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MASTER NEGA TIVE NO. 93-81453
MICROFILMED 1993 COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES/NEW YORK
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AUTHOR:
BOHME, JACOB
TITLE:
DES TROIS PRINCIPES DE L'ESSENCE DIVINE;
PLACE:
PARIS
DA TE :
1802
COLUMBIA UNIVERSITY LIBRARIES PRESERVATION DEPARTMENT
BIBLIOCRAPHIC MTCROFORM TARfiFT
' Master Négative #
Original Malerial as Filmed - Existing Bibliographie Record
193863 Z
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Bdbffle» Jakob, 1675-1624,
Des trois principes de l'essence divine» ou. De l'éternel engendrement sans origine. De !• l'homme» d'où il a éti créé et pour quelle fin, comment tout prend son commencement dans le tems, comment tout poursuit son cours, et ce que tout redeviendra à la fin. par Jacob Behme.. tr. de l'Allemand, sur l'édit. d'Amsterdam de 1682, par le Philosophe inconnu tSalnt-Marln, L. C. dej Paris, Laran, 1802.
2 V. in 1. 20^^""^^.
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DES
TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE.
DES TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE;
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SE VEND A paris;
'L A R A N , Imprimeur -Libraire , place du Panthéon , aux ci - devant Ecoles de Droit.
Idibeai, palais du Tribunal, galeries de Bois.
A LYON,
Chez lès*ïtecçs Périsse, Imprimeurs-Libraires , rue Mercière, n®. i5.
Ok trouve chez les mêmes Libraires, V Aurore naissante y du même Auteur.
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DE L^ÉTERNEL ENGENDREMENT
SANSORIGINE.
De l'homme; d'où il a été créé et pour quelle fin.
Comment tout prend son commencement dans le tems; comment tout poursuit son cours, et ce que tout redeviendra à la un :
Par JACOB BÉHME, du vieux Seidenhourg ^ nommé le philosophe Teutonlque ^
Traduit de l'Allemand, sur Pédit. d'Amsterdam, de 1682; Par le Philosophe inconnu.
TOME PREMIER.
A P A R ï S^,
DE L'IMPRIMERIE DE LARAN.
AN 10. — 1802,
AVERTISSEMENT
DU TRADUCTEUR.
V \-
J5 r Ouvrage qui est le second de Jacob Béhmey a été écrit en 1619, sept ans après r Aurore naissante , dont j'ai publié^ Vannée dernière , la traduction française. Il paroH avoir sur son aînée quelques avantages : celui d'être moins informe y et celui d'ajouter aux richesses dont elle est pourvue y plusieurs trésors absolument neufs. On peut même le regarder comme un tableau complet de toute la doctrine de l^ auteur , quoique tous ses autres ouvrages offrent des développemens intéressans de quelques uns des germes qui ne sont que semés dans celui-ci.
Il ne faut pas croire y cependant, que soit quant au fonds , soit quant d la forme , Une laisse rien à désirer.
On y verra reparoitre les inconvéniens que l'on rencontre dans tous les écrits de Jacob Bêhme i savoir : des obscurités atla^ cheés d la profondeur des objets dont il a eu d parler^ et cela sur -tout dans les premiers
^ AVERTISSEMENT
chapitres de cet ouvrage , parce que cest là où il a eu à exposer les bases fondamentales et très abstraites de sa doctrine.
On y verra de fréquentes répétitions , des expressions peu distinguées , et la même né-- gligence de style , ce dont on sera peu étonné quand on se souviendra^ comme je Vai annoncé dans V Aurore , que cet écrivain étoit sans lettres, qu^H étoit né pâtre ^ et qu'il étoit mort cordonnier.
On y trouvera aussi , et même plus abondamment encore , de nombreuses et violentes déclamations contre les ministres de la communion religieuse , de laquelle la Saxe et une grande partie de Vjillemagne s'étoient séparées lorsque Vauteur a reçu le jour.
J'ai supprimé ici, comme dans V Aurore , quelques uns de ces passages.Pargoûtfaurois préféré de Iss supprimer tousy parce que, sans prétendre justifier tous les ministres de cette communion et les disculper de ce qui leur a été tant reproché , je crois cependant devoir révérer la chaire sur laquelle ils sont assis ; parce que les traits qui se lancent contre eux, n'entraînent que trop souvent Vliomme léger à envelopper le sacerdoce et Icji prêtres dans le même jugement , tandis qu'il seroit si imDU TRADUCTEUR. iij
portant d'en faire le départ \ et parce que c'est spécialement àleur respectable ministère ^ qu^auroit du appartenir la manifestation de toutes les merveilles et de toutes les lumières dont le cœur et l'esprit de l'homme auroient un si pressant besoin.
Mais je n'ai pu me dispenser de laisser subsister une grande partie de ces passages : soit parce qu'il s'y trouve des vérités utiles , qui , malgré leur virulence , ne peuvent déplaire qu'à ceux gui ne seroient pas de sincères et fidèles serviteurs de Dieu ; soit parce que Jacob Béhme , ayant parcouru en théosophle une carrière que personne , avant lui 9 n' avait pas même aperçue , il nia paru que je devois le présenter à mes lecteurs tel qu'il s'est montré lui-même^ c'est-à-dire j non - seulement avec les connaissances extraordinaires qui lui sont propres y mais encore avec les opinions et les préjugés qu'il a pu emprunter , comme naturellement , du siècle et de la contrée où il a vécu.
Dans l'avertissement que j'ai mis à la tête de l'Aurore naissante , j'ai donné un précis très court de la vie de l'auteur , et particulièrement de la manière dont il a fait son entrée dans la carrière théosophique.
IT ÀVliUTISSEMENT
J^y ai joint quelques réflexions sur les dé^ savaniages avec îesfjuels cet auteur depoit se montrer aujourd'hui y en comparaison de y époque où il a écrit y puisqu' alors les idées morales , métaphysiques et religieuses , n^Gr* voient point d redouter , comme dans les époques postérieuresjl'épée de la philosophie et qu^il ne leur eûtjallu que son flambeau.
J'y ai exposé les motifs qui y malgré ces désavantages é^'idens^ me soutenoient dans mon entreprise très laborieuse y et plus pénible pour moi que pour un autre , vu qu\l m>on neui'ième lustre accompli , je ne sau'ois pas encore un seul mot d'allemand.
J^y ai rendu compte aussi de la marche que j^avois suii^ie dans ma traduction.
J^y ai prévenu le lecteur de quelques mots barbares qu^ il m^ a fallu inventer y ainsi que de quelques notes interprétatives que j'ai cru nécessaires de joindre au texte y et que j* ai toujours mises en italique et entre deux crochets [ ] y j^y ai annoncé aussi que , tout ce qui se trouvera entre deux parenthèses ( ), sera la propriété de V auteur.
Je renvoie à cet avertissement en question pour ce que j^aurois d dire sur la traduction des trois Principes j parce que le plan et le
DU TRADUCTEUR. V
mode en sont les mêmes que pour celle de
l'Aurore naissante.
Voici cependant ce que j'ai à ajouter touchant la tr<iduction que je présente aujour^ (Vhzd au lecteur^ et dans laquelle ^ comme dans la précédente , je n'ai visé qud V exactitude y et nullement à V élégance.
J'ai supprimé assez fréquemment les deux crochets pour les mots qui ne sont pas français et qu'il nul fallu inventer y parce que j'ai cru suffisant d'employer quelquefois ces signes indicatifs de leur bâtardise. Mais je n'ai supprimé nulle part les deux crochets pçur les notes interprétatives , afin qu'elles ne fussent jamais confondues avec le texte de mon auteur.
. Vu l'exlrvme longueur du titre d*i cet ouvrage dans V original allemand., j'ai cru pouvoir r abréger dans ma traduction y cV autant que tous les objets que ce titre offire dans le texte y sont bien plus amplement exposés encore dans la préface de l'auteur.
Jacob Bchme donne à chaque instant^ dans cet ouvrage et dans ceux qui suivent , le nom lie vierge à V éternelle sagesse divine , et quelquefois aussi il la désigne sous le nom de SOPHIE. J'ai pris sur moi d'employer y
VJ AVER T. PU TRADUCTEUR.
presque par-tout y ce nom de sopiiie pour indiquer cette vierge étemelle y que sans cela on auroitpu confondre ^mal à propos y avec la créature terrestre , honorée comme vierge sainte , sous le nom de Marie y par les chrétiens.
Enfin y parmi les mots allemands qui n'ont point d'analogue en français , // en est un^le mot gemiithe^ que j'ai traduit de tems en iems par anie , ce qui est le sens le plus usité dans les matières théosophiques y mais l'auteur^lui-même dans quelques endroits^prouve par le fait y qu'il distingue Vame d'avec le mot gemiitlie j et comme ce mot allemand m *a paru peindre cette intime faculté , par la-^ quelle notre être spirituel et divin est capable de sentir sa dignité y de connoitre ses rapports et d'exercer ses privilèges ; comme il m'a paru peindre ydis-jcycet état que j* appel eroisj si j'osois m' exprimer ainsi , la puberté de Vame y je n'ai rien trouvé de mieux pour le représenter y^iue l'expression de base affective^ et c'est par cette dénomination que je l'ai trè& souvent caractérisé.
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PREFACE
D E L'A U T E U R
AU LECTEUR PIEUX ET CHRETIEN
1. jLIefuis sa naissance, et pendant toute la durée de sa vie dans ce monde , riiomme ne peut rien entreprendre de plus important et de plus utile pour lui , que de chercher à se bien connoître lui-même : i**. Ce qu'il est? 2**. D'où et par qui ? 5°. Pourquoi il a été formé ? et 4*>. Quel est son emploi ? Dans celte sérieuse recherche il trouvera : ï**. Comment toutes les choses qui existent sont prévenues de Dieu ; il trouvera : 20. Comment parmi tout ce qui existe , il est la plus noble des créatures; de-là il trouvera aisément :o°. Quels sont les plans de Dieu à son égard , puisqu'il Ta établi souverain sur toutes les créatures de ce monde , et que , de préférence à elles , il Ta doué de la pensée , de la raison et de l'intelligence , et sur-tout de la parole , afin qu'il puisse discerner tout ce qui se fait entendre , toul ce qui se meut , tout ce qui croît 5 juger
Vllj PRÉFACE
des propriétés , du cours et de la source de toutes choses; et les tenir toutes sous sa puissance y en sorte qu'il soit le maître de les lier toutes par sa pensée et sa raison ] de les employer et de les diriger à sa volonté , et comme il lui plaît.
2. Mais Dieu lui a donné encore une bien plus haute et plus grande counoissiuice , par laquelle il peut voir dans le cœur de toutes choses , quelle sont les essences , les puissances et propriétés qui leur appartiennent : soit parmi les créatures, dans la terre, les pierres , les arbres , les plantes , dans tout ce qui a du mouvement , ou ce qui n*en a point , «oit même aussi dans les astres et les élémens, en sorte qu'il connoisse leur essence et leur puissance , et comment c'est dans cette puissance que gît toute sensibilité naturelle , la croissance , la multiplication et toute essence vivante.
5. Outre tous ces avantages , Dieu lui a donné la compréhension , et la plus haute pénétration pour pouvoir reconnoîlre Dieu pour son créateur 5 d'où, comment, et ce qu'est l'homme 5 où il e^^t , de quelle source il est provenu et a été créé , et comment il est l'image , l'essence, le domaine et le fils du Dieu éternels
D B l'a U T E U R.
incréé et impérissable ; comment il a été créé de l'essence de Dieu , qui a 771/5 en lui son essence et sa propriété ; qui , par son esprit , vit en lui et le régit; qui par lui, homme , gouverne sa création; qui aussi, le chérit ardemment, comme son propre cœur et son essence en faveur de qui il a créé ce monde avec toutes les créatures, lesquelles pour la plupart ne pourroient vivre selon leur qualification , sans la raison et le gouvernement de l'homme.
4. C'est dans cette haute contemplation que consiste la vraie sagesse divine, et elle n'a ni nombre ni limite ; c'est là qu'on découvre le véritable amour de Dieu pour Thomme , en sorte que l'homme reconnoît ce qu'est Dieu son créateur,ce qu'il exige de lui,et ce qu'il a remis à son pouvoir,et c'est là ce que l'homme peut sonder et rechercher de plus profitable dans ce monde. Car il apprend là à connoître ce qu'il est luimême , de quelle substance et de quelle essence il est ; ce qui meut ses pensées et son intelligence , et comment il est provenu de l'essence de Dieu. De même qu'une mère engendre un fils de sa propre essence , prend soin de lui , et lui abandonne ses biens et ses propriétés , et l'en rend possesseur ; de même Dieu en agit ainsi avec l'homme qui est aussi son fils. Il l'a créé ,
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il le soigne , et l'a rendu héritier de tous ses biens. Dans cette contemplation, germe la divine connoissance , et Tamour de Thomme pour Dieu, comme celui des enfans envers leurs parens, en sorte que Tliomme chérit Dieu son père , puisqu'il reconnoîl qu'il est son auteur, dans lequel il vit, se meut et existe , qui le soigne et qui le nourrit. Car c'est ainsi que parle le Christ notre frère qui nous a été engendré du père pour notre salut , et a été envoyé dans cp monde : la vie éternelle consiste à vous connoître, vous qui êtes le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que vous avez envoyé.
(Jean. 17 : 5. )
5. S'il est donc vrai que nous reconnoissions nous-mêmes , que nous avons été créés de l'être de Dieu , comme image , essence et propriété de Dieu, il est bien juste que nous vivions dans son obéissance , et que nous le suivions, puisqu'il nous conduit comme un père conduit ses enfans. Aussi avons- nous la promesse que si nous le suivons , nous aurons la lumière de l'éternelle vie. ( Jean 8. ) Sans cette considération , nous sommes tous des aveugles, et nous n'avons aucune vraie connoissance de Dieu : mais nous cheminons comme des animaux muets , et nous nous reD E l'a U T E U R. xj
gardons , nous - mêmes , aussi bien que la création de Dieu avec un ébahissement stupide j nous nous opposons à Dieu et à sa volonté , et nous vivons ainsi dans la rébellion , au préjudice du corps et de l'ame , et des nobles créatures de Dieu. Nous tombons dans ces cruelles et effroyables ténèbres , parce que nous ne voulons point apprendre à nous connoître nous-mêmes ; ce que nous sommes ; de quelle essence ; ce que nous deviendrons ; si nous sommes éternels , ou périssables avec notre corps ; en outre , si nous devons rendre compte de nos œuvres et de notre être , puisque nous avons été établis maîtres de toute la création et des créatures ; que nous les avons toutes en notre puissance^ et que nous les gouvernons.
6. Or , puisque nous voyons , savons , et trouvons incontestablement que Dieu demandera compte de toutes nos oeuvres , comment nous nous serons conduits envers ses productions, et que si nous nous éloignons de lui et de ses commandemens , il nous en punit terriblement , comme nous en avons d'effroyables exemples dès ce monde, dans les Juifs, les Payens et les Chrétiens , particulièrement celui du déluge , de Sodome , de Gomorrhe , ainsi
Xj: PRÉFACE
que celoi de Pharaon et du peuple d'Israël dans le désert et depuis lors continuellcn.ent jusqu'à ce jour ; il est donc de la plus haute importance que nous étudions la sagesse ; que nous apprenions à nous connoîlrc nous-mêmes; quels vices énormes nous portons en nous ; quels loups effroyahles sont parmi nous pour s'opposer à Dieu et à sa volonté.
7 Car personne ne peut se disculi^er sur son ignorance , puisque la volonté de Dieu est écrite dans notre base affective . afin que nous connoissions bien ce que nous devons faire. Toutes les créatures servent aussi a nous en convaincre. En outre , nous avons la loi et les ordonnances de Dieu , en soile que nous n avons aucune excuse, si ce n'est noire soporeuse et nonchalanlc paresse ; aussi serons - nous jugés comme étant des serviteurs négligens et inutiles i la vigne du seigneur.
8. Enfin , il nous est essentiellement nécessaire d'apprendre à nous connoître , puisque le démon demeure prés de nous dans ce monde; qu'il est l'ennemi de Dieu et le notre ; qn il nous égare et nous trompe journellement pour nous séparer de Dieu notre père , comn.o ,1 y est parvenu avec noire premier père , voulant par-li étendre son règne , et nous pnvci ...5
l> E l'a U t e V r. xii;
notre salut éternel, comme cela est écrit, ^ 1 . Pierre 5 : v. 8 ) : Notre adversaire le démon tourne autour de nous , comme un lion runissant , cherchant qui il pourra dévorer.
9. Puisque nous sommes dans un si effroyable danger en ce monde ; que nous sommes environnes d ennemis de tous les côtés , et que nous ne pouvons marcher en ëùreté dans notre pèlerinage , d'autant que nous portons en nous le plus cruel ennemi j que nous le voilons et que nous ne voulons pas apprendre à le connoître , quoiqu'il soit cependant l'hôte le plus pernicieux , et qu'il nous jète dans la colère de Dieu, étant vraiment lui-même la colère de Dieu qui nous plonge dans l'étemel feu colérique, et dans réternelle angoisse inextinguible; il est donc nécessaire que nous apprenions à bien connoître cet ennemi j ce qu'il est j qui il est, et pourquoi ils est ; comment il vient en nous j quel est en nous son droit et sa propriété, ainsi que son entrée et son autorité en nous ; comment il s'associe avec notre propre ennemi qui demeure en nousjcomment ils se favorisent et s'appuient l'un et l'autre ; comment ils sont tous deux ennemis de Dieu et nous épient continuellement pour nous perdre et pour nous détruire.
xiv r R i F A C E
. lo. De plus, il est haulenient essentiel «Te nous envisager , et d'apprendre à nous conïioîtBB , par la grande raison que nous savons et que nous voyons que nous devons mourir et sinpérir à cause de notre propre ennemi , qui est à la fois le nôtre et celui de Dieu,et qui demeure en nous, et est vraiment la moitié de l'homme. Et s'il devient assez puissant en nous pour y obtenir la supériorité et le premier rang , il nous livre à tous les démons, dans Tabîme, pour demeurer avec eux perpétuellement dans les ténèbres éternelles , et dans des angoisses et des tourmens qui ne s'appaiseront jamais. En effet , il nous jète dans la maison de solitude , dans rélernel oubli de tout bien , dans ropposition à Dieu , de façon que nous combattons éternellement Dieu et toutes les
créatures.
11. Nous avons encore une raison plus importante de chercher à nous connoître ; comment nous sommes dans le bi«n et le mal ; d'autant que nous avons la promesse de Téternelle vie, que si nous soumettons notre ennemi personnel et le démon , nous devons être enfans de Dieu, et vivre éternellement dans Dieu, dans son royaume , près de lui et dans lui , piès des saints anges , dans une joie perpé-
» E l'a u t t ij r. xt
luelle , dans la lumière , dans la gloire dans la [bén({/ice/ice]y dans les bonnes grâces , dans la douceur, sans aucune communicatîèn , et sans aucune connoissance du mal. En outre nous a\rons la promesse , que si nous avons soumis notre propre ennemi , et que nous Tayons enfoui en terre , nous devons au dernier jugement nous remontrer dans un nouveau corps , dans lequel il ny aura aucune angoisse ; et vivre éternellement avec Dieu dans un amour parfait , dans la joie , les délices et la sainteté.
la. Nous savons aussi, et nous connoissons que nous avons en nous lame raisonnable et immortelle , qui est dans lamour de Dieu , et que si elle ne succombe pas sous son adversaire, mais que comme un conquérant céleste , elle le renverse sous ses pieds , Dieu et son esprit saint la protégeront, et lui donneront l'inlelligenceet la puissance pour vaincre tous ses ennemis, qu'ils combattront pour elle , et que lors de sa victoire sur le mal , elle sera glorifiée comme un digne conquérant , et recevra la plus belle couronne céleste. ( 2 tim. 4:7, 8. apoc. 2 : 10 ).
i5. Or , puisque Phomme sait qu'il est aussi un être mixte, partagé entre le bien et ]e mal, «t que Tun et Tautre est sa possession; qu'il
xv)
P 11 É F A C E
est , cependant, un seul homme qui est Lon et niauvais 3 et qu^il doit recevoir la récompense dç rajet de l'autre; que de quelque colé qu'il jijMnTdans cette vie, son^ame s'y porte quand Jà meurt , et qu'au dernier jugement il ressuscitera en force et puissance dans le travail qu'il a fait ici , et y vivra éternellement , et y sera glorifié , et trouvera là sa source et son perpétuel aliment ; il lui est donc essentiellement utile de chercher à se connoître ; pourquoi il est créé ; d'où lui vient l'impulsion du bien et du mal , et ce qu'est , toutefois , le bien et le mal en soi-même 5 d'où ils sont mus. 11 doit chercher particulièrement , quelle est la source de tout ce qui est bien et de tout ce qui est mal ; d où et par où le mal est venu dans le démon , dans 1 homme et dans toutes les créatures , puisque le démon a été un saint ange , et que l'homme aussi a été créé bon, et que le faux attract se trouve dans toutes les créatures qui se haïssent , se battent , se tour^ mentent et sont ennemies les unes des autres ; qu'U y a une semblable opposition dans toutes les créatures , et qu'un même corps est divisé d'avec lui-même. Et cela nous ne le voyons pas seulement parmi les créatures vivantes , mais aussi dans les étoiles, les élémens , la
D E l'a u t e u r. xvij
terre , les pierres , les métaux , les feuilles , rherbe et le bois , où par-tout est le poison et le mal. On trouve , en outre , que cela doit être ainsi ; autrement , il n'y auroit ni vie , ni mouvement , de même qu'il n'y auroit ni couleur , ni i^ertus , rien de mince, rien d'épais, rien d% perceptible , mais tout seroit un rien.
i4. Dans cette haute considération, on trouve que le tout est venu de Dieu même, que c est sa propre essence, qu'il est cela lui même, et qu'il s'est lui-même produit de lui-même. Le mal agit pour la corporisation et pour la mobilité. Le bien, pour Tamour. La force ou l'opposition , pour la joie. Tant que la créature est dans l'amour de Dieu , le colérique ou lopposition fait [ Vélcpement ] de l'éternelle joie 5 mais si la lumière de Dieu s'éteint , il fait l'éternel élèuement de la source angoisseuse, et
le feu infernal.
i5. Pour éclaircir toutes ces choses , je décrirai ici les trois principes divins , dans lesquels tout sera expliqué ; ce qu'est Dieu ; la nature et les créatures; ce qu'est l'amour et la douceur de Dieu ; son bouillonnement et sa volonté ; ce qu'est le démon et la colère de Dieu; bref, ce qu'est la joie et la souHVance ; comment toutes choses ont pris naissance et
II
XViij PRÉFACE
continuent d^exister. Nous voulons aussi représenter la vraie différence qu'il y a entre les créatures éternelles et celles qui sont périssables ; sur - tout , considérer Thomme et son ame ; ce qu'il est , et comment il est une créature éternelle ; ce qu est le ciel , dans lequel Dieu , les auges et les hommes saints demeurent ; et ce qu'est lenfer, dans lequel les démons habitent, et comment toutes choses ont été créées ainsi dans l'origine ; en un mot, ce qu'est l'essence de toutes les essences. Puisque l'amour de Dieu ma favorisé de ces connoissances, je veux les écrire comme un mémorial et un souvenir pour moi , attendu que rous vivons, dans ce monde , dans un grand danger, entre le ciel et l'enfer, et que nous devons sans cesse combattre le démon. Par ce moyen, si je venois , par ma foiblesse , à tomber sous la colère de Dieu , et que la lumière de mes connoissances me fût retirée , j'aurois de quoi pouvoir me les rappeler , et les ressusciter en moi.
1 6. Car Dieu voudroit que tous les hommes fussent secourus , et ne veut point la mort du pécheur ; mais qu'il se convertisse , qu'il se tourne vers lui, et qu'il vive éternellement en lui. C'est dans ce dessein qu'il a laissé son cœur, qui est son fils, devenir homme, afin que nous
D E LA U T E U R. XÎX
puissions nous attacher à lui , nous ressusciter en lui , et nous régénérer de nos péchçs et de nos fausses volontés.
17. Ainsi, pour l'homme qui, dans ce monde , vit dans cette souffrante et périssable chair, dans un si grand danger , il n'y a rien de plus ulile que de se bien connoître lui-même ; et s'il se connoît bien lui-même , il connoit aussi Dieu son créateur, et toutes les créatures; et en outre combien Dieu est disposé pour lui ; et cette connoissance est la plus délicieuse que j'aie jamais découverte.
18. Mais s'il arrivoit que ces écrits fussent lus , et que, par hasard , le peuple de Sodôms et autres semblables pourceaux se présentassent pour fouiller dans mon jardin de délices, et n'y pussent rien voir, ni comprendre, et n'y épluchassent que des vices et de l'ojjgueil, et ne se connussent ni eux, ni Dieu, ni encore moins ses enfans ; ce n'est point pour ceux-là que je veux rien écrire ; et je ferme mon livre avec un mur épais et des barres pour ces sauvages génisses du démon , et pour ces idiots qui sont enfoncés jusqu'aux oreilles dans les sépulcres de l'enfer , et ne se connoissent point euxniénies , mais font ce que fait le démon , leur professeur , et demeurent enfans de la sévérité
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j^j^ PRÉFACE.
colérique de Dieu. Si je désire donc d'écrire avec quelque clarté , c'est pour les enfans de Dieu. Le monde et le démon peuvent tempêter et rugir jusque dans Tabîme : car leur sablier est dressé. Alors chacun récoltera ce qu'il aura semé, et plusieurs seront chauffes par le feu de renfer , pour leur orgueil dédaigneux et insensé, quoiqu'ils ne l'aient pas cru en ce monde.
,9. En outre, je ne dois pas négliger de mettre ces choses par écrit , parce que Dieu demandera compte des dons de chacun , et comment il les a employés : car il exigera , avec usure , le talent qu'il aura* livré , et le donnera à celui qui auia beaucoup gagné. Mais comme je ne peux pas à présent faire plus pour lui , je me laisse gouverner à sa volonté , et je continue d'écrire selon mes connoissances.
20. Quant aux enfans de Dieu , ils apercevront bien ce que sont mes écrits ; car c'est un excellent témoignage ; et l'on en peut voir la preuve dans toutes les créatures ; oui , dans toutes'choses , et particulièrement dans lliomme , qui est l'image et la ressemblance de Eieu. Mais cela demeure caché aux enfans de la perversité, et est fortement fermé par un sceau. Quoique le démon puisse pressentir le coup , et exciter des tempêtes depuis rOiient jusqu'au
D E l'a U T E U r/ XXJ
Nord j néanmoins , dans l'arbre colérique , il croît un lys avec une racine , qui va aussi loin que larbre s'étend avec ses branches , et qui porte son parfum jusque dans le paradis de Dieu,
21. Un tems plein de merveilles s'avance; mais il commence dans la nuit : peu d'hommes ici bas le verront à cause de leur sommeil et de leur grande ivresse ; toutefois le soleil brillera pour les enfans au milieu de la nuit. Ainsi je recommande le lecteur au tendre amour de Dieu,
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DES TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE.
CHAPITRE PREMIER.
Du premier principe de Tessence divine.
I. r uisQxTE nous nous proposons ici de parler de Dieu et d*exposerce qu'il est , et où il est , nous devons dire qu'il est lui* même l'essence de toutes les essences. Car, c'est de lui que tout est engendré, créé, et provenu ; et toute chose prend sa première origine de Dieu. C'est ce que témoigne la sainte écriture qui dit que : Ve lui , par lui , eu en lui sont toutes choses; de plus : Le ciel , et tous les deux des deux ne peuvent te suffire; de plus : Le ciel est mon trône ^ et la terre est mon marche -pie d ; et on trouve dans le pater : A toi est le règne et la puissance (entendez la toute-puissance), e^ le pouvoir et la sainteté , d* éternité en éternité, [ On ne trouve point littéralement dans le pater les mots qui sont ici, V auteur étend^ par V intelligence^ le sens de la lettre. ] 2. Mais comme il y a celte différence que la mal ne peut ni s'appeler ni élre Dieu, ce n'est que dans le premier principe [ séparé intellectuellement
dit second principe , ou de la lumière et de V amour ] ^ire i'on doit coi^idércr le mal. C'est là , en effet, que se conçoit la première source de l'âpreté, selon laquelle Dieu se nomme un Dieu colérique, sévère , et jaloux. Car , dans Tâprelé se trouve l'origine de la vie , et de toute mobilité j mais lorsque cette même source rigide et angoisseuse de Tâprelé est considérée comme étant embrasée de la lumière dé Dieu , elle n'est plus âpre , mais la rigide angoisse se cbange en joie.
3. Or , lorsque Dieu a créé ce monde et tout ce qu'il contient, il n'a eu aucune autre substance, d'oïl il pût le construire , que sa propre essence sortie de lui-même. Mais Dieu est un esprit qui est insaisissable , qui n'a ni commencement ni fin -, son immensité et sa profondeur constituent et sont tout. Or , un esprit ne fait que s'épanouir , bouillonner , se mouvoir , et s'engendrer toujours luimême , et il a particulièrement trois formes dam sa génération ; savoir : i^ l'amer , 2*». l'astringent , et 3**. le cbaud ; et cependant de ces trois formes , 4iucune n'est la première , la seconde ou la troisième ; toutes les trois ne font qu'une forme , et chacune engendre la seconde et la troisième : car , entre l'astringent et l'amer , s'engendre le feu 5 Fâpreté du feu est l'araertumé,ou l'aiguillon même, et l'ash-ingent est la souche ou le père de l'un et de l'autre, et est néanmoins engendré d'eux, car ua esprit est comme une volonté ou une pensée qui l'élève , et qui , dans sa propre ascension , s« cherche, s'imprègne et s'engendre.
♦,
Ctt. r. ( 3 )
4. Mais la langue de l'homme ne peut rîen diro sur ceci, ni rien porter à l'inrelligence , car Dieu n'a aucun commencement. Je veux cependant poser les choses comme s'il avoit eu un commencement, afin qu'on puisse comprendre ce qu'il est dans le premier principe , et que l'on conçoive aussi la différence du premier et du second principe , et ce qu'est Dieu ou l'esprit. Il n'y a réellement aucune différence en Dieu ; seulement quand on cherche d'où vient le mal ou le bien , on doit savoir ce que c'est que la première et originelle source de la colère, ainsi que de l'amour, puisqu'ils sont l'une et l'autre de la même origine , de la même mère , et ne sont qu'une chose. Nous parlons d'une manière créaturelle, comme s'il y avoit eu un commencement , afin que cela puisse par-» venir à l'intelligence.
5. Car on ne peut pas dire que dans Dieii il y ait du feu , de l'amer, ou de l'astringent, encore moins de l'air , de l'eau , ou de la terre ; seulement on voit que cela est venu de lui. On ne peut pas dire non plus que dans Dieu il y ait de la mort , ou du feu infernal , ou de la tristesse ; seulement on sait que cela est venu de lui ; car Dieu n'a engendré de soi aucun démon , mais des anges dans la joie , vivant pour sts délices. Mais on voit qu'ils sont devenus démons , et en outre ennemis de Dieu. Ainsi on doit chercher la source et la cause d'où provient cette première substance du mal ; et cela dans la génération de Dieu , aussi bien que dans les créatures ; car tout cela est un dans l'origine, et tout
( 4 ) » »'
a été fait de Bîeu , de ^on essence selon le ternaire 5 comme étant un seul en essence et triplo
en personnes.
6. Voyez. Il y a particulièrement trois choses dans l'origine -, et de ces trois choses sont provenus l'esprit et la vie, le mouvement et la [ saisissabililé]^ ce sont le souffre , le mercure, et le sel. Vous me direz que ces choses sont dans la nature , et non dans Dieu. Vous avpz raison. Mais la nature a son fondement dans Dieu ( entendez selon le premier principe du père ) , car Dieu s'appelle aussi un Dieu jaloux et sévère. Ce n'est pas à dire que Dieu s'aigrisse en lui-même, mais dans l'esprit de la créature qui s'enflamme •, alors Dieu brûle là, intérieurement, dans son premier principe , et l'espiil de la créature souffre de la peine , et non pas Dieu.
7. Maintenant voici l'origine du souffre , du mercure et du sel , pour parler créât urellement. [ Car le sent de l'auteur est ici tout esprit. Voyez dans V Aurore Naissante^ ch.8. n^.Sy. ma note sur la langue de la na* ture,'\ Sul est l'ame; ou l'esprit s'élevant; ou bien Dieu dans l'image. Phur est la première matière ou substance d'où l'esprit est engendré , particulièrement l'astringence. Mercure a en soi une quadruple forme: l'astringent , l'amer , le feu , l'eau. Le sel est le fils que ces quatre engendrent ; il est astringent , âpre , et une cause de la [saisissabilité.]
8. Or, concevez bien ce que j'expose. L'astringent, l'amer , le leu sont dans l'origine, dans le premier principe ; la source d'eau est engendrée en eux 5 et selon le premier principe, Pieu ne s'appelle pas
CH. 1 . ( 5 )
Dieu , mais sévérité, âpreté, source colérique, d'o5 s'engendrent le mal , la douleur, le frémissement et Venjlammement.
9. Cela a été ci-devant représenté ainsi : l'astringence est la première mafière ou substance. Elle est âpre , attirant généralement tout avec violence 5 cela est le sel. Dans l'âpre attirement est l'amertume. Car, dans l'âpre attirement l'esprit s'aiguise de façon qu'il devient tout angoisseux. Prenez un exemple dans l'homme 5 lorsqu'il s'aigrit, combien son esprit se concentre violemment ! De-là il devient amer et frissonnant ; et s'il n'est pas bientôt comprimé et appaisé , le feu de la colère s'enilamme en lui de manière qu'il brûle dans la méchanceté 3 et jdlors dans son esprit et dans son ame , une substance, ou toute son essence, respire la vengeance.
10. C'est à cela que l'on peut comparer l'origine de la génération de la nature. Cependant il faut l'exposer plus intelligiblement. Voyez ce qu'est mercure. Il est une eau astringente , amère , ignée et sulfureuse, l'essence la plus terrible : toutefois, il ne iaut entendre ici ni autune matière , ni aucune substance saisîssable,mais tout esprit, et la source de la nature originelle. L'astringent est la première essence qui attire a soi , puisqu'elle est une puissance dure et froide 3 aussi l'esprit est-il perçant et aigu j or, l'aiguillon ou l'aigu ne peut supporter Vattire» ment , mais il s'agile et se défend , ce qui fait une opposition et le rend ennemi dtî l'astringence ; or, de cette opposition vient la première mobih'ié , co i|ui est la troisièin^ forme.
4 .
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(6) ' CH. 1.
II. Alors Pâstringence attire toujours plus fort à soi. Elle devient ainsi rigide et âpre , eo sorte quo cette forte puissance devient dure coname les plus dures pierres : ce que l'amertume, ou Taigre aiguil* Ion lui-iuéme ne sauroit supporter j alors il y a intérieurement une grande angoisse , semblable à l'esprit de souffre ; et l'aiguillon de l'amertume pique et se froisse si fortement, que de l'angoisse il jaillit un brillant éclair qui s'élève d'une manière effrayante , et brise l'astringence. Mais comme il n6 trouve point de repos , et est sans cesse engendré ainsi de ]>lus en plus , de l'intérieur , il devient comme une roue circulante , qui se tourne dans l'angoisse et l'effroi avec ce même éclair oblique j et qui , dans son agitation , offre l'image d'une in« sensée. Là, l'éclair est changé en un feu mordant , qui cependant n'est pas un feu brûlant , mais sem- |)lable au feu dans une pierre.
13. Mais comme il n'y a là aucun repos, et que la roue tournante va aussi vite que la plus rapide pensée ( car l'aiguillon la poursuit avec la même vitesse), alors l'aiguilloB s'enflamiçe aussi fortevient que l'éclair qui est engendré entre l'astringence et l'amertume; il devient terriblement ardent et s'élève comme un feu horrible , ce dont toute la substance astringente s'effraie. Elle tombe en arrière , comme morte ou comme subjuguée , et n'ar tire plus si fortement à soi ; mais ils tendent à s'éloigner l'un de l'autre , et elle s'atténue. Car l'éclair de ieu a pris le premier rang j et cette même substance , qui , dans l'origine , étoit si âpre et si
«H. I. ( 7 )
astringente^ est maintenant com^me mcrt« et sans puissance : or 5 l'éçkir dô feu maintient désonnais' sa puiâSiOiice sur elle , car il est sa mère 5 et l'amertume sort et mont« avec l'éclair hors de l'astringence, et enflamme l'éclair ; car elle (l'amertume) est le père de l'éclair ou du feu ; la roue tournante demeure désormais dans l'éclair de feu , et l'astringence demeure soumise et impuissante. C'est alors l'esprit d'eau: et la substance de l'astringence s» compare dès lors à l'esprit de souffre; elle est comme entièrement affoiblie et grumeleuse, étant vaincue et dans l'angoisse. L'aiguillon tremble et s'agite en elle ;, il se dessèche et s'aiguise en éclairMais à force de se dessécher dans l^clair , il devient de pins en plus igné et effrayant, d'où l'astringence est toujours de plus en plus surmontée , et Tesprit d'eau toujours plus. grand. Ainsi il se rafraîchit toujours plus dans l'esprit d'eau , et apporte plus de maéièr^ ou de substance à l'éclair de feu , d'où il s'enfiamme lui-même d'autant plus, car ou peut le regarder comm-e W bois de l'éclair et de l'espiit de feu.
i3. MaiutenaB/t, comprenez bien comment est ce mercurius. [ Usas ma note, dans P Aurore naissante, ck, 8, »'*. 75.] Le mot m«rest d'abord la forte as tringence , car, dans ce mot exjptrimé sur la langue, U faut eateadre qu'il provient de l'astringence, et qjue l'aiguilloii aoaer s'y trouve aussi. En effet, le mot vmr est astringeat et tremblant , car chaque mot se fgynstt de sa psopia puissance, et exprime ce que la
(8)
en. !•
\i
puîssaïîôe fait ou permet. Par la sjllabe tu , entendez le froissement de' l'aiguillon, ou le non-repos qui n*est pas ami de l'aslringence , *mais qui bouillonne et s'élève; car la syllabe passe avec force du cœur à la bouche. C'est ainsi que cela a lieu dans l'esprit , dans la puissance de la première matière 9 ou substance. Mais comme la syllabe eu a ainsi une forte impression du cœur , et est cependant aussitôt saisie par la syllabe ri , dans celle-ci toute la significalion est changée ; elle signifie et est la roue amère et piquante dans la génération , et qui s'en* goisse et tourne aussi vite que la pensée. La syllabe U8 est le prompt éclair de feu , de façon que la matière ou la substance, dans le rapide tournoiement entre l'astringence et l'araerlume, s'enflamme eb devient une roue rapide. Là, on entend très particu-* lièrement dans le mot , comment l'astringence s'effraie I et comment la puissance dans le mot se précipite du cœur en arrière , et devient entièrement atténuée et sans force. Mais l'aiguillon, par le moyen de la roue tournante, demeure dans l'éclair, et sort par la bouche , au travers des dents ; car là l'esprit siffle comme un feu allumé^ et se corrobore de nouveau en mot , en se reportant en arrière.
i4. Ces quatre formes sont dans l'origine de la nature. C'est de là que vient la mobilité , ainsi que la vie dans la semence, dans toutes les créatures. Et il n'y a d'autre [ saisissabilité ] dans l'origine , que cette puissance et cet esprit. Car c'est une puissance vénéneuse et ennemie ^ et cela doit être ainsi ,
eu. r. ( 9 )
autrement il n'y^^auroit aucune mobilité, et tout (seroit) un rien. La source colérique ou âpre est la première origine de la nature. t
i5. N'entendez point du tout par ceci le mercure dans le troisième principe de ce monde créé , que l'on emploie dans les pharmacies , quoiqu'il ait aussi cette puissance, et qu'il tienne de cette essence. Mais il faut entendre le mercure qui est dans le premier principe , dès l'origine de l'essence de toutes les essences, ou dans le premier principe de Dieu^ et de la nature éternelle et sans commencement d'où la nature de ce monde est engendrée. Toutefois entre l'une et l'autre , il n'y a dans l'origine aucune autre séparation que le troisième et plus extérieur principe. Le royaume sj'dérique et élémentaire est né du premier principe, de l'éternel père , du saint ciel par la parole et l'esprit de Dieu,
C w)
il
CHAPITRE DEUXI-EME.
Du premier et deuxième principe , ce qu'est? Dieu et la nalute ; avec un plus grand éclaircissement sur le soufiÙre et le mercure.
r PursQTJ'it faut «ne lumière divine poav
comprendre ces choses , el que ^am elle ou n'a.
aucune intelligence de la divine essence , je vai*
représenter , d'une manière créaturelle , quelque»
parties de ces hauts secrets , afin que le lecteur entr*
dans les profondeurs. Car il n'y a point de langue
qui puisse exprimer l'être divin. Ce qui peut seul \»
saisir, c'est le spiraculum i.i/a? , l'fesprit de l'ame
qui voit dans la lumière de Dieu ; attendu que
nulle créature en peut porter sa connoissance el sa
vue plus loin que dans sa mère, de laquelle elle
est originairement venue.
a. L'ame qui lire son origine du premier principe de Dieu , et qui a été soufflée par Dieu en l'homme , dans le troisième principe , dans li génération sydérique et élémentaire , voit à son tour , dans le premier principe de Dieu , d'où , et dans qui elle est , et dont elle est l'essence et la propriété; et il to'y a rien d'étonnant j car, elle ne fait que se voir elle-même , dans l'expansion de son engendremeni , et là , elle voit toute la profondeur de Dieu le père, datos le premier principe.
cm. % ( " )
3. Or, les démolis savent cela également el I« voyent ; car , ils sont aussi du premier parincipe de Dieu , qui est la soiu-ce de l'originelle nature de Bien. Ils Toudraieut toutefois ne le pas voir et ne le pas sentir ; ils sost seuls la cause que l'on ait fermé pour eux le second principe qui s'appelle et est Dieu , unique en essence , el triple en distinct tlon personnelle , coBune cela sera clairement représenté par la suite.
4. Mais l'ame de l'homme , éclairée par l'eaW prit saint de Dieu ( lequel esprit passe du père et du fils dans le second principe , dans le saint ciel , €« dans ta vraie nature divine qui s'appelle Dieu > entendez l'esprit saint ) , cette ame voit aussi dans la lumière de Dieu dans ce même second principe ée k sainte et divine génération , dans l'essence céleste. Mais l'esprit sydérique dans lequel l'amo est emprisonnée , et l'esprit élémentaire qui a la iotirce el l'impulsion du sang , ne voient pas plus loin l'un et l'autre que dans leur mère y de kfcquella ils viennent et dans laquelle ils vivent.
5. C'est pourquoi faurois beau parler et écrira du pur ciel , et de tout ce qu'il y a dans la clairo divinité , je serois cependant moet pour le lecteur, qui n'auroit pas la connoissance et le don. Je veux néanmoins écrire d'une manière aussi bien créatu-^. relie que divine, pour tâcher d'allumer dans quelques uns le désir de contempler ces choses •levées ; el pour.que , s'ils s'aperçoivent qu'ils na le peuvent pas , ils tâchent de chercher et de frapper dau» leur désir ^ et de prier Dieu par
t»
'f
( la ) 'CH. 2i
ton esprit saint qu'il d'aigne leur ouvrir la porte du second principe 5 car le christ nous dit *, de* mandez , cherchez et frappez , et on vous ouvrira. Et il dit : Tout ce que vous demanderez à mon père , €n mon nom , il voua P accordera. Demandez et voua recevrez , cherchez et voue trouverez , frappez et on 4fOus ouvrira,
6. Puis donc que c'est en cherchant et en frappant que ma connoissance est venue , j'écris ceci comme un mémorial , pour voir si quelqu'un désirera de chercher à son tour , afin que mon talent me produise avec usure et ne demeure point enfoui dans la terre ; mais je n'ai point écrit pour les savans cî-dessus qui savent tout , et cependant re savent et ne connoissent rien ; car ils sont d'avance rassasiés et riches ( pauvres ). Je n'écris que pour les simples tels que moi , afin que je puisse me réjouir avec mes pareils.
7. Poursuivons au sujet du souffre , du mercure,; et du sel , et au sujet de l'essence divine. Le mot eut signifie et est l'ame d'une chose , car il est, dans le mot sulphurj l'huile ou la lumière qui est engenfirée de la syllabe phur; il est ce qu'il y a de beau et de bienfaisant dans une chose : c'est son amour , ou ce qu'elle a de plus aimable. Il y a dans une créature la lumière, d'où la créature voit , et oîli se trouve l'intelligence et les pensées , et c'est l'esprit qui est engendré de la sy]\ahephur. Le mot ou la syllabe phur est la madère ou substance première , et contient en soi , dans le troisième principe , le macrocosmô d'où le règne ou la subsI t
CH. a. ( i3 )
tance élémentaire est engendrée. Mais dans le premier principe c'estâ'essence de la première génération , d'où Dieu le père engendre son fils de toute éternité , et dont l'esprit saint resuite. ( Entendez du sut et du phur). Dans l'homme , c'est aussi la lumière qui est engendrée de l'esprit sydérique dans le second centre du microcosme ; mais dans le epiracU ou l'esprit de l'ame , dans le centre intérieur , c'est la lumière de Dieu , laquelle, cette même ame ne possède qu'autant qu'elle est dans l'amour de Dieu , car celte lumière ne peut être allumée et soufflée que par l'esprit saint.
8. Maintenant observez la profondeur de la génération divine. Dans Dieu il n'y a aucun sulphur mais de lui et en lui est engendrée un puissance semblable j car la syllabe phur est la force la plus intérieure de la source originelle de la colère, de l'âpreté , ou de la mobilité , comme cela a été représenté dans le chap. i. Et elle a en so^ une quadruple forme 5 savoir : i*'. l'astringence , z^. l'amertume, 3^. le feu , et 4'^. l'eau. L'astringent attire À soi , est rude , froid et aigu , et rend tout dur , serré , et angoisseux j or , cet attirement est un aiguillon amer tout-à-fait effrayant , et dans cette même angoisse se produit le premier élèvemené ou la première expansion. Cependant , comme il ne |)eut pas monter plus haut hors de son siège, jnais qu'il est toujours engendré de dessous, n se change en une roue tournante ( comme une rapide pensée ) , et en une grande angoisse , dans iaquelle il devient un éclair étincelani , eonune
l.-
< i4 ) xm. 2.
quand on frolfè fortrment une pierre et de l'acier l'an contre l'autre. •
9. Car , l'astriugence est awssi dure qu'une pierre, et l'amertume tempête et se tourmente ^ans l'astringence comme une roue brisante qui divise l'astringence , et souffle le feu , de façon que tout devient une éruption ignée , effrayante, qui sélance et dissippe l'astringence 9 ce dont la ténébreuse astringence s'effraie ; elle se précipite au-dessous de soi en reculant 3 elle devient comme si elle étoit tuée ou morte ; elle se détend , elle s'atténue et se laisse soumettre. Mais quand le Jaillissement colérique ou Péruption du feu retourne en arrière et se montre de nouveau danft l'astringence, qu'il se mêle avec elle, et la trouve ainsi atténuée et soumise , il s'effraie bien da** vantage ; car c'est comme si on jetoit de l'eau âans le feu , ce qui , comme Von sait , produit un pétillement. Mais comme ce jaillissement arrive alors dans l'astringence atténuée et soumise il acquiert une antre source. Et de colérique il devient un pétillement d'une grande )oie ; il s'avance dans le colérique comme une lumière allumée. Car, lur-le-champ, l'éruption devient blanche , claire et lumineuse , attendu que Venflammement de la lumière arrive dès l'instant que la lumière, ou le nouveau pétillement du feu se mêle avec l'astringence. Alors l'astringence s'enflamme et s'étonne de la grande lumière qui, dans l'instant, vient en elle, comme si elle se réveilloit de la mort. Elle devient douce , vivante , joyeuse j elle perd
4». 8^ ( î5 )
aussitôt sa* puissance ténébreuse, dure et froide; «Ile s'élève dans le ravissement ; elle se réjouit dans la lumière , et son aiguillon, qui est l'amertume, triomphe, avec un grand contentement, dans ia roue tournante.
10. Hemarquee ceci. Le jaillissenient ou i*éruplion du feu se manifeste en esprit de souffre dans iadure ast^ingenco. Alors l'explosion s'élève triomphante , et l'esprit de souffre , angoisseux , dur , devient atténué et doux par la lumière. Car de même que par le jaillissement igné dans l'astringence soumise , la lumière ou l'éclair devient brillante , et perd son titre colérique ; de même l'astringence perd son droit par la lumière impr^- nante ; et par la lumière développée et blanche , elle devient atténuée et douce 5 car, dans l'origine^ l'astringence étoit entièrement ténébreuse et angoisseuse , à cause de son dur nttirement ; maintenant elle est toute replendissante : c'est pourquoi elle perd sa première qualité. De colérique et astringente elle devient une essence qui est liante et pénétrante; et la lumière en adoucit et enémousse entièrement la pointe aiguë.
La porte de Dieu.
IT. Maintenant voyez. Quand l'amertume oh Taiguillon amer qui, dans l'origine, étoit ainsi aigre, tempêtant et déchirant , en prenant naissance dans l'astringence, obtient en soi cette claire lumière^, tt goûte la douceur dans l'astringence qui est sa
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( 16 ) «H. «.
mèi'e ; alors il est tout satisfait ^ et ne peut pas s'élever davautage. Mais il tressaille et se rejouit dans sa mère qui là engendré. Il triomphe dans rûngendrtmenty comme en circulant joyeusementj et dans ce triomphe V engendrement obtient la cinquième forme , et sort de la cinquième source , ou du gracieux amour. Quand l'esprit amer goûto J*eau suave , il se rejouit dans sa mère , se rafraîchit , se fortifie et fait que sa mère s'agite dans un grand contentement. Alors une douce et gracieuse source sort en esprit d'eau suave ; car l'esprit de feu, qui est la racine de la lumière; qui, dans le principe, étoit une éruption colérique^ «'élève maintenant avec une douce joie.
12. Alors ce n'est plus que caresses et amour; l'époux embrasse sa tendre épouse ; ce n'est rien moins que comme une vie aimable naissant dans l'âpre mort \ et c'est ainsi qu'e«t V engendrement de la vie dans toute créature. Par cette agitation, ce mouvement , ou ce tournoiement de l'amer« tume dans l'essence de l'astringence de l'esprit d'eau , la génération ou V engendrement atteint la sixième forme , c'est-à-dire le ton , et cette sixième forme s'appelle avec raison mercnrius; car il prend sa forme , sa puissance et son commencement dans l'astringence angoisseuse , par le tempétement de l'amertume , attendu qu'en s'élevant l'amertume obtient la puissance de sa mère , qui est l'essence de la douce astringence , et la porte dans l'éclair de feu , d'où la lumière s'allume ; alors vient l'essai pu l'épreuve , CQ qui fait qu'une puissance voi|
l'autre; Dans Féclaic dp feu l'une sent l'autre pat Relèvement ovL l'expansioo» Fftr le inoirvement l'une entend l'autre. Dans l'esseuf^e l'une gaâte > l'autre. J^arJ'aimdble source^graci^se, qui, par la douceMç jde' la lumière ) sort de l'essence de l'esprit doux et amer (maintenant l'esprit d'eaii)^ l'une odore l'autre^ et de cette sixième forme dans lagéu^ratiou vienf une sixième essence existant par elle-même, qui est indivisible. Là l'une engendre l'autre. Aucuue u'esf ni ne peut être sans Pautre , et sans c^tte, génération et cette essence il n'y auroit rien. Car les six formes ont chacune en soi les sextuples puis3ances essentielles , et c'est comme s'il n'y av.oit qu'une seule chose et rien de plus. Seulement chaque forme a son espèce particulière. Car, remarquez bien ,
i3. Quoique dans Pastrîngence , il y ait amer* tume, feu , ton , eau ; et que de la source d'eau, provienne l'amour ou l'huile d'où la lumière s'élève et brille , cependant l'astringence conserve sa première propriété ; de même l'amertume , sa propriété ; le ton ou^Te léoSl'efîTeiîr^sa propriété 5 le f^surmontement^dans la première astringence angoisseuse (savoir la rétrogradation au-dessous de soi, ou l'esprit d'eau ) , sa propriété ; la source qui s'élève ou le gracieux amour allumé par la lumière dans l'amer astringent (et désormais douce source d'eau), sa propriété, et cependant aucune essence n'est séparable de l'autre ; mais tout ensemble est une essence , et chaque forme ou en^ gendrement prend soa caractère , sa puissance , soa I. a
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ôpéffttîôli ) 'é(yil élk^eMêht ^^ âé toutes lél fbtmCfSy' et col!ifiéti( kk gén^ratîbii de toutes à !a fois ^ èH pstrticiilîéreïiaétlt la qtiatrièroe forine , dans is«>a êngendrèMent ; sàvdir : faêcefidant , et le [précipUê* irien/] , et ensfuite par la roue tournante dans l'essence astringente , l'oblique sortant de chaque côtés comme une + , ou , selon que je le poui^rois dire , sortant d'un point ters l'orient , Toccident , le nord tX le midi. Car dn mouvement , du bouillonmement et dé l'ascension de ramertumé dans l'éclair de feu , résulte une génération cruciale , attends que le feu va au-dessui de soi j l'èau au-dessout de soi, eire$$ence de Pamertume horbostalémen^
(ï9)
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♦ CHAPITRE TROISIÈME.
De l^xpansion ou génération infinie, xnultipla et innombrable de l'éternelle nature.
ï. LiKCT EUR, comprenez bien mon écrit. Noua n'avons pas le pouvoir de parler de la génération de Dieu ; car elle n'a de toute éternité jamais eu aucua commencement. Seulement nous avons le pouvoir de dire de Dieu notre père , ce et comment il est , et comment est l'éternel engendrement.
a. Quoiqu'il ne soit pas très bon pour nous de connoître la sévère, âpre et onginelIegénération( de laquelle science etconnoissancenos premiers pareus nousont apporté aussi le sentiment et la [saisissahi^ lUè] par la tromperie et l'insinuation du démon )j cependant cette connoissance nous est grandement nécessaire pour que nous apprenions par là à connoître le démon,car il vit dans le plus sévère engendrement, qui est notre propre ennemi; que nos premiers parens ont éveillé en nous, et nous ont transmis; que nous portons en nous, et que nous sommes nousmêmes.
3. Quoique j'écrive ici comme s'il v avoit ainsi un commencement dans l'éternelle génération , cependant il n'y en a point , mais l'éternelle nature s'engendre ainsi sans commencement. On ne doit
{ 20 ) en. 3.
point entendre mon écrit créaturellement y comme de la naissance d*un homme ( qui est l'image de Dieu } , quoique cela soit ainsi dans Péternelle es« sence , mais sans commencement et sans fin ; et l'objet de mon écrit , est que l'homme apprenne à se connoître lui-même , ce qu'il est , ce qu'il a été dans l'origine , et comment il est un homme éternel, saint, et puissant, qui n'auroit jamais connu la porte de l'âpre engendrement dans l'éternité, s'il ne s'éloit pas laissé séduire par l'impression du démon , et s'il n'eût pas mangé de ce fruit défendu. C'est là ce qui l'a fait devenir un homme nud et dépouillé , ayant la forme d'animal , et lui a fait perdre l'habit céleste de la puissaucedivine^or, maintenant > il vit dans le salniter infecté, dans le royaume du démon y et mange des nourritures empoisonnées. [ F'oyez le Mena du mot salniter , dans P Aurore naissante , cTia* pitre II. ] Ainsi il nous est nécessaire d'apprendre h nous connoître ; ce que nous sommes , et comment nous pourrions nous délivrer du rigide et âpre en» gendrement , et revivre dans un nouvel homme , né de nouveau en Chris, tnotre régénérateur , et qui ressemblât au premier homme avant la chute..
4. Car , quand même je parlerois et écrirois Ion* guement sur notre première chute , et sur la régénération en Christ , et que je n'en vinsse pas au but , c'est-à-dire , à apercevoir la base d'où la chute est provenue , par où nous sommes devenus morts , ce qui a été la cause que nous sommes un dégoût pour Dieu, et à découvrir comment cela est arrivé, contre l'ordre et la volouté de Dieu , qu'est-ce que je corn-
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CB. 3; ( ^i )
prendroîs à cette régénération ? Rien ; carconiment pourrois-je éviter ce que je ne connoîtrois pas ? ou comment pourrois-je me porter au nouvel engendre» ment , et m'y abandonner si je ne sais pas comment ,' où , et avec quoi ?
5. Cependant on remplit le monde de livres et de discours sur la chute , et sur la régénération ; mais dans les livres théologiques , pour la plupart | ce n'est qu'une relation historique que cela est arrivé autrefois , et que nous devons nous régénérer en christ. Qu'est-ce j'entends par là ? Rien : sinon l'histoire que cela est arrivé autrefois , que cela arrive et arrivera encore ?
6. Nos théologiens appuient là-dessus par toute sorte de moyens , et de toute leur puissance , y joignant des persécutions et des calomnies , ( disant) qu'on ne doit pas chercher dans le profond abîme , ce qu'est Dieu ^ qu'on ne doit pas creuser et chercher dans la divinité : mais pour en convenir nettement , qu'est - ce que cela ? De la boue et de l'ordure, avec laquelle on couvre le démon, et on cache la vénéneuse méchanceté du démon dans l'homme> afin qu'on ne voie dans l'homme ni le démon , ni la colère de Dieu ,ni la détestable méchante bête.
• 7. Et c'est pour cela que le démon qui sent ce manège , en prend la défense , pour que son règne ne soit pas connu , et qu'il demeure un grand prince^ autrement l'homme pourroit s'éloigner de lui. Ou noue est-il plus nécessaire de résister , qu'à l'ouverture où l'ennemi pourroit percer ? Il voile le cœur, le sens et la pensée des théologiens 5. il les. porte 4
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1 24 ) :tH. 3.
Tenvie, àPorgueil, et à Pimpucjicité , pour qu'ils s'effraient et ^'épouvantent eux-mêmes de la lumière de Dieu. C'est pourquoi ils se couvrent, car ils sont nuds , et ils dépriment ceux qui voient la lumière, ce qui s'appelle, dan» le fait, être les courtisans du démon.
8. Mais le tems vient , où Taurore dv Jour pointe , où la méchante bête , le méchant enfant doit rester nud, et dans une grande honte, car le jugement de la prostitution de la grande bête s'avance. C'est pourquoi , veillea , vous, enfans de Dieu , et fuyez , pour que vous ne portiez pas ouvertement sur voire front les marques de la grande et méchante bêle ; autrement vous seriez un grand objet de honte et de dérision. Il est tems désormais de se réveiller du sommeil , car l'époux se prépare à venir ehcr^ cher son épouse. Or, il vient avec une lumière bril* lantei ceux qui auront de l'huile dans leurs lampes, les pourront allumer, et ils seront au rang des convives. Mais les lampes de ceux qui n'auront point d'huile resteront ténébreuses | et i\s dormiront , et garderont les marques de la bête jusqu'à ce que le soleil se lève. Alors ils seront terriblement efifrajés , et ils resteront dans une éternelle honte^ car le jugement sera exécuté; les en&ns de Bieu le remarqueront y mais ceux qui seront dans lo som* meil dormiront jusqu'à ce qu'il fasse jour.
Continuation sur la génération,
9. L'engendrement de l'éternelle nature est semblable à la pensée , là où une pensée s'engendre
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d'un objet, et ensuite s'étend à Pinfiuf. Ou bien ijl ressemble à l'engendrement de la raeine d'un arbre,* d'où viennent ensuite le tropc et plusieurs branches et rameaux ; et aussi de la même racine pli|fieur$ racines , et plusieurs branches et rameaux^ et le tout vient d'une seulç et première racine. Remar^ quesdonc, ainsi qu'il a été esi^sé ci-dessus, conif xnent la natu re existe en une sextuple forme , ^t que chaque forme particulière engendre de nouveau de soi une forme selon sa propre qualité , qui alors a en soi les qualités et le caractère de toutes les formes. .
10. Mais , faites attention. La première formç parmi le^ six, engendre simplement une source semblable à elle , semblable à cette mên[ie source? esprit, *tnon pas selon l^ première mère ou l'astringence* C'est comme une branche qui dans ujji arbre engendre de soi une autre branche. Car, daii$ chaque source-esprit il n'y a qu'un centre , dans lequel la source de feu s'élève 5 ^t de l'éclair de feu , la lumière ; et dans chaque source sont les sextuples fornoes de la première.
11. Mais remaquez la profondeur dans la similitude. Voici comme je l'établis. Dans l'origine, la source astringente est la mère, d'où sont engendrées les cinq formes ; savoir : l'amer, le feu , l'amour , le ion , l'eau. Dans sa production ce sont les membres ; et sans eux il n'y auroit rien qu'une vallée ténébreuse , angoisseusse , où il n'y auroit aucun mouvement , aucune lumière , aucune vie. Mais la vie est engendrée en eUe par Vmflfimmêmenê
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de îaîtrfriièw , alors elle se rejouît dans ^sa |wcïnre qualité, et elle trâvaiUe dans sa propre -qualité as* tringente pour réengendrer, et dans sa propre qualitj^ il s'élève de nouvéan une vie dan» laquelle lise rouvre un centre; et la vie en est de nouveau engendrée eu sextuple Ibrrhe , non pli^syilest vrai , en une telle angoisse que daiis Torigime , mais dans utie grande joie. ' m:
12. Car la source de la grande angoisse, quî, dans Porigirie , étoil datts rastringence avant la lumière , et dont l'aiguillon anaer étoit engendré , est maintenant changée en une douce source d'amour dans la* lumière , par l'esprit d'eau ; et de l'amertume , et de l'aiguillon provient alors la isôurce et relèvement de la joie dans la lumière ; ainsi l'éclair de feu est désormais le père de la lumière, et la lumière brille en lui , et c'es4 là Tunique cause de la mobilité de la production 5 et la génération d'amour, qui dans l'origine étoit une source angoisseuse , est maintenant èul ou l'huile de l'aimable source qiri perce par toutes les sources*, c'est d'elle et par elle que la lumière s'enflamme.
i3. Et le ton ou le retentissement dans la roue tournante, est maintenant le promulgateur qui pul)lie , dans toutes les sources , que l'enfant chéri est lié; car il vient avec son bruit devant toutes les portes , et dans toutes les essences , afin qu'ayant Am£c réveillé toutes les puissances, elles soient en activité'; qu^elles se voient, se sentent, s'entendent, s'odorent et se goûtent les unes et les autres dans la lumière*, car toute la génération se. nourrit dans
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k' rigide essence ) c'est-à-dire-^ dans sa première mère -5 mais comme elle est ainsi devenue atténuée , humble, douce et joyeuse , alors toute la généra tiou est grandement dans l'allégresse , l'amour , l'huniW lité et la douceur , et n'est plus qu'un aimable goût^ un voir joyeux, un agréable odorement , un ouïr dé" Hciemet un àotxx sentir ; et c'est ce qu'aucune lan-^ gue ne peut exprimer. Comment n'y auroit-4l pa« joie et amoup yiàoù l'éternelle vie est née au milieu de la mort ? là où il n'y a nj ne peut y avoir nulle crainte qu'il y ait jamais de fin ?
14. Ainsi, dans l'astringence il y a encore une nouvelle génération ; entendez là oii l'astringence aiUnméf tient le premier rang dans celte même génération , et là oîi le feu n'est pas allumé selon l'ai-» guillon amer , ni selon le sourcement de l'angoisse. Mais la joie qui s'élève est maintenant le centre et Venflammement de la lumière 5 et l'astringence a désormais en sa propre qualité , le siil , 1 huile et la lumière du père j c'est pourquoi V engendrement de la branche du premier arbre est entièrement inqua» lifié selon cette même nouvelle source astringente ; et dans cet engendrement , le feu est un feu astringent, l'amertume est uife amertume astringente , le ton un ^o» astringent , l'amour un amour astringent, et le tout est dans une entière perfection , dans un amour et une joie cordiale. .
i5. Ainsi le premier aiguillon amer , ou la première amertume (après que la lumière est allumée et que le premier engendrement est dans la perfection}) réengendre de sa propre qualité une essence.
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^ns laquelle îl y a uti ceqtre. Là aussi' uA9 nou^ velle source s'élève en une vie.i|ouve|le , ou un nouveau feu , avec touies ses qualités, conditions, et propriétés ; et cependant, dafàs cette nouvelle production , raroertuœe est la premiàre parmi toutes les formes ; c'est-à-dire, une «mère amertume -, une «mère astriogence ; un Amer esprit d'eau 5 an tan foierj un feu amer; un amour amer; mais le ^ul est parfait et ressent l'impression, d'une grande ioie.
16. El le feu engendre aussi un feu selon la propriété de toutes lesqualités.Ilestastringentdans l'esprit astringent j amer dans l'amer; dans l'amour il est un cordial enflammemenl de l'amour , un très ehaud enflammement , et un très violent désir ;dans le ton il est un feu sonnanttrès clair , dans lequel tout est nettement et distiHCteroenl particularisé ; là le tan représente dans toutes le» qualités , comme avec une bouche ou une langue , tout cequies4 dans toutes les sources-esprits : il peint la joie , la puissance , l'essence et la propriété j et dans l'eau il est un feu desséchant.
