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1l'alchimie 3 un creuset ni allumé un four et qui se croient de profonds praticiens. Les élèves de polytechnique, bien qu’étant d’émi nents théoriciens, ont cependant fait des épures, comme le dernier des contremaîtres mécaniciens. Ils ont fait aussi de la chimie pratique dans les la boratoires avant de faire de la philosophie transcen dante ; c’est une leçon que les étudiants qui veu lent pratiquer sérieusement l’alchimie ne doivent pas perdre de vue. La physique, dont la magie est la section hermé tique, s’occupe des rapports des corps et des forces entre eux, mais sans s’intéresser à la décomposition ou à la recomposition de ces corps. La physique fait de la physiologie des forces naturelles. La chimie, au contraire, tue les corps, étudie les’ organes éléments dont ils sont composés, puis constitue au moyen de la synthèse l’être chimique qu’elle a ainsi disséqué. C’est donc de l’anatomie de la matière avec application biologique que fait le chimiste. Citons un exemple. Voici de l’eau, de l’eau vulgaire, telle qu’elle tombe du ciel (courant artériel de la terre) ou telle qu’elle coule dans la rivière (courant veineux de la terre. Si nous chauffons cette eau, nous formons, par l'alliance du feu et de l’eau, de la vapeur, mais l’eau n’est pas décomposée pour cela; nous faisons de la physique. De même, si nous congelons cette eau, nous faisons encore de la physique. Mais si, au moyen de la pile électrique, avec ad7 la manière dont les alchi - corps qu’ils ont a étuexiste une force première jonction d’un acide, nous tuons cette eau et nous mettons dans deux éprouvettes les deux organes éléments qui constituent cette eau, l’hydrogène et l’oxygène, alors nous faisons de la chimie. De même si toujours au moyen du feu électricité nous réunis sons brusquement les deux atomes d’hydrogène et l’atome d’oxygène constituant-cette eau, nous res suscitons 1 être chimique que nous avions tout à l'heure disséqué et nous faisons encore de la chimie non plus de dissection ou analytique mais, bien de résurrection, de reconstitution ou synthétique. Ces premiers éléments étant bien compris, di sons quelques mots de miste conçoivent les dier. Pour 1 alchimiste, il dont tout ce que nous voyons est une condensation à différents degrés. Cette force, qui s’appelle l’âme du monde, est déversée sur notre terre par le soleil. Le soleil est donc pour nous la source de toutes les forces, les forces envoyées par les planètes n étant que des modifications des colorations dynamiques de la force solaire. Pour être clair, il faut donc laisser de côté l’ori gine de cette force solaire et raisonner comme si le soleil était réellement la source de toutes les forces de la nature. La terre, avec tout ce qui est dessus, c’est du soleil refroidi. Les actions naturelles se bornent donc à l’influence du soleil vivant et chaud sur le soleil refroidi.
2l’alchimie 5 Pour éviter des complications inutiles, l’alchi miste appelle substance tout ce qui est formé de so leil refroidi et force tout ce qui peut modifier la constitution ou les états de cette substance. Remarquons que les chimistes sont arrivés exac tement à la même théorie, avec Mendeeleef; ils con sidèrent que tous les corps chimiques sont des conden sations plus ou moins intenses de 1 hydrogène, dont la densité égale 0,068 à peu près. Plus un corps est dense, c’est-à dire lourd, plus il s’éloigne de la force primordiale pour se rapprocher du froid de la mort. L'or, qui a pour densité 19,5, le mercure mé tallique, qui a pour densité ij, 6, et enfin le pla tine, qui a pour densité 21,5 sont donc des corps où la matière est extrêmement condensée. C’est l’état solide dans tout ce qu’il y a de plus absolu. Il existe une progression mathématique depuis l’hydro gène jusqu’au platine, qui a permis de déterminer exactement la place des corps chimiques connus, d’après leur constitution atomique et de découvrir des corps qu’on ne connaissait pas encore et qui ap paraissaient dans la spirale de Mendeeleef. Pour revenir à l’alchimiste, tous les corps ter restres sont en définitive de la terre, avec plus ou moins de soleil. L’alchimiste recherche les moyens d’augmenter la quantité de soleil dans un corps pour l’ouvrir, le dilater ou l’évoluer. C’est ce qu’il appelle la dissolution {solve). Où l’alchimiste cherche le moyen d’augmenter la densité de la substance par un ferment c’est ce qu'il appelle la compression, la congulation {coagula).
