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One moment.
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1LES LARVES 5 Les citations précédentes nous montrent que c’est l'idée qui détermine la forme et le mode d’action de cette larve ; mais d’où emprunte-t-elle le pouvoir de continuer son existence ? La larve agit comme un cancer, siégeant, non pas en physique, mais en astral, et c’est à la force vitale même de son créateur qu’elle emprunte le moyen de poursuivre son existence. C'est grâce à la faiblesse de la volonté de l'obsédé que l’obsession se continue, et jamais un magiste ayant convenablement dompté les impulsions de l’être psychique ne pourra subir l'influence de ces créations de la lâcheté ou de la peur. Le moyen qui permet à la larve d’exister n’est donc point un principe métaphysique. C’est une force matérielle, facilement perceptible et localisée dans le globule sanguin qui va donner la force et la puissance à cette création éphémère. « C’est à la vapeur du sang, dit Paracelse, que l’ima gination emprunte tous les fantômes qu’elle enfante. » Relatons à ce propos un souvenir personnel. Il y a quelques années, nous fûmes mis à même d’assister à un phénomène d’écriture directe en pleine lumière en compagnie du Dr Gibier. La scène se passait chez le magnétiseur Robert qui avait endormi deux sujets, un jeune homme et une jeune femme. Une feuille de papier écolier en marge de laquelle les vingt personnes présentes avaient apposé leurs signatures fut placée dans une enveloppe, en pleine lumière, et le sujet homme, toujours endormi, prit cette enveloppe entre le pouce et l’index de chacune de ses deux mains et
26 l'initiation la maintint verticalement sous la lampe allumée. A ce moment nous entendîmes distinctement un yratO tentent spécial dans l'intérieur de l’enveloppe: ce grat tement dura trois minutes environ. Pendant ce temps, le sujet affirmait que son sang s'échappait de ses mains et entrait dans l’enveloppe ; mais personne ne voyait rien d’objectif. Quand le grattement cessa, le sujet s'évanouit et eut une syncope de deux minutes. Pen dant que je lui prodiguais les soins nécessaires, le Dr Gibier s’était emparé de l'enveloppe. On retira la feuille de papier écolier qui contenait une vingtaine demauvais vers, signés « Corneille » et qui semblaient tracés avec une allumette carbonisée. L’enquête démontra que le jeune sujet, aspirant à la carrière dramatique, avait la tète bourrée de vers des grands classiques. De là l’étiologie du nom de « Corneille ». Ayant eu à quelque temps de là l’occasion d'analy ser ce genre d'ccritures directes, je constatai, sous le microscope, la présence de globules sanguins hu mains carbonisés. C’était bien le sang qui était la matière de ces manifestations. De là l’affaiblissement énorme du sujet. Il en est de même dans l'action de ces larves, témoin l’extrait suivant d’Eliphas Levi (Livre des Esprits, p. 216) : VIE DE LA LARVE « Les hiérophantes de Baal et de Nisroch, dans une ■exaltation furieuse, se faisaient des incisions par tout le corps et demandaient soit des apparitions, soit des miracles, aux vapeurs de leur propre sang ; alors tout
3LES LARVES 7 commençait à tournoyer devant leurs veux égarés et malades : la lune prenait la teinte de sang répandu, et ils croyaient la voir tomber du ciel ; puis com mençaient à sortir de terre, à voltiger, à ramper, à se traîner des choses hideuses et informes ; on voyait se former des larves et des lémures ; des tètes pâles et sordides comme les vieux suaires, et toutes barbues des moisissures de la tombe, venaient se pencher sur la fosse et tiraient leur langue sèche pour boire le sang répandu. Le magicien, tout affaibli et tout blessé, s'escrimait contre elles avec le glaive jusqu'à l'appa rition de la forme attendue et de l’oracle. » Ces larves prennent naissance sous l’influence d'une idée d'intensité particulière et se perpétuent grâce à la force vitale de leur créateur. Mais une idée intense peut se produire par réaction personnelle de la conscience (c’est-à-dire du plan supérieur) sur l’individu : de là le remords et l’obses sion ; mais elle peut aussi être produite par l’action d'une autre personne : de là la suggestion qui n'est en définitive qu’un procédé spécial de création de larves plus ou moins tenaces. C'est là le danger de l'emploi de la suggestion par des individus immoraux ou inexpérimentés. La puis sance de la larve ainsi créée dépend uniquement de la résistance que la Volonté peut opposer à cette larve. Lorsqu’on se trouve en présence d'un individu à caractère faible et qui se prétend « envoûté » ou « persécuté», il faut bien se rendre compte de l’origine de cette persécution et quatre-vingt dix-neuf fois sur
