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1MÉDIUMS DESSINATEURS 199 dit dans nos articles précédents, devant une manifes tation de l’intelligence inconsciente,'presque déconcertante et que l’on comprend fort bien que les sa vants spécialistes, qui ne craignent pas d’aborder ces troublants problèmes, assignent à la puissance de l’âme humaine une étendue presque illimitée. On n’ose
2200 LINITtATION le dire, mais à l’homme matériel de notre époque succédera peut-être une créature toute de nerfs, de fluide, d’intelligence vive. Entre la tête de l’homme quaternaire et celles d’un Descartes, d'un Newton, d’un Curie, il y a eu un grand échelon de franchi ; si le saut futur doit être en core aussi grand, l’hypothèse émise n’est pas dépla cée: or, la formule du monden’est pas régression,mais progression. Pour terminer, nous allons établir un parallèle entre deux médiums dessinateurs à des titres divers : le comte de Tromelin et Mérovac, si connu sous le nom de l’homme des Cathédrales. Ce dernier a décrit sa façon de procéder en faisant des confidences à plu sieurs rédacteurs de journaux, et ayant assisté à une de ses séances, grâce à ses explications, nous avons pu compléter nos renseignements. Sur une grande feuille de papier, il fait quelques points au hasard, dans le haut delà feuille, puis de ces points, qui sont comme les sommets des flèches des différents édifices gothiques qu’il va dessiner, il se met à tracer sa Cité du rêve comme il le dit lui-même, employant la ligne seule et délaissant les ornements qui surchargent. Il ne sait pas ce qu’il va produire et avoue qu’il des sine comme sous l’empire d’une force inconnue ; il fixe les visions qui lui passent sous les yeux. Il y a lieu de remarquer, et bien des lecteurs con naissent ses oeuvres, que ses productions, en appa rence variées, sont néanmoins d’un seul type. C’est le gothique des cathédrales, — le genre primiMÉDIUMS DESSINATEURS 201 tif surtout — et ensuite des villes bâties dans le même système, Robida présente une oeuvre analogue mais infini ment plus ornée, c’est du rayonnant amplifié. Victor Hugo a également fixé par la plume à dessin ce qu’il fixa autrement par la plume à écrire. Mais ces des sins sont comme les silhouettes parlantes de ses écrits. Mérovac rêve, son architecture s’en ressent. Sa cité est inhabitée, il la colore en bleu ciel et en vert clair, un soleil couchant pâle l’illumine, le plus souvent la lune l’inonde de sa blafarde clarté. Pendant que la lanterne magique fait défiler ses compositions, au lieu d’explications, Fauteur accom pagne ses visions matérialisées par des compositions musicales dont il est le créateur et qu’il exécute sur le piano à défaut d’orgue, ce véritable instrument des sentiments élevés. Mérovac, malgré lui, fut attiré par le moyen âge et tout ce qu’il a produit d’artistique. Rien ne put empê cher sa vocation et rien de ce qui ne se rattache pas à cette époque ne l’intéresse. Il est comme un de ces Prémontrés bâtisseurs égaré parmi nous, une réincar nation vivante d’un homme d’un autre âge. Son moi véritable vit, agit forcément comme celui de tout le monde, mais il n’est pas le plus fort et l’autre, le tyran, domine et retarde de six siècles sur les idées, il est loin du modem-style et ce n’est guère dommage 1 Chez le comte de Tromelin, il y a aussi, à son insu, des idées dominantes. Toutes ses compositions se res-
3-202 l’initiation sentent de visions occultes, ses personnages peuvent se classer en un certain nombre de types ; ici encore, nous avons l’inconscient fixant son rêve toujours re naissant, toujours déformé, on dirait une même subs tance, continuellement triturée, prenant des formes nouvelles comme les nuages qui s’amoncellent et s’étendent pour se reformer à nouveau. Et dans les deux médiums dessinateurs, malgré la part d’incohérence qui semble paraître à première vue, •on sent qu’en étudiant avec soin, en disséquant l’œuvre, qu’au contraire, tout est solidement char penté et que l’inconscient bâtit avec des règles, un art, une logique, un sens occulte qui ne le cède en rien à ce que fait le conscient, seulement qu’élevant ses châteaux dans ^Invisible,c’est à nous de chercher les lois et la clef qui président aux oeuvres de l’imma tériel. Tidianeuq.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1MÉDIUMS DESSINATEURS 199 dit dans nos articles précédents, devant une manifes tation de l’intelligence inconsciente,'presque déconcertante et que l’on comprend fort bien que les sa vants spécialistes, qui ne craignent pas d’aborder ces troublants problèmes, assignent à la puissance de l’âme humaine une étendue presque illimitée. On n’ose
