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1[2 L’INITIATION Là résident les Idées-Mères qui tiennent la clef de l’Intelligence. En Grèce, à Olympie, sur l’Acropole, à Éleusis, il a vu ces Idées. incarnées en des hommes et des dieux, dérouler devant lui les jeux héroïques, la tragédie humaine et l’histoire céleste de Psyché. Il les a vu lutter entre elles, mourir et renaître, se perdre et se retrouver, nouer enfin cette chaîne d’or dont parle Homère et qui relie la terre au ciel. Là résident les Formes mélodieuses qui tiennent la clef de la Beauté. En Terre-Sainte, aux sanctuaires des prophètes et du Christ, il a plongé au mystère de la Douleur et de la Mort, d’où jaillit le secret des résurrections et des joies immortelles. Sous leur frisson, il a entendu la grande Harmonie qui joint les âmes, les peuples et les mondes. Là résident les Forces divines qui tiennent la clef de l’Amour. Il dédie ces souvenirs à la Jeunesse libre qui cherche comme lui la vérité d‘un cœur sincère et résolu dans un temps de décomposition sociale, où tous les hommes semblent atteints dans le'nerf de la volonté, où l’Argent, le Plaisir et l’Envie sont les seules idoles debout sur les ruines de l’ldéal,‘de l’Art et de la Foi. Plus heureuse que lui, qui n’aura été qu’un pèlerin aux longues étapes, aux courtes haltes, puisse-t-elle vaincre un jour dans l’arène de la' vie, après avo1r contemplé la Vérité dans ce sanctuaire, où l’on ne pénètre que par la triple porte de l’lntelligence de la Beauté et de l’Amour ! ‘
2LES SANCTUAIRES D’ORIENT l3 PRÉFACE Avec mon livre sur les Grands Initiés (I), je ren dais, il y a neuf ans, un premier témoignage à l’im mémoriale et sainte vérité ésotérique, dont je ne suis que le plus humble des représentants. Avec les Sanc tuaires d’0rz’ent j’apporte une seconde pierre à l’édi— fication du Temple, auquel de puissants architectes et de vaillants ouvriers travaillent aujourd’hui dans tous les pays, consciemment ou inconsciemment. Cette vérité, toujours méconnue par les autorités officielles de l’enseignement occidental (l’Église et l’Université), n’a jamais été comprise que d’un petit nombre. Quant à la foule, elle ne l’a pas même soup— çonnée. Pourtant elle est de tous les âges. Car, de son essence, elle ne réside pas dans la connaissance des faits matériels, quoique seule elle les illumine, les ordonne et les explique d’une clarté souveraine. Elle a sa source dans les profondeurs de l'Ame, dans la contemplation intellectuelle des Idées-Mères et dans l’énergie de la Volonté, appliquée à la vie spirituelle. Elle se manifeste à des degrés divers dans les Messies qui ont fondé les grandes religions, dans la tradition occulte proprement dite et dans les philosophes de l‘école, qui, en Inde comme en Grèce et dans les , temps modernes, ont traduit, fractionné et presque toujours obscurci la lumière intérieure par l'enseigne— (I) Première édition, 1889 ; troisième édition, 1895.
3l 4. L’INITIATION ment dialectique. Cette vérité essentielle, centrale et supérieure est donc l'âme de vie de toutes les grandes religions, la synthèse de leurs révélations successives, l’origine et la fin-de toute science. Comme elle jaillit à la fois de la source changeante, qui est l’Ame, et de la source immuable, qui est I’Esprit universel, elle est toujours variée dans la forme et toujours iden tique à elle-même par le fond. Aussi la doctrine secrète concorde-t-elle en ses traits dominants, qu’on la découvre chez les brahmanes, chez les prêtres égyptiens, çhez Pythagore, dans le Zohar du rabbin Simon-Ben-Jokai‘, chez le kabbaliste Henry Kunrath, chez le pauvre cordonnier Jakob Bœhme, chez Louis Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu du XVIII‘3 siècle, ou chez Fabre d’Olivet, cet académicien persécuté comme idéologue, par Napoléon I", érudit profond etpenseurmerveilleux,Ïtotalementméconnu et dédaigné par ses collègues comme par ses success'eu rs. La tradition ésotérique, soit écrite, soit orale, existe donc, ininterrompue à travers les siècles. Mais elle ne se noue et nése renouvelle que par l’effort continu et l’inspiration personnelle de ceux qui en forment la chaîne. Chaque nouveau développement de l’huma nité exige de sa part une adaptation appropriée'et ‘ comme un plus large rayonnement. C’est dans cette pensée que j’ai tenté, dans mes «Grands Initiés, une première synthèse de l’histoire des religions, depuis l’Inde jusqu’au Christ, et par lui jusqu’aux temps actuels et futurs. Je le fis avec des forces et des lumières bien incomplètes, mais avec la vue claire du but que je poursuivais et la foi absolue