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LES LARVES 5 Les citations précédentes nous montrent que c’est l'idée qui détermine la forme et le mode d’action de cette larve ; mais d’où emprunte-t-elle le pouvoir de continuer son existence ? La larve agit comme un cancer, siégeant, non pas en physique, mais en astral, et c’est à la force vitale même de son créateur qu’elle emprunte le moyen de poursuivre son existence. C'est grâce à la faiblesse de la volonté de l'obsédé que l’obsession se continue, et jamais un magiste ayant convenablement dompté les impulsions de l’être psychique ne pourra subir l'influence de ces créations de la lâcheté ou de la peur. Le moyen qui permet à la larve d’exister n’est donc point un principe métaphysique. C’est une force matérielle, facilement perceptible et localisée dans le globule sanguin qui va donner la force et la puissance à cette création éphémère. « C’est à la vapeur du sang, dit Paracelse, que l’ima gination emprunte tous les fantômes qu’elle enfante. » Relatons à ce propos un souvenir personnel. Il y a quelques années, nous fûmes mis à même d’assister à un phénomène d’écriture directe en pleine lumière en compagnie du Dr Gibier. La scène se passait chez le magnétiseur Robert qui avait endormi deux sujets, un jeune homme et une jeune femme. Une feuille de papier écolier en marge de laquelle les vingt personnes présentes avaient apposé leurs signatures fut placée dans une enveloppe, en pleine lumière, et le sujet homme, toujours endormi, prit cette enveloppe entre le pouce et l’index de chacune de ses deux mains et
26 l'initiation la maintint verticalement sous la lampe allumée. A ce moment nous entendîmes distinctement un yratO tentent spécial dans l'intérieur de l’enveloppe: ce grat tement dura trois minutes environ. Pendant ce temps, le sujet affirmait que son sang s'échappait de ses mains et entrait dans l’enveloppe ; mais personne ne voyait rien d’objectif. Quand le grattement cessa, le sujet s'évanouit et eut une syncope de deux minutes. Pen dant que je lui prodiguais les soins nécessaires, le Dr Gibier s’était emparé de l'enveloppe. On retira la feuille de papier écolier qui contenait une vingtaine demauvais vers, signés « Corneille » et qui semblaient tracés avec une allumette carbonisée. L’enquête démontra que le jeune sujet, aspirant à la carrière dramatique, avait la tète bourrée de vers des grands classiques. De là l’étiologie du nom de « Corneille ». Ayant eu à quelque temps de là l’occasion d'analy ser ce genre d'ccritures directes, je constatai, sous le microscope, la présence de globules sanguins hu mains carbonisés. C’était bien le sang qui était la matière de ces manifestations. De là l’affaiblissement énorme du sujet. Il en est de même dans l'action de ces larves, témoin l’extrait suivant d’Eliphas Levi (Livre des Esprits, p. 216) : VIE DE LA LARVE « Les hiérophantes de Baal et de Nisroch, dans une ■exaltation furieuse, se faisaient des incisions par tout le corps et demandaient soit des apparitions, soit des miracles, aux vapeurs de leur propre sang ; alors tout
3LES LARVES 7 commençait à tournoyer devant leurs veux égarés et malades : la lune prenait la teinte de sang répandu, et ils croyaient la voir tomber du ciel ; puis com mençaient à sortir de terre, à voltiger, à ramper, à se traîner des choses hideuses et informes ; on voyait se former des larves et des lémures ; des tètes pâles et sordides comme les vieux suaires, et toutes barbues des moisissures de la tombe, venaient se pencher sur la fosse et tiraient leur langue sèche pour boire le sang répandu. Le magicien, tout affaibli et tout blessé, s'escrimait contre elles avec le glaive jusqu'à l'appa rition de la forme attendue et de l’oracle. » Ces larves prennent naissance sous l’influence d'une idée d'intensité particulière et se perpétuent grâce à la force vitale de leur créateur. Mais une idée intense peut se produire par réaction personnelle de la conscience (c’est-à-dire du plan supérieur) sur l’individu : de là le remords et l’obses sion ; mais elle peut aussi être produite par l’action d'une autre personne : de là la suggestion qui n'est en définitive qu’un procédé spécial de création de larves plus ou moins tenaces. C'est là le danger de l'emploi de la suggestion par des individus immoraux ou inexpérimentés. La puis sance de la larve ainsi créée dépend uniquement de la résistance que la Volonté peut opposer à cette larve. Lorsqu’on se trouve en présence d'un individu à caractère faible et qui se prétend « envoûté » ou « persécuté», il faut bien se rendre compte de l’origine de cette persécution et quatre-vingt dix-neuf fois sur
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
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