17. Remarquez sur-tout l'expansion de l'amour } c'est la plus douce et la pfus délicieuse de toutes^ Quand Pengendretnent de l'amour produit de nouveau de soi , une entière génération , avec toutes Ie« sources des essences originelles, en sorte que dans cette même nouvelle génération , l'amour soit le premier dans toutes les sources , et qu'il y ait là un centre qui se manifeste ; alors la première essence ou l'astringeBce e»C entièrement désireuse , entier
CH. 8. '{17 )
rement douce , entièrement lumineuse ; elle s'élenÛ pour la nourriture de toutes lès sources-esprits , avec une cordiale afTectîon pour toiites , cpnime une tendre mère fait pour ses enfàns.
18. Et alors avec fàîspn Tamertumç s'appéjleatlégresse,car elle est Péfèuefnent et le mouvement. Quant à ce qu'est Palléçresse , il n*y a aucune com-
'paraison à faire, sî ce. n'est qiie c'est com*me si un homme éioit soudainement délivré àes peines der l'enfer , et placé dans la joie de la lumière diyine.^
19. Cest aussi là ce que fait le ton j'ià où J'auioifr est prédominant ; il porte la nouvelle du règne de }oîe dans toutes les formes de la génération ; le feii dans Tàmbur allume aussi l'amour dans toutes les sources -esprits, comme cela a été dit. Et l'amour ( allume ) l'amour dans ses propres essences. Quand l'amour est prédominant dans l'amour , c'est la source la plus douce , la plus humble , et la plus délicieuse qui s'élève dans toutes les sources, et qut consolide et fixe la céleste génération , en sorte qu'elle est une substance sainte et divine.
ao. Maintenant , quant à la forme de l'esprit-eau,' lorsqu'il engendre son semblable, il faut remarquer, qu'il tient le premier rang dans sou nouvel engen-^, drement ; et en lui est éveillé un centre, ce qu'il no fait pas cependant dans sa propre essence ,maisbiea les autres sources-esprits en lui; il est tranquille,' comme une paisible mère. Il laisse les autres semer. leur semence en lui, et éveiller le centre, de façou que le feu monte ; de-là la vie devient mouvante r là le iea n'est pas un feu chaud , et brûlant , mais
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{ 18 ] ht. 3*
froid , tempéré ^ tîëde , et doux. L'amertume n'est pas non plus amère , mais froide » tempérée , bourgeonnante y OU expansîve , ou ce qui fait image , et d'où s'élève Pimageani dans la pompe céleste ; cela est une substance saisissable. Car dans cette génération le ton s'élève aussi très doux , comme s'il étoit compactable ou saisissable y ou par comparaison ) comme une parole qui se convertiroit en une substance y ou en essence appréheusible. En effet , dans cette nouvelle génération qui arrive dans l'esprit-eau ( c'est-à-dire 9 dans la vraie mère de la renaissance de toutes les sources-esprits ) , tout devient comme saisissable et substantiel ; quoique cependant , il n'y; ait lààeateadre aucune £«aMM«a6i/»^^], mais tout esprit.
(*9)
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CHAPITRE QUATRIEME.
De la vraie éternelle nature ; c'est-à-dire , de l'incalculable et infinie génération de laquelle provient réternelle «ssence , qui est Tessence de toutes les essences 3 d'où est provenu , engendré, et enfin créé ce monde avec les étoiles et les élémens , et tout ce qui se meut, remue , et vit.
Ouverture de la porte de la grande profondeur,
X. Ici je dois prévenir les insensés, et les cidevant sages , qui ne sont cependant rien moins qu'enfoncés dans l'abîme , et qui ne savent ni ji'en tendent rien à l'esprit de Dieu: je dois les consoler, eux, et le lecteur désireux et aimant Dieu, et leur indiquer une petite porte de l'essence céleste , et comment ils pourront entendre ces écrits , avant que je m'étende dans le chapitre lui-même.
s. Je sais bien , car mon esprit et mon intelligence me l'annoncent , que plusieurs se scandaliseront de la simplicité et de la bassesse de l'auteur, en le voyant écrire des choses si élevées. Ils penseront qu'il n'en a pas le droit , qu'il agit en cela /d'une manière coupable ^ et qu'un homme marcha
( 3o ) €H. 4.
contre la volonté de Dieu, en voulant exprimer et dire ce qu'est Dietii
3. Car c'est une chose lamentable que, depuis lachule douloureuse et épouvantable d'Adam, nous, BOUS laissions toujours jouer et Lallotter par le démon, comme si nous n'étions pas enfans de Dieu et de ià propre essence. Il (le démon) présenté sans cesse à notre esprit, comme il l'a fait à la pensée de notre mère Eve , la forme monstrueuse dont elle se laissa préocuper et dans laquelle forme, elle devint par son imagination un enfant de ce inonde , sans intelligence , entièrement dans la jirivation et le dénuement. C'est ainsi qu'il eu agit encore continuellement avec nous ; il veut nous introduire dans une autre image afin qu'à l'exemple d'Adam et d'Eve dans le paradis , nous ajons honte de la lumière de Dieu, ce qui fit qu'ils se cachèrent derrière des arbres , c'est-àdire 9 derrière la forme monstrueuse , lorsque le seigneur parut dans le centre de la génération de leur vie , et dit ; où ês-tu Adam ? Il repondit : /* suis nudetfaipour. Cela n'est autre chose ^i non qu'il avoit perdu sa foi , et la eonnoissance du Dieu saint. Car la vraie cause est qu'il considéra cette forme monstrueuse qu'il avoit acquise d'après les plans du démon , présentés à son imagination et à son attrait , et par la fausse persuasion de manger du troisième principe dans lequel existe la cor-t ruption.
4. Comme le démon Voyoit, et qu'il savoit d'après les ordres de Dieu que si Adam mangeoit
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âe Farbre de la science du bien et du mal , it tiiouri^oit , etpériroitî, il lui rèprésentoit toujours qu'il n'était plus enfant de t)ieu , de la propre essence de Dieu , et créé du premier principe , Fbomme crut alors n'être plus absolument qu^un ét)fant Ùé Ce ïtlonde , puisqu'il voyoît éa corrupfitm , et en oUtrë l'image monstrueuse qu'il porloit atec lui. Aussi le discernement, l'attract et la joie paradisiaque l'abandonnèrent , d'autant que son esprit, avec toutes ses perfections, fuf chassé du patâdis (6'esi-à-diré , dû second principe de Dieu , dans lequel là lumière et le cœur de Dieu est engendfréd'éteïnîté en éféf nité, et où Téspril saint procède du père et du fiïs). D ne vécut plus seulement delà parole de DieU, c'est-à-dire, de et dans la sainte génération divine , mais il mangea et but , c'est-àdire , que la génération de sa vie n'exista plus que clans !e troisième principe ou dans le règne des étoiles f et des élémens. Il devoit désormais manger et vivre de la fôifce et du fruit de ce même principe Ou de ce même règne. Alors il conjectura que t'en étoit taii de lui , que la noble image de Dieu étoit brisée , le démon lui montrant en même tems sa corruption et sa mortalité ; et en efïet il ne pouVoit rîen voir autre croisé puisqu'il éfoit sorti du l^radis, c'est-à-dire, de la sainte, impérissable génération divine , dans laquelle il étoit le fils et là jiiàinte image de Dieu , et dans lac^uellè Dieu l'avoit créé pour y demeùter éternellement ; et si Ta*- înôur miséricordieux de Dieu ne l'avoit entrevu dé ùouveàii et consolé dans leceûtfe de la génération
Ml
{ 32 ) fe. 4,
6e sa vie y il auroit cru qu'il avoit été séparé dm toute éternilé de l'éternel engendrement divii^ § qu'il n'étoit plus en Dieu , ni Dieu en lui j qu'il n'étoit plus de son essence.
5. Mais le très gratieux amour , ou le fils unique du père (ou, conime je puis l'exposera l'intelligence , la cinquième source d'où est engendrée l'éternelle lumière de Dieu ) s'éleva et fleurit de nouveau dans Adam ^ dans le centre de la généray tion de sa vie , dans la cinquième forme de son */»- gendrement. Alors Adam reconnut qu'il n'étoit point séparé de la racine divine , mais qu'il étoit encore enfant de Dieu , et il se repentit de son premier mauvais al tract. Sur quoi le seigneur lui montra le briseur de serpent qui devoit briser sa génération monstrueuse, et il devoit par les propriétés, formes, puissances, Givertus de ce même briseur de serpent et r«- staurateurà^XsL génération monstrueuse , être engendré de nouveau; être rétabli avec puissance dans le paradis , dans la génération sainte j manger de nouveau du verbe de Dieu , et vivre éternellement au-dessuaet en dépit des portes de la colère dans lesquelles vit ledémon, etc. ce dont il sera traité plus amplement en son
lieu.
6. Cher lecteur , remarque ceci et penses j bien. jNe te laisse égarer par aucun défaut d'attention. L'auteur n'est rien de plus qu'un autre ; il ne sait ni ne peut rien de plus ; il n'a pas une plus grande puissance que les autres enfans de Dieu. Seulement considère-toi ; pourquoi penses-tu terrestrement de toi? pourquoi laissesrlu le démon se moqueç
^.
e". 4- ( 33 )
de toi , comme si tu n'étois pas enfant de Dieu, <?«- faut de sa propre essence? ne te laisse point jouer par le monde comme si tu n'étois qu'une image figurative , et que tu ne fusses pas né de Dieu.
7. Ta forme monstrueuse n'est pas Dieu, ni de son essence. Mais Tliomme caché qui est l'ame ( en tant que l'amour s'é\h\e dans la lumière de Dieu dans tou centre), est la propre essence de Dieu, où l'esprit saint s'élève , et ou demeure le second principe de Dieu. Comment ne voudrois-tu donc pas avoir la faculté de parler de Dieu , qui est ton père , de l'essence de qui tu es toi-même ? Regarde : ce monde est certainement de Dieu. Et si la lumière de Dieu est dans toi , elle est donc aussi à toi, selon qu'il est écrit: Le père a toutdonnè au fils i et le fiU te Va donné. Le père est la puissance éternelle , et le fils est son cœur et sa lumière, demeurant éternellement dans le père , et tu demeures dans le père et le fils. Or , si l'esprit saint procède du père et du fils , et si l'éternelle puis- *ance du père est en toi , et si l'éternelle lumière dm fils brille en toi , pourquoi te laisse-tu jouer? ne saistu pas ce que dit St.-Paul ? iVba« cheminons dans U ciel d*oà nous attendons le sauveur Jésus-Christ ^ quilors du brisement du troisième principe de ce monde, nous fera passer de cette monstrueuse génération et image dans la génération paradisiaque pour manger du verbe du Seigneur.
8. Pourquoi laisses -tu donc l'antecbrist te jouer avec ses préceptes , et son babil ? où veux-tu aller cbercherDieu?Dans l'abîme au-dessus des étoiles ?,
L 3 -
( 34 ) CH. 4.
rru ne le trouYcras pas là. Cherche-le dans ton cœur, clans le centre de l'engendrement de ta vie ; là tu la trouveras , comme lirenl le père Adam et la mèreEve, 9. Car il est écrit : vous devez êlre engendrés d» nouveau par l'eau et par l'esprit , autrement vous ne verrez point le rojraume de Dieu. Cette naissance doit arriver en toi ; le cœur ou le fils de Dieu doit ^'élever dans Vengend rement de la vie , c'est alors que le Christ, ton sauveur, est ton fidèle pasleur , et tues eu lui, et lui en toi; tout ce que lui et son pèro ont 5 est à toi , et personne ne t'arrachera de ses «lains. Mais comme le fils ou le cœur du père est unique , aussi ton nouvel homme dans le père , et 1© fils, est unique , une seule puissance , une lumière, «ne vie , un éternel paradis , une éternelle génération céleste , un père , fils et esprit saint , et tu en et J'enfant. Si le fils voit bien ce que le père fait dans la maison , et si ce fils en acquerl aussi la connoissance , quel déplaisir le père éprouveroit-il au sujet clu fils? le père ne se réjouiroit il donc pas au sujet de son fils de ce qu'il prospère si bien ? pourquoi donc le père céleste s'ennuieroit-ilde voir sesenfans dans ce monde s'attacher à lui , le supplier , chercher à le connoître , à opérer son œuvre , et à faire sa volonté ? Aussi le régénérateur nous avertit de venir à lui , et celui qui vient à lui , il ne le repousse point. Quelqu'un voudroit-il s'opposer à l'esprit de prophétie qui est de Dieu? considère les apôtres du Christ. Qui est-ce qui les enseigne , si ce n'est Pieu ? Il étoit en eux , et eux en Dieu. ■^o,Ochers enfans d«Pieu eu Christ , fnjrcz devant
rxi. 4. If 35 )
î'antechrîst qui s*est établi lui - même dans toute l'étendue de la terre ; il vous représente une image de la conduite du serpent envers la mère Eve, et il vous peint votre image divine comme étant loin de Dieu. Pensez à ce qui est écrit : la parole est près de vous 5 oui, dans Votre cœur, et sur vos lèvres , et Dieu même est la parole qui est dans votre cœur et sur vos lèvres.
n. Mais l'an lechrist n'a jamais cherché autre chose qu'à satisfaire son attrait pour le troisième principe , dans cette maison de chair ; c'est pourquoi il a étourdi les hommes avec des lois qui ne se trouvent, ni dans le paradis de Dieu , ni dans le centre de /'<?»* gendrement de la vie , et qui n'ont point été établies dans la nature.
12. Pense à lui, enfant de l'amour, vois avec quelle force et quelle puissance l'esprit de Dieu marcha dans la parole et dans les œuvres ^ par des prodiges et des merveilles au tems des apôtres , et même depuis, avant que l'antechrist et l'esprit d'orgueil partictilier s'avançât avec ses lois et sa sagesse sydérique , et s'établit sur un bras mondain et char* iiel, uniquement parce qu'il cherchoit sa propre satisfaction et sa gloire» Alors les précieuses paroles du Christ ( qui cependant n'a donné aucune loi aux hommes, si ce n'est la loi de la nature [ éternelle ], et la loi de l'amour qui est son propre cœur] durent être un dégoût pour lui, antechrist ou contre-christ , qui est prince dans le troisième principe. Dès lors il voulut mettre ses propres institutions au même rang que la voix qui, sortant du buisson, se fît entendre k
X 36 ) «•«• 4Moïse. L'homme de l'orgueil se persuada qu'il avoil lui - même une puissance divine sur la terre , et ne connut pas dans son aveuglement que l'esprit saint
ne se laisse point lier.
i3. Mais si quelqu'un veut parvenir à la saîntelé, il doit, selonletémoignagedeJesus-Christ, renaître de nouveau par l'eau dans le centre de la gén^Talion de la vie , et par l'esprit saint qui s'élève dans le centre de la lumière de Dieu. C'est pour celle fin que Dieu le pèreaordonné par son fils le saint baptême, afin que nous eussions ainsi une loi , et un mémorial frappant , comme un enfant inintelligent reçoit un témoignage extérieur 5 et l'homme interne , la force et la génération nouvelle dans le centre de la génération de la vie j et alors se manifeste la confirmation qui apporta dans Adam la lumière de Dieu , lorsque Dieu le père perça et pénétra dans Adam avec sa lumière , ou son cœur , dans le centre de la cinquième forme de la génération de la vie. Il en est de même du baptême de l'enfant , et de l'homme pénitent, et se convertissant au père dans le Christ* 14. La dernière cène du Christ avec ses disciples est dans le même sens ; c'est une alliance semblable à celle du baptême de l'enfant. Ce qui arrive dans le baptême pour l'enfant impubère , arrive pour le pauvre pénitent , et pour le pécheur , qui du sommeil de l'antechrist se reveille au Christ , e t doit être ramené au père par le Christ , comme à sa vraie demeure.
i5. C'est pourquoi j'ai voulu d'avance te prévenir
et l'annoncer qu'il ne faut pas regarder dans ce«
CH. 4. C 37 )
choses élevées avec la chair et le sang , ou avec Taf sagesse mondaine des écoles superbes ; pense ait contraire que cette science est semée par Dieu même , dans les grands et les petits , c'est-à-dire ^ dans tous les hommes jtout ce que tu as à faire, c'est de retourner vers le père ainsi que l'enfantprodigue. Alors, il te recevra comme un enfant chéri, et te revêtira d'un nouveau vêtement , c'est-a-dire , de la noble vierge Sophie , et mettra à la main de t onesprit un anneau (du grand mystère ) , et ce n'est que dans ce même vêtement (de la nouvelle génération) que tu auras la puissance de parler de l'éternelle génération divine.
16. Mais si tu ne l'as pas obtenue , et que tu veuilles beaucoup raisonner de Dieu , tu es un voleur et un meurtrier , et tu ne îe diriges point ver* l'entrée de la bergerie du christ , mais au contraire , tu l'assailles avec l'antechrist et les voleurs, et tu ne fais que massacrer , dérober et chercher ta propre gloire et ta satisfaction ; tu es loin du royaume de Dieu ; Part de tes superbes écoles ne te sert de rien; c'est un poison pour toi que d'être placé dans de grandes dignités par la faveur des hommes. Tu es assis sur le siège de la pestilence ^ et tu n'es qu'un? instrument de l'antechrist. Mais si tu étois régénéra et que tu enseignasses par l'esprit saint , alors ton siège seroit doux et agréable à Dieu ; tes brebis entendroient ta voix ; tu les conduirois au pâturaga et au principal pasteur qui est Jésus-Christ 5 Dieu les nourriroit par ta main. C'est pourquoi prencl^t garde d'enseigner et de parler de Dieu sans la con-^
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( 58 ) «»• ^-
naissance de son esprit saint, afin que tu ne sois pas reconnu pour être un menteur.
17. L'éternel engendrement est un engendremeni sans commencement 5 il n'a ni nombre ni fin 5 sa profondeur est insondable , et l'alliance de la vie no peut se rompre. L'esprit sydérique et élémentaire ne peut pas la montrer , encore moins la saisir ; seulement il la sent , et en offre un éclat dans la base affective qui est le char de l'ame , et ce par quoi elle marche dans le premier principe, dans son propre siège , dans r engendremeni du père ; car elle est de sa même essence, mais entièrement dénuée , et a, cependant, la figure du corps dans sa propre forme spirituelle ; elle reconnoît et voit dans la lumière de Dieu le père , laquelle lumière est sou éclat ou son fils , pourvu que celle ame soit régénérée dans la lumière de Dieu , dans Péternelle génération dans laquelle elle vil et demeure éternellement.
18. Que l'homme entende bien. Dieu le père a fait l'homme. ( Cette corporisation au commencement vint de l'élément ou de la racine des quatre élemens, de laquelle ils proviennent, et qui est la cinquième essence cachée aux quatre. Delà descendit le ténébreux cahos avant le tems de la terre j lequel cahos est l'origine de la source d'eau, et delà a été formé ce monde avec les étoiles , et les élémens ainsi que le ciel du troisième principe.
19. Mais l'ame de l'homme lui a été purement soufflée de la génération originelle du père. (Laquelle génération est avant la lumière de la vie , c'est-à-dire ,
CH. 4. t 2^9 )
dans les quatre angoisses , desquelles la lumière d«r Dieu s'allume , et là oîi naît le nom de Dieu. ) Elle^ lui a été soufflée par l'esprit bouillonnant qui est l'esprit saint qui sort du père , de la lumière du père 5 c'est pourquoi l'ame est la propre essence de Dieu.
20. Et si elle veut s'élever à l'inverse , dans l'angoisse des quatre formes de l'origine, et inqualijien violemment dans l'origine du feu , par orgueil (comme se sachant puissante), alors elle devient un démon. Car, le démon, avec ses légions , a «ne semblable origine ; il s'est réduit par orgueil à vivre dans le feu de la colère, et est demeuré ui* démon.
21. Mais si l'ame élève et porte sa pensée dans la lumière, dans la douceur et l'humilité et n'emploie point sa puissante force de feu à inqualifier de la. même manière que l'a fait Lucifer, alors elle est substantée p -ir le verbe de Dieu , et elle tire sa force^ sa vie et sa puissance du verbe de Dieu , qui est le cœur de Dieu. Son âpre source particulière, originelle, provenant de l'éternelle génération de la vie, devient un paradis gracieux , aimable , humble ^ doux, danslequelse manifeslenlla joie, le tressaillement et la fontaine de l'éternelle louange. Vaus cet état , l'ame est un ange et un enfant de Dieu ; c'est là que se trouve l'éternellegéuération de l'alliance indisfioluble, et alors l'ame a le pouvoir d'en parler, caic'est sa propre essence; maisnon pasdela génération, infinie , car il n'y a là ni commencement , ni fin.
22. Mais si elle entreprend de parler d'espace et de çommensurabililé y alors elle se Uvre au meusonga
fi.
( 40 ) CH. 4*
et s'expose à la confusion ; car elle rejeté rincomxnensuiabilité divine comme a fait Tautechrist qui place seulement la divinité au-dessus du ciel étoile afin qu'il demeure lui même le Dieu de la terre , voyageant sur la grande bête laquelle doit toutefois bientôt aller d'ici dans l'originel étang de souifre , dans le royaume du roi Lucifer. Car le tems^arrivo où la bête sera manifestée et vomie ; ce qui sera suffisamment entendu ici des enfans d'espérance dans l'amour. Mais , pour les serviteurs de l'antechrist il y a sur cela un sceau , et un mur, jusqu'à ce qu'ils aient comblé la mesure de la colère de la prostitution ; alors Babel , la prostitutée de la grande bête , recevra son salaire ; elle rougira de la couronne qu'elle a acquise ; les yeux des aveugles seront ouverts; et elle paroîtra comme une méprisable prostituée qui prépare pour chacun la damnation.
Xa très profonde porte de la trinité ^ pour les enfan»
, de Dieu,
23. Si tu élèves ton sens et ton esprit , et que tu voyages sur le char del'ame , comme cela a été dit ; si tu te contemples , ainsi que toutes les créatures , et que tu considères comment la génération de la vie- est provenue , aussi bien que la lumière de ta vie 5 de sorte que tu peux voir le soleil dans son brillant , et même aussi , sans la lumière du soleil y voir par ton imagination , dans le grand espace , ou l'œil de ton corps ne peut pas atteindre j si ensuite
CH. 4. ( 41 )
tu réfléchis quelle est la raison pour laquelle tu es plus intelligent que les autres créatures , puisque lu peux sonder toutes choses , pour savoir ce qu'il y a eu elles ; si tu considères en outre d'où sont proveuus les élémens , le feu , et l'air ; comment le feu est dans l'eau , et s'engendre dans l'eau , et comment la lumière de ton corps s'engendre dans l'eau, alors 5 pourvu que tu sois né de Dieu , tu pourras atteindre à la connoissance de ce qu'est Dieu et l'éternelle génération.
24. Car , tu vois , tu sens , et tu comprends que toutes ces choses doivent avoir une racine plus élevée ; d'où elles procèdent -, qui n'est point devant les yeux , mais cachée. Si tu regardes principalement le ciel étoile qui existe sans variation , tu dois réfléchir d'où il est ainsi provenu , et pourquoi il subsiste ainsi sans se briser , sans se porter ni en haut ni eu bas ; quoiqu'on efîet il n'y ait ni haut ni bas. Or , si tu réfléchis à ce qui contient tout, et et d'où tout est provenu , alors tu trouveras l'éternel engendrement qui n'a aucun commencement , et tu trouveras l'origine du premier principe 5 savoir : particulièrement l'éternelle alliance iudissolube 5 et secondement , tu verras la séparation qui a fait que du premier est venu le monde matériel , avec les étoiles et les élémens , lequel contient en soi le troisième principe ou le plus extérieur. Car , dans le règne élémentaire "de toutes choses, tu trouveras une raison pour laquelle elles peuvent s'engendrer ainsi, et le mode selon lequel elles doivent procéder. Mais tu ne trouveras pas que la première raison ,
( 42 ) ca. 4.
d'où cela est ainsi provenu , soit parce qu'il y a deux principes originels. Car, dans le monde visible, tu rencontres, la corruption , et tu aperçois qu'il a ua commencement puisqu'il prend fin.
25. En troisième lieu tu trouves dans toutes chose» une force supérieure, qui est relèvement^ la vie et l'accroissement de chaque chose , et tu reconnoia là-dedans leur admirable et salutaire propriété, et d'où elles tirent leur mouvement : en effet, considère une herbe ou une plante , et examine ca qu'est sa vie , et d'où elle croît ; alors tu trouveras dans son origine l'astringence , l'amertume , le feu et l'eau. Or , si tu sépares ces quatre choses , et qu'ensuite tu les remètes ensemble , tu n'y verras , cependant , ni croissance, ni sensibilité , mais elles demeureront mortes , comme étant séparées de leur mère particulière, qui les a engendrées au commencement ; encore moins pourras - tu tirer d'elles leur douce odeur , non plus que leurs couleurs.
26. Tu vois donc là qu'il y a une éternelle racine qui donne cela, et quand tu porterois là-dedans des couleurs et du végétal , tu n'y pourrois porter , cependant , ni odeur ni puissance , et tu trouverois que dans l'origine de l'odeur et du végétal , il doit y avoir un autre principe qui n'est pas le tronc luimême; car le principe tire son origine de la lumière
de la nature.
27. Maintenant va plus loin , et jusqu'à la vie terrestre àe l'homme 5 tu ne verras , ne saisiras et ne reconnoîlras par tes organes visuels , rien de plus que de la chair et du sang , ce qui te rend semblabU
* û
CH. 4. ( 43 )
aux autres animaux. Secondement, tu trouveras l'élément air et feu qui inqualifie en loi , et c'est là ce qui constitue une vie animale. Car chaque animal a cela en soi , d'où lui vient le désir de se remplir et de se reproduire , comme les plantes , les herbes et tous les végétaux. Mais tu trouves que , dans toutes ces choses, il n'y a aucune vraie intelligence ; cai^ quand même l'astral ou le sydérique influeroit làdedans et lui donneroit l'instinct , cet instinct nô seroit autre chose que de se nourrir et de se muhi-i plier comme font tous les animaux.
28. En effet, les étoiles elles-mêmes sont muettes i elles n'ont aucune connoissance ni sentiment ; seu-. lement , leur opération mutuelle produit dans Teaii un bouillonnement entre les unes et les autres ; et dans la teinture du sang, elles font le sourcement ^\a, vue , le sentiment , l'ouie , et le goût. Mais mainte-» nant réfléchis d'où vient la teinture dans laquelle la noble vie s'élève de façon que d'astringente, d'amèrd et d'ignée, elle devient douce? Tu n'en trouveras pas d'autre cause que la lumière. Mais d'où vient la lumière pour briller ainsi dans un corps ténébreux ? veux-tu dire de l'éclat du soleil? mais qu'est-ce qui brille donc dans la nuit , et l'amène tes pensées et ton intelligence , de façon que tu vois avec les yen* fermés , et que tu sais ce que tu fais ? Diras -tu : la noble ame me conduit ! Cela est vrai ; mais d'où cette noble ame dérive-t-elle ? Si lu dis que les pensées meuvent cette ame , tu dis vrai 5 mais d'où: viennent, et l'ame, et les pensées ? qu'elle est leur
!'
( ^4 ) CH. 4^
source ? pourquoi cela n'est-il pas aussi dans les animaux?
29. Mon cher lecteur , si tu peux , ouvre ici ^ et regarde dans le corps , tu ne trouveras pas cela , quand même tu chercherois dans Tabîmc , dans les pierres, daus les élémens5dans toutes les créatures , dans les gemmes , les plantes , les arbres , les métaux 5 quand même tu chercherois dans le ciel et daus la terre , tu ne trouveras pas cela,
30. Diras-tu : où doîs-je donc chercher et trouVer? Mon cher lecteur , je ne puis te prêter pour cela aucune clef 3 seulement je veux t'indiquer où tu en trouveras une. Elle se trouve dans l'évangéliste Jean , au 3e. chap. , où il est dit : ilfaïUque voua soyez engendré de nouveau par l'eau et V esprit saint. Ce même esprit est la clef. Si tu l'obtiens , prends la, etpréseu»e-toi devant le premier principe, d'où ce monde est provenu ainsi que toutes lescréatures , et ouvre la première racine d'où sont résultées ces sortes de choses visibles et sensibles.
3i. Si tu dis : que cela n'est que Dieu , qu'il est un esprit , et qu'il a créé toutes choses de rien, tu auras raison. Il est un esprit , et devant nos yeux il est comme un rien. Si tu ne le connoissois pas dans la création , tu ne connoîtrois rien de lui ; s'il n'aVoitpas été dès l'élernilé , rien u'auroit été.
32. Mais avant le tems du monde , que crois-tu qu'ait été ce dent la terre et les pierres proviennent, aussi bien que les étoiles et les élémens ? Ce dont cela est provenu , est la racine elle - même. Mais
1^-
€H. 4« ,{ 45 )
quelle est la racine de ces choses ? Observe ce que tu trouves en elles. Rien autre chose que du feu, de l'amer , de l'astringent , et cependant cela n'est qu'une seule chose, et de celle-ci, toutes les autres sont engendrées. Mais avant le tems de ce monde , il n'y avoit qu'un esprit , et dans ces trois formes , tu no trouves pas encore Dieu. La pure divinité est une lumière qui est incompréhensible , de même qu'insaisissable , souveraine et toute puissante.
Ou trouve-t'On donc Dieu ?
33. Ouvre maintenant ta noble ame , et vois , cherche plus loin. Car , puisque Dieu n'est que bon, d'où vient donc le mal ? puisqu'il n'est que vie et lumière , et sainte puissance , comme on ne peut véritablement pas le nier, d'où vient donc la colère de Dieu , le démon et sa mauvaise volonté , aussi bien que le feu infernal? D'où ceci rcsulle-t-il, puisqu'avant le tems de ce monde , il n'y avoit rien que Dieu absolument, qu'il étoit et est un esprit , et qu'il demeure dans l'éternité? D'où est donc provenue la première substance de la méchanceté , car il faut qu'il y ait eu une volonté dans l'esprit de Dieu pour engendrer la source colérique ? C'est ainsi que juge la raison.
34. Mais l'écriture dit : que le démon a été un saint ange. En outre : Tu n^es pas un Dieu qui vêuilU le mal. Et dans Ezechiel : Aussi vrai que je vis , j» ne veux point la mort du pécheur. Il est prouvé par les sévères punitions de Dieu envers le démon et
les pécheurs qu'il ue la veut point, (celle mort).
( 46 ) c«-4*
35. Qui est-ce qui a donc porlé le démon à devenir colérique et méchant? quelle a élé en lui la première substance mauvaise puisqu'il est créé de l'éternel esprit originel? ou d'où vient la source infernale, dans laquelle ce démon doit demeurer éternellement , si le monde ainsi que les étoiles , les élémens , la terre et les pierres doivent à la fin cesser
d'être ?
36. Ici , cher lecteur , ouvre les yeux de ton intelligence, et sache qu'il ne peut être excité [a/^ mal] par aucune autre source , que par sa propriétw personnelle qui est en lui , car c'est là son enfer dont il a été fait ou créé ; et son éternelle honto c'est la lumière de Dieu ; c'est pourquoi il est ennemi de Dieu , de façon qu'il n'est plus dans la lumière de Dieu.
37. Or , tu ne peux pas supposer plus long-tems que Dieu ait jamais employé aucune substance [ mauvahe ] dont il ait créé le démon. Autrement le démon pourroit se justifier sur ce que Dieu TauToit fait méchant ou d'une mauvaise substance, car, il ne l'a créé de rien autre chose que de sa propre «ssence aussi bien que les autres anges , ainsi qu'il est écrit : ds lui , par lui , et en lui sont toutes choses ; et à lui seul , de toute éternité , appartiennent U royaume, la force , la puissance et la souveraineté z et tout est en lui , selon la sainte écriture. El si cela n'étoit pas, les péchés ne pourroient être imputés nî au démon , ni à l'homme , s'ils n'avoient pas été tons deux éternellement en Dieu et de Dieu lui^ même.
CH. 4. ( 47 )
38. Car, à aucun animal qui est créé d'une matière , il ne sera pas imputé de péché , attendu que son esprit n'atteint pas le premier principe , mais qu'il s'orijrinise , dans le troisième , dans le règne élémentaire et sydérique , dans la corruptibilité , et ne touche pas la divinité , comme fait le démon et l'ame de l'homme.
39. Et si tu ne peux pas le croire , prends avec toi Ja sainte écriture qui te dit : Lorsque l'homme fut tombé dans le péché, Dieu lui envoya son propre cœur , sa vie , ou la lumière venant de lui-même , dans la chair, et lui r'ouvrit les portes de la génération de sa vie , dans laquelle il fut rallié à la divinité ; il le réunit et ralluma en lui la lumière dont il étoit séparé , quoiqu'il fût toujours resté dans l'origine du premier principe.
40. Si rame de l'homme n'eût pas été de Dieu le père,de son premier priucipe,mais d'une autre substance , il ne lui auroit pas envoyé ce si haut gage , son propre cœur et sa lumière , comme il le témoigne lui-même : Je suis la lumière du monde^ et la vie de Chomme ; mais il auroit bien pu venir à son «ecours d'une autre manière.
4i. Or , que penses-tu qu'il ait apporté à l'homme dans la chair lorsqu'il vint ? rien moins que ce qu'Adam et la mère Eve avoient perdu dans le paradis ; c'est là ce que le briseur de serpent rapporta à la monstrueuse génération 5 il affranchit l'homme de la charnelle maison sydérique élémentaire , et le rétablit dans le paradis , ce dont j'écrirai amplement ci-après.
( 4^ ) CR. 4.
42. C'est pourquoi si tu veux maintenant cousidérer Dieu et en parler , tu dois penser que luimême est tout ; et en outre tu dois considérer les trois principes. Tu trouveras là ce que Dieu est. Tu y trouveras ce qu'est la colère, le démon , l'enfer j le péché j ce qu' est l'ange , l'homme ou la bête , et d'où provient la séparation qui a mis tout dans l'état actuel. Tu y trouveras la création du monde.
43. Seulement , lecieur, je veux t'avertir sincèrement 5 si lu n'es pas sur la voie de l'enfant prodigue et qui retourne vers son père , de laisser là mon livre sans le lire , autrement il t'en arriveroit malheur. Car le grand prince Lucifer n'épargnera pas ses peines pour te tromper ; vu que dans ce livre il est mis entièrement à nud devant les enfans de Dieu. Il est honteux comme un homme qui pour de mauvais faits , seroit exposé à l'opprobre de tout le monde ; c'est pourquoi , je [t'avertis que si tu es attaché à ta chair délicate , tu ne dois pas lire mon livre. Si tu ne suis pas mon conseil , et qu'il t'en arrive du malheur , je n'en répondrai pas , et à toi seul sera la faute. Car ce que j'ai découvert jusqu'à présent, je l'écris pour moi comme un mémorial, mais Dieu sait ce qu'il veut faire ^ ce qui m'est encore un peu caché.
44. Puisque nous ne trouvons rien dans toute la nature dont nous puissions dire : cela est Dieu , ou Dieu est ici;( ce dont nous pourrions conclure que Dieu est une chose étrangère ) puisqu'il témoigne Itii-méme que le règne et la puissance sont à lui de toute éternité 3 puisqu'il s'appelle aussi lui-mêm«
OT. 4. ( 40 )
le père ; et qu'un fils est engendré de son père , nous devons donc le chercher dans l'origine , dans lo principe d'où le monde est engendré et créé 5 et nous ne pouvons dire autre chose sinon que le premier principe est Dieu le père lui-même.
45. Or 5 on trouve dans l'origine Vengendrement le plus âpre et le plus effrayant 5 savoir : l'astringent , l'amer et le feu. On ne peut pas dire que cela soit Dieu , et c'est là cependant la première et la plus iqtérieure source qui soit dans Dieu le père , selon la quelle il se nomme un Dieu colérique et jaloux. Et cette même source ( comme tu le vois ci-dessus dans les trois premiers chapitres sur l'origine de l'éternel engendrement ) est le premier principe, et est Dieu le père dans son origine , d'où ce monde résulte.
46. Mais l'ange et le démon , ainsi que l'ame do l'homme sont purement et entièrement de ce même esprit. L'ange et le démon ne cessent pas d'en être, en étant substantialisés corporellement. Et l'ame de l'homme , au tems de la création du corps, a été soufflée de l'esprit de Dieu dans la racine du troisième principe ; elle est aussi dans cet esprit , y demeurant immuable , et indivisible dans son éternité i ( dans l'éternelle origine de l'être de Dieu ). Autant la pure éternelle génération, et l'alliance indissoluble du père ne peut ni finir ni passer , autant cela est-il impossible à la substance spirituelle de Phomme^ et du démon,
47. Mais il n'y a autre chose dans ce principe que le plus effrayant engendrement , la plus grande
I- 4
( 5o ) CH. 4.
angoisse , l'affection la plus pénible ; c*est comme un esprit de souffre , et ce sont là les portes de l'enfer ou de l'abîme, c'est là que demeura le prince Lucifer lorsqu'il eut éteint sa lumière , et c'est là (entendez dans ce même abîme infernal ) que l'ame (qui est séparée du second principe , et a éteint en soi la lumière du cœur de Dieu ) demeure dans ce même abîme infernal. C'est pour cela que selon l'écrilure il y aura à la fin de ce tems une division et une séparation des saints remplis de lumière, d'avec les damnés ( desquels damnés la fontaine ou source sera sans la lumière de Dieu ).
48. Ici je t'ai montré le premier prmcipe d ou toutes choses sont provenues , et je dois parler comme s'ily avoit un lieu , une essence distincte et séparée où il y eût une semblable source , ei cela afin que le premier principe soit compréhensible , et que l'on reconnoisse et qu'on discerne l'éternité , aussi bien que la colère de Dieu , le péché , l'éternelle mort ténébreuse ( ainsi appelée depuis l'extinction de la lumière ) , de même que le feu infernal et le
démon. .
49. Maintenant , je vais écrire sur le second prmcipe , sur la claire et pure divinité, (ou sur ) le cœur
de Dieu.
50. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus , il y a dans le premier principe , l'astringent , l'amer , et le feu , qui ne sont cependant pas trois choses, mais une seule , et l'une engendre l'autre. L'astringent est le père qui est sévère , très âpre et attirant à soi , et le îiiême attirement est l'aiguillon et l'amertume qui ne
Crt. 4.
(5i )
peut pas supporter l'astringence , et ne se laisse pas enfermer prisonnière de la mort , mais pique et s'élève comme une essence aiguë , et cependant ne peut pas non plus sortir de sa place. Alors il j a une angoisse efTrojable qui ne peut pas trouver derepos , et Pengendrement devient comme une roue fourrante , fortement empiétante , brisante , et pleine de fureur; ce que ne peut supporter l'astringence; mais elle tire toujours plus fortement à soi , ^omme si on frottoil une pierre et un acier, d'où il sorliroit un éclair igné,et trouble. Lorsque l'astringence envisage cet éclair , elle s'effraie et se précipite en arrière comme morte, et subjuguée^et quand l'éclair de feu vient dans sa mère l'astringence , et la trouve ainsi subjuguée et douce , il s'(5tonne ( lui - même ) bien davantage , et au milieu de l'astringence soumise , il devient à l'instant blanc et clair.
5i. Quand celte astrïngence acquiert en soi celte claire lumière blanche, elle s'effraie beaucoup , de ananière qu'elle se précipite enarrière comme morte, et soumise , elle s'étend , et devient entièrement Qtténiiée et souple ; car sa propre source étoit téuéÎJreuse et âpre ; actuellement, elle est lumineuse et douce , c'est pourquoi elle est comme si elle étoit morte , et c'est alors l'esprit d'eau.
52. Ainsi l'engendremene acquiert une essence qui a l'aigu de l'astringence , la douceur , la diaphanéilé , et l'expansion de la lumière. Et lorsquel'éclair igné vient dans sa mère , et la trouve ainsi diaphane, douce et lumineuse , il perd son droit dans la qualificiiion 3 il ne s'élève plus en haut 5 il o»est plus
d<kliîram et tempêtant ; il ne pique plus , mais il demeure dans sa mère et perd sa i^iopnétc ignee: il tressaille et se réjouit dans sa mère.
53. Dans cette même joie , dans la source d'eau , s'élève la gracieuse source de l'insondable amour, et c'est le second principe qui s'élève de-là.En effet, tout Vengendrement tombe dans un cordial amour ; car l'astringence aime maintenant la lumière , par la raison qu'elle est bienfaisante et belle. Eu égard à cette amabilité bienfaisante , elle se rend douce , joyeuse , et humble; et l'amertume aime mamteLnt l'astringence , en ce qu'elle n'est plus ténébreuse , ni âpre , ni attirante à soi , mais douce , trailable,pure et claire.
54. Là se montre le ( sens ) du goût , de façon que l'un goûte l'autre , et s'imprègne dans l'autre avec un grand désir , ensorte qu'il n'y a plus qu'un pur amour. Ainsil'amertume se réjouit dans sa mère , et s'y forlifie ; et dans sa grande joie , elle sort au travers de toutes les essences , annonce au second principe que l'aimable enfant est né : toutes les essences s'en aperçoivent, et se réjouissent en voyant le cher enfant. De-là résulte l'ouie qui estla sixième forme. Alors , la roue de Vengendrement est en triomphe ; dans cette grande joie , la génération ne peut plus se tenir à l'étroit , mais elle sort bouillonnant joyeusement , et alors , chaque essence engendre de nouveau un centre dans le second principe.
55. Là , commence l'insondable multiplicité 5 car l'esprit bouillonnant et sortant du premier et second principe , confirme et consolide tout. Il y a dans
ni. 4. (53)
toute la génération comme une universelle végétalion , et une multiplication en une seule volonté ; Vengendrement atteint ici la septième forme , savoir, particulièrement, la multiplication dans une essence amour -, et dans cette septième forme se trouve le paradis ou le règne de Dieu , ou le divin et incalculable engendrement d'une seule essence dans tous
les êtres.
56. Quoique la langue d'aucun homme ne puisse développer ceci, ni le calculer , ni sonder cet abîme, cil il n'y a ni nombre ni lin 5 nous avons cependant le pouvoir d'en parler comme un enfant parle de son père 5 mais de sonder toute la profondeur , cela nous étourdiroit , car Dieu lui-même n'a ni commencement ni fin.
57. Or, si maintenant nous voulons parler de la sainte trinité , nous devons d'abord dire qu'elle est Dieu -, et celui qui s'appelle le père et le créateur de toutes choses , celui-là est tout puissant et tout eu tous. Tout est sien, et tout est venu de lui , en lui et par lui , et demeure en lui éternellement. Secondement , nous pouvons dire qu'il est triple en personnes , et qu'il a engendré de lui, de toute éternité, son fils qui est son cœur , sa lumière , son amour , et ils ne sont cependant pas deux essences , mais une seule. Et , troisièmement , nous pouvons dire , selon l'écriture , qu'il y a un esprit saint qui sort du père et du fils , et qu'il n'y a qu'une essencs dans le père , le fils , et l'esprit saint , et ceci c£t parler avec justesse.
53. Car vois. Premièrement , le père est l'essciice
( ^4 ) en. 4,
originelle de toule les esseuces. Or , si lo second principe ne pénétroit pas et ne s'élevoit pas dans la génération du fils , le père seroit une vallée ténébreuse. Ainsi tu vois secondement , que le fils qui est le cœur , l'amour , la lumière, Paduiirable et douce bienfaisance du père , ouvre un second principe dans sa génération , et , si l'on peut parler ainsi , délivre le père âpre et colérique , de l'origine du premier principe , et le rend , comme je pourrois dire , aimant , et miséricordieux. Il est dune une autre personne que le père ; car, dans son centre , il n'y a rien qu'une pure joie , de l'amour et des délices. Maintenant , tu vois aussi troisièmement , comment l'esprit saint procède du père et du fils. Car , lorsque le cœur ou la lumière de Dieu est engendré dans le père , alors , de la source d'eau lumineuse 5 dans l'enflammement de la lumière , il s'élève dans la cinquième forme un esprit extrêmement aimable , ne répandant que des affections délicieuses au goût , à l'odorat. C'est là l'esprit qui dans l'origine étoit l'aiguillon amer dans l'astringente mère ,et qui fait maintenant dans la source aqueuse de la douceur, des milliers de centres sans fin et sans nombre , et tout cela est dans la source d'eau. 59. Or , tu comprends bien que l'engendrement du fils prend son origine dans le feu , et acquiert sa personnalité et son nom dans l'enflammement de la douce, blanche, et chire lumière, laquelle est luimême , et se rend elle-même l'aimable parfum , le goût et la douce bienfaisance du père , et est véritablement le cœur de Dieu et uiîc autre pcrioinie. Car
en. 4. C 55 )
il apporte et ouvre dans le père le second principe ; et sa propre essence est la force et la lumière. C est pourquoi il est justement nommé la vertu oulapuusance de Dieu.
60. Toutefois l'esprit saint n'est pas connu dans l'origine du père avant la lumière ; mais lorsque la douce source s'élève dans la lumière, alors il sort de l'aimable source d'eau et de la lumière comme un esprit puissant et très fort , qui est dans une grande joie , et il est la puissance de la source d'eau et de la lumière. C'est lui qui alors fait la formation et les configurations , et dans toutes les essences il est le centre oii la lumière de la vie ,'originise dans la lumière du fils , ou dans le cœur du père. Et l'esprit saint est nommé par cette raison une personne distincte , puisqu'il sort du père et du fils comme «ne puissance vivante, et qu'il confirme l'éternel engendrement du trinaire.
61. Voici comment nousprions: Notre père qui es dans les deux , que ton nom soit sanctifié, etc. et il y a dans la Genèse chap. i : Dieu créa le ciel du milieu des eaux. Cela signifie le ciel du troisième principe. Or , il l'a en effet créé de son ciel dans lequel il démeure ; aussi tu peux aisément trouver comment Vengendrement de la trinité sainte existe dans la source d'eau , et en outre comment l'esprit saint est ,. en elle le formateur et le configurateur.
62. Ainsi , dans cette même création du ciel , se trouve la formation et la génération qui ne cesse point et qui est le paradis de Dieu ; comme l'écrit Moïse: V esprit de Viiu couvoit sur Veau dans lafor^
( 56 ) cH. 4.
motion du monde. Ce paradis demeure et est ainsi dans son éternité,ensorte que l'esprit de Dieu couve sur Teau dans la génération du fils de Dieu , car dans le père est la puissance et l'explosion de l'eau lumineuse^ enflammée, oude l'eau etde lalumière de Dieu.
63. Ainsi Dieu est une essence unique , indivisible et cependant triple dans une distinction personnelle ; un Dieu , une volonté , un cœur , un désir, un attract , une magniBcence , une souveraineté , une toute puissance , une plénitude de toutes choses sans commencement et sans fin. Car si je voulois concevoir en lui une limite , un commencement ou une fin , mon esprit se troubleroit.
64. Et quoique j'écrive ici comme s'il y avoit eu là un commencement puisque je traite de l'expansion du second principe , et de l'engendrement de l'essence divine , tu ne dois cependant entendre aucun commencement; car tel est l'éternel engendrement , et cela est ainsi dans la base radicale. l'écrrs seulement pour que l'homme apprenne à se connoître 5 ce qu'il est , ce qu'est Dieu , lej ciel , l'anj^e , le démon et l'enfer , aussi bien que la colère de Dieu , et le feu infernal 5 car il m'a été ainsi accordé d'écrire amplement sur l'origine.
65. C'est pourquoi , fils de l'homme , considère dans cetems ce que tu es-, n^ pense pas de toi si petitement et si légèrement ; pense que tu demeures dans le paradis , et n'éteins pas en toi la divine lumière , car tu demeurerois ensuite dans l'origine de la source de la colère , dans la vallée téuébreusej
CH. 4. ( 5? )
et ta noble image de Dieu deviendroît un serpent et
un dragon.
66. En effet , tu dois savoir qu'aussitôt que la lumière divine fut éteinte dans les démons , ils perdirent leur belle forme d'ange , et leur image , et devinrent semblables aux serpens , aux dragons , aux reptiles , et aux mauvais animaux , comme on le voit au serpent d'Adam. Et c'est ainsi qu'il ea est des âmes damnées. Car nous le savons dans l'origine , dans le premier principe , très exactement. Si tu demandes , pourquoi cela ? lis ce qui suit.
Xa description d*un démon , comment il a été dans sa propre forme , ainsi que dans la forme dange,
67. Vois , fils de l'homme. Les anges tous ensemble ont été créés dans le premier principe , formés et corporisés à la manière angélique et spirituelle par l'esprit bouillonnant ; et éclairés de la lumière de Dieu afin qu'ils pussent étendre la joie paradisiaque et y demeurer éternellement. Mais pour qu'ils pussent y demeurer éternellement, il falloit qu'ils fussent formés de l'alliance indissoluble, ou du premier principe qui est l'alliance indissoluble ; ils dévoient voir dans le cœur de Dieu, et manger du verbe de Dieu , et ils eussent été saintement conservés par celte même nourriture qui eût rendu leur image claire et lumineuse , comme le cœur de Dieu dans l'expansion du second principe , et c'est là que aourcent la puissance divine , le paradis et le royaumo céleste.
( 58 ) CH. 4.
68. Il en est ainsi dans les anges qui sont de* meures dans le royaume céleste , dans le véritable paradis ; ils demeurent dans le premier principe , dans l'alliance indissoluble , et leur nourriture est la puissance divine ^ leur imagination , ou les tableaux qu'ils se forment sont la volonté de la sainte triplicité dans la divinité ; la confirmation de leur volonté, de leur vie, et de leurs actes est la puissance de l'esprit saint. Ce qu'il opère dans la génération du paradis , cela fait leur joie ; ils chantent les louanges du paradis , au sujet de ses fruits salutaires , et de l'éternelle génération. Toute leur oeuvre est un accroissement de la joie céleste , un attract du cœur de Dieu , de saints amusemens dans le paradis , une volonté du père éternel. La fin pour laquelle Dieu les a créés, c'est pour qu'il fût manifesté , et qu'il se réjouît dans ses créatures et les créatures en lui , afin que les aimables et éternels jeux du royaume de joie se trouvassent ainsi dans l'alliance indissolube , dans le centre de la multiplication , ou dans l'éternelle nature.
69. Ce saint jeu d'amour a été souillé par Lucifer lui-même ( ainsi nommé depuis l'extinction de sa lumière, et le renversement de son trône, ayant été un prince et un roi de plusieurs légions 5 ) il est devenu un démon , et il a perdu sa belle et glorieuse image. Car il est aussi bien que les autres anges , créé de l'éternelle nature , de l'éternelle et indissoluble alliance , et il a été dans le paradis ; il a aussi senti et vu Tengendrement de la sainte divinité , Pengendrement du second principe, ou du
CR. 4. ( ^9 )
cœur de Dieu , et la confirmation de l'esprit saint , il s'étoit nourri aussi du verbe de Dieu,el par cette nourriture il seroit demeuré un ange.
70. Mais comme il vit qu'il étoit un prince existant dans le premier principe , il méprisa la génération du cœur de Dieu , et sa douce et gracieuse influence , et il se proposa d'être un puissant et terrible dominateur dans le premier principe ; il voulut opérer dans la puissance du feu ; il dédaigna la douceur du cœur de Dieu dans laquelle son imagination ne voulut point s'établir. C'est pourquoi il ne lui fut plus possible de se nourrir de la parole de Dieu , et par-là il éteignit sa lumière : par cette raison il produisit à l'instant un dégoût dans le paradis et fut rejeté de son trône de prince , avec toutes les légions qui dépendoient de lui.
71. Et comme il avoit laissé le cœur de Dieu s'éloigner de lui , le second principe lui fut fermé. Ainsi il perdit Dieu , le royaume céleste , toutes les connoissances , toutes les joies et les délices paradisiaques ; il perdit aussi à l'instant l'image de Dieu , et la confirmation de l'esprit saint. Comme il méprisa le second principe dans lequel il avoit été ange et image de Dieu , tout s'éloigna de lui -, il demeura dans la vallée ténébreuse , et son imaginative n'eut plus le pouvoir de s'élever en Dieu , mais elle resta dans les quatre angoisses de l'éternelle origine.
72. Quand il éleva son imagination , il alluma en lui la source ou la racine du feu ; et lorsque la racine du feu chercha l'eau , ou la vraie mère de l't'lernclle nature , elle rencontra la sévère aslrinlî
( 60 ) CH. 4*
gence et la mère dans la. mort angoîsseuse. L'ai- -guillon amer transforma l'engendrement en un serpent colérique et tempêtant , vraiment terrible , s'élevant en soi-même, élant une élernelle inimitié dans l'alliance indissoluble , une opposition en soimême 5 un perpétuel doute de tout bien ; sa base affective cherchant toujours à être comme une roue brisante, empiétante ; sa volonté s'élèvant toujours vers la puissance du feu , pour souiller le cœur de Dieu, et cependant ne le pouvant jamais atteindre. 73. En effet, il est continuellement renfermé dans le premier principe comme dans une mort éternelle ; et cependant il s'élève toujours ; se flattant d'atteindre le cœur de Dieu , et de le dominer. Car son aiguillon amer dans la génération monte ainsi éternellement dans la source de feu , et lui donne l'orgueilleuse volonté de tout posséder , mais ils n'obtient rien. Sa nourriture est la source d'eau très angoîsseuse , qui est la mère , ou comme Pesprit de souffre. Voilà ce dont se nourrit son alliance indissoluble. Son rafraichissement est l'éternel feu ; une éternelle froidure dans la mère astringente ; une éternelle faim dans l'amertume ; une soif élernelle dans la source de feu ; son ascension est sa descension. Plus il s'élève en volonté , plus sa chute est grande , comme quelqu'un qui se tenant sur le sommet d'un rocher , voudroit je jet 1er dans un abîme sans fond 5 plus il perce dans cet abîme plus sa chute est profonde , et cependant il ne trouve aucun fond. 7i. Ainsi le démon est un éternel ennemi da
en. 4. ( 61 )
cœur de Dieu ; et de tous les saints anges ; et il ne peut puiser en lui aucun autre volonté 5 ses anges et ses démons sont de plusieurs espèces , tous selon réternclle génération. Car dans le tems de sa création , il étoit dans l'éternelle génération dans le royaume céleste , dans la racine et la place où l'esprit saint, dans la génération du cœur de Dieu, ouvrit dans le paradis une multiplicité innombrable de centres. Dans cette même place il a été aussi corporifié , et il a pris son commencement dans l'ouverture des centres dans l'éternelle nature.
75. c'est pourquoi ( comme il est dit au troisième chap.) lorsque l'engendrement de la vie s'élève, chaque essence a de nouveau un centre en soi selon sa propre qualité , et elle figure une vie selon cette essence , savoir l'astringent , l'amer , le feu , le ton , et ainsi des autres , par la puissance de l'éternelle génération qui est confirmée dans le royaume
céleste.
76. Or , puisque les anges de Lucifer étoient dans le ciel au tems de leur création , leurs qualités ont aussi été multiples , et ils auroient tous été et seroient demeurés des anges , si la grande fontaine Lucifer dont ils sont issus ne les avoit souillés. Mais aussi dans leur chute , chacun d'eux est demeuré dans son essence 5 seulement le second principe leur est fermé. Il en est de même de l'ame de l'homme quand la lumière de Dieu s'éteint en elle ; Mais tant qu'elle en est éclairée , elle est dans le paradis et se nourrit de la parole de Dieu 3 cç dont il sera parlé en son lieu.
(6a)
CHAPITRE CINQUIEME.
Du troisième principe , ou de la création du inonde matériel , ainsi que des étoiles et des élémens ; on y fera entendre plus clairement le premier et le second principe.
I. Vjomme je pourrois n*én*e pas assez entendu du désireux lecteur, et être tout-à-fait muet pour les impies^ car Téternelle indissoluble alliance dans laquelle se trouve l'essence de toutes les essences, ne se fait pas comprendre aisément, ni promplenient ; il est donc nécessaire au désireux lecteur de se considérer lui-même avec beaucoup d'attention , pour savoir ce qu'il est , d'où lui viennent sa raison et ses pensées dans lesquelles il trouve une image de Dieu 5 particulièrement l'orsqu'il reconnoît et sent ce qu'est son ame , qui est un éternel et impérissable esprit.
a. Mais le lecteur ( pourvu toutefois qu'il soit ué de Dieu ) ne pénétrera jamais mieux ni plus avant dans la connoissance des trois principes^qu'en considérant la nouvelle génération; comment l'ame par l'amour de Dieu, est régénérée dans la lumière; comment, par une nouvelle naissance^ elle passe de la prison de ténèbres dans une éternelle lumière.
CH. 5. ( 63 )
Si tu considères ces mêmes ténèbres où l'ame doit être sans la nouvelle naissance , et que tu examines ce que dit l'écriture , et ce que l'expérience apprend; savoir : que dans ceux qui tombent dans la colère de Dieu , on voit de terribles exemples, comment l'ame doit souffrir de pénibles tourmens dans la génération de sa propre vie , tant qu'elle est dans la colère de Dieu , tandis que si elle renaît de nouveau , elle s'exalt^î dans une joyeuse ascension , alors tu trouveras là clairement deux principes , comme aussi Dieu , le paradis et le royaume céleste.
3. Car tu trouveras dans la racine de l'origine de l'esprit de l'ame , en soi-même , dans la substance de l'éternelle alliance de l'ame , la source la plus ennemie et la plus épouvantable dans laquelle, comme tous les démons , elle est bors de la lumière de Dieu , et dans laquelle est leur éternel tourment, une inimitié en eux-mêmes , une opposition de volonté contre Dieu ; une baine de tout ce qui est bon et aimable ; un impétueux orgueil dans la puissance du feu ^ une fureur amère contre le paradis , contre Dieu , et le royaume céleste , et contre toutes les créatures qui sont dans le second et le troisième principe. Là ils s'arment eux-mêmes et seuls contre tout , comme le fait l'amertume dans le feu.
4. Au contraire , l'orsqu'elle ( Vame ) est régénérée dans la lumière de Dieu, tu trouves , comme l'écriture le témoigne par-tout , et comme l'éprouve lui-même l'homme régénéré , que l'ame est alors un être entièrement humble , doux , aimable , gracieux ) qui supporte toutes les croix et les persécuU'.
( Ô4 ) CH. 1
tîoîis ; qui préserve le corps des voies impies , qui ne s'arrête point aux opprobres qui lui viennent de la part du démon ou des hommes; qui met sa confiance , son assurance , et son amour dans le coeur de Dieu ; qui est plein de joie ; qui est nourri de la parole de Dieu daus laquelle il y a une jubilation et un triomphe que le démon ne peut pas atteindre 5 car celte ame est dans sa propre substance avec laquelle elle a été créaturelleraent dans le premier principe dans l'alliance indissoluble ; elle est éclairée par la lumière de Dieu , et l'esprit saint ( qui procède de l'éternelle nature du père dans le cœur et la lumière du cceur de Dieu ) s'élève aussi en elle , et la confirme pour enfant de Dieu.
5. C'est pourquoi tout ce qu'elle fait, s'opère dans l'amour de Dieu , puisqu'elle vit dans la lumière de Dieu, Le démon ne peut la voir. Car , le second principe ( dans lequel elle vit , et dans lequel est Dieu et le royaume céleste , aussi bien que l'ange et le paradis ] lui est fermé , et il ue peut pas y atteindre.
6. Dans cette contemplation tu trouveras ce que j'entends par un principe. Car , un principe n'est autre chose qu'une nouvelle génération , une nouvelle vie. En outre , il n'y a pas plus d'un principe dans lequel il y ait une éternelle vie 5 c'est l'éternelle divinité , et elle ne seroit pas manifestée , si Dieu u'avoit fait naître en lui-même des créatures telles que les anges et l'homme qui comprissent l'éternelle indissoluble alliance^ et qui fussent comms la génération de l'éternelle lumière en Dieu.
7. Aîosî on entend pat- là , comment l'essence divine dans le principe divin , a travaillé dans la racine du premier principe , qui est la génératrice dans Téternel engendrement dans le limbus , c'est-à-dire , l'originel esprit d'eau , par laquelle opération , à la fin, la terre et les pierres ont existé. Car ,- dans la second principe ou dans la sainte génération , il n'y a rien qui ne soit esprit , lumière , vie , et éternelle sagesse , ou la. sophie , laquelle a travaillé dans l'éternelle génératrice muette et incompréhensible , savoir , dans sa propriété avant l'origine de la lumière. De-là est venu l'éternel cahos , qui ( dana relèvement de Lucifer , lorsque la lumière de Dieu s'éloigna de lui, et que s'alluma la colère de la source de feu ) , devint matière dure, c'est-à-dire , les pierres et la terre, d'où résulta la conglomération de la terre, et l'expulsion de Lucifer de dessus son trône ; et de-Ià s'en suivit la création du troisième principe, et il fut enfermé dans ce troisième principe comme un prisonnier , attendant désormais le jugement de Dieu. Je laisse à penser si ce ne doit pas être pour lui une honle , un opprobre, et un tourment d'ctre ainsi prisonnier entre le paradis et le monde , et de ne comprendre ni l'un ni l'autre.
8. Or, si nous voulons maintenant parler du troisième principe , c'est-à-dire , du commencement et de la naissance de ce monde > nous considérerons la racine de la génératrice, puisque chaque principe est la génération de l'autre , mais non pas d'une autre essence. Le premier principe , dans l'alliance indissoluble , est muet en soi, et n'a aucune vraie vie,
L ^
f 65 > csr. ^
puisque Ta rource de la vraie vie est engendrée par le bouillonnant esprit de Dieu , qui s^originise dan^ le premier principe de toute iî'ternité , et fait son expansion de tonte éternité dans le second principe , ou dans la génération du cœur , ou du fils de Dieu* Or, nous trouvons que dans ce premier principe , s'est ouverte la matrice de la générairicc , qui est originellement l'amertume , mais qui dans la lumière «st la douce mère de l'esprit d'eau.;Ainsi on trouve et on a clairement devant les jeux , comment l'esprit de Dieu a opéré alors dans la matrice , de façon que, d'une matrice incompréhensible qui n'est qu'u» esprit , est provenue une eau compréhensible et
visible.
9. Secondement , tu vois clairement la diversité
par les étoiles , et le ciel igné 5 comment il j a une éternelle distinction dans l'éternelle matrice , car^ tu vois comment les astres , et le ciel igné ainsi que l'aquatique , l'aérien , et le terrestre sont engendrés d'une seule mère 5 puisqu'ils inqualifient tes uns dans les antres , et que la génération de ces essences est l'une dans l'autre , et est le vase el le réceptacle l'une de l'autre , et cependant elles n'ont pas toutes la même inqualification. Ainsi , tu reconnois ici la distinction , comment l'éternelle matrice a en soi une diversité , ainsi que cela est exposé ci - dessus dans le troisième chapitre, au sujet de l'éternelle génération des quatre angoisses, là où, entre l'a&tringence et l'amertume , le feu s'engendre 5 et dans Téclair de feu , la lumière 5 et cependaj^t cbac^ue j^ource conserve son àioiU
10. Comprends-le ainsi. Lorsque l*esprlt de DîeU
a mu celte matrice,alors la matrice a opéré, et dans l'enflammeraent de l'esprit de Dieu dans la cinquième forme de la matrice , est sorti le ciel igné «Tes astres qui est une pure quintessence , née dans 3a cinquième forme de la matrice , dans lequel point la lumière aWiginise ; d'où aussi enfin est né Je soleil, par le moyen duquel le troisième principe a poussé, et qui maintenant dans ce troisième principe est la vie , et celui qui dans cette place est l'oupreur dans la matrice de la vie de toutes les vies. De même que le cœur de Dieu dans le ciel paradisiaque , dans le ciel et la génération immatérielle ouvre l'éternelle puissance de Dieu , dans laquelle l'éternelle vie s'élève sans cesse , et dans laquelle sans cesse brille Téternelle sagesse ou sophie ; de même aussi , la lumière du soleil qui a monté dans la matrice muette par ^esprit bouillonnant , a ouvert dans la matrice le troisième principe de ce monde matériel , ce principe troisième et initial , qui dans cette forme prendra une fin , et retournera dans son Ether , à la fin de cette énuméralion de tems , selon l'écriture.
II. Alors tout ce qui est de ce troisième principe demeurera de nouveau dans la première matrice. Seulement ce qui dans ce principe a été rassemblé , et s'originUe du ciel paradisiaque et du second principe , tel que l'homme , cela demeure éternellement dans la matrice. Heureux , pour lui, si dausyce monde il a atteint la génération du second principe, «t y est né de nouveau ! sinon il demeurera bien k
I'
(6a) en. S.
jamais dans la matrice , mais il ne touchera pas la lumière de Dieu.
12. Je sens bien qu'il y a ici quelque cLose qui ne sera passeulemenl obscuret inintelligible au lecteur, mais même .pénible , puisque j'ai écrit de la mère dans laquelle est la génération de Tesseuce divine , et que maintenant j'écris comment est muette et non-intelilgente celte même matrice d'où est engendré aussi un principe non-intelligent , comme il est clair que dans ce monde ni dans les astres , ni dans les élémens il n'y a aucune véritable intelligence , de même aussi que dans toutes leurs productions il n'y a qu'un instinct pour l'imprcgnation , la nourriture , et la multiplication, tel qu'est la matrice eu
elle-même.
i3. Sur quoi apprenez que dans le second principe qui cependant a dans le premier sa base et son éternelle racine , la matrice est purement un éternel , incompréhensible et doux esprit qui n'a aucune lumière ignée et insupportable , mais toute gracieuse et aimable , et l'éternelle matrice la plus originelle ne s'y fait jamais connoîlre ; mais la douce lumière de Dieu y rend tout agréable et délicieux.
