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1PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, ¡ans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. LES PLANTES MAGIQUES 11 Le Haschisch ou Cannabis indtca Nous présentons ici sous un aspect autre que le point de vue occulte la série des plantes magiques, néanmoins nous ferons précéder chaque plante, quand il y aura lieu, d’une note concernant les propriétés occultes de celle-ci extraites du savant traité de M.Sédir. Le chanvre indien était connu des Grecs et des Romains, qui en fabriquaient des tissus. C’est dans ce sens qu'en parle Hérodote, en ajoutant cependant que les semences, jetées sur une pierre chauffée, dé terminent une espèce d’ivresse. Hippociate n’en parle pas, Dioscoride et Galien mentionnent le suc des graines comme guérissant les douleurs d’oreilles. . Les Chinois s'en servaient comme anesthésique, sous le nom de mafo-sam, l’an 220 après J.-C. Et les Indiens, suivant Riegler, employaient une prépa ration qu’ils nommaient Asrar ; ce mot veut dire secret, parce que le Haschisch étant défendu, on le vendait d’une manière secrète sous le nom diAsrar. Rheedefiôqo) rapporte que les Indiens fumaient les sommités fleuries du chanvre sous le nom dè Banghie,
2108 L’iNÎTUTfOtf et le mélangeaient avec ùu tabac pour en composer des lavements auxquels ils reconnaissaient la pro priété de réduire les hernies. C'était un contre-poison de leur orpiment ou sulfure d’arsenic. A la fin du seizième siècle, Prosper Alpin visita l'Egypte, et nous trouvons dans les écrits de cet auteur diverses men tions du haschisch > < Je sais, dit-il, que les Egyptiens, pour provoquer des visions, font usage de plusieurs médicaments composés; mais pour obtenir ce résultat, ils ont re cours ordinairement à la plante désignée sous le nom de Cannabis et qu'ils appellent haschisch. » Sauvage parle d’un électuaire usité dans l'Inde et auquel il donne le nom de magtque, à cause des sin guliers effets qu'ils détermine. Linné décrit une composition très usitée dans l’Inde et en Perse connue sous le nom de Malasch. Citons encore quelques auteurs moins anciens qui s’en sont occupés : L’histoire du Vieux de la montagne et de ses adeptes les Haschaschins a été racontée au long par Sylvestre de Sacv, le docteur Molwitz proposa en 1817 un ex trait alcoolique fait avec deux parties de chanvre et une partie de safran, pour remplacer l’opium. La plante que les Orientaux désignent sous le nom de haschisch appartient à la famille des Cannabinées, Nous n'en décrivons pas ici les caractères botaniques, qui se trouvent dans toutes les flores, nous dirons seu lement que le chanvre qui croît en Orient et celui qu’on cultive en Europe ne sont que deux variétés d’une seule et même plante, ne présentant entre elles
3LES PLANTES MAGIQUES 109 aucune différence botanique fondamentale essentielle. Les dissemblances qui existent entre elles, en effet, ne sont que des modifications accessoires résultant d’influences climatériques différentes. Les peuples orientaux ont de tout temps usé de préparations eni vrantes ; leurs caractères, leurs mœurs, l’amour du merveilleux, l’influence même du climat, tout les pousse à rechercher les substances qui, en produisant un trouble du cerveau, leur procurent des idées, des sensations que sans elles ils ne trouveraient pas. Ils ont employé successivement le datura, la jusquiame. la belladone, les divers genres de chanvre pris de toutes les façons, mais ils les ont successivement abandon nés pour employer le chanvre indien ou haschisch (en arabe, herbe par excellencet Quelques auteurs arabes pensent que c’est le Coran qui a indiqué cette plante à l’attention des Arabes, et qui leur en a conseillé l’emploi, par une sorte de compensation de la loi qui >leur défend l’usage des alcooliques/mais il faudrait, pour que cette suppo sition fût admissible, que l’usage du haschisch fût complètement inoffensif, ce qui malheureusement est loin d’être vrai. Je crois plutôt qu'on doit attribuer cette préférence aux vertus même d’une plante qui procure des extases et des sensations si agréables, peut-être aussi à ce qu’il est beaucoup plus difficile de reconnaître le fumeur de haschisch que le buveur d’acool. Il existe, en effet, une loi du Coran qui défend d'une manière absolue l’usage des boissons fermentées. La personne qui en Orient enfreindrait cette loi serait montrée au doigt
