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1202 L’INITIATION Le Salut vient de la connaissance et non de la Foi. La Foi sans la connaissance est morte. Hors de la Gnose, pas de salut. Mais, comme l’ont pensé les docteurs, la connais sance se résout en Amour. Et l’Amour, semblable à un aigle ravisseur, s’abat puissamment sur l’Aimé et le transporte dans le foyer même du désir, l’Hêdonê. Ne croyons donc pas que la Gnose soit triste. Elle est joyeuse et forte. Elle sait et elle veut. Elle aime et jouit de ce qu’elle aime. Une mystique catholique a dit excellemment : L'amour triomphe, L’amour jouît, L’amour en Dieu se réjouit. Et Jean, de sa voix d’archange, nous crie du haut du rocher de Pathmos : Dieu, c’est l’amour. Augus tin d’Hippone ajoute : A ma et fac quod vis. Enfin, la Sagesse elle-même nous dit : Omnia munda mundis. Reprenons l’histoire de Sophia-Achamot, au moment précis où, enfantée par Sophia-Céleste dans le monde intermédiaire, elle s’aperçoit, avec une indicible hor reur et une surnaturelle angoisse, qu’elle s’engouffre dans les ténèbres, ces lourdes et démoniaques ténèbres que l’Evangile appelle avec une concision si dure et si impressionnante « les ténèbres extérieures ». IV Pendant qu’elle souffrait ainsi, — inénarrablement, — la supplication toute-puissante des Eons — omni * potentiasupplex — monta en I’Abime. En un clin d’œil,
2LA GNOSE D’AMOUR 203 I’Abime et le Silence s’unirent. En un clin d’œil, Eroslut émané. En un clin d’œil, un rayon traversa les ténèbres, et Achamot sentit palpiter sur son cœur brisé le cœur éternel de son amant : le Sacré-Cœur ! Le Cantique des Cantiques est le pâle reflet de l’épithalame que chantèrent alors les Eons. Eros s’était fait , chair, et il habitait avec nous. Legrand mot mystique fut proféré : I. N. R. I. Que de Rose-Croix modernes en ignorent la signification profonde et la glorieuse beauté! Le Tau fut formé. La Rose-Croix fut jointe, ' le saint .mélange fut réalisé. Fils de l’Esprit et de la Chair, nous naquîmes alors d’Eros et d’Achamot, et leur union fut déclarée indissoluble par le Plérôme quiles bénit et nous bénit en eux. Notre Mère commença alors sa mission. Dans l’œuvre du Démiurge, elle sema les étincelles du Feu, ce feu que Simon le Mage a décrit dans V Apophasis Megalé, ce feu de double nature, matériel sans l’esprit, spirituel sans la matière, ce feu sauveur qu’adorèrent les Aryas et les Parses, et dont le soleil est le symbole cosmique, L N. R. I. Igné natura renovatur integra. V Nous pouvons prévoir et déjouer ici l’objection cap tieuse et perfide. Ce feu, c’est la convoitise, disent les Théologiens du Démiurge. Répondons hardiment : Ce feu, c’est l’amour. Et, plus hardiment encore, ajou tons: Ce feu, c’est l’amour tout entier, non pas scindé, non pas divisé, non pas inutile, mais tout entier, l’amour un et indivisible ; non pas la convoitise pure, comme chez les païens, non pas la charité stérile
3204 l’initiation comme chez les ascètes, mais l’amour venant de l’es prit et traversant la chair qu’il idéalise comme le rayon du soleil traverse le cristal qu’il irradie. Allons plus loin. Toute la Gnose nous enseigne qu’il y a en Dieu les sexes, le masculin et le féminin. Toute la Gnose nous enseigne que les Eons sont émanés par couples en syzygies. Le Père des Eons, le premier Eon, est mâle-femelle, Deus-Dea, Dieu-Déesse ; il se nomme Buâoç-Sty^, l’Abîme-Silence ! Et toute la scène qu’il émane est comme lui. J’ai dit dans mon canti que gnostique, publié par VEtoile : Les Eons qu’il émane, Emanent à leur tour Un et deux, c’est l’Arcane De l’insondable amour. Eros possède réellement Achamot, et, chez les Pneu matiques, l’Homme et la Femme s’aiment et se pos sèdent. L’Eon Hédoné est le lien qui les unit. Le Désir est saint, la Possession est sainte, mais ni ce Désir ni cette Possession ne sont la Débauche, ils sont l’Amour. VI Or, ce qui distingue l’Amour de sa soeur déchue, la Débauche, c’est que la Débauche n’aime pas et ne cherche que le Plaisir. Elle a le Plaisir pour but. Et l’Amour a le Plaisir pour moyen. Cette suprême et nécessaire différence les distingue tellement l’un de ’’autre, qu’il faut être aveugle pour ne pas la saisir. La calomnie ne peut mordre à ce diamant. L’amour gnostique est une consolation, une aile qui nous élève vers
