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1196 l’initiation « J’illumine les Mers et les campagnes nues, « Les montagnes et les forêts ! » * « Parle, Vierge,obéis! Mon nom ? Eh ! que t’importe? L’Univers est mon Parthénon ! J’y marche de par Dieu dans ta lumière morte; C’est à Toi de savoir mon nom ! Je t’accuse, réponds ! Et souviens-toi de l’Ebre, Rappelle-toi le cri funèbre Que la Lyre en tombant sur les rochers sanglants Lança vers ta face muette, Les Ménades frappant du thyrse le Poète, Tes louves et tes bois hurlants ! Je veux la Vérité ! Dans ton temple d’opale, Si tu n’es que stérilité, Quel but poursuis-tu donc dans le ciel, Vierge pâle, Autour de ce Globe habité ? Au nom de la Magie, au nom du Téiragramme, Parle ! U est minuit : le cerf brame, Le coq chante, le loup hurle, les matelots Sombrent, P Océan fou s’effare, La Mort secoue au loin son rire, sa fanfare De cris, de râles, de sanglots ! Diane « Fils d’Apollon, je garde à jamais le passage « Par où les âmes vont aux Çieux.
2197 LA LUNE « Tune vois qu’un côté de mon double visage : « L’autre regarde vers les Dieux. « Je comprime ici-bas ïeffluve de la Terre ; « De tout le poids de mon cratère « Je presse les Esprits, les âmes et les corps, « Et tout monte sous ma pesée, « Tout entre dans son rythme, et subit la rosée « De mes silencieux accords. « Je joins et je disjoins, je rapproche et j’oppose. « Tout : Pôles, Sexes, Eléments : « Je suis le féminin latent de toute chose : « J’attire à moi les mouvements, « Ils cèdent, dans leur Forme, aux lois de mes {Semaines : « Bêtes, Plantes, foules humaines, « Les fluides, les vents, les nuages, la mer, « Tout flue à moi dans sa marée, « Depuis le Feu central grondant vers l’Empyrée. « Jusqu’aux subtils confins de l’Air. « Je préside à la mort, je règle la naissance, « Car naître, c’est mourir encor, « Les Générations roulent sous ma puissance : « J’en tiens les clefs d’argent et d’or ; « Je renvoie au Soleil les âmes immortelles « Dont l’esprit a gagné ses ailes « Pour s’enfuir du torrent des générations ; « Autrement, au fond de ! Espace, «. Je les noue à la femme, et leur destin repasse « Dans le jeu de mes tourbillons.
3l’jnitjatjon ■198 « Lorsque viennent les temps sacrés des Prophéties, « Hermès m’amène aussi du ciel « Les esprits rayonnants des démons, des Messies, « Les envoyés de VEternel. « Ils prennent dans mon temple une âme à leur [image : « Prêtre, Prophète, Héros, Mage, « Je les suis du regard sur ce Globe pervers, « Et malheur à qui les maltraite ! « Car les Parques sont là, car Némésis est prête, « Car je veille dans ïUnivers ! » ■« Ah! si tu voyais les âmes invisibles « Sortir par essaims des tombeaux, « Vaciller et monter dans mes rayons paisibles, « Glisser en foule sur les eaux! « Les unes sur les champs prenant leur coursefolle, « Plus rapides que la parole, « Passent, rasent le sol, se lancent dans les airs, « Se suspendent aux brouillards vagues, « Retombent sur les mers et dansent s tir les vagues « Ou rêvent sur les rocs déserts. « Les autres, franchissant la sphère des nuages, « S’entraînent à voler vers moi, « Escaladant l’Ether, grimpant dans mes mirages, « Dégringolant, tremblant d’émoi, « Remontant, m'arrivant palpitantes de rêves, « Jouant par troupeaux sur mes grèves, « Plongeant dans mes volcans, se cherchant, s’appelant, « Se retrouvant, formant leurs groupes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1196 