14. C'est pourquoi aussi l'esprit qui sort dans la douce matrice est l'esprit saint. Et Dieu demeure en lui-même , et se nomme un Dieu colérique et jaloux , selon la plus originelle matrice , qui dans le paradis ï\'est pas manifeste ; et aussi dans le commencement fut il défendu à l'homme de manger du fruit de l'orimnelle matrice, (lequel éloit) bon et mauvais.
Wr '.
CH. 5. ( 69 )
Et l'homme en effet n'auroit pas connu Poriginelle matrice , s'il n'avoit pas porté vers elle son imagination , et s'il n'eût pas mangé de son fruit , ce qui fit que la matrice le saisit aussitôt et le retint prisonnier , et qu'elle l'imprègne , le nourrit , et le gouverne , comme on le voit à présent.
î5. Ainsi sachez maintenant que le second principe a ceci en sa possession , et que là seulement est l'intelligence et la sagesse. Là se trouve aussi la toute puissance 5 et le troisième principe est la pro- 1 priété du second 5 non point séparé , mais là sont j toutes les essences ; et cependant il y a encore entre eux une génération , comme dans Luc. 16. au sujet de l'homme riche , et du pauvre Lazare , dont Tun étoit dans le paradis , et l'autre dans la matrice originelle ou dans l'enfer.
16. El Dieu a créé le troisième principe pour se manifester par le monde matériel. Comme il avoit créé dans le second principe , dans le monde paradisiaque les anges et les esprits -, dès lors ils pouvoienl concevoir l'éternelle génération dans le troisième principe , ainsi que la sagesse et la toute puissance de Dieu ; ils pouvoient se contempler là , et poser entièrement leur imagination dans le cœur de Dieu j de cette manière ils pouvoient rester dans le paradis en qualité d'auges , ce que les démons n'ont point lait. Mais ils se proposèrent de s'élever dans la matrice, et de dominer dans une grande puissance sur le paradis , et sur toutes les régions augéliques ; c'est pourquoi ils tombèrent du haut du paradis , cl lurent chassés de leur lieu daus un coin
( 70 ) CH. 5.
étroit, de façon que la matrice de ce inonde les tient aussi prisonniers.
17. Car Je lieu de ce monde a été leur royaume an-' pélique. Làjdans le lieu de ce monde, ils étoient dans le paradis et le royaume céleste.
18. Mais si nous voulons traiter du monde paradisiaque 5 ainsi que du principe de ce monde , de sa puissance et de son merveilleux engendrement , et exprimer comment est la divine et éternelle sagesse, il nous est impossible de le prononcer j car la fontaine de l'abîme ne peut être saisie par aucun esprit soit ange , soit homme. C'est pour cela que Tin" commensurable sagesse , et réiernelle génération produit dans le paradis une prodigieuse et éternejle joie. Cet incommensurable pouvoir et cette sagesse ne nous sont connus à nous hommes que lorsque nous les considérons dans le troisième principe. Si nous contemplons le ciel étoile , les élémens, ainsi que les créatures , le bois, les plantes, l'herbe, nous voyons dans le monde matériel la similitude de l'incompréhensible monde paradisiaque. Car ce inonde dérive de la première racine dans laquelle ils sont l'un et l'autre , tant le monde matériel, que le monde angélique paradisiaque qui est impérissable et sans commencement
19. Et si nous réfléchissons et que nous pensions k l'origine des quatre élémens, nous trouvons, nous voyons, et nous sentons clairement en nous-mêmes cette origine, si toutefois nous sommes des hommes et non pas des animaux , pleins de mcchancelé , €t contestant contre Dieu et 1^ matrice de ce monde.
CH. 5. C 71 )
Car cette origine est aussi bien reconnoissable dans l'homme que dans la profondeur de ce monde , quoiqu'il paroisse très étonnant à un homme sans lumière , qu'il puisse parler de l'origine de l'air , du feu , de l'eau , de la terre , aussi bien que des astres , etc., et que même il regarde comme impossible d'en rien savoir. Il nage ainsi dans sa propre mère , et ne cherche pas à la connoître 5 et en effet il ne seroit pas bon pour lui qu'il la connut. Mais puisque la chute d'Adam noas a précipités dans cette mort , il nous est très important de la connoître pour nous enfuir loin de l'homme bestial , et ïvour vivre dans le vrai homme.
20. Si donc tu ouvres les yeux de ton esprit , tu verras comment le feu est dans l'eau , ce qui se montre dans un tems d'éclairs, et cependant il n'y a Va aucun feu qui soit durable , quoique ce soit néanmoins un vrai feu qui enflamme et détruit les maisons Tu verras là aussi comment il en sort un air d'une grande puissance, et comment l'un est dans l'autre ; en outre tu verras comment l'eau est aussi engendrée dans la tempête.
21. Mais tu ne trouveras pas ici maintenant cette tacine , tu ne dois la contempler que dans la matrice 5 là elle est manifeste , et tu la reconnoîtras dans toutes choses , car la matrice do ce monde est aans l'éternelle matrice , d'où le paradis et le ciel «ont provenus.
22. Or , comme l'éternelle matrice est un engendrement qui procède du lieu où se trouve dans Torigine , l'astringent , le ténébreux, le dur et l'angois-.
( 7* ) CH. s.
ceux; de même aussi tu vois que lorsque l'esprit de Dieu allume la matrice intérieure , elle devient opérante et inqualijiante,
23. Car premièrement il y a dans l'origine l'astringent , qui tire à soi , qui concentre , et fait un froid ténébreux et aigu. Or, l'amertume ne peut souffrir la violence attirante , parce que la violence attirante fait dans le froid un aiguillon d'amertume qui lem~ péte et se garde de Tâpre mort. Mais comme il ne peut pas s'échapper de l'astringence, puisqu'elle est sa mère , dans laquelle il habite ^ alors il tempêta terriblement comme s'il vouloit briser l'astringence. Il pointe au-dessus de soi et obliquement , et cependant ne trouve aucun repos jusqu'à ce que la géjiération de l'astringence se tourne en une essence horriblement angoisseuse , comme un esprit de souffre, entièrement âpre , dure , piquante intérieurement , comme une roue tournante; et l'amertume s'élève promptement au-dessus de soi , d'où provient, uu éclair étincelant dont la ténébreuse astriugence s'effraie, en se précipitant en arrière comme étant vaincue ! et quand l'amertume a ainsi vaincu la mère , et la trouve comme à moitié morte , et adoucie , elle s'étonne beaucoup plus que la mère ; mais comme l'éruption se passe dans la mèreasUingenla qui maintenant est à moitié morte et adoucie, l'amertume perd son effroyable pouvoir, elle devient blanche , claire, et lumineuse ; et c'est l'enflamme<« ment ou la génération du feu , comme cela est exposé ci-dessus.
Cher lecteur, ne regoide point ceci comme ua
eu. 5. ( 7^ )
badinage , afin que cet engendrement , qui toutefois arrive justement de la même manière dans le commencement de ta vie , ne se trouble pas en toi ; et
étends ta vue.
24. Lorsque Dieu s'est mu dans la première ma* trJce pour la création des anges , il lésa créés dans le paradis , dans la sainte et lumineuse matrice qui vraiment est telle , et non autre. Or , cette matrice est restée entièrement cachée avec son pouvoir igné, ténébreux , astringent et amer. Car , la lumière de Dieu l'a de toute éternité , maintenue aimable, claire , et délectable. Mais lorsque Dieu s'est mu pour la création , elle a été manifestée , car , les anges ont été créés de l'alliance indissoluble , de la matrice , et corporisés par le bouillonnant esprit de
Dieu.
25. Or , lorsque Dieu eut créé les grands et puissans princes angéliques , et cela dans le lieu de la quatrième forme dans la matrice , où la source du feu s'originise, ils n'y sont pas restés , et n'ont point porté leur imagination devant eux dans la cinquième forme dans laquelle se trouve V engendrement du paradis , mais ils ont élevé en eux-mêmes leur imagination en arrière , et ont créé dans la matrice , une volonté do dominer dans le feu sur le paradis et la lumière de Dieu. Car, la matrice ignée, ou l'abîme infernal s'est mu ainsi âprement dans la création ; c'est là que Lucifer , le grand prince , a puisé sa volonté et y a persévéré, se proposant d'être lui-même ainsi un grand et terrible souverain dans tout soa domaine.
26. Ainsi j le démon a remué la matrice , et la forme ignée a remué le démon ; car , elle vouloit être aussi créaturelte comme toules les formes dans la matrice , là où, dans une luraièrp douce et claire, s'élève la gracieuse source de l'amour dans laquelle liabite le second principe éternellement.
27. Lorsque cette tempête arriva dans la création , dans le premier principe , la matrice fut très gonflée et très enflammée , et chaque forme travailla dans la matrice. Mais comme alors , la colère et la fureur s'élevèrent , et que ce lieu ne pouvoit subsister ainsi dans le paradis , Dieu remua encore plus fort ce lieu dans la matrice , qui devint encore plus enflammée 5 cela devint le bain du démon , et la quatrième forme resta dans l'éclair de feu , qui se refléchit en arrière dans la mère , et trouva l'esprit da Dieu en opération , et à l'instant sa qualité colérique se perdit dans une grande joie , et devint blanche , claire et lumineuse.
28. Et , à ce même lieu , se trouve le fiât par le<^ quel Dieu a créé le ciel et la terre. Car , avant le fiât ^ le troisième principe n'étoit pas manifesté , mais seulement le paradis dans le lieu de ce monde.
29. Mais , lorsque Dieu vit que le grand prince Lucifer vouloit dominer dans ce lieu , dans la puis" sance du feu , dans la matrice ; il lui ferma la cinquième forme dans la matrice du paradis ; car , il est également emprisonné quant à sa forme hitélieure et quant à sa forifie extérieure.
30. Car , lorsque la matrice fut devenue de nouveau souple j morte ^ et soumise par la lumière as^
CH. 5. ( 7^ )
cendante , elle se tourna matériellement en eau ) comme nous le voyons à présent 5 et dans cet enflammement , avant la lumière du soleil , lorsque la matrice étoit encore dans la dure colère , la matrice a attiré en esprit d'eau tout ce qui avoit été opéré ; de-là sont venus les rochers et les pierres , et la terre ténébreuse qui avant le tems de la création n'étoit qu'un calios. A celte même heure^le troisième principe et le ciel igné , sortirent dans la cinquième forme de la matrice , par le fiât que Dieu le père prononça par son cœur , ou son fils ( c'est-à-dire ) , par et dans l'explosion de son esprit qui convoit snr la matrice , et ce fiât produisit dans la cinquième forme le ciel igné dans la matrice , comme Moïse l'expose clairement. Car, la matrice est dans l'origine l'esprit d'eau dans la première forme, et lorsr qu'elle devint matérielle dans le lieu de ce monde , l'esprit couva sur l'eau dans la matrice céleste , qui maintenant est matérielle ( d'où est provenue l'eau matérielle ) , et forma les créatures,
3i. Ainsi , par cette explosion de la matrice matérielle , la colère a été de nouveau éteinte et est revenue en sa place , et le démon est demeuré à l'origine de la matrice ténébreuse , et a été jeté par la création de la terre hors de son haut siège ( où est maintenant le ciel étoile igné ) , ce qui ne peut être changé dans l'éternité.
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(76)
CHAPITRE SIXIEME.
De la séparation dans la création en trois
principes.
I. Oi maintenant , on considère la séparation et rexplosion dans le troisième principe de ce monde , comment est sorti le ciel étoile , comment chaque étoile a en soi une forme et une propriété particulière, oîi l'on remarque dans chacune un centre parliculier , de façon qu'ainsi chacune est fixe et son propre régulateur^ et que chacune domine dans la matrice de ce monde , inqualifie et engendre selon le genre qu'elle a dans la matrice -, si nous considérons ensuite le soleil qui est leur roi , leur cœur et leur vie^ sans la lumière et la puissance duquel elles ne pourroient opérer aucune œuvre , mais demeureroient dans l'âpre et ténébreuse mort , et ne seroient, dans ce monde, rien autre chose qu'une rude astringence colérique ; si , en outre, nous regardons les élémens , le feu , l'air et l'eau , comment ils s'engendrent sans cesse l'un dans l'autre , et comment la constellation domine là comme dans son domaine , et que nous contemplions la mère d'où proviennent toutes ces choses , alors nous arrivons à la séparation et à l'éternelle mère , la génératrice de toutes choses.
CB. 6. Xt! h
a. Et en effet, nous aurions clairement ceci devant les yeux, dans nous-mêmes, et dans toutes choses si nous n'étions pas insensés, aveugles et opiniâtres, et que nous ne nous laissassions pas mener comme des écoliers , mais que nous nous attachassions au maître qui est le maître des maîtres. Car nous voyons que tout ceci sort de l'éternel mère ; que telle qu'elle est dans son éternelle génération , tel aussi elle a engendré ce monde, et qu'aussi de cette même manière chaque créature est engendrée ; et de même que dans son explosion elle est en un© multiplication , dans laquelle chaque source a de nouveau en soi un centre de la génératrice , et une distinction , mais non une séparation les unes des autres ; de même aussi ce monde est né de l'éternelle mère ; il est aussi maintenant une génératrice semblable à rélernelle mère et non séparée d'elle ', mais cette génératrice est provenue d'une manière matérielle , et a reçu par le soleil une autre lumière et une autre vie , qui n'est pas le sage maître luimême; mais le sage maître qui est Dieu la contient, de manière qu'elle est dans l'éternelle matrice, et cependant n'est pas l'éternelle sagesse elle-même. 3. Puisque cette génération a un commencement par la volonté de Dieu , et retourne dans son Ether , elle n'a pas la puissance de la sagesse , mais elle bâtit sans cesse selon son mode. Elle vivifie , et elle tue : elle produit , selon que cela se rencontre , le méchant , le tortu , le boiteux , ou bien le bon , le beau, le puissant ; elle donne la vie et la mort. Elle donne la puissance et la force , et elle la brise en^
f 7^ y en, e:
suite , el cela sans une sagesse préméditée ; d'où il est clair qu'elle n'est point la prévision et la sagesse divine elles-mêmes, comme les payens l'annoncent, et se sont imprudemment extasiés , sur la puissance [ûfe cetee nature rnatérielle ]. •
4. Si nous voulons donc voir sa base, nous n'avons qu'à contempler la première mère dans sa gé*- nération , alors nous verrons et nous trouverons tout. Car de même que la première mère ( en nous souvenant comment elle est dans l'origine sans la lumière) est astringente, ténébreuse, dure, froide, et est cependant dans la génération de l'esprit d'eau; de même aussi on trouvera comment ce monde matériel est provenu lorsque Dieu créa au premier jour le ciel et la terre.
5. Or , le ciel vient de la matrice astringente laquelle dans le paradis est l'esprit d'eau , c'est de ce paradisiaque ciel que le ciel a été créé comme l'écrit Moïse : que le ciel a été créé au milieu des eaux ; et cela fut bien. A cette même heure la terre , les pierres , ainsi que tous les métaux naquirent à la fois de cette matrice, tandis que la matrice de ce monde étoit encore ténébreuse.
6. Car lorsque la matrice fut mue', et qne le prince Lucifer voulut dominer dans le feu, l'astringente ténébreuse matrice attira à la fois tout ce qui s'étoit opéré dans l'engendrement j c'est de laque sont venus la terre , les pierres , les métaux , le souffre , et )e sel. Le trône du prince Lucifer lui fut fermé par là , et pour lui il resta dans le centre intérieur , pri-^ «osipier dans l'extérieur:.
eu. 6. ( 79 )
. 7. Mais pour que ces choses pussent s'opérer dans la matrice , c'est la puissance qui est dans la matrice qui en fut le mobile 5 car une pierre n'est autre chose qu'une eau , un mercure , un sel , et un souf* fre dans lesquels il y a une huile cachée»
8. Or ; l'engendrement de la matrice est de cette sorte dans son essence éternelle , et dans la génération de sa vie : car premièrement , elle est astringente, âpre, dure,d'oii le froid dérivej etl'astringence tire à soi , et aiguise ; et dans son attract , elle fait que l'aiguillon devient amer , piquant , tempêtant ; or , ne pouvant pas souffrir le dur attract, il se tourmente lui-même comme étant dans la démence ; il s'élève , et tempête , et devient comme un esprit de souffre.
9. C'est de cette manière que dans la colère, ont été engendrés la terre astringente amère , le souffre et le sel dans l'astringen le mère aquatique avant l'enfiàmmemeut du soleil dans la matrice intelligente. Mais comme il y a eu là une séparation , cela a fait que la génération est restée dans une grande an-^ goisse , et demande une division dans Vengendre" ment. Car l'amertume ne s'accommode point avec l'astringence ; elles sont cependant mère et enfant , membres l'une de l'autre , et cela doit être ainsi ^ sans quoi il n'y auroit rien: car c'est là l'éternelle alliance , et l'origine de la vie.
10. En outre, lorsque l'amertume s^emporte-, s'élève et s'angoisse ainsi dans l'astringente mère'^ elle tombe en un luisant éclair très effrayant. C'est de cette manière que le> mercure ou le poisoo^ est
( 8o ) IcB. 6i
engendré dans la matrice. Car lorsque la matrice euvisage cet éclair de feu dans sa forme ténébreuse astringente , elle s'effraie , et elle meurt dans sa puissauce âpre et astringente ; et à ce même lieu sont engendrés dans la matrice , la mort , le poison ^ la chute , et le brisement , aussi bien que la noble vie dans l'amertume et l'ascension du troisième principe.
II. Allons plus loin. Lorsque le feu pétillant est ar* rivé dans l'astringente mère , et qu'il a ainsi subjugué sa mère , il est lui-même très étonné. Car il perd alors sa vertu colérique , puisque la mère a reçu une autre source et que de l'éruption du feu est venu un enfer. Par cette autre source , la substance dans la matrice muette , est devenue au milieu de la terreur une matière molle, douce, et mélangée ; c'est-à-dire, que de l'expansion de la lumière est résulté l'or, l'argent , le cuivre , l'étain , le plomb et ainsi des autres , selon le mode où , dans chaque lieu , la matrice se trouva dans le centre combattant.
12. Car la génération a été ainsi dans toute l'étendue de ce monde , aussi loin que s'étendoit le royaume de Lucifer. C'est pourquoi il y a des terres, des métaux , et autres substances bien différentes dans un lieu que dans l'autre , et on voit clairement comment tous les métaux sont mélangés ; cela vient de l'extra-génération en infinité , ce que nous pouvons bien comprendre et contempler 5 mais nous B'avons pas besoin d'en parler , et même nous ne le pouvons 5 car cela dérangeroit notre esprit ; r'est là le domaine de la divinité qui est éternelle et ^aus
ch. s. ( 81 )
commencement. C'est pourquoi la créature nVit doit point approchée: sous peine de perdre sa raison et son sens.
i3. Maintenant, pour éclaîrcîr ceci davantage^ lorsque la matrice fut ainsi dans la génération^ là où la matière de la terre a été engendrée , la matrice, par l'enflammement , devint eau 5 ( entendez bien ceci) non pas entièrement en substance; mais dô même que la terre , les pierres , et le métal s'engendrent , et que cependant la matrice demeure J de même aussi l'eau demeure dans la mort et l'abaissement 5 ce dont le monde matériel est provenu. Là dans ce mouvement le globe de la terre a été congloméré ensemble^ et il reste comme un point au milieu du cercle ; c'est-à-dire , de ce qui est en haut et de ce qui est en bas.
14. Dans ce point là , l'esprit de Dieu est resté dans le centre , dans la matrice paradisiaque , et a demeuré dans son propre siège, dans le ciel paradisiaque , d'où il ne s'est point éloigné. Là , il a couvé l'eau matérielle avec le fiat ; il a formé là le ciel qui a été créé du milieu de la matrice aquatique , et a séparé dans la matrice la racine des ténèbres d'avec la lumière , dans lesquelles ténèbres les détaons sont demeurés , et n'ont point compris la matière dans la matrice , non plus que la nouvelle lumière qui s'éleva dans la matrice. De cette création et de cette séparation résulta la longueur d'un jour, et du commencement et de la fin, du matin et du «oir vint le premier jour, comme l'écrit Moïse.
i5. Mais, puisque nous parlons du ciel , et pour
(8îî
CR. 6«
que le lecteur puisse Gompreni.e ce qu est ce que Dieu créa alors , Moïse écrit que Dieu fit un firman>e..t au milieu des eaux, et sépara les eaux qui sont au-dessus du lirniamen. , d'avec les eaux qui sont au-dessous du firmament , et nomma 'e f"^nwmcnl , ciel. Cela est vrai , mais jusqu'ici cela a étô
difficile à entendre.
.6 Maintenant regarde. Le ciel est la grande profondeur , aussi loin que l'Etl.er s'est étendu pour la génération de ce monde ; et cela est la malnce d ou Ta terre , les pierres , et l'eau matérielle sont engendrées. Or , Dieu a séparé en ce poml I eau matérielle d'avec la matrice ; et on voit très part^cul.erement ici comment l'eau matérielle estcomme morte , ou que la mort est dans elle : car elle n'a pas pu rester dans la mère couvante , mais elle a été créée sut ,e Rlobe de la terre , et Dieu là nommée mer. Dans ceci , il faut entendre dans la langue de la nature une végétation dans la mort , ou une vie dans la brisure. Ouoiqu'ici je puisse être comme muet pour le lecteur , je sais cependant cela très sûrement : laissemoi m'en réjouir. Comme l'homme animal n est pas digne de savoir ces choses , c'est pour cela que ie ne veux pas jeter des perles devant les pourceaux. Quant aux enfans de Dieu , à quL ces choses conviennent . l'esprit de Dieu saura bien les leur euseiener et les leur apprendre.
17. Lorsque le ciel,par une impulsion simultanée, t OH la ccurétion ] fut purgé de la terre et du cahos ténébreux, alors dans ce lieu , dans la matrice du «el , ont été les trois élémcns , Jeu , air et eau. L«
ca. 6. ( 83 )
sont trois choses l'une dans l'autre dans une seule mère , et la mère alors s'est nommée ciel ; c'est pourquoi j'emploierai désormais dans mes écrits le mot ciel en place du mot matrice , car le ciel est la matrice.
i8. Et il se nomme ciel à cause de la séparation , de façon que la quintessence des constellations est séparée et placée dans le ciel supérieur , là où la matrice est plus ignée, comme il faut l'entendre particoUèrement dans le langage de la nature, et comme cela est aussi devant les yeux.
19. Mais il faut décrii-e ici la qualité , la génération et la propriété du ciel , puisque là les quatre élémens se manifestent comme étant dans leur mère ; or en eux se trouve la forme de tout ce qui est vivant dans ce monde. Il nous faut décrire l'origine des élémens parmi lesquels on doit, avec raison, comprendre d'abord ce qu'est le ciel etc.
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CHAPITRE SEPTIEME,
Du ciel , de son éternelle génération , et substance ; comment les élémens sont engendrés ^ ce dans quoi l'éternelle alliance pourra être mieux et plus amplement comprise par la contemplation et Tobservation du monde matériel.
La grande profondeur,
I, Aucun esprit ne voit plus loin que dans sa mère5de laquelle il a tiré son origine et dans laquelle il se manifeste ; car il n'est donné à aucun esprit dans sa propre puissance naturelle de voir dans un autre principe , et de le contempler à moins qu'il ne soit de nouveau engendré dans ce principe.
a. Mais l'homme naturel ( que la matrice de ce inonde a emprisonné dans sa chute ) a un esprit naturel qui se meut entre deux principes ; savoir : entre le divin et l'infernal , et il est entre deux portes ; dans celui de ces principes où il tombe , il y est là do nouveau engendré , soit dans le royaume du ciel , soit dans le royaume de l'enfer , et ne peut néanmoins, pendant ce tems-ci, en contempler aucun. Dans sa substance et dans tout son être il est ua
CH. 7.' ( 85 )
liomme double , car son ame , dans sa propre substance , vient du premier principe , qui de toute éternité n'a ni commencement ni fin ; et dans le moment de la création de l'homme dans le paradis ou dans le royaume céleste, elle a été corporisée par le FIAT en nature d'esprit 5 mais elle est restée inséparablement dans la première racine , avec la preuiiiVe veriuqui^de toute éternité,est dans sa première et propre puissance 5 et elle est pénétrée par la lumière du second principe ou du cœur de Dieu 5 par Je moyen de quoi se trouvant dans le paradis , elle a été soufflée par le bouillonnant esprit de Dieu dans la matrice du troisième principe , dans l'homme astral et élémenlairc. L'homme peut ainsi atteindre par sa compréhension jusqu'aux degrés où la lumière de Dieu brille en lui ; par laquelle lumière, il peut comprendre le fondement du cieî , ;,ussi bien que celui des élémens et de l'enfer. Car si la lumière est en lui, dès lors il est engendré dans les trois principes, sans quoi il n'en est qu'une étincelle et non pas la grande fontaine qui timi à Dieu même.
3. C'est pourquoi le Christ dit : Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé, vous pourriez dire à une montagne ; jète-toi dans la mer, et cela arri^ veroit. Et c'est par cette puissance que des hommes, par la parole et la vertu de Dieu , ont ressuscité des morts, et ont guéri des malades; autrement ils u'auroient pas pu opérer de pareilles œuvres , s'ils n'avoient pas été dans la puissance de tous les trois principes.
4. Car l'esprit créé de l'homme , qui est de la ma-
( 86 ) en. 7.
trice de ce monde , domine par la vertu de la lumière { entendez par la vertu du second principe ) sur et dans la puissance des astres et de l'esprit élémentaire , le tout très puissamment comme dans son domaine. Mais, par la chute d'Adam, nous avons perdu cetle grande puissance , puisque nous avons quitté le paradis , et que nous sommes passés dans le troisième principe, dans la matrice de ce monde, qui nous a tenus aussitôt prisonniers dans la gêne. C'est pourquoi nous n'avons qu'une lueur de connoissance de rélernelîe génération , et nous la voyons comme au travers d'un miroir obscur.
5. C'est avec une bien grande impuissance que nous nageons dans toutes les trois générations j sou- ' ' venl la porte paradisiaque nous est fermée; le démon nous attire souvent dans. la porte infernale ; il nous cache les élémens et les portes sydériques , et nous appesantit tellement que nous nous mouvons souvent dans tout le matras , comme si nous étions sourds , muets , et à moitié morts : si cependant la lumière paradisiaque vient à briller , nous voyons au travers de cette lumière , dans la mère de tout les trois principes. Car rien ne peut nous en empêcher ; le triple esprit de l'homme voit chaque forme , et chaque qualité dans sa mère.
6. Ainsi , quoique nous parlions de la création du monde , comme si nous y avions été et que nous l'eussions vue, personne ne doit s'en étonner, et regarder cela comme impossible , car l'esprit qui est en nous , qu'un homme hérite de l'autre, qui a été foufflé de l'clcrniié dans Adam , cet esprit a tout vu
CH. 7. (87)
et il voit tout dans la lumière de Dieu , et il u'y a xiQnpour lui d'éloigné , rien d'inscrulable ; car l'oternelle génération qui est cachée dans le centre de l'homme ne fait rieij de nouveau , elle reconnoît et opère exactement ce qu'elle a fait de toute éternité. Elle travaille pour la lumière et pour les ténèbres , et elle opère dans une grande angoisse ; mais si la lumière brille en elle , il n'y a que de la joie et de la science dans ses œuvres.
7. C'est pourquoi lorsque l'on parle du ciel et de V mgendrement des élémens , on ne parle point de choses éloignées , ni qui soient à une dislance de nous , mais nous parlons de choses qui sont arrivées dans notre corps et dans notre ame , et rien n'est plus près de nous que cette génération, car c'est dans elle que nous vivons , et que nous nous mouvons , comme dans notre mère ; ainsi nous r.e parlons que de notre maison maternelle , et si nous parlons du ciel, nous parlons de notre pays natal que Tamc éclairée peut contempler , quoique cela soit caché à notre corps.
8. Car, de même que l'ame de l'homme se meut dans l'homme et nage dans les puissances des étoiles cl des élémens ; de même aussi le ciel créé se meut entre le paradis et le royaume infernal, et nage dans Téternelle matrice. Sou essence est insaisissable et inappréhensible , et est une pure vertu àe l'éternelle matrice ; sa limite est aussi loin que l'Ether s'est étendu par la création , aussi loin que le royaume du prince Lucifer a atteint et a résisté ; et là , cependaut , aucune limite ne se fc*it sentir , car la
( 88 ) CH. 7.
puissance divine est sans bornes ; seulement noire sens atteint jusqu'au ciel igné des éloiIes5qui sont une extra-généralion dans la cinquième forme de l'élernelle mère , ou une quintessence dans laquelle la séparation, au lems du troisième principe, 01^ du commencement de ce monde , a divisé la puissance de la matrice ; ainsi là ce qui est séparé reste mouvant ou en action; chaque essence dans l'extra-géuération , dans les centres multiples des étoiles , a un ardent désir Tune pour l'autre , une ferme ardeur d'imprégnation, et chaque essence ou vertu est Taîiment , la boisson , l'enveloppe et le réceptacle de l'autre.
9. Car, de même que dans le principe paradisiaque l'esprit saint se manifeste toujours dans le trinaire de la divinité , bouillonne doucement sans mouvement sensible pour la créature , et cependant forme et représente tout dans la matrice paradisiaque ; de même aussi est le troisième principe. Dès lors que la matrice est devenue visible et matérielle , chaque puissance dans la matrice a un grand désir et un grand attract pour l'autre, une continuelle ascension , une floraison , et une descension , comme un végétal , ou une matière bouil» lonnante. Là la matrice astringente , froide et fort© attire à soi sans relâche 5 et ce même attract , ou bien J'aiguillon remue et se défend sans relâche, de façon qu'ainsi la matrice astringente eu égard à la matrice intérieure, colérique ou originelle , est toujours dans l'angoisse avec un grand désir de la lu» iwiC're qu'elle aperçoit dans la racine de feu , et
en. 7. ( 89 )
dont elle s'effraie sans cesse ; maïs elle devient douce , traitable et matérielle 5 et par-là l'élément *au s'engendre sans cesse.
10. C'est ainsi que tu dois entendre la base des quatre élémens, qui ne sont, cependant, pas quatre essences particulières , mais une seule essence , et sont néanmoins distincts tous les quatre dans cette génération 5 et chaque élément repose dans le vase de l'autre j il est en même tems son réceptale , et est en lui comme un de ses membres.
Comprenez bien la base , ainsi qu'il suit,
11. L'astringence est la matrice et la cause de toutes choses. Dans sa propre substance elle est entièrement ténébreuse , froide , et comme un rien ; mais comme il y a une éternelle divinité, laquelle so mire dans l'astringence , alors l'âpre astringence devient désireuse dans la puissance divine, et attire à soi , quoiqu'en ce moment là il n'y ait ni vie ni entendement dans l'astringence; mais elle est devenue la base de la première essence et la raison originelle de ce que quelque chose est. Car nous ne pouvons pas ici sonder plus avant la base de la divinité , d^ peur de nous troubler.
12. Maintenant , l'astringence dans son attract et sou grand désir pour la lumière, attire toujours à soi , et n'est rien dans sa propre substance qu'une faim ardente ; entièrement sèche ; absolument comme un rien 5 une volonté désiraute comme la sont les ténèbre* après la lymière j et sa faim , ou
1!
( 90 ) en. 7.
son altract fait ramertutne , le tourment ; de façoit qu'elle ne peut être satisfaite ni appaisée. De - là vient Tangoisse ; de sorte que la volonté ou l'aiguillon de l'ardeur du désir se froisse en soi-même ; qu'il s'affame et ne veut pas s'abandonner au ténébreux rien^ ou à la mort. 11 porte son désir, son angoisse , et sa ferme volonté ainsi fortifiée dans la lumière cachée de Dieu ; de sorte que la volonté devient un éclair étincelant, tel qu'un pétillement de feu , dont l'astringence est toujours remplie comme dans un clin d'oeil , et elle en devient comme morte , ce qui fait que l'astringent esprit devient doux , souple et matériel ( ou ) en eau.
i3. Mais , comme l'amertume est si fort effrayée par réclair de feu dans l'aslriugence , il saisit sa mère Pastriugencc , qui est devenue matérielle par l'épouvante, et il tend à s'écbapper. Il est gonflé par l'astringence matérialisée, comme s'il étoit aussi matérialisé \ il se remue et se fortifie toujours dans la mère , et cela est l'élément air dans ce monde , lequel air a soq origine dans la mère aqueuse. L'eau a la sienne de Tair. Le feu la sienne de l'angoisse désireuse. La terre et les pierres ont reçu la leur de l'atlract colérique par la chute de Lucifer, lorsque l'astringence fut ainsi fortifiée dans l'altract en ascension , lequel at tract fut de nouveau appaisé par la lumière, dans le troisième principe.
i4. Ainsi , on entend parfaitement comment la lumière de Dieu est la source de toutes choses , et entendez ici tous les trois principes. Car , s'il n'y avoit ni puissance ni lumière divines , alors il n'y
auroit aussi aucun désir dans la ténébreuse éternité , et le désir astringent qui est la mère de Péternité , ne seroit aussi qu'un rien. Or , l*on entend comment la puissance divine brille en toutes choses, et n'est cependant pas la chose elle-même, mais est l'esprit de Dieu dans un second principe ,: la chose est son miroir, et l'est devenue ainsi, par la volonté désirante. Mais enfin le cœur de Dieu est la première volonté dans le père , le père est le premier désir pour le fils , et le fils est la puissance et la lumièredu père , d'où l'éternelle nature est toujours désirante , et engendre ainsi de la puissance du cœur de Dieu dans l'éternelle matrice , le troisième principe. Car c'est ainsi que Dieu est manifesté ; autrement la divinité seroit restée cachée éternellement. i5. Or , nous disons , selon l'écriture , que Dieu demeure dans le ciel, et cela est vrai. Voyez , Moïse écrit : Dieu créa le ciel du milieu des eaux. Et l'écriture dit: Dieu demeure dans le ciel. Ainsi souvenezvous maintenant , comment l'eau a son origine ; gavoir : du désir de l'éternelle nature pour l'éternelle lumière de Dieu. Or , l'éternelle nature est maninifestée par le désir pour la lumièrede Dieu, comme cela a été dit ci-dessus , et la lumière de Dieu est présente , et cependant elle reste cachée à la nature. Car , la nature reçoit seulement la vertu de la lumière, et cette vertu est le ciel dans lequel la lumière de Dieu demeure cachée , et brille dans les ténèbres. L'eau est la matière qui est engendrée du ciel , et dans elle est le troisième principe qui engendre
{ 9^ ) cff. 7.
ùe soi à son tour une vie et uue essence saisissable , «avoir , les élémens et les créatures.
16. C'est pourquoi, toi, homme, qui es un être si élevé , ne te laisse pas jouer par le démon et par Tanlechrist , qui veut éloigner de toi la divinité , et <e figure un ciel fort distant de toi. Il n'y a rien de plus près de toi que le ciel ; seulement tu restes devant la porte du ciel , et tu es passé avec Adam , du ciel paradisiaque dans le troisième principe. Cependant tu es devant la porte. Ne peux-tu agir comme réternelle mère qui, par un grand désir et son ardeur pour Dieu, est devenue Je royaume du ciel danslequel Dieu demeure , ef dans lequel le paradis se manifeste? Fais-en de même. Pose tous tes désirs dans le cœur de Dieu. Si tu pénètres avec puissance comme l'éternelle mère de la nature , alors il l'arrivera ce que le Christ dit: Le royaume du ciel souffre ifiolence , et ceux qui lui font violence V emportent. Ainsi tu te feras des amis dans le ciel avec les richesses injustes , et tu seras réellement l'image de Dieu , sa similitude , et sa propriété. Car, eu toi , sont tous les trois principes dès l'éternité , et de nouveau en toi sera engendré le saint paradis oii Dieu demeure. Où veux - tu donc aller chercher Dieu ? Ne le cherche que dans ton ame qui est de la nature éternelle , dans laquelle est le divin en^ gendrem.ent.
17. Hélas! que n'ai -je une plume digne à^un homme , et que ne puis-je tracer l'esprit de la conïjoissancc î II faut toutefois que je bégaye sur ces
,.
CH. 7. ( g3 )
grands mystères , comme un enfant qui apprend à marcher. Car , la langue terrestre ne sauroit exprimer ce que l'esprit saisit et comprend ; ainsi je veux le hasarder pour savoir si je pourrai en exciter quelques uns à chercher la perle par laquelle j'opère aussi l'œuvre de Dieu , dans mon paradisiaque jardin de roses. Car, l'attract de l'éternelle matrice me pousse aussi à écrire et à employer ainsi mes conjioissances.
18. Si donc nous voulons élever notre esprit , et chercher le ciel dans lequel Dieu demeure , nous ne pouvons pas dire que Dieu n'habitequ'au-dessusdes étoiles , et se soit ainsi enfermé dans une forteresse qui ait été faite d'eau, où personne ne puisse entrer à moins qu'o» ne la lui ouvre ; lesquelles pensées égarent entièrement les hommes. Nous ne pouvons pas dire non plus , comme plusieurs le présument , que Dieu le père,aiusi que le fils,soient avec les anges dans un ciel supérieur et enclos , et ne régissent alors ce monde - ci que par l'esprit saint qui procède du père et du fils. Toutes ces pensées n'ofirent point une vraie connoissance de Dieu. Car alors Dieu seroit partagé , et circonscriptible comme le soleil qui se meut en haut au-dessus de nous , et répand sa vertu et sa lumière sur nous , afin qu'ainsi toute la profondeur soit lumineuse , et par-tout en activité.
19. Ces sortes de pensées égarent étrangement la raison , et le royaume 4e l'antechrist est engendré dans ces pensées. L'antechrist , par le moyen de ces opinions , s'est mis à la place de Dieu , et s'est persuadé qu'il seroit un Dieu sur la terre ; il lui a prèsI
( 9^ ) *^«- 7crîl la limite de sa puissance divine , il a fermé la bouche à l'esprit de Dieu , et n'a pas voulu Teatendre parler.
30, Ainsi de grandes erreurs se montrent, en sorte que plusieurs croient à l'esprit de mensonge qui parle dans d'hypocrites et puissantes illusions , et égare les enfans de l'espérance , comme le témoigne
Saint-Paul.
ai. Le vrai ciel où Dieu demeure, estpar-tout , en tout lieu , ainsi qu'au milieu de la terre. Il comprend l'enfer où le démon demeure , et il n'y a rien hors de Dieu. Car , là où il étoit avant la création du monde , il y est encore , c'est-à-dire , en soimême , et il est lui - même l'essence des essences. Tout est engendré de lui et dérive de lui , et c'esk pour cela qu'il s'appelle Dieu , en sorte qu'il est seul le bien , le cœur ou ce qu'il y a de meilleur , c'est-à-dire , la lumière et la puissance d'où la nature
dérive.
22. Si tu veux donc considérer Dieu , représentetoi les éternelles ténèbres qui sont hors de Dieu , car Dieu demeure en soi-même, et rien ne peut,par une puissance particulière,le saisir ; ces ténèbres ont un grand attrait pour la lumière puisque la lumière se mire dans les ténèbres , et brille en soi.Et dans ces mêmes ténèbres ou dans le désir , tu trouveras la source. Or,la source saisit la puissance de la lumière; l'ardeur rend substantielle ou maiérielle\a puissance, et la puissance substantielle ou matériel^ est l'enceinte relativement à Dieu , on bien elle est le ciel. Car dans la puissance est le paradis dans lequel
CH. 7.
(95)
opère l'esprit qui provient du père et du fils ; tout ceci est inconcevable à la créature , mais non pas introuvable pour la base affective , car le paradis est ouvert à la base affective des âmes saintes.
23. Ainsi lu vois comment Dieu a créé tout de rien, c'est-à-dire, seulement de lui-même, et cependant l'extra-génération n'est point de son essence , mais elle prend sa source dans les ténèbres.
24. La source des ténèbres c'est le premier principe 5 la puissance de la lumière est le second principe, et l'extra-génération hors des ténèbres parla puissance de la lumière, est le troisième principe ; il ne s'appelle pas Dieu ; Dieu n'est que la lumière et la puissance de la lumière 5 et l'expansion de la lumière est l'esprit saint.
25. Prends une comparaison en toi-même. Ton ame te donne en toi: i^. La raison par oùtu penses 5 cela signifie Dieu le père. 2^. La lumière qui brille dans ton ame , afin , que tu puisse connoître la puissance, et te conduire ; cela signifie Dieu le fils, ou le cœur, l'éternelle puissance. Et 3«^.la base affective qui est la puissance de la lumière. L'expansion de la lumière par laquelle tu régis le corps , signifie Dieu
l'esprit saint.
26. i*. Les ténèbres , en toi , qui se portent ardemment vers la lumière ,. c'est là le premier principe. 1 11
20. La puissance de la lumière en toi par laquelle lu vois sans yeux dans la base affective , c'est là le second principe. [ On voit que Vauieur a rassemblé ici en un seul, le second principe et V esprit saint. ]
( 96 ) CH. f.
3°. Et la puissance désirante qui jaillît dans la base affective et attire à soi , et se remplit , ce qui fait que le corps matériel croît , c'est là le troisième principe.
27. Et tu entends parfaitement comment entre chaque principe il j a une clôture. Or, Dieu est le commencement et la première puissance dans toutes choses. Tu conçois aussi qu'avec jton corps de taupe tu n'es pas dans le paradis. Car il n'est qu'une gêné-* ration gonflée dans le troisième principe 5 dans laquelle l'ame reste enfermée comme dans une ténébreuse prison, ce dont tu trouveras une ample description quand f en serai à la chute d'Adam.
a8. Maintenant vois. Là où Dieu voulut se manifester par le monde matériel , et où la matrice fut dans la génération angoisseuse 5 c'est là que le créateuravoitmu le premierprincipe pour la création des anges, et que la matrice resta indivise en une essence 5 car il n'y a eu là aucune [saiaiesabilité^, mais seulement esprit, et puissance de l'esprit. L'esprit étoit Dieu ; la puissance étoit le ciel . et l'esprit opère dans la puissance de façon que la puissance est désirante et ardente ; car l'esprit se contempla dans la puissance , là où l'esprit avoit créé la puissance. C'est de-là que sont venus les anges ; ainsi la puissance devint la demeure des anges , et le paradis dans lequel l'esprit opère. Or, la puissance soupira après la lumière, et la lumière brilla dans la puissance ; ainsi il y eut une joie paradisiaque , et parla il j eut devant Dieu comrue uu jeu d'amour. *
teH. 7. ( 97 )
39. Mais l'éternelle lumière , aussi bien que la puissance de la lumière , ou le paradis céleste, sa meut dans les éternelles ténèbres , et les ténèbres ne sauroient saisir la lumière; car ce sont deux principes différens , et les ténèbres soupirent après la lumière, parce que l'esprit se contemple en elle, et qu'en elle la puissance divine est manifestée. Mais si les ténèbres ne peuvent saisir ni la lumière, ni la puissance divine , ces ténèbres se sont , cependant , toujours élevées vers elle avec un grand désir, tellement que, par l'éclat de la lumière de Dieu, elle^ ont allumé en soi la racine de feu ; alors le troisième principe s'est manifesté, et il lire son origino du premier , de la matrice ténébreuse , par le reflet de la puissance divine. Mais comme celte puissance allumée dans cet élèvement dans les ténèbres, est devenue ignée , alors Dieu a posé sur elle le fiât , et par l'esprit bouillonnant qui sort dans la puissance de la lumière , il a modifié la source de feu en forme corporelle, et Va. séparée de la matrice , et l'esprit a nommé étoiles cette modification ignée , à cause de leurs qualités.
Zô, Ainsi on yoit clairement comment le ciel igné étoile , ou ( ainsi que je pourrois mieux l'exposer au lecteur éclairé ) la quintessence , ou la cinquième forme dans la génération , est séparée de k matrice aqueuse. Autrement il n'y auroit point eu de cesse dans la conglomération des pierres et de la terre , si le mode igné n'avoit été séparé. Mais comme l'éternelle essence, ou Dieu a voulu se manifester dans la matrice ténébreuse , et du rieu opéI- 7,
( 98 ) CH. 7.
rer le quelque chose , il a séparé la puissance enflammée , et a rendu la matrice claire et pure.
3i. Ainsi la matrice reste maintenant insaisissable , et soupire après le mode igné , et le mode igné soupire après la matrice ; car l'esprit de Dieu, qui est l'esprit de douceur, se contemple dans la la matrice aqueuse , et la matrice reçoit de lui la puissance. Ainsi il y a une ferme volonté d'engendrer et d'opérer , et toute la nature est dans ua grand désir , et une grande angoisse , voulant sans cesse engendrer la puissance divine , puisque Dieu et le paradis sont cachés dans cette nature ; mais elle engendre selon son mode et selon ses moyens.
32. Or , lorsque Dieu eut séparé la matrice d'avec sa forme ignée , et voulut se manifester dans ce monde , alors il établit le fiât dais la matrice , et dit : Qu^il croisse de V herbe , des plantes , des arbres , des animaux , chacun selon son espèce. Cette parole étoit le cœur ou la puissance de l'éternel père, mais l'esprit qui avoit le fiât , passa de l'éternel père dans la puissance du cœur de Dieu avec la volonté. La volonté fut le fiât , et la puissance de l'extragénération créa dans le troisième principe matériellement 5 visiblement et palpablement, chaque chose selon son essence. Telle qu'étoit la puissance , tel fut aussi son corps. Car, là , la matrice ignée, ou la région astrale avoit donné sa puissance au fiât ; la matrice aqueuse ainsi que les élémens avoient reçu la puissance ; elle devint enceinte. Chaque élément engendra de soi-même ses créatures 3 et aussi chaque forme engendra de soi - même dans la nature igué^
1». 7^ ( 99 )
et aqueuse, et cependant il n'y eut aucune essence divisée. Seulement les créatures furent distinguées chacune selon son espèce, selon l'éternelle puissance ^ui ^ par l'ardeur , s'éleva dans le désir , et devint le troisième princijJe qui n'avoit point existé avant les tems.
33. Ainsi , le ciel astral domine (Jans toutes let créatures comme dans son domaine ; il est le mâle J et la matrice ou la forme aqueuse est sa femelle qu'il engrosse toujours. La matrice est la génératrice : elle engendre l'enfant que fait le ciel 5 et c'est de ce ciel créé dans le troisième principe , que sortent les élémens , particulièrement la malrico aqueuse d'où l'eau visible est engendrée , et qui engendre sans cesse encore dans la même ardeur.
34. C'est pourquoi , Moïse écrit avec raison r Dieu créa le ciel dumilieu des eaux. Tu dois entendre ceci de l'éternelle matrice aqueuse , qui n'est qu'un esprit dans lequel est le paradis et le ciel sacré , ou la puissance divine après laquelle sounire avec une grande faim la ténébreuse matrice; c'est de- là qu'est venue la matrice visible des élémens , de laquelle, au moyen du fiât, ont été créées, par l'éternel esprit de Dieu , les essenses de toutes les essences qui sont actuellement.
35. Car , chaque forme dans la matrice a manifestement ses créatures , mais invisiblement pour les yeux de l'homme ; elles peuvent, pour la plu* part , être regardées par nous comme un esprit fi» guré. C'est ainsi que le feu a des esprits et des créatures cachées pour nos yeux matériels j et nous se
( lOÔ ) CH. 7^
pouvons pas les voîr. Dans l'air également , il y a des esprits invisibles que nous n'apercevons point , puisque l'air étant immatéi*! , les esprits le sont aussi. Dans l'eau il y a des Créatures matérielles , mais qui ne nous sont pas visibles. Et comme elles ne viennent pas du feu et de l'air , elles sont d'une autre qualité j^t elles sont cachées aux êtres aériens et ignés , à moins qu'elles ne veuillent se manifester elles-mêmes.
36. C'est ainsi que le feu , l'air , l'eau , la terre sont dans un seul vase ; ces quatre ne sont qu'une seule chose, et cependant ils sont distincts tous quatre , et aucun d'eux ne peut saisir ni retenir l'autre. Or , dans chaque créature il y a quelque chose de fixe des quatre autres , et la créature ne peut pas se cacher dans ce fixe ; mais elle y est manifestée , «t elle est visible et saisissable 'selon ces mêmes esprits ) et insaisissable aux autres esprits élémentaires.
87. Car , c'est en sortant du rien que tout est arrivé à être quelque chose ; et chaque créature a un centre , ou le cercle de la génération de la vie en soimême. Or , de même que les élémens sont cachés les uns dans les autres , dans une seule mère , et que l'un ne saisit pas l'autre quoiqu'il soit un membre de l'autre ; de même aussi, les créatures produites sont cachées les unes dans les autres , et invisibles. Car,chaque être ne voit que dans sa mère,qui est fixe en» lui. Le matériel voit la substance malérielle , mais il ne voit pas la substance immatérielle , ou les esprits dans le feu et l'air , de même que lo
CH. 7.' ( 101 )
-corps ne voit pas l'ame qui cependant demeure eri lui , ou de même que le troisième principe n'atteint ni ne saisit le second dans lequel est Dieu ; et quoiqu'il soit en Dieu , ily a cependant une génération entre eux. Il en est comme de l'esprit animique de l'homme , et de l'esprit élémentaire dans l'homme ,' lequel esprit élémentaire est cependant l'enveloppe et l'enclos de l'autre , ce que tu trouveras lorsque Je parlerai de la création de l'homme.
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CHAPITRE HUITIEME.
De la production des créatures , et de Texpldsion de toute végétation , aussi bien que des éroiles et des élémens , et de Torigine de la substance de ce monde.
I. i L n'y a rien d'extraordinaire , comme il esi dit au commencement du précédent chapitre, qu'un homme parle , écrive et enseigne sur la création du inonde , quoiqu'il n'y ait point été présent; il suffit qu'il en ait la vraie connaissance en esprit j car alors il voit toutes choses comme dans un miroir , dans la mère ou la génératrice. En effet, chaque chose est dans une autre, et plus il cherche, plus il trouve; son entendement n'a pas besoin de s'élancer hors de ce monde, il trouve tout dans ce monde, sur-tout en soimême, ainsi que dans tout ce qui vit et se meut. Quoi que ce soi t qu'il contemple et qu'il approfondisse, ily trouve l'esprit avec le FiAT,et la puissance divine se mire dans toutes choses comme il est écrit : LaparoU €8iprèa de ioi^oui,dans tes lèvrea et dans ton cœur. Car, quand la lumière de Dieu pointe dans le centre de l'esprit de Pâme , alors Pesprit de l'ame voit comme dans un clair miroir, la création du monde, parfaitement bien , et il n'y a rien d'éloigné pour lui.
CH. 8. ( >o3 )
2. Je veux adresser le lecteur à la création , ellemême ; il peut y creuser , il y trouvera que tout est ainsi ; et il verra des choses encore plus merveilleuses , que personne ne peut ni écrire ni proférer, pourvu toutefois qu'il soit né de Dieu. Nous ne devons pas dan§ notre intelligence , et dans nos connoissances , considérer Dieu opérant dans la création , comme un homme qui manipule quelque chose , ainsi qu'un potier fait un vase avec de l'argile , ou un sculpteur une figure , à sa volonté , et qu'il brise si elle ne lui plaît pas. Non, les œuvres de Dieu dans la création du monde ont été toutes fixes , bonnes et parfaites ; comme Moïse écrit : Et Dieu regarda tout ce qu'il avoit fait , et il vit que
cela étoit bon.
3. Car il n'a pas pris un morceau de terre l'un après l'autre , ou bien plusieurs morceaux de terre à la fois pour en faire des animaux. Cette opinion ne pourroit pas se soutenir , et seroit plutôt la pensée d'une brute qne d'un homme ; mais , comme cela esèdit ci-dessus , après que le démon fut tombé avec ses légions, lui qui avoit eu son siège angélique et son trône dans le lieu de ce monde ; qui avoit existé corporellement selon le mode de l'esprit, dans le premier principe ; qui étoit tout imprégné de la lumière du second ; demeurant vraiment dans le paradis et dans la puissance divine; après, dis-je, qu'il; fut tombé par orgueil , et privé de la lumière de Dieu , s'étant cramponné à sa propre mère la racine de feu , se persuadant qu'il pourroit dominer sur la douceur du co^r de Dieu , alors sa demeure
( >04 ) CH. 8.
fut fixée dans le premier principe , dans la matrice ténébreuse ignée ; et Dieu créa l'extra-généralion de la malrice en un principe; et, dans réieruelle maJrice , dans sa volonté désiranle , il ouvrit le centre ou la génération de la vie. Dans ce moment, ( selon Je mode dont réiemelle divinité s'engendre sans cesse de loule éternité ) s'est élevé , d'après Tordre de la divinité , le Iroisième principe dans lequel la divinité demeure comme cachée, mais cependant, se peignant puissamment dans toute chose, ce qui est inapercevahle au démon > et ne lui porte aucun profit.
4. Mais le troisième principe est une image du inonde paradisiaque , qui est spirituel , et qui y demeure caché , et ainsi la divinité s'est manifestée» Comme le monde spirituel des anges n'est pas resté dans ce lieu , alors Dieu a donné à ce lieu un autre principe , dans lequel , cependant , une lumière s'élève 5 et qui est une aimable demeure ; car le plan de Dieu doit subsister , quand même les premiètes créatures devroienl rester dans les ténèbres. •
5. Ainsi on ne doit point considérer la matrice de ce monde , avec les étoiles et les élémens comme si Dieu n'y résidoit pas. Sa puissance et son éternelle sagesse se sont représentées dans toutes choses par le fiât. Il est lui-même le maître ouvrier, et dans le fiât toutes choses ont éclos , chacune dans son essence , dans sa vertu et dans sa propriété.
6. Car de même que dans le firmament , chaque étoile a une propriété différente des autres ;de mémo en est-il de la mère d'où la quintessence des étoiles
cii. 8. ( io5 ) #•
est sortie ; car lorsque la ^brme ignée des étoiles s'est séparée d'elle , elle n'a pas été pour cela séparée du premier éternel droit de génération , mais elle a conservé son éternelle vertu ; sewXcmcwi la puissance de feu engendrée , a été séparée d'elle , de façon qu'elle est une aimable demeure , et une douce mère de ses enfans.
7. Lorsque Dieu au premier jour a congloméré ensemble la masse de la terre dans la grande profondeur de ce monde , alors l'abîme ( ou la profondeui^a été net , mais ténébreux , et il n'y avoit aucune^umière dans la matrice ; mais la quintessence , c'est-à-dire , la cinquième forme a brillé , dans la matrice comme un feu , dans lequel l'esprit de Dieu a fécondé par le fiât la malrice aqueuse; alors la terre étoit entièrement vide et nue, et il n'y. avoit aucune végétation.
8. Or , comme l'écrit Moïse, Dieu dit : Que la lumière soit , et la lumière fut ; et cette lumière a été la cinquième forme dans la matrice 5 car la quintessence ne fut pas encore créée ni séparée dans la matrice jusqu'au quatrième jour où Dieu en a créé le soleil et les étoiles , et a sépuré la lumière des ténèbres. La lumière reçut donc alors en soi, en propriété , la puissance de se répandre avec éclat , et la racine de feu demeura cachée dans le centre, dans les ténèbres.
9, Au second jour Dieu créa comme une forte barrière le firmament du ciel au milieu des ténèbres delà matrice originelle , pi>ur que celle-ci ne s'enflammât plus 3 et n'engendrât plus ni terre ,*ni pierres 9
♦ ( io6 ) en. 8.
c'est pourquoi il a produit du milieu des eaux lat barrière , ou le firmament , lequel arrête la puissance du feu 5 et est devenu le ciel visible d'où sont venues les créatures , et de qui maintenant sortent les élémens , le feu , l'air et l'eau.
10. Car , au troisième jour , Dieu , par le fiât , a séparé l'eau de la terre , et l'a disposée en des placée diverses , afin qu'elle fût un rafraîchissement pour la terre , lorsque la torre deviendroit sèche. Lorsque tout cela fut fait , Dieu s'occupa de la création , et l'éternel père parla ; c'est-à-dire , qu'au maMa du FIAT 5 il op^Ta sur la terre par le fils qui est son cœur et sa splendeur : alors la vie poussa au travers de la mort 5 et il s'éleva des plantes , de l'herbe , et toute espèce d'arbres, et toute espèce de végétaux ; chacurt selon Télernelle source , comme cela avoit été auparavant. Ainsi chaque essence devint visible , et .Dieu manifesta son éternelle puissance par des multitudes de plantes , d'arbres et d'arbustes ; de façon que celui qui est né de Dieu et qui les observe, reconnoit l'éternelle puissance et la sagesse divine, et contemple , dans le moindre brin d'herbe, son ciréateur dans lequel il vit.
11. Ainsi dans un instant parut tout ce qui vit sur la ferre , et la matrice de la terre est restée comme dans la mort jusqu'au troisième jour , h cause de la grande tempête ; mais par le fiât la vie a poussé aa travers de la mort , et l'éternelle puissance et sagesse de Dieu se sont laissé voir à la terre florissante ^ frétant représentées dans le fiât. Il y a ici un grand secret^pourquol le Glirist homme a été dans la terri^
CH. 8. ( ï<^ )
jusqu'au troisième jour , et a réparé le tems de la mort , mais l'homme seroit aveugle à ceci et n'y
connnoîtroit rieti. j j,»
12. On voit là, très clairement , la similitude drf monde paradisiaque. Car , quoiqu'il y ait dans une prairie plusieurs milliers de plantes les unes auprès des autres , et que l'iine soit plus forte et plus belld que l'autre , cependant aucune n'envie à l'autre sa. beauté , mais il n'y a là qu'une aimable demeura dans une seule mère ; ainsi il y a aussi une diffé-î rence dans le paradis. Là chaque créature n'éprouvei que la plus grande joie de la t^ertu et de la beauté de^ autres , et l'éterttelle puissance et sagesse divine est sans nombre et sans borne -, comme tu le trouves cidessus dans le troisième chapitre , sur l'ouverturedes rfîentres de l'éternelle vie. Il n'y a aucun livre oh tu poisses mieux chercher et plus a/«^//*«^^ trouver la divine sagesse, que quand tu marches dans une prairie végétante et florissante -, tu peux y voir , sentir , et goûter la merveilleuse puissance divine , quoique ce ne soit qu'une ^rfiilitude, et que là v^riw divine toit devenue matérielle dans le troisième principe , et que Dieu se st)inhFianifesté en image. Mais pour celui qui cherche , c'est un aimable maître d'école , et il y trouvera beaucoup de choses.
i3. Au quatrième jour , Dieu a vraiment pris au cjoeur le lieu de ce monde ; car , il a créé de sa propre sagesse , dans le troisième principe , le saga maître ; savoir : le soleil et les étoiles. Et dans ces aatrês on voit vraiment la diviuité, et l'éternelle sa- • gesse de Dieu , comme dans ua miroir , quoique
{ io8 ) fcH. 8.
Dieu lui-même ne soit pas un être visible pour nos yeux ; mais ils sont une déesse dans le troisième principe 5 laquelle finalement retourne ensonEther, etpreud sa fin.
14. Je sais qu'on ne doit pas jeter les perles dans le cliemin , de peur que les animaux ne les foulent ' aux pieds , encore moins les laisser avaler par hs pourceaux , parmi les écosses ; car cela ne profileroil en rien au monde léger, qui nechercheroitqu'à en abuser, puisque le démon , dont il est le serviteur, lui enseigne que , s'il savoit tout à l'heure , quel est le fondement du ciel et des étoiles , il seroit Dieu comme l'a enseigné aussi Lucifer. Cependant, puisque l'homme et toutes les créatures vivent dans la rertu des étoiles, dans leurs opérations et leurs essences, et que chaque créature reçoit de là sa propriété , je veux écrire quelque chose sur l'origine et* la rertu des étoiles , en faveur de la volonté désirante qui s'est sincèrement préservée de l'homme bestial, et veut vivre dans le vrai homme, ou l'imaga et la ressemblance de Dieu : cela est très essentiel à connoître , et sur-tout à cause du lys qui croît là,
dans la matrice, dans l'arbre de la colère, vers le nord.
i5. Moïse écrit que Dieu a dit : Qu'il y ait des lumières dans le firmament du ciel , qui partagent là le jour et la nuit, et marquent les signes , les tems,. les jours et les années,et qu'il y ait desjluminaires au firmament du ciel , qui brillent sur la terre. Et cela fut ainsi , et Dieu fit deux grands luminaires ; un Çrand luminaire pour qu'il présidât au jour , et un -
cH. 8. ( ÏÛ9 )
petit luminaire pour qu'il présidât à la nuit , et en outre aussi les étoiles. Et Dieu les pinça dans le firmament du ciel , pour qu'ils brillassent sur la terre, et qu'ils présidassent au jour et à la nuit , et qu'ils séparassent la lumière d'avec les ténèbres.
16. Quoique l'écrit de Moïse dise bien qu'ils dévoient présider au jour et à la nuit , et séparer la lumière d'avec les ténèbres , et marquer les tems , les années et les jours , cela n'est cependant pas encore assez intelligible pour le lecteur désireux ; car on trouve vraiment quelque chose d'élevé dans la vertu et la puissance des étoiles , savoir ; comment c'est par leur puissance que se meut tout ce qui vit , les plantes, les couleurs et propriétés ; ce qui est épais et ce qui est délié ; ce qui est petit et ce qui est grand ; ce qui est bon et ce qui est mauvais : ce dont les sages du paganisme s'extasioient tellement , qu'ils houoroient ces astres comme Dieu. C'est pourquoi je veux écrire quelque chose de leur origine , autant qu'il m'est permis pour le présent, en faveur des chercheurs qui soupirent après la perle. Mais je n'ai rien écrit pour les pourceaux , et les autres hommes-animaux-sauvages qui foulent les perles dans la boue , et méprisent et dédaignent l'esprit des connoissances 5 ils peuvent s'attendre , ainsi que le premier monde , au déluge de feu. S'ils ne veulent pas porter l'image angélique , il faudra qu'ils portent celles des lions , des dragons , des reptiles et des animaux malfaisans. Et s'ils ne veulent pas se laisser toucher pour que Dieu vienne i
( ÎIO ) iCB. ^
leur secours, il faudra néamoins qu'ils éprouvent si ]a voix des prophéties aura menti à leur égard.
17. L'évaugéliste Jean écrit sur l'origine de l'essence et de la création de ce monde , si profondément et si juste , qu'il est impossible de trouver mieux dans aucun autre livre de la bible : au commencement étoit le verbe , et le verbe étoit avec Dieu , et le verbe étoit Dieu 5 il étoit dans le corn-* mencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par lui ; et sans lui rien n'a été fait de ce qui a été fait. £n lui étoit la vie , et la vie étoit la lumière de l'homme , et la lumière brilla dans les ténèbres , et les ténèbres ne l'ont point comprise.
18. Yojez ce que dit Jean : uéu commencement de la création , et avant le tems de ce monde , a été le verbe , et le verbe étoit Dieu , et dans le verbe étoit la lumière , et elle a brillé dans les ténèbres , et les ténè-^ hrea ne Vont pas pu saisir. Far-là on entend clairement : 10. comment la lumière éternelle est Dieu ; et on entend , 2**. , comment elle a eu son éternelle origine dans l'éternelle puissance ; et on entend , 3^. , comment elle est l'éternel verbe qui brilla dans les ténèbres. Puisque ce même verbe a créé tout dans tous les lieux , il a donc existé aussi dans touf les lieux , car sans lui , rien n'a été fait.
19. Or , ce même verbe n'a eu aucune matière dont il pût faire quelque chose , mais il a créé toutes choses des ténèbres , et les a apportées à la lumière pour qu'il brillât lui-même et montrât par-tout sa présence ^ car en lui étdh la vie i il donna la vie à
CH. 8. ( i" )
la création ; la création vient de sa puissance. !La puissance est devenue matérielle. La lumière brille en elle , et la puissance matérielle ne peut la saisir, car elle est dans les ténèbres. Mais puisque la puissance matérielle ne peut saisir la lumière qui brille de toute éternité dans les ténèbres , alors Dieu lui a donné une autre lumière qui est provenue de la puissance j savoir : le soleil qui brille dans la création , de façon que la création est en lumière ^ et manifeste.
20. Car, i®. , de même que la divinité est lapuissapce et la lumière du paradis dans le second principe ; de même le soleil est la force et la lumière de ce monde matériel dans le troisième principe. Et 2^., de même que la divinité brille dans les éternelles ténèbres dans le premier principe 5 de même le soleil brille dans les ténèbres , dans le troisième principe. Et 3". , de même que la divinité est la puissance et l'esprit de l'éternelle vie 5 de même le soleil est la puissance et l'esprit dans la vie périssable.
ai. Mais un esprit n'est autre chose qu'une volonté qui s'élève ; dans la volonté , il y a angoisse pour la génération 3 dans l'angoisse s'engendre le feu i dans le feu , la lumière : or , par la lumière , la volonté devient joyeuse , aimable , 'traitable et douce ; dans la volonté douce s'engendre la puissance , et de la puissance s'engendre le règne et la souveraineté ; ainsi la lumière possède la puissance; là où elle s'éteint , là cessent la puissance ) la sou«» ^Teraineté , et aussi le règne^ *
(lia) CH.8.'