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1202 L’INITIATION Le Salut vient de la connaissance et non de la Foi. La Foi sans la connaissance est morte. Hors de la Gnose, pas de salut. Mais, comme l’ont pensé les docteurs, la connais sance se résout en Amour. Et l’Amour, semblable à un aigle ravisseur, s’abat puissamment sur l’Aimé et le transporte dans le foyer même du désir, l’Hêdonê. Ne croyons donc pas que la Gnose soit triste. Elle est joyeuse et forte. Elle sait et elle veut. Elle aime et jouit de ce qu’elle aime. Une mystique catholique a dit excellemment : L'amour triomphe, L’amour jouît, L’amour en Dieu se réjouit. Et Jean, de sa voix d’archange, nous crie du haut du rocher de Pathmos : Dieu, c’est l’amour. Augus tin d’Hippone ajoute : A ma et fac quod vis. Enfin, la Sagesse elle-même nous dit : Omnia munda mundis. Reprenons l’histoire de Sophia-Achamot, au moment précis où, enfantée par Sophia-Céleste dans le monde intermédiaire, elle s’aperçoit, avec une indicible hor reur et une surnaturelle angoisse, qu’elle s’engouffre dans les ténèbres, ces lourdes et démoniaques ténèbres que l’Evangile appelle avec une concision si dure et si impressionnante « les ténèbres extérieures ». IV Pendant qu’elle souffrait ainsi, — inénarrablement, — la supplication toute-puissante des Eons — omni * potentiasupplex — monta en I’Abime. En un clin d’œil,
2LA GNOSE D’AMOUR 203 I’Abime et le Silence s’unirent. En un clin d’œil, Eroslut émané. En un clin d’œil, un rayon traversa les ténèbres, et Achamot sentit palpiter sur son cœur brisé le cœur éternel de son amant : le Sacré-Cœur ! Le Cantique des Cantiques est le pâle reflet de l’épithalame que chantèrent alors les Eons. Eros s’était fait , chair, et il habitait avec nous. Legrand mot mystique fut proféré : I. N. R. I. Que de Rose-Croix modernes en ignorent la signification profonde et la glorieuse beauté! Le Tau fut formé. La Rose-Croix fut jointe, ' le saint .mélange fut réalisé. Fils de l’Esprit et de la Chair, nous naquîmes alors d’Eros et d’Achamot, et leur union fut déclarée indissoluble par le Plérôme quiles bénit et nous bénit en eux. Notre Mère commença alors sa mission. Dans l’œuvre du Démiurge, elle sema les étincelles du Feu, ce feu que Simon le Mage a décrit dans V Apophasis Megalé, ce feu de double nature, matériel sans l’esprit, spirituel sans la matière, ce feu sauveur qu’adorèrent les Aryas et les Parses, et dont le soleil est le symbole cosmique, L N. R. I. Igné natura renovatur integra. V Nous pouvons prévoir et déjouer ici l’objection cap tieuse et perfide. Ce feu, c’est la convoitise, disent les Théologiens du Démiurge. Répondons hardiment : Ce feu, c’est l’amour. Et, plus hardiment encore, ajou tons: Ce feu, c’est l’amour tout entier, non pas scindé, non pas divisé, non pas inutile, mais tout entier, l’amour un et indivisible ; non pas la convoitise pure, comme chez les païens, non pas la charité stérile
3204 l’initiation comme chez les ascètes, mais l’amour venant de l’es prit et traversant la chair qu’il idéalise comme le rayon du soleil traverse le cristal qu’il irradie. Allons plus loin. Toute la Gnose nous enseigne qu’il y a en Dieu les sexes, le masculin et le féminin. Toute la Gnose nous enseigne que les Eons sont émanés par couples en syzygies. Le Père des Eons, le premier Eon, est mâle-femelle, Deus-Dea, Dieu-Déesse ; il se nomme Buâoç-Sty^, l’Abîme-Silence ! Et toute la scène qu’il émane est comme lui. J’ai dit dans mon canti que gnostique, publié par VEtoile : Les Eons qu’il émane, Emanent à leur tour Un et deux, c’est l’Arcane De l’insondable amour. Eros possède réellement Achamot, et, chez les Pneu matiques, l’Homme et la Femme s’aiment et se pos sèdent. L’Eon Hédoné est le lien qui les unit. Le Désir est saint, la Possession est sainte, mais ni ce Désir ni cette Possession ne sont la Débauche, ils sont l’Amour. VI Or, ce qui distingue l’Amour de sa soeur déchue, la Débauche, c’est que la Débauche n’aime pas et ne cherche que le Plaisir. Elle a le Plaisir pour but. Et l’Amour a le Plaisir pour moyen. Cette suprême et nécessaire différence les distingue tellement l’un de ’’autre, qu’il faut être aveugle pour ne pas la saisir. La calomnie ne peut mordre à ce diamant. L’amour gnostique est une consolation, une aile qui nous élève vers
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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