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114 l'initiation ces rapprochements, ils seront peut-être aussi diffiles à saisir, plus tard, que ne le sont pour nous le 4, la croix antée, le chrisme qui ont à la fois une signi fication unique et des sens absolument opposés. Dans le n° 32Ô du Ier décembre 1907 du Collabo rateur de timbres-poste édité par notre regretté et érudit collègue Arthur Maury, figurait le dessin 4, sous la rubrique : « Ce que l'on voit sur les timbres de la Scindede 1 8 5 1 . « Ces lettres sontle monogramme « d'une compagnie anglaise : East India Company. « Quant au petit dessin placé au-dessus du cœur et « figurant avec un chiffre 4, c'est une modification « de la tête de flèche (Broad arow), emblème dont la « Compagnie des Indes avait fait usage depuis le « règne de Charles II. » Je crois devoir compléter ces indications en disant qu'en prenant une flèche on avait dû reproduire le symbole indien antique qui signifiait, en sens secret, le feu, la vie, la répétition sous une autre forme de la croix antée. Même cette flèche, tout en ayant le sens vulgaire de jet, de but atteint, n'était que la déformation de la toute primitive figuration du rouet à feu qui engen dra le culte aryen du rhombe ou rouet magique. C'était un morceau de bois dur vertical que mettait en marche un archet horizontal pour la production du feu sacré. Sa figuration ressemblait à une tête de flèche, à un 4 par déformation ; il devient aussi la croix phénicienne ou swarbika, signe du feu, de la vie. Or, par une coïncidence, en gothique le chiffre 4
2LES ÉNIGMES DES MARQUES DE LIBRAIRES l5 avait cette forme de tête de flèche, un petit losange dont les côtés inférieurs se prolongent en deux petites queues. Aux seizième et dix-septième siècles le 4 appa raît mais la barre oblique jointive aux autres, elle ne se sépare qu'au dix-neuvième siècle. Bien avant l'invention des timbres-poste, le 4 avait figuré sur les pièces en usage aux Indes (fig. 5) et on avait essayé la fusion de symboles d'origines bien di verses. Cette pièce au millésime de 1787 porte sur le droit le serpent Ouroboros — signification de « Un le Tout » — il a la forme hindoue, trois points de feu le surmontent. On peut lire 1 +99 égalent 100, le tout. Au revers, la croix 4 et le cœur sur lequel il y aurait long à dire. Le curieux à constater c'est que les racines du gnosticisme plongent en Extrême-Orient, Chaldée et Judée ; l'école grecque d'Alexandrie le transforma et il se répandit en Europe occidentale au point démettre en péril la doctrine orthodoxe, laissant comme traces de son passage quantités d'amulettes, d'abraxas, de pierres gravées. Plus tard, lorsque les hardis naviga teurs ouvrirent les grandes routes maritimes, leur étonnement fut grand de trouver, parmi les peuples qu'ils subjugaient, les mêmes signes magiques que ceux qu'ils possédaient. On comprend comment la fusion s'opéra surles médailles, monnaies, talismans, monuments. Rien d'étonnant alors de voir le serpent indien accolé au 4 gnostique, égyptien et RoseCroix. Lorsque le 4 possède deux barres horizontales, on peut dire que c'est un antique tau T surmonté de
3i6 l'initiation la Croix antée, ce qui donne notre croix de Lorraine et la croix archiépiscopale. Parfois la déformation en forme de 4, au lieu d'être au-dessus de la ligne horizontale, est en dessous : témoin la croix qui sépare les deux initiales portées sur les productions du célèbre graveur allemand Mar tin Shonganer né en 1466. Le signe de la croix est très ancien. Pour se signer on porte la main droite du front à la poitrine et de la poitrine à l'épaule gauche, puis à la droite. Dans la Messe noire, on fait le signe de la croix à rebours; de la poitrine à la tête, de là, à l'épaule droite, puis à la gauche. Or le schéma de ce mouvement est un 4. Au pied du château d'Arques-la-Bataille, se trouve l'église d'Arqués et devant son portail, une vieille croix. Sur son piédestal, contemporain des guerres de religion, est gravé un monogramme surmonté du 4. En ce lieu, où se heurtèrent les troupes de la Ligue et de la Libre Pensée d'alors, cette marque a sa signi fication. Pour terminer, j'ajouterai que cette marque — mys térieuse — est encore employée. Je possède des éti quettes et des réclames de libraires modernes qui l'ont adoptée, reproduisant généralement d'anciens bois plus ou moins modifiés. Dans les ex-libris modernes, elle est fréquente et plusieurs de nos collègues m'ayant fait le plaisir de m'ofïrir le leur, j'ai pu l'y reconnaître. Je suis assuré qu'ils n'ont nullement voulu faire montre d'un her métique symbolisme ou de ténébreuses machinations LES ÉNIGMES DES MARQUES DE LIBRAIRES «7 de sociétés secrètes, mais au contraire employer un signe ornemental toujours gracieux et dégagé, et que souligne fort bien une espèce de doubles W plus ou moins entrelacés et qui n'est autre que le signe de Saturne — le noir ou le rose Devenir. Tidianeuq. 2
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
