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1390 L’INITIATION naïf et plus brillant. Les incarnations de Vichnou sont au nombre de dix comme les Séphiroth de la Kabbale et forment une révélation plus complète en quelque sorte que la nôtre. Osiris tué par Typhon puis ressuscité par lsis, c’est le Christ renié par les Juifs, puis hônoré en la personne de sa mère. La Thébaïde est une grande épopée religieuse qu’il faut placerà côté du grand symbole de Prométhée. Antigone est un type de la femme divine aussi pur que celui de Marie. Partout le bien triomphe par le sacrifice volon— taire après avoir subi pour un temps les assauts déré— glés de la force fatale. Les rites même sont symbo— liques et se transmettent d’une religion à l’autre. Les tiares, les mitres, les surplis appartiennent à toutes les grandes religions. Dupuis en conclut que toutes sont fausses; et c’est la conclusion qui est fausse. La vérité est que la religion est une comme l’humanité, progressive comme elle et restant toujours la même tout en se transformant toujours. Si chez les EgyptiensJésus-Christ se nomme Osiris, chez les Scandinaves Osiris se nomme Balder. Il est tué par le loup Jeuris, mais Woda ou Odin le rappelle à la vie et les Walkyries elles-mêmes lui versent l’hy— dromel dans le \Valhalla. Les scaldes, les druides, les bardes chantent la mort et la résurrection de Tara nis ou de Béténus, distribuent à leurs fidèles le gui sacré comme nous le buis bénit aux fêtes du solstice d’été et rendent un culte à la virginité inspirée des pré— tresses de l’Ile de Seyne. Nous pouvons donc, en toute conscience et avec toute raison, accomplir des devoirs que nous impose
2LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 391 notre religion maternelle. Les pratiques sont des actes collectifs et répétés avec une intention directe et per— sévérante. Or, de pareils actes sont toujours utiles à employer et, en fortifiant la volonté dont ils sont la gymnastique, ils nous font arriver au but spirituel que nous voulons atteindre. Les pratiques magiques et les passes magnétiques n’ont pas un autre but, et donnent des résultats analogues à ceux des pratiques religieuses, mais plus imparfaits. Combien d’hommes n’ont pas l’énergie de faire-ce qu’ils voudraient et ce qu’ils devraient faire? Et il y a des femmes en grand_nombre qui se consacrent sans découragement aux travaux si répugnants et si pénibles de l’infirmerie et de l’enseignement! Où trou vent-elles tant de force ? dans les petites pratiques répé tées. Elles disent tous les jours leur office et leur chapelet et font à genoux l’oraison et l’examen par ticulier. Tout à vous en la Sainte Science. '.. ELIPHAS LÉVI. x° LEÇ.ON VI La religion n’est pas une servitude imposée à l’homme, c’est un secours qui lui est offert. Les castes sacerdotales ont cherché de tout temps à exploiter, à vendre et à transformer ce secours en un joug insup— portable et l’œuvre évangélique de Jésus avait pour
3392 L’INITIATION but surtout de séparer la religion du prêtre ou du moins de remettre le prêtre à sa place de ministre ou serviteur de la religion, en rendant à la conscience de l’homme toute sa liberté et sa raison. Voyez la pa rabole du bon Samaritain et ces textes précieux :la loi est faite pour l’homme et non pas l’homme pour la loi. Malheur à vous qui liez et imposez sur les épau les des autres des fardeaux que vous ne voudriez pas toucher seulement du bout du doigt (etc., etc .). L’Église officielle, qui se déclare infaillible dans l’interpréta tion des Ecritures, n’a jamais pu expliquer l’Apoca lypse qui est la clé kabbahstique des évangiles, et il y a toujours eu dans le Christianisme une église occulte ou jvanuite qui tout en respectant la nécessité de l’Église officielle, conservait du dogme une interpréta tion tout autre que celle qu’on donne au vulgaire. Les templiers, les rosecroix, les francs-maçons des hauts gradesont tous avant la Révolution française appartenuà cette église dont Pasqualis Martinez, Saint Martin et même Mme de Krudemer ont été les apôtres au siècle dernier. Le caractère distinctif de cette école, c’est d’éviter la publicité et ne jamais se constituer en sexte dissi— dente. Le comte Joseph de Maistre, ce catholique si radical, était plus qu’on ne croit sympathique à la so ciété des Martinisœs et annonçait une régénération prochaine du dogme par des lumières qui émane— raient des sanctuaires de l’occultisme. Il existe encore ' _maintenant des prêtres fervents qui sont initiés à la doctrine antique, et un évêque, entre autres, vient de mourir qui m'avait fait demander des communications
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1390 L’INITIATION naïf et plus brillant. Les incarnations de Vichnou sont au nombre de dix comme les Séphiroth de la Kabbale et forment une révélation plus complète en quelque sorte que la nôtre. Osiris tué par Typhon puis ressuscité par lsis, c’est le Christ renié par les Juifs, puis hônoré en la personne de sa mère. La Thébaïde est une grande épopée religieuse qu’il faut placerà côté du grand symbole de Prométhée. Antigone est un type de la femme divine aussi pur que celui de Marie. Partout le bien triomphe par le sacrifice volon— taire après avoir subi pour un temps les assauts déré— glés de la force fatale. Les rites même sont symbo— liques et se transmettent d’une religion à l’autre. Les tiares, les mitres, les surplis appartiennent à toutes les grandes religions. Dupuis en conclut que toutes sont fausses; et c’est la conclusion qui est fausse. La vérité est que la religion est une comme l’humanité, progressive comme elle et restant toujours la même tout en se transformant toujours. Si chez les EgyptiensJésus-Christ se nomme Osiris, chez les Scandinaves Osiris se nomme Balder. Il est tué par le loup Jeuris, mais Woda ou Odin le rappelle à la vie et les Walkyries elles-mêmes lui versent l’hy— dromel dans le \Valhalla. Les scaldes, les druides, les bardes chantent la mort et la résurrection de Tara nis ou de Béténus, distribuent à leurs fidèles le gui sacré comme nous le buis bénit aux fêtes du solstice d’été et rendent un culte à la virginité inspirée des pré— tresses de l’Ile de Seyne. Nous pouvons donc, en toute conscience et avec toute raison, accomplir des devoirs que nous impose
2LES ÉLÉMENTS DE LA KABBALE 391 notre religion maternelle. Les pratiques sont des actes collectifs et répétés avec une intention directe et per— sévérante. Or, de pareils actes sont toujours utiles à employer et, en fortifiant la volonté dont ils sont la gymnastique, ils nous font arriver au but spirituel que nous voulons atteindre. Les pratiques magiques et les passes magnétiques n’ont pas un autre but, et donnent des résultats analogues à ceux des pratiques religieuses, mais plus imparfaits. Combien d’hommes n’ont pas l’énergie de faire-ce qu’ils voudraient et ce qu’ils devraient faire? Et il y a des femmes en grand_nombre qui se consacrent sans découragement aux travaux si répugnants et si pénibles de l’infirmerie et de l’enseignement! Où trou vent-elles tant de force ? dans les petites pratiques répé tées. Elles disent tous les jours leur office et leur chapelet et font à genoux l’oraison et l’examen par ticulier. Tout à vous en la Sainte Science. '.. ELIPHAS LÉVI. x° LEÇ.ON VI La religion n’est pas une servitude imposée à l’homme, c’est un secours qui lui est offert. Les castes sacerdotales ont cherché de tout temps à exploiter, à vendre et à transformer ce secours en un joug insup— portable et l’œuvre évangélique de Jésus avait pour
3392 L’INITIATION but surtout de séparer la religion du prêtre ou du moins de remettre le prêtre à sa place de ministre ou serviteur de la religion, en rendant à la conscience de l’homme toute sa liberté et sa raison. Voyez la pa rabole du bon Samaritain et ces textes précieux :la loi est faite pour l’homme et non pas l’homme pour la loi. Malheur à vous qui liez et imposez sur les épau les des autres des fardeaux que vous ne voudriez pas toucher seulement du bout du doigt (etc., etc .). L’Église officielle, qui se déclare infaillible dans l’interpréta tion des Ecritures, n’a jamais pu expliquer l’Apoca lypse qui est la clé kabbahstique des évangiles, et il y a toujours eu dans le Christianisme une église occulte ou jvanuite qui tout en respectant la nécessité de l’Église officielle, conservait du dogme une interpréta tion tout autre que celle qu’on donne au vulgaire. Les templiers, les rosecroix, les francs-maçons des hauts gradesont tous avant la Révolution française appartenuà cette église dont Pasqualis Martinez, Saint Martin et même Mme de Krudemer ont été les apôtres au siècle dernier. Le caractère distinctif de cette école, c’est d’éviter la publicité et ne jamais se constituer en sexte dissi— dente. Le comte Joseph de Maistre, ce catholique si radical, était plus qu’on ne croit sympathique à la so ciété des Martinisœs et annonçait une régénération prochaine du dogme par des lumières qui émane— raient des sanctuaires de l’occultisme. Il existe encore ' _maintenant des prêtres fervents qui sont initiés à la doctrine antique, et un évêque, entre autres, vient de mourir qui m'avait fait demander des communications
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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