22. Dieu, qui est réternelle lumière, est rëternclle voloiilé. Il brille daus les ténèbres, et les ténèbres ont saisi sa volonlé : dans cetJe même volonté que les ténèbres ont saisie , s'élève l'angoisse ; dans l'as*- tringente angoisse , le feu ; dans le feu , la lumière ; de la lumière, la puissance 5 et de la puissance , le règne. Maintenant , du feu sont provenus les astres en outre le soleil : or , de la puissance sont venus les deux ; et le règne est de Dieu. Toutes ces choses éloient l'une dans l'autre dans la première volonté , dans la création ; alors , Dieu a séparé la volonté ignée , de la volonté de la lumière douce, et a appelle étoiles la volonté ignée , et ciel la volonté cfouce , selon la puissance de chacune.
23. Le soleil est la déesse dans le troisième principe dans le monde créé ; entendez le monde matériel : il est sorti des ténèbres dans l'angoisse de la volonté , à la manière et selon le mode de l'éternel engendrement. Car, lorsque la lumière de Dieu posa le FIAT dans les ténèbres , les ténèbres saisirent la volonté de Dieu , et s'imprégnèrent pour la génération. La volonté fait l'astringent ; Tattract et le mouvement de l'attractpour lamobilité, font l'amertume ; l'amertume fait la douleur; la douleur fait l'angoisse, et l'angoisse fait le mouvement, le brisement et l'ascension. Or , l'astringence ne peut pas supporter le mouvement; elle tire plus fortement à soi , et l'amertume ou l'attract ne se laisse pas arrêter ; mais elle brise et pique ainsi durement dans son attract jusqu'à ce qu'elle éveille la chaleur ^ dans laquelle s'élève Téclair. Par l'éclair la ténéen. 8. ( Ii3 )
breuse astrîngv?ncc s'effraie ; dans l'explosion le feu s'allume, et dans le feu la lumière; Il n'y auroit aucune lumière s'il n'arrivoit pas une brisure daus l'astringence , mais le feu seul resteroit : or , l'explosion du feu dans l'astringence tue la dure astringence de façon qu'elle tombe à terre au-dessous de soi, et devient atténuée et comme morte ; et quand l'éclair s'envisage dans l'astringence , il s'étonne très fort de trouver la mère si calm e ,à moitié morte et sans force. Dans cette explosion sa propriété ignée devient blanche , mitigée et douce , et c'est l'enflammement de la lumière : là le feu est changé en une blanche clarté.
24. C'est de cette manière que , dans le fiât , le soleil s'est élevé ; et du soleil , dans son premier oïiOammement , les autres planètes jsavoir : au-dessus de soi , de Tamertume tempêtante, Mars ^ que la splendeur du soleil a arrêté lorsqu'elle l'a aperçu : de la puissance du soleil , qui s'éleva plus haut , Jupiter ^ saisi dans le centre par le fiât ; «t de la chambre d'angoisse , Saturne : au-dessous de soi, de la douce aménité, Vénus ^ lorsque l'astringence fut soumise , et que, traitable et douce comme de l'eau, elle tomba au-dessous de soi quand la lumière s'alluma : alors , de la colérique astringence vint l'amour et la douceur qui s'abaissèrent : et de la puissance soumise dans l'astrinf;ence, Mercure^ dans lequel est la connoissance de ce qu'il y avoit dans l'origine avant la lumière. Mais lorsque la lumière rendit substantielle ou matérielle la puissance dans le lieu du soleil, telle I. S
( 114 ) CH 8;
qu'elle l'esf selon le mode terreslrp , ( vînt ) la lune. a5. Comme le monde ne saisiroit point ceci , mais s'en moqueroit , je ne veux pas ici jeter davantage les perles devant les pourceaux ; car , il faut une autre lumière pour ces connoissances : c'est pourquoi je vais passer outre, et continuer ma route,
26. Toutes choses sont sorties de l'angoisse des ténèbres , lorsque Dieu y prononça le fiât : l'angoisse se déploie dans le fiât ; le fiât dans la volonté, et la volonté est éternelle et sans origine, car dans Dieu elle est la matrice de la génération.
27. Or 5 Die^ est invisible , et la volonté aussi invisible, et là matrice aussi invisible ; ils sont cependant en être; ils sont de toute éternité, et demeurent dans l'éternité : le verbe est la puissance de la volonté ; la puissance fait le fiât ; le fiât fait le règne , et tout cela est comme éternellement dans un seul être. De toute éternité la volonté a engendré le verbe j le verbe , la puissance 5 la puissance , l'esprit : dans l'esprit est la lumière ; dans la lumière , la force , l'intelligence et la conuoissance ; autrement tout seroit un rien.
28. Cette même lumière a opéré dans la connotssance et l'intelligence , et a engendré une similitude de son essence; la substance qu'elle produisit fut le FIAT , et le fiât forma la similitude , qui fut engendrée delà volonté éternelle, et la rendit visible. Or , la similitude fut engendrée des ténèbres , ou de l'éternel rien -, cependant il y avoit quelque cliose, c'est-à-dire, l'original ou le siège de l'angoisse, d'où l'éternelle volonté a^ori^inise de toute éternité.
^.8. { ixo )
29. Or, la similitude a reçu du fiât une vo* ïonté telle qu'est la volonté éternelle , et a engendré la puissance ; la puissance est le ciel 5 la lumièfe qui est brillante dans la puissance est le soleil. Elle travaille dans la puissance, de façon qu'il y a là instinct et connoissance ; autrement , dans ce monde, tout seroit une.substance immobiletout resteroit eu repos , et il ne pousseroit ni lierbe ni plante.
30. Alors dans le fiât s'est élevé de l'angoisse la similitude de la connoissance et de l'intelligence ; ce qui est la région astrale ou sydérique Dans le fiât est la cinquième forme de la gêné-* ration ; et le fiât a séparé les formes de la génération , de sorte que chaque essence est à part j savoir : le dur , le mol , l'épais , le mince , le chaud, le froid, l'amer, l'astringent, l'aigre le doua», etc. , comme cela se voit, et comme cela est demeuré dans la matrice du ciel. L'esprit pro-
. vient de cette Source, ainsi que l'air, et reçoit de la constellation l'intelligence ou Pmstincti car il est lin membrc'lié aux autres, dans une seule mère.
3i. Ainsi la matrice , ou le ciel créé dans le FIAT avec les étoiles , est la similitude de ce qui a été de toute éternité quoique non visible. Le FIAT est dans la similitude : le paradis , dans lequel les anges demeurent , est caché dans la maIrice , et Dieu est brillant dans le paradis ^ et cependant il n'est pas saisissable , de même que l'éclat du soleil ne peut se saisir,
32. Dieu est incommensurable , et la similitude
( Iï(j ) CM, 8»
pst aiissî incommensurable ; il est clans la simililucle , et la similitude ne le saisit point : la similitude est son œuvre ; le fiât est le maître-ouvrier; Tastral est son instrument ; la matrice avec les éléiiiens est la matiore que le maître-ouvrier taille, coupe, et qu'il élabore.
33. Mais ce maître poursuit toujours son travail , sans préméditation : ce qu'il rencontre, il l'élabore ; car la préméditation ou l'iulelligence est bien en action^ mais cachée dans l'œuvre. C'est pourquoi toute la nature est dans une grantle angoisse , et dans le désir d'être délivrée de la vanité (comme aussi le témoignent les écritures \ puisqu'elle goût© secrètement le paradis, et, dans le paradis, la perfection ; c'est pour cela qu'elle souffre , qu'elle s'élève vers la lumière de Dieu et le paradis, et qu'elle en rapporte toujours, dans son angoisse^ quelque chose de plus beau , de plus précieux et de plus neuf, comme on peut aisément le comprendre et l'éprouver dans l'ame de l'homme 5 il est visible aussi , même à une foible intelligence , <{ue par là il arrive toujours, et journellement, dans l'œuvre quelques merveilles, comme tu peux le voir clans rhomme , les animaux , les plantes et Ici herbes , si tu n'es pas aveugle.
34. Ainsi Dieu , au quatrième jour , a , du sein de sa puissance , par le fiât , disposé la similitude de son essence pour qu'il y eût une matrice qui , du sein de la sagesse qu'il a eue en lui de toute éternité , engendrât une similitude de toute son essence,, afin que toutes les formes qui ont été dans»
en. 8. ( "7 )
]a matrice de l'éternité , sortissent et devinssent visibles : or , la similitude de la multiplicité iuscrutable des diversités , puissances et vertus , ce sont ks étoiles.Kllcs doi>neqt toutes à la fois leur i^<?r/w , dans la matrice du ciel, et le ciel donne ce même esprit aux créatures ; ainsi toutes les créatures courent après la même essence , et sont formées ^elon le même esprit qui est leur puissance,
leur esprit et leur vie.
35. Lorsque Dieu eutcomplèlé ceci au quatrième
jour, il le vil, et reconnut que cela étoit bon, comme écrit Moïse. Alors Dieu voulut, dans sa volonté éternelle , que ce règne ou principe fût aussi créaturel, en similitude du règne parfait du paradis , afin qu'il y eût dedans des créatures vivantes ; et la volonté plaça la puissance , qui est le verbe , clans le fiât , et la matrice engendra toule§ sortes de créatures au cinquième jour, chacune selon son espèce. Par espèce , tu dois entendre que la matrice est de plusieurs sortes, comme tu peu?c le voir aux étoiles.
36. Maintenant, je viens ^u maître dans son école, avec sa couronne doctorale. Il demandera de quoi ont été faits les animaux , les oiseaux , les poissons et les reptiles 5 car il prétend que tous soijt faits de terre : il le prouve par Moïse , et il entend cependant aussi peu Moïse que le paradis , qu'il ne conçoit que tout-à-fait corporellement^c'est pourcpioi il y a une grande mort dans l'intelligence. Quoique j'écrive assez clairement , je serai cependant encore comme muet pour cette même mort
^ ( liS) CH. 8
dans les âmes non -intelligentes 5 mais je n'en suis pas la canse. Il est dit : Il faut que vous renaisaies de nouveau^ si vous voulez voir le royaume de Dieu» Veux-tu savoir ( ce que tn demandes )? Laisse de côté dans ton esprit la couronne d'orgueil ; et promène-toi dans le jardin de rose paradisiaque, tu verras qu'ilj' existe une j^lanie 5 si tu en manges, |es jeux s'ouvriront de façon que tu reconnoîlras ce que Moïse a écrit.
87. Les gloses que la raison ( humaine ) a faites sur Moïse ne te montreront pas le paradis, encore moins le créateur. Les prophètes et lesap6tres en ont plus appris en une heure dans l'école dit paradis, que le docteur dans son école en trelilè ans. Cela ne tient point à notre propre esprit. Dieu le donne gratuitement à qui il lui plait ; cela ne s'achète ni par de l'argent , ni par faveur : Salomon vous le dira. Toutefois , si vous pensez terrestrement, et que vous vous imaginiez que Dieu a fait tout uniment les animaux d'une masse de terre, de quoi a donc été fait leur esprit , puisque la terre n'est cependant pas chair , et que le sang n'est pas purement eau , et que la terre et l'ean ne sont nullement la vie ? Quoique l'air y vienne , cependant il ne reste toujours qu'une essence qui seulement croît dans le fia/ ; et la teinture qui s'élève dans le feu , et d'où la noble vie est stimulée , reste cachée.
38. Moïse écrit aussi : Et Dieu dit que touteê Mortes cTanimaux soient produits chacun selon son espèce, La question est de savoir d'où ils sont pro«
«H. "8. ( 119 )
duits? De la matrice. Quelle est cette matrice d'où" les animaux doivent cire produits ? Ce sont les quatre élémens qui sont ensemble dans la terre. Le FIAT a tiré de là les animaux absolument informes, tels qu'ils sont en essence 5 il ne les a pas^ tirés du ciel, mais de la matrice de la terre ; et la matrice de la terre n'est qu'une seule chose, et qu'un régime avec la matrice de la profondeur au-dessus de la terre. La constellation , ou Vastralj ou le syderique , règne en toutes choses ; elle est le limbus ou le mâle dans lequel est la teinture , et dans la matrice de la terre est l'esprit aquastrique ou aqueux. Les animaux ne sont sortis de la matrice de la terre , que parce qu'ils étoient de l'essence de la terre , en sorte qu'ils mangent du fruit qui croît de la terre ;càr, en chaque être, l'esprit soupire après sa mère d'où il est provenu.
89. Or, si les animaux étoient purement d'un© masse de terre , ils maugeroient de la terre ; mais comme ils sont sortis de la matrice de la terre par le çiAT 5 il désirent aussi ;cette même nourriture que la matrice fournit de sa propre essence , et qui n'est pas terre , mais chair. Mais la chair est une concrétion ou une masse d'où est venu le corps ; et l'esprit de la constellation y produit la teinture qui , comme une mère , domine par-tout , et fait l'instinct et ie discernement dans tout ce qui est vivant dans ce monde. Car l'esprit de la constellation ou de Vastral domine dans toutes choses , dans la terre, les pierres , les métaux, les élémens et les créatures*
4a. En etlet , au commencement de la création ,
( 120 ) en, 8,
an moment où la terre est devenue maléricîle , tout a été engendré d'une seule essence ; et il n'y a eu seulement qu'une séparation d'une chose d'avec l'autre. C'est pourquoi, il y a dans chacune une grande ardeur de l'une pour l'autre , comme vous en avez un exemple dans la reproduction ,en raison de laquelle il y a eu aussi une séparation ; car vous voyez qu'il y a un mâle et une femelle, et que l'un désire ardemment la copulation avec l'autre pour se multiplier ; cela est un grand secret. Vois , lorsque le créateur a séparé la matrice parle fiât, alors il a séparé dans la matrice la cinquième forme d'avec Vaquasier. Car la cinquième forme est céleste et impérissable , tant que dure le royaume de ce monde , et que la racine de la cinquième forme tient au paradis. Je veux établir ceci plus intelligiblement en faveur de celui qui est simple , et qui le désire.
4i. Vois , ainsi qu'il a été dit souvent , lorsque dans le fiat> dans la matrice angoisseuse de la ténébreuse, astringence , le feu est sorti dans la roue tournante, dans l'enflammeuient, et que dans le feu est sortie la luniière du soleil et de toutes les étoiles , alors dans la matrice aslringentequi ,par la lumière étoit devenue atténuée, humble et matétérielle jusqu'au déi rô de l'eau , s'est él«vée la très bienfaisante source de l'amour , de façon qu'une forme chérit ardemment l'autre , à cause de la douceur de la lumière , qui étoit parvenue dans toutes les formes. Or , cette douceur étoit un nouvel enfant qui n'étoit point dans l'angoisse, dans l§ ténébreuse
Cfl. 8. ( "I )
origine , et cet enfant étoit dans le paradis. Mais comme il nerésidoit point dans la matrice , ou dans les essences élémentaires , la matrice de l'astringence ne pouvoit le saisir ; mais elle s'abandonna fortement et ardemment , à cause du feu et de Ta-» mertume , à la grande volonté d'atteindre cette aimable source d'amour, et ne put pas cependant la saisir parce qu'elle étoit paradisiaque , et ain^i l'astringence est encore dans une graude ardeur, et elle engendre l'eau.
42. Mais Dieu a séparé le feu , c'est-à-dire , la quintessence, ou la cinquième forme d'avec l'eau ; il en a fait les étoiles , et le paradis est caché dans la matrice. Or , maintenant, la mère de l'eau désire avec ardeur la mère du feu , et cherche l'enfant de l'amour jet la mère du feu le cherche danslaiûèra de l'eau , c'est-à-dire , là où il est engendré, et il y a en elles une vive ardeur de l'une envers l'autre^ pour la copulation.
43. Alors Dieu dit : Que les divers animaux soient produits^ choftun selon son espèce. Là , de chaque espèce d'essence, est provenu le mâle et sa lemelle. Ainsi l'esprit des étoiles , ou l'esprit dans la forme de feu , s'est mêlé par son désir avec l'aquatique , et d'une seule essence sont sortis deux sexes , l'un selon le limbus en forme ignée, l'autre selon Vaquasier en forme aquatique 5 cependant tellement !mêlés qu'ils n'étoient que comme un seul corps. Ainsi le mâle fut qualifié selon le limbus , ou la forme du feu 9 et la femelle scion Vaquasier^ ou la forme aqualique.
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( "* ) es. 8.
44. Ainsi il y a nn ardent désir dans les créatures. 1^ esprit du mâle cherche le cher enfant dans la feweile, et la femelle le cherche dans le mâle. Car, vu 1 imbécillité du corps la créature non - raisonnable «e sau pas ce qu'elle fait ; sans cela , son corps ne se «ouveroa pas siardemment pour la propagation;ello ne connoit rien non plus à l'engrossemen t. Seule- »ent , son esprit est ainsi allumé par l'enfant de 1 amour/de façon qu'il cherche l'amour qui est vraittent le paradis , et ne peut l'atteindre , mais il ne lait qu une semence, dans laquelle il y a denouveau un centre pour la génération j et telle est l'origine de deux sexes et de leur propagation. Mais ils ne peuvent atteindre l'enfant paradisiaque jseulement. Ils éprouvent une véhémente ardeur , et ainsi la propagation va avec une grande passion.
45. Quanlà ce que j'écris ici , comment les étoile» dominent dans tous les animaux et dans toutes les créatures ; que toutes les créatures ont reçu dans la création l'esprit des étoiles , et que tout est encore dans ce mémo régime , le simple ne voudra pas le croire , quoique l'homme insiruit le sache bien. Je e renvoie à l'expérience. Vois : un mâle et une femelle engendrent des petits, et cela, souvent. Ces petits viennent d'un même corps et n'ont pas cependant la même complexion , la même couleur, m la même ««„ , ni la même forme de corps. Tout cec. vient du changement de l'éloile. Car, lorsque Ja semence est semée, le .culpteuren fait une ima^e telle qu'il veut ; toutefois , selon la première esseuœ «lu il ne peut pas changer : mais il lui donne l'espri»
cii. 8. ( 123 )
dans l'essence , suivant son pouvoir , avec les moeurs, les sens, les couleurs, et la manière d'être, selon ce qu'il est lui-même. Telle qu'est la constellation lorsqu'il tire sa respiration de l'air , soit que l'essence soit en mauvais ou en bon , comme pour mordre , frapper , battre, comme aussi pour la douceur,le tout selon que le ciel est en ce moment) tel', aussi , est l'esprit et la volonté de l'animal.
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CHAPITRE NEUVIEME.
Du paradis, et de Tiostabilité de toutes les créatures; comment tout pi'end son commencement et sa fin, et pour quel but les choses se montrent ici.
Za noble et très précieuse porte de Pâme raisonnable^
I. 1 1 n'y a ni or , nî richesse , ni arliHce, ni autorite qui puisse l'amener à Péternel repos de Téternelie douceur du paradis : cela n'appartient qu'à Ja noble connoissance ; tu as Je pouvoir d'en envelopper ton ame ; c'est là la perTe que la teigne ne mange point , et que les voleurs ne dérobent point : c'est pourquoi cherche-la , et tu trouveras un noble trésor.
2. Notre science et notre intelligence nous sont tellement retirées que nous n'avons plus aucune connoissance du paradis, à moins que nous ne soyons engendrés de nouveau par l'eau et l'esprit «aint : autrement le voile de Moïse reste toujours posé devant nos yeux quand nous lisons ses écrits, et quand nous pensons que le paradis est , ce dont Moïse dit : Dieu plaça Adam clans le jardin d'Edea qu'il avoit planté afin qu'il le cultivât.
CH. 9. ( 125 )
3. Homme, mon ami, ce n'est point là le paradi», et aussi Moïse ne dit point cela : mais que dans Kden éloit le jardin où ils furent tentés , ce que tu trouveras lorsque nous traiterons de la chute d'Adam. Le paradis est la divine joie qui a été dans leu.r propre esprit lorsqu'ils étoient dans l'amour de Dieu. Mais lorsqu'ils devinrent désobéissans , ils furent chassés, et ils virent qu'ils étoient nuds 5 car à Tinstant ils furent saisis par l'esprit de ce monde dans lequel il n'y a qu'angoisse, indigence , fatigue et peine , et enfin la dissolution et la mort ; c'est pourquoi il étoit nécessaire que l'éternel verbe devint chair, et les ramenât dans le repos paradisiaque; ce dont il sera parlé en son lieu , quand nous en serons à la chute d'Adam.
4. Le paradis a un autre principe ; car il est la joie divine et angélique , mais il n'est pas hors du lieu de ce monde, bien qu'il soit hors de la puissance et de la source de ce monde; aussi l'eq)rit de ce monde ne peut nullement le saisir , encore moins cela est-il possible à aucune créature , car il n'est point dans la génération angoisseuse ; et quoiqu'il reçoive aussi son origine , cependant il est dans une pure perfection , dans un pur amour , dans la joie et les délices ; et dans ce paradis il n'y a ni crainte , ni mort , ni tourment ; aucun démon ne peut le toucher , ni aucun aninialy atteindre.
5. Mais si nous voulons parler de la source du paradis , de sa joie et de sa haute essence , et dire ce qu'il est, nous n'en pouvons trouver , dans ce lUQndcj aacune comparaison ; nous aurions besoin ,
C »^6 ) CIT. 9.
pour cela , de la langue d'un ange et des connoissances angéliqueSjel quand même nous les aurions, nous ne pourrions pas cependant en parler avec cette langue [ de chair ^-^ nous le comprenons bien dans l'entendement quand Tame voyage sur le cliar marital paradisiaque ; mais nous ne pouvons le rendre avec la langue. Néanmoins nous ne voulons point rejeter cet a , i , r ; mais en balbutier avec les enfans , jusqu'à ce qu'il nous ait été donné une autre bouche pour eu parler.
6. Lorsque Dieu eut créé les animaux , il les amena à Adam , afin qu'il leur donnât leur nom a chacun selon son essence et son espèce, tel qu'ils avoiênt été inqualifiés. Alors Adam éloit dans le jardin d'Eden en Hibron , et aussi en même tems dans le paradis. Mais, aucun animal ne peut aller dans le paradis 3 car c'est le délice divin et angélique dans lequel il n'y a rien d'impur, aucune mort, aucune vie périssable, encore moins la connoissance du bien et du mal. Cependant, Moïse écrit que dans ce jardin d'Eden , il y avoit l'arbre de l'épreuve qui portoit la connoissance du bien et du mal , lequel toutefois n'étoit aucun autre arbre que de' ceux dont nous vivons encore , dans la corruptibilité , et il n'y avoit non plus aucun autre jardin , que ce que nous avons, encore , et où il croît des arbres terrestres bons et mauvais , comme cela est vis^e.
7. Seulement , le paradis est quelque chose de difî.'rent , et néanmoins il n'y a aucun autre lieu ; mais c'est dans un autre principe ; là où habiteut
CH. 9. ( 1^7 )
Dieu et les anges ; où est la perfection , le pur amour , la joie , la connoissance ; où il n'y a aucun tourment; que la mort et le démon ne peuvent toucher , ni connoître , et qui cependant n'a ni terre ni pierre pour muraille. Or, il y a un tel intervalle entre le paradis et ce monde , que ceux qui voudroient passer d'ici en ce lieu là , ne le pourroient,et que ceux qui voudroient de là passer jusqu'à nous , ne le pourroient pas non plus. Lucifer, avec le royaume des ténèbres, est au milieu , et personne ne peut y atteindre que par la nouvelle génération , dont Christ parloit à Nicodèrae. Les âmes •des saints et des régénérés , doivent y pénétrer eu traversant la mort des ténèbres. Le principal pasteur , Jésus - Christ avec les anges , les y conduit sur sou char marital , ce que tu trouveras en son ordre , et à son lieu convenable.
8. Mais je dois travailler , puisque, par la grâce de
]a vertu divine , il m'a été accordé , en partie , de
connoître la voie qui conduit au paradis, et qu'il
convient à chacun d'opérer l'œuvre de Dieu , dans
laquelle il se trouve ; car Dieu , aussi , exigera de
chacun le compte de ce qu'il aura opéré dans ses
.jours de labeur en ce monde ; il exigera cette oeuvre
qu'il aura donnée à chacun,avec l'intérêt, et nevou*
dra pas la recevoir nue et sans fruit ; sans quoi
il liera les pieds et les mains au serviteur paresseux,.
et le jètera dans les ténèbres , où il faudra bien
qu'il travaille, mais dans l'angoisse et dans la dou«
leur d'avoir négligé la tâche journalière qui lui
( Ï23 ) CH. 9.
avoît été donnée ici , el dans laquelle il a été trouvé un serviteur inutile.
9. Je ne veux donc pas abandonner ma tâche journalière , mais travailler dans la voie , autant que je pourrai, el quoique je puisse à peine compter les lettres de celte haute voie , cependant mon travail sera assez grand pour que plusieurs aient de quoiy apprendre toute leur vie. Celui qui s'imagine la bien connoître , n'a pas encore appris la première lettre au sujet du paradis. Car, il n'j^ a aucuns professeurs de celte voie dans cetleécolej iln'y a que des écoliers.
10. C'est pourquoi , le prétendu pasteur , avec son bonnet doctoral, ne doit pas se croire si subtil en ces matières , niy jeter ses dédains si hardiment : car il n'en a pas hi moindre notion , tant qu'il les couvre de ses railleries. Que seulement , il ne se complaise pas tant dans sa couronne ^ et qu'il ne se vante pas de son appel humain , comme s'il étoit placé dans son élection par ordre divin , tandis qu'il n'y est point établi par Dieu , mais par la faveur des hommes ! Qu'il ne ferme pas à tant de gens la voie du paradis, que lui-même il ne connoîl pas ! Car , il doit rendre un jour un compte sévère de son installation par la faveur des hommes. Puisqu'il se vante de son appel divin , el que, cependant , l'esprit de pieu est loin de lui , il est un trompeur , et il ment à la Divinité.
1 1 . C'est pourquoi , chacu n doi t bien prendre garde à ce qq'il fait. Je dis en outre , que celui qui s'ingèr9
en. 9. ( 129 )
d'être pasteur sans la vocation divine,et sans la cotlnoissancede Dieu, est un voleur et un meurtrier; il n'entre point par la porte dans le paradis, mais il croasse avec les chiens el les loups dans la caverne des voleurs , et ne s'occupe que de sa gourmandise el de sa propre gloire. Il n'est pas pasteur , mais il est lié à la grande prostiluée, à l'anleclirist , et quoiqu'il se croie pasteur , il n'est pas connu dans le paradis.
12. Christ nous enseigne et nous avertit fidèlement des tems à venir , où chacun dira : Voyez , ici est le Christ 5 il est là ; il est dans le désert ; il est dans la chambre : n'y entrez point , et ne croyez point cela. Car, de même que l'cclairpart de l'orient , el brille jusqu'à l'occident 5 de même aussi sera la venue du fils de l'homme.
i3. C'est pourquoi , fils de l'homme, vois s'il n'en est pas ainsi lorsque les faux pasteurs qui n'ont point reçu la vocation divine, sedisputent toujours , el que chacun dit : Accourez à moi , ici est le Christ , là est le Christ , et que chacun juge Tautre ^ le condamne à l'enfer, détruit l'harmonie, et éteint l'amour dans lequel l'esprit de Dieu s'engendre 5 par là , il ne produit que de l'amertume ; il égare le simple , en lui laissant croire que Christ est un pasteur de disputes ; et ainsi il provoque ses adversaires ; il excite des guerres et des meurtres , tandis qu'il n'y auroit que l'esprit de Dieu qui dût être la voie du paradis.
14. Christ dit : Almez^vou» les uns les autres 5 c'est à cela ^ue l'on reconnaîtra ^ue yous étex mes dl&cipleê^
I. 9
II
1 y
( i3o } CH. fi
Si quelqu'un vous frappe sur une Joue ^ présentez-lui ^ussi r autre 5 si vous êtes persécutés à cause de mon nom y réjouissez'vous-en , votre récompense sera grande dftns le royaume céleste. Mais à présent, on n'enseigne que l'injure ; il faut aussi que l'on juge ceux qui sont morts depuis plus de mille ans ^ qui sont dans le jugement de Dieu , et en partie même dansle paradis; il faut qu'ils soient maudits par des pasteurs de disputes. L'esprit saint pourroit - il parler par eux, comme ils le crient, lorsqu'ils ne sont pleins que de fiel et d'amertume , et qu'il n'j a en eux que )alousie et que rage , et qu'ils sont loin de la voie du paradis ?
i5. C'est pourquoi , ô ! fils de l'iiomme , observeloi dans ce monde, ne laisse pas séduire tes oreilles quand tu entends les faux pasteurs prononcer sur les cil fans du Christ ; ce n'est point la voix de Christ y mais celle de l'antechrist. Le chemin du paradis a bien une autre entrée. Ton cœur doit *e diriger vers Dieu de tcKites ses forces. Et comme Difiu veut que tous les hommes soient secourus , et que l'un porte le fardeau de l'autre, chacun doit approcher de l'autre avec amitié , et une sage vénération dans l'esprit saint. Chacun doit rechercher le salut de son prochain avec zèle et humilité, et désirer sincèrement qu'il se délivre de la vanité > et aille avec lui dans le jardin de rose.
16. La counoissance est multipliée dans le Dieu infini. Mais chacun doit se réjouir des connoissances et des dons des autres , et penser que Dieu nous a donné ^ dans le monde paradisiaque , H^e Qounoift
ni. g* ( tSi )
sance très surabondante , dont nous n*avons loi qu'une image dans les ^ns partagés. C'est pourquoi J10U5 ne devons pas disputer au sujet des dons e^ des connoissances. Car, chacun eu vertu de l'essence qu'il a dans le Dieu merveilleux , reçoit de l'esprit le ppuvoir d'exprimer c^^pn selonsaforme. En effet, dans le paradis , dans le parfait amour , ces dont seront un attrayant jeu d'amour, où chacun parlera de ses connoissances des grande? merveilles, dan^ la sainte génération.
17. O ! quelles épines le démon a apporté dans c^ jeu d'amour I Faut- il que nous introduisions de telles disputes d'orgueil dans ces nobles connoissances y et que l'on lie l'esprit saint avec des lois f Que sont les lois dans le royaume de Christ , qui nous a faits libres , pour que nous marchions en lui dans l'esprit saint? Pour quel autre objet sont-elles inventées que pour le plaisir de l'antechrist ,afin qu'il puisse marcher dans sa puissance et en pompe , et é\jG un Dieu sur la terre ? O ! fujez-le, vous, (iJ^ de l'homme , le tems est venu de réveiller l'aute-* christ de son sommeil : Christ vient avec son beau lys du paradis , dans la vallée de Josaphat. Il es| tems de préparer les lampes , pour ceux qui veulent aller aux noces de l'agneau.
J^a poru.
18. Le paradis consiste dans la puissance divine ^ et n'est rien de corporel ni de saisissable \ mais s^ çorpor/éité ou sa J saisissahilité J isst sçmblabb è
1!>.
( l32 ) CH.^7
celle des anges , où il y a une claire essence visible, comme si elle éloil matérhUe ; et elle est en effet substantielle comme si elle étoit matérielle , mais purement figurée de la puissance où tout est Iransparenl et brillant , où le centre de la généralion est dans toute chose ; c'est pourquoi la génération est sans fin et sans nombre.
19. Je t'en donnerai une image prise de l'esprit de l'homme , d'où s'engendrent des pensées sans fin et sans nombre ; carchaque pensée a de nouveau un cenire pour engendrer d'autres pensées : loi est le paradis , d'éternités en élernilés. Mais , puisque la lumière de Dieu est éternelle , et brille sans altération et sans interruption ; de même aussi il y a dans la pensée une essence iucommutable où toute chose s'élève dans une pure perfection , et dans un
grand amour.
20. Car l'esprit de connoissance annonce ceci ; savoir : que dans le paradis il y a des végétations comme dans le monde , de la même fijrme , «Tais non pas de la même source , ni de la même saisiasabilieé-, car la substance ou le corps est la puissance substantielle dans le limbus céleste ; or , la racine est dans la matrice dans laquelle 'il n'y a ni terre ni pierres , attendu que c'est un autre principe. Là le feu est Dieu le père -, la lumière est Dieu le fils ; Tair est Dieu le Saint-Esprit, et la puissance d*où tout s'élève, est le ciel et le paradis.
21. Comme nous voyons qu'il croît de la terre toutes sortesde plantes et de fruils,qui reçoivent leur force -du »oleil et des astres 5 de même le ciel ou
CH. 9. ( *^ )
le céleste Hmhus , lient lieu et place de la terre : la lumière de Dieu tient lieu et place du soleil, et l'éternel père lient lieu et place de la puissance des étoiles. La profondeur de cette substance est sans commencement et sans fin : on ne peut atteindre son étendue ; il n'y a en elle ni année, ni teras, ni chaud, ni froid , ni mouvement de l'air , ni soleil , ni astres , ni eau , ni feu , ni vue des mauvais esprits, aucune connoissance , ni impression des tourmens de ce monde , ni rochers , ni terre j et cependant toutes les créatures de ce monde y sont en essence figurée. Car toutes les créatures de ce monde ont été mises en évidence pour qu'elles soient une éternelle • image figurée , non pas pour qu'elles restent dans cet esprit dans leur substance : non , cela n'est pas. Toutes les créatures retournent dans leur Elher ;et l'esprit se brise; mais la figure et l'ombre, ou lan^e^ restent éternellement.
22. De même aussi toutes les paroles , bonnes ou mauvaises , qui sont dites ici par la langue des hommes , demeurent en ombres et en images figurées : celles qui sont bonnes atteignent le paradis dans l'esprit saint , ti celles qui sont fausses et impies atteignent l'abîme de l'enfer. C'est pourquoi Christ dit que l'homme devra rendre compte de chaque parole inutile. Eu effet , lorsque la moisson viendra , tout alors sera trié ; car Christ dit aussi que chacun sera suivi de sci œuvres -, que tout sera éprouvé par le feu de la nature y et que toutes les œuvres, paroles et actions qui seront fausses de* mcurcront dans le feu de lauamre^ qui sera Teuferj
( »^4 ) CH. 9;
ce dont les démons tremblent quand ils l'entendent
23. Tout restera en ombres, et chaque chose dans sa source. C'est pourquoi ce sera pour les impies une éternelle honte, de ce qu'ils verront t^fernellement leurs œuvres, et toutes leurs paroles, semblables à un linge souillé : elles piqueront, comme étant pleines de la colère de Dieu , et elles brûleront selon leur essence , et d'après la source qui se sera ici enflammée.
24. Car le monde est comtne un champ où est semée la bonne semence; l'ennemi jr jèle l'ivraie, et s'en va. L'une et l'autre croissent jusqu'au lems de la moisson; alors chacune sera rassemblée , et menée dans la grange : sur quoi Christ dit auss* que l'ivraie sera liée en gerbe et jetée au feu 3 et que le bon grain sera mené dans la grange.
La porte sainte,
iS. La raison qui est sortie du paradis avec Adam, demande : où le paradis se trouve-t-il ? estil loin ou'près? ou bien : où vont les âmes quand elles vont dans le paradis ? est-ce dans ce monde, ou hors du lieu de ce monde, au-dessus des éloiles? où demeure donc Dieu avec les anges? et où est ]a chère patrie où il n'y a point de mort ? Puisqu'il n'y a ni soleil , ni étoiles dans cette région , ce ne doit pas être dans ce monde , autrement on l'auroil trouvée depuis long-tems,
26, Chère raison , personne ne peut prêler à uo «ulre une clef pour ceci. S'il arrive que quelqu'un
en. 9. ( ï35 )
ait une clef, cependant il n'ouvre point à Paulre, comme il y en a qui se sont vantés d'avoir la clef du ciel et de l'enfer. [ Isaïe n*a-t-il pas dit : Tous f!08 enfans seront enseignés parle seigneur? ( 54: l3.) et Jotl : Je répandrai mon esprit sur toute chair ? (2 : 28).] Je conviens ,à la vérité , qu'ils peuvent avoir deux clefs dans ce monde ; mais ^vec ces clefs , ils ne peuvent ouvrir pour aucun autre : chacun doit ouvrir avec sa propre clef , autrement il n'entre point : car la clef est l'esprit saint ; s'il a cette clef il peut entrer et sortir.
27. Il n'y a rien de plus près que le ciel , le paradis et l'enfer. Celui de ces royaumes ^ vers qui tu penches et vers qui tu te tournes , est celui dont ta es le plus près dans ce monde : lu es entre le paradis et l'enfer, et entre chacun il y a une génération ; la es dans ce monde entre ces deux portes , et tu as en toi les deux engendrcaieus : Dieu te guète à une porte , et t'appelle ; le démon te guète à l'autre porte, et t'apelle aussi : quelque soît celui avec qui tu marches , tu entres avec lui. Le démon a dans sa main la puissance , la gloire , le plaisir et la joie , et la racine dans ceci est la mort et le feu. Au contraire^ Dieu a dans sa main la croix , la persécution , la misère , la pauvreté, le mépris et les souCTrauces, et ]a racine dans ceci eslaussi un feu , et dans le feu^ il y a une lumière ; dans la lumière, la puissance; dans la puissance , le paradis; dans le paradis , les «jiges 5 et avec ks auges les délices. Ceux qui n'ont fju'* desyetix de taupe ne peuvent voir ceci , parcfr xiu'ils sont du troisième principe jCl ne voient quu
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IK.
( i36 ) cH. g.
par le reflet du soleil. Mais lorsque l'esprit saint vient dans Tame , alors il l'engendre de i oiveau ; elle devient un enfant du paradis; elle obtient la clef du paradis , et elle peut en contempler Fint trieur.
28. Mais le corps animal n'j peut rien voir , et aussi n'apparliient-il pas à cet intérieur, il appartient à la terre 5 il faut qu'il passe par la putréfaction et il doit s'élever en Christ à la fin du jour, dans une nouvelle puissance qui est semblable au paradis : alors il peut aussi demeurer dans le paradis , mais non pas sans celle condition 5 il doit auparavant déposer le troisième principe , c'est-à-dire , celte enveloppe dans laquelle le père Adam et la mère Eve ont été enfermés , et dans laquelle ils espéroicnt devenir savans, Porsqu'ils porteroient sur eux manifeslement tous ces trois principes. S'ils les avoient tous deux portés cachés dans eux , et qu'ils fussent demeurés uns , cela eût été avantageux pour nous. Ceci est réservé lorsque nous parlerons de la chute.
29- Il y a donc dans l'essence de toute les essences trois diflerentcs sources qui , cependant, ne sont point séparées , comme si une source éloit loin de l'autre, mais c'est comme une essence l'une dans l'autre; et cependant aucune ne saisit l'autre. De même que dans les trois élémens , le feu , Pair et l'eau sont tous trois l'un dans l'aulre , et aucune no sajsit l'autre , et de même qu'un élément engendre l'autre , et n'est pas , cependant , le même être , la même source ; de même aussi il y a trois principes l'un dans l'autre, et l'un engendre l'aulre, et cepenCH. 9.' (137)
dant aucun ne comprend l'autre , et aucun aussi
n'est de la substance de l'autre.
Zm profondeur dans le centre,
3o. Comme cela a été dit souvent, Dieu est l'être de tous les êtres ; dans lui il y a deux essences en %ine , éternelles , sans fin , et sans extraction 5 savoir: I<^. L'éternelle lumière qui est Dieu , ou le bon; et 2**. les ténèbres éternelles qui sont le tourment , et cependant il n'y auroit là aucun tourment , si la lumière n'existoit pas : la lumière fait que les ténèbres s'angoissent après la lumière , et celle angoisse est la source de la colère .de Dieu , ou du feu infernal dans lequel les démons demeurent , ce qui fait que Dieu se nomme un Dieu jaloux et colérique. Ce sont deux principes de l'origine desquels nous connoissons seulement la génération, l'alliance indissoluble qui est ainsi qu'il suit.
3i. Dans l'origine des ténèbres il y a astringence et âprelé. L'aslringence est la cause de la lumière ; car l'astringence est une convoitise , un attract , qui est la première base de la volonté pour la lumière, et qui n'est cependant pas saisissable ; Tattract dans la volonté forme l'aiguillon que la convoitise attire , c'est le premier mouvement. Or , l'aiguillon ne peut pas souffrir l'altract dans la volonté ; mais il se défend , il s'élève au-dessus de soi , et ne peut pas cependant s'échapper de-là; car il est engendré dans l'altract ; mais comme il ne peut pas s'en aller de-là , et qu'aussi il ne peut pas supporter l'altract ,
alors il ja là une grande angoisse, une concnpiscenœ pour la lumière, semblable à une roue tournanle et qui se brise. L'angoisse dans son amertume s'élevé eu fureur vers la lumière , mais ne peu. pas la 6a.s.r Malgré la volonté qu'elle a dans son angoisso de s élever au-dessus de l6 himière,elle n'y parvient po.nt;mais elle est imprégnée par la lumière,et n'atteint qu'un éclair luisant : or, quand cet éclair parvient dans l'astringence , ou la dureté ( c'est-à-dire dans les ténèbres ), elle s'effraie, et s'en va aussil lot dans son liiher,et cependant les ténèbres demeurent dans le centre. Dans cet effroi la duteté ou asfnngence devient douce , atténuée , foible ; et 1 éclair se produit dans l'amertume qui s'élève ainsi dans aiguillon ; de celte façon l'aiguillon s'envisage dans la mère , et il effraie la mère avec l'éclair en sorte qu'elle se reconnoi. vaincue, et lorsque J aiguillon se fortifie dans la mère e. la trouve ainsi adoucie 11 s'étonne bien davantage, perd sa prow pnéte colérique , e. sUr-le-cbamp il devient blanc , clûir et s'élève très délicieusement , tressaillant d une grande joie et dans une vive volonté ; et la n.ere de l'astringence , par le moyen de la lumière , devient douce, souple, liante et substantielle jusl qu a se tourner en eau : car elle «e perd pas l'essence ne la qualité astringente ; c'est pourquoi l'essence al.ire toujours de plus en plus à soi de la douceur, de façon que,du rien,il vient quelquechose;à savoir: i eau.
32. Maintenant, comme il est dit ci-dessns quand la joie s^élcve de la mère , lorsque la lumière
c». 9. i 139 )
vient en elle , sans pouvoir cepetidant èli être saisie,* alors la joicjdans la volonté qui s'élève, â dé nôui^cflu en soi un centre , et etigèndre dé ïiduveàu de soi une source douce, molle et aimable, une source humble et gracieuse , et qui est immatérielle ; car il ïifc se peut alors rien engendrer de plus délicieux ; c'est pourquoi c'est là la limite de la nature , et c'est le chaud , ou le hartn^ ou comme je dois dire , là barmhertzigkeit miséricorde. Car la nâlUre né cherche et ne désire plus rien ici , ûi aucune autre génération 5 c'est la perfection.
33. Or , dans cette douce source l'eiprit bouilloiir liant qui, dans l'origine de Venjlamnïcment ^ étoit l'esprit amer ou angoisseux, s'élève , maintenant , gracieux , sans agitation , et est l'esprit saint , ou la douce source qui,dans le cenlre,est engendrée de la lumière; c'est la patôle ou le cœur de Dieu. Dans celte demeure est le paradis , et V engendrement est l'éternelle trinité dans laquelle tu dois demeurer , si lu veux être dans le paradis ; il faut qu'elle soit engendrée en toi si tu veux être ènliint de Dieu ; et que ton arae soit en lui , autrement tu ne peux ni contempler le royaume de Dieu , ni en Jouir.
34. C'est pourquoi la ferme foi et la confiance nous ramènent en Dieu , car elle saisit le centre divin pour la génération dans l'esprit saint, sans tèla rien ne sert ; foutes les autres choses qu& l'homme fait ici ne sont que àts essences qui I3 suivent en ombres , et dans lesquelles il restera. Car de même que làdaUâ la divinité sainte, est la géuélatiou qui dans l'origine existe datis la volonté q\
C 140 ) en. 9.
rajigoîsse pour la lumière 5 de même aussi , toi homme émigré du paradis, tu dois , pour atteindre ia génération , entrer dans la volonté angoisseuse, soupirante et désirante ; alors tu atteins , db nouveau , Je paradis et la lumière de Dieu.
35. Maintenant vois , toi , ame raisonnable , je parle avec toi et non avec le corps ; toi seule me comprends. Dès que la naissance est ainsi continuellement engendrée,dès lors chaque forme a un centra pour la renaissance ; car l'entière essence divine est dans une naissance constante et éternelle mais in. variable comme Pesprit de Phomme , dans qui les pensées s engendrent toujours dans la base affective: el des pensées, la volonté et le désir; et de la volonté et du désir , Pœuvre qui est formée en substance dans la volonté ; alors la boucbe et la main saisissent et emploient ce qui étoil substaniiel dans la volonté.
36. II en est ainsi de l'élernelle génération , où de toute éternité la puissance a été continuellement engendrée, et de la puissance la lumière: or, la Jumiere excite et fait la puissance ; la puissance ainsi que la lumière brillent dans les éternelles ténèbres et rendent la volonté soupirante dans Pesprit éternel , de façon que la volonté engendre les pensées dans les ténèbres i les pensées .n^W;^„, Pattract et le désir ; le désir est Pardeurde la puissance: dans 1 ardeur de la puissance est la bouche qui pro- «once le fiât , et le fiât fait la matrice ou ki suhs. tcuw,. L'esprit qui sort dans la puissance la subdivise, et ne prend pas une essence dans une aulvQ
QH. 9. A 141 ;
essence , mais il la subdivise ; el dans l'essence subdivisée , comme chacune est entière el non brisée , le centre du multipliant se trouve de nouveau dans chaque chose , de la même manière que dans Pesprit de Phomme par Pascension des pensées. Mais maintenant qu'est-ce qui doit être engendré dans ce centre? Principalement , de nouveau , un esprit dans une génération et source semblable à ce qui a été dit ci-dessus ; savoir : une volonté dans l'angoisse , et dans la volonté un désir; or, le désir fait Paltract ; dans la volonté , se lient la pensée ; dans la pensée , la bouche ; et dans la bouche est prononcé de la puissance , le fiât ; le fiât fait la matrice , ou la substance ; Pcsprit la subdivise et la forme d'après
la pensée.
37. C'est pourquoi il y a plusieurs familles de créatures ; c'est ainsi qu'il en est de l'éternelle pensée , dans la sagesse de Dieu ; l'esprit a formé chaque famille selon chaque pensée de Péternelle sagesse de Dieu; et le fiât a donné à chacune sa chair selon l'essence de chaque pensée : car , dans la pensée existe la qualité. Telle est la génération et la première naissante de toutes les créatures ; dans cette génération , elles sont encore en essence , . et c'est de celte manière de sortir de Péternelle pensée , qui est la sagesse de Dieu , qu'elles ont été tirées de la matrice par le fiât. Mais puisqu'elles «ont provenues des ténèbres de l'extra - génération , du centre , qui , dans le tems,a été engendré en volonté , alors elles ne sont pas éternelles , mais pas-
( ^^ ^J en. gi
saghres comme une pensée ; et qu oiqu'eJles soient matérielles , cependant chaque source prend la sienne en soi , et la réduit de nouveau à riencomm» elle étoit au commencement.
38. Rien , cependant , ne se dissipe dans la créature, excepté l'esprit produit par la volonté , et soa corps qui est dans le fiât ; la figure reste éternelle* ment semblable à une ombre, et cette figure n'aiiroit pu être ainsi amenée en forme , à la lumière et h la visibilité ou à l'apparence, de manière à subsister éternellement, si elle n'avoit été en être 5 mai» «ussi maintenant , elle ne peut plus se briser, car i( Ti'jr a aucune substance en elle. Le centre dans la source est brisé, et est allé dans son Ether , et la figure n'opère ni bien ni mal , mais demeure éternellement pour la gloire et la merveille de Dieu et pour la joie des anges.
39. Car , lorsque le troisième principe de c* inonde matériel se brisera , et ira dans son Eiher , alors restera l'ombre de toute créature , ainsi qu^ de toute végétation , et de tout ce qui est venu k la lumière ; de même aussi chaque parole et chaque eeuvre aura son ombre et sa figure , et cela sera in, sajsissable, aussi bien que sans intelligence et san9 çonnoissance , comme un rien ou une ombre devant 4a lumière.
40. Tel a été le plan du grand et impénétrable^ Dieu , dans sa volonté 5 et c'est pour cela qu'il * créé toutes choses. Et après ce monde il n'y aura qyç lumière et ténèbres j dans chacuuç de ces deu»
CH. 5. ( 143 )
choses , la source demeurera, comme cela a été dans l'éternité. Là , aucune ne saisira l'autre , comme aussi cela n'a jamais eu lieu dans l'éternité.
4j. Mais , après ce monde , Dieu produira-t-U encore de sa volonté quelque chose de plus ? Gela n'est point à la portée de mon esprit , car il n'atteint pas plus loiq que dans son centre , dans lequel il vit , dans lequel est le paradis et le iDyaume ce*- Jesle, comme lu pourras le lire, à la création de l'hooime.
42. Ainsi les anges et les saints hommes demeurent dans la génération éternelle de la lumière ; et les esprits émigrés de la lumière , dans le tourment ; et les esprits des hommes impies, dans les éternelle» ténèbres. Là il n'y aura aucun retour , car leurs esprits ne peuvent plus revenir dans l'ordre passager et destructible ; ils sont créés du limhits de Dieu , de la matrice astringente , d'où s'originise de toute éternité la lumière de Dieu , et non point de l'extragénération comme les animaux qui sont sortis du limhus du plan conçu de Dieu -, lequel limhus a une fin , et ils n'ont été ici que pour qu'il y eût éternellement une ombre et une figure de leur existence. 43. L'éternelle volonté est impérissable et invariable 5 car le cœur de Dieu est engendré de lui , et il est la limite de la nature et de la volonté. Si les esprits qui sont en tourment avoient porté leurimagination et leur ardente volonté devant eux , dans la lumière de la douceur , dans le but final de la nature , alors ils seroient demeurés anges. Mais coaime iU voulurent , par orgueil , dominer au-
( i44 ] CR. gf.
dessus de la douceur et de la limite de la nature, et qu'ils ont éveillé le centre , alors ils ne trouvent rieu de plus , car il n'y a rien eu de plus dans l'éternité 5 c'est pourquoi ils ont éveillé le centre du tourment en eux-mêmes ; ils l'ont maintenant , et ont été jetés de la lumière dans les ténèbres.
44. Conçois donc de celte sorte , Dieu , le paradis, le royaume céleste, et l'enfer, ainsi que le comineucement et la fin des créatures, et la création de ce monde. Mais es-tu né de Dieu ? Sans celte condition , le voile sera aussi bien devant toi que devant Moïse. C'est pourquoi , Christ dit : Cherchez , et vous trouverez; frappez , et l'on vous ouvrira. Lorsqu'un enfant demande un œuf à son père , son père ne lui donne pas un scorpion. De plus : Mon père donnera l'esprit saint à celui qui le lui demandera.
45. C'est pourquoi, si tu n'entends pas cet écrit, ne fais pas comme Lucifer , ne preiuls pas aussitôt l'esprit d'orgueil et de dédain , et ne renvoie point cet écrit , au démon. Mais cherche l'humble cœur de Dieu ; il t'apportera dans ton ame un petit grain de sénevé de la végétation du paradis , et si lu persévères dans la patience, il pourra croître de-làua grand arbre, comme tu peux penser qu'il en est /linsi arrivé à cet auteur; car il faut le regarder comme une personne simple en comparaison des savans. Mais Christ dit : Ma puissance est forte dans les faibles. Oui ^ mon père ^ vous Vauez voulu ainsi, que cela fût caché aux prudens et aux sages , et nuê cela fût révélé aux petits en fans , afin que la sagesse Ue ce monde fut une folie devant toi. Et quoique les
CH. 9. \^^}
enfans de ce monde soient plus sages dans leurs (affaires), que les enfans de lumière^, cependant leur sagesse est une chose périssable ; mais cette autre sagesse demeure éieruellement. * /
^fe.'€'e5t po<!irq»udi-, cherché la^^ndbîe pbrle, elle est plus précieuse que ce monde. Elle ne s'éloignera jamarâ de toi, et 'oài sera la perle j là sera aussi loiL cœur : tu n'as .pas be^i^ d'aller chercher plus loia ici le paradis, la joie, et les délices du ciel. Cherche (seulement la perlQ-^.sitala^troViVes , tu trouves le paradis et le royaume céleste, et tu deviendras sî jsavant , quç, sans l'avoir éprouvé, tu ne le pQurrois
Pas croire. j ,,
47. Tu voudrcis peut-être^ Je. tourmenter ^ et chercher ceci dans l*ar,t(, espérant le trouver là ? O ! non , tU;n*en <as pas bes9in,; il ne perce poiut là. Le doc- !teur qui est hors de cette voie, ne -conBoh point ceci ; niais s'il a trouvé la perle, alors il est un fonctionnaire public plus grand que moi , comme SaintrJPaul. ëtoit au-dessus des autres -apôtres ; mais toutefois dans une voie de douceur, comme cela convient aux enfans de Dieu.
; Quant à ce qui manque ici , ranime ton ardeur ; clierche plus loin ; et tu trouveras la base selou I0 désir dé ton axne.
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CHAPITRE DIXIEME.
De \u création de Vhoihme et de sert amé > et
i dé rirtsûfflaliàW divine.
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V aimable f trie. '5
i, J^At parcouru plusieurs écrits des iiaritf'èâ , espérant y trouver la perle de la base dé rlidmnSe | inaîé jô ix'ai riétl pu trouver dé ce que mon ame dééitoif. J'ai téûèoûtté en effet dèS dpîniôns côntra* dîctoirèS , jVù ai trouvé âûsèî diiô partie qui nié dl^i fendoiî de chétchôr ; maïs je iié sais pas par quel îtiôtif fai par (Jitéllé raison , si ce n'est qù^un aveugle ii*aiiiié pas quél'on ai» dès yeux et que l*9n voie. Avec tout ôèlà ,'mbnamè est devenue inquiété en inôi , èi s^èst angoissée comme une fénimé en travail, et cependant rien riè s*est trouvé four moij jusqu^â ce que j*aie ^uivi ïeô paroles de Christ , qui éit : P^ôus devez lire engendré Je nouveaa , êi voue vouiez voir le royaume de Dieu ; ce qui d'abord ferma mon cœur , imaginant que cela ne pouvoit arriver dans ce monde , mais seulement à ma séparation de ce monde. Alors mon ame s'angoissa d'abord pour la génération céleste^ et auroil bien voulu goûter la perle. Elle se jeta ardemment dans celte voie pour la génération céleste , jusqu'à ce qu'enfin il lui
jBsf ^arrivé un trésor , d'après lequel je veux malnte4i^nt ôcrijre pour mon mémorial , et pour servir de iumi^re à celui qyi chercbe ; car Christ dit : Per^ soigne n'iillume une lumière pour la placer eoue un iïçu^ç j ou epue un boisseau j mais il la met sur une tçthle f afin que tous ceux qui sont dans la chambre pj^8ent,en être éclairjés, Et ^{a, fin il doane la perlée à celui qui chjerche , de façon qu'il doit k jjarlager avec les jpa4iv,res pour leur avajitage ^ comme cel* a. été très sérieusemejot recommandé.
2. A la vérit^ , Moïse écrij que Dieu fit l'homme d'une masse de terre, etc. Et c'est là l'opinion d'uu grand xKMubre, et jexi'a.ujpis passu xion pluscomment t:ela devoit s'enieqdj-ç. En effet je ne l'aurois pa^ ;^ppris<ie Moïsp^ ni des glosées qui ont été faites à ce çujet p et le voile seiroit :aussi demeuré sur mes yeux, quoique c'eût .été pour moi un grand iourment» Mais lors^que j'ai eu (rpuvé la perle , j'ai regardé liloïse en face p et j'ai recoAUU que Moïse avoit écrit le vrai « et que je ne J'avois pas bien entendu.
3. Car , Dieu paria ainsi à Adam et à Eve , après la chute : Tu es terre elt U^ dois retourner en terre. Ej ^ ie u'^veis pas copsidéré le Limbus d'où la terre esl prévenue , je s^ois demeuré ainsi dans l'aveuglement. Maintenant ce l»imi>ue me montre la base de ce qu'a été Adam avant et après la chute.
4. Car ^ aucune terre , oi aucune chair semblable i celles que nous portons , ne subsiste dans la lumière de Dieu. C'est pourquoi aussi Christ dit : Per^ epnne n€ nwnU aif. ciel we le file de V homme qui e^^ veau di^ ciel j et qui est dans le ciel. Ainsi , avapt la
cliule 5 tiolre chair éloit céleste , et du Hmhus céleste. Mais lorsque la désobéissance vint dans un autre centre , pour s'engendrer dans l'aitract de ce inonde ; alors , lé limbus devint terrestre. Car , par la manducalion delà pomme terrestre, dans le jardin d'Éden , commença le royaume terrestre , et aussitôt la mère du grand monde , par sa puissance , saisit le petit monde , et le transforma en manière do i)êle , quant à la forme et quant à la substance.
6. Si l'ame n'avoit pas été au milieu , alors Adam suroît dû rester vraiment un animal irraisonnable ; mais comme l'ame avoit été soufflée du limbus de Dieu dans Adam , par l'esprit saint , alors la miséricorde où le cœur de Dieu devoit de nouveau l'améliorer , et apporter de nouveau du limbus céleste 5 le centre , et devenir lui-même chair , et engendrer dans l'ame par le fiât , le nouvel homme , qui est caché dans l'ancien ; car l'ancien appartient maintenant à la corruption , et s'en va dans son Ether, et le nouveau demeure éternellement. Comment cela est- il arrivé? Voici sur cet objet , une instruction fondamentale , où tu peux voir, dans le cœur , le vieux et le nouvel homme , pourvu que tu sois né de Dieu , et que tu aies la perle. Sinon , tu verras à peine ici le vieil homme , et tu ne contempleras point le nouveau.
6. Le voile de Moïse doit s'ôter, et tu doîscon-
. sidérer Moïse en face , si tu veux voir le nouvel
homme. Sans la perle , tu n'ôteras point ce voile ,
et tu ne connoîtras point ce qu'étoit Adam avant
sa chute. Car, Adam lui-même après sa chute n'a
CH. loI C 1^ V
plus connu le premier homme; c'est pourquoi il fut honteux de sa monstrueuse forme , et se cacha derrière les arbres , dans le jardin. En eff-et il se regarda , et vit quelle forme bestiale il avoit sur soi ; car aussitôt il reçut pour sa reproduction , des membres de bête, que le fiât lui créa dans le troisième principe par l'esprit du grand monde.
7. Personne ne doit croire que l'homme avant sa chute eût des membres d* bête pour sa reproduction , mais bien des membres célestes ; de même aussi il n'avoit point de boyaux: car de pareils organes et une puanteur comme celle que l'homme a dans le corps , ne peuvent appartenir à la trinit6 sainte, dans le paradis , mais bien à la terre qui doit retourner dans son Ether. Mais l'homme avoit été créé immortel , et en outre, saint,. semblable aux anges ; et quoiqu'il fût produit du limbus , cependant il étoit pur. Quant à ce qu'il est maintenant,, et d'où il a été formé , la suite va l'apprendre.
8. Vois : lorsque Dieu eut créé le troisième principe après la chute des démons, quand ils furent déchus de leur gloire (car ils avoient été auges , demeurant dans la place de ce monde ), il voulut néanmoins que son dessein et son plan subsistassent , et voulut de nouveau établir dans le lieu de ce monde , une légion angélique qui subsistât éternellement ; et lorsqu'il eut produit les créatures , dont l'ombre devoit demeurer éternellement après la transmutation de ce monde , il ne se trouva aucune créature qui put en avoir de la joie , et aussi il ne se trouva au^ cuue créature qui pût gouverner les animaux dans
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cte moûdè.C'est pourquoi DîeudîhFaîsonsPhotnmey une image semblable à nous, et qu'il domine sur' tous les animaux , et sur les créatures de la terre: Ef Bieu cr<^a Thomme à son image ; iMe créa àPimag» de Dieu.
9. Maintenant, on se demandé : qu'est-ce qu& l'image de Dieu ? Contemple , considère la divinité 5 tu trouveras le point. Car , Dieu n*est pas un liomme animal ; mais fhomme dcvôit être une' image, et aussi une similitude de Dieu dans laquelle Dieu auroit demeuré. Or, Dieu est un esprit ; et etf lui sont tous les trois principes : il vouloit produire une image qui eût en soi lous les trois principes ; c'est là, véritablement , la ressemblance de Dieu , et il créa Adam. On conçoit bien avec Moïse que Dieu ne le créa , ni ne le forma d'un morceau de terre:
10. Mais le îlmhus dont îl lè créa est là matrice delà terre, et la terre est engendrée dé là; or^ la substance dont il le créa étoit une masse, une quintessence provenant des étoiles et des élémens , qui devint terrestre à l'instant que Phomme éveilla le centre terrestre , et l'homme apparfint sur-lechamp à la terre , et à la corruptibiliié.
11. Mais la masse, ou la substance, étoir extraite de la matrice céleste , qui est k racine de la génération externe ou terrestre. Le centre célesta devoit rester fixe, et le centre terrestre ne devoit pas être éveillé» Dans une semblable puissance, l'homme étoit un souverain au-dessus des astres et des élémens 5 toutes les créatures l'auroient redouté,
tn, 10. ,( ih )
et il aurait été impérissable : il avoit en soi la lorç^ et les propriétés de toutes les créatures : car sa puissanoe venoit de la puissance de l'inielU^ence. Or , il devoit avoir tous les trois principes , puisqu'il devoit ê*re la ressemblance de Pieu : 10. 1^ source des ténèbres ^ 20, aussi celle de la lumière^; . et ao., aussi celle de ce monde; et cependant -il .ne devoit pas vivre , et inqmlifier dans toutes les .trQi^,jçnais seulement dans w^q^ sayoir : la paradir. siaqu^ , dans laquelle s'élèye la vie.
12. Que ceci soit démoçitré et certain ,cela se voit dans ^'écriture : f^t Dieu lui souffla un souffle vivant^ filor^Vhomm dMnt une ame vivante. Quant à toutes Jl^s autres cré^itures ,<iui sortirent 4u liuihus corjupiible, par le f^at , la volonté di. ïiat a éveillé chez elles toutes, l'esprit dans leur centre, et chaque esprit de créature vint de leur même essence et propriété , et w^aa/i/a avec l'esprit du grand monde, des étoiles et des élémens ; or , cela ne devoit pas être ainsi dans l'homme ; son esprit ne devoit point in^ualifier avec les esprits sjrderiques et élémentaires. Les deux principes ; savoir : les ténèbres et l'esprit de l'air , dévoient demeurer en repos dai|î? .cette substance ou image ; c'est pourquoi Dieu lui souffla un souffle vivapt , entendez le souffle de Dieu , c'est-à-dire , un souffle ou un esprit paradisiaque. L'^esprit saint qui , dans le centre de l'ame , devoit être le souffle de l'ame , et Pespril qui sortit du lifnbus y ou de la quintessence .qui est du modo astval , dévoient être souverains au-dessus de la quiiUfi^ence de ce monde j car l'homme étpil e*
( iSl ) CH. ioj
un seul être , et il n'y avoit aussi qu'un seul Iiomme que Dieu créa ainsi , et il auroit pu vivre 'éternélîlement. Quand même Dieu auroit ramené les astres à leur Ether , et auroit plongé la matrice des éléniens , et les éléraens eux-mêmes , dans le néant , rhorame né.inmoins seroit demeuré. En outre , l'homme avoit en soi le centre paradisiaque , et auroit pu 5 par sa volonté, réengendrer de soi; éveiller Te centre , et engendrer ainsi , sans aide et sans angoiise , une légion angélique dans le paradis , sans aucune déchirure- Voilà ce qu'auroit du être l'homme j mais il auroit dû rester dans le paradis , et être éternellement immuable : car le paradis est saint ; ainsi l'homme devoit aussi être saint 5 en effet j dans la sainteté réside la puissance divine et le paradis.
lia profonde porte de Vame.
i3. L'ame que Dieu souffla à l'homme est ddl'éternel père; cependant 5 concevez nous bien, il y a une différence : entendez que cette ame est desa volonté incom mutable , de laquelle il engendre éternellement son fils ou son cœur 5 c'est-à-dire, qu'elle est du centre divin d'où sortie fiât, et qui l'a créée là. Aussi a-t-elle en soi toutes les essences de l'éternelle génération ; seulement elle n'a point la génération du fils de Dieu (ce même centre qui est le fils de Dieu lui-même ) , car ce même centre est le but final de la nature , et n'est pas créaturel ; il est le plus haut centre de l'amour enflammé , et
CH. 16. ( 1^3 )
de la miséricorde de Dieu , de la perfection 5 il n'en sort aucune créature , mais il brille dans les créatures ; c'est-à-dire , dans les anges et les âmes des saints hommes : car l'esprit saint sort de là , ainsi que la toute-puissance, lequel esprit saint puise dans le père l'éternelle volonté.
i4. Or , l'ame est entre deux portes , et touche à deux principes, savoir lO. les étemelles ténèbres, et 20. l'éternelle lumière du fils de Dieu , ainsi que Dieu le père est tel aussi lui-même. Maintenant, de miême que Dieu le père conserve éternellement son immuable volonté d'engendrer son cœur ou son fils ; de même l'ange et l'ame ont leur immuable volonté dans le cœur de Dieu : l'ame est ainsi dans le ciel et le paradis ; elle y jouit de la joie inexprimable que Dieu le père a en son fils , et elle y entend les inexprimables paroles du cœur^ dé Dieu, et se réjouit des images éternelles, de même que de celles créées qui ne sont point en êtres f
mais figurées.
i5. Là l'ame mange de chaque parole de Dieu , car c'est là l'élément de sa vie -, elle chante les louanges du paradis, au sujet des fruits saints qui croissent dans le paradis, dans la puissance divine du limbus divin , lequel est l'aliment du corps [ou de la circonscription] ; car le corps mange du limbus dont il est , et l'ame mange de Dieu , et de la parole dont elle est.