3L’INITIATIUN 6 La substance se présente pour l’alchimiste sous quatre aspects, en partant de l’état où il y a le plus de matières. Ces quatre aspects sont : l'aspect terre, que les chimistes appellent l’état solide; l’aspect eau, que les chimistes appellent état liquide; l’aspect air que les chimistes appellent état gazeux et l’aspect feu, que les chimistes appellent état de force et les alchimistes, état solaire. Quand nous brûlons une bûche dans la chemi née, le soleil qui est contenu en elle sort sous forme de chaleur et de lumière et la terre que l’arbre avait fixée, reste sous forme de cendres. C’est une des plus belles expériences alchi miques. A côté des états de la substance, nous avons ses fonctions, qui sont différentes selon la quantité de soleil ou de terre qui entre dans un corps. Il y a un état de la substance où elle fixe tout ; ainsi si nous prenons de l’huile et de l’eau, nous ne pouvons pas les unir, nous ne pouvons que les juxtaposer. Si nous ajoutons de la soude ou de l’ammoniaque à l'huile et à l’eau, nous les fixons. Cette propriété de tout fixer est caractéristique de ce que l’alchimiste appelle le sel. La soude ou l’ammoniaque sont donc un sel dans le langage des alchimistes. On peut sans grande' erreur donner ce nom de sel alchimique à tous les alcalins. La seconde fonction de la substance c’est de tout brûler. Si nous versons une goutte d’acide chlol’alchimie 7 l'hydrique (en alchimie: esprit de sel) sur du fer, le fer sera mangé, l’âme gazeuse renfermée dans l’acide sera libérée et le fer fixera le corps de l’acide. Dans ce cas, l’acide brûle, mange, libère et il agit selon le terme soufre des alchimistes. A côté de ces deux fonctions de la substance, sel ou soufre, il en existe une troisième, c’est de tout lier sans pour cela avoir besoin de le fixer. Ainsi, prenons de l’huile et du vin : pour en faire un tout homogène, nous aurons de la difficulté. Ajoutons-y de l’eau glacée; cette eau, en condensant l’huile, va lier le vin et nous allons obtenir une sorte de pom made qui est le baume du Samaritain de la Bible. Or, l’eau glacée a fait, dans ce cas, la fonction que les alchimistes appellent mercure. Un corps chimique peut donc agir successivement comme sel, comme soufre ou comme mercure selon le corps avec lequel il se trouve en rapport. Les chimistes actuels n’ont fait que reprendre les idées des alchimistes, mais ils ont appelé alcalin, acide ou base(i), ce que les alchimistes appelaient sel, soufre ou mercure. A côté de ces qualités chimiques de la substance d’être alcaline, acide ou basique, il se trouve des •qualités physiques qui sont les suivantes : la subs tance coagule tout, comme un métal auquel on in corpore un sel ; la substance est alors dite de tem pérament froid, ou maigre. (1) Nous donnons le nom de base à tout corps qui n’agit en rien sur le Lupin de Tournesol. Il y a en effet en chimie des bases al calines.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1l'alchimie 3 un creuset ni allumé un four et qui se croient de profonds praticiens. Les élèves de polytechnique, bien qu’étant d’émi nents théoriciens, ont cependant fait des épures, comme le dernier des contremaîtres mécaniciens. Ils ont fait aussi de la chimie pratique dans les la boratoires avant de faire de la philosophie transcen dante ; c’est une leçon que les étudiants qui veu lent pratiquer sérieusement l’alchimie ne doivent pas perdre de vue. La physique, dont la magie est la section hermé tique, s’occupe des rapports des corps et des forces entre eux, mais sans s’intéresser à la décomposition ou à la recomposition de ces corps. La physique fait de la physiologie des forces naturelles. La chimie, au contraire, tue les corps, étudie les’ organes éléments dont ils sont composés, puis constitue au moyen de la synthèse l’être chimique qu’elle a ainsi disséqué. C’est donc de l’anatomie de la matière avec application biologique que fait le chimiste. Citons un exemple. Voici de l’eau, de l’eau vulgaire, telle qu’elle tombe du ciel (courant artériel de la terre) ou telle qu’elle coule dans la rivière (courant veineux de la terre. Si nous chauffons cette eau, nous formons, par l'alliance du feu et de l’eau, de la vapeur, mais l’eau n’est pas décomposée pour cela; nous faisons de la physique. De même, si nous congelons cette eau, nous faisons encore de la physique. Mais si, au moyen de la pile électrique, avec ad7 la manière dont les alchi - corps qu’ils ont a étuexiste une force première jonction d’un acide, nous tuons cette eau et nous mettons dans deux éprouvettes les deux organes éléments qui constituent cette eau, l’hydrogène et l’oxygène, alors nous faisons de la chimie. De même si toujours au moyen du feu électricité nous réunis sons brusquement les deux atomes d’hydrogène et l’atome d’oxygène constituant-cette eau, nous res suscitons 1 être chimique que nous avions tout à l'heure disséqué et nous faisons encore de la chimie non plus de dissection ou analytique mais, bien de résurrection, de reconstitution ou synthétique. Ces premiers éléments étant bien compris, di sons quelques mots de miste conçoivent les dier. Pour 1 alchimiste, il dont tout ce que nous voyons est une condensation à différents degrés. Cette force, qui s’appelle l’âme du monde, est déversée sur notre terre par le soleil. Le soleil est donc pour nous la source de toutes les forces, les forces envoyées par les planètes n étant que des modifications des colorations dynamiques de la force solaire. Pour être clair, il faut donc laisser de côté l’ori gine de cette force solaire et raisonner comme si le soleil était réellement la source de toutes les forces de la nature. La terre, avec tout ce qui est dessus, c’est du soleil refroidi. Les actions naturelles se bornent donc à l’influence du soleil vivant et chaud sur le soleil refroidi.
2l’alchimie 5 Pour éviter des complications inutiles, l’alchi miste appelle substance tout ce qui est formé de so leil refroidi et force tout ce qui peut modifier la constitution ou les états de cette substance. Remarquons que les chimistes sont arrivés exac tement à la même théorie, avec Mendeeleef; ils con sidèrent que tous les corps chimiques sont des conden sations plus ou moins intenses de 1 hydrogène, dont la densité égale 0,068 à peu près. Plus un corps est dense, c’est-à dire lourd, plus il s’éloigne de la force primordiale pour se rapprocher du froid de la mort. L'or, qui a pour densité 19,5, le mercure mé tallique, qui a pour densité ij, 6, et enfin le pla tine, qui a pour densité 21,5 sont donc des corps où la matière est extrêmement condensée. C’est l’état solide dans tout ce qu’il y a de plus absolu. Il existe une progression mathématique depuis l’hydro gène jusqu’au platine, qui a permis de déterminer exactement la place des corps chimiques connus, d’après leur constitution atomique et de découvrir des corps qu’on ne connaissait pas encore et qui ap paraissaient dans la spirale de Mendeeleef. Pour revenir à l’alchimiste, tous les corps ter restres sont en définitive de la terre, avec plus ou moins de soleil. L’alchimiste recherche les moyens d’augmenter la quantité de soleil dans un corps pour l’ouvrir, le dilater ou l’évoluer. C’est ce qu’il appelle la dissolution {solve). Où l’alchimiste cherche le moyen d’augmenter la densité de la substance par un ferment c’est ce qu'il appelle la compression, la congulation {coagula).
3L’INITIATIUN 6 La substance se présente pour l’alchimiste sous quatre aspects, en partant de l’état où il y a le plus de matières. Ces quatre aspects sont : l'aspect terre, que les chimistes appellent l’état solide; l’aspect eau, que les chimistes appellent état liquide; l’aspect air que les chimistes appellent état gazeux et l’aspect feu, que les chimistes appellent état de force et les alchimistes, état solaire. Quand nous brûlons une bûche dans la chemi née, le soleil qui est contenu en elle sort sous forme de chaleur et de lumière et la terre que l’arbre avait fixée, reste sous forme de cendres. C’est une des plus belles expériences alchi miques. A côté des états de la substance, nous avons ses fonctions, qui sont différentes selon la quantité de soleil ou de terre qui entre dans un corps. Il y a un état de la substance où elle fixe tout ; ainsi si nous prenons de l’huile et de l’eau, nous ne pouvons pas les unir, nous ne pouvons que les juxtaposer. Si nous ajoutons de la soude ou de l’ammoniaque à l'huile et à l’eau, nous les fixons. Cette propriété de tout fixer est caractéristique de ce que l’alchimiste appelle le sel. La soude ou l’ammoniaque sont donc un sel dans le langage des alchimistes. On peut sans grande' erreur donner ce nom de sel alchimique à tous les alcalins. La seconde fonction de la substance c’est de tout brûler. Si nous versons une goutte d’acide chlol’alchimie 7 l'hydrique (en alchimie: esprit de sel) sur du fer, le fer sera mangé, l’âme gazeuse renfermée dans l’acide sera libérée et le fer fixera le corps de l’acide. Dans ce cas, l’acide brûle, mange, libère et il agit selon le terme soufre des alchimistes. A côté de ces deux fonctions de la substance, sel ou soufre, il en existe une troisième, c’est de tout lier sans pour cela avoir besoin de le fixer. Ainsi, prenons de l’huile et du vin : pour en faire un tout homogène, nous aurons de la difficulté. Ajoutons-y de l’eau glacée; cette eau, en condensant l’huile, va lier le vin et nous allons obtenir une sorte de pom made qui est le baume du Samaritain de la Bible. Or, l’eau glacée a fait, dans ce cas, la fonction que les alchimistes appellent mercure. Un corps chimique peut donc agir successivement comme sel, comme soufre ou comme mercure selon le corps avec lequel il se trouve en rapport. Les chimistes actuels n’ont fait que reprendre les idées des alchimistes, mais ils ont appelé alcalin, acide ou base(i), ce que les alchimistes appelaient sel, soufre ou mercure. A côté de ces qualités chimiques de la substance d’être alcaline, acide ou basique, il se trouve des •qualités physiques qui sont les suivantes : la subs tance coagule tout, comme un métal auquel on in corpore un sel ; la substance est alors dite de tem pérament froid, ou maigre. (1) Nous donnons le nom de base à tout corps qui n’agit en rien sur le Lupin de Tournesol. Il y a en effet en chimie des bases al calines.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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