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1[2 L’INITIATION Là résident les Idées-Mères qui tiennent la clef de l’Intelligence. En Grèce, à Olympie, sur l’Acropole, à Éleusis, il a vu ces Idées. incarnées en des hommes et des dieux, dérouler devant lui les jeux héroïques, la tragédie humaine et l’histoire céleste de Psyché. Il les a vu lutter entre elles, mourir et renaître, se perdre et se retrouver, nouer enfin cette chaîne d’or dont parle Homère et qui relie la terre au ciel. Là résident les Formes mélodieuses qui tiennent la clef de la Beauté. En Terre-Sainte, aux sanctuaires des prophètes et du Christ, il a plongé au mystère de la Douleur et de la Mort, d’où jaillit le secret des résurrections et des joies immortelles. Sous leur frisson, il a entendu la grande Harmonie qui joint les âmes, les peuples et les mondes. Là résident les Forces divines qui tiennent la clef de l’Amour. Il dédie ces souvenirs à la Jeunesse libre qui cherche comme lui la vérité d‘un cœur sincère et résolu dans un temps de décomposition sociale, où tous les hommes semblent atteints dans le'nerf de la volonté, où l’Argent, le Plaisir et l’Envie sont les seules idoles debout sur les ruines de l’ldéal,‘de l’Art et de la Foi. Plus heureuse que lui, qui n’aura été qu’un pèlerin aux longues étapes, aux courtes haltes, puisse-t-elle vaincre un jour dans l’arène de la' vie, après avo1r contemplé la Vérité dans ce sanctuaire, où l’on ne pénètre que par la triple porte de l’lntelligence de la Beauté et de l’Amour ! ‘
2LES SANCTUAIRES D’ORIENT l3 PRÉFACE Avec mon livre sur les Grands Initiés (I), je ren dais, il y a neuf ans, un premier témoignage à l’im mémoriale et sainte vérité ésotérique, dont je ne suis que le plus humble des représentants. Avec les Sanc tuaires d’0rz’ent j’apporte une seconde pierre à l’édi— fication du Temple, auquel de puissants architectes et de vaillants ouvriers travaillent aujourd’hui dans tous les pays, consciemment ou inconsciemment. Cette vérité, toujours méconnue par les autorités officielles de l’enseignement occidental (l’Église et l’Université), n’a jamais été comprise que d’un petit nombre. Quant à la foule, elle ne l’a pas même soup— çonnée. Pourtant elle est de tous les âges. Car, de son essence, elle ne réside pas dans la connaissance des faits matériels, quoique seule elle les illumine, les ordonne et les explique d’une clarté souveraine. Elle a sa source dans les profondeurs de l'Ame, dans la contemplation intellectuelle des Idées-Mères et dans l’énergie de la Volonté, appliquée à la vie spirituelle. Elle se manifeste à des degrés divers dans les Messies qui ont fondé les grandes religions, dans la tradition occulte proprement dite et dans les philosophes de l‘école, qui, en Inde comme en Grèce et dans les , temps modernes, ont traduit, fractionné et presque toujours obscurci la lumière intérieure par l'enseigne— (I) Première édition, 1889 ; troisième édition, 1895.
3l 4. L’INITIATION ment dialectique. Cette vérité essentielle, centrale et supérieure est donc l'âme de vie de toutes les grandes religions, la synthèse de leurs révélations successives, l’origine et la fin-de toute science. Comme elle jaillit à la fois de la source changeante, qui est l’Ame, et de la source immuable, qui est I’Esprit universel, elle est toujours variée dans la forme et toujours iden tique à elle-même par le fond. Aussi la doctrine secrète concorde-t-elle en ses traits dominants, qu’on la découvre chez les brahmanes, chez les prêtres égyptiens, çhez Pythagore, dans le Zohar du rabbin Simon-Ben-Jokai‘, chez le kabbaliste Henry Kunrath, chez le pauvre cordonnier Jakob Bœhme, chez Louis Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu du XVIII‘3 siècle, ou chez Fabre d’Olivet, cet académicien persécuté comme idéologue, par Napoléon I", érudit profond etpenseurmerveilleux,Ïtotalementméconnu et dédaigné par ses collègues comme par ses success'eu rs. La tradition ésotérique, soit écrite, soit orale, existe donc, ininterrompue à travers les siècles. Mais elle ne se noue et nése renouvelle que par l’effort continu et l’inspiration personnelle de ceux qui en forment la chaîne. Chaque nouveau développement de l’huma nité exige de sa part une adaptation appropriée'et ‘ comme un plus large rayonnement. C’est dans cette pensée que j’ai tenté, dans mes «Grands Initiés, une première synthèse de l’histoire des religions, depuis l’Inde jusqu’au Christ, et par lui jusqu’aux temps actuels et futurs. Je le fis avec des forces et des lumières bien incomplètes, mais avec la vue claire du but que je poursuivais et la foi absolue
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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