16. Comment cela ne me seroit-il pas agréable et délicieux ? Comment ne seroit-ce pas là une délectation de manger du pain céleste avec des mille
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mîTircrs de diffërens anges , et de se réjouir dan» leur société ? Qu'est-ce qu'il y auroit donc que Toa pût trouver plusaiinable ? Là il n'y a aucooe crainte^ aucune colère , aucune jnort , aucune «riatcsse^ La voix et le cri de tous esjt ; SialiU , veriu , force et puissance appartiennent à noire Vieu; et ce chant iTélève en élerniié. C'est ainsi qu'il en est de la puissance divine du paradis ; c'est une pure croissance dans Je centre divin de la végétation idans h paradis , et c'est là le lieu où Saint-Paul a entendu des paroles ineffables , que personae ne peul proférer. Tel est l'homnoe qu'étoit Adam avani sa chute ; et , pour que tu ne doutes pas que cela ai-e véritablement et certainement été ainsi, regardeseulement aux circonstances»
17. Quand Dieu eut ainsi créé Adam y il fut dès lors dans le paradis , dans la ijoie , et il étoit un homme très beau , très éclairé , plein de conoois* •ances ; alors Dieu amena tous les animaux devant lui, comme étant le grand maître en ce mondes il les considéra , et leur donna è chacun «n Jiom •elon leur essence et venu, tel que leurte^prit étoil iiguré en eux. Adam connut tout oe qu'il y Avoit dans chaque créature, et donna à chacune un nom selon Vinqualificaùion de son esprit. De «nême que Dieu peut voirxdans le cieur de chaque chose; de même aussi Adam pouvoit le faire ; ce -en quoi sfr montre bien quelle étoit sa perfection.
18. Désormais Adam et tous les hommes seroieot venus sur la terre tout nuds, comme il y vint»; son vêtement étoit la splendeur dans la puissanœ
de Dieu ;. aucun chabd, mica'à ftniid rilé ?éût foli'- ché. î il pouvoit voir la nuil et ïè jbth' , lés yéus? ouverts , sans trébucher 5 il n'y âvoit en lui âu'éiia sommeîi , et dans son esprit auctrne nuit ; éàr d'ans; ses jeux étoit la puissance divine , et il étoit Complet et' parfait : il avôil en lui le liihhusaiûil que la matrice ; il n'étoit ni homme ni femme , tel que nous serons à k résurrécitioii , quoiqu'en effet Xi. connoissance des marques doive rester en £gure, nais non pas avec séparation du limhùs et de la matrice > comme cela est ici bas*
19. Or y l'homme devoit deraéurci: sûr la terré"
tant qu^elle auroit subsisté, gouverner Ibs animaux,
et prendre sa joie et soo^^ délice en toutiés choses ;,'
mais il ne devoit manger d*aucun fruit terrésttë,
daas lecfuel se trouve la cotruption. A la vérité , il
devoit manger du> fruit , mais ce fruit eut entr^
dans sa bouche , et non point dans son cdr{53 -, caïf
il n'auroit point eu de boyaux , ni aucutie chair
grossière et ténébreuse ; tout étoit parfait en lui.
fin effet, il lui crbissoil des fruits paradisiatjtles, qui
ensuite ont disparu lorsqu'il fut chassé du paradis;
alors Dieu maudit la terre ;• et on retira' de lui le
Umbu» céleste , ainsi que le fVuit , et il petdit le
paradis , Dieu-,. et le royaume céleste : car la terre
n'étoit pas ainsi corrompue avant le péché ^ lorsque
le paraidis étoit sur la terre.
20. Si Adam étoit resté dans l'innocence, il auroit mangé du fruit du paradis dans tous les fruits. Son manger étoit céleste ; sa boisson étoit de lai oxèreeau céleste, de la sotirce de l'éternelle vie.
! 'ii
( i56 y CH» lot
îi'extra-gënératîon ne le toUchoit point ; il n*avoit pas besoin de Pair élémentaire , comme à présent : à la vérité il tiroit le souffle de Tair , mais il prenoit son souffle de l'esprit de l'incorruptibilité , car il ne frayoit ou n^inqualifioit point avec l'esprit de ce monde ; mais son esprit dominoit puissamment sur l'esprit de ce monde , sur les étoiles , aussi bien que sur le soleil et la lune , et sur les^ élémens.
21. Voilà ce que pouvûit être Adam : et ainsi il étoit une juste et véritable similitude et image de Dieu. Il n'avoit point dans sa chair des os durs tels que sont nos os , quoiqu'ils en eussent la força et une semblable vertu ; de même aussi son sang n'étoit point de la reinlure de la matrice aquastrique , mais de la céleste : en somme , il étoit tout céleste comme nous paroîtrons au Jour de la résurrection. Car , le plan de Dieu subsiste ; la première image doit revenir , et demeurer dans le paradis : et , comme elle ne pouvoit pas revenir et être ramenée d'une autre manière, alors Dieu le père aima' mieux livrer son cœur et son fils. Son éternelle volonté est inchangeable 5 elle doit subsister.
22. Et lorsque Dieu eut créé l'homme, il planta un jardin dans Eden , vers l'orient , et le plaça dedans ; il fit croître plusieurs fruits agréables à la vue , toutes sortes d'arbres bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin , et l'arbre de la connoissance du bien et du mal. Or , lorsque Dieu eut placé l'homme dans le jardin , il lui donna ses ordres^ et dit : Tu mangeras de tous le» arbres qui
<.n. 10. < ^^7 )
m>nt dans le jardin ; mais tu ne mangeras point de Varhré de la connoissance du bien et du mal, car au jour que tu en numgeras tu mourras <te mort. Ici îlyann Voile sur Moïse , et il faut avoir les jeujj per^ns pour voir Moïse 'en face : ce n'est pas sans motif que Dieu a permis que Moïse écrivit ainsi mystérieusement:
iin":qti.'c:30-"
• 23. Car. , qu'est-ce qu'il y avoitd'întéfê'ssarit pour Dieu dans la manduteation d'une pomm^^pour perdre une si belle créâlùt'é?'ll pardonne de bien plus grands péèhés. il a tellement aimé l'homn^e qu'il n'a pas épargné son propre fils , mais l'a laissé devenir homme , et l'a livré à la mort 1 ne pouvoit-il aonc pas pardonner un foible péché ? ou pourquoi permit-il que rhômme mangeât de ce fruit, puisqu'il sait toute chose? pourquoi laissa -t-il croître l'arbre de la connoissance du bien et du mal?
24. Voilà comment juge la raison : si Dieu ne l'avoit pas voulu , Adam n'anrôît^as mangé ainsi, ou il n'auroit pas mis une pareille défense sur cet arbre seulement 5 il l'a placé là comme un achopement pour lui. C'est ainsi que raisonne une partie; l'autre partie qui est un peu plus sage , sans l'être beaucoup , veut faire mieux , et dit : Dieu a tenté l'homme pour savoir s'il vivroit dans son obéissance ; et, lorsqu'il fut trouvé désobéissant , Dieu H jeté sur luinne forte colère, il l'a maudit jusqu'à; la mort , e. sa colère ne pouvoit point être appaisée qu'il ne fût ainsi réconcilié. Cette raison fait de Dieu un être sans miséricorde, comme un méchant homme de ce monde , qui sera cepen-
«aut appa.se quan4 il se Aipt* ««« venrf ; et elle va tovteloi, aucune croissance de Dieu et 01) paradis.
fe ciel «urou b^npu ^oug^r. Sous celte tenu^ion JIo.se a cache de grandes ç^^oses,, que /'ame noa éclairée ne comprend point. I>^ ^ .^^^oit point a la n,anducation d'une pomm^ ou d'une^poire pour punif wasi ufle si bellp préatHreil» punition, ^^^j^ pp,nt de sa niain , mai* de l'e^p^M du grand mo«l. Imjçns TOw.^O,du Uoisièn.epri,cipe. mt,,ptns^ bien wiséwordipusement à l'^d de l'homme •
et le la,|sa devenir homme, afin qu'il pût de sou' veaM secourir l'homme. N'aie plu, .de sembUile. pensées : D.*u est l'amour et le biea; e« Ui il i,', a aucBp semimei^t de colè^, fltc'est l'homme luiV înpme quj s'est ^ s, punition , ei«. , comme ta le rjerias e» son lieu.
ZaporU tficrè£0 de Iq tentatwn de Plwmme.
Z6. Puisqu'ça ce «eu plusieurs questions sa présentent, (car l'ame d^ l'homme se retotirœ tou. ïours vers son pays natal, d'où ejje est émigrée , et clésire.de rentrer dan^ sa demeure pour y jouir da 1 éternel repos i) et ^ïu{m cela m'est accordé d«n« jna connoifisonce , je vais écrire sur la cause proionde de la chute ; là on pourra i^arder Moïse en lace ; loutelw «i lu es né de Die« , cela sera «f^ in^elIigiWe pour toi , m^s aucune ame non
éclairée ne pourra saisir le but ; car l'ame doil éiré dàw sa propre maison , si elle venf voir ce qu'il y a dans là itiaisoiû.Bn effet, de |yarletpat dui-dité j et ne pas voir soî-rtiême , cela est tou* jours douter si les choses que l'on entend dire sont vraies ; mais ee que l'odil voit , et ce que l'esprit o<yâki(yit , ils le croîenfl patfaitémetitvcar ll4 rôtit
^*ji L'èsptît cherehe ri^ànmoinspôui'qiifdl l'homnié à dé è\té ithiê , tatidis que cependant Dieu l'aVoii cï'éé parfait : Dieu sachant toiit, la faute retombé toujoufs sur Dieu. Le démon en fait autant , car l'esprit dit : S'il li'y àroît pas ëii d'arbre de la èciehcé 4u bien et du toal , Adaiii ne seroit point
tombé.
a8. O! ^tiie chérie, st tti tie connais rien de plus, ferme tes yeux fortement ^ et ne cherche pas; de*- meure dans là patience et -dans l'espérance, et laisSfe Dieu agir , autrement IMPtomberas dans uii gràtid trouble, et le démon' té^cotidùita dans ces doutes qu'il insinue toujours, que Dieu ait voulu le mal 5 qu'il »e voulolt point que tous les hommes fussent sauvés , et que c'est pour cela qu'il avoit fcréé l'arbre de là colère.
A9. Ame chérie , écarte de semblables pensées , àuttement tu fois d'Utt Dieu «àint et aimant, unétre sans fliiséricorde et plein d'une volonté euiiômie. lî'aie poidt de Dieu de telles pensées , et considère toi t<^*mémG 5 et oe que «u es 5 lu trouveras en toî*. nêm^ l'arbre de la tèilti^tion , et aussi la Volonté
( .1^0 ) ^^' ÏOrl*où il â poussé. Oui , la spur<;e de cet te. végétation est en toi , et non en Dieu , eu ne parlant ici.que de te divi^té pure qui se œanifostç dap^ le second ' principe par le coeur de Dieu. Cela est ainsi, et nou autrement.
r 30. Mais si nous pensons à Ilqrigine duipremiei; principe , alors .nou^ t^'oi^v-on^ J'espèce de Ijarjjr.e j. ainsi que celle de la volonté relativement à l'arl^re 9 n(Wfi: tîouvon^ .là rabm%4Q} V.^er e^ làp la oolère. Ptti y nous ^rpu ypns la volonté de Te^fçr et 4e: 1^ colèrp 'f npu§ trç^vons de plus la volonté du diémon* Nous trouvons l'enviouse. volonté de toute& les créatures de.cç mpn^^ ^-.poui^uo^i toutes sont ennen^ies, se baï^^Sjçnt^ .s^ ^iaprdent.y ^eV^ ;ba|tent. ^a ç^ièro raison, je vais te montrer l'arbre de la tentation , et tu pourras regarder Moïse ep face: 4 seulement), .t^en» Ion esprit attentif pour saisir.
3i. Je t'ai soux^ donnéi^enteiidre dans ce livre , ce qu'es tresMQfiÇej de toutes. l,es essçaçes j-mais comme; il est ici de la plus haute utilité 4^^ recon^ zioître la base,]» vais te l'exposer très complètement et très profondément, afin que tu puisses la tecpnnoître également en. toi-même. Tu pourras aussi la reconnoitre dans toutes les créatures , et dans le premier objet qui se présentera : ce que tu contempleç , ou ce que tu peux avoir continuellement dans ta pensée , tout cela doit être autant de témoignages. Je peux prendre pour témoins le ciel , la terre, aussi bien que le soleil , les étoiles et les éléxuens 5 et cela , non pas par de simples paroles et ea
^. iO. ( 161 )
promesses, mais je dois te représenter toutes ces choses dans leurs vertus et dans leur essence. Tu n'as dans ton corps aucune puissance qui puisse tVri convaincre. Seulement , ne laisse pas obscurcir ton ame par l'esprit de mensong», l'ancien sérpeiit , car îî a mille artifices. '
3a: Quand il voit qu'il ne peut pas pénétrer dans l'homine avec le doute sur la miséricorde de Dieu , il lui rend la conscience légère , de manière qu'il considère tout comme rien ; il plonge son ame dans Passoupissement , de façon qu'il ne s'estîme guère ; comme si tout n'étoit que peu de chose. Que les choses (fiVmes aillent comme elles pourront:il ne veut pas se tourmenter le cœur pour elles , et il laisse le docteur s'en occuper comme étant chargé d'en répondre. Ainsi l'ame marche aussi légèrement dans ceci , qu'un tourbillon de vent , ou qu'un torrent. Aussi Christ en parle , et dit : Le démon arrache la parole de leur cœur , pour qu'ils ne la saisissent point él ne deviennent point croyans et saints , et qu'elle ne prenne point racine.
33. Autrement , si les perles pouvdient croître et les Ijrs pousser , il ( ^ démon ) pourroit être dévoilé , alors chacun le fuiroit , et il resteroit dans un grand mépris. C'est là la marche qu'il a suivie depuis le commencement du monde , et quelque vive que soit sa défense , néanmoins , malgré sa fu-* reur et ses vacarmes , il croîtra au milieu de son royaume imaginaire , un lys dont le parfum atteindra jusque dans le paradis de Dieu , comme le .témoigne l'esprit.
I. ri
( i62 ) Ce. io«
54. Vois, toi , fils dePhomme , veux-tu parvenir facilement à ces connoissances?Réfléchis seulement sur ta base à^affection et considère-la -, tu trouveras tout en elle ; tu sais que d'elle viennent la joie et la souffrance , le rire et les pleurs , l'espérance et le doute , la colère et l'amour , l'altract pour une chose et aussi la répugnance pour cette même chose, ïu trouves en elle la colère et la méchanceté, et aussi l'amour , la douceur et tout ce qui est bon et
agréable.
35. Ici on se demande : Pâme ne pouvoit-elle pasi demeurer dans une seule volonté , c'est-à-dire , dans lin pur amour , comme Dieu même ? C'est là où gît le point , le but et la connoissance. Vois,si la volonté B'étoit que dans une essence, l'ame n'auroit aussi qu'une qualité qui donneroit la même teinte à la Volonté;et ce seroit une chose immuable, qui resteroit toujours enrepos,elneferoit jamais rien de plus^ c'est-à-dire, qu'elle feroit toujours la même chose. En cela il n'y auroit aucune joie, ni aucune connoissance , ni aucun art , ni aucune science d'accroisfsement , et il n'y auroit aucune sagesse ; et de même si la qualité u'éloit pas à l'infini, tout seroit un rien, et il n'y auroit ni affection^ ni volonté pour quelque chose ,. car il n'y auroit qu'une seule chose.
36. Or, on ne peut pas dire que la divinité entière , avec ses trois principes , soit en une seule volonté et une seule manière d'être ; il y a une distinction à faire. Quoique le premier et le troisième principe ne soient point appelés Dieu ( et aussi n'est-ce pas là Dieu ) , ils sont , cependant , son
fjH. 10. ( i63 )
essence, où la lumière de Dieu et son cœur sont toujours engendrés de toute éternité, et c'est un seul être comme le corps et l'ame dans Thomme.
37. En effet , s'il n'y avoit pas une amé éternelle^ ©tt une hase éternelle affective d'où dérive Téternellè .volonté , il n'y auroit point de Dieu. Mais il y a upe éternelle a me ou base d'affection , qui engendre l'eterpelle volonté 5 l'éternelle volonté ehgend're l'éi ternel cœur de Dieu; le cœur engendré la lumière^ la lumière , la puissance ; la puissance , l'esprit ; et c'est là le tout puissant Dieu , qui est dans une liii commutable volonté. Car si Tame n'engendfoil point la volonté , la volonté aussi n'engendreroît point le coeur , et tout seroit un rien : mais si l'ame «rigendre la Volorité ') ïâ volonté , le coeur ; le cœur'^ la lumière ; la lumière , la puissance ; la puissance fespril 1^ alors l'esprit entendre de nouveau la base effective ^csLT il a là puissance, et la puissance est lé càbw 5 bt c'est là une alliance indissoluble.
. 1 1
JLa profondeur.
38. Maintenant , Vois ; l'ame est dans les ténèbres j èïle rassemble son ardeur pour la lumière , afin de l'engendrer , autrement il n'y auroit aucune volonté et Aussi aucuae générà^on. Cette amè est dans l*anÎjôissé et dans le désir ; ce désir devient la volonfé ; a volonté embrasse là puissance) et la puisisance remplit l'ame. Ainsi le royaume àe Dieu existe dans la puissance qui est, i^. Dieu le père ; et la lumière transforme la puissance désirante en volonté. Le royaume esf , 2**,T)ieu le fils , car dans la pijissance ^
( i64 ) €«• ï<>'
la lumière esl engendrée de toute éternité. Et de la puissance dans la lumière sort , 3^ l'esprit saint qui engendre de nouveau dans Pâme ténébreuse , la volonté de l'éternelle essence.
39. Ainsi , vois , ame chérie, c'est là la divinité ; elle tient en soi le principe second ou médiane , c'est pourquoi Dieu n'est que bonté , qu'amour , lumière et puissance. Maintenant , considère que dans Dieu il n'y auroit pas éternellement , une telle sagesse et une telle science, si l'ame ou la base d'affection n'étoit pas dans les ténèbres. Car là, il y a angoisse dans la volonté pour engendrer ; or , l'angoisse est la qualité ou la propriété 5 la qualité ou la propriété est la jnultiplicilé ; elle produit l'esprit , et l'esprit à sou iouT fait la multiplicité.
40. Maintenant, chère ame , considère-toi en toi même , et en toute chose. Qu'y trouves-tu? Tu ne trouves rien que l'angoisse ; dans l'angoisse, la qualité ou la propriété 5 dans la qualité, Vaffection ; dans V affection ^\di volonté pour croître et engendrer; dan» la volonté , la puissance; dans la puissance , la lumière ; dans la lumière, son esprit multipliant et propageant qui , à son tour , forme la volonté d'engendrer une branche de l'arbre, semblable à lui j et ceci je l'appelle dans mon livre le centre, où la yolonté engendrée esl venue en une substance, et engendre à son tour une semblable substance ; car telle est la mère de la génératrice.
41. Or , l'angoisse a en soi , en possession , le premier principe. Comme elle demeure dans les ténèbres , elle est une autre essence que n'est l'es;
CH. id. {^^)
eence dans la lumière, où il n'y a que pur amour et douceur , et où on n'aperçoit aucun tourment ; et la qualité qui est engendrée dans le centre d9 la lumière, n'est plus maintenant qualité, maie l'éternelle sagesse et science de tout ce qui étoit dans l'angoisse avant la lumière. Cette sagesse et cette science vient maintenant toujours au secours de la volonté comprimée dans Tangoisse , et iait de nouveau en elle un centre pour la génération; de façon qu'ainsi , dans la qualité , s'engendre dé nouveau la croissance ou la puissance ; de la puissance , le feu ; du feu , l'esprit ; et l'esprit fait der nouveau , dans le feu , la puissance ; de sorte qu'ainsi il y a une indissoluble alliance. Or, da cette ame , ou de cette hase affective qui est dans les ténèbres , Dieu a engendré les anges , qui sont des flammes de feu , mais allumées par la lumière de Dieu j car c'est dans cette ame où un esprit peut être engendré, sans cela il resleroit dans le rien. Car , quant à soi , aucun esprit ne peut être engendré dans le cœur et la lumière de Dieu , attendu que c'est là la limite de la nature , et il n'a à hii aucune qualité ; c'est pourquoi il n'en sort rien de plus , et ce cœur demeure invariable dans l'éternité : il brille dans l'àme qui est de la qualité des ténèbres , et lès ténèbres ne peuvent pas le saisir.
42. Or , dans l'afifèclion angoisseuse des ténèbres n y a un tourment inexprimable, d'où dérive le nom de qualité, c'èst-à-dire , de plusieurs bouitbnuemens en une source; et , de ces mêmes bouil3
f x66 1 CH. 10»
■ ■ ■ •
lonnemens ,, s'élèvent en un seul bouillonnement ,
une multitude de sciences ; de façon qu'elles sont innombrables. L'esprit de Dieu , sortant de la lumière, prêle son secours à chaque science j dans chaque science de la source , il fait , par son gracieux amour, imprégner de nouveau le centre, et dans le centre il s^engendre de nouveau une source comme une branche d'un arbre : là de nouveau s'élève une base d'affection dans l'angoisse , et l'esprit d'amour fait imprégner le tout par son amour, c'est-à-dire, chaque pensée et chaque volonté , et cela substantiellement : car la volonté s'élève si haut dans le centre qu'elle engendre le feu , et , dans le feu, est engendrée la substance et l'essentialité.
43. En effet , c'est son esprit , et c'est la limite de la volonté dans la base ténébreuse 5 or , dans l'angoisse il ne se peut rien engendrer de plus élevé que le feu ; car il est la limite de la nature^ et il engendre de nouveau l'angoisse et le tourment, comme cela se voit. Maintenant , l'angoisseuse et lénébreuse affection n'a pas en soi une substance unique , ou une seule essence , mais plusieurs , autrementelle ne pourroit engendrer aucune qualité > et cependant elle est véritablement un seul être ^ et non pas plusieurs êtres*
44. Ame chérie , l'esprit supérieur te dit : Soumets ta base affective , je te montrerai la chose ; vois ce qui saisit ta volonté , et dans quoi réside ta vie: diras-tu dans l'eau et dans la chair? Non, elle existe dans le feu, dans la chaleur : s'il n'y avoit point de chaleur, le corps se durciroit et l'eau
CH. 10: ( 1^7 )
86 dessècheroit ; ainsi l'affection et la vïe consistent
dans le feu.
45. Mais , enfin , qu^est-ce que le feu ? Il est premièrement les ténèbres , la dureté, l'éternel froid , la sécheresse , où il n'y a rien qu'une éternelle faim.
Dirait-on : Commefit vient le feu T
Chère ame , ici l'esprit de Dieu , ou l'éternelle lumière , vient au secours de la faim ; car la faim résulte aussi de la lumière : dès que la puissance divine se contemple dans les ténèbres , dès lors les ténèbres so'nt soupirant après la lumière , et le désiç
est la volonté.
46. Or , la volonté ou le désir dans la sécheresse ne peut pas atteindre la lumière ; là il y a dans la volonté une angoisse qui tend à la lumière» L'angoisse est attirante ; dans Pàitir.mene est la souffrance ; la souffrance rend l'angoisse plus grande, de façon que l'angoisse dans l'aslrîngence attire beaucoup plus fort -, dans cet aUiremenl en souffrance est l'aiguillon amer, ou l'amertume provenant de la souffrante-, l'angoisse ttend après l'aiguillon pat Vattirement , et ne peut cependant pas le saisir, car il se défend : or , plus l'angoisse attire , plus l'aiguillon tempête.
47. Alors l'angoisse , l'amertume et la souffrance dans l'aiguillon sont comme un esprit de souffre , et tous les esprits dans la nature sont comme des Souffres qui s'angoissent V\iû dans l'autre jusqu'à cew
l 168 3 ci' >o/
que la lamîère de Dieu vienne à leur secours; alors le souffre devient un éclair , et là est sa lî« xnite , car il ne peut pas monter plus haut dans Vangoisse; c'est là le feu qui est éclair brillant dans Tame , ou aussi dans la base affective ; car Pâma atteint la puissance de la lumière y qu'elle transmet en douceur : dans ce monde, ce feu est le feu qui Lrûle ; dans l'enfer , il est immatériel : c'est le feu éternel qui brûle dans la qualité.
48. Maintenant , loi , chère ame , tu vois en miroir combien Dieu est près ^ et est lui-même le cœur de toutes choses , et donne à toutes la puissance et la vie. Lucifer a perdu tout cela ; il est devenu ainsi plein d'orgueil. Lorsque cet esprit de souffre fut créé dans la volonté de Tame de Dieu, il voulut dominer de là au-dessus de la limite de la nature , et pousser le feu au-dessus de la dou« ceur^ et pour lui tout devoit être brûlé par le feu : il vouloit être le souverain. Les étincelles do feu dans l'esprit de souffre s'élevèrent trop , et ces esprits n'ont point été jugés anges aux yeux du créateur , ou de l'esprit dans le fiât ; quoiqu'il soit venu à leur aide dans la première intention , ou lorsque le centre fut ouvert pour la production des esprits y et qu'il les aperçut comme les autres anges ^ ils ont toutefois engendré une volonté ignée, tandis qu'ils dévoient ouvrir leur centre pour la gé-» nération de leur vraie base affective , et engendrer la volonté angéliquement.
49. La première volonté d'où ils furent créés étoit de Dieu ^ et elle les créa bons ^ et la seconde
CH. i3. ( 169 )
volonté que, comme obéissans , ils dévoient engendrer de leur propre centre en douceur, fut mauvaise 5 aussi leur père , par rapport à ses enfans ou productions fut chassé de la puissance de Dieu ; il perdit le royaume angélique , et demeura dans la source du feu. Dès que le mauvais résultat de son affection se fut détourné de la douceur , dès lors ils obtinrent ce qu'ils avoient voulu : car la base affective est le Dieu et le créateur de la volonté 5 elle est libre dans l'éternelle nature 5 ce qu'elle s'engendre à elle-même , elle l'a,
5o. Maintenant tu demandes : Pourquoi l'amour de Dieu ne vint pas de nouveau à son aide? Non , mon ami. Son affection s'étoit élevée jusqu'à la limite de la nature, et vouloit de là dominer au-dessus de la lumière de Dieu : sa base affective étoit deVenue , dans la colère*, une source de feu allumé. La douceur de Dieu ne peut rien là , l'esprit de souffre brûle éternellement ; aussi est-il un ennemi de Dieu , et Dieu ne peut lui aider. Car le centre est brûlant dans l'éclair ; sa volonté ne cesse pas de se porter de îà au-dessus de la douceur de Dieu. Il ne peut produire aucune autre volonté ; car sa source a atteint dans le feu la limite de la nature, et il demeure une source de feu inextinguible; le cœur de Dieu , dans la douceur , et le principe de Dieu est fermé pour lui , et cela pour l'éternité5i. En somme , Dieu ne veut avoir aucunes sources de feu dans le paradis ; elles doivent rester, dans le premier principe , dans les éternelles ténèbres. Si ces anges fussent restés comme Dieu les
il
( î7<5 ) «H- ict
créa , lorsque la douceur les envisagea ,' et qu'ils eussent placé dans la douceur le centre de leur affection , alors la lumière de Dieu les auroit éclairés éternellement : ils auroient mangé du verbe de Dieu ; ils seroient restés dans le premier principe, par la racine de leur origine j, comme Dieu le père lui-même ; et dans le second principe , par la volonté , dans la base affective : alors ils auroient eu la source paradisiaque , et la volonté angélique 5 ils auroient été comme amis dans le limbiO^ du ciel, et dans l'amour de Dieu.
(t7i)
CHAPITRE ONZIEME.
De toutes les circonstances de la tentation.
I. Maintenant , voici la plus haute question : Qu'est-ce qui a porté la base afiective du démon à s'élever si haut ? et qu'est-ce qui a fait qu'un si grand nombre d'entr'eux est tombé dans l'orgueil ? Vois. LorsqueDieu plaçale fiât dans la volonté , et voulut créer les auges , alors l'esprit sépara d'abord toutes les qualités , à la manière dont tu vois encore les diverses espèces d'étoiles , et le éïat les créa ainsi. Alors furent créés les princes , et les trônes angéliques selon chaque qualité , telle que la dureté , l'astringent , l'amer , le froid , le rude , le doux et ainsi de suite dans l'essence , jusqu'à la limite de la nature , ou jusqu'à la source de feu , comme tu en as une image dans les étoiles , en voyant combien elles sont diversifiées.
2. Enfin 5 chaque trône ou principauté angélique est devenu une grande fontaine , comme tu peux en juger par le soleil en comparaison des étoiles , et comme tu le vois à la terre couverte de fleurs. La -grande fontaine dans la source fut le prince ou le trône angélique à l'heure du tiat dans l'affection ténébreuse , là où dans chaque fontaine le centre est sorti en mille fois mille centres , ou eu infinité»
r »7a ) CH. II.
Car , dans le fiât ^ l'esprit se contempla dans la nature des ténèbres , selon le mode de l'élernelle sagesse ; alors des multitudes de propriétés qui étoient dans la nature , sortirent d'une seule fontaine , selon le mode de IVtei nelle sagesse de Dieu , ou ( comme je pourrois le représenleren similitude pour faciliter rintelligerice) tel qu'un prince angélique qui auroit engendré en un instant une infinité d'anges de soimême. Là , cependant , le prince ne les engendra point , mais les essences et les qualités par le mojen du centre daus chaque essence sortirent du prince angélique , et. l'esprit créaturUa cela par le fiât , et cela demeura substantiellement. C'est pourquoi chaque légion ou chaque essence qui étoit sortie d'une fontaine, obtint une volonté dans la fontaine, qui étoit leur prince 5 comme tu vois que les étoiles livrent toute leur volonté à la puissance du soleil ; que le soleil domine sur toutes , et qu'ainsi elles ont aussi leur principe j ce dont il ne faut pas trop parler aux docteurs. Ils croient impossible de le savoir : cependant , là, dans Dieu tout est possible, et devant lui , mille ans sont comme un jour. 3. Or , parmi ces princes angéliques , il en est un qui est tombé ; car il resta dans la quatrième forme de la matrice de la génératrice , dans la base ténébreuse , dans l'ame qui est dans le lieu où l'éclair de feu s'originise , ee cela , avec toute salégîon provenue de lui. Ainsi le mode igné l'a poussé à se porter au-dessus de la limite de la nature , et au-dessus du cœur de Dieu, et ce mode est ainsi resté fortement allumé en lui.
CH. II. ( 173 )
4. Car , c^efit comme lorsque Dieu dit à la matrice de la terre : Que toutes sortes cT animaux soient pro^ duits. Alors le fiât créa des animaux de toutes les essences , et subdivisa d'abord la matrice , et ensuite les essences et qualités ; après quoi, il créa de la matrice subdivisée , un mâle et sa femelle ; mais comme les créatures étoient matérielles , ainsi chaque espèce devoit aussi se perpétuersoi-mêine de chaque essence ; au lieu qu'il n'en est pas ainsi des anges , mais ils avoient été produits a l'instant , comme le sont les pensées de Dieu.
5. Mais c'est ici le fondement. Chaque qualité ou essence dans la source vouloit exister créaturellement j l'essence ignée s'éleva trop puissamment , et Lucifer a conçu là-dedans , sa volonté ; il en a été de même d'Adam, avec l'arbre de la tentation , comme cela est écrit : Et Dieu laissa croître toutes sortes d'arbres dans le jardin d'Eden, et au milieu , l'arbre de la vie , et de la connoissance du bien et
du mal.
6. Mpïse dit : Dieu laissa croître du jardin , toute espèce d'arbres beaux à la vue , et bons à manger. Ôr , ici est le voile en Moïse , et cependant dans la' parole il est nettement et claireméhl manifesté' qu'il y avoit des fruits beaux à voir j et bonis à manger, dans lesquels il n^y avoit ni mort , ni colère , ni corruption } mais des fruits paradisiaques, dont Adam pouvoit vivre éternellement dans la splendeur et la volonté de Dieu , dans son amour et sa perfection: la mort existoit seulement dans l'ar- ]>re de la connoissance du brén et du mal , qui saul
'Ai
prn
( t74 ) CH. TT.'
pouvoît introduire Phonome dans une autre image. 7. Or, notre pensée voit clairement que le fruit paradisiaque qui éloit bon , n'est point ainsi devenu totalement terrestre , puisque Moïse dit aussi qu'ils étoient de deux espèces : une , bonne à manger , et agréable à voir ; et l'autre , portant la mort et la corruption. Dans les fruits paradisiaques il n'y avoît ni mort ni corruption j toutefois , si la mort avoit été en eux , Adam auroit mangé de la mort dans tous les fruits ; mais comme il n'y avoit point de mort en eux , leur fruit ne pouvoit aussi également être terrestre ; quoiqu'il crût de la terre , cependant la puissance divine du second principe y étoit représentée ; néanmoins il croissoit réellement de la terre dans le troisième principe, laquelle,.^tfrr# Dieu maudit après la manducalion terrestre j pour que le fruit paradisiaque ne crût plus de la terre.
8 De plus si Adam avoit dû manger du fruit terrestre, il auroit dû manger dans son corps, et avoir eu des boyaux. Or , une puanteur comme celle que nous , portons maintenant dans notre çprps ^ pouvoit-elle subsister dans le paradis , danéla' sâîateté de Dieu ? £n outre , par la manducation ter*
i .''..■ . ' , ; ■• ' '
restre il auroit niatisé du fruit des étoiles et des èlémens , qui , aussitôt auroit, ingualifié en lui , comme^ cela est arrivé (dans la chuté , et il n'eût plus été redouté de tous les animaux. Car , aussitôt l'essence anir^ale se seroit assimilée dans sa puissance à. l'essence humaifie) e^t la plus forte auroit dominé VafH\Te. [Faute J^fi« let^xtç;(ru\\j^otfr CEainte.| 9. C'est pourquoi, U cn^j^}^ di'uae i^ulrçj^orl!^
tu. iT. C 175 )
avec Adam. Il a été un homme célesle et paradisiaque, et ildevoit aussi manger du fruit céleste et paradisiaque, et , dans cette puissance , dominer sur tous les animaux , aussi bien qne sur les étoiles et les élémens. Aucune froidure ni chaleur ne devoit le toucher , autrement Dieu lui auroit donné aussi une peau grossière comme aux autres animaux , et il n'àuroit pas ainsi été ^nud. ^ 10. Maintenant, :on se demandé : Pourquoi donc l'arbre terrestre de la connoisskncp du bien et du mal a-t-il poussé? S'il n'avoit pas été là , Adam n'en auroit pas mangé. Ou bien : Pourquoi Adam a-t-il été tenté ? Ecoute , demande à ce sujet à ta base affective , pourquoi dans toi , une pensée dé colère se conçoit et s'engendre aussi promptement qu'une pensée d'amour. Diras-tu qu'elle vient de ce que tu entends et de ce que tu vois ? Cela est vrai' ; Dieu le savoit bien aussi, c'est pourquoi il falloit^ qu'Adam fût éprouvé , car le centre 'de l'affectioa est libre, et engendre la volonté diaprés l'ouie etlà vue , d'où résultent l'imagination et l'attract.
II. Puisqu'Adam fut créé une image et une en-' tière' similitude de Dieu, et qu'il avoit en soi les trois principes cbmtilb Dieu lui-même, alors sa base affective et s6n imagination dévoient voir entièrement dans le cœur de Dieu , et y placer son attract et sa volonté : et comme il étoît uti souverain sur toutes choses , et que son ame étoit un triple esprit , en trois principes, en un'seul être , de même aussi son esprit ou la volonté en son esprit , devoit rester' manifeste en une seule essence -, savoir : l'essence
( I?^ ) CB. Il
céleste et paradisiaque ; sa base affective et son ame dévoient se nourrir du cœur de Dieu 3 et soncorps,do ]a puissance du limbes céleste.
12. Mais , comme le limhua céleste étoit manifesté par le terrestre , et étoit dans le fruit , en une même substance , et qu'Adam étoit aussi de même • c'étoit à Adam de ne point tendre après la matrice terrestre , puisqu'il a voit reçudu premier principe, iine ame vivante j qu'il avoit eu l'insufflation de l'esr prit saint et qu'il ayoit été éclairé de la lumière de Dieu , qui existe dans le second principe.
i3. C'est pourquoi , Dieu ici , lui donna aussi la défense de ne se point laisser attirer par la matrice terrestre et par son fruit, qui étoit passager et corruptible , et qui n'étbit point pour l'esprit d« l*homme. Il devoit manger du fruit , mais seulement de celui qui étoit selon le mode et la propriété paradisiaque , et non point des essences terrestres Car, les essences paradisiaques s'étoient figurées dans tous les fruits. C'est pourquoi , ils eussent été très bons à manger à la manière angéiique • et très agéables à la vue , comme dit Moïse.
Maintenant , on se demande: Qu'est-ce qu'à donc été proprement la tentation dabs Adam ?
■kU?.
tta porte du bien e^ du mal.
i4. Nous avons de ceci, un puissant témoignage, et on le lit dans la nature et dans tous ses enfans , dans les étoiles , et les élémens , dans la terre , les pierres et les métaux , particulièrement dans les
tn. îf.' C ^77 5
créatures vivantes , oh tu vois comment elles sont toutes bonnes et mauvaises ; savoir : des créatures aimables, ainsi que des animaux méchans et véné-» neux ; tels que des crapauds, des serpens et des reptiles. Ainsi , il y a du poison et de la méchanceté dans tout ce qui vit dans le troisième principe, et il faut qu*il y ait de la colère dans la nature , sans quoi tout seroit une mort et un rieUé
tta profondeur dans te centré,
i5. Ainsi que cela a été exposé précédemment ^ l'ame éternelle est dans les ténèbres ; elle s'angoisse et soupire après la lumière afin de l'engendrer. Or, l'angoisse est la source, et la source a en soi plusieurs formes j elle atteint jusqu'au feu, dans sa substance ; elle a l*amer, l'astringent , le dur, le froid, le colérique , l'oblique ou le poison , dans la racine duquel , la joie et la peine existent également* Quand elle atteint jusqu'à la racine du feu, et qu'elle peut saisir la lumière , alors il sort de la colère, une grande joie ; car, la lumière met la forme colérique dans une graudedouceur 5 au Contraire, cet te forme, qui parvient à la racine du feu , demeure dans la Colère.
16. Lorsque Dieu voulut ( ainsi que nous le pou" vons savoir ) que l'ame éternelle qui étoit dans les ténèbres fût manifestée dans le troisième principe par ce monde, alors toutes les formes furent premiè-* rement manifestées dans le premier principe jus*^ c[u'au feu , et les formes que la lumière atteignit ^ I. %%
j-j f
( 178 ) ttt- tié
furent angéliques et paradisiaques ; maïs les autres sont restées colériques , meurtrières , astringentes et mauvaises , chacune dans son essence ou dans sa propre forme : car , chaque forme vouloitêtre aussi manifestée , attendu que c'étoit la volonté de Téternelle essence de se manifester. Mais dans l'éternel cngendrement , une forme ne pouvoit pas se manifester seule , par la raison que Tune est membre de l'autre^ et que Tune sans l'autre ne seroit rien.
17. C'est pourquoi , l'éternelle parole ou le cœur de Dieu a travaillé dans la ténébreuse et spiriluella matrice , qui, en elle - même dans l'origine , étoit sans lumière, et muète , et il engendra une image de lui-même corporelle et saisissable, dans laquelle toutes les formes ont été tirées de l'éternelle forme , et sont venues en substance : car , de la forme spirituelle a été engendrée la forme corporelle 5 et l'éternelle parole ( l'a ) créée par le fiât , pour que cela
restât ainsi.
18. Alors , de toutes ces formes sorties de la matrice de la terre par le fiât dans la parole , sont pro. venues toutes les créatures de ce monde , telles que les arbres , les plantes et herbes , chacune seloa sa forme , ainsi que les reptiles , bons ou mauvais , selon que chaque forme s'est originisée dans la matrice de la génératrice. Il en a été de même des fruits dans le paradis de ce monde, dans le jardin d'Eden , lorsque le verbe dit : Que toutes sortes d'arbres et d» végétaux soient produits. De toutes les formes sortirent et poussèrent des arbres et des végétaux, qui tous étoient doux et aimables \ car la parole s'é*
iBff. II. ( «79 )
toit représentée dans toutes les formes dans le FUf • 19. Mais , en ce moment, les ténèbres et le tour-* ment furent dans le centre 5 c'est-à-dire que , dans ce centre , la mort et la colère pénétrèrent , et qu'ils y font sentir leurs pointes aiguës et la cor« ruption. Si cela n'avoit pas été , ce monde eût subsisté éternellement , et Adam n'auroit point été tenté. Le tourment et les ténèbres ont aussi ( comme une mort ou un ver destructeur de la source }^ travaillé de concert, et engendré de leur siège ou dans le milieu , l'arbre bon et mauvais , puisque la mort pique dans le milieu dans le centre , pat. le moyen de quoi ce monde , à la fin des jours , sera enflammé par le feu ; et ce même tourment est la colère de Dieu, que le cœur ou la lumière de Dieu dans l'éternel père , rétablit continuellement dans la douceur : c'est pourquoi la parole , ou le cœur de Dieu , s'appelle l'éternelle miséricorde de Dieu.
ao. Puisque toutes les formes dévoient s'élever dans l'éternelle nature , il falloit donc que la forme de la colère et de l'âpreté se produisît aussi , comme tu le vois , aux crapauds , aux serpens , aux vers et aux mauvais animaux; car c'est cette forme là, c'estè-dire, le poison ou l'esprit de souffre, qui pique dans le centre , dans la génération , dans toutes les créatures ; comme tu vois que toutes les créatures ont du poison et du fiel , et que la vie des créatures pointe dans cette puissance ; et comme tu as vu cidessus, dans tous les chapitres de ce Uvtq, dgr
l i8o ) 'ê«. 1x5
quelle manière k nature éternelle a'originise^ opère, et quelle est son essence.
ai. Or, l'arbre de la colère, ou celui qui est au milieu de la nature , a poussé aussi au milieu du jardin d'Eden , et est devenu le plus grand et le plus puissant de tous au moyen de sa propre forme , qu'ilavoit dans l'origine, dans les qualités éternelles 5 et on voit ici clairement que Dieu vouloit avoir et conserver l'homme dans le paradis ; car il lui avoit défendu cet arbre, et avoit laissé croître assez d'autres arbres , et d'autres fruits de toutes formes, et de diverses essences.
Za porte de la tentation,
22. Saint -Paul dit : Dieu a prévu ou choisi
Vhomme en Jéaus-Chriat , avant que le fondement du
monde fût posé. Ici nous trouvons si bien la base,
que nous nous plaisons à l'écrire, et à chercher
la perle -, car , vois : dans l'éternelle sagesse de Dieu ,
avant la création du monde , a été vue et aperçue
dans l'éternelle matrice , la chute des démons ainsi
que de l'homme , puisque l'éternel verbe dansl'éternelle lumière savoit bien que s'il ouvroit la fontaine
de l'éternelle génération , chaque forme feroit son
explosion : toutefois ce n'étoit point la volonté de
Tamour dans le verbe de la lumière, que la forme
de la colère dût s'élever au-dessus de la forme de
la douceur ; mais comme elle a eu une qualité puis^
saute à ce point là , cela est néanmoins arrivé.
CH. lï.' ( 181 )
a3. C'est pourquoi le démon , à cause de la colère , de la puissance , etc. , est aussi appelé un prince de ce monde qui est dans la colère ; ce dont il sera question lors de la chute -, et c'est pourquoi Dieu ne créa qu'un seul homme. Car l'amour de Dieu vouloit que l'homme demeurât dans le paradis , et y vécût éternellement 5 or , la colère voulut le tenter pour savoir s'il mettroit son imagination et sa volonté entière dans le cœur de Dieu , et dans le paradis où il étoit. 24. Puisqu'Adam étoit également extrait de l'eslence colérique , il devoit être éprouvé pour savoi^ si son essence , d'où provenoit son imagination et son altract, pourroit rester dans la qualité céleste ; s'il mangeroit du verbe de Dieu ; et laquelle essence de la paradisiaque ou de la colérique seroit surmontée dans Adam.
25 .Et tel étoit le plan du cœur de Dieu; c'est pourquoi il ne créa qu'un seul homme , afin qu'il pût être éprouvé , pour savoir comment il se maintiendroit , et afin que dans la chute il fût d'autant plus secouru : or , avant la création du monde le cœur de Dieu avoit projeté , dans son amour, de venir à son secours; et , lorsqu'il n'y eut pas d'autre moyen , le cœur de Dieu voulut plutôt se faire homme lui-même , et engendrer de nouveau
l'homme.
26. Car Adam n'est pas tombé par orgueil colérique , comme le démon i mais son essence terrestre a surmonté son essence paradisiaque , et l'a
( i82 ) en. iu
portée dans l'altract de la terreslréilé ; c*est pourquoi aussi la grâce s'est reportée vers lui.
La très haute , très forte , et très puissante porté de la tentation dans Adam,
27. Ici j'avertirai franchemenl le lecteur de réfiécHir sérieusement sur Moïse : car , ici sous le voile de Moïse, il peut voir Moïse en face; de plus , il peut voir le second Adam dans le corps de la vierge ; de plus , il peut le voir dans sa tentation , et sur la croix , aussi bien que dans la mort , et enfin , dans la puissance de la résurrec* lion , et à la droite de Dieu. De plus , tu vois Moïse sur la montagne de Sinaï ; et enfin, la trans^ figuration du Christ, de Moïse et d'Élie, sur la montagne du Tabor : de plus , tu vois ici toute l'écriture de l'ancien et du nouveau testament ; tu y trouves tous les prophètes depuis le commencement du monde, ainsi que toute la force et la puissance de tous les tyrans; pourquoi les choses ont été ainsi et doivent continuer de même \ enfin ^ tu trouves la porte dorée de la toute puissance , ainsi que du grand pouvoir dans l'amour et l'humilité ; de même que la raison pour laquelle cependant les enfans de Dieu doivent être tentés ; et pourquoi néanmoins le noble grain de sénevé doit croître dans les tempêtes , les croix et les souffrances , et ce qui fait que cela ne peut pas être autrement 5 de plus, tu y trouves l'être de tous les êtres.
ch: II. ( »B3 )
a8. Et c'est la porte du lys , qui , selon que l'esprit l'annonce , doit bientôt croître dans l'arbre colérique : et, quand il croît, il nous apporte, par son agréable et puissante odeur , la vraie connoissance dans la trinité sainte ; or , par cette odeur , Tante -christ étouffe, l'arbre de la colère éclate »^ et la colère s'élève dans la grande bête , qui a pour un lemsla force et le pouvoir de l'arbre , jusqu'à ce que cette force devienne aride et toute de feu, parce qu'elle ne peut plus recevoir de la sève de l'arbre colérique qui a éclaté ; alors elle s'élève en colère contre l'arbre et le lys, jusqu'à ce que l'arbre dont la bête a mangé , et qui l'a rendue forte , brise la bête : par là sa puissance demeure dans le feu de l'abîme ; alors, toutes les portes restent ouvertes dans le grand arbre de la nature , et le prêtre Aaron donne son joyau et son bel ornement à Pagneau qui a été égorgé , et qui en est revenu.
29. Lecteur, qui aime Dieu , on te montre ici qu'on nous présente les grands mystères des secrets qui étoient dans Adam avant sa chute , et encore de plus grands après sa chute, lorsqu'il fut comme mort , et aussi néanmoins vivant. On nous montre la génération de l'étemelle essence , et pourquoi cependant il étoit ainsi nécessaire qu'Adam dût être éprouvé , et pourquoi cela ne pouvoit pas être autrement : cependant la raison fait toujours. dcs objections contre , et allègue la toute puissance de Dieu , par laquelle il pouvoit l'arrêter comme le
permettre. 3o. Chère raison, laisse là ton obscurité, car
( i84 ) CH. IX.
avec tes pensées et ton sens tu ne connoîs ni Dieu f ni l'éternelle essence. Comment, avec de semblables pensées , veux-tu reconnoitre l'image que Dieu a engendrée de l'ame éternelle? On t'a ici représenté souvent comment l'ame qui , cependant , dans l'homme, est la plus grande essence > ne consiste pas dans une seule source.
3i. Or , si nous réfléchissons au penchant, ou à ce qui a pu porter et entraîner Adam contre la défense, pour qu'il pût convoiter contre l'ordre do Dieu , tandis qu'il étoit cependant dans une grande perfection , alors nous trouvons l'éternelle ame dont Adam avoil été crééj et, puisqu'il étoit un extrait de l'ame éternelle , et de toutes les essences de tous les trois principes , il devoit être tenté pour savoir s'il pourroit se maintenir dans le paradis ; car le cœur de Dieu auroit voulu qu'il restât dans le paradis ! or, il ne pouvoit rester dans le paradis qu'autant qu'il mangeroit des fruits paradisiaques 5 fiinsi son cœur devoit être entièrement incliné vers Dieu , et il auroit vécu dans le centre , et Dieu auroit opéré en lui.
82. Maintenant , qui est-ce qui étoit donc contre lui? ou qu'est-ce qui l'a entraîné du paradis dans la désobéissance^ pour qu'il ait passé dans une autre
image ?
Vois 5 toi , 61s de l'homme , il y avoil un triple
combat ; dans Adam 5 hors d'Adam; et dans tout
ce que contemploit Adam. Diras-tu : Qu'est-ce que
c'étoit ? Il y avoit trois principes. Le royaume de
'enfer , et la puissance de la colère étoit le pre1
CH. IT. (^lS5 )
mier j et ensuite le royaume de ce monde , ou les étoiles et les élémens , éloienl le second ; enfin , le troisième étoit le royaume du paradis , qui vouloit aussi le posséder.
33. Or ces trois royaumes étoient dans Adam , et aussi hors d'Adam , et il y avoit dans les essences un puissant combat : toutes attiroient dans Adam , et hors d'Adam , et vouloient avoir Adam; car c'étoit un grand souverain, provenu de toutes les puissances de la nature. Le cœur de Dieu vouloit l'avoir dans le paradis , et demeurer en lui ; car il disoit : C'est mon image et ma ressemblance. Le royaume de la colère voulait aussi l'avoir, et il disoit : Il est mien , et il est provenu de ma fontaine, ou de l'éternelle ame des ténèbres; je veux être en lui, et il doit vivre dans ma puissance ; en eEfet il est né de moi ; je veux montrer par lui ma force et ma grande puissance. le royaume de ce monde disoit : Il est mien , car il porte mon image, et il vit en moi et moi en lui ; il me doit obéissance , je veux le soumettre et le contenir; j'ai tous mes membres dans lui , et lui a les siens en moi. Je suis plus grand que lui , et il doit être mon économe ; je veux montrer en lui mes magnificences , mes merveilles et ma puissance -, il doit manifester ma force et mes prodiges ; il doit garder et' soigner mes troupeaux [ou mes régions ] : je veux le revêtir de ma magnifique majesté; ainsi que cela est clairement devant les yeux.
34. Mais lorsque le royaume de l'âpreté , de la colère , de la mort et de l'enfer vit qu'il avoir
( i86 ) CH. II.
le dessous , et qu'il ne pouvoit pas refenîr l'homme, il dit : Je suis la mort et un ver , et ma force est en lui ; je veux le briser et le pulvériser j son esprit doit vivre en moi ; et quoique loi , monde , tu le regardes comme étant tien , puisqu'il porte ton image , cependant son esprit est de moi , et engendré de mon royaume ; c'est pourquoi prends de lui ce qui est tien , je garderai ce qui est mien.
35. Maintenant , qu'a fait dansce combat la pui^ sance en Adam ? Elle a fait l'hypocrite avec tous les trois ; elle a dit au cœur de Dieu : Je veux demeurer dans le paradis y et tu dois demeurer en moi : je veux être tienne , tu es mon créateur , et tu m'as ainsi extraite et formée de tous les trois principes. Tes agrémens sont délicieux , tu es mon époux, j'ai reçu de ta plénitude; c'est pourquoi je suis enceinte, et je veux m'engendrer une vierge, afin que mon royaume devienne grand , et que tu aies en moi une vraie joie 3 je veux manger de ton fruit , et mon esprit doit manger de ta puissance , et ton nom en moi doit être Emmanuel , Dieu avec nous.
Z&, Et lorsque l'esprit de ce monde aperçut cela, il dit : Pourquoi ne yeux-tu manger que de ce que tu ne peux pas saisir, et ne boire que de ce que tu ne peux pas sentir? n'es -tu donc pas un esprit? Tu liens de moi , en toi, toutes les espèces d'appréhensibiiités. Vois , le fruit saisissable est doux et bon ; et le boire saisissable est fort et puissant ; bois el mange de moi , alors tu obtiendras tonte ma force et ma beauté , tu poun as être puissant eu moi sur
Ofl. II. ( 187 )
toutes les créatures. Le royaume de ce monde fé sera en propriété , et tu seras un souverain sur la terre.
37. Et la force dans Adam, dit : Je suis établie sur la terre , et je demeure dans le monde , et le monde est mien , je veux en user selon mon gré. Alors , le commandement de Dieu (de l'éternel cercle de la vie , et comprimé dans le centre de Dieu ) vint et dit : Le jour où tu mangeras du fruit terrestre , tu mourras de mort. Ce commandement fut conçu dans l'éternel père \ là il a'originise dans le centre d'où réternel père engendre sans cesse son cœur , ou son fils de toute éternité.
38. Or 5 lorsque le ver des ténèbres vit le commandement de Dieu , il se dit en lui-même : Ne veuxtu rien fournir ici ? Tu es esprit dénué de corps , tandis qu'Adam est corporisé ; tu n'as en lui que la troisième partie , en outre le commandement est lancé : lu te glisseras parmi les essences ; tu dissimuleras avec l'esprit de ce monde ; tu prendras sur toi la forme d'une créature , et tu enverras dans ce monde, quelqu'un démon royaume habillé en forme de serpent ; tu persuaderas à Adam de manger du fruit terrestre , et aussitôt le commandement brisera son corps , et l'esprit demeurera mien. Sur cela , l'envoyé ou le démon fut tout disposé , principalement , parce que Adam occupoit sa place dans le paradis , là où il devoit être ; et il se dit en luimême : Maintenant , tu as de quoi te venger ; lu mêleras le mensonge el la vérité l'un avec l'autre, aEn qu'Adam ne les discerne pas ^ et tu le tenteras.
(i88)
CH. IX.
De Varhre de la connoissance du bien et du mal.
89. Je l'ai dit ci-dessus : Que l'arbre éloit provenu de la puissance de l'eau , c'est-à-dire , qu'il étoit provenu de la terre, et avoit eu en soi entièrement la nature de la terre , comme encore aujourd'hui tous les arbres sont terrestres, et non autrement, ni meilleurs , ni pires 5 en eux existe la corruption , do même que la terre est périssable, et passera à la fin; alors tout s'en ira dans son Ether, et il n'en demeurera que la figure. Or donc , tel a été l'arbre qui a existé au milieu du jardin dans Eden , et par lequel Adam devoit être tenté dans toutes les essences. Car, l'esprit d'Adam devoit dominer puissamment sur toutes les essences , comme sont les saints anges et Dieu lui-même.
4o. En outre, Adam étoit créé de la parole ou du cœur de Dieu , afin qu'il pût être son image et sa ressemblance 5 il étoit très puissant dans tous les trois principes ; aussi grand qu'un prince , ou un trôneange. Mais lorsque cet arbre , qui seul portoit des fruits terrestres parmi tous les autres arbres , se trouva ainsi dans le jardin d'Eden , Adam s'en laissa éblouir à plusieurs reprises , parce qu'il savoitque c'étoit l'arbre du bien et du mal ; en outre , la puissance de l'arbre pénétra aussi en lui fortement ^ comme étant également en lui , de façon qu'un attra et corrompit l'autre; et l'esprit du grand monde pénétra aussi Adam fortement , de façon qu'il fut infecté^etque sa vertu fu! surmontée jalorsPhomm»
te. li. ( 1B9 )
paradisiaque disparut ; et le cœur de Dieu dît : Il n'estpas bon que l'homme soit seul, formoDs4ui ua aide qui soit près de lui.
4i. Ici Dieu a vu sa chute , et qu'il ne pouvoit se soutenir ( puisque l'imagination et l'attract d'Adam étoient si fortement portés vers le royaume de ce monde , et vers le fruit terrestre) -, il a vu qu'Adam n'engendreroit point de soi un parfait homme paradisiaque , mais un homme infecté par l'attract , et qui tomberoit dans la corruptibilité \ et le texte de Moïse l'annonce plus loin très réellement : Et Dieu laissa tomber un profond sommeil sur l'homme , et il s'endormit.
^^^^^ ■fci^^'^'^'^^B^^^i»
CI90)
CHAPITRE DOUZIEME.
De Touverture des saintes écritures ; des circonstances a considérer hautement
Za porte (Tor , dont Dieu favorise U dernier monde dane lequel le lye croîtra,
I. v-iHER lecteur , j'auroîs besoin de la langue d'un ange pour cette description , et toi d'une intelligence angélique si nous voulions nous entendre l'un l'autre. Mais quoique nous ne les ayons pas, nous voulons, cependant , avec notre langue terrestre , parler des grandes œuvres de Dieu , selon notre don et nos connoissances -, ouvrir l'écriture au lecteur , et lui donner , en outre , l'occasion de penser avec quoi la perle peut se chercher et enfin se trouver. Nous voulons travailler dans notre œuvre journalière et pour ceux qui après nous y entreront , jusqu'à ce que la perle du lys soit trouvée.
2. Ici donc , la raison demande : Combien de tems donc Adam a-t-il été dans le paradis avant la chute , et combien de tems a duré la tentation ? Jo ne peux rien dire de cela , d'après l'écrit de Moïse fur la création , car cela est resté caché pour une grande raison ; mais je veux te montrer la merveille de Dieu , et y creuser autant que cela m'est
donné dans la connoissance , afin que tu puisses apprendre à mieux considérer la tentation et la chute d'Adam.
5. Chère raison , vois , maintenant , dans le miroir des opérations et des faits de Dieu. Lorsque Dieu apparut à Moïse dans le buisson ardent , il dit: Ote tes souliers j car ici est un lieu saint. Qu'est-ce que c'étoit que cela ? Dieu lui montra parla sa naissance terrestre ; car il vouloit lui donner une loi dans laquelle l'homme pût vivre , si c'étoit possible , et obtenir par-là la sainteté. Mais qui fut celui qui la lui donna , et ordonna à l'homme de vivre en elle ? Ce fut Dieu le père, de son centre ; c'est pourquoi cela arriva avec le feu et le tonnerre : car dans le cœur de Dieu , il n'y a ni feu , ni tonnerre ^ mais le très saint amour.
4. Maintenant la raison dit : Dieu le père n'est donc pas avec son fils un seul être ? Oui , il est un seul être et une seule volonté. Par quel milieu a-t-il donc donné la loi ? Far l'esprit du grand monde, puisqu'après sa chute Adam et tous les hommes y ont vécu ; ainsi l'épreuve fut faite pour savoir si l'homme pourroit vivre dans cette loi en confiance en Dieu ; c'est pourquoi il la promulgua avec de grandes merveilles,et il l'environna de splendeur , comme cela se voit à Moïse , qui avoit une face lumineuse ; et quand il se fut choisi ce peuple ^ il détruisit les enfans des incrédules , et conduisit le peuple dans le désert par des merveilles et des prodiges 3' c'est par-là que fut faite l'épreuve pour
«avoir si l'homme pourroil vivre dans une parfaite obéissance sous cette clarification.
5. Qu'arriva-t-il alors? Moïse fut a^jpelé par Dieu, du milieu des enfans d'Israël , sur la montagne deSinaï, et il y demeura quarante jours : là il voulut éprouver ce peuple, pour savoir s'il étoit possible qu'il mît sa confiance en Dieu , pour qu'il pût être nourri du pain du ciel , afin d'arriver à la perfection. Or, alors le peuple fut tenté, car Moïse s'éloigna d'eux au milieu des nuées et des colonnes de feu , et s'arrêta quarante jours, lia Tame du majoris mundi , ou de l'esprit du grand inonde , fut en combat de rechef contre l'éternell© base affective de Dieu, l'une en opposition de l'autre. Dieu exigeoit l'obéissance , et l'ame de ce monde exigeoit Tattracl de celte vie passagère , tel que de manger , boire , jouer et danser : en outre, ils choisirent pour Dieu de leur ventre un ve^a d'or , afin qu'ils pussent vivre sans loi.
6. Ici tu vois de nouveau comment les trois principes onlcombattu l'un et l'autre au sujet de l'homme» La loi donnée à Adam , dans le jardin d'Eden y perça de nouveau , et voulut avoir obéissance j alors l'esprit de la colère perça aussi de nouveau avec des fruits faux , et un faux altract , et chercha la vie corruptible. Or , ce combat dura quarante jours avant qu'ils eussent érigé le veau , et qu'ils fussent déchus de Dieu ; telle a été aussi la durée de ce combat des trois principes. 7. Mais lorsqu'ils furcBt déchus de Dieu , alors
^' »^- ( 193 )
vint Moïse avec Josué : il voit l'apostasie • il hth6 es tables en pièces ; il conduit les Hébreux danà Je désert où ils doivent tous mourir, excepté losué et Caleb 5 car la clarification du père dans ie feu , dans le premier principe ne pouvoir les introduire dans la terre promise; et quoiqu'ils «langeassent la manne , cela ne les secourut point dans la tentation : il n'y avoit que Josué , et enfia Jésus , qui pût le faire.
8. Lorsque le tems fut arrivé que le vrai héros revmt du paradis , et devint le fils de la vierge alors le combat des trois principes recommença; car il ( ce héros) fut placé de nouveau devant l'arbre de la tentation : il devoit soutenir un rude choc devant l'arbre de la tentation , et supporter la tentation des trois principes ; ce à quoi le premier Adam n'avoit point résisté. Alors le combat dura de nouveau quarante jours et quarante nuits , aussi long-tems que le combat avoit duré avec Adam dans le paradis, et pas une heure de plus; c'est alors que le héros eut remporté la victoire. C'est pourquoi ouvre bien tes jeux, et regarde bien l'écriture ; et quand même elle seroit brève et obscure, elle est cependant véritable.
9- Tu ne trouves point dans Moïse qu'Adam ait été chassé du paradis le premier jour. La^enta^ tion d'Israël et du Christ nous enseigne bien plus amplement; car la tentation du Christ et la tentation d'Adam sont justement semblables dans toutes les circonstances.
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{ 194 ) *="• ''•
,0 En effet, Adam fut tenté quarante jour» dans le paradis , dans le jardin d'Eden, devant Îa br de la tentation , pour savoir s'ily rés.s.eroa e, pour qu'il établît son penchant dans le cœur de Sieu , eJqu'il ne mangeât que du verbe de D.eu j alors Dieu lui eût donné à manger de son con>s du céleste 1'n.hus , pour qu'il mangeât dans la bouche , e. non dans le corps. Il devoit engendrer de soi le fils de la vierge , ou de Sophie ; car .1 n'étoit ni homme ni femme : il avo.t en soi la ra.riceetaussilamasculiBilé,etilauro>te«gendréde
la matrice, sans déchirure de son corps, lav.erge pleine de modestie et de chasteté. ^ „. Et ici est le combat dans la man.feslat.on de Jean , où »ne vierge engendre un fils que le dracon e le ver ou serpent vouloient dévorer , ou ia vTerge s'élève sur la lune terrestre et mépr.se et Ll aux pieds ce qui es. terrestre. A.ns. Adam devoit aussifouler auK pieds ce qu. est .exxes.re e^ il en a été surmonté. C'est pourquoi le fils de la vierge Marie , lorsqu'il eut vaincu devant l'arbre de Utentation, devoit aussi ensuite entrer dans la mo t. dans ù première mort de la colère , e. soumettre le
^TÏarie'cEst est resté quarante jours dans le déseH pour la tentation ; là il n'y -f "' PJ^" '^^J boisson ; alors le tentateur vint , et voulo.t l éloigner S rlélssance , et dit ; Qu'il dt^oit faire du pa.n des nierres. Cela n'est autre chose , sinon qu .1 deVoU mépriser le pain céleste que l'homme avoit reçu
en. i«. ( 19^ )
dans la foi et dans une forte assurance en Dieu , et porter son imagination dans l'esprit de ce monde , et vivre en lui.
i3. Mais lorsque le fils de la vierge lui opposa le pain céleste , et que l*homme ne vit pas seulement de ce monde , ou du boire et manger terrestres , alors il se présenta une autre espèce de tentation ; savoir : la domination de ce monde. Le prince de la colère voulut lui donner tout le pouvoir des étoiles et des éléraens , pourvu seulement qu'il voulût mettre en lui son imagination et l'adorer. G'étoient là réellement les véritables verges avec lesquelles Adam avoit été fustigé par la puissance , la domination et la beauté de ce monde, par lequel Adam se laissa enfin séduire et emprisonner. Mais le fils de la vierge lui opposa que son royaume n'étoit pas celui de la parole et du coeur de Dieu , qu'il devoit adorer Dieu , et ne servir que lui.