l’initiation « J’illumine les Mers et les campagnes nues, « Les montagnes et les forêts ! » * « Parle, Vierge,obéis! Mon nom ? Eh ! que t’importe? L’Univers est mon Parthénon ! J’y marche de par Dieu dans ta lumière morte; C’est à Toi de savoir mon nom ! Je t’accuse, réponds ! Et souviens-toi de l’Ebre, Rappelle-toi le cri funèbre Que la Lyre en tombant sur les rochers sanglants Lança vers ta face muette, Les Ménades frappant du thyrse le Poète, Tes louves et tes bois hurlants ! Je veux la Vérité ! Dans ton temple d’opale, Si tu n’es que stérilité, Quel but poursuis-tu donc dans le ciel, Vierge pâle, Autour de ce Globe habité ? Au nom de la Magie, au nom du Téiragramme, Parle ! U est minuit : le cerf brame, Le coq chante, le loup hurle, les matelots Sombrent, P Océan fou s’effare, La Mort secoue au loin son rire, sa fanfare De cris, de râles, de sanglots ! Diane « Fils d’Apollon, je garde à jamais le passage « Par où les âmes vont aux Çieux.
2197 LA LUNE « Tune vois qu’un côté de mon double visage : « L’autre regarde vers les Dieux. « Je comprime ici-bas ïeffluve de la Terre ; « De tout le poids de mon cratère « Je presse les Esprits, les âmes et les corps, « Et tout monte sous ma pesée, « Tout entre dans son rythme, et subit la rosée « De mes silencieux accords. « Je joins et je disjoins, je rapproche et j’oppose. « Tout : Pôles, Sexes, Eléments : « Je suis le féminin latent de toute chose : « J’attire à moi les mouvements, « Ils cèdent, dans leur Forme, aux lois de mes {Semaines : « Bêtes, Plantes, foules humaines, « Les fluides, les vents, les nuages, la mer, « Tout flue à moi dans sa marée, « Depuis le Feu central grondant vers l’Empyrée. « Jusqu’aux subtils confins de l’Air. « Je préside à la mort, je règle la naissance, « Car naître, c’est mourir encor, « Les Générations roulent sous ma puissance : « J’en tiens les clefs d’argent et d’or ; « Je renvoie au Soleil les âmes immortelles « Dont l’esprit a gagné ses ailes « Pour s’enfuir du torrent des générations ; « Autrement, au fond de ! Espace, «. Je les noue à la femme, et leur destin repasse « Dans le jeu de mes tourbillons.
3l’jnitjatjon ■198 « Lorsque viennent les temps sacrés des Prophéties, « Hermès m’amène aussi du ciel « Les esprits rayonnants des démons, des Messies, « Les envoyés de VEternel. « Ils prennent dans mon temple une âme à leur [image : « Prêtre, Prophète, Héros, Mage, « Je les suis du regard sur ce Globe pervers, « Et malheur à qui les maltraite ! « Car les Parques sont là, car Némésis est prête, « Car je veille dans ïUnivers ! » ■« Ah! si tu voyais les âmes invisibles « Sortir par essaims des tombeaux, « Vaciller et monter dans mes rayons paisibles, « Glisser en foule sur les eaux! « Les unes sur les champs prenant leur coursefolle, « Plus rapides que la parole, « Passent, rasent le sol, se lancent dans les airs, « Se suspendent aux brouillards vagues, « Retombent sur les mers et dansent s tir les vagues « Ou rêvent sur les rocs déserts. « Les autres, franchissant la sphère des nuages, « S’entraînent à voler vers moi, « Escaladant l’Ether, grimpant dans mes mirages, « Dégringolant, tremblant d’émoi, « Remontant, m'arrivant palpitantes de rêves, « Jouant par troupeaux sur mes grèves, « Plongeant dans mes volcans, se cherchant, s’appelant, « Se retrouvant, formant leurs groupes
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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