2200 LINITtATION le dire, mais à l’homme matériel de notre époque succédera peut-être une créature toute de nerfs, de fluide, d’intelligence vive. Entre la tête de l’homme quaternaire et celles d’un Descartes, d'un Newton, d’un Curie, il y a eu un grand échelon de franchi ; si le saut futur doit être en core aussi grand, l’hypothèse émise n’est pas dépla cée: or, la formule du monden’est pas régression,mais progression. Pour terminer, nous allons établir un parallèle entre deux médiums dessinateurs à des titres divers : le comte de Tromelin et Mérovac, si connu sous le nom de l’homme des Cathédrales. Ce dernier a décrit sa façon de procéder en faisant des confidences à plu sieurs rédacteurs de journaux, et ayant assisté à une de ses séances, grâce à ses explications, nous avons pu compléter nos renseignements. Sur une grande feuille de papier, il fait quelques points au hasard, dans le haut delà feuille, puis de ces points, qui sont comme les sommets des flèches des différents édifices gothiques qu’il va dessiner, il se met à tracer sa Cité du rêve comme il le dit lui-même, employant la ligne seule et délaissant les ornements qui surchargent. Il ne sait pas ce qu’il va produire et avoue qu’il des sine comme sous l’empire d’une force inconnue ; il fixe les visions qui lui passent sous les yeux. Il y a lieu de remarquer, et bien des lecteurs con naissent ses oeuvres, que ses productions, en appa rence variées, sont néanmoins d’un seul type. C’est le gothique des cathédrales, — le genre primiMÉDIUMS DESSINATEURS 201 tif surtout — et ensuite des villes bâties dans le même système, Robida présente une oeuvre analogue mais infini ment plus ornée, c’est du rayonnant amplifié. Victor Hugo a également fixé par la plume à dessin ce qu’il fixa autrement par la plume à écrire. Mais ces des sins sont comme les silhouettes parlantes de ses écrits. Mérovac rêve, son architecture s’en ressent. Sa cité est inhabitée, il la colore en bleu ciel et en vert clair, un soleil couchant pâle l’illumine, le plus souvent la lune l’inonde de sa blafarde clarté. Pendant que la lanterne magique fait défiler ses compositions, au lieu d’explications, Fauteur accom pagne ses visions matérialisées par des compositions musicales dont il est le créateur et qu’il exécute sur le piano à défaut d’orgue, ce véritable instrument des sentiments élevés. Mérovac, malgré lui, fut attiré par le moyen âge et tout ce qu’il a produit d’artistique. Rien ne put empê cher sa vocation et rien de ce qui ne se rattache pas à cette époque ne l’intéresse. Il est comme un de ces Prémontrés bâtisseurs égaré parmi nous, une réincar nation vivante d’un homme d’un autre âge. Son moi véritable vit, agit forcément comme celui de tout le monde, mais il n’est pas le plus fort et l’autre, le tyran, domine et retarde de six siècles sur les idées, il est loin du modem-style et ce n’est guère dommage 1 Chez le comte de Tromelin, il y a aussi, à son insu, des idées dominantes. Toutes ses compositions se res-
3-202 l’initiation sentent de visions occultes, ses personnages peuvent se classer en un certain nombre de types ; ici encore, nous avons l’inconscient fixant son rêve toujours re naissant, toujours déformé, on dirait une même subs tance, continuellement triturée, prenant des formes nouvelles comme les nuages qui s’amoncellent et s’étendent pour se reformer à nouveau. Et dans les deux médiums dessinateurs, malgré la part d’incohérence qui semble paraître à première vue, •on sent qu’en étudiant avec soin, en disséquant l’œuvre, qu’au contraire, tout est solidement char penté et que l’inconscient bâtit avec des règles, un art, une logique, un sens occulte qui ne le cède en rien à ce que fait le conscient, seulement qu’élevant ses châteaux dans ^Invisible,c’est à nous de chercher les lois et la clef qui président aux oeuvres de l’imma tériel. Tidianeuq.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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