14. La troisième tentation étoit la même dans laquelle le démon étoit aussi tombé par orgueil, puisqu'il lui dit qu'il devoit s'envoler au-dessus du temple , et s'élever au-dessus de l'humilité et de la douceur ; car la douceur fait que le père colériqua dans l'origine , devient miséricordieux et gracieux , de farou que la divinité est un être aimable et délicieux.
i§. Mais le souverain Lucifer auroit voulu , dans la création , être au-dessus de la douceur du cœur de Dieu , et de-là au-dessus de la limite de la nature ; c'est pourquoi il vouloit aussi persuader au fils de la vierge de voler sans ailes , par orgueil et au-
( 196 ) CH. I2.'
dessus de la limile de la nature , ce dont il sera amplement traité en son lieu. J'ai seulement présenté ici cela brièvement afin que lu comprennes mieux mon écrit jen quoi consiste la base de l'écrilurejqu'il n'y a rien de nouveau , et qu'il n'y aura, non plus, rien de nouveau , si ce n'est seulement une vraie connoissance de l'esprit saint , de l'essence de toutes les essences.
Vu sommeil d*jidam,
16. Adam n'a point mangé du fruit avant sa cliule , jusqu'à ce que sa femme ait été créée de lui. Seulement 5 ses essences et son penchant en ont mangé par l'imagination, en esprit , et non par la bouche. C'est pour cela que l'esprit du grand monde l'a saisi , et a inqualifié puissamment en lui ; car à l'instant la soleil, les étoiles, et tous les quatre élémens ont combattu avec lui puissamment , et si fortement qu'ils l'ont vaincu, de façon qu'il s'est laissé tomber
dans le sommeil.
17. Maintenant, pour un homme intelligent il est aisé de conclure et de savoir que dans Adam , lorsqu'il étoit en image de Dieu , il n'y avoit aucun fiommeil et qu'il ne pou voit y en avoir. Car, Adam étoit une image telle que nous serons quand nous ressusciterons de la mort. Là , nous n'aurons besoin ni des élémens, ni du soleil, ni des étoiles, 'non plus que d'aucun sommeil ; mais nos yeux seront toujours ouverts , et éternellement , pour contempler la majesté divine , dont nous tirerons notre nour«
CH. la. ( 197 )
riture et notre boisson ; et le centre dahs la multî* plicité ou dans l'expansion de la génération , nous donnera une joie pure et de pures délices. Toutefois, Dieu ne tirera de la terre pour le royaume céleste , aucun autre hoin-me tel qu'étoit le premier avant la chute ; car, il avoit été créé de l'éternelle volonté de Dieu , et elle est invariable et doit subsister. C'est pourquoi , pense sérieusement à ces choses.
18. Toi , ame chérie , toi qui nages dans un baia ténébreux , dirige ton affection vers la porte des cieux, et cherche quelle a donc été la chute d'Adam, pour que Dieu en ait un si grand dégoût , qu'Adaiu n'a pas pu rester dans le paradis ? Contemple et considère le sommeil, et tu trouveras tout,
19. Le sommeil n'est autre chose que d'avoir été subjugué. Car, le soleil et le sydérique sont toujours en puissant combat avec les élémens , et l'élément eau ou la matrice, est trop foible devant le fea et les étoiles ; car elle est l'abaissement oulecoulerbas dans le centre de la nature , comme tu l'as va ci-dessus en plusieurs endroits»
20. Or , la lumière du soleil est comme un Dieu dans la nature de ce monde; elle enflamme toujours par sa puissance , les étoiles , d'où ces étoiles qui sont une essence réellement terrible et angoisseuse ,. s'élèvent toujours en un triomphe vraiment joyeux ; car cette lumière est une substance. C'est ainsi que la lumière de Dieu enflamme et éclaire la rigide et. ténébreuse ame du père : et de-là , la joie et les délices divins s'élèvent dans le père par le moyei* d£ la lumière^
V,
( içS ) flT. li.
2T. Ainsi , ce même triomphe , ou cel éUvement fait toujours dans la matrice de l'eau, comme un Louillonnemenl. Car, toutes les étoiles jèlent toujours leur puissance dans la matrice de Teau, c'està-dire 5 qu'elles sont en elle. Ainsi , la matrice est désormais toujours en bouillonnement et en t lèvement, d'où vient l'accroissement dans le bois, dans î'iierbe , dans les plantes et dans les animaux. En éfifet 5 le régime supérieur du soleil et des étoiles , «insi que des élémens domine dans toutes les créalures 5 il est en elles une (loraison ou une végétation 5 et sans sa puissance , il n'y auroit dans ce monde , dans le troisième principe , aucune vie ni mobilité danâ aucune chose sans exception.
22. Or, la créalu)*tt vivante ; savoir: l'homme ^ fes animaux et les oiseaux ont en eux la teinture : car dès le commencement , ils sont un extrait de la i|ualité des étoiles et dos élémens , par le fiât : et dans la teinture , est le feu toujours inflammable , qui attire sanscessela puissance de Teau , ou l'huile j de là vient le sang dans lequel gît la noble vie.
23. Mais le soleil et les astres enflamment contîîîuellement la teinture , car elle est ignée ; et la teinture enflamme le corps , par le moyen de la matrice de l'eau , de façon qu'il est toujours chaud et bouillonnant. Les astres et le soleil sont le feu de la teinture , et la teinture est le feu du corps. Ainsi tout est en bouillonnement ; et lorsque le soleil descend, de manière que son éclat ne soit plus là, alors )a teinture devient foible , car elle n'a plus aucun êtllumement de !a part de la puissance du soleil , et
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m. 11. ( 199 )
quoique la puissance des étoiles l'enflamme par la qualité du soleil , le tout est cependant trop foible , et est comme impuissant. Or , dès que la teinture est impuissante , alors la vertu du sang, qui est la teinture, est aussi impuissante , et se précipite dang un doux repos comme morte et vaincue.
24. Or donc, ce n'est que dans la teinture que se trouve le discernement qui règle la base affective, et fait les sens et les pensées. C'est pourquoi tout est comme mort; et seulement les astres gouvernent encore dans la racine du premier principe, où la divinité, comme une splendeur, ou une vcrlit opère en toutes choses. Alors l'esprit astral voit dans la splendeur du miroir de la puissance divine , dans le fou élémentaire , dans la matrice de l'eau et ouvre sa mâchoire après la teinture; mais cette teinture est débile, alors il prend la puissance de la teinture , ou la base affective , et il inqualifie avec elle. Alors la base affective cherche les élémens , et y travaille entièrement, selon la puissance des étoiles , car , cette base affective est dans l'œuvre et la qualité des étoiles : et ce sont là les rêves nocturnes , et les images ou visions dans le sommeil.
La porte de la très haute profondeur de la vie de la
teinture,
25. Quoique le docteur sache ce que c'est que la teinture, cependant le simple et l'ignorant ne le savent pas , eux qui ont souvent plus de talent et d'intelligence c^ue le docteur , sans avoir autant
Il
f 20a) CH. 12,
ù^art : c'est pourquoi j'écris pour ceux qui cherchent 5 quoique je pense que ni le docteur , ni l'alchjmiste n'a la hase de Ja teinture, à moins qu'il »e soit régénéré de l'esprit j c'est celui-là qui i:ierce au travers de tout , qu'il soit savant ou ignorant. Devant Dieu le docteur n'est pas évalué plus que le pajsan.
2.6. La teinture est une chose qui sépare et emporte de l'impur ce qui est clair et pur ; elle porte arec elle la vie de tous les esprits ou de toutes les essences dans son plus haut degré. Gui , elle est la raison de l'éclat et de la splendeur ; elle est une cause qui fait que toutes les créatures voient et vivent. Mais sa forme n'est pas d'aune seule espèce : elle n'est pas dans les animaux comme danr l'homme; et aussi elle est différente dans les pierres, les métaux et les plantes. Quoiqu'elle soit véritablement dans toutes choses , elle est cependant foible dans quelques unes ,-et dans quelques autres,, comme impuissante.
27. Mais si nous cherchons ce qu'elle est en essenceet en propriété , et comment elle est engendrée , nous trouvons vraiment une substance précieuse et noble dans sa génération ; car elle dérive de la puissance et de la source de la fontaine de 1^ divinité , qui s'est représentée dans toutes choses ; c'est pourquoi elle est si secrète et si cachée 5 et aucune base affective , fausse ou impie dans ses coniM)issances n* pourra la trouver ni laconnoître ; e^ ffuoiqu'elle soit là , cependant aucune ame légère et fâ.iisse tt'est digne d'elle , c'est pourquoi elle lui
es. Il, ( 201 )
reste cachée ; et Dieu gouverne tout en tons , sans que la créature le sente et l'aperçoive. Celte créature cesse d'être et ne sait pas comment cela lui arrive : elle vit , et ne sait dans quoi ; elle périt et ne sait comment ; et l'ombre et la figure de la teinture demeurent éternellement. Car elle est née de l'éternelle volonté 5 mais Tesprit lui est donné par le fiât selon l'espèce de chaque créature. Elle a été aussi implantée et incorporée au commencement de la création dans les diamans y les pierres et les métaux, selon chaque espèce.
28. De toute éternité elle a été en Dieu -, c'est pourquoi elle est aussi en Dieu pour Péternité. Mais lorsque Dieu voulut former une image de sa substance , et que celle image dut être engendrée des ténèbres , alors , elle [ cette teinture ] se trouva dans l'explosion de l'éclair de feu , à la place où la cinquième forme de la génération de l'amour s'engendra en similitude ; car elle étoit née de la source de la fontaine de la volonté , ou du cœur de Dieu. C'est pourquoi son ombre demeure élernelîement dans la volonté de Dieu , et c'est à cause de celle volonté que l'ombre de toutes les créatures et de toutes les essences qui ont été engendrées en images , demeurera éternellement : car elle est l'image de Dieu , qui a été engendrée de l'éternelle volonté ; mais son esprit ne demeure pas éternellement dans }e troisième principe de ce monde 5 il se brise à la cessation de la source ou de la vie.
29. Car tout ce qui vil dans le troisième principe se brise , et va dans son Ëlher et à sa fin , excepté
( 2Q2 ) CH. 12.
la figure de la teinture qui demeure éternellement comme une ombre ou une volonté , sans esprit et sans mobiiité 5 mais dans le second principe la teinture demeure éternellement en esprit el en essence j le tout très puissamment ; savoir : dans les anges et dans l'bomme, aussi bien que dans l'ascension de toutes ]es essences , car leur centre pour la génération est éternellement fixe.
De lessence et de la propriété de la teinture.
ZéO profonde porte de la vie»
3o. Son essence est Téclair dans l'expansion du cercle de la vie , lequel éclair fait dans l'eau l'éclat et la splendeur; sa racine est le feu , et la souclie est l'aslringence. Or , l'éclair sépare de l'eau l'amertume et l'astriugeuce, de façon que l'eau est douce et claire. Dans cette teinture est \a faculté de voir de toutes créatures , de façon que l'esprit dans l'éclair est dans la matrice de Teau. Car l'éclair est dans cette teinture comme une splendeur , et il remplit l'esprit des essences. L'essence tire de ceci puissamment à soi 5 car elle est l'astringence 9 et l'éclair sépare toujours les ténèbres de la lumière , et ce qui est impur de ce qui est pur ; mais alors il resîe la puissante divine ; et l'éclat divin se peint toujours dans le pur ; d'où il arrive que l'âpreté est séparée de la nature , et que la splendeur divine rend doux ce qui est pur , car elle se combine avec.
3i. Or ^le doux est comme une Imile ou une onc*
en. 12. ( 2o3 )
luosilé dans laquelle Téclair s'enOamme- toujours ,' de f^^çon qu'il brille ; mais comme l'huile suave est mêlée avec la matrice aquatique, cela fait que la lumière brillante est constante el douce : néanmoins comme elle ne peut pas , dans la nature de l'eau , demeurer purement huile à cause de V inqualificaiion de l'eau , alors elle devient épaisse , et la nature du feu la colore en rouge. C'est là , dans chaque créature 5 le sang et la teinture , dans laquelle existe la noble vie.
De la mort et du mourir.
La porte de taJlficiion et des douleurs.
32. Cette noble vie qui est ainsi dans la teinture est dans un grand danger , et elle peut s'attendre à toute heure à la dissolution 5 car aussitôt que le sang dans lequel vit l'esprit , vient à disparoîlre , alors l'essence se brise , et dc-là la teinture s'envole comme une lueur ou une ombre , alors la source de feu est épuisée, et le corps devient
roidc.
33. Ah î combien la vie a de puîssans ennemis , particulière ment de la part des clémensct des astres! Aussitôt cpi'un élément devient trop fort, la teinture s'en éloigne , et la vie prend fin. S'il est rempli outre n^csure par la première eau , alors il refroidit et c'ieint lo feu , et l'éclair s'en va comme une lueur ; s'il est nccablé par in terre , ou par une matière impure , alors l'éclair s'obscurcit et passe j s'il est , en
( 204 ) ^» ^^'
troisième Heu, trop gonflé par l*air, jusqu'à s'arrêter, alors la teinture est étouffée , ainsi que les originelles essences , et l'éclair se brise en éclats , et s'en va dans son Elher-, mais , quatrièmement , s'il est trop rempli par le feu ou la chaleur , alors l'éclair s'enflamme , la teinture brûle , d'où le sang devient brunâtre et noir 3 et l'éclair s'éteint dans la douceur.
34. Ah ! combien la vie a d^ennemis dans les constellations qui inqualifient avec la teinture et les élémens! Lorsque les planètes et les étoiles sont dans leurs conjonctions, alors elles jètent leurs rayons^ empoisonnés dans la teinture , d'où il résulte des élancemens , des déchiremens , et des tourmens dans la vie de la douce teinture -, car la douce teinture , étant un aimable et agréable délice, ne peut rien souffrir d'impur. C'est pourquoi quand de tels rayons vénéneux sont lancés en elle , alors elle se défend et se nétoyecontinuellemeut. Aussitôt qu'elle est surmontée , de manière à être obscure , alors l'éclair s'éteint ; la vie se brise ; le corps périt et devient cadavre ou une carcasse morte , car l'esprit est la vie.
35. J'ai voulu exposer ceci très brièvement , comme un sommaire , et non point avec toutes les circonstances , afin que l'on puisse entendre ce que c'est que la vie. Cela sera plus amplement éclaire! en son lieu^ car il y a là-dedans beaucoup de choses, et on pourroit en faire de gros livres ; il suflit que l'on puisse comprendre comment Adam a été sub-^ jugué et est tombé dans le sommeiL
Gfl. la.
( 2o5 )
1.
La porte de la céleste teinture ; comment elle a été en jidam avant la chute / et comment elle sera en nous après cette vie,
36. Ces secrets sont grands et importans , et celui qui les cherche et les trouve en retirera une véritable joie ; car ils sont le vrai pain céleste de l'ame. Si nous pouvons considérer et recevoir la connoissance de la céleste teinture , alors la connoissance du joyeux règne divin s'élève en nous , de façon que nous désirons d'être délivrés de la vanité , et de vivre dans cette sorte à^ engendrement , ce qui cependant ne peut pas être ; mais nous devons satisfaire à notre tâche journalière.
37. La raison dit : Ah ! si Adam ne s'oloit pas laissé aller à l'attract , il ne se seroit pas endormi ! Si j'avois été à sa place, j'aurois tenu ferme et je serois resté dans le paradis ! Oui , chère raison , tu fais de belles conjectures : mais souvent tu t'abuses beaucoup trop ; je veux te montrer ce que sont tes forces, et ce que c'éloit que la porte: pense seulement comment tu aurois pu tenir ferme si tu avois été devant l'arbre de la tentation comme Adam.
38. Vois. Je vais te présenter une juste comparaison : je suppose que tu sois un jeune homme , ou une jeune vierge , comme Adam étoit l'un et l'autre en une seule pe/sonne ; comment te persuaderas-tu que tu résisterois ? Je suppose ainsi que je mette ensemble un jeune homme d'une bonne complexion ,
( 2o6 ) CH. la.
beau et vertueux , el une jeune , belle et chaste Clie , et que non-seulement jo les laisse causer l'un el l'autre , el s'eniretenir amicalemeiil , mais encore qu'ilspuissent se saisir et s'embrasser l'un et l'autre j que je leur recommande de ne point s'enflammer de désiret d'amour l'un pour l'autre, par aucune pensée^ de n'en point écouter l'iuclinaiion, et encore moins de se laisser aller à aucune imprégnation dans Ja volonté ^ que je les laisse être ensemble pendant quarante jours et quarante nuits , et se promener l'un et l'autre dans une pure joie 5 que je leur commande eu outre, que leur volonté et leur base affective soit dans la résolution de ne jamais concevoir la pensée de se désirer l'un et l'autre , et de s'imprégner par aucune essence ni propriété 5 mais que leur volonté etleuriuclinalion soit fixement et fermement liée à mon commandement 5 et que le jeune homme ait dans sa volonté de ne jamais jouir de celle vierge ou d'une autre, et que celle-ci ail à sou tour la même volonté , etc. 5 comment penseras-tu , toi , misérable raison, pleine d'erreurs et d'infirmités, que tu aurois résisté? ne l'aurois-lu pas promis comme Adam 3 mais aurois-tu , plus que lui , tenu ta parole ?
39. Ainsi , ma chère raison , je l'ai présenté uu miroir : voilà comment il eu a été avec Adam. Dieu avûit créé son ouvrage très sagement et bon , el il avoil extrait l'un de l'autre. Il étoit le premier fondement d'où il avoit créé ce inonde , et du monde l'homme à qui il avoit donné son esprit , et lui avoit recommandé de vivre très parfaitement en lui sans Tacillation , et sans aucune autre volonté.
• 1'
CH. 12. ( 2<^7 )
40. Mais Adam avoit aussi l'esprit de ce monde ^ car il étoit du monde , el il vivoit dans le monde : or , Adam étoit la chaste vierge , entendez ceci de l'esprit qui lui avoit été soulBé par Dieu 5 et l'esprit qu'il avoit reçu de la nature ou de ce monde, étoit le jeune homme. Ils étoient actuellement près l'un de l'autre , et ils reposoienl sur la même lige- ou sur la même base,
41. Maintenant la chaste vierge [ qui n^est ici que VesprU cP Adam ]ôit\o\X s'établir dans le coeur de Dieu;n'avoir nulle autre imagination, et ne se point laisser attirer par la beauté de ce charraanc jeune \\ommG{V esprit de la nature] ; mais le jeune homme s'enilamma pour la jeune vierge , et désira de s'unir avec elle ; car il dit : Tu es ma chère épouse , moa paradis , et mon jardin de roses ; laisse-moi entrer dans ton paradis : je veux me remplir de toi , afia que je puisse recevoir de tes esseuces , et jouir de tes saints amours. Combien j'aimerois à goûter l'aimable douceur de ta puissance ! Si je pouvois seulement recevoir de la belle lumière , combien alors je serois jojreux !
42. Et la chaste vierge dit : Tu es mon époux et mon compagnon ; mais tu m'es inférieur en ornement. Ma perle est plus précieuse que toi ; ma puissance est impérissable ; ma base affective est toujours la même : la tienne est inconstante , el ta force est passagère. Demeure dans mon parvis; je le traiterai avec amitié ; je te ferai l)eaucoup de bien ; je te décorerai de mes ornemens ; je te revêtirai de mes parures ; mais je ne puis te donner iva
( 208 ) CH. 12^
perle, car tu es ténébreux, et elle est belle et lumineuse. ( Adam a reçu dans le Christ la perle y car elle se plongea dans le ver de l'a me , et Tengendra de nouveau pour la lumière : et ici le combat est semblable ; car la vierge [ gui ici est la Sophie] ne vouloit pas donner au ver la perle, entendez la pure divinité ; mais il devoit vivre dans son parvis , et elle vouloit l'éclairer et le couronner. C'est sur quoi Adam fut éprouvé pour savoir si cela pouvoit être : mais , comme cela ne put pas avoir lieu , la vierge Sophie donna la perle à Christ , fils de la vierge terrestre , ou au prince en Dieu.)
43. Alors 5 l'esprit de la naUire , où le jeune homme dit : Ma belle et chaste perle, laisse- moi donc jouir de ton appui ; ne veux-tu pas t'unir avec moi , de peur que je ne me remplisse de toi ? Kenferme seulement ta perle dans mou cœur , afin que je t'aie en ma possession ? N'es - tu pas ma couronne dorée? Combien je voudrois goûter de lou fruit !
44. Alors le chaste esprit de Dieu , ou la vierge Sophie, dit en Adam « Mon cher amant et compagnon , je vois bien ton désir ; tu voudrois bien t'unir avec moi , mais je suis une vierge , et toi ua bomme : tu souillerois ma perle et briserois ma couronne. En outre, tu mélerois ma douceur avec Ion aigreur, et tu obscurcirois ma claire lumière ; c'est pourquoi je ne veux pas. Je veux bien le prêter ma perle, et te revêtir de mes parures; mais
je ne te les abandonne point en propriété.
Cff. If. f 209 )
45. Et le compagnon , ou Tesprlt du monde en Adam , dit : Je ne te laisse point. Si tu ne veux pas que je m'unisse avec toi , je prendrai ma puissance la plus interne et la plus forte , et j'en userai avec toi selan ma volonté , et selon ma force la plus intérieure. Je t'envelopperai de la puissance du soleH , des étoiles , et des élémens 5 alors personne ne te connoîtra , tu seras à moi éternellement • et ' quoique je sois inconstant, comme tu dis, et que raa vertu ne soit pas comme la tienne , je veux cependant te garder dans mon trésor, et tu dois être ma propriété. Ainsi , l'esprit en Adam voulut dominer sur la terre dans une puissance propre • car l'esprit du grand monde vouloit en agir ainsi • de même que Lucifer voulut dominer sur la vierge SOPHIE avec son ver. S'il avoit conservé la vierge ^PHiE, dans l'amour, et qu'il eût demeuré dans son parvis , il seroit reslé un ange*
46. Alors la vierge sophie dit : Pourc^uoi veuxtu user de violence ? ne suis-je pas ton ornement et ta couronne ? Je suis claire , et tu es ténébreux. Vois :si tu me voiles, alors tu n'as plus aucun éclat , et tu es un ver ténébreux. Comment pour^ rois-je demeurçr avec toi ? Laisse-moi seulement, je ne me donne point à toi en propriété ; je veux bien te décorer de mes ornemens , et tu dois vivre dans ma joie 5 tu dois jouir de mes fruits , et goûter de ma douceur ; mais tu ne peux inqualifief avec moi. Car mon essence est la puissance divine dans laquelle est engendrée ma belle perle , et ma claire lumièrç ; ma fontaine est éternelle. Si tu
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obscurcis ma lumière , et que ^u souilles mon vêtement , tn n'as plus, aucune beauté , et tu ne peux te soutenir, mais ton ver se brisera; alors j'aurai perdu mon compagnon , que je m'étois cboisi pour époux, Je vouilois avoir de U joie avec lui ; mai» désormais ma perle et ma be^Hlé n'awroni plus de contentement Isài^^S ; Mckit- , *i. (Ce dont parle Isaïe, ainsi que le CUdst , en disant qu'il voudroit bien manger aussi des nobles raisins de la vigne. MUih.^ 7 à Marc.^ I?. > Si cependant je me suis ^soçi^e avec toi dans l'esprit de ma joie , et que tu ne veuilles point jouir de ma beauté 5 n'en reste pas moins dans mes ornemens et dans ma vertu ; demeure avec moi dans ma joie , et je te parerai éternellement.
47, Et le jeune homme dit : Ton ornement est déjà mien 5 j'use de toi à ma volonté. Je serai dérruit en effet, comme lu le dis 5 cependant mon ver est éternel , c'est par lui que je dominerai ; mais je veux demeurer en toi , et te couvrir de mon vêlement.
46. Alors la vierge soprie se tourna vers le cœur de Dieu, et dit : Mon cœur et mon amour, tu es. IPA puissance j par toi je suis claire ; je suis engendrée éternellement de ta racine ; délivre-moi du ver des ténèbres , qui tenle et infecte mon époux : ne «ne laisse pas obscurcir par les ténèbres. Je suis réellement ton ornement ; c'est pourquoi viens, afin que tu aies de la joie en moi. Pourquoi resterois->6 dans les ténèbres avec mon époux ? Et la réponse diviûe fut ; Lannmenc^ de la femme duiê
écraser A», fé£e au serpent y au ver; et il y pi^^ueta a« taion.
49. Vois, chère ame; U^dedans perce la teinture céleste , qu'il nous i^ut peindre par comparaison, et que nous ne pouvoas nullement exprimer avec des paroles. Oui , si nous avions une langue d'anges nous pourrions bien dire ce que re'ntendemenî conçoit i mais la perle est velue d*uu habit ténébreux. La vierge sovaiï: s'adresse au cœur de Dieu constamment , pour qu'il daigne éloigner de mes diélicieuses jouissances le ver ténébreux. Mais la réponse divine iut : La semance de la femme doii briser la tête au serpent ; c'est-à-dire , les ténèbres du serpent doivent êt^e séparées de ton époux. L'habit ténébreux dont le serpent a revêtu toâ époux , et a obscurci ta perle et ta belle couronne , doit se briser et redevenir terre; et tu dois ta réjouir en Bftoi avec ton époux ; telle a été éternellement ma volonté. Elle doit subsister.
5o. Si nous nous représentons maintenant legrand mystère , alors Pesprit découvre à notre intelligence que le vrai fondement de ceci est eu Adam.'car ^on esprit originel, om l'ame , qui étoit lo ver, étoit né de l'éternelle volonté de Dieu le père, et créé «n nature d'esprit par le fiât, lors de la création, au lieu où le père engendre éternellement sou cœur, entre la quatrième et cinquième forme dan^ le centre de Dieu, là où la lumière de JOieu so contemple toujours , et s'originise éternellement. C'est pourquoi la lumière de Dieu, ou une belU vierge , vi»t h son secours , et prit Famé pour ^q^^
r 212 ^ ck. i2Î
époux, el Voulut orner Tame avec sa belle couronne du ciel , avec la noble puissance de la perle , et la parer de ses vêtemens.
5i. Alors la quatrième forme fit son explosion dans* le centre de Tame ; c'est-à-dire, là ou l'esprit de rame fut créé dans le centre , entre la quatrième et la cinquième forme , près le cœur de Dieu ; ainsi la quatrième forme parut brillante dans les ténèbres. De-là est créé le monde qui , dans sa forme, se redivise dans sou centre , en cinq parties, dans son ascension jusqu'à la lumière du soleil. Car les étoiles sont aussi engendrées dans leur centre entre la quatrième et la cinquième forme , et le soleil est la fontaine de la cinquième forme dans le centre, comme l'est le cœur et la lumière de Dieu dans l'éternel centre qui n'a aucun fondement. Mais le centre des étoiles et des élémens a son fondément dans la quatrième forme, dans la bas© affeclive ténébreuse , dans l'explosion de l'éclair
de feu éveillé.
52. Ainsi Tamè est engendrée entre deux centres. jo. Entre le centre de Dieu , comprenez le cœur ou la lumière de Dieu , là où il est engendré de l'éternel lieu ; et ensuite , 2^ entre le centre manifesté de ce monde. Elle est suspendue aux deux, el elle inqualifie avec les deux, c'est pourquoi elle a les trois principes , et peut vivre dans tous les trois.
53. Mais telle étoit la loi et la volonté de la vierge SOPHIE. De même queDieu domine sur toutes choses , et se peint par-tout, et donne à tout la force et la vie, et que les choses ne le comprennent poiut quoi^
CH. 12. ( 2l3 )
qu'il soit là ; de même aussi l'ame devoit rester paisible, et la forme de la vierge sophie , devoit régner dans l'ame , et couronner l'ame avec la lumière de Dieu, L'ame devoit être le beau jeune homme qui fut créé ; et la puissance de Dieu , la belle vierge sophie 5 et la lumière de Dieu , la belle couronne de perle , avec laquelle la vierge sophie vouloit parer le jeune homme.
54. Mais le jeune homme vouloit avoir la vierge SOPHIE en propriété , tandis que par sa naissance elle étoit d'un degré au-dessus de lui ; ainsi cela ne pouvoit pas être. Car la vierge sophie étoit de toute éternité , et l'époux lui avoit été donné pour qu'elle eût par-là de la joie et des délices en Dieu.
55. Mais lorsque le jeune homme ou Adam ne put point obtenir cela de la vierge sophie, il se retourna vers le ver, dans son centre. Car la forme de ce monde pressa très puissamment sur lui ; elle étoit aussi dans l'ame, et aurpit bien voulu avoir la vierge en propriété , et en former une femme , comme en effet elle forma une femme , lors de la chute ; toutefois la femme ne vint point de la perle , mais seulement de l'esprit de ce monde. Car la na^ ture de ce monde s'angoisse continuellement après la vierge sophib , pour être délivrée de la vanité ; et elle se flatte d* inqualifier avec la vierge sophie ; mais cela ne peut pas être , car la sophie est engendrée de plus haut.
56. Et si ce monde étoit brisé , et délivré de la vanité du ver, cependant, il n'obliendroit pas pour cela kl vierge sophie, mais il demeureroit sans-
( Î2T4 ) <^- T2r^
esprit e( sans ver, sous son ombre; dans un gracieux et doux repos ; sans pendant et sans désir propre | or il arriveroit par-là à son haut grade et à sa beauté 5 et seroit affranchi élernelleraenl de son travail. Eu effet , le ver qui le tourmente ici s'en va dans son principe et ne touche plus l'ombre et la figure de ce inonde dans l'éternilé. Car alors la vierge sophiB domine de concert avec son époux.
5?. Mon cher lecteur, je veux t'exposer ceci clairemeiU ; car chacun n'a pas la perle pour atteindre la vierge sofiiie , et cependant , chacun majgré cela voudroit savoir comment s'est passée la chute d'Adam. Vois comment je t'ai représenté ici que l'ame avoit en soi trois principes ; savoir : i^. le plus intérieur, le ver ou l'esprit de soufre, et la source selon laquelle elle est un esprit ; et 20. la vertu divine qui rend le ver doux , clair et joyeux , par le mojen de quoi le ver on l'esprit est un ange , comme Dieu le père lui-même , enicndez d'un sem-» blable mode et engendrement ; et 3©. elle a le principe de ce monde. Ils sont tous unis les uns et les autres , et cependant aucun ne saisit l'autre , car ce sont trois principes , ou trois engendremens.
58. Vois: le ver tient de l'éternel ; il est en soi propriétaire de lui - même. Les deux autres lui sonf donnés , chacun par une génération : l'un à droite^ et l'autre à gauche. Maintenant , il est possible qu'il perde ses deux formes el générations ; car s'il regarde en arrière dans la puissance du feu colérique , et qu'il devienne faux envers la vierge sophie , alors elle s'éloigne de lui , et demeure comme une ligure
dans son centre , et la porte de ïa vierge sôlràE eU fermée.
59. Or , si lu veux rétoUrniBr à la tierge soï»XttE , tu dois être engendré de nouveau par l*eâu dans le centre, et par l'esprit saint ; alors tu larecouvïés avec une gt*âiide gloire et une grande joie. Ce dont Christ dit 1 1l y a dan^ U ciel pourun pécheur ^uifàit pénitence , plus dejoié qtie pour qilàlrt'vihgl'àix''neuf justes qui n*ont pas besoin dé pénitence. Ainsi bienlot le pauvre pécheur est reçu de nouveau par la vierge sofhie, de manière qu'elle n'a plus besoin de se voiler ; el lui il devient une créature vivante et intelligente, un ange de Dieu. Personne ne peut exprimer cette joie ; il n'y a que l'ame régénérée qui la connoisse; le corps ne la comprend point , mais il tressaille , et ne sait point comment cela lui arrive.
60. La seconde forme ou principe, se perd pour le ver par la mort corporelle [ «'// n^a pas rempli son œuvre ] ; de façon que, quoiqu'il demeure en figure, c'est cependant toujours pour lui une honte et un tourment, de ce qu'ayant été un ange il est maintenant un ver el un esprit mécontent^ colérique et vénéneux. Ce dont l'écriture dit : Que le ver de Vim- • pie ne meurt point ^ et que son tourment demeure éter~ nellement. Car , si le ver n'avoit point eu la forme d'ange et d'homme , son tourment ne seroit pas si grand. Maiscela est cause qu'ilaun éternel remords, et qu'il n'oblient rieuplconnoîtrombredesagloire, et ne pe^||plus jamais vivre en elle.
61 C'est pourquoi , telest en bref le fondement de la chute d'Adam, pour en parler dans la plus haute
piofondeur. Adam , par son penchant , a perdu la vierge sopuie , et a reçu dans son penchant la femme qui est une personne cagastrique ou sujète à la corruption 5 et la vierge sofhie attend encore continuellement de lui , qu'il revienne dans la nouvelle naissance pour qu'elle puisse le reprendre avec une grande gloire. C'est pourquoi pense à toi , fils de l'homme 5 j'écris ici ce que je sais certainement ^ et celui qui l'a vu , le témoigne ^ sans quoi je ne l'aurois pas su non plus*.
(*»7)
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CHAPITRE TREIZIEME,
De la création de la femme ( extraite ) d'Adam.
La porte charnelle , misérable et ténébreuse»
I. 1 1. m'est pénible de vous retracer votre douleur^ mais puisque cela ne peut pas être autrement, nous allons pour un moment revêtir l'habit de la femme ; toutefois ce sera dans la vie de la vierge SOPHIE; et quoique nous souffrions beaucoup d'afflictions dans V habit de la femme , cependant la vierge SOPHIE nous en recompensera bien. Ainsi nous devons nous traîner avec la femme jusqu'à ce que nous l'envoyions au tombeau ; alors elle sera une ombre et une ligure, et la vierge sophis doit être notre épouse et notre digne couronne-, elle nous donnera sa perle et sa belle couroniic , et nous revêtira de ses ornemens ; d'après cela nous voulons faire cette entreprise j à cause du lys. Quoique nous allions éveiller une grande tempête , et quand même l'antechrist sépareroit la femme de nous \^ici^par la femme j Vauteur entend notre corps^^ cependant la vierge SOPHIE doit nous rester 5 car nous sommes mariés avec elle. Que chacun prenne ce qui est à lui, alors ce qui est à moi me restera.
t ai8 ) CH. i3.
2. Or donc , lorsqu'Adam alla dans le jardin d'Ëdcn^ et que les trois principes introduisirent ainsi un tel combat dans Adam , sa teinture fut entièrement affoiblie , et la vierge sophie s'éloigna. Car l'esprit de Tattract de ce monde Tavoit emporté dans Adam ; c'est pourquoi il se laissa tomber dans le sommeil. A l'heure même son corps céleste devînt chair et sang , et sa forte puissance devint os : alors la vierge sophie s'en alla dans l'Ether et dans l'ombre , mais dans l'Ether céleste , dans le principe de la puissance ; et là elle attend après tous les enfanè d'Adam , pour voir si quelqu'un d'eux voudra par la nouvelle génération la prendre encore pour épouse.
3. Mais qu'est-ce que Dieu devoit faire ? Il avoit créé Adam de sa volonté éternelle ; il n'auroit plus
. été possible qu'Adam eût engendré de soi sa postérité virginale à la manière paradisiaque. [ Comme Porsqu'il étoit vierge lui-même, Foyez ch, lo, no, i8.] Alors Dieu établit le riAT du grand monde dans le milieu ; car Adatn étoit tombé de nouveau dans le sein du fiât , comme une personne à moitié brisée, puisque par son penchant et son imagination il étoit à moitié mort ; maintenant pour qu'il pût vivre , il falloit que Dieu l'aidât de nouveau 5 puisqu'il devoit engendrer un règne , il falloit qu'il y eut une femme pour la propagation , sembiablement à tous les autres animaux. Le royaume angélique , en Adam, étoit passé, il lui falloit désormais un royaume dece monde.
4. Or, que fit donc Dieu avec Adam ? Moïse dit t
Lorsqu^Adam dormit^ il prit une de ses côtes , en forma une femme {àQ la côte qu'il avoit prise de l'homme) , et il ferma la place avec de la chair. En cela Moïse a écrit très juste 5 mais qui ici l'a bien entendu ? Si je n'avois pas connu le premier Adam dans sa forme virginale dans le paradis , je serois arrêté ici , et je ne saurois rien autre chose , sinon qu'Adam avoit été fait chair et seng d'une masse de terre , et Eve sa femme d'une de ses côtes et de &gs, durs os : ce qui cependant avant ce tems làm'avoit souvent paru très étonnant quand je lisois les gloses que de si grands savans ont écrites sur Moïse. Quelques uns même ont osé parler d'un fossé dans le pays oriental, d'où Adam a été pris et formé, comme un potiet fait un vase ou un pot.
5. Heureusement j'ai examiné les écritures qui disent : Ce qui est né de la chair, est chair ; de plus, la chair et le sang ne peuvent pas posséder le royaume des cieux ; déplus, personne ne monte aa ciel que le fils de l'homme qui est venu du ciel ( ou la pure vierge ) et qui est dans le ciel î ce qui m'aida beaucoup à penser que le fils-vierge étoit l'ange de la restauraiicu de ce qui avoit été perdu en Adam , car Dieu apporta de nouveau dans \a femme, dans son corps virginal, l'enfant-vierge qu'Adam devoit engendrer. Si je n'avois pas considéré le texte dans Moïse , où Dieu dit :I1 n'est pas bon que l'homme soit seul , nous voulons lui faire une aide ; je serois encore arrêté dans la volonté de la femme [ou pensée terrestre ],
6. Mais ce même texte dit : Que Dieu considéra
^î
( 220 ) CH. l3,
tout ce qu'il avoitfait , et il vit que tout étoit bon. Or, $i cela étoit bon dans la création , il faut bien que cela soit devenu mauvais pour que Dieu ait dit : Il n'est pas bon que Fliomme soit seul. Si Dieu avoit voulu les assimiler à tous les autres animaux par la reproduction animale, il auroit aussi bien formé tout de suite un homme et une femme ; or , quç Dieu en ait un dégoût , cola est bien annoncé par le premier fils de la femme , Caïn , le meurtrier de soa frère : la malédiction de la terre le prouve aussi ; mais qu'es t-il nécessaire d'apporter ici de semblables témoignages ? La preuve claire en sera donnée^ et cela sera confirmé , non - seulement par les écritures qui en efiet forment un voile , mais par l'universalité des choses , si nous en prenons le tems, et que nous n'ensevelissions pas notre travail dans des objets périssables.
7. Ici la raison dit: Quelles sont donc les paroles de Moïse au sujet de la femme ? A cela je réponds : Moïse a écrit très jugte ; mais moi je ne l'entends pas bien , depuis que je suis dans la femme. Moïse avoit un visage tout illuminé , mais il étoit obligé d'y porter un voile, pour qu'on ne pût pas le voir en face. Or , quand le fils - vierge ou la pure vierge vint , il le regarda en face , et ôta le voile. La raison demande donc : Qu'est-ce que c'étoit que la côte tirée d'Adam , pour être une femme.
La porte de laprofundeur»
8. Vois : la sofhie nous montre que lorsqu'Adant Cut subjugué y et quelle passa dans son Eilier , alorss
fti. i5« ( 221 )
la teinture , dans laquelle la belle vierge demeure l devint terrestre , fatiguée, abattue et foible. Car la racine puissante de la teinture , d'où elle tiroit sa force et son repos sans aucun sommeil , c'est-à-dire j la matrice céleste qui contient le paradis et le royaume céleste disparut en Adam , et s'en alla dans sonEther.
9. Lecteur , entends bien ceci. La vertu divine ou la belle vierge sophie , n'est pas détruite et venue à rien. Cela ne peut être ; seulement elle est demeurée dans le principe divin , et l'esprit ou l'ame d'Adam est demeuré avec son propre ver dans le troisième principe de ce monde j mais la vierge SOPHIE , ou la puissance divine , est dans le ciel, dans le paradis , et se contemple dans les qualités terrestres de l'ame ; s»ivoir : dans le soleil , et non dans la lune, entendez dans le plus haut principe de l'esprit de ce monde , là où la teinture est la plus noble et la plus claire , là d'où résulte la base affective de l'homme.
10. Elle voudroit bien retourner de nouveau en son lieu , vers son mari , si seulement la chair terrestre , avec la base affective et les sens terrestres , n'étoient pas dans le chemin î Car la sophie ne va pas là dedans , elle ne se laisse pas lier dans le centre céleste. Ses spéculations , ses soupirs , ses fréquens appels , ses avertissemens et ses profonds désirs l'occupent pendant tout le tems que la femme vil à sa place 5 mais pour celui qui est régénéré, elle se montre à lui dans une forme très triomphante , dans le centre de la base affective. Souvent aussi
( 322 ] ék, id«
elle se pîonge jusque dans la teinture du sang du eœur , eedont le corps , avec la base affective et les sens treâsaiUeut et sont si triomphans , que c'e<st comme si ce cœur étoit dans le paradis : en effet il acquiert aussitôt une volonté paradisiaque.
11. Alors est semée la noble graine de sénevé dont Christ dit ; que d'abord elle est petite , mais ensuite elle croît comme un arbre , aussi long-tems que l'ame persévère dans la volonté ; mais la nobla SOPHIE ne reste pas à demeure ; car sa génération est de beaucoup plus élevée , c'est pourquoi elle ne demeure point dans des vaisseaux de terre ; elle visite donc ainsi son époux passagèrement et de tems en leros , s'il la désire; cela n'empêche pas qu'elle ne le prévienne en tout tems par des égards , et qu'elle ce Tappelle la première ; ce qui n'est entendu que dans le lys, dit très sérieusement et très solennellement l'esprit. C'est pourquoi , failes-y attention , vous , enfans de Dieu : Fange tîu grand con* seil vient dans la vallée de Josaphat avec la bull^ d'or : il la vend pour de l'huile , sans argent ; quiconque y vient, la rencontre.
12. Mais lorsque la teinture fut devenue toute terrestre er impuissante , par le triomphe de l'esprit de ce monde , elle ne pouvoit plus engendrer célestement,et elle fut ainsi retenue dans l'impuissance. Alors se trouva là le conseil de Dieu qui dit : Puisqu'il (f homme ) est devenu terrestre , et qu'il n'esl plus capable ^engendrer , nous voulons lui former une aide. Le fiât resta dans le centre , et sépara la matrice d'avec le limhus 5 et le fiât saisit daa$ le
0. i3. ( 223 )
sein d'Adam une cote de son côté droit , et en forma la femme*
13. Mais ici tu dois comprendre que le fiât pour la création étoit dans Adam : quand il dormit, son corps n'étoit point encore devenu ainsi noueux , et avec des os durs. O ! non , cela commença lorsque la mère Eve mordit dans la pomme , et en donna aussi à Adam. Toutefois l'infection et la mort terrestre se trouvèrent bientôt présentes avec la défaillance et les maladies mortelles. Les côtes et les os étoient encore puissance et vertu ^ et Eve fut créée de la puissance et de la vertu j dont les côtes dévoient se former.
^4. Toutefois tu dois parfaitement comprendre qu'elle n'a point ^té tirée de là comme un esprit, XKiais entièrement en substance. On doit dire iqu'Adam a reçu une déchirure , et que la femme porte l'esprit d'Adam en chair et os ; mais dans Pesprit il y a quelque différence , car la femme porte la matrice et Adam le limbus ou la masculinité ; et ils sont deux dans une seule chair 5 ,non séparés dans la nature; car les deux doivent de nouveau engendrer un homme , ce qu'auparavant un seul auiroit pu faire.
Utie aimable porte,
i5. Tandis que nous sommes ici à écrire sur la dégradation d'Adam, l'esprit nous rappelle un mystère céleste de la côte d'Adam,qire le fiât lui a prise
( 11^ ) CH. iS5
9i en a formé une femme , laquelle côte doit ensuite avoir manqué à Adam -, car le texte dans Moïse dit positivement , que Dieu a rempli la place avec do la chair.
i6. Mais la colère du serpent a amené les choses au point qu'Adam est tombé dans l'attracl,et néanmoins le plan de Dieu doit également subsister. Car, au dernier jour , Adam doit ressusciter sans altération dans sa première image , tel qu'il a été créé. Mais enfin le serpent et le démon ont également ame« né les choses au point, qu'il en est résulté dans Adam cette sorte de déchirure. £n eifet , l'esprit nous montre deux choses : la première, qu'il ue pouvoit arriver aucun bien au ver, ou à l?esprit de l'ame, à moins que la pure vierge ne vînt et n'allât dans la mort , dans le ver, dans l'abîme de l'esprit de l'ame, qui, dans sa profondeur, atteint les portes de l'enfer et de l'âpre colère de Dieu, et sans qu'elle n'engendrât-<^c?am de nouveau en une nouvelle créature dans la première image : ce qui est arrivé duns le fils de la vierge terrestre , dans le Christ.
17. La seconde , c'est que la côte d'Adam et son côté creux dans lequel elle étoil , ne pouvoient être rétablis dans leur perfection, à moiusquc le second homme ne se laissât blesser dans cette même place , afinqueson sang virtuel vînt au secours du premier Adam , et rebâtît de nouveau son côté brisé. Nous le disons d'après notre précieuse counoissance ; et quand nous écrirons sur les souffrances et la mort du Christ, fils delà yïcrge terrestre, nous éclaircirons
Cw. i5. ( 225 )
ceci de manière à ce que l'ame qui a soif, puisse trouver une fontaine-source qui ne sera pas très profitable au démon.
Continuation sur la femme.
18. La raison dit : Si Eve a été tout uniment créée d'une côte d'Adam , elle doit être de beaucoup inîi férieure à Adam. Ma chère raison , cela n'est pas. Le FIAT, comme un rude attirement , a pris de toutes les essences et propriétés d'Adam, ou de chaque puissance ; mais if ne lui a pas pris , en outre, les membres en substance. Car, dans le limbus .Vimsi^ç, devoil être un homme selon le mode humain , mais non pas cependant avec cette défectuosité. Entendez bien ceci dans le principe. Il devoir être, et étoit aussi un homme , et il avoil un cœur virginal , enfièrement chaste dans la matrice.
19. Mais c'est a cause de cela que certainement Eve a été créée de toutes les essences d'Adam , et qu'ainsi Adam a reçu une grande déchirure ; et toutefois cependant , la femme arriva à sa ple'ine perfection d'image de Dieu. Cela me confirme en^ core une fois le grand mystère par lequel la vierge SOPHIE témoigne très précieusement que dans la ré^ génération, le fils de la vierge terrestre, s'est nonseulement laissé percer le côté, et a répandu son sang de son saint côté , mais a laissé aussi transpercer ses mains et sqs pieds , et enfoncer une couronne d'épines sur sa tête, et a laissé flageller son corps, de façon que le sang a coulé de par-tout. Ainsi le fils- *• i5
vierge s'est prolondëment abaissé pour aider Adam XDalade et brisé , et son Eve foible el imparfaite à se rétablir , et pour les reporter de nouveau dans leur première souveraineté.
20. C'est pourquoi lu dois admettre pour certain qu'Eve a été formée de toutes les essenc<>s d'Adam. Mais qu'il n'y ait pour cela ni c^es, ni membres rompus dans Adam , [ Passage withheld by the editor. ] qu'il doit venir au secours de sa foiblesse , el la chérir comme sa propre essence. C'est aussi pour cela que la femme doit mettre ses essen^s et sa volonté dans celle de l'homme, être jo^reuse devant son époux, pour que l'homme ait un allract pour son essence dans la femme , et afin qu'ils soient deux dans une seule volonté ; car ils sont une chair, un os , un cœur , el ils engendrent en une volonté , des enfans qui ne sont pas de l'homme , ni de la lemme , mais de tous les deux , comme s'ils éloient d'un seul corps. C'est pourquoi est venu le sévère commandement de Dieu aux enfans , d'honorer leur père et mère avec sincérité el soumission, sous peine de punition temporelle et éiernelle , etc. jce dont j'écrirai lors des tables de Moïse.
De la propagation de Taine.
La noble porte.
21. L'entendement a tant eu à faire depuis le commencement de ce monde jusqu'à présent, au sujet de cette porte , et pour chercher en elle , que je «e pourrois compter les dégoûts des écrivains. Mais dans le Ijs , cette porte se manifestera comme un arbre de lauiier ; car ses branches recevront lasèva de la vierge suphib: c'est pourquoi ellesseront plus vertes que le trètle , el plus blanches que la rose* la vierge portera leur bonne odeur sur sa coa< ronne de perle , et elle Siiiii'mdr a. jusque da.ns le paradis de 'Dieu.
32. Puisque donc ce mystère se présente à nous ^ nous allons ouvrir les Heurs de ce bourgeon. Toutefois , nous ne voulons point donner notre travail aux chieus , aux loups et aux pourceaux , qui fouillent dans notre jardin de délices , comme des porcs ; mais à celui qui cherche , afin que l'infirme Adam soit conforté , et que la perle soit trouvée.
23. Maintenant, si nous scrutons la teinture > ce qu'elle est dans sou degré le plus élevé , alors nous trouvons l'esprit. Car nous ne pouvons pas dire que le feu soil la teinture, ni l'air non plus, attendu que le feu est opposé à la teinture, etqu'elle est étouffée par l'air. Elle est un aimable délice. La racine dont elle est engendrée , est à la vérité le feu ; mais si jedevois iiommer sa vraie place, el où elle siège , je ne pour-
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rois dire autre chose sinon qu'elle est entre les trois principes ; savoir : le royaume de Dieu , le royaunae de l'enfer , et le royaume de ceraonde,dans le milieu ; elle n'en a aucun en propriété ; de plus elle est engendrée de toutes les trois i elle a comme un principe particulier qui pourtant n'est pas un principe , mais une claire et aimable demeure. Elle n'est pas non plus l'esprit même , mais l'esprit demeure en elle et elle renouvelle l'esprit , de manière qu'il est clair et appréhensible. Sou vrai nom est admirable^ et personne ne peut le nommer que celui à qui il est donné, et celui-là le nomme seulement en soi50U ihtérieurement,et non hors de soi. Elle n'a en substance aucun lieu pour son repos , et repose cependant toujours en elle - même ; et elle donne à toute chose 5 la splendeur , comme l'éclat du soleil donne à toutes les choses de ce monde , la lumière , la force et la beauté , et cependant n'est pas la chose , mais opère dans la chose , et fait que la chose croît et fleurit: elle se trouve, en effet aussi , véritablement dans toute chose ; et elle est dans toute chose , la vie et le cœur , mais non pas l'esprit qui est engendré des essences.
24. Dans une plante et une fleur odoriférante , la teinture est la douceur et la bénignité ; et l'esprit d* la fleur est amer et astringent ; et s'il n'y avoit pas de teinture , la plante n'auroit ni fleur ni odeur. Elle donne à toutes les essences , la puissance pour qu'elles poussent. Ainsi elle est aussi dans les métaux et dans les pierres : elle fait que l'argent et l'or végètent , et sans elle rien ne oroîtroit dms ce monde.
CB. i3. C »29 5
Elle est une vierge parmi tous les enfans de la na« ture ^et n'a jamais rien engendré d'elle-même , et aussi elle ne.peut pas engendrer, et cependant elle •fait-que tout s'engrosse. Elle est la plus cachée de toutes les choses , et cependant aussi la plus manifeste. Elle est une amie deiDieu , et la confidente de la vertu. 'Elle ne se laisse retenir par rien , et cependant elle est dans toute chose ; mais si elle éprouve des traitemens contre les droits de la nature , ell& .s'envole 9>et œla même très aisément. Elle ne tient
^poiut fort j et>cepe|^dant elle est immuable : elle ne demeure idans l'altération d'aucune chose. Tant
-qu'elle: est dans la racine de la nature , et que rien
'nesv'y laltère , ni ne s'y dérange , elle demeure. Ello
:»e"inet do fardeaux ]sur .aucune chose , mais elle allège le poids dans toutes les choses : elle fait que
'jtout se réjouit, et cependant elle ne fait entendreau- -oune acciamation , mais la yoix vient des essences i
' et se manifeste dans l'esprit.
25. 1 Le sentier qui y mène est très près , et celui quile trouve n'a pas envie de le manifester ,. et il ne le peut pas non plus : car ^ il n'y a aucune langue
- qui puisse > l'exprimer. Quand même .quelqu'ua chercheroit 190g « tems cette teinture , si elle ne le vent pas , il ne la trouvera pourtant pas. Cependant elle va à la rencontre de celui qui la cherche bien , et selon le mode qui la constitue, c'est-à-dire ,. avec une ame virginale , etnou par jalousie et con» voitise.^ 'S'il suit fidèlement ce mode virginal , elle se laisse représenter et manifester par la foi du croyant , daas une chose ou elle n'étoit pas.. Elle est
( 23o ) ch. i3.
puissante, et cependani elle ne fait rien : si elle s'éloifjne d'un chose, eUe n'y revient pas : non , mais elle demeure dans son Eiher ^jamais elle ne se co< rompt , et cependant elle peat atis&i s'accroître.
26. Mais tu dis : Cela doit être Dieu. 'Non , ce n'est pas Dieu , mais l'amie de Dieu» Christ dit : Mon père a^ic ^ et mvi J'agis aussi, Tduteibis , elle est imperceptible dans une chose , et l'on peut cependant avoir des droits sur elle, et l'employer, particulièrement dans les mét#»jx , où , si elle est inlacle, elle peut, du ferel du cuivre , faire un or pur. Elle peut faire beaucoup avec peu , et cèpe»- daul elle n'excite rien. Sa voie est aussi sul»lile que les pensées de l'homme, et aussi lés pensées en viennent-elles* '
27. C'est pourquoi quand l'homme dort , en aorte qu'elle soit dans le repos, il n'y a alors aucune pensé© dans l'esprit ; mais la constellation forme un bruissement et un murmure dans les élémens ; elle imprime ou inculque dans le cerveau , ce qui à l'avenir doit lui arriver par leur opération , quoique cepee» dant cela soit souvent détruit par une autre conjonction, de façon que cela ne vient point en œuvre. En outre V astre ne peut rien montrer de complet , à moins que ce ne soit par une conjonction des planettes et des é\o\\es fixes qui procède et suit son cours ; alors cela lient, mais tout s'^y représente terrestrement , selon l'esprit de ce monde, de façon quo quand l'esprit astral doit parler de l'homme, il parle $ouveut des animaux , et représeote toujours la
CH. i3. ( 23i 3
contre-partie. Selon que l'esprit terrestre se préoc-. cupe de l'esprit de l'étoile, tel est aussi son rêve.
28. Puisque nous avons parlé de la teinture comme de la maison de l'ame , nous voulons aussi parler de l'ame ; dire ce qu'elle est et comment elle peut être propagée ; ce dans quoi nous pourrons mettre la teinture dans un plus grand jour. L'ame n'est pas aussi subtile que la teinture, mais elle est puissante et a une grande autorité. Elle peut par la teinture renverser les montagnes, si elle voyage dans la teinture sur le char marital de la vierge sophie, comme Christ en parle. Tout ce qui se fait par une ' vraie foi, en quelque lieu que la teinture ait la supé-. riorilé , c'est la teinture qui le fait , et l'ame donne l'ébranlement. Là cependant aucune puissance ne se fait ressentir : c'est ainsi que la terre nage sur la teinture céleste, tandis qu'il n'y a cependant qu'une teinture dans le ciel et dans ce monde ; mais elle a diverses qualités selon chaque essence ; elle n'est pas dans les animaux comme dans les hommes , dans les poissons comme dans les animaux terrestres; elle est autrement aussi dans les cailloux que dan» les pierres précieuses, et autrement encore dans les anges que dans l'esprit de ce monde.
29. Mais elle est semblable dans Dieu , dans les anges et dans les âmes virginales 5 entendez les âmes pures dans lesquelles elle est entièrement devant la face de Dieu. Le démon a aussi une teinture ; mais «ne teinture fausse , qui ne subsiste pas dans le feu. Par le moyen de cette teinture fausse , il peut atteindre le cœur de l'homme qui lui donne entrée ;
( a52 ) ch. i5.
et s'ÎDSînuer en lui , comme un flatteur et un voleur déguisé^qui vient avec des carresses et veut le spolier : ce pourquoi Christ nous avertit que nous devons veiller.
3o. Si maintenant nous voulons parler de la substance de l'ame et de son essence , alor^ nous devons dire que l'ame est ce qu'il y a de plus cru dans l'homme ; car elle est l'origine des autres essences. Elle est ignée, astringente , amère et âpre, et elle so peut comparer à une grande puissance : ses essences se comparent à un souffre ; sa porte , ou son siège , provenant de l'éternelle origine , lient le milies entre la quatrième et la cinquième forme dans l'éternelle génération , et entre l'alliauGe indissoluble de la forte puissance de Dieu le père , là où s'engendre l'éternelle lumière de son cœur , lequel fait le second principe. Si elle perd entièrement la vierge de la .puissance divine ou la soprie qui s'est donnée , de laquelle la lumière de Dieu s'engendre , et qui est donnée à l'ame pour perle, comme cela a été exposé, .alors elle devient et est un vrai démon , semblable à tous les autres dans les essences , dans la forme et aussi dans la source. ( Ici les anciens sages ont supposé que l'homme avoit deux anges ; que l'un le pousse à tous les maux , et que l'autre agit pour le délivrer. Il est vrai que le combat dure aussi longtems que l'homme vit ici y quoiqu'il n'y ait point d'anges* )
[ On pourrait dire^à la rigueur , que les anges bons et mauvais ne viennent qu^à C occasion de ce combat ; on pourrait croire aussi que ce passage est interpolé ; car
CH. l3. ( 233 )
l'auteur est bien loin de hier la présehée des anges bonf et mauvais auprès de nous. Voyez VAutofe baissante ^ cJiap, II, »o. 74 5 et chap. 19 , n^. 82. Seulement il prétend qu^ils ne sont pas saisissables à notre homme extérieur, ]
3i. Mais si elle prend en soi la résolution cTe marcher dans la douceur, c'est-à-dire, Jans l'obéissance à Dieu 5 alors elle est une source du cœur de Dieu ; elle reooit la puissance divine , et toutes ses essences rudes deviennent angéliqués et pleines de joie ; alors ses essences rudes fa servent bien , et lui sont plus salutaires et plus utiles que si , dans l'orîgine, elles étoient toutes douces , et qu'il n'y eût en elles aucune force ni puissance , comme ils'eu Iroiivè dans l'astringent , l'amer etVigné.
32. Car le feu devient dans l'essence une lumière douce , et n'est qu'un ardent emjlammement dans la teinture, et l'essence astringente fait que la puissance divine peut la tirer à soi et la goûter 5 Car dans cette essence , consiste le goût dans la nature. Ainsi l'essence amère lui sert pour le mouvement qui élève la joie , la bonne odeur et raccroissemenl 5 et de ces formes sort la teinture , et c'est là la maison de l'ame. De m^me que l'esprit saint vient du père et du fils i de même aussi la teinture sort do la lumière de Pams embrasée , et par conséquent de ses essences puissantes 5 elle se compare à l'<^sprit saint , mais l'esprit saint de Dieu est un degré au-dessus. Car il sort du centre de la lumière par le cœur de Dieu , toul-à-fait dans la cinquième forme , à la limite de la nature.
( 234 ) CH. 1^'
33. C'est pourquoi la teinture clans Thomme est une différence d'avec l'esprit saint ; et la vierge de la puissance divine ou sophie qui s'est donnée , demeure dans la teinture de l'ame, si elle est fidèle ; sinon la SOPHIE se retire dans son centre qui n'est pas entièrement lermé ( car il y a une demie génération entre ) , à moins que l'ame ne marche dans la racine de Tastringence et de la méchanceté. Alors il y a unegénéralion entière entre ;car l'astringence réside dans la quatrième forme des ténèbres , et l'amertume , dans le feu , entre la quatrième et la cinquième forme , comme cela est dit ci-dessus.
34. Maintenant on se demande : Comment Eve et Adam ont-ils reçu l'ame ! Vois. Lorsque le fiât astringent de Dieu pritja cote d'Adam , il tira à soi toutes les essences, et le fiât s'imprima dedans , pour demeurer ainsi éternellement. Alors la teinture dans Adam n'étoit point encore éteinte , mais l'ame d'Adam siégeoit encore dans la teinture , très fortement et puissamment ; seulement la vierge sophib s'étoitéloignée,etleFiAT ne prit que la teinture: or l'essence astringente inqualifia avec le fiât astringent , car le fiât et l'astringence qui est dans les essences ne sont qu'une seule essence.
35. Ainsi le fiât s'inclina alors vers le cœur de Dieu , et les essences reçurent la puissance divine; alors la fleur s'éleva dans le feu , et de la fleur , de rechef , la teinture propre [ de Pâme ] ; ainsi Eve devint une ame vivante , et la teinture se remplit dans le végètement ^ comme étant une cause de tout végètement, en sorte que dans celte prompte opéra*
CH. i3. ( î^35 >
tion , ily eut un corpsentier[flM une circonscription] dans la teinture ; car cela étoit possible : ils n'étoient pas encore tombés dans le péché , et ils n'étoient pas encore des nœuds durs et des os.
36. Entends-bien ceci. Eve n'a point reçu l'ame d'Adam , ni le corps d'Adam ; seulement une côte, mais elle a été extraite des essences , et elle a pris «on, ame dans ses essences qui lui furent données dans la leiutuie, et le corps lui poussa dans sa propre teinture ; ne s'élevant , à la vérité , qu'en puissance ; mais le fiât l'eut bientôt formée en une femme , non pas informe , mais entièrement gracieuse ; car elle étoit encore à la manière céleste dans le paradis ; mais par le fiât du grand monde, les marques dialinctives Çureni bientôt mises ; et cela ne pouvoit être autrement : elle devoit être une femme d'Adam. Ils éloient toutefois dans le paradis ; s'ils n'avoient pas mangé de l'arbre et s^ils s'éloient tournés vers Dteudansleur imagination /ils seroient demeurés dans le paradis ; mais la propagation auroit dû avoir Keu à la manière féminine, et cependant cela n'eût pas duré : car Satan l'eût poussée trop loin , quoiqu'il ne se fût pas encore laissé voir. Seulement il auroit répandu du sucre dans l'esprit du grand monde , jusqu'à ce que l'aimable bêle se fût «enfin placé , sur Farbre, comme un flatteur et un menteur.
La porte de notre propagation dans la chaire
Zq> Ainsi que je l'ai représenté ci-dessus , la noble
( a36 ) CH. i?,
teinture est donc engendrée de l'ame , désormais, en sexe masculin et féminin. Elle est si subtile et si puissante qu'elle va dans le cœur d'un autre , ou dans sa teinture , ce que les magiciens démoniaques savent bien; mais ils n'entendent poiut le noblo art , au contraire , ils emploient la teinture dtt démon , et ils en infectent beaucoup dans la moelle et dans les os , par leurs encliantemens S ils en recevront leur récompense comme Lucifeir qui vouloit élever sa teinture au-dessus de Dieu.*
38. Ainsi , sachez que dans Thomme la teinture n'est pas tout-à-faît la même que dans la femme ; car, dans les hommes , la teinture sort du limbus , ou du mâle; et dans la femme , la teinture sort de la matrice. En effet , non-seulement la force de l'ame se peint dans la teinture , mais celle du corps entier ; car le corps croît dans la teinture.
39. Or xlonc , la ieinture est un penchant, un grand attract pour sophie , laquelle sophie appartient à la teinture: car cette teinture est subtile , sans intelligence j elle est l'inclination vers Dieu , el «herche toujours 'la sothie, sa compagne. I^ masculine la cherche dans la féminine, et la féminine dans la masculine; particulièrement dans les coinp^exious délicates , où la teinture est entièrement noble, claire et ardente : c'est de là,que vient le grand désir des sexes masculins et féminins , de façon que chacun souhaite de s'unir avec l'autre ; de là vient aussi le brûlant et violent amour pour que les teintures se mêlent ainsi l'une et l'autre , el ie transmettent réciproquement leur goût délicieux^
en. i3t C 2^7 )
là chacune des deux présume que l'autre a 'la vierge
SOPHIE.
40. Et l'esprit du grand monde croit qu'il a maintenant conquis la sophie : il s'étend avec ses griffes;, il veut mêler son infection avec la sophie , et pense qu'il a atteint son objet. Il ne veut plus s'en éloigner ; il compte bien qu'il trouvera la perle, mais il lui en arrive comme à un voleur qui est chassé d'un beau jardin de dclices , où il a mangé des fruits d'un excellent goût ; ainsi il va et vient autour du jardin fermé; il mangeroit bien volontiers encore des bons fruits , mais il ne peut entrer : enfin , il faut qu'il allonge la main en-dedans, et il ne peut attraper les fruits ; car le jardinier vient, et lui ôte les fruits de la main, alors il faut qu'il s'en aille à vide , et son al tract se transforme en dégoût. Il en est de même de l'esprit du grand monde ; il scme ainsi , dans son attract brûlant, le grain dans la matrice : or , la teinture le reçoit avec une grande joie, présumant que c'est la vierge sophie ; mais l'âpre fiât e&t au-dessus de lui, et le tire à soi, tandis que la ieinture est si joyeu2»e.