114 l'initiation ces rapprochements, ils seront peut-être aussi diffiles à saisir, plus tard, que ne le sont pour nous le 4, la croix antée, le chrisme qui ont à la fois une signi fication unique et des sens absolument opposés. Dans le n° 32Ô du Ier décembre 1907 du Collabo rateur de timbres-poste édité par notre regretté et érudit collègue Arthur Maury, figurait le dessin 4, sous la rubrique : « Ce que l'on voit sur les timbres de la Scindede 1 8 5 1 . « Ces lettres sontle monogramme « d'une compagnie anglaise : East India Company. « Quant au petit dessin placé au-dessus du cœur et « figurant avec un chiffre 4, c'est une modification « de la tête de flèche (Broad arow), emblème dont la « Compagnie des Indes avait fait usage depuis le « règne de Charles II. » Je crois devoir compléter ces indications en disant qu'en prenant une flèche on avait dû reproduire le symbole indien antique qui signifiait, en sens secret, le feu, la vie, la répétition sous une autre forme de la croix antée. Même cette flèche, tout en ayant le sens vulgaire de jet, de but atteint, n'était que la déformation de la toute primitive figuration du rouet à feu qui engen dra le culte aryen du rhombe ou rouet magique. C'était un morceau de bois dur vertical que mettait en marche un archet horizontal pour la production du feu sacré. Sa figuration ressemblait à une tête de flèche, à un 4 par déformation ; il devient aussi la croix phénicienne ou swarbika, signe du feu, de la vie. Or, par une coïncidence, en gothique le chiffre 4
2LES ÉNIGMES DES MARQUES DE LIBRAIRES l5 avait cette forme de tête de flèche, un petit losange dont les côtés inférieurs se prolongent en deux petites queues. Aux seizième et dix-septième siècles le 4 appa raît mais la barre oblique jointive aux autres, elle ne se sépare qu'au dix-neuvième siècle. Bien avant l'invention des timbres-poste, le 4 avait figuré sur les pièces en usage aux Indes (fig. 5) et on avait essayé la fusion de symboles d'origines bien di verses. Cette pièce au millésime de 1787 porte sur le droit le serpent Ouroboros — signification de « Un le Tout » — il a la forme hindoue, trois points de feu le surmontent. On peut lire 1 +99 égalent 100, le tout. Au revers, la croix 4 et le cœur sur lequel il y aurait long à dire. Le curieux à constater c'est que les racines du gnosticisme plongent en Extrême-Orient, Chaldée et Judée ; l'école grecque d'Alexandrie le transforma et il se répandit en Europe occidentale au point démettre en péril la doctrine orthodoxe, laissant comme traces de son passage quantités d'amulettes, d'abraxas, de pierres gravées. Plus tard, lorsque les hardis naviga teurs ouvrirent les grandes routes maritimes, leur étonnement fut grand de trouver, parmi les peuples qu'ils subjugaient, les mêmes signes magiques que ceux qu'ils possédaient. On comprend comment la fusion s'opéra surles médailles, monnaies, talismans, monuments. Rien d'étonnant alors de voir le serpent indien accolé au 4 gnostique, égyptien et RoseCroix. Lorsque le 4 possède deux barres horizontales, on peut dire que c'est un antique tau T surmonté de
3i6 l'initiation la Croix antée, ce qui donne notre croix de Lorraine et la croix archiépiscopale. Parfois la déformation en forme de 4, au lieu d'être au-dessus de la ligne horizontale, est en dessous : témoin la croix qui sépare les deux initiales portées sur les productions du célèbre graveur allemand Mar tin Shonganer né en 1466. Le signe de la croix est très ancien. Pour se signer on porte la main droite du front à la poitrine et de la poitrine à l'épaule gauche, puis à la droite. Dans la Messe noire, on fait le signe de la croix à rebours; de la poitrine à la tête, de là, à l'épaule droite, puis à la gauche. Or le schéma de ce mouvement est un 4. Au pied du château d'Arques-la-Bataille, se trouve l'église d'Arqués et devant son portail, une vieille croix. Sur son piédestal, contemporain des guerres de religion, est gravé un monogramme surmonté du 4. En ce lieu, où se heurtèrent les troupes de la Ligue et de la Libre Pensée d'alors, cette marque a sa signi fication. Pour terminer, j'ajouterai que cette marque — mys térieuse — est encore employée. Je possède des éti quettes et des réclames de libraires modernes qui l'ont adoptée, reproduisant généralement d'anciens bois plus ou moins modifiés. Dans les ex-libris modernes, elle est fréquente et plusieurs de nos collègues m'ayant fait le plaisir de m'ofïrir le leur, j'ai pu l'y reconnaître. Je suis assuré qu'ils n'ont nullement voulu faire montre d'un her métique symbolisme ou de ténébreuses machinations LES ÉNIGMES DES MARQUES DE LIBRAIRES «7 de sociétés secrètes, mais au contraire employer un signe ornemental toujours gracieux et dégagé, et que souligne fort bien une espèce de doubles W plus ou moins entrelacés et qui n'est autre que le signe de Saturne — le noir ou le rose Devenir. Tidianeuq. 2
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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