara, épouse d’Abraham ; ils vouent une haine implacable aux Ismaélites, parce qu’ifs propagent la race infâme et servile sortie d'Agar, servante d’Abraham, et les appellent Ismaélites bâtards et idolâtres maudits. Les Arabes au contraire affirment que le mot Sarrazin ne vient pas de Sara, mais du mot Saracq, qui signifie voleur et larron, et ils les nomment fourbes, vagabonds, souillant toutes choses de vols, meurtres et larcins. Cette contestation dura jusqu’en l’an 660 de l’ère chrétienne. A cette époque, sous l’empereur Héraclius, l’odieux imposteur Mahomet Mécanus déversa sur le monde le venin de sa loi. Agité par le Démon, s’appuyant sur le Ju if Sélam et l’Apostat Sergius Monachus, il établit son Alcoran, réservoir de toute iniquité, d’abord composé de quelques cantiques sans titres, aux pages rassemblées sans ordre ni dis tinction, mais qui postérieurement furent réunis en quatre livres, divisés à leur tour en chapitres ou surates, qui sont en tout au nombre de 211, à la suite desquels on peut mettre Abubecher, Omar et Hali» Digitized by Google
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1KABBALE SARACENI^UE ET ISMAELITE 103 Sur le point d’exposer ici le fondement mystérieux de la philosophie des Sarazins, qu’ils nomment Ca bale, matière certes abstruse et enfouie dans les sanc tuaires les plus secrets de l’Arabie, abordée par un si petit nombre de gens et si peu étudiée, que je ne connais pas de meilleur juge en premier lieu que Toi, très illustre Albicius, très sage administrateur de notre congrégation arabe ; que vous ensuite, Maîtres trèshabiles de langue arabe, à qui je puisse dédier cette œuvre : car vous savez que les énigmes, au témoignage' de Clément d’Alexandrie, doivent être proposées non seulement aux Hommes habiles, mais aussi à ceux qui sont remarquables par leur sagesse, comme vous le dit Locman, auteur illustre chez les Arabes. Car il y a déjà bientôt presque huit ans, dans l’exposé des Tables de Grenade, vous avez, non sans un labeur opiniâtre, orné à ce point votre patrie, qu’à l’avis de tous, vous avez mérité d’être appelés vrais Œdipes et de passer pour tels. Acceptez donc, justes et bienveillants, ce travail de votre collaborateur, témoignage unique et durable de ma confiance en vous. Si à votre avis cette œuvre renferme quelque chose digne de louange, remerciez-en d’abord Dieu souverainement Juste, ensuite César le Grande qui ordonna qu’il fût, et qui, pour qu’il vît le jour, subvint avec une munificence toute royale aux besoins de l’auteur ; mais si, à ma surprise, tout s’écroule dans l’imperfection et l’impuissance, je veux que vous attribuiez cela à la faiblesse de mon talent.
2l ' in itia tio n LA CABALE SARACÉNIQUE PRÉFACE Comme aucun écrivain latin n’a, à ma connais sance, abordé le présent sujet, je suis persuadé que cela rentre dans le cadre de mon Œdipe, et je vais tâcher de l’exposer, dans la mesure de mon talent. Mais, éternel Dieu ! dans ce travail combien il fallut de discernement pour éclaircir mainte obscurité, combien de labeur pour déchiffrer les débris, à demirongés, de maint volume manuscrit, combien de juge ment dans la lecture des divers auteurs, ne voulant pas me servir de compilations, pour enfin parvenir, avec la grâce de Dieu, à la source de la vérité cachée ; et pour aussi que cela me fît comprendre combien il est difficile de parvenir aux régions inconnues, d'aborder les chemins vierges, d’entrer sans guide, sans compagnon dans des voies bordées d’écueils et de précipices innombrables ! Mais ceux qui pénétrèrent dans des sanctuaires semblables le comprendront par l'esprit plus aisément que je n’ai pu le décrire au prix de mille difficultés. Digitized byGoogle
3KABBALE SARACENIQUE ET ISMAELITE io5 CHAPITRE PREMIER Origine de la Cabale Saracénique. Mais laissons de côté ceci et abordons le sujet luimême. Comme jadis entre les Hébreux et les Sama ritains, de même entre les Sarrazins et les Ismaélites éclatèrent de vastes querelles et discussions touchant la primauté de leur origine. Les Sarrazins d’une part tirent orgueilleusement leur origine de Sara, épouse d’Abraham ; ils vouent une haine implacable aux Ismaélites, parce qu’ifs propagent la race infâme et servile sortie d'Agar, servante d’Abraham, et les appellent Ismaélites bâtards et idolâtres maudits. Les Arabes au contraire affirment que le mot Sarrazin ne vient pas de Sara, mais du mot Saracq, qui signifie voleur et larron, et ils les nomment fourbes, vagabonds, souillant toutes choses de vols, meurtres et larcins. Cette contestation dura jusqu’en l’an 660 de l’ère chrétienne. A cette époque, sous l’empereur Héraclius, l’odieux imposteur Mahomet Mécanus déversa sur le monde le venin de sa loi. Agité par le Démon, s’appuyant sur le Ju if Sélam et l’Apostat Sergius Monachus, il établit son Alcoran, réservoir de toute iniquité, d’abord composé de quelques cantiques sans titres, aux pages rassemblées sans ordre ni dis tinction, mais qui postérieurement furent réunis en quatre livres, divisés à leur tour en chapitres ou surates, qui sont en tout au nombre de 211, à la suite desquels on peut mettre Abubecher, Omar et Hali» Digitized by Google
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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