41. Toutefois , la teinture (éminine vi/eat aussi à «OH secours ; elle se remplit d'ardeur pour le cher enfaàt : elle croit tenir la sophie , et les deux teintures combattent l'une et l'autre pour avoir la flOPfiiE ; et cependant aucune ne Ta. Or , celle qui surmonte l'autre est celle d'aprèts laquelle le fruit reçoit la marque ou le sexe ; mais comme la femma est foible , elle prend le «ang avec ^le , dans k ma-
( 238 ) €H. i3trîce , par le moyen duquel elle suppose qu'elle retiendra la vierge sophie.
La porte secrète de la femme,
42. Ici je dois montrer la base à ceux qui cherclient , car le docteur ne peut pas la leur montrer avec son analomie ; et , quand il dissèqueroit mille hommes, il ne la trouveroit cependant pas : il n'y a que celui qui y est arrivé qui la connoisse.
43. C'est pourquoi je veux écrire de la vierge SOPHIE qui sait bien ce qu'il y a dans la femme cette vierge est aussi subtile qne la teinture , mais elle a une vie, et la teinture n'en a point; car elle n'est seulement qu'un règne joyeux qui s'élève, une volonté puissante, une demeure de l'ame , un paradis délicieux de l'ame ; et elle est la propriété de Tame tant que l'ame est attachée à Dieu j par son imagination et sa volonté.
44. Mais, si cette ame devient fausse, de manière que ses essences se jouent à l'esprit du grand monde, et désirent de la plénitude de ce monde ; savoir, dans l'astringence : d'avoir de grandes richesses, de boire et manger beaucoup, et de se remplir sans cesse ; dans l'amertume : d'avoir une grande puissance, de parvenir aux plus hautes dignités, de dominer impérieusement, de s'élever au-dessus de tout , et de se faire voir telle qu'une folle épouse ; dans la source du feu : de se livrer à une puissance colérique , avec l'enflammement
CH. i3. ( a39 )
du feu ; de s'imaginer d'être belle dans cet éclat ,* et de se complaire à soi-même 5 alors vient le flatleur et le menteur , le démon : il se transforme en esprit du grand monde , comme dans le jardiu d'Eden ; il conduit l'ame dans la convoitise , daus la débauche du boire et du manger , et dit toujours : Tu n'en auras pas assez j lire à loi partout où lu pourras en attraper, afin que tu en aies toujours suffisamment. Dans la forme amère , il dit : Tu es riche , et tu possèdes beaucoup , élève-toi , exaltetoi ; tu es plus grand que les autres gens ; l'inférieur , le petit n'est pas ton égal. Dans la puissance du feu , il dit : Enflamme ta base affective , rendsla implacable ; ne cède à personne; épouvante le timide ; ainsi tu seras redoulé, et ta puissance se soutiendra : alors tu feras ce que tu voudras , et tu auras en partage tout ce que tu désireras. N'estce pas pour toi qu'est faite cette souveraineté ? ïi'es-tu pas véritablement un souverain sur terre? 45. Et, lorsque cela s'effectue, alors la teinture devient entièrement fausse : car, tel qu'est l'esprit dans une chose , telle aussi est la teinture ; attendu *que la teinture sort de l'esprit , et est sa demeure. C'est pourquoi, ô! homme, ce que tu sèmes ici tu 1» recueilleras : en effet , Tame demeure élernellement dans la teinture; tous tes fruits seront manifestés dans la teinture , dans une lumière claire; ils te suivront, dit la vierge sophie aVec cordialité et avec de grands soupirs après le lys.
46. Si donc maintenant nous réfléchissons sur la teinture, combien elle est multipliée , et si souvent
( 24o ) CB, l3.
entièrement allérée, nous pouvons, avec raison, montrer le vice de multitude d'esprits , et comment ils sont engendrés : c'est pourquoi nous voulons faire une courte introduction sur la propagation des âmes , et nous la conduirons depuis la chute d'Adam jusqu'à la naissance de Caïn. Car , comme cela a été exposé, la semence est semée dans l'attract de la teinture ; là le fiât astringent la reçoit, et suppose qu'il a reçu la sophie^ là les deux teintures masculine et fiminr ne se disputent à son sujet ; là l'esprit du grand monde , savoir , des étoiles et des élémens , se peint et remplit les teintures avec ses élémens j ce que les teintures reçoivent dans le FIAT avec une grande joie , et elles croient qu'elles ont la SOPHIE.
47. Mais comme le fiât est le plus puissant d'entre eux ( car il est comme un esprit, quoiqu'il ue soit pas esprit ), c'est pourquoi il est l'essence aiguë qui tire à soi , et désire le lunhu» de Dieu dans le paradis , d'où le corps d'Adam a été formé par le fiât: il veut former un Adam du limhus céleste. Alors l'esprit du grand monde s'approche , et dit ea soi : L'enfant est à moi ; je veux dominer au-dessus^ de la SOPHIE. Et il continue toujours à introduire là les élémens , ce qui fait que la teinture devient pleine et entièrement gonflée.Alors la teinture prend un dégoût à cause de cette plénitude , car elle est claire et déliée , et le fiât est épais et gonflé par les élémens 5 ce dont les femmes peuvent parler pertinemment quand elles deviennent enceintes ; comme çn effet, la plupart ont du dégoût pour le buire et
CH. i3. (^41)
le manger ,€1 veulent toujours avoir quelque chose d'extraordinaire : cela vient de ce que la teinture prend du dégoût pour le gonflement de l'esprit de ce monde , par ses élémens, et veut avoir quelque chose de différent : car cette vierge ne le goûte pas ; elle en prend du mécontentement; elle ne peut Je supporter 5 elle s'en va dans son Ether, et ne revient point.
48. Alors donc l'esprit du soleil, des étoiles et des élémens de ce monde , dit en soi : Maintenant tu as gagné ; l'enfant est à toi , la base est posée , tu peux en disposer. La sophie doit être à toi , tu vivras en elle , et tu auras ta joie en elle ; ses orneinens doivent être à toi ; et il attire ainsi toujours à soi, dans son attract,par le fiât , lequel fiât demeure pour l'éternité 3 et il suppose qu'il a k
SOPHIE.
49. Alors , dans la semence , est attiré le sang de la mère, dans lequel est la teinture delà mère: et quand il a été goûté par l'âpre fiât qui le trouve plus doux que son essence , ce fiât se développe dedans avec un grand empressement; il devient fort dans la teinture ; il veut créer Adam ; il sépare la masse ou la matière , et alors l'esprit des étoiles et des élémens est dans le milieu , et domine puissamment dans le fiât*
50. Alors la matière est séparée selon la roue àes étoiles, suivant l'ordre dans lequel les planettes sont dans ce moment là. Et celle qui est la première opère par le fiât la matière très fortement, et l'enfant reçoit une forme de son espèce.
( 242 ) <^"' ^^*
5i. Ainsi la matière est séparée en membres par le FIAT. Quand le fiât tire ainsi maintenant le sang de la mère dans la masse ou la matière , il Tétouffe, et la teinture du sang devient fausse et tout-à-fait angoisseuse ; car l'essence astringente , c'est-à-dire > le FIAT s'effraie ; toute la joie que le fiât astringent avoit acquise dans la teinture du sang, disparoît , et le FIAT dans l'effroi commence à trembler dans l'es* sence astringente : l'astringent dans cet effroi s'enfuit comme un éclair, et voudroit s'éloigner de l'essence et s'envoler ; mais il est retenu par le fiat. Il est dur maintenant, et couenneux à cause de l'eisence , car l'essence dans son astringence le rend coriace , c'est lui qui enveloppe maintenant l'enfant 5 cela est la peau de l'enfant 5 et la teinture se porte promplement, au-dessus de soi , en effroi y et veut s'éloigner , et cependant ne le peut pas non plus: car elle est dans l'extra - génération des essences , mais elle s'étend promptement , au-dessus de soi , avec effroi. Elle prend avec elle la force de toutes les essences ; là-dedans , l'esprit des étoiles et des élémens se figurise ; il se remplit par là en fuyant ; il pense qu'il a la sophie ; il veut marcber avec elle , mais le fiât les saisit tous et les arrête^ et pense que le verbe de Dieu est là en concours , et «i que ce verbe doit créer Adam. 11 se corrobore dans la puissante force de l'astringent qui est en éruption ; il crée de nouveau le plus haut du corps ou la tête. De cet astringent en éruption qui tend toujours à s'éloigner , et qui cependant ne le peut pas , vient le crâne qui renferme le centre supérieur. Kt
CH. i3. ( 443 )
de l'échappement de la teinture, bors des essences dans le centre supérieur , par le moyen de l'érup! tion , viennent ainsi du corps , dans ia tête et dans le centre supérieur , les veines et le col.
52. Ainsi toutes \es veines dans tout le co^ps viennent d. Va^tringent eneffroi,e\ de l'c'^rouffemerf, lorsque Vastringent en effroi sort de toutes \^& es' «ences et veut s'éloigner , et que le fiât le retient par sa forte puissance. C'est pourquoi une veine a toujours une antre essence que l'autre , à cause du premier échappement, où l'essence des étoiles et des élémens se représente. Or , le fiât retient le tout et le crée: il suppose que le verbe de Dieu est la avec la forte puissance de Oieu ^ là ou le FIAT devoit créer le ciel et la terre.
La porte de la grande affliction et de la aoufrance,
53. L'esprit de la vierge , ou de sophie , nous montre de nouveau le mystère , et le grand secret : car 1 étouffement du sang dans la matrice , particulièrement dans le fruit , est la première mort des essences; c'est là qu'elles sont séparées du ciel de façon que là la vierge ne peut pas être engendrée , elle qui devoit être engendrée de la puissance céleste en Adam , sans la femme, et aussi sans la brisure de son corps. Ici commence dans l'homme e règne astral et élémentaire; là, ils saisissent homme et inquaUfient avec l.ii ; là , ils le forment , e disposent, le nourrissent et le soignent : ce que 1 on hra au sujet de Cain. 0 1 homme, pense ici à
( 244)
CB. l3.
,'jV'
CI
toi
to. ; combien tu es élr.i.ement serre , e. comb.e» ,„ acquiers .le souffrances dans le corps de ta .«ère (Et vous, iuriscousul.es, remarquez de quel esLit V0U5 tenez la lumière , et le pouvoir de ,uger , pense-y Wen , car cela est profond. ) [ Ce passas» paroU avoir été interpolé, ]
Continuation tur riiomiflcalioD.
54. Et quand le fiât tient ainsi en soi Vastrin^ Jce en efroi , de façon que les élémens la remplissent -, ce même [ remplissement ] devient les o* durs. Là le fut figure l'homme entier avec ses formes corporelles; le tout selon la première utte des deux teintures , telles qu'elles se combattent l'une et l'autre dans le jeu d'amour, lorsque la semence est semée. Celle des teintures , soit la mas. culine , soit la féminine , qui obtient la supériorité, estcelleselonlaquellele sexe est figuré dans 1 homme, et la figuration arrive très vite dans la tempête de rangoisseuse terreur ; là le sang s'étouffe -, alors rhomme astral et élémentaire va en haut , et rhomme céleste va en bas. Car, dans la terreur, raiguillon amer est engendré ; il tempête et fait rage dans la dure astringence effrayée , dans la grande angoisse du sang étouffé.
55 Dansle troisième mois,les femmes l'éprouvent
bien* lorsque cela arrive dans le fruit. Combien de
tourmens , de picotemens dans les dents dans les
xeins , et ainsi de Juite ! Cela leur vient de la teinturc étouffée dans le fruit , et de leur sang étouffe
cH. i3. ( a45 )
dans la matrice , puisque la mauvaise teinture mf/unlijîe avec la bonne teinture de leur corps. C'est pourquoi , de la manière dont la teinture souffre de ]a peine dans la matrice , de celte même manière aussi les mères souffrent de la peine dans les bons membres *, savoir : dans les os durs , dans les dents , dans les côtes , comme cela leur est bien connu.
56. Lors donc que l'aiguillon amer, qui est engendré dans la terreur angoisseuse , dans l'étouffenient et l'entrée de la mort , se tourmente ainsi et fait rage dans l'astringence; qu'il se rend ainsi effrayant ; qu'il pointe et se porte au-dessus de soi : alors il est saisi et retenu par l'astringence,de façon qu'il ne peut pas aller au-dessus de soi. Car , à cause de son tempêtement ^ l'aslringence le tire toujours plus fort à soi, et ne peut pas le souffrir; ce qui fait que l'aiguillon devient beaucoup plus effrayant ; et ici il n'y a aucun autre remède que dans la séparation du corps et de l'ame, dans la mort de l'homme. Eu effet , la mort amère est déjà dans le sang étouffé ; et , si maintenant l'aiguillon amer ne peut monter au-dessus de soi, à cause de l'astriugence, il devient comme une insensée , comme une roue tournante , ou comme une effrayante pensée rapide qui s'étrangle et s'angoisse. Il est alors un vrai esprit de souffre , une essence vénéneuse, effroyable, et dans la mort angoisseuse j car c'est là le ver pour l'ascension de la vie.
57. Maintenant , puisque l'esprit des étoiles et des élémens s'est figuré dans Vhomification , ainsi la puissance des étoiles et des élwincns est aus^i
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I .:
( 2i6 ) CH. i3.
circulante dans ce tempéiement ; car là , dans celto angoisse , l'espril des éloiles tire aussi à soi la vertu du soleil, et se contemple dans la vertu du soleil ,d'où il résulte dans ce tempêtement un éclair luisant dont l'angoisse dure et astringente s'efifraie, et se précipite au dessous de soi ; alors la terrible ceinture va dans son El lier. En effet , Tessence de l'angoisse , dans le fiât , s'eflraie aussi beaucoup devant l'éclair, de façon qu'elle devient impuissante et tombe en arrière j qu'elle se détend, et qu'elle s'atténue.
58. Or, l'explosion ou Téclair de feu s'opère dans l'aiguillon amer; et, quand il se contemple en arrière , dans la ténébreuse angoisse astringente, dans la mère , et qu'il se trouve ainsi subjugué et réprimé, il s'effraie beaucoup plus que la mère; mais cet effroi arrivant ainsi dans la douce mère , l'éclair devient sur-le-champ blanc et clair , quoiqu'il tienne à l'angoisse , à la racine ignée : mais maintenant sa surprise n'est plus qu'une grande joie 5 et c'est comme si on jetoit de l'eau sur le feu , où alors la source astringente s'éteint. Or , l'astringence se réjouit aussi beaucoup de la lumière , et la lumière se réjouit de la mère de l'astringence dans laquelle elle est engendrée, de façon qu'il n'j a sur cela aucune comparaison à faire \ car c'est la naissance et le commencement do la vie.
59. Aussitôt que la lumière de la vie s'envisage dans l'angoisse , et dans la douce mère , et que par là l'astringence goûte la lumière^ combien elle est
cfl. i3. ( 2^7 J
douce , aimable et joueuse , elle s'élève avec un si grand attract vers la lumière pour se mêler avec elle et pour la saisir , que son attract et ses puissances sortent d'elle pour atteindre cette lumière f lequel attract est la vertu de la lumière; or, cet attract qui sort dans l'amour , est la noble teinture qui là est engendrée neuve pour être en propriété à l'enfant ; et l'esprit , qui est engendré de l'angoisse dans l'éclair de feu , est la vraie ame qui est engendrée dans l'homme.
60. Ici, maintenant , il faut particulièrement observer où elle demeure , et d'où le cœur , les poumons et le foie dérivent ; spécialement la vessie et les entrailles ; et ensuite la cervelle dans la tête , et l'inlelligence et les sens. J'exposerai cela ici l'un après l'autre. On ne peut guère bien rendre avec la langue humaine , ni particulièrement décrire avec ordre , ce qui , dans la nature , arrive en un clin d'oeil ; il faudroit un gros volume pour le décrire ; et quoique le monde nous regarde comme trop petit pour ceci , nous dirons que nous nous croyons encore bien plus petit , et qu'il en est de nous , comme dit IsaYe : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchoient point, et j'ai été connu de ceux qui ne me connoissoient point , et qui n'avoient point demandé après moi.
61. Je dis que cela n'a point été cherché , maïs nous avons cherché le cœur de Dieu , pour nous y mettre à couvert des tempêtes du démon. Lorsque nous y sommes arrivés , la très gracieuse vierge
SOPHIE nous rencontra hors du paradis et nous offrit:
iônâmouf , disant qu'elle vouloit élre ami^ avec nous et s'unir à nous comme une compagne , et nous montrer le chemin du paradis , où nous serions en sûreté contre les tempêtes ; elle portoil une branche dans sa main, et dit : Nous voulons planter cela , et il croîtra un \ys , et je reviendrai a toi : ce dont nous avons reçu assez de joie pour écrire de la très gracieuse vierge Sophie, qui nous a montré le chemin du paradis , où nous allons au travers de ce monde et aussi au travers du règne infernal , et il ne nous est arrivé aucun mal. Or , c'est d aprè* elle que nous écrivons.
t M9)
CHAPITRE QUATORZIEME.
De la génération et de la propagation de
rhomme.
La très secrète porte»
I. Pi nous considérons , maintenant , l'origine de la vie , en quel endroit du corps est le lieu cl la place où la vie est engendrée , nous trouvons réellement toute la base de l'homme, et il n'y a rien de si secret dans l'homme qui ne puisse être trouvé. Car nous devons dire que le cœur est la place où la noble vie est engendrée intérieurement, et que la vie engendre à son tour le cœur.
2. Selon que nous l'avons exposé , la vie prend ainsi dans l'angoisse , par V enjlammement de la luluière , son commencement , de l'éclat du soleil , dans l'esprit des étoiles et des élémens dans la grande angoisse , où la mort et la vie combattent. Car , c'est là que l'homme a passé du paradis dans une autre génération , ou dans l'esprit de ce monde , dans les qualités du soleil, des étoiles et des élémens ; là la vue paradisiaque s'éteignit , cette vue par laquelle l'homme voit par la vertu divine , sans le soleil et sans les étoiles 5 là l'ascension de la via
( 45o J CH. i4.
est dans Pesprît saînt ;et l'éclat de Pespn'f par lequel il voit , est la lumière de Dieu. Cela s'éteignit : car l'esprit de l'ame vint dans le principe de ce monde. 3. Tu ne dois pas entendre que cela soit éteint eu lui ; non , mais l'ame d'Adam passa du principe de Dieu dans le principe de ce monde , et là , maintenant , chaque esprit d'ame doit par la propagation liumaine être ainsi engendré ( comme cela a été dit ) et cela ne peut pas être autrement. C'est pourquoi si nous voulons être propres pour le royaume des cieux , nous devons être engendrés de nouveau dans l'esprit de Dieu ; autrement , personne ne peut hériter du royaume du ciel , comme le Christ nous l'enseigne avec vérité : ce dont j'écrirai ciaprès, pour offrir une fontaine à celui qui a soif, et une lumière pour la noble voie dans la fleur du lys.
4. Ici 5 il nous faut savoir que notre vie que nous recevons dans le corps de la mère , consiste purement et simplement dans la puissance du soleil, des étoiles, et des élémens , de façon que , non-seulement ils figurent un enfant dans le sein de sa mère , et lui donnent la vie, mais qu'ils le mettent aussi au monde et le nourrissent pendant toute sa vie , le soignent, lui causent sa bonne et sa mauvaise fortune , et enfin la mort et la destruction 5 et si nos essences, d'où notre vie est engendrée, n'éloient pas plus élevées par leur très haut rang , gui vient d'Adam, nous serions tous semblables à des animaux.
5. Mais dans l'origine de la vie en Adam , nos
eu. 14. ( iSi )
essences sont beaucoup plus élevées que les bêtes, qui ne tirent seulement leurs essences que de l'esprit de ce monde , et doivent aussi avec l'esprit de ce monde,dans une substance corruplible,aller dans leur éternel Ether , tandis y qu'au contraire, les essences de l'homme sont venues de l'incommutablev et éternelle ame de Dieu , laquelle est indestructible dans l'éternité.
6. Car nous avons sur cela un principe certain , en ce que nous pouvons par notre discernement trouver et observer ce qu'il y a dans l'esprit de ce monde , ce qu'aucun animal ne peut faire. En effet, aucune créature ne peut porter sa conception plus haut que dans son principe , d'où ses essences sont sorties dans le commencement. Ainsi,nous,homme?, nous pouvons porter notre conception jusque dans le principe de Dieu , aussi bien que dans le règne de l'enfer angoisseux , là où notre ver d'ame s*originise dans le commencement en Adam , ce qu'aucune antre créature ne peut faire.
7. Mais elles pensent seulement comment elles se pourront remplir et nourrir pour que leur vie se soutienne, et aussi ne recevons-nous rien de plus de l'esprit des étoiles et des élémens. C'est pourquoi nos enfans sont dépouillés et nuds, avec une grande impuissance , et sans aucune intelligence. Or, si l'esprit de ce monde avoit une entière puissance sur les essences d'un enfant dans le sein de la mère , il pourroit aussi bien lui revêtir sou habit grossier , c'est-à-dire , lui donner une peau grossière. Il faut qu'il respecte ce point , et qu'il
Itl
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( 25l ) CH. 14.
laisse aller les essences dans le premier et le second principe , à la propre disposition de riiomrae , pour s'unir et s'ntlacber à celui qu'il voudra : ce que l'homme a incontestablement dans sa pleine puissance. C'est ce que j'exposerai convenablement en son lieu , et que je démontrerai hautement en dépit de toutes les puissances du démon, et de celles de ce monde , qui combattent fortement contre.
8. Notre vie dans le sein de la mère a entièrement son origine telle que cela a été exposé ; et elle existe là alors dans les qualités du soleil et des étoiles ; là ensuite , par l'enflammement de la lumière , il s'élève de nouveau un centre , et la noble teinture s'engendre aussitôt de la lumière , c'est-à-dire , des essences joyeuses de la qualité astringente j amère et ignée ; elle met l'esprit de Tame dans de grandes et aimables délices; et les trois essences , savoir : l'astringent , l'amer et le feu sont liées si fortement l'une à l'autre dans l'enflammement de la vie , que dans l'éternité elles ne peuvent point se séparer. Or , la teinture est l'éternelle maison où elles demeurent, et qu'elles engendrent elles-mêmes depuis l'origine jusque dans l'éternité , ce qui leur donne de nouveau la vie , la joie et le délice.
L.a forte porte de V indissoluble alliance de Vame,
9. Vois : les trois essences, ou l'astringent, l'amer cl le feu sont le ver ou l'esprit. L'astringent est une essence 3 et est de l'éternelle volonté dePieu dans le
tH. i4. ( 2S3 )
FiATdeDieu.L'a//irtfme/i^derastringenc8esiraiguilIon de l'amertume, que l'amertume ne peut souffrir , et elle attire toujours plus fortement à soi ; d'où l'aiguillon devient toujours plus grand, quoique cependant l'aslringence le retienne prisonnier; etcelatout ensemble est la grande angoisse qui étoit là dans l'ame ténébreuse de Dieu le père, c'est-à-dire, que les ténèbres soupirent après la lumière^ et que ces ténèbres, au moyen de l'éclat de la lumière dans l'angoisse , parviennent à l'oblique éclair du feu , ce dont les anges sont créés , lesquels ensuite ont été éclairés de la lumière de Dieu , en plaçant leur imagination dans le cœur de Dieu ; tandis que les autres , tel que Lucifer, demeurent dans l'éclair du feu , dans l'angoisse , à cause de leur orgueil.
10. Cette génération , ainsi que l'alliance indissoluble , est produite dans l'ame de chaque homme ; et il n'y a aucune ame dans l'enfant dans le sein de la mère , avant C enjlammement de la lumière -, car , par l'enflammement , l'éternelle alliance est opérée, de façon qu'elle dure éternellement,etque ce ver des trois essences ne meurt , ni ne se brise ; car cela ne peut pas être. Ils sont nés tous les trois d'une seule source ; ils ont trois qualités, et ce n'est qu'une seule essence. De même que la trinité sainte est triple , et cependant dans un seul être, et a néanmoins trois origines dans une seule mère , lesquelles sont une essence l'une dans l'autre ; de même aussi est l'ame de l'homme, et seulement moindre d'un degré dans le premier développement ; car elle est née de l'éternelle volonté du père , et non pas du cœur
( 254 ) CH. 14.
de Dîeu 5 mais le cœur de Dieu est ce qu'il jr a do plus près d'elle.
II. Or, on conçoit bien maintenant au sujet des essences et des propriétés de l'ame , qu'elle n'est point chez elle dans celle maison de chair, où elle est également engendrée , et on reconnoît son ef- • frojable chute ; car elle [cette maison ] n'a aucune lumière propre en soi 5 elle doit emprunter sa lumière du soleil, laquelle s'élève en effet dans sa génération ; mais elle est périssable, et non pas lever de l'ame. Aussi on voit comment elle s'éteint à la mort de l'homme j et si alors la lumière divine n'est pas engendrée de nouveau dans le centre , l'amo reste dans les éternelles ténèbres, dans l'éternelle source angoisseuse de la génération, où on n'aperçoit plus qu'un eff*royable éclair de feu j enfin dans un feu enflammé, dans laquelle source les démons demeurent aussi j car c'est là le premier principe.
12. L'ame , ici dans ce monde , use de la lumière du troisième principe, par laquelle l'ame d'Adam s'est laissé attirer, et d'après quoi elle a été emprisonnée par l'esprit du grand monde. Mais si l'ame est engendrée de nouveau dans l'esprit saint, de façon que son centre s'élève en soi-même vers la régénération , alors elle voit avec deux lumières, ei elle vit dans deux principes 5 mais le plus intérieur ou le premier est fermé fortement , et elle j est seulement suspendue: c'est dans lui que les démons combattent et tentent les âmes. D'un autre côté, la vierge ou sophie ( qui appartient à la teinture de la renaissance, et j demeurera à la séparation du corps
CH. 14. { 255 )
d'avec l'ame ) soutient la partie et le combat avec le démon ; elle lui brise la tête dans la vertu du fils virginal , lequel sera le pritice et le héros de Tame , lorsqu'un nouveau corps dans la teinture de l'ame , sortira de la puissance de l'ame.
i3. Et afin que quand l'ame est séparée du corps ,' elle ne puisse plus être tentée par le démon ni par l'esprit de ce monde j il ja pour l'ame un doux repos renfermé dans son propre centre , dans sa propre teinture , lequel repos réside dans l'élément caché dans le paradis, entre le royaume de ce monde et le royaume de l'enfer , pour y rester jusqu'à ce que Dieu place ce monde dans son Elher, et que le nombre des hommes et des figures soit rempli selon la profondeur de l'éternelle ame de Dieu.
i4. Si maintenant nous considérons comment est née la vie temporelle et périssable, alors nous trouvons que l'ame est une cause de tous les membres de la vie de l'homme, et sans elle aucun membre corporel ne seroit engendré dans l'homme : car quand nous scrutons l'ascension et Penjlammnmant de la vie , nous trouvons forcément avec les clairs témoignages de tous les membres , que lorsque la pure lumière de l'ame s'allimie , le fi.iT se trouve alors dans une grande joie , et sépare dans un clin d'œil ^ dans la matrice , le pur de l'impur ; ce dont la teinture de l'ame dans la lumière est le maître ouvrier qui , là , est le renovateur, et le fiât le créateur.
i5. Gomme maintenant l'astringente matrice , au m.oyen de la lumière, est ainsi devenue humble ,
lit
{ 256 ) CH. 14allénuée et douce , alors la terreur colérique , qui avant la lumière étoit a;nsi vénéneuse , vole audessus de soi , car elle s'élonne de la douceur de la matrice , et c'est un étonnement d'une grande joie ; cependant elle conserve son litre colérique , et ne peut pas être changée ; elle ne peut pas non plus s'éloigner de là , car elle est retenue par le fiât J mais elle se porte proroptement eu haut , et elle se fait par le fiât astringent , une pellicule qui la retient ; c'est là le fiel autour du cœur.
i6. Mais , comme la matrice dont la terreur a disparu est maintenant délivrée de la terreur de l'angoisse , êtes! aussi douce que l'eau suave; alors l'esprit du grand monde se représente ainsi promptemeut dans la matrice, et y remplit les quatre éléinens. Il dit en soi : Maintenant j'ai la douce vierge SOPHIE. Or, le FIAT crée ou opère ce qui est là ; il sépare les élémens qui sont aussi en combat , chacun voulant avoir la vierge ou la sorHiE;et ils luttent ensemble jusqu'à ce que l'un surmonte l'autre. Le feu demeure en haut comme le plus puissant et le plus fort ; l'eau au-dessous de lui ; la terre doit rester en-dessous comme une substance très lourde , et l'air veut avoir uue région qui lui soit propre.
17. Car il dit : Je suis l'esprit et la viej je veux demeurer dans la vierge sophie. Or le fiât astringent attire tout à soi et en fait une masse et ensuite une chair -, le feu conserve la région supérieure, c'est-àdire , le cœur de Dieu ; car par leur combat les quatre élémens se séparent ; chacun se fait sa région particulière , et le fiât transforme tout e»
chair ; seulement l'air ne voudront point avoir de chair, car il dit : Je ne demeure point dans une maison ; et le fiât dit : Je t'ai créé , tu es mien ; et il l'enferme dans une enceinte , qui ^sl la vessie.
18. Alors les autres régions se >)lacent successivement Premièrement l'éclair colérique ; sa région est le fiel. Au-dessous de l'éclair , le feu ; sa région esi le cœur. Au-dessous du feu , l'eau 5 sa région est ie foie. Au-dessous de l'eau , la terre ; sa région est les poumons.
19. Enfin chaque élément inqualifie âans sa source/ €t cependant aucun ne peut rien faire sans l'autre , et n'auroit aussi aucune mobilité sans l'autre ; car l'un engendre rautre,et tous les quatre n'ont qu'une origine ; c'est une seuU essence avec ses généralion^ , comme je l*ai exposé ci -dessus amplement au sujet de Ja génération des quatre élémens, lors de la création.
20. Le fiel colérique ou le terrible et vénéneux éclair de feu enflamme dans le cœur la chaleur ou le ieu , et c'est là la cause d'où ensuite tout dérive.
21. Ici , dans notre examen , l'effrojable, lamentable et douloureuse chute se trouve encore dans Vhomification , dans laquelle si la lumière de la vie s'élève de façon que le fiât renouvelle la matrice dans la teinture de l'esprit de l'ame , alors le fiât jète loin de lui , hors de ses essences, le principe de la suffocation et de la destruction , qui est dans le colérique , c'est-à-dire , l'impur du sang étouffé; il le jète de côté , et ne veut pas non plus le souffrir'dans le corps , et le fut lui-mcme l'expulse comme une
^- J7
hétérogénéité j il fait de sa visqueuse astrîngence une enceinte , c'est-à-dire , une pellicule ou un boyau pour qu'il ne puisse toucher ni la chair ni l 'esprit j il lui laisse ouvertes les portes inférieures , ef le proscrit éternellement , parce que cette impureté n'appartient point à ce règne. De même qut cela est arrivé aussi à la terre , lorsque le fiât l'a je* |ée hors de la matrice , au milieu , dans le centre , ^ur un tas [ ou fumier]^ comme ne pouvant rien valoir pour le ciel ; de même en est-il ici.
aa. Nous trouvons encore de plus grands mystères en témoignage de la lamentable chut* ; car après que ks quatre élémens se sont ainsi établis chacun daas une région particulière , ils se sont feits alors souverain» au-dessus de l'esprit de l'ame qiri ^toit engendré des essences ; ils l'ont pris dans 4eur puissance , et ont inqualifii avec lui. Le feu , comme le plus puissant, l'a pris dans sa région dans le cœur 5 c'est là qu'il doit s'arrêter 5 il donne sa fleur et sa lumière hors du cœur 5 il plane au-dessus du cœur , comme la lumière enflammée d'une chandelle. Ici, la chandelle signifie le cœur charnel avec les essences d'où la lumière brille. Or, le feu s'est ^/aorf au-dessus des essences ; il tend toujours après la lumière , et présume qu'il a la vierge de la vertu divine ou la sopbxe.
23. Là ( dans le cœur ) la noble teinture est née iles essences 5 elle ne demande rien au feu , mais elle admet les essences ou l'ame dans ses aimables délices. Alors les autres élémens viennent de leur ïégiott et se remplissent ardemment de la teinture.
c», i4. ( 259 )
Chacun veut goûter la vierge ou la Sophie, la nourrir et inqualifier avec elle ; c'est-à-dire, que l'eau SB sature ici , et goûté la douce teinture de l'ame. Le feu dit : Je voudrois bien retenir l'eau car je peux par là étancher ma soif et me réjouir. L'ajr dit : Je suis vraiment l'esprit ; je veux souffler la chaleur et ton feu , aBn que l'eau ne t'étouffe pas. Le feu dit à l'air : Je veux te retenir, car tu me con^ serves mes qualités, pour que je ne m'éleigne pas'. Alors vient l'élément terre qui dit : Que voulez-vout faire tous trois, vous allez vous affamer et vous déworer les uns les autres ; car vous êtes suspendus tous les trois les uns aux autres , et vous vous dévorez et quand vous aurez consumé l'eau , vous vous éteindrez , car Pair ne peut pas se remuer s'il n'a d» l'eau, attendu que l'eau est fa mère de l'air; et qu'ella engendre Pair ; en outre si l'eau est consumée, le feu devient trop colérique et il détruit le corps , alors notre région est passée , et aucun de nous ne pourra subsister.
24. Les trois élémens , le feu , l'air et l'eau disent alors à la terre: Tu es réellement trop téné'- breuse , trop rude et trop froide, et tu es rejetée par le FIAT j nous ne pouvons pas te recueillir ; tu déIruirois notre demeure , tu la rendrois ténébreuse et de mauvaise odeur , et tu affligerois notre vierge q*ii est ici notre propre trésor et notre propre amour dans lequel nous vivons. Or , la terre dit : Prenez au moins mes enfans, qui sont aimables et dont lei essences sont bounos ; ils vous donnent à boire et à
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manger , ils vous soignent , en sorte que vous né souffrez jamais de besoins.
25. Alors les trois élémens disent : Mais tes enfans pourroienl ensuite demeurer en nous , ils pourroient y devenir forts et puissans ; puis il faudroit nous éloigner , ou être leurs sujets ; c'est pourquoi nous ne voulons pas les prendre non plus , car ils pourroient devenir aussi rudes et aussi froids que toi. Voici pourtant ce que nous voulons faire -, tu peux laisser tes eufans demeurer dans notre vestibule , alors nous viendrons à eux comme convives , nous mangerons de leurs fruits et nous boirons de leur boisson , puisqu'autrement l'eau', qui est contenue dans rélémenl , pourroit devenir insuffisante pour nous.
26. Ainsi les trofs élémens , le feu , l'eau et l'air disent à l'esprit : Va nous chercher les enfans de la terre pour qu'ils demeurent dans notre vestibule : nous voulons manger de leurs essences , et te fortifier. Là l'esprit de l'ame doit être obéissant comm© nn prisonnier ; il doit les saisir avec ses essences , et les enfermer. Alors le fiât vient et dit : Non , vous pourriez m'échapper ; et il crée ou forme des grapins'.et de-là viennent les mains , avec les figures et les formes de toutes les essences, comme cela est |Tès visible , et l'astrologue le sait bien ; mais il n'en connoît pas le secret , quoiqu'il puisse expliquer les signes d'après les constellations et les élémens qui inqualifient dans les essences de l'esprit de l'ame ( Si l'auie avoit mangé , en ce lieu, du verbe du $tu
gneur , et qu'elle eut laissé les élémens extérieurs sans les avoir fauchés, cela eût été mieux. )
27. Si maintenant , dans la volonté , les mains s'étendent après les enfans de la terre ( laquelle extension n'est cependant dans l'esprit de l'enfant qu'une volonté dans le corps de la mère ) , alors le FIAT est là , et il fait une grandejplace dans le vesti-: bule des trois élémens , et une dure et ferme enceinte autour , pour que la chair ne les toucho point 5 car elle a peur des enfans de la terre , puisque la terre a été jetée dehors à cause de ses ténèbres âpres et puantes. Elle est en tremblement, dans une grande crainte^ et dans le cas où les enfans de la terre lui deviendroient trop rudes , et qu'ils vour lussent lui causer delapuanteur,elles'occupe à chercher les meilleurs moyens d'avoir une ouverture, et de pouvoir jeter dehors la puanteur et le grossier j ainsi le fiât fait hors du vestibule , qui est Pestomac 5 une issue et une ouverture 5 il l'enveloppe avec sa dureastringence \e\ cela devient un boyau.
28. Cependant comme l'ennemi [ou la puanteur J n'est pas encore en être , mais seulement dans la volonté de l'esprit, alors le fiât va très lentement au-dessous de soi 5 il cherche la porte où il pourra faire une issue et une ouverture pour pouvoir jeter dehors la puanteur et le grossier ; de-là vient que Les boyaux sont si longs et si tortueux.^
29. Si maintenant , l'esprit de la terre C ou les essences de la terre dans la région des poumons ) s'a-^ perçoit de cette conversation (qui est spirituelle),, entre les trois élémens , le feu , l'air et l'eau 3 alor^
( a6a ) Cil. J4I
il vient à la fin , lorsque la demenre ou le veslitule des ctifans de la terre est déjà bâli« , et dit aux trois élémens : Pourquoi voulez - vous prendre le corps au lieu de Tespril? Vous voulee prendre les €nfans de la terre , et vous en nourrir ; je suis leur esprit, et je suis pur; je puis forli6er les essences de l'ame, et les soutenir avec la vertu de mes essences :
admettez moi.
3o. Et ils disent : Oui , nous voulons l'admettre > car tu es un membre de notre esprit, tu dois demeuler en nous , et fortifier les essences de notre esprit , pour qu'il ne s'affoiblisse point ; mais nous devons avoir aussi les cnfans de la terre , afin que nous BOUS réjouissions ;car ils ont aussi en eux nos qualités. Et l'esprit des poumons dit : Alors je vivrai en vous tous , et je me réjouirai avec vous.
i,a porte de T esprit sydérique ou àntral»
3î.
Maintenant j lorsque la lumière du soleil qnj s'est regardée dans l'éclair de feu des essences de Fesprit et.qui s'est représentée et a été brillanre dans l'éclair de feu comme une puissance étrangère , et non pas comme propre du soleil , voit qu'elle a obtenu la domination , de façon que les essences de Tame qui est le ver ou l'esprit , veulent , aussi bie» que les élémens , se réjouir dans sa puissance et dans son éclat ; lorsqu'elle voit que les élémens se sont fïit qua4re régions ou liabitations , comme une résidence à perpétuité ; que le toléil est regardé comme un roi ; qu'ils lui font la cour dans l'esprit des essences , dans le cceiir ; qu'ainsi ils l'aiment , se réjouissent dans leur emploi, et ont en outre disposé lei ealans de la terre pour que l'esprit les présenlejque là ils veulent aussitôt se réjouir , être puissans , et manger et boire des essences deseiiCans de la terre , alors le soleil dit : Il est bon de demeurer ici ; tu es roi , tu dois aussi amener ici ta famille , et l'élever au-dessus des élémens , et te faire une région : tu e« vraiment roi.
Il attire ainsi à soi les constellations y il les porte dans les essences , il les place au-dessu» des élémens avec leurs nombreuses , prodigieuses et inscru tables essences., dont le nombre est infini , et il leur fait , dans «n pays étranger , une région et xol royaume, de son extraction. (Ici est la porte, où les en fans de ce monde sont plus prudens que les enfans de lumière. )
32. Car , les essences de l'ame ne sont point une propriété de ce roi , il ne les a point engendrées , n€ elles lui ; mais , par attract , il s'est représenté dans les essences de cette ame, et s'est endammé dans leur éclair de feu , dans le dessein de cbercher sa vierge ou sa sofhie, e4 de vivre en elle qui n'est rieti moins que la très sainte puissance divine. Dès que l'esprit de i'auie est de l'éternité , et qu'il aew! ia vierge avant la chnte ; alorsdésormais, l'esprit dit ^aiid monde cKerche toujours cette vierge sof^Hic daas l'esprit de l'ame , et pense qu'elfe est encore là comme avant la cbute , lorsque l'esprit du grand inonde se regarda avec tant de joie dans la vierge d'Adam , et qu'U vouloit aussi vivre , et être éternellement dans la vierge : car il «entoil sa corruptibilité ^ comme en effet îl étoit âpre en soi-même. Il
( a64 > cir. T4I
vouîoit donc puiser dans l'amabilité et fa douceur de la vierge sopbie , et vivre en elle afin de ne pas périr de nouveau , mais de vivre éternellemenr.
33. Car , par le grand altract des ténèbres pour ]a lumière et la puissance de Dien, ce monde s été engendré des ténèbres , là où la sainte puissance de Dieu s'est contemplée dans les ténèbres ; c'est pour cela qu'il est resté un si grand penchant et un si grand attrait pour la puissance di< vine dans l'esprit du soleil , des étoiles et des élé" mens y et dans tontes choses» Tout s'angoisse et soupire encore après la puissance divine y et voudroit bien être délivré de la vanité du démon : or y comme cela ne peut pas être y il faut que toutes les créatures attendent jusqu'à leur dissolution y OÙ elles s'en iront dans leur Ëther , el obtiendront place dans le paradis 3 mais seulement en figure et en ombre 3 et l'esprit qui laisse perdre ici un tel attraet sera brisé.
34. Maintenant cet attraet doit être ainsi ; san& cela aucune créature ne seroit bonne y et il n'y au^ Toit dans ce monde qu'une vraie colère y et un pur enfer. Lors donc que la vierge , ou la sophie , voit dans le second principe que l'esprit de ce monde ne la peut pas atteindre y et que pourtant elle se contemple sans cesse dans l'esprit de ce monde , comme trouvant sa )oie dans la fructification , et la croissance de toutes choses ; alors il est désireux*-^ à son tour et cherche toujours la Sophie. Il élève plusieurs créatures à un grand esprit'et en sagacité; il les place dans de hauts grades ^ autant qu'il peut^
CH. 14. ( 265 )
el pertse toujours qu'on lui réengendrera cette vierge qu'il a contemplée dans Adam , avant sa chute. C'est lui aussi qui a entraîné Adam à sa chute , en ce qu'il vouloit demeurer dans sa vierge ; il combattit ainsi en Adam, par son grand attraet , de façon qu'il tomba en sommeil; c'est-à-dire, ii s'établit avec violence dans la teinture d'Adam , à cause de la vierge sophie : il vouloit inquallfier en elle, et vivre éternellement en elle, d'où la teinture fut fatiguée ; et la sophie s'éloigna.
35. Alors Adam succomba et devint sans force ; ce qui s'appelle sommeil : cela a été l'arbre de la tentation pour éprouver s'il seroit possible qu'Adam vécût éternellement dans la vierge sophie , et engendrât de soi , à son tour, la vierge, et ainsi de suite un royaume angélique.
36. Mais comme cela ne pouvoit pas être , à cause du triomphe de Tesprit de c-e monde, alors la tentation extérieure fut entreprise d'abord par l'arbre du fruit de ce monde. Là, Adam devint entièrement un homme de ce monde ; il mangea et but des essences terrestres ; il s'infecta avec l'esprit de ce monde 3 il en devint la propriété. En effet maintenant on peut voir journellement comment cet esprit possède un enfant dans le corps de la mère> daus V1iomification\ car il ne sait où chercher la vierge , ou la sophie , ailleurs que dans l'homme où il l'a contemplée en premier lieu.
37. C'est pourquoi il combat ainsi violemment dans plusieurs hommesdont la coraplexion est forte, et dans qui souvent la vierge sophie se contemple.
l 266} di: 14.
II imagine toujours qu'il va oblenîr la sôphie ; qu'elle doit être engendrée pour lui 5 et plus Tame se défend devant lui, et se porle vers le cœur de Dieu pour s'y donner en propriété , là où l'aimablo vierge sophie, non-seulement se contemple librement , mais daigne même quelque fois , pour plusieurs heures, se placer dans son siège ou dans la teinture de l'ame; plus l'esprit de ce monde devient puissaut et désireux.
38. C'est alors que le roi on la lumière du soleil devient aussi en esprit un royaume si joyeux , si triomphant, si jubilant^ et se réjouissant si fort qu'il remue toutes les essences des étoiles , et qu'il les porte à leur plus haut degré , pour s'engendrer éminemment. Alors donc tous les centres des astres s'élèvent , et la gracieuse vierge s'y con* temple : là , alors , les essences de l'ame dans la lumière de la vierge sophie , peuvent , dans les centres des astres , voir ce qu'il y a daas la sourc» ék Vuwie , et dans son origine.
39. Mon ame est bien instruite de ceci , et elle ft aussi reçu des connoissances que le docteur , avec son bonnet couroBné , ne pourroit pas croire* Comme il ne pourroit pas saisir cela , il le regarderoit comme impossible, et l'attribueroit an •démon \ ainsi que les Juifs ont fait du fils de la vierge 00 de makib , lorsqu'il opéroit des prodiges dans la vertu de la vierge ou de sopniE. Mon ame joe demande rien à de telles personnes , et sait apprétier leur orgueil ; elle a saffîsamment d& la perle ^ et elle désire de montrer l'eau à cevoi
CH. i4» ( î^^ ^
qui ont soif. Le bo*tiel couroniië -pétiï ]bXi^t gâîmenl sOus le manieau dô l'anteichriàt jusqu*à ce que le lys croisse : alors l'odeur du, lys jëtefà de côté le bonnet, dit la vîei^ge ou sopfiife ; êl celui qui a soif boira de l'eau de la vie , et le fils de la vierge gouvernera dans la vallée de Josaphàt. 4o. Or , puisque le mystère dans la lumière de la vierge sophie vient au-devant de nous si merveilleusement , nous vouions , en faveur de l'ame désireuse qui cherche sérieusement dans l'espérance de trouver la perle , ouvrir encore urteporle,comme elle s'est ouverte à nous dans la vierge ou sophiè. Car l'ame se dit : Si le soleil , les étoiles et les élémens n*0Tit jamais été dans le second principe oïl la vierge sophie s'engendre dé là lumière de Dîén , comment auroienl-ils donc pu reconnoître la vierge dans Adam , pour se porter ainsi avec Une vi\'e ardenr après la sophie ?
La profondeur dans le cènlrè,
41. "Fais attention , toi , ame désireuse : ce que tu vois devant tes yeux , soit dans le feu , l'air, l'eau , ou la terre n'est pas l'élément ptit 5 aussi n'y en a-l-il pas quatre, mais un *eui qui est fixe et invisible, aussi bien qu'insaisissable. Car le feu qui brôle ici n'est pas élément , TOais l'âpfeté qui fat ainsi dans l'enflamUnement de la cofère , lorsque les démons tombèrent de l'élément. L'élément n'est ni ehaud , ni froid 5 mais il est TincUnatioB vers Dieu : car le ceeur de Dieu est chaud ,
( 26^ ) en. 14^
et son ascensipn est attiran te et toujours découvrante} ainsi le cœur de Dieu est ce qui tient la chose devant soi et non en soi , et ensuite ig [ relisez ma note dans V Aurore Naissante ; chap, 8. no, 78 \ est la continuelle découverte de la chose : or, tout cela est éternel; et telle est la base de Pinterne élément que la colère a rendu substantiel , de manière qu'il devint visible et saisissable. Lucifer , avec ses légions , a éveillé cette colère ; c'est pourquoi il est resté aussi désormais un prince dans la colère, dans Télément allumé 5 ce qui fait que, d'après celte manière d'être, le Christ l'appelle un prince de ce monde. ( Jean. 12 : 3i. )
43. Mais Télément demeure caché à la colère et à l'âpreté ; il réside dans le paradis , et cependant la colère sort de l'élément : c'est pourquoi Dieu a enfermé les démons dans la colère par l'élément. Il les contient par l'élément : or , la colère ne peut pas atteindre l'élément , comme le feu n'atteint pas la lumière , car la lumière n'est ni chaude , ni froide 5 mais la colère est chaude : néanmoinsj l'un contient l'autre , et l'un engendre l'autre.
43. Remarque ici : Adam avoit été créé de l'élément , ou de Pattirement du cœur de Dieu , qui est la volonté du père, et dans l'élément est la vierge de la puissance divine, ou la sophie. Le régime externe , lequel , dans l'enflammement , se partagea en quatre parties , auroit bien voulu la posséder en soi 5 c'est-à-dire , la colère du démon auroit bien voulu demeurer dans le cœur de Dieu , et do-^ miner au-dessus , et ouvrir là un centre. C'est ce qufr.
fH. 14. ( 269 )
la colère ne pouvoit pas faire sans la lumière , car chaque centre est engendré et ouvert par l'enflammement de la lumière j aussi la colère vouloitelle bien dominer sur la douceur. C'est pourquoi Dieu a laissé éclore le soleil, en sorte qu'il a ouvert quatre centres ou issues de l'élément.
44. Quand la lumière du soleil se contempla dans la colérique aslringence , alors l'astringence devint limpide et douce comme l'eau. La colère dans l'éclair de feu fut éteinte par Teau , de façon que la colère resta en repos. La volonté cependant ne pouvoit pas se reposer; mais elle passa, de l'eau, dans la mère et se mit en activité , ce qui est l'air: or, ce que la colère avoit attiré à soi, fut jeté par l'élément dans l'eau , comme tu vois que la terre nage dans l'eau. '" '
45. Ainsi le méchant enfant s'angoisse après la mère ; il voudroit bien être dans la mère , dans l'élément, et ne peut pas l'apercevoir. Mais dans Adam il a aperçu l'élément ; c'est pourquoi les quatre élémens ont attiré Adam à eux , et ils se persuadèrent qu'ils avoient la mère , puisque la vierge sophiE se laissa ainsi voir alors d:»ns l'esprit vivant d'Adam.
46. Aussi , maintenant l'esprit des astres et des élémens veut toujours retourner dans l'élément- car dans l'élément il y a douceur et repos ; et dans leur enflammement il n'y a que combat et opposition ; et dans ceci , en outre , le démon gouverne ; ainsi les astres et les élémens voudroient bien être délivrés de cet hôte méchant et nuisible \ ils soupirent avec grande angoisse après la délivrance , comiiie Saint
( IfO ) CH. 14;
Paul dit : Toutes les créatures soupirent avec nou« après le i^oo^ent où elles seront délivrées de la
vapilé.
47. La pensée dit en soi : Pourquoi Dieu laisse-fil cçlf^ nag^r si long-tems daus l'angoisse ? Ah I s'il arrivoit jamais que je pusse voir la vierge ou sqphibI l^OU te , toi noble et cher enteudcment, Iqut doit entrer dans 1^ gloriBcation de Dieu , et louer Dieu comme il est écrit : Tomien l€9 langues doivent huêr J)itu. Tranquilise toi jusqu'à ce que le nombre pour la louange de Dieu soit plein , selon l'éternell» base affective.
48. Diras- lu : Quelle est donc la grandeur de ce nombre ? Regarde ; compte si tu peux les étoiles dans le firmament; compte les arbres, les plantes et les herbes. Le nombre qui doit enirer daus la gloire et la majesté de Dieu , est aussi grand que cela 9 car loutes les étoiles retourneront à la fm dans l'élément| cjans la mèire , et là alors il paroîlra combien elle^ auront engendré de bien par leur opéraJion ; en effet , l'ombre et l'image de tous les titres paroi t root dev^ Dieu dans l'élément , et y resteront éternci'* lement , ce dout tu auras une grande joie ; tu verras 1^ d^daus toutes tes œuvress, ainsi que les tourmens quje tu auras supportés \ ils seront changés tous en Dpe g^^ande joie , et te récréeront beaucoup. SeuleiiQeiit cou fie- toi eji Dieu. L'esprit enseigne que , quand le tems du lys sera veuu , alo^s cela ai^^
rivera.
49. C'est ce qui fait que Diefi temporise si long-* tems , à ep ^ugex par oos yeuA , aiiu que sou règuo
fn. J4> ( »7^ )
de gloire soit grand en nombre , mais' devant lui ce n'est qu'un instanl. Prends seulement patience ; ce monde se dissoudra sûrement avec la colère qui demeure dans le premier principe : c'est pourquoi tiens-toi en garde.
5o. Mon cher lecteur,je présente ma parabole des essences de Pkomification dans le sein de la mère , comme un entretien de l'esprit avec les essences et les éléraens. Je ne ppis rien offi'ir de plus propre à éUre entendu ; seulement il faut que tu saches que ce n'est point une conférence , mais que cela arrive ainsi certainement dans les essences et dai« l'esprif. Tu pourras dire que je me suis point dans Vhomificatiom et que je ne la vois poin< \ que je suis bien une fois devenu homme , mais que je n« sais ni comment si quand , et que je ne peuK pas revenir ou rentrer dans le sein de la mère , et vo4r comment cela se passe. Aussi ne suis-je pas plus grand docteur que cela • et je ne pourrois pas facilenieol argumenter dans ma propre raifion , si j'étois encore lié dans ma propre cœcité. Mais louange soit à Dieu qui m'a réengendré , comme sa créature vivante , par l'eau et l'esprit saint, afin que dans sa lumière je puisse voir iBies énormes vices originels qui SQnt dans ma
«kair.
5i. Auasi je vis maintenant , dans ma chair, dans ^'esprit de ce monde ; or , nïa chair sert l'esprit de 45e monde, et ma base affective sert Dieu. Ma chair est engendrée de ce monde \ elle tient sa région des étoiles et des élémens qui y deweurewt , et ont puUsance tur le corps j et mQn «ne est engendrée de
If
( ^72 ) OT. i4;
nouveau en Dieu ; elle vit pour Dieu , et quand même je ne pourrois ni saisir ni retenir la vierg» ou SOPHIE jet qu'ainsi mon ame tombât dans le péché ; cependant aussi Pesprit de ce monde ne peut pas la tenir toujours prisonnière.
52. Car la vierge ou sopmie m'a fidèlement promis de ne point m'abandonner, dans aucun besoin ; elle veut venir à mon secours dans le fils de la vierge ; il faut seulement que je m'attache à lui , il saura bien me ramener à elle dans le paradis : c'est où je veux entreprendre d'aller , au travers des ronces et des épines , au travers de toutes sortes de dédains et de mépris qui peu veut m'assaillir , jusqu'à ce que je retrouve ma patrie , d'où mon ame estjémigréejct où ma chère vierge Sophie demeure. Je me repose sur sa fidelle promesse , lorsqu'elle m'apparut , me disant qu'elle vouloit convertir en de grandes joies toutes mes tristesses : et lorsque j'étois sur la montagne vers le nord , que tous les arbres tombèrent sur moi,'que tous les vents orageux m'assaillirent, et que l'antechrist ouvrit sa gueule devant moi pour me dévorer, elle vint à moi pour me rassurer et se marier avec moi.
53. C'est pourquoi maintenant je suis dispos ; et je n'ai rien à démêler avec l'antechrist ; sa domination sur moi ne s'étend que sur la maison du péché dont il est le patron ; il peut à tout moment la prendre; alors j'entre dans mon pajs natal. Cependant il n'est pas entièrement le maître dans son empire; mais il est un singe de Dieu. De même qu'un singe quand il est rassasié ^ représente toute espèce de
C^. i4. ( 373 )
bouffonneries , pour se réjouir , et Voiuîroît voîon* tiers passer pour être le phis beau et le plus adroit des animaux; de même aussi en est-il de laiitechrit. ÎSa puissance est suspendue au grand arbre de ce monde, et une bourasque de vent peut la soufller,:
54. Ayant donc montré maintenant au lecteur comment le vrai élément se trouve caché dans les élémens externes enllammés , ayant offert par là un appui à ce lecteur, afin qu il sache ce qu'il est, et qu'il ne se décourage pas dans une si importante manifestation, je vais poursuivre mon entretienavec les élémens , le soleil et les étoiles , qui présentent enir'eux un continuel combat et un continuel triomphe , dans lequel l'enfant est fig,iré dans le sein de la mère ; et , j'ajoute ceci pour le lecteur, que réellement le vrai éléuient.est cacîié dans Tintérieur en l'homme , et qu'il est la précieuse cas.celie de Tame si elle est fidèle et s'incline vers Dieu.
55. Lors donc qu'ici le cœur de l'enfant, son foie ses poumons , sa vessie , son estomac, son esprit ' ensemble avec tous les autres membres sont ainsi merveilleusement figurés dans le corps de la mère par les astres et les élémens , alors s'élève la région ou le régime qui forme complètement tout ce%ii manque encore j et maintenant il nous faut réfléchir sérieusement sur l'origine du langage , sur la base aflective,et les pensées: ce en quoi Ihomme est l'image et la ressemblance de Dieu et en quoi consista la noble connoissancedes troisprincipes.
56. Car , l'ascension de la vie , dans le sein de la mère, que nous avons représentée ci -dessus est
I- 18
( 274 ) ^' H**^
aussi la loi de chaque animal ; il prend également aussi son ascension dans le sein de la mère : son esprit vit aussi dans les étoiles et les élémens. Ils tiennent leur voir de l'éclat d^i soleil , et en cela il n'y a aucune différence entre l'homme et la bête 5 car uiifi bêle mange et boit, odore , entend, voit et sent aussi bien que l'homme ; et cependant il n'y a en elle d'intelligence que pour se nourrir et se propager. Nous devons en ceci aller plus loin, et voir ce que c'est que l'image de Dieu , que Dieu a tant aimée qu'il a tourné vers elle son cœup et son fils , et l'a laissé devenir homme , afin qu'il aidât de nouveau l'homme après la chute 5 qu'il le délivrât et qu'il le rachetât de cette gênération bestiale , et le ramenât dans le paradis , dans la région céleste.
57. Ainsi nous devons voir, d'après le principe,' comment non-seulement un homme bestial a été figuré avec des qualifications bestiales , mais aussi un homme céleste , et une image de Dieu , pour la gloire et les merveilles de Dieu : ce qui a fait qu'il a élevé l'homme à un si haut degré , afin qu'il eût une éternelle ressemblance et image de sa substance ; car c'est pour cette fois qu'il s'est manifesté dans le ciel et sur la terre ; qu'il a produit quelques créatures en qualité d'esprits éternels, intelligens et raisonnables , pour vivre dans sa puissance etdans sa gloire ; et quelques autres en figures, de façon que quand leur esprit passe , et va darg l'Ether , les esprits qui sont éternels ont là leur joie cl leur récréation.
<îH. i4. ( 275 )
58. Ainsi nous devons sonder et voir ce que c'est qli'nne image ; comnrent elle prend ainsi son origine, defaron que l'homme porte : i». une image terrestre,élojnentaire,et2o. aussi une image céleste - et non-seulement cela, mais il porte Iroisicmement avec soi une image infernale, qui est encline à tous les péchés et à toutes les méchancetés ; et tout cela commence à la fois avec Pasrension de la vie.
59. Et -en outre, nous devons voir oà se trouve la volonté propre ; de façon que , dans sa puissance particulière ,un homme puisse sedonner au royaume du ciel, ou au royaume de Penfer , à celui qu'il veut'. lïous appelons devant ce miroir celui qui a faim et soif de la noble connoissance , et nous lui signalons le but , afin que dans sa base affective, il se délivre des erreurs et des disputes coutentieuses qui se passent dans le royaume deTantcchrist ; or , quicont|ue saisira bien cette porte comprendra Tessence de- toutes les essences , et apprendra àconcevoir ( s'ilLs^observe bien)ce qu'ont écrit Moïse et tous les prophètes, et en outre tous les saints apôtres ; dans quel esprit cliacun a parlé , et ce qui a été , et ce qui à l'avenir peuteucore être et sera.
lia très phf^cièUëe porté dans la racine du lys.
Go. Si nous considérons les trois principes , comment ils sont dans leur origine, et comment ils s'engendrent, nous trouvonsalors l'essence de toutes les essences j comment l'une sort de l'autre j corn-
( 276 ) eu. 14.
ment aussi l'une est d'un rang plus élevé que l'autre-, comment l'une est éternelle et l'autre est périssable 5 et comment l'une est plus belle et meilleure que l'autre : nous trouvons aussi pourquoi l'une veut aller en avant, et l'autre eu arrière; de plus , l'amour et le désir , ainsi que l'inimiliô de chaque chose.
61. Ainsi d'abord ,nous ne pouvons rien dire de l'origine de l'être de tous les êtres , sinon que dans l'origine il n'y a seulement qu'une essence d'où sort alors l'essence de toutes les essences. Cette même essence est l'éternelle ame de Dieu , laquelle demeure dans les ténèbres. Or , de toute éternité cette même essence s'est désirée elle-même ardemment , et a été dans la volonté d'engendrer la lumière : ce même désir est la source , et cette même volonté est le bourgeonnement ou Tascension. Or 5 l'ascension fait le mouvement et la mobilité ; la mobilité fait Vatiirement dans la volonté , et la volonté fait le désir ; de façon que la volonté s'empresse toujours après la lumière , et c'est là une éternelle alliance , qui est sans commencement et sans fin. Car là où il y a une volonté , ily a aussi un désir ; et où il y a un désir, là il y a aussi, dans le désir de la volonté , un atlirement de ce que la Tolonté désire -, mais le désir est astringent, dur et froid , car il tire à soi, et il retient. En effet, là où il n'y a rien, le désir ne peut rien retenir: or si la volonté veut retenir quelque chose, il faut que le désir ait une solide consistance , afin que la volonté puisse le saisir -, et comme il n'y^
avoit rien de toute éternité , alors la volonté ne pouvoit aussi rien embrasser ni retenir.
62. Ainsi maintenant nous trouvons que les trois sont de toute éternité une alliance sans commencement et indissoluble ; savoir : le penchant , la volonté , et le désir. L'un engendre l'autre ; et si l'un n'étoit pas, l'autre ne seroit pas non -plus : de-là vient que personne ne sait ce que c'est. Car cela en soi-même n'est autre chose qu'un esprit qui , en soi-même, est dans les ténèbres; et là cependant il n'y a pas de ténèbres , mais un rien , ni ténèbres ni lumières.
63. Enfin , le penchant est un chercher ou une stimulation du désir , et la volonté est une pause , une rétention àdiïxs le désir: or , si la volonté doit le retenir , co désir , il faut qu'il soit saisissable , et il ne doit pas y avoir une seule chose dans la vo« lonlé , mais deux ; maintenant puisqu'il y a ces deux choses , Vattirement doit être la troisième , pour qu'il attire dans la volonté ce qu'il y a de saisissable. Enfin , si cela est ainsi de toute éter- »ité , il se trouve que de toute éternité il y a un sourcement et un mobilisant; car ce qui est compacté doit sourcer et être quelque chose , pour que la volonté puisse saisir quelque chose. Si donc cela est quelque chose , il faut que cela soit astringent et attirant , pour arriver à être quelque chose : si donc cela est astringent et attirant , alors l'attirant foit la aaisUsabilité , de façon que la volonté a quelque chose à saisir et à retenir. Si donc cela est saisissable , cela est plus substandcl ou plus
( ^7^ ) €■. 14.
^paîs que îa voTonté. Cela obscurcit la volonté et la couvre ; mais la volonté est dans ce aaisisaable , cl Vattract opère les deux. Si donc la volonté est ilans le oaisUàublê , alors le saisia^sable est les ténèbres de la volonté; car il a embrassé la volonté avec sa aai^^L^Aubillté, Enfin la volonté ne peut sortir du aai^iissable ; elle soupire néanmoins toujours après la lumière , afin d'être délivrée des ténèbres qu'elle se produit cependant à elle-même y par le dosir et Vattract,
64. De là maintenant vient l'angoisse , de façon que la volonté est enfermée dans les ténèbres» Uattirement de la volonté fait la niobilité, et la mobilité fait Tascension de la volonté hors des ténèbres j ' en un mot l'ascension est la première essence ', car elle s'engendre dans Vattract^ et elle est elleDiême Vattract, Or , la volonté ne paut pas no a plus souffrir Vattirement -, car cela la rend ténébreuse par l'essence attirée, que la volonté saisit^ et à laquelle elle résiste : cette résistance est le mobilisant ^ et le mobilisant fait , dans ce qui est attiré y une séparation ou une brisure ; car il partage. L'astringence ne peut pas non plus souffrir cela dans l'attract; l'angoisse devient plus grande dans la volonté, et Taltract aussi plus grand pour retenir le mobilisant ; et quand le mobilisant est ainsi fortement attiré et retenu par l'astringent attirant , il se pique lui-même ; il devient aigu 5. il perce dans l'angoisse astringente : alors l'astrin» gence tire encore plus fort à soi. Ainsi l'aiguilloii devient si grand dans l'angoisse j que la volonté
te. 14. ( 279 }
monte dans un horrible effroi , et forme le projet de s'envoler hors des ténèbres.