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toute Ecole, ¡ans aucune distinction, et chacun d’eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. LES PLANTES MAGIQUES 11 Le Haschisch ou Cannabis indtca Nous présentons ici sous un aspect autre que le point de vue occulte la série des plantes magiques, néanmoins nous ferons précéder chaque plante, quand il y aura lieu, d’une note concernant les propriétés occultes de celle-ci extraites du savant traité de M.Sédir. Le chanvre indien était connu des Grecs et des Romains, qui en fabriquaient des tissus. C’est dans ce sens qu'en parle Hérodote, en ajoutant cependant que les semences, jetées sur une pierre chauffée, dé terminent une espèce d’ivresse. Hippociate n’en parle pas, Dioscoride et Galien mentionnent le suc des graines comme guérissant les douleurs d’oreilles. . Les Chinois s'en servaient comme anesthésique, sous le nom de mafo-sam, l’an 220 après J.-C. Et les Indiens, suivant Riegler, employaient une prépa ration qu’ils nommaient Asrar ; ce mot veut dire secret, parce que le Haschisch étant défendu, on le vendait d’une manière secrète sous le nom diAsrar. Rheedefiôqo) rapporte que les Indiens fumaient les sommités fleuries du chanvre sous le nom dè Banghie,
2108 L’iNÎTUTfOtf et le mélangeaient avec ùu tabac pour en composer des lavements auxquels ils reconnaissaient la pro priété de réduire les hernies. C'était un contre-poison de leur orpiment ou sulfure d’arsenic. A la fin du seizième siècle, Prosper Alpin visita l'Egypte, et nous trouvons dans les écrits de cet auteur diverses men tions du haschisch > < Je sais, dit-il, que les Egyptiens, pour provoquer des visions, font usage de plusieurs médicaments composés; mais pour obtenir ce résultat, ils ont re cours ordinairement à la plante désignée sous le nom de Cannabis et qu'ils appellent haschisch. » Sauvage parle d’un électuaire usité dans l'Inde et auquel il donne le nom de magtque, à cause des sin guliers effets qu'ils détermine. Linné décrit une composition très usitée dans l’Inde et en Perse connue sous le nom de Malasch. Citons encore quelques auteurs moins anciens qui s’en sont occupés : L’histoire du Vieux de la montagne et de ses adeptes les Haschaschins a été racontée au long par Sylvestre de Sacv, le docteur Molwitz proposa en 1817 un ex trait alcoolique fait avec deux parties de chanvre et une partie de safran, pour remplacer l’opium. La plante que les Orientaux désignent sous le nom de haschisch appartient à la famille des Cannabinées, Nous n'en décrivons pas ici les caractères botaniques, qui se trouvent dans toutes les flores, nous dirons seu lement que le chanvre qui croît en Orient et celui qu’on cultive en Europe ne sont que deux variétés d’une seule et même plante, ne présentant entre elles
3LES PLANTES MAGIQUES 109 aucune différence botanique fondamentale essentielle. Les dissemblances qui existent entre elles, en effet, ne sont que des modifications accessoires résultant d’influences climatériques différentes. Les peuples orientaux ont de tout temps usé de préparations eni vrantes ; leurs caractères, leurs mœurs, l’amour du merveilleux, l’influence même du climat, tout les pousse à rechercher les substances qui, en produisant un trouble du cerveau, leur procurent des idées, des sensations que sans elles ils ne trouveraient pas. Ils ont employé successivement le datura, la jusquiame. la belladone, les divers genres de chanvre pris de toutes les façons, mais ils les ont successivement abandon nés pour employer le chanvre indien ou haschisch (en arabe, herbe par excellencet Quelques auteurs arabes pensent que c’est le Coran qui a indiqué cette plante à l’attention des Arabes, et qui leur en a conseillé l’emploi, par une sorte de compensation de la loi qui >leur défend l’usage des alcooliques/mais il faudrait, pour que cette suppo sition fût admissible, que l’usage du haschisch fût complètement inoffensif, ce qui malheureusement est loin d’être vrai. Je crois plutôt qu'on doit attribuer cette préférence aux vertus même d’une plante qui procure des extases et des sensations si agréables, peut-être aussi à ce qu’il est beaucoup plus difficile de reconnaître le fumeur de haschisch que le buveur d’acool. Il existe, en effet, une loi du Coran qui défend d'une manière absolue l’usage des boissons fermentées. La personne qui en Orient enfreindrait cette loi serait montrée au doigt
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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