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1ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 2o3 Des instruments de transition Le tableau que nous donnons comprend seulement les principaux d’entre les instruments de l’orchestre. On peut y faire rentrer tous les instruments employés d’après leur relation de timbre avec ceux que nous avons pris comme exemple. Mais ce travail sortirait du cadre restreint de cette étude. Qu’il nous suffise de faire remarquer que, pour les Bois, la liaison est directe entre la Flûte et la Clarinette, tandis qu'il existe une lacune entre le Hautbois et la Flûte. Il manque là un instrument qui pourrait être une sorte de Flûte à piston. La Basse-Clarinette établit la transition entre la Clarinette et le Basson, et le Cor anglais entre le Basson et le Hautbois. Pour les cuivres, le passage du Cor au Tuba se fait par le Clairon ; le passage du Tuba au Trombone est direct, tandis qu’entre le Trombone et la Trompette la transition est effectuée par le Cornet à Piston. Il manque, par contre, un instrument de transition entre la Trompette et le Cor. Pour la percussion, le passage du Triangle au Tam bour se fait par les Glocken speel, du Tambour aux Timballes par la Grosse Caisse, des Timballes au Tambour de basque par les Cymballes et du Tam bour de basque au Triangle parles Grelots et le Cha peau chinois. Quant aux instruments synthétiques, ils fournissent une foule d’instruments de transition. Signalons : La Mandoline, la Guitare entre la Harpe et l’Harmonium, l’Accordéon entre l’Harmoninm et le Piano,
2l'initiation 204 l’Orgue de Barbarie entre le Piano et l’Orgue, la Cornemuse entre l’Orgue et l’Harmonium, la Cythare entre la Harpe et le Piano, etc., etc. Cette recherche des instruments de transition est presque exclusivement du domaine des musiciens et nous ne voulons pas nous étendre trop ici sur ce sujet. TROISIÈME ÉTUDE Première idée d’une physiologie de l’orchestre L’homme en croyant faire des inventions ne fait qu’appliquer à la portion de la Nature qu’il peut atteindre les lois de son propre organisme . C’est ainsi que les premières machines hydrauliques corres pondaient au ventre et au système lymphatique de l’or ganisme humain ; les machines à vapeur et leurs longues tuyauteries ne furent que l’application analo gique de la circulation du sang avec son réseau de tubes artériels et veineux, sa chaudière pulmonaire et ses pis tons cardiaques ; enfin l’électricité vint nous rappeler, parses multiples enchevêtrements de fils, la complica tion des filets nerveux. La machine à la fois hydrau lique dans ses bases, à vapeur dans ses organes cen traux de compression et électrique dans ses organes moteurs semble se dessiner avec la locomotive élec trique de Heimann. N’est-ce pas là pour l’observateur un fait curieux que l’homme ne fait que s’inventer lui-même en croyant découvrir du nouveau ? Cette loi s’est encore vérifiée lors de la construction e l’orchestre, tel qu’il est actuellement conçu. En
3ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE LORCHESTRE 205 effet la Nature commence la construction des Mondes par le Soleil et de l’homme par le système nerveux; elle procède du haut en bas, du délicat au solide, à l’inverse de nos modernes architectes. Or le premier orchestre complet sera constitué par le quatuor formé uniquement d’instruments à cordes, c’est-à-dire par un système nerveux (Tête). Avec le septuor nous verrons apparaître les bois et les cuivres, c’est-à-dire un peu de poitrine (système sanguin), et Yorchestre proprement dit commencera lors de l’in troduction des instruments de percussion (système lymphatique, ventre). N’est-elle pas curieuse cette loi mystérieuse qui pousse l’homme à imiter inconsciemment la Nature dans l'élaboration de cet organisme intellectuel qu’est l’orchestre. Afin de chercher plus étroitement les rapports des instruments de l’orchestre considérés comme des or ganes, nous sommes obligés de rappeler ici quelques principes élémentaires de physiologie. La Tête, la Poitrine, le Ventre, forment trois centres généraux de l’organisme, mais ces centres s’enche vêtrent les uns aux autres et c’est du mutuel appui qu’ils se prêtent que résulte la vie de l’être humain. Ainsi la digestion d’un morceau de chair demande, outre l’action personnelle de l’intestin, l’apport de sang (dont le centre est la poitrine) pour nourrir l’intestin qui travaille et pour permettre les sécrétions néces saires et l'apport de force nerveuse (dont le centre est la Tête), pour régulariser la circulation du sang, la sécrétion des glandes et les mouvements péristal2o6 l’initiation tiques réflexes de l’intestin. Cet exemple grossier suf fira par faire comprendre qu’il n’est pas un acte phy siologique qui ne soit la résultante d’une intime coo pération des trois grands systèmes. Nous devons donc, après avoir écrit nos trois grandes divisions, Tête, Poitrine double et Ventre, prévoir leur réaction réciproque. i° L’action delà Tête sur elle-même,sur la Poitrine et sur le Ventre. 2° L’Action de la Poitrine sur la Tête, sur ellemême et sur le Ventre. 3° L’Action du Ventre sur la Tête, sur la Poitrine et sur lui-même. Ce que nous pouvons résumer en un tableau très simple : . TÊTE POITRINE VENTRE Agissant dans la tête. Agissant dans le ventre. Agissant dans la poitrine. Si nous faisions spécialement de la Physiologie, nous aurions à savoir quels sont exactement les organes qui représentent la Tête dans la Poitrine (c’est-à-dire le système nerveux dans le système sanguin) ou la Poitrine dans le Ventre (c’est-à-dire le système san guin dans le système lympathique). Mais n’oublions
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE L’ORCHESTRE 2o3 Des instruments de transition Le tableau que nous donnons comprend seulement les principaux d’entre les instruments de l’orchestre. On peut y faire rentrer tous les instruments employés d’après leur relation de timbre avec ceux que nous avons pris comme exemple. Mais ce travail sortirait du cadre restreint de cette étude. Qu’il nous suffise de faire remarquer que, pour les Bois, la liaison est directe entre la Flûte et la Clarinette, tandis qu'il existe une lacune entre le Hautbois et la Flûte. Il manque là un instrument qui pourrait être une sorte de Flûte à piston. La Basse-Clarinette établit la transition entre la Clarinette et le Basson, et le Cor anglais entre le Basson et le Hautbois. Pour les cuivres, le passage du Cor au Tuba se fait par le Clairon ; le passage du Tuba au Trombone est direct, tandis qu’entre le Trombone et la Trompette la transition est effectuée par le Cornet à Piston. Il manque, par contre, un instrument de transition entre la Trompette et le Cor. Pour la percussion, le passage du Triangle au Tam bour se fait par les Glocken speel, du Tambour aux Timballes par la Grosse Caisse, des Timballes au Tambour de basque par les Cymballes et du Tam bour de basque au Triangle parles Grelots et le Cha peau chinois. Quant aux instruments synthétiques, ils fournissent une foule d’instruments de transition. Signalons : La Mandoline, la Guitare entre la Harpe et l’Harmonium, l’Accordéon entre l’Harmoninm et le Piano,
2l'initiation 204 l’Orgue de Barbarie entre le Piano et l’Orgue, la Cornemuse entre l’Orgue et l’Harmonium, la Cythare entre la Harpe et le Piano, etc., etc. Cette recherche des instruments de transition est presque exclusivement du domaine des musiciens et nous ne voulons pas nous étendre trop ici sur ce sujet. TROISIÈME ÉTUDE Première idée d’une physiologie de l’orchestre L’homme en croyant faire des inventions ne fait qu’appliquer à la portion de la Nature qu’il peut atteindre les lois de son propre organisme . C’est ainsi que les premières machines hydrauliques corres pondaient au ventre et au système lymphatique de l’or ganisme humain ; les machines à vapeur et leurs longues tuyauteries ne furent que l’application analo gique de la circulation du sang avec son réseau de tubes artériels et veineux, sa chaudière pulmonaire et ses pis tons cardiaques ; enfin l’électricité vint nous rappeler, parses multiples enchevêtrements de fils, la complica tion des filets nerveux. La machine à la fois hydrau lique dans ses bases, à vapeur dans ses organes cen traux de compression et électrique dans ses organes moteurs semble se dessiner avec la locomotive élec trique de Heimann. N’est-ce pas là pour l’observateur un fait curieux que l’homme ne fait que s’inventer lui-même en croyant découvrir du nouveau ? Cette loi s’est encore vérifiée lors de la construction e l’orchestre, tel qu’il est actuellement conçu. En
3ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE DE LORCHESTRE 205 effet la Nature commence la construction des Mondes par le Soleil et de l’homme par le système nerveux; elle procède du haut en bas, du délicat au solide, à l’inverse de nos modernes architectes. Or le premier orchestre complet sera constitué par le quatuor formé uniquement d’instruments à cordes, c’est-à-dire par un système nerveux (Tête). Avec le septuor nous verrons apparaître les bois et les cuivres, c’est-à-dire un peu de poitrine (système sanguin), et Yorchestre proprement dit commencera lors de l’in troduction des instruments de percussion (système lymphatique, ventre). N’est-elle pas curieuse cette loi mystérieuse qui pousse l’homme à imiter inconsciemment la Nature dans l'élaboration de cet organisme intellectuel qu’est l’orchestre. Afin de chercher plus étroitement les rapports des instruments de l’orchestre considérés comme des or ganes, nous sommes obligés de rappeler ici quelques principes élémentaires de physiologie. La Tête, la Poitrine, le Ventre, forment trois centres généraux de l’organisme, mais ces centres s’enche vêtrent les uns aux autres et c’est du mutuel appui qu’ils se prêtent que résulte la vie de l’être humain. Ainsi la digestion d’un morceau de chair demande, outre l’action personnelle de l’intestin, l’apport de sang (dont le centre est la poitrine) pour nourrir l’intestin qui travaille et pour permettre les sécrétions néces saires et l'apport de force nerveuse (dont le centre est la Tête), pour régulariser la circulation du sang, la sécrétion des glandes et les mouvements péristal2o6 l’initiation tiques réflexes de l’intestin. Cet exemple grossier suf fira par faire comprendre qu’il n’est pas un acte phy siologique qui ne soit la résultante d’une intime coo pération des trois grands systèmes. Nous devons donc, après avoir écrit nos trois grandes divisions, Tête, Poitrine double et Ventre, prévoir leur réaction réciproque. i° L’action delà Tête sur elle-même,sur la Poitrine et sur le Ventre. 2° L’Action de la Poitrine sur la Tête, sur ellemême et sur le Ventre. 3° L’Action du Ventre sur la Tête, sur la Poitrine et sur lui-même. Ce que nous pouvons résumer en un tableau très simple : . TÊTE POITRINE VENTRE Agissant dans la tête. Agissant dans le ventre. Agissant dans la poitrine. Si nous faisions spécialement de la Physiologie, nous aurions à savoir quels sont exactement les organes qui représentent la Tête dans la Poitrine (c’est-à-dire le système nerveux dans le système sanguin) ou la Poitrine dans le Ventre (c’est-à-dire le système san guin dans le système lympathique). Mais n’oublions
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