65. Ici s'ori^inise l'éternelle base affective , de façon que la volonté Veut passer d'une source dans une autre source , celle de la douceur. Là s*originise aussi l'éternelle qualité dans l'angoisse ; c'est l'éterjiel ver qui s'engendre lui-même et qui aussi se ronge ; il vit en soi-même dans sa propre colère ^ dans les ténèbres qu'il produit lui-même. Enfin là aussi s'originise l'éternelle int/iialification ou imprégnation 5 passé quoi ^ il n'y a plus rien à chercher ; car il n'j a rien de plus profond ou d'antérieur. Cela s'opère toujoufs soi-même de toute éternité , et n'a aucun fabrifcàtèur ni créateur ; et ce n'est pas Dieu , mais c'est l'originelle âpreté de Dieu , l'éternelle angoisse , engendrant en soi et aussi dévorant en soi , et cependant ne consumant rien j et n'augmentant , ni ne diminuant. 66. Or, si maintenant réternellevolontéquiestdind engendrée de toute éternité dans l'angoisse , conçoit une affection pour quelqu'autré chose, afin d'éviter l'âprelé et de s'élever dans la douCeur /cela cependant ne peut venir autrement que d'elle-même. Ainsi l'ame engeiidre àé nouveau une volonté de vivre dans la douceur 5 et la source de cette volonté s'élève de la première volonté 5 de l'âme ângoisseusé ; de l'astringence ténébreuse , qui , dans le mouvement , fait une roue brisante. Là donc la volonté reconçue s'envisage dans la roue brisante, dans la grande angoisse, dans l'ame éternelle, chercbant ùil Uéu où il y ait quelque chose c^ùi existe
( 2^ ) CH. Ï4,
dans Ja douceur 5 et ce même coup d'œil dans la roue angoisseuse et brisante, est un éclair d'une grande volubilité que l'angoisse aiguise ainsi dans Taslringence , de façon que l'aigu de l'éclair est consumant, et c'est là l'éclair de feu, comme cela so voit dans la nalure. Ainsi une substance dure passe au tjavers d'une autre en s'aiguisant, et engendre un éclair de feu qui n'existoit pas auparavant. Or la base affective reconçue saisit l'éclair, et regarde maintenant dans l'astringence , et l'éclair par son aigu colérique consume l'astringence compactée qui le retient prisonnier dans les ténèbres ; eutendez la volonté qui est dans la base affective , et qui maintenant est délivrée des ténèbres.
67. Ainsi l'astringence reçoit l'éclair , et recule dans sa terreur , comme étant soumise ; elle devient douce par la terreur 5 dans cette douceur l'éclair s& déploie comme étant dans sa propre mère 5 et par l'effet de celte douceur il devient blanc et clair ^ il arrive de nouveau une surprise dans l'éclair à causa de la douceur , et c'est l'expansion d'une grand© joie 5 dans laquelle la volonté est délivrée des té« iièbres.
68. Ainsi l'ame éternelle s'unit à la volontéreconcue dans la douceur d'être délivrée des ténèbres de l'angoisse 5 Paigu du brisement des éternelles ténèbres demeure dans l'éclair de la douceur ; et l'éclair so déploie dans l'ame angoisseuse , en plusieurs mille fois mille ; oui , sans fin et sans nombre r or, dans ce même éclair , existe toujours de nouveau la volonté et l'ardente inclination do sortir des ténèbres.
CH. i4. ( 281 )
Car là , dans chaque volonté , se trouve de nouveau l'éclair pour produire une ouverture j ce que j'appelle le centre dans mes écrits et dans tout le cours de ce livre.
69. Enfin la première ardeur et le premier désir ( ou l'âpre génération dans la première volonté ) , ainsi que l'ame ténébreuse , restent en elles-mêmes; elles y ont le reflet de l'éclair de feu qui est toujours subsistant dans l'ame ténébreuse ; et cette même ame ténébreuse est éternellement en angoisse: en outre , dans l'éclair elle est sans interruption dans un état de brisement , d'attract , d'ascension et de désir de monter au-dessus de la douceur. Ainsi , dans le brisement parle feu de l'éclair, dans l'aigu de l'éclair , dans l'essence , l'allract s'élève comme uu centre ou un principe.
La porte de Dieu le père,
70. Ainsi donc dans l'aigu de l'éclair de feu , la lumière qui est dans l'ame éternelle, et qui veut être délivrée à^s ténèbres , s'élève de la volonté reconçue , vers la douceur et la lumière \ ainsi cet affranchissement des ténèbres est une douceur et un bien être pour la base affective , en ce qu'elle est délivrée de l'angoisse et qu'elle se liouve dans l'aigu de l'éclair de feu qui brise les ténèbres astringentes et les rend claires et lumineuses par sa splendeur.
71. Or , dans cette lueur de l'aigu se trouve maintenant la toute puissance ; car il brise en soi-même
' Jes ténèbres , et produit des joies et une grande
( ftSa ) eir. fjfi.
douceur , comme quelqu'un qui passeroit d'irn feu âDgoisseux dans de douces délices. Comme dono l'éclair est en soi si fortement rapide , plus grand et plus prompt qu'une pensée , et qu'ainsi en soimême , liors des ténèbres , dans son enjîammemênty il voit dans la lumière; il s'effraie lui-même si fort qu'il laisse tomber en bas la puissance qti'il avoit dans le feu , et cet effroi arrive dans l'aigu de l'éclair qui est maintenant l'explosion d'une grande joie. Ici la volonté reconçue désire cette explosion du feu dans la douceur. Or , ce désir est ratlirentené de la joie ; Vattirement est V inqualification dans la volonté , et ce qui est attiré rend la volonté imprégnée ou enceinte : car cela est en elle , et la volonté le retient.
72. Or , il n'y a rien que la volonté puisse tirer à soi par l'aigu ou l'essence , sinon , la douceur , le délivrement des ténèbres 5 cela est le désir de la volonté , et là dedans se trouve l'aimable délice que la volonté tire à soi , et l'attirant dans la volonté , imprègne la volonté , de façon qu'elle est enceinte.
73. Maintenant la volonté reconçue est enceinte de joie daùs la douceur ; elle désire de l'engendrer de soi sans interruption, pour se réjouir de nouveau et à cause du goût agréable qu'elle trouve dans \a joie ; e( ce ftiême désir d'engendrer saisit la douceur dans la joie qui se trouve dans la volonté enceinte , et i! apporte de nouveau l'essence ou l'atfract de la voîoUté , hors de la volonté, devant la volonté. Car ce qui est conçu, Je désir l'attire hori de la volotilé imprégnée, devant lar volonté; et
en. 14. l 283 )
ce qui est attiré est aménité , puissance , joie et douceur. Enfin , le désir de l'éternelle volonté est tout entier de manger, ou d'attirer en soi de nouveau cette puissance et d'en être rassasié. Il ne souhaite rien de plus élevé ou de plus délectable ; car, en elle est le complément de la joie et de la douceur la plus éminente.
74. Or , dans cette même puissance qui est dans Dieu le père , comme il est dit ci-dessus , se trouve la science totale de ce qui est dans l'origine , dans l'éternité, là où l'éclair brille en mille fois mille, ou sans nombre. Car celte vertu puissante de la joie dans les délices est sortie de l'aigu du coup d'œil ; et le tout-puissant voit de nouveau dans l'aigu , au-dessus des ténèbres , dans l'éternel aigu , dans l'ame ténébreuse. Or , la base affective s'incline vers la puissance , et désire la puissance ; et la puissance ne retourne plus en arrière dans les ténèbres ; mais elle s'y contemple. De-là vient que l'éternelle l3ase alfective est toujours aspirante après la puissance : la puissance est l'aigu ; l'aigu est l'attirant , et s'appelle l'éternel fiât , qui crée là , et corporise ce que veut l'éternelle volonté dans la douceur toute puissante ( laquelle est la force et le brisement des ténèbres , et le développement du principe ). Il opère là ce que la volonté aperçoit dans l'éternelle science, ce qu'en soi elle se propose de faire , ce qui s'incline vers la douceur, ce que cette volonté souhaite de créer par le fiat aigu ( c'est-à-dire l'éternelle essence ). C'est là maintenant la volonté de Dieu. Ce q^ui s'incline \eiè
( 284 ) CH. 14'
lui, et désire être à hii^tout ce qui se porte vers lui, dans sa puissance, dans un nombre mille et milla fois répété , ou à l'infini j il veut le créer dans la douceur,
75. Or, ce qui est sans fin a la possibilité de pouvoir s'incliner vers lui , étant encore dans la première essence. Toutefois , tu ns dois entendre ici aucune aulre universalité ; car Dieu seulement est l'universalité , et la plus grande profondeur par-tout. Mais ce qui est dans l'infini , cela est partagé, et est dans l'aperçu de la multiplicité , là où l'universalité se contemple en soi et par soi-même eninfinilé dans les éternelles ténèbres, qui sont imprégnées. Ces mêmes coups d'œil existent tous dans l'origine de feu , et peuvent dans les ténèbres imprégnées , c'est-à-dire , dans l'astringence de la froidure , et dans l'éclair de feu , apercevoir de nouveau, et vivifier leur pencbant j ou bien concevoir de nouveau en raison des ténèbres et de l'angoisse de l'ame , une volonté d'aller dans la douceur de Dieu , au travers de l'aigu qui est dans l'éclair.
76. Car , l'aigu dans l'éclair est toujours le centre pour l'engendrement dans le second principe auquel, maintenant, le ver s'unit dans l'étincelle pour s'engendrer , soit de l'essence aiguë dans l'éternelle froidure , par le moyen de l'éclair qui est dans l'âpreté du feu , soit de l'aigu dans la renaissance de la douceur en Dieu ; cela devient sa demeure , et sans retour: car la douceur ne va point en arrière dans la colère ténébreuse et dans la Iroide essence , dans le
CH. 14. ( 285 )
premier attract qui est de toute éternité avant la vo* lonté reconçue; mais elle vient à son secours ^ et elle l'éclairé. Ce que l'aigu reçoit de la forte puissance de Dieu, est vivant, dans la puissance et la lumière , éternellement avec Dieu.
77. Maintenant , la profondeur des ténèbres est aussi grande que la demeure delà lumière ; ces deux classes ne restent pas l'une à part de l'autre, mais elles sont unies l'une à l'autre , et aucune n'a ni commencement m fin j il n'y sl pour elles aucune limite ni lieu, mais la renaissance aiguë est la fin et la limite , et est la marque de séparation entre ces deux principes.
78. Il n'y a aucun dessous ni dessus ; seulement la renaissance, bors des ténèbres, dans la douceur, s'appelle le dessus : et il y a une telle barrière entre jeux qu'aucun ne saisit l'autre; car c'est une génération ou un principe , un ferme centre , la limite jde séparation , de façon que l'un ne peut pas aller dans l'autre , excepté l'aigu éclair du feu delà forte puissance de Dieu ,qui est dans le centre de la renaissance , qui voit seulement dans le ver des ténèbres, et fait, en épouvantant les ténèbres, l'éternel angoisseux tourment, l'ascension dans le feu , et cependant n'atteint rien au-delà de Tanguisse; et dans l'angoisse , la lueur colérique. Or , tout céqui maintenant est corporisé dans la base affective colérique,' dans les coups d'œil de l'infinité, et ne met pas sa volonté dans la corporisation précédente, ou dans Je centre de la renaissance dans la douceur deDieu^
C ^86 ) . en. \4.
cela demeure dans Tame ténébreuse dans l'éckir de feu.
7<> Ainsi celte même créature n'a aucune autre volonté en soi , et ne peut non pl^js en puiser dans aucune autre chose jcariln'y a pins rien en elle que la volonté de toujours s'élever au-dessus du centre dans sa propre puissance non^régénérée, et de dominer dans la forte pq^issance du feu sur la douceur de Dieu ; et cependant elle ne peut y atteindre.
80. Ici est la source d'où la aéaturc des ténèbres tirera volonté d'être au -dessus de la divinité , tel que le démon ; et telle est la source de Forgueil parti» eu lier ou de V amour propre: car telle qu^cst la source dans la créature, telle est aussi la^créature, attendu que la créature vient des essences , et que la source ou son ver est de l'étemelle volonté de l'ame ténébreuse.
Ôï.Or, cette volonté n'est pas la volonté de Dieu , et aussi n'est-elle pas Dieu ; mais la volonté reconçue dans la base aileclive, pour la dbuceur, est la volonté de Dieu engendrée de nouveau, laquelle est dans le centre de la génération , dans l'aigu du brisement des ténèbres ; dans la douce amabilité du royaume de joie ; dans l'e-xpansion de la Itimière; dans la réimprégnation de la volonté , et do l'engendrement de la puissance dô Téternelle toute science et sagesse dans l'amour. C'est là ce qu'est Dieu : ce qui écoule de Ini est sa volonté , que l'essepce ou j l'aigu fiât crée 5 et Dieu demeure
«H. i4- ( ^87 )
dans le second principe , là où de l'éternel centre i de l'éternelle volonté , est éternellement engendré le royaume de Dieu sans fin et sans nombre , ainsi qu'il suit ci-après.
La porte du fils de Dieu^ le très gracieux lys dans les
merveilles.
82, Si donc l'éternelle volonté s'imprègne toujours ainsi de toute éternité , elle a aussi Téternel désir d'engendrer le iils dont elle est enceinte 5 et cette même volonté d'engendrer , engendre éternellement le fils dont la volonté est enceinte; or, le fils est l'éternelle puissance de la douceur que la volonté saisit de nouveau en soi , et il exprime la profondeur de la divinité, elles éternelles merveilles «t sagesses de Dieu.
83. Car, U volonté prononce , et l'enfant de la puissance et de l'étemelle douceur est la parole que la volonté profère. ; et. ce qui procède de la parole prononcée, est l'esprit , lequel , dans la puissance aiguë de Dieu , dans le centre de la renaissance de l'éternelle base afifective ( ou de l'angoisse dans l'éclair de feu, dansT^igu du brisement.des ténèbres et dans l'ouverture delà lumière dans la douceur) •ort éternellement de l'éternelle volonté , et de la parole de Dieu par le fiât aigu de la puissance du père -, et c'est l'esprit saint de Dieu. Il est la puis» ^ance du père; il sort du père, de. la. boucbe de Dieu par la parole»
(288)
en. 14^
Im porte des merveilles de Dieu dans les roses du l^s,
84. Ici la raison se demande : Oîi va l'cspril saint de Dieu lorsqu'il sort du père et du fils par la parole de Dieu? Vois, toi, Adam malade , ici la poyte du ciel est ouverte , elle est aisée à reconnoître pour celui qui seulement le vent sincèrement. Car, l'épouse dit: Viens ; et que celui qui a soif vienne là. Or, celui qui vient là , boit de la source de .'a connoissar.ee de l'éternelle vie , dans l'odeur et la rerlu du lys de Dieu dans le paradis.
85. Ainsi qu'il a été exposé , la base de la trînité sainte dans une essence divine et indivisible Dieu le père , le fils, l'esprit saint , est pro venue de rien , de toute élernité ; elle est toujours engendrée par soi-même , et de soi-même de toute éternité , sans commencement ni fin ; mais demeurant en soimême , resserrée par rien , n'étant soumise à aucune localité , ni limite , ni place ; elle n'a aucun lieu pour son repos ; mais sa profondeur est plusV grande que nous ne pouvons le penser. Cependant, là il n'y a aucune profondeur , mais l'inscrutable éternité ; et celui qui voudroit ici chercher une limite et une fin , seroit confondu par la divinité , car il n'y en a point : c'est la limite de In nature. Or, le scrutateur indiscret seroit comme Lucifer qui vouîoit, dans son orgueil, s'élever au-dessus de la divinité. En effet , comme il n'y avoit point de lieu, il
^^' 14- ( 289 )
avança en lui - même dans la colère ignée , et il fut perdu pour la fontaine du royaume de Dieu.
86. Maintenant, vois le lys , toi noble ame', pleine des angoisses et des affeclions de ce monde. Vois - la trinité sainte a en soi une éternejle volonté • la volonté est le désir. Or, le désir, ce sont les ét'er- «elles essences dans lesquelles se trouve Tafgu ou réterne! fiât , qui sort du cœur et de la bouche de Dieu par l'esprit saint. Et la volonté qui sort de l'esprit , est la puissance divine 5 la volonté la saisit cetje puissance, et la retient; le fiât la crée, de f^içou qu'amsi toutes les essences sont en elle comme dans Dieu même. La fleur de la lumière sortant du c<Pur de Dieu, fleurit en elle , et cependant elle n'est pas Dieu ; mais la chaste vierge [ou la sophie ]de l'éternelle sagesse et inteliigencciet je traite souvent d'elle dans ce livre.
87. Enfin la vierge ou la sophie est devant Dieu • elle s'incline vers l'esprit dont sort la puissance [ c est parla qu'elle est la chaste vierge de la sagesse: elle est dès lors la compagne de Dieu pour la joie de Dieu ; elle se contemple dans les éternelles merveilles de Dieu, et dans cette contemplation elle devient soupirante après les merveiUes dans l'éternelle sagesse qui cependant est elle-même ; elle se désire ainsi en soi-même , et ses désirs sont les éternelles essences qui tirent à soi la sainte puissance ; l'âpre fiat les crée, de façon qu'elles existent en substance ; elle est une vierge ; elle n'a jamais engendré, et elle ne prend aussi rien en soi ; elle se porte vers l'esprit saint qui sort de Dieu ; elle ne
{ 290 ) *"• '*•
rétrograde point , et ne tire rien à soi ; mais elle plane devant Dieu , et est la fleur de la végétation
divine. ,
88. Ainsi la vierge ou la sophie n a non plus aucune volonté de s'imprégner avec quelque chose ; mais sa volonté est d'ouvrir les merveilles de Dieu : c'est pourquoi , sa volonté dans les merveilles , est d'apercevoir les merveilles dans les éternelles essences ; et l'âpre fiât crée celte même volonté virginale dans les essences. Cela est une substance qui demeure éternellement devant Dieu, et dans laquelle les éternelles merveilles de la vierge sophie ou delasagesse de Dieu , sont manifestées.
89. Et cette substance est l'éternel élément dans lequel toutes les essences dans la puissance divine , restent ouvertes et sont visibles, et où la belle et chaste vierge sophie de la sagesse divine , se contemple toujours selon le nombre de l'infinité , mille et mille fois répété, sans fin et sans nombre. Or, dans cetli^^ontemplalion , sortent de l'éternel élément , les couleurs , les sciences , les t'ertu* et la croissance du lys de Dieu , ce dont la divinité se réjouit sans cesse dans la vierge ou la sophie de la sagesse. Cette joie descend des éternelles essences et s'appelle le paradis , vu la vive génération de l'aimabU fruit du lys en infini , oîi alors les essences du lys s'élèvent en merveilles en plusieurs mille fois mille , sans nombre , comme lu en vois une image dans la terre florissante.
go Toi , chère ame , vois, considère ceci. Maintenant ceci est Dieu , et sou céleste royaume avec
Téternel élément et le paradis , et cela existe ainsi dans l'éternelle origine , d'éternités en éternités. Enfiu , ce qu'est là cette joie , ces délices et cette amabilité , je n'ai aucune plume pour le pouvoir écrire Je ne peux pas non plus le dire , car la langue ter^ restre est de beaucoup trop débile pour cela. Elle n'est que comme de la boue comparée à de l'or et encore beaucoup moins. Quoique la vierge ou sophie apporte cela dans l'intelligence , cependant tout est trop ténébreux et trop froid dans tout l'homme , pour qu'il ose seulement en exprimer une élincelle! Nous voulons réserver cela jusqu'à ce que nous soyons dans le sein de la vierge sophie. Nous avons seulement donné de ceci une courte explicatioa pour qu'on puisse entendre Tauleur de ce livre ; car, nous ne sommes qu'une étincelle de la fontaine de la sagesse de Dieu , et nous parlons comme une étincelle. Mais pour nous, êtres terrestres , c'est assez ici sur cette terre, pour notre foible connoissance. Car, dans cette vie , nous n'avons pas besoin que Dieu donne une plus haute çonnoissance de l'éternelle substance. Nous parlons donc simplement de ce qui a été dans l'éternité ^ ainsi c'est assez.
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( ^2 )
CHAPITRE QUINZIEME.
De l'intelligence de l'éternité dans la comiptibilité de l'essence de toutes les essences.
I. ^j donc, nous coD$id(^rons ainsi l'étemelle VO' lonté de Dieu , et l'essence de toutes les essences , nous ne trouvons , dans l'origine , qu'une seule essence , comme cela a été exposé. De cette essence est née de toute éternité la seconde essence, ou l'essence divine , et nous trouvons que la double essence ' existe dans la puissance divine , mais non pas en une seule source ; car elles ne se mélangent point , et aucune ne peut non plus être détruite.
2. Mais elles ont chacune un double pencLanI en elles-mêmes , pour ce qui est à elles. Or, puisque l'essence divine est engendrée de soi-même de toute éternité , elle est ainsi disposée à secourir celle qui est foible , et s'appelle avec raison , misé-, ricorde , barmhertzigkeit.
3. Maintenant , comme la vierpe de l'éternelle sagesse ou la SOPHIE , s'est contemplée dans l'éternelle origine , et que dans l'éternelle base affective , dans l'essence aiguë du brisement des ténèbres , elle a trouvé dans l'éclair de feu , la profondeur de l'image de Dieu , et de quelle manière l'image de Dieu
<•■• i5. ( ^93 )
«t là en éternelle origine, dès lors elle est désireuse de cette image,et ce désir fait Patiirement dans la volonté , et la volonté reste devant l'image • or dans /'««.w., de la volonté , le mx opéra la vo! Ion é dans l'image , d'où sont venus les anges tout à la fo.s. Ma.s alors les éternelles essences étoient dans 1 image j et la sagesse s'envisagea dans les essences en un nombre infini , de façon que les éter- •elles merveilles furent manifestées. Alors elles sor- ..ent selon chaque essence , comme d'une seule source, en plusieurs mille fois mille , ou à Pinfini
4- De là vint le nom de trône et de prince ,' le tout selon l'essence de la première et grande source» qu.,dans le coup d'œil de l'éternelle sagesse de Dieu sort de nouveau en plusieurs mille fois mille, o„ à Un^ru .cependant il jr a un nombre marqué. n>a.s dans le centre de Dieu, il n'y en a point! Ains. de chaque essence sont sorties des fontaines - premièrement des trônes ; et dans les trônes pl„; sieurs mille fois mille OB A ;';„>,i. ^ ^
■ ^'i-'Y'? " "^^ ^^'' P°"' ^^'^ ""« '■■nage et une similitude de Dieu , ce qui fut obombré dans le mr par la surabondante uertu de Dieu ; et la volonté de Dieu s est représentée devant l'image et la similitude qui alors reçurent la volonté. Ce furent là les anges : car ils mirent leur imagination dans la volonté , et dans le cœur de Dieu , et ils mangèrent du verbe du seigneur. Mais ceux qui, comme Lucifer, mirent leur imagination dans l'ame ténébreuse' aCn de monter au - dessus de la divinité et de' la douceur , et de là dans la puissance du feu
il
( 294 ) CH. iS^l
éatns réclair de feu , dans la puissance aiguë de Dieu, et afin d'être seuls dominateurs : ceux-là devinrent des démons , et ils tirent leur nom de leur expulsion hors de la lumière , attendu qu'ils étoient dans la lumière lorsque le fiât les créa ^ car le fiât qui les créa resta dans la lumière.
6. Ainsi le démon est coupable de sa chute ; car il se laissa mouvoir par la matrice de l'âpreté, tandis qu'il avoit cependant sa volonté pour s'attacher à la lumière ou aux ténèbres. Or , Lucifer éloit un trône ; c'est-à-dire , une source d'une grande essence , d'où proviennent tous ses subordonnés ; et ils firent comme lui. Ainsi ils furent rejetés en arrière dans les ténèbres j car la lumière de Dieu ne va point dans l'âpreté.
7. Quand les démons colériques , créés dans l'espérance qu'ils deviendroient anges au lieu de démons , eurent conçu dans leur imagination le dessein de dominer sur Dieu , et sur le royaume du ciel , le fiât qui les avoit créés , et qui travailloU à la figuration de l'image , fut infecté. Il enflamma aussitôt dans le miroir de la contemplation , Pélément, dans la similitude et dans l'extra-génération ; de façon que l'essence a engendré les éminentes essences d'où sortent les quatre élémens de ce monde , ou du troisième principe. L'aigu FIAT de Dieu , qui resta dans Pextra-génération , a créé l'extra-génération , d'où sont venues la terre
et les pierres.
8. Car lorsque le fiât enflamma l'élément dans Pextra-^'éncralion , alors la matière enflammée deCH. 1^» ( 1295 )
vint saisissable. Elle ne convenoit point jnaintenani^ au paradis ; mais elle fut extra-créée. Toutefois^ pour que l'élément avec son extra-génération n'engendrât plus rien de cette sorte , Dieu créa de l'élément le ciel, et laissa le troisième principe sortir hors de l'élément , qui est XeMmbus céleste : là alors l'esprit de Dieu se contempla de nouveau dans la vierge sophie , ou dans l'éternelle sagesse, et trouva de nouveau l'image dans l'extra -génération, dans la substance périssable. Or , ce coup d'oeil contemplateur [ ou bien F image aperçue ] resta dans rattim rement aigu du fiât ; et le fiât le créa de manière qu'il devint substantiel ; et ce sont les étoiles , une pure quintessence, un écoulement du fiât hor* du limbus de Dieu , dans lequel l'élément reste caché.
9. Mais pour que l'essence aiguë et âpre ne fût plus dans l'attirement , alors Dieu engendra une image de la fontaine du cœur de Dieu , c'est-àdire , le soleil j et , par ce moyen , naquit le troisième principe de ce monde , qui mil toutes choses dans la douceur et dans la bonté.
10. Mais puisque l'éternelle sagesse de Dieu , comme étant dans la chaste vierge sophie de la puissance divine, s'étoit envisagée elle-même dans le principe de ce monde , dans le même lieu où Je grand prince Lucifer avoit été dans le ciel, dans le second principe : dès lors ce coup d'oeil eontemplateur étoit éternel ; et Dieu voulut que des images ou similitudes sortissent des essences , et que le fiât les créât selon l'espèce de chaque e«?-
î I
( 29^ ) Cil. i5«
sence. Ces similitudes doivent ôtre , après la dissolution de cette substance extérieure , une figure et une image dans le paradis , et une ombre de celle substance.
1 1. Pour que rien d'inutile ne sortît de la sagesse de Dieu , alors Dieu créa de toutes les essences les animaux , les oiseaux , les poissons , les reptiles , les arbres et les plantes ; en outre aussi les esprits de la quintessence , figurés dans les élémens ; par ce mojen , après le complément du tems, lorsque l'ex* Ira-génération retournera dans TElber, tout brillera devant Dieu , et son éternelle sagesse sera reconnue dans ses merveilles.
12. Mais puisque sa volonté étoît d'avoir aussi à ce même trône , dans Téternel élément , une créature qui fut mise à la place des^démons tombés , et qui défendit ce Heu dans le ciel , dans le paradis , alors il créa l'homme de l'élément.
i3. £t ainsi alors ce lieu fut double et même triple 5 en y comprenant l'éternelle origine ; savoir : le premier principe dans la grande angoisse j et ensuite le second principe dans la joie divine dans le paradis ; et en outre le troisième principe dans la lumière du soleil , dans les qualités des étoiles et des élémens. Ainsi l'homme devoit être créé de tous les trois; mais puisqu'il devoit être un ange en ce lieu , et recevoir toutes les connoissances et toutes les intelligences , afin qu'il pût aussi avoir Télernelle joie par les figures et les images qui ne restent pas en éternels esprits , mais dans l'éternelle figure , il résulte de là que toutes choses sont dans ce monde.
c«. i5. ( 297 )
14. Là Dieu se contemple, selon son éternelle Volonté, dans son éternelle sagesse de la noble vierge 80PHiE,dans l'élément qui, dans le paradis , est l'aigu de la puissance divine ; et le fiât créa l'homme , de l'élément , dans le paradis ; car il exprima la quintessence du soleil, des étoiles et des élémens , l'attira dans le paradis , dans l'élément de l'origine , d'où les quatre élémens procèdent, et il créa l'homme à l'image de Dieu , c'est-à-dire , en similitude de Dieu; et il lui insuffla dans l'élément du corps, qui étoit toutefois une vraie puissance paradisiaque, l'esprit de l'éternelle essence venant de l'éternelle origine ; alors l'homme devint une ame vivante et une image de Dieu dans le paradis.
i5. Et la divine sagesse de la très gracieuse vierge sophte se contempla dans l'homme. Par ce coup d'œil , elle ouvrit le centre d'Adam en des nombres mille et mille fois répétés qui dévoient sortir de la source de cette image ; or, cette noble vierge de la sagesse et de la puissance de Dieu , se seroit mariée à lui avec le dessein qu'il fût pur et entièrement chaste auprès de sa vierge, et qu'il ne mît aucune volonté , ni dans le premier , ni dans le troisième principe , pour y inqualifier , ou y vivre J mais son inclination 'devoit être dans le cœur de Dieu , et il devoit manger du verbe de Dieu dans tous les fruits de ce monde.
1^. Car les fruits étoient bons aussi ; et leur attrayante qualité venoit de l'élément intérieur ou du paradis. Alors Adam pou voit bien manger de tous les fruits dans la bouche , mais non dans le corps ,
'ii
( 298 J C». 1^,
dans la corruplibilité ; cela ne pouvoil pas être : car son corps devoit subsister éternellement et rester , dans le paradis , et engendrer de soi une vierge de chasteté , semblable à ce qu'il étoit , et cela sans déchirure de son corps. Car cela pouvoit être puisque son corps étoit de l'élément céleste , oude la puissance divine.
17. Mais lorsque la chaste vierge sophie se présenta ainsi en Adam , avec tant de sagesse , de douceur et d'humilité , lesélémens extérieurs devin* rent ardens pour l'élément éternel, pour s'élever dans la chaste vierge, pour y inqualifier, Puisqu'Adam étoit extrait d'eux, de la quintessence , ils désiroient ce qui étoit à eux , et vouloient inqualifier dans ce qui étoit leur propriété. Toutefois c'est ce que Dieu défendit à Adam , en lui disant qu'il ne devoit pas manger de la connoissance du bien et du mal , mais^ se contenter d'un aliment paradisiaque.
18. Mais l'esprit du grand monde subjugua Adam, et s'établit avec puissance dans la quintessence qui est la cinquième forme ou l'extrait de ce qui est dans les quatre élémens et dans les étoiles. Alors Dieu devoit créer à Adam une femme de ses essences, puisqu'il devoit remplir et bâtir le royaume selon ce que la noble vierge avoit aperçu \ et l'homme devint terrestre , et la noble vierge sophie , s'éloignant de lui, se retira dans le paradis : là elle attend ce qui est à elle , il faut qu'il dépose le terrestre ; alors elle sera son épouse et sa tendre amante. Or, maintenant , la loi est de rigueur pour l'homme de ce inonde y il faut qu'il soit engendré dans la puissance
cH. i5. ( a99 )
des étoiles et des élémens externes , et qu'il y vive jusqu'à ce que le terrestre tombe.
19. Enfin il est triple dans cette vie , et le triple esprit est suspendu sur lui ; c'est dans ces liens qu'il est engendré , et il ne peut en être délivré qu'en se dissolvant. Bien plus , il peut être privé du paradis , si son esprit imagine dans le colérique et dans l'âpreté.Et s'il s'y abandonne, pour vivre ainsi en soimêmedans l'orgueil au-dessus de la douceur et de la justice , et avec empire comme Lucifer ; alors il manque le paradis qui se trouve fermé pour lui , et il perd la première image , qui est dans l'éléçpent caché dans le paradis.
20. Car l'homme adamiquepeut néanmoins vivre dans le paradis selon l'élément intérieur qui resie ouvert dans la base affective- S'il combat l'iniquité , et s'il se donne entièrement et de toute sa force au cœur de Dieu , alors la vierge ou sophie demeure auprès de lui dans l'élément intérieur , dans le paradis; elle éclaire son espritpour qu'il puisse réprimer le corps adamique.
21. Car les trois engendremens sont produits ensemble pour chaque homme , dans le corps de la mère ; et personne ne peut dire : Je ne suis pas un élu. C'est un mensonge qui renie l'élément pwr , dans lequel l'homme vit aussi 5 en outre , c'est renier la vierge de la sagesse ou la sophie que Dieu donne à chacun de ceux qui la cherchent avec sincérité et humilité. Ainsi la puissance de chercher est aussi dans chacun; et est engendrée en lui parle tout puissant élément caché; ei il n'y a pas d'autre
( 3oo ) CH. i5^
«ause de la perdition de Phomme , que celle qu'a offert Lucifer dont la volonlé étoit libre ; il pouvoit se tourner vers Dieu , dans Thumilité , la* chasteté et la douceur ; il ponvoit aussi se tourner vers l'ame ténébreuse , dans la méchanceté et Tàprcté qui s'y élèvent, et qui ne sont pas , h la vérité, dans leur source , un désir de s'élever au-dessus de Dieu , . mais tendent seulement au-dessus de la douceur , dans l'éclair de feu , dans la sévère renaissance. Seulement les démons vouloient, comme créatures, être supérieurs et les seuls souverains 5 il en est de même de l'homme ici bas.
22. La f^anîeé de la nature pousse véritablement un homme plus fortement que le» autres; mais elle n'en contraint aucun d'être orgueilleux ; et quoiqu'il j ait violence , l'homme n'a cependant au sujet des honneurs temporels et de la cupidité, qu'à laisser avec une ferme volonté le démon dans les éternelles essences; celui-ci voit surle-champ comment l'homme est poussé par l'esprit de ce monde , aussi il le tente dans le même sens. Pour peu qu» l'homme le laisse entrer , c'est un hôte difficile à expulser. Cependant cela est très possible. Si rhomm« se propose absolument et entièrement de se convertir et de vivre dans la volonlé de Dieu , la vierge ou sophie est toujours toute prêle à )ui aider. 33. Les attaques, redoublent lorsque je noble grain de sénevé doit être semé ; car le démon s'y oppose fortement. Mais celui qui s'opiniâlre ù résisier^ éprouvera bienlôt ce qui est écrit dans ce livre,, et quand même il ne pourroit pas êlre délivié des.
CH. i5. ( 3ot )
imperfections et des impulsions des élémens externes , cependant la noble semence lui reste dans le limbus de Dieu ; elle croît et pousse , et finalement elle devient un arbre qui n'agrée point au démon , mais il tourne autour de l'arbre comme un dogue plein de ruses ; il jète son infection sur l'arbre ; il l'accable en outre de toutes sortes d'adversités par ses ministres ; il en expulse aussi plusieurs de leur maison , par ses cabales , afin qu'ils ne puissent plus lui uuire, mais c'est un profit pour eux , et ils vont dans la terre des vivants.
24. Ainsi nous disons maintenant , d'après notre haute connoissance , que la source de tous les trois principes s'imprime à la fois dans Vhomification de l'enfant dans le sein de la mère. Car , après que l'homme a été figuré des étoiles et des élémens par le FIAT, de façon que les élémens ont pris possession de leur région 5 savoir :1e cœur, le foie, les poumom, la vessie et l'estomac dans lesquels ils ont leur demeure ; alors il faut que le maître s'élève de tous les élémens dans sa double formecar il y a maintenant là: i»., l'image de Dieu ; il y a aussi là 2". , limage dece monde , et aussi 3o. , l'image du démon. Or donc , il en coûte un combat et une victoire, et il faut que le briseur de serpent se trouve aussi dans le corps de la mère.
25. C'est pourquoi , vous , pères et mères , soyez craignant Dieu et pieux , pour que le briseur de serpent soit aussi dans votre fruit. Car Christ dit : Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits ^
( 3o2 ) CH. i5.
tt un arbre mauvais ne peut pas porter de bons fruits. Or , quoique ceci se rapporte à la base affective ou à l'ame qui est née , et qui jouit de son intelligence , de façon qu'une ame mauvaise ne porte pas de bons fruits ; ni une bonne , de mauvais : cependant cela est véritablement essentiel pour l'enfant , puisque l'enfant est engendré de l'essence des parens.
26. Quoique les étoiles dans la génération extérieure , changent les essences de l'une dans l'autre selon leur source, ily a cependant encore là l'élément qu'elles ne peuvent pas changer par leur puisssance , à moins que l'homme ne le fasse lui-même : elles n'ont que la région extérieure ; et aussi le démon jïi'ose pas graver ses traits avant le tems de l'intelligence , où l'homme peut s'incliner de lui-même au mal ou au bien. Néanmoins personne ne doit se reposer sur cela. Si les parens sont impies , Dieu peut aussi bien abandonner une semence impie ; car il ne veut pas que l'on jète les perles devant les p(^rceaux. Quoiqu'il soit disposé à secourir tous les hommes , cela n'est toutefois que pour ceux qui se tournent vers idi. Quoique l'enfant soit dans l'innocence , cependant la semence n'est pas dans l'innocence , et il lui faut bien le briseur de serpent. C'est pourquoi, vous, parens , pensez à ce que vous faites ; sur-tout vous , débauchés et prostituées , vous avez ici une dure leçon. Faites attention à vous , ce n'est point un jeu ; on vous annoncera cela en sou lieu, de manière que le ciel en éclatera. En vérité , le tems de la rose apporte cette lumière avec lui, et il est grand
ca. i5. ( 3o3 )
tems de veiller 5 car le sommeil est passé. Il y aura un grand déchirement avant le lys 5 c'est pourquoi , chacun doit penser à ses affaires.
37. Si donc nous sondons la vie de l'hommed ans le sein de la mère par rapport à sa puissance , à son langage , à sa pensée , à son ame noble et précieuse y alors nous trouvons la cause pour laquelle nous avons fait d'abord une si longue description de l'éternelle génération ; car le langage , les pensées et la base affective ont aussi , dans l'homme , une semblable origine , et telle qu'elle a été exposée ci-dessus pour l'éternelle génération de Dieu ; or , c'est une précieuse porte.
28. Car , voyez. Quand les portes de ce monde sont à leur point , de façon que l'enfant sortant des essences soit une ame vivante , et qu'il voie enfin dans la lumière du soleil et non dans la lumière de Dieu j alors , le vrai maître ou le fiât , vient précisément à cet instant , et dans un clin d'oeil , lorsque la lumière de la vie s'enflamme , et il figure ce qui est sien : car le centre éclot dans tous les trois principes. Les essences astringentes sont les premières dans le fiât , dans la forte puissance de Dieu ; elles sont la propriété de l'enfant , le ver de son ame ; elles restent dans la maison de la grande angoisse comme dans l'origine : car la semence est semée da ns la volonté; la volonté reçoit le fiât dans la teinture ; le fiât tire à soi la volonté intérieurement, «t la semence extérieurement en une masse, attendu qu'il est là le maître à l'intérieur comme à Pextérieur.
( 3o4 ) CH. i5.
29. Knfiu , la volonté tire tellement à soi qu'elle devient enceinte intérieurement et extérieurement ; elle s'obscurcit et elle ne peut supporter cette situation ; c'est-à-dire , d'être ensevelie dans les ténèbres. C'est pourquoi elle ressent une grande ardeur pour la lumière ; car la matière extérieure est remplie par les élémens , et le sang est dans l'étouffement : alors la teinture s'éloigne ; et c'est là le vrai abîme de la mort. Ainsi l'intérieur est rempli par les essences de la puissance : or , dans cet intérieur s'élève une autre volonté de se porter de la forte puissance des essences , vers la lumière de la douceur ; et dans l'extérieur , il y a lo désir de se séparer ; savoir : l'impur d'avec le purj car c'est là ce que fait le fiât extérieur.
30. Nous devons considérer daus la puissance de la vierge sophie 5 que la volonté premièrement est triple, et que cbacune, dans son centre, est fixe et pure jcar elle sort de la teinture : i**. Dans le premier centre s'élève , entre les parens de l'enfant , le pencbant 5 et le bestial désir de l'acte charnel; cela est le centre extérieur élémentaire, et il est fixe en lui-même ; 2''. dans le second centre s'élève l'amour ardent pour la copulation , et quand même ils se seroieot regardés auparavant l'un et l'autre avec aversion , néanmoins , dans la copulation , le centre de l'amour s'élève ( quoique seulement dans la copulation ) , car une teinture pure saisit l'autre ; et , dans la copulation , la masse les reçoit toutes les deux.
3i. £nfîB^ l'amour inqualifie avec l'élément in«
CH. i5. ( 3o5 )
térieur ; l'élément avec le paradis , et le paradis est devant Dieu. La semence extérieure a ses essences qui inqualifienl premièrement avec les élémens extérieurs. Les élémens extérieurs inqualifient avec les étoiles extérieures ; les étoiles extérieures mqualifient avec l'àpreté extérieure , la colère et la méchanceté ;|et la colère et la méchanceté , dans Yi\\iveiéyinquaUfient avec l'origine de la premièro âpreté de l'abîme infernal 5 l'abîme inqualifie avec le démon.
32. C'est pourquoi , ô ! homme , réfléchis à ce que lu as acquis par le corps terrestre 5 tu es réduit à manger et à boire du mauvais et du bon; ce que Dieu cependant avoit défendu. Ici vois dans la base des essences , et ne dis point avec la raison que c'est simplement pour avoir été désobéissant, que Dieu s'est enflammé , et que sa colère ne peut pas s'éteindre : lu te trompes. Si la claire divinité s'éloil enflammée , elle ne se seioit pas laite homme par rapport à toi, pour te prêter son secours. Regarde seulement le but dans l'éternité , et tu trouveras tout.
33. Ainsi , par la copulation , le royaume des ténèbres et du démon est semé à-la-fois; et le troisième centre de la grande ardeur s'élève de concert.. C'est de là que l'âprelé et la maison de la chair sont engendrées ; car le pur amour qii^ atteint l'élément , et de-là le paradis , a un centre pudique et chaste , et il est fixe en soi-même.
34. Je te donne de ceci un juste exemple à considérer hautement et avec attention. Regarde deux
( 3oG ) CH. i5.
)ennes gens qui ont déjà atteint la fleur de la noble teinture dans la matrice et le limbus, de façon qu'elle soit enflammée : combien ils se portent Tua à l'autre une fidélité cordiale, et un pur ^mour jusque là que chacun d'eux se plairoit délicieusement à partager son cœur avec l'autre , si cela se pouvoit faire sans danger et sans mourir ! Or , c'est là la vraie fleur paradisiaque , et cette fleur atteint et inqualifie avec l'élément et le paradis. Mais aussitôt qu'ils se prennent l'un et l'autre, et qu'ils se livrent à la copulation , alors ils s'infectent mutuellement par leur ardeur , qui est née des élémens externes et des étoiles , et qui atteint l'abîme 5 et ils deviennent souvent ennemis juré* l'un de l'autre. Même s'il arrivoit que la com« plexiou fut assez noble pour qu'il restât encore de l'amour , il ne seroit cependant plus si pur ni si fidèle qu'étoit le premier avant la copulation ; lequel amour étoit plein de feu, tandis que celui dans l'ardeur est terrestre et froid. Il est bien vrai que celui-là doit garder la fidélité , puisque sans cela il n'y en auroit pas ; ainsi qu'il est reconnu dans plusieurs comment ensuite, dans le mariage, on recherche les débauches et les prostitutions^ et comment on cherche le sucre que le démon jète dans la noble teinture , si l'homme s'y abandonne.
35. Puisque l'on voit donc ici de nouveau que Dieu n'avoit pas voulu la copulation terrestre y 2'homme auroit du rester dans l'amour plein de feu , qui étoit dans le paradis, et engendrer de soi
<^«- »^' ( 3o7 )
Mais la femme étoit dans ce monde , dans le règne des élémens extérieurs , dans l'ardeur du fruit défendu dout Adam ne devoit pas manger. Or , quoiqu'il en aitmangé,eiqu'ainsi il nous ail perdus! cependant il en est de lui comme d'un voleur qui a été dans un délicieux jardin , et qui en est sort£ pour aller voler : maintenant il y retourne, et voudroit rentrer dans le jardin 5 et le jardinier s'y odpose. S'il tend une main dans le jardin pour en avoir un fruit, alors le jardinier vient, et lui arrathe le fruit de la main -, et il faut , dans son ardeur et dans sa colère, qu'il s'en aille de là. Il ne revient plus au jardin 3 [{ ne lui reste que son ardeur désTrante, au lieu du fruit. Voilà ce qu'il a reçu au lieu du fruit paradisiaque ,• nous en devons mamtenant manger tous , et vivre dans la femme.
^(^^ Ainsi , je vous donne grandement à penser ce que c'est qu'un homme ; ce que l'homme .ème, et ce qui croît dans la semence, c'est-à-dire, da'is les trois règnes , comme cela a été dit. Or, puisque maintenant les trois règnes sont semés ainsi, dès lors ils sont aussitôt devant l'arbre de la tenfatiou , oà commence la dispute et un grand combat : la les trois règnes sont l'un dans l'autre ; ils éprouvent une grande ardeur et un grand altract l'un pour l'autre. L'élément , dans le paradis , veot conserver pure l'affection , et la volonté qui est dans l'amour , dans la teinture de la semence. Les élémens extérieurs , ou l'écoulement de l'élément veut «voir l'élément , et se mélanger avec lui : eusuiie
r 4
( 3o8 ) en. iç.
"vlenl l'exlérieure colère des étoiles , qui Patlire en concours avec le fiât, et s'établit 80Uiferaine ; alors , la volonlé intérieure dans l'amour , ainsi que l'élémeul et le paradis s'obscurcissent : l'amour s'en va dans le paradis , dans son Ëther. Il s'éleint dans la teinture de la semence, et le centre céleste disparoîl 5 car il passe d^ns son principe.
37. Alors vient la femme avec son sang étouffé, avec les étoiles et lesélémens, et elles'instale. C'est ici la mort du paradis, oii Adam mourut à son corps vivant; c'est-à-dire , qu'il mourut au paradis etûu pur et saint élément , et qu'il vécut au soleil , aux étoiles et aux élémens extérieurs , dont Dieu lui avoit dit : Le jour où lu mangeras du bon et du mauvais , tu mourras de mort. Et c'est là la porte de la première mort dans le paradis , dans laquelle maintenant l'homme vit dans la corruptibilité, dans la femme élémentaire de ce monde.
38. Et il nous faut essentiellement reconnoître et savoir que quand la semence est semée dans la matrice , elle est attirée par le fiât , tandis que les astres et les élémens extérieurs s'établissent souverains , et que l'amour et la douceur s'éteignent. Car il se forme *ine substance colérique dans l'élouffement de la teinture, de façon qu'avant r enfla mm ement de la lumière de la vie , il n'j a aucune^ créature céleste dans l'enfant : et quoique la créature soit figurée avec toutes les formes du corps , cependant l'image céleste n'est pas dedans , mais la bestiale jet si ce même corps périt avant renflammement de l'esprit .de l'aide dans l'élève-;
cw. iç; ( ^9 )
ment de la vie , il n'y a que l'ombre et la fîguro de cette image qui paroissent devant Dieu au jour de la réintégration 3 car elle n'a encore jamais e» aucun esprit. •
39. Cette figure ne va point dans l'abîme , comme plusieurs pensent 5 seulement , tels qu'ont été les parens , telle est aussi celte figure ; car elle est encore la figure des parens jusqu'à l'enflammemenù de sa vie ; alors elle n'est plus la propriété des parens , mais la sienne propre. La mère lui fournit seulement le logement et la Dourriture; [ Passage withheld by the editor. ]
40. Ainsi donc les étoiles et les élémens s'em-. parent de la maison après la disparution de l'amoup. dans la teinture, et la remplissent le premier mois. Dans le second , ils partagent les membres par. l'âpre FIAT , comme cela a été dit : et , dans la troisième, commence le combat dans la région des étoiles et des élémens où alors iU se séparent; et chaque élément se fait sa maison et sa région , savoir : le cœur , le foie , les poumons , la vessi© et l'estomac , aussi bien que la télé pour la maison des étoiles; là elles ont leur région et leur siège de prince , comme on le verra plus loin.
41. Or, après que les étoiles et les élémens oiit préparé leur région, et la maison où ils doivent demeurer , comme cela a été dit ci-dessus , alors commence le puissant combat dans une grand* angoisse , au sujet du roi de la vie j car l'enceinti^
( 3io J cÈ. i5.
où l'édifice se construit est dans une très grande angoisse ; et nous devons ici nous reiracer l'origine ée l'essence de toutes les essences , la généra lion éternelle , et la racine de toutes choses ; savoir : que dans la maison d'angoisse il y a d'abord une seule essence^ et celle même essence est le mélange de toutes les essences ; et elle a d'abord la volonté d'engendrer la lumière, et celte même volonlé est al tirante.
42. Car , le désir est Pattirement de ce que la volonté désire , et celte volonté est simple et pure , n'étant ni ténèbres , ni lumière ; car elle demeure en elle-même , et elle est la porte même de la puissance divine qui remplit tout. Or , le pouvoir qui attire, remplit la volonté avec les choses que la volonté désire 5 et quoiqu'elle soit pure et ne désire que la lumière, cependant il n'y a aucune lumière dans l'angoisse ténébreuse qu'elle puisse attirer , mais elle attire en soi l'esprit ou les essences des étoiles et des élémens , dont la volonté de la puissance divine se remplit , ce qui fait que tout devient rude et ténébreux. Ainsi la volonté est établie dans les ténèbres 5 cela se passe dans le cœur.
43 Si donc maintenant, la volonté existe dans la ténébreuse angoisse, elle se forme de nouveau une seconde volonté de s'envoler hors de l'angoisse , et d'engendrer la lumière ; et celle seconde volonté est la base aflective d'où s'élèvent les pensées de ne pas demeurer dans cette angoisse. Or, la volonté se contemple dans les essences de Tastringence , ou dans la colérique Aprelé de la mort j son coup d'oeil
en. iS, ( î^ii )
perce au travers des essences de l'aslringenledurefé comme un éclair rapide , et s'aiguise dans l'astringente dureté, de façon qu'il devient blanc comme un éclair de feu : il brise , dans son cours rapide , rastring*;nce ténébreuse où se trouve l'âpre té et l'asIringence de la mort. Il est comme une roue tournante et brisante qui, dans l'éclair du brisement , va aussi vite qu'une pensée ; c'est avec cette même rapidité que sa volonté reconçue , qui est la bas3 affective, seconlemple : or, comme elle ne peut pas s'envoler devant soi hors des essences, alors elle doit aller dans la roue tournante ; car elle ne peut sortir de la place , et elle brise les ténèbres. Quand elle brise ainsi les ténèbres , le coup d'oeil aigu se contemple dans d'aimables délices , hors des ténèbres , dans l'aigu de la volonté ; savoir : dans là base affective, et se trouve disposé à habiter en elle r c'est ce dont l'éclair s'étonne , et il s'élève par une grande puissance hors du cœur , au travers des esr sences brisées : il veut se porter vers la bouche , et tend à s'en aller loin du cœur 5 il est toutefois retenu par l'astringent fiât qui lui fait une région parliculière j savoir : la langue , dans laquelle est l'explosion des essences brisées : alors il se contemplé de nouveau en arrière,dans le cœur ou dans sa première demeure 5 il la trouve délicieuse et lumineuse, eu ce que les portes des ténèbres sont brisées ; alors il s'enflamme très ardemment pour la douceur, dans la volonté de l'amour, et il nesori plus au travers de toutes les essences en un éclair colérique , mais tressaillant dans une grande joie.
ii
( 3i2 ) ctt. i5j
Or , la puissance de la joie es! maintenant mille fois plus forte que n'éloit premièrement l'ëclair qui s'élança au travers des âpres et astringentes essences de la mort, et qui passe du cœur dans la tête avec une grande puissance , dans l'intention de posséder la région céleste.
44. Car 5 la puissance de la joie est le paradis , et elle a sa racine la plusiulérieure, là où Adam , dans le péché, mourut de la première mort; là où alors 13ieu dit : La semence de la femme doit briser la tête du serpent. Cette même parole se représenta dans Adam dans le centre de l'ascension de sa vie ; de-là par la création d'Eve , dans l'ascension de sa vie-, et de-là dans tous les hommes, de façon que nous pouvons y dans la ferme résolution de notre ame , briser la tête et la volonté du serpent par la parole et la puissance de Dieu , au nom du briseur de serpent , qui s'est fait homme dans le tems ; et si celte puissance ne s'étoit pas trouvée à cette place , alors jious serions demeurés dans l'éternelle mort. Ainsi la base affective est à elle-même et dans la volonté libre ; elle nage dans la puissance de Dieu , et dans sa promesse , comme un être libre.
45. Ainsi donc quand l'explosion joyeuse dans la puissance de Dieu qui a brisé les portes de la profondeur ténébreuse , s'élève dans le cœur , et s'introduit avec l'éclair , dans la tête ; alors la puissance de la joie se place en haut comme la plus forte , et l'éclair en bas comme étant le plus foible ; et quand l'éclair vient à son siège dans la tête , il se fait deux portes ouvertes j car il a brisé les portes de la proCH. i5. ( 3i3 )
fondeur ténébreuse ; c'est pourquoi il ne demeure plus dans les ténèbres , mais il doit être libre comme un conquérant, et ne pas se laisser emprisonner ; il nous figure le Christ ressuscité des morts , lequel maintenant est libre , et ne se laisse arrêter par rien , ce qui sera profondément traité en son lieu. Or, ces mêmes portes que l'éclair tient ouvertes, sont les jeux 5 et leur raoine est l'esprit de joie qui s'élève en premier lieu dans V enjlammement de la vie.
46. Si donc la forte volonté reconçue désire ainsi de s'envoler des ténèbres , et d'être dans la lumière qui est engendrée dans le cœur , nous ne pouvons reconnoître là autre chose si ce n'est la noble vierge de la sagesse de Dieu , ou la sophie qui s'élève ainsi dans la joie , et se marie dans le commencement avec l'esprit de l'ame 5 qui lui aide à parvenir la lumière; qui, après l'ascension de l'ame (c'est-àdire , après Venflammemènt de la puissance du soleil dans les essences ) , se place dans son centre paradisiaque , et avertit continuellement l'ame de ses voies impies , lesquelles lui sont représentées et apportées dans les essences par les étoiles et les élémens. C'est pourquoi la vierge ou sophie a son trône dans le cœur et aussi dans la tête , pour qu'elle puisse par-tout les défendre et les préserver de l'ame [ ou de la racine de feu ] .
47. Il faut en outre réfliéchir que lorsque l'explosion ou la terreur a, fait sa maison , dans sa forte déchirurejhors desportes de l'angoisse ténébreuse qui sont la langue, cette explosion ou cette terreur y
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( 114 î CH. T^t
n'avoit pas encore aperçu la vierge ; mais lorsqu'elle se réaperçut en arrière dans le cœur, dans les ténèbres ouvertes, et les trouva si agréables, alors d'abord , s'élevèrent en elle la joie , les délices et l'amabilité , et cela devint le paradis. Elle ne voulut plus avoir désormais sa région dans la langue mais dans la tête , hors de la source du cœur. C'est pourquoi on ne doit pas croire la langue en tout ^ car elle ne siège pas dans la région céleste comme la délicieuse et aimable puissance , mais elle a sa région et dans l'explosion et dans l'éclair. Eu ePTet l'éclair est aussi ptès de la région infernale que l'explosion, attendu qu'ils ont été engendrés tous deux dans le fort aigu , dans les essences ; et la langue profère le mensonge ou la vérité. Celui des deux dans lequel l'esprit s'arme , la langue s'en empare ; au4i elle profère souvent des mensonges dans les hommes puissans quand elle est armée des essences;' alors, dans son orgueil, elle s^asseoit sur la terreur comme un cavalier.
La vie de Vante. La oor/e»
48. Lors donc que la puissance de la vie, et l'esprit du second principe naquirent dans la première origine du premier principe, ou dans les profondes ténèbres, rompues par la volonté de la puissance de la vierge soPHiE,dans le très important coup d'œil de la forte puissance de Dieu , et qu'ils s'établirenl dans la délicieuse joie ; alors les essences des étoiles et des élémens s'insinuèrent à l'instant-dans lecoup^
CH. iç. t 3i5 )
d'œil de l'ascension de la vie , c'est-à'dîre , aussitôt après la construction de l'aimable habitation.
49. Car l'habitation est l'élément , et la puissance de l'élément intérieur est l'amour du paradis , que les élémens extérieurs ou qui sont nés de l'élément , veulent puiser dans leur mère ; et le fiât aigu les poile dans l'habitation, où la lumière de la vie est réellement allumée ; ainsi toutes les essences vivent dans l'habitation, et le soleil des étoiles monte dans l'habitation , car , dans le commencement de la vie, chaque principe saisit la lumière.
50. Le premier principe, où les ténèbres saisissent l'éclair igné , colérique et rapide. Lorsque la volonté reconçue , s'aperçoit dans la première volonté des ténèbres attirantes et astringentes , et qu'elle brise les ténèbres dans ce coup d'œil , alors l'éclair de feu reste dans la première volonté des astringentes ténèbres; il est au-dessus du cœur dans le fiel , et il allume le feu dans les essences du
cœur.
5i. El le second principe retient aussi sa lumière pour soi ; ce qui est l'aimable joie , qui brille là où les ténèbres sont dissipées. Là s'élève la très gracieuse et aimablie puissance : de là l'explosion ou la terreur, dans la forte puissance , devient ainsi un royaume de joie , et son grand déchirement se tourne eu un tressaillement joyeux ; car à cette explosion est suspendu l'éclair de feu du premier principe , ce dont elle est tremblante ; mais sa source est une amabilité et une joie que
li
( 3i6 ) CH. 19
personne ne peut écrire , si ce n'est celui qui les éprouve.
52. Le troisième principe retient entièrement sa. lumière pour soi. Ce principe , quand la lumière de la vie s'élève , pénètre dans la teinture do Pâme jusqu'à l'élément , et tend après l'élément ; mais il n'atteint pas autre chose que ta lumière du soleil, qui est provenue de la quintessence et de l'élément. Ainsi les étoiles et les élémens dominent dans la lumière et la puissance de leur soleil : ils inqualifient avec l'ame , et apportent plusieurs vices et aussi des maladies dans les essences , d'où résultent en elles des élancemens , des déchiremens , des enflures , des démangeaisons , et enûn , leur dissolution et la mort.
63. Or donc , quand la lumière brille dans les trois principes, alors la noble teinture sort de tous les trois principes 5 et il est grandement à remarquer que le principe mitoyen ne reçoit aucune lumière de la nature : mais aussitôt que les ténèbres sont dispersées , alors il brille dans une joie très délicieuse ; la noble vierge sofhib habite dans les délices , ou dans cette même teinture ; et la divinité brille hautement et fortement dans l'homme, tellement que nulle part, dans aucune autre chose , nous ne la trouverions aussi brillante , quelqu'objet que nous considérions.
54, Dans le premier principe est l'éclair de feuj et sa teinture est la lumière effrayante du soleil , laquelle «'orj^*/iwe très rudement de l'élernellesourcei
CH. i5. ( 317 )
du premier principe avec sa racine , de la quintessence , au travers de l'élément , ce qui sera exposé en un autre endroit , et ici il y en a assez. Cela veut aussi être caché : celui qui le sait le tait de même que relèvement des étoiles et des planètes , car le docteur voudroit bien avoir ceci dans son école , tandis que , dans la lumière de la nature, le plus petit le saisit; cela est réservé au tems du lys. Là tout sera ouvert j et c'est la teinture de la lumière du monde.
SS. Or, on voit très particulièrement ici comment le troisième principe s*unit au premier , et comment ils n'ont presque qu'une seule volonté ; car l'un sort de l'autre , et si le second principe n'étoit pas au milieu , le tout ne seroit qu'une seule chose ; mais , puisque nous parlons ici de la teinture de la vie , nous voulons montrer dans ]a lumière de la nature le vrai fondement de toutes les trois générations.
: 5(5. La noble teinture est la demeure de l'esprit , et a trois formes. La première forme est éternelle et impérissable ; la seconde est passagère : cependant elle est éternellement permanente chez les saints , mais elle est passagère chez les impies , et elle s'envole dans l'Elher ; la troisième est périssable , c'est-à-dire , elle est dans la mort.
57. La première teinture du premier principe est proprement la station dans l'éclair de feu : elle est la source dans le fiel ; elle fait sa demeure dans l'esprit de souffre ( ou dans le ver indissoluble de l'ame , qui domine puissamment dans le^ es*
( 3i8 ) en. 15.
sences aiguës , qui est le mobile du corps , et le pousse là où le veut la base aO'eciive dans le second centre. ) Celle teinture se compare à la sévère et forte puissance de Dieu ; elle euilamme tout le corps , et fait qu'il est chaud , et ne se roidit pas , et elle entretient la roue dans Texplosiou qui se fait dans les essences , d'où dérive Touïe. Elle est aiguë et essaie l'odeur de toutes choses dau» les essences ; elle fait l'ouïe , quoiqu'elle ne soit ni l'ouïe ni l'odorat , mais la poiie qui laisse pas^ ser le bien et le mal : comme elle fait la langue , elle fait aussi l'oreille. Bile fait tout cela parce que cette teinture a sa base dans 1« premier principe • et que l'enfla mmement de la vie arrive dans l'aigu, dans le brisement, au travers de la porte des é ter-* selles ténèbres.
58, C'est pour cela que les essences de l'esprit de l'ame sont ainsi aiguës et ignées , et qu'une semblable leinlnre aiguë et ignée sort des essences. Là -dedans maintenant sont les cinq sens ; savoir : I. la vue ; 2. l'ouïe ; 3. l'odoi:at -, 4. le goût ; 5. le tact. Car l'aigu colérique de la teinture du premier principe éprouve dans ses propres essences y c'est-à-dire , dans celles de l'ame ou du ver de l'ame , à ce même lieu ainsi justement nommé ; il éprouve, dis- je , les étoiles et les élémens; c'estr À-dire, l'extra-génération provenant du premier principe : et ce qui sympathise avec lui , il l'adopte dans ses essences du ver de l'ame , co.nme particulièrement tput ce qui là est astringent , amer, fort et igné y ,lo^t ce qui s'élève en colérique î
tout ce qui est une propriété des essences 5 ce qui s'élève en concours dans la source de feu , et ce qui s'élève dans le brisement de la porte des ténèbres , et bouillonne au-dessus de la douceur • tout ce qui se compare à l'austère et aiguë éternité , et inqualifie avec l'aiguë et âpre colère du Dieu de l'éternité, dans quoi il a retenu prisonnier le royaume du démon. ( O ! homme , pense à foi ici : c'est là le fondement certain j il est connu de l'auteur, dans la lumière de la nature, dans la volonté de Dieu. )
59. Le démon attaque l'homme dans cette teinture du premier principe ; car c'est sa source dans laquelle il vit aussi. Il l'atteint là-dedans jusqu'au cœur , dans ses essences de l'ame : il le fait passer de Dieu dans le désir de vivre dans les «ssences aiguës 5 savoir : de s'élever dans l'igné , au-dessus de l'humihté et de la douceur du cœur de Dieu, et au-dessus de l'amour et de la douceur le partage des créatures , pour t^tre un ver beau et brillant seulement dans l'éclair de feu , et pour dominer au-dessus du second principe : il rend l'ame de l'homme folle et fière jusqu'à ne pouvoir se concilier en rien avec l'aménité, et seulement avec tout ce qui vit dans une semblable qnalité (infernale).
60. Dans cette qualité amère il rend le ver de l'ame piquant, ennemi, envieux , ne trouvant rien de bien dans personne ; comme en efifet , l'amertume ne s'arrange amicalement avec rien , maiç pique et brisQ , tempête et ronge , comme l'abîm^
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de l'enfer ; et c'est la vraie maison de mort , ou le vrai sépulchre de la vie de rameur.
6i. Dans l'essence astringente de la teinture du ver de l'ame , il infecte l'essence astringente qui devient fortement attirante , et acquiert une volonté de tirer tout à soi , et cependant ne le peut pas : Car la volonté conçue ou concentrée ne se laisse pas volontiers saisir 3 mais elle est une faim sèche , infernale, et ardente de tout avoir ; et quand même elle auroit tout, sa faim cependant n'en seroit pas diminuée. Mais c'est la faim et la soif éternelles de l'abîme ; la volonté du feu infernal , et de tous les démons qui , coniinuellement, ont faim et soif, et cependant ne mangent rien ; or ils ne s'assouvissent qu'en attirant à eux la source colérique des essences de l'astringent , de l'amer , et de la puissance du feu. C'est en cela que consiste leur vie et le rassasiement de leur colère : tel est aussi l'état de l'abime infernal.
62. Voilà quelle est la source du premier principe. Il ne peut pas être autrement en le considérant à part de la lumière de Dieu. Il ne peut pas non plus se changer , car il a été ainsi de toute éternité. Or , de cette source ont été extraites, les essences du ver de l'ame dans le tems de sa création , par le fiât de Dieu ; elles ont été créées, dans le paradis, en f^ce de la lumière de Dieu, qui a envisagé l'éclair de feu , et l'a contenu dans une profonde douceur, et humilité.
63. Car, puisque l'homme devoitétre éternel, il
tit.. il t 321 7
tk'voit donc aussi être de réternel. En effet rîeik n'est créé de la fontaine du cœur de Dieu , attendu qu'il est la limite de la nature, et n'a aucune semLlable essence. Rien de saisissable n'entre là. Autrement ce seroit aussi un encombrement et un abîme et cela ne peut pas être. Ainsi de toute éternité il n'y a eu rien autre ( hose que la source d'où la divinité s'élève aussi toujours de toute éternité, comme cela a été dit ci-dessus.
64. Or., cette source de l'esprit de l'ame est éternelle ; sa teinture est aussi éternelle , et telle qu'est ia source pendant tout le tems de ce monde, tant qu'elle tient à cette maison élémentaire do pliair , telle est aussi la teinture et la demeure de )'ame. y^eis quelque source,soit la divine ou l'inferJi.iîe , que la base aflfective incline ; dans cette liiême source le ver vit , et il mange de ce même jjrincipe , et il est un ange ou un démon , quoique Le n« soit point dans ce monde que soit son jugeîuent ; