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1rien. L INITIATION La substance, au contraire, attire le gras et le fixe; elle est dite de tempérament sec. La substance dissout, volatilise tout ce qui l'ap proche; elle est dite de tempérament chaud. Enfin, la substance repousse énergiquement le gras; elle est dite de tempérament humide. Ces qualités de la substance ont été attribuées par les anciens non seulement aux corps chimiques, mais encore au tempérament de tous les êtres vivants, minéraux, végétaux, animaux, hommes ou astres. Une fois les qualités de la substance bien établies, nous allons voir comment on y fait rentrer la force (coagulation) ou comment on en fait sortir la force (fermentation). Pour l’alchimiste comme pour le chimiste, la ma tière et la force se pénètrent réciproquement, et le jeu de pénétration de la force dans la matière ou de départ de la force hors de la matière, constitue toute l’étude des phénomènes physiques ou chimiques. Quand la force domine la matière, cette dernière réduite au rôle de support de vibration semble avoir presque entièrement disparu. C’est le cas de la pro duction des forces physiques, qui sont d’autant plus dynamiques que la vibration est plus lente. Ainsi, le son peut briser le verre dans lequel chante le ténor ou la vitre sur laquelle il agit, parce que les vibrations du son sont lentes et qu’un grand se cret est renfermé dans l'emploi du son comme force dynamique; tandis que la lumière, bien que maté rielle, traverse la vitre sans l’abîmer en
2l’alchimie 9 Cet état de la matière dominé par la force corres pond à ce que l’alchimiste appelle les forces dissol vantes (soZwl C’est dans cette section que l’alchi miste étudie l'ouverture des corps., c'est-à-dire leur pénétration par la force solaire ou ses dérivés, d'où dépend l’évolution appelée par l’alchimiste : fermen tation. Cette ouverture des corps a plusieurs degrés : depuis la putréfaction jusqu’à la sublimation, en passant par le chauffage double (ventre de cheval), le chauffage fort (bains de sable), le chauffage vio lent de l’athanor pour arriver à la sublimation et à la distillation. Lorsque la matière domine, au contraire la force, il y a augmentation de densité, matérialisation, coagulation, et cela répond à la pratique (coagula) des alchimistes. Cette matérialisation est grossièrement produite par le froid. Le froid peut être très doux, comme celui qui précipite le matin la rosée dans les prés. Il peut être fort, comme celui produit par la glace et il peut être très fort, comme celui produit par l’éva poration brusque de l’air liquide ou des corps for tement comprimés. La technique chimique actuelle donne aux alchi mistes de précieux moyens d’action, qui manquaient à tous leurs devanciers. Si nous voulions résumer le problème alchimiste d’après les idées ci-dessus, nous dirions ceci : il faut d’abord obtenir la fixation dans la matière d’une très grande quantité de force, ce qui constitue le ferment minéral ou pierre philo sophale. Ce ferment, mis en contact avec une
3l'initiation 10 substance minérale, produit dans le métal une ouver ture des atomes, suivie d’une détente brusque qui libère une partie de la force encore concentrée dans le métal et coagule ce dernier de manière à le faire descendre brusquement dans la série des densités, à le rendre plus lourd et à involuer le mercure (13,6) vers l’or (19,5). Le problème alchimique, au point de vue minéral, se compose donc de deux temps : un temps d’évolution ou établissement du ferment, et un temps d’involution ou action du ferment dyna misé comme source de détente de la force atomique contenue dans le métal. ( Au point de vue végétal, le problème suit exac tement les mêmes lois; il y a d’abord dynamisation des végétaux par l’action du soleil unie à la fermen tation, d’où putréfaction. Il y a ensuite condensation, coagulation des élé ments ainsi libérés par la distillation ; il y a enfin action du résultat de cette distillation sur une masse ■de matière inerte. Donnons un exemple : Voici un amas de feuilles de roses. Si nous les distillons, telles qu’elles sortent de la fleur, nous durons une essence inférieure; si, au contraire, nous les laissons fermenter, la putréfaction ouvre les pores des pétales de roses, et, en distillant ou en re prenant par l'éther et en congelant l’essence, nous obtenons un produit qui est véritablement la pierre philosophale, végétale de la rose, sous le nom d’essence de rose. Une goutte de cette essence transmue en parfum 500.000 gouttes d’esprit de vin
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1rien. L INITIATION La substance, au contraire, attire le gras et le fixe; elle est dite de tempérament sec. La substance dissout, volatilise tout ce qui l'ap proche; elle est dite de tempérament chaud. Enfin, la substance repousse énergiquement le gras; elle est dite de tempérament humide. Ces qualités de la substance ont été attribuées par les anciens non seulement aux corps chimiques, mais encore au tempérament de tous les êtres vivants, minéraux, végétaux, animaux, hommes ou astres. Une fois les qualités de la substance bien établies, nous allons voir comment on y fait rentrer la force (coagulation) ou comment on en fait sortir la force (fermentation). Pour l’alchimiste comme pour le chimiste, la ma tière et la force se pénètrent réciproquement, et le jeu de pénétration de la force dans la matière ou de départ de la force hors de la matière, constitue toute l’étude des phénomènes physiques ou chimiques. Quand la force domine la matière, cette dernière réduite au rôle de support de vibration semble avoir presque entièrement disparu. C’est le cas de la pro duction des forces physiques, qui sont d’autant plus dynamiques que la vibration est plus lente. Ainsi, le son peut briser le verre dans lequel chante le ténor ou la vitre sur laquelle il agit, parce que les vibrations du son sont lentes et qu’un grand se cret est renfermé dans l'emploi du son comme force dynamique; tandis que la lumière, bien que maté rielle, traverse la vitre sans l’abîmer en
2l’alchimie 9 Cet état de la matière dominé par la force corres pond à ce que l’alchimiste appelle les forces dissol vantes (soZwl C’est dans cette section que l’alchi miste étudie l'ouverture des corps., c'est-à-dire leur pénétration par la force solaire ou ses dérivés, d'où dépend l’évolution appelée par l’alchimiste : fermen tation. Cette ouverture des corps a plusieurs degrés : depuis la putréfaction jusqu’à la sublimation, en passant par le chauffage double (ventre de cheval), le chauffage fort (bains de sable), le chauffage vio lent de l’athanor pour arriver à la sublimation et à la distillation. Lorsque la matière domine, au contraire la force, il y a augmentation de densité, matérialisation, coagulation, et cela répond à la pratique (coagula) des alchimistes. Cette matérialisation est grossièrement produite par le froid. Le froid peut être très doux, comme celui qui précipite le matin la rosée dans les prés. Il peut être fort, comme celui produit par la glace et il peut être très fort, comme celui produit par l’éva poration brusque de l’air liquide ou des corps for tement comprimés. La technique chimique actuelle donne aux alchi mistes de précieux moyens d’action, qui manquaient à tous leurs devanciers. Si nous voulions résumer le problème alchimiste d’après les idées ci-dessus, nous dirions ceci : il faut d’abord obtenir la fixation dans la matière d’une très grande quantité de force, ce qui constitue le ferment minéral ou pierre philo sophale. Ce ferment, mis en contact avec une
3l'initiation 10 substance minérale, produit dans le métal une ouver ture des atomes, suivie d’une détente brusque qui libère une partie de la force encore concentrée dans le métal et coagule ce dernier de manière à le faire descendre brusquement dans la série des densités, à le rendre plus lourd et à involuer le mercure (13,6) vers l’or (19,5). Le problème alchimique, au point de vue minéral, se compose donc de deux temps : un temps d’évolution ou établissement du ferment, et un temps d’involution ou action du ferment dyna misé comme source de détente de la force atomique contenue dans le métal. ( Au point de vue végétal, le problème suit exac tement les mêmes lois; il y a d’abord dynamisation des végétaux par l’action du soleil unie à la fermen tation, d’où putréfaction. Il y a ensuite condensation, coagulation des élé ments ainsi libérés par la distillation ; il y a enfin action du résultat de cette distillation sur une masse ■de matière inerte. Donnons un exemple : Voici un amas de feuilles de roses. Si nous les distillons, telles qu’elles sortent de la fleur, nous durons une essence inférieure; si, au contraire, nous les laissons fermenter, la putréfaction ouvre les pores des pétales de roses, et, en distillant ou en re prenant par l'éther et en congelant l’essence, nous obtenons un produit qui est véritablement la pierre philosophale, végétale de la rose, sous le nom d’essence de rose. Une goutte de cette essence transmue en parfum 500.000 gouttes d’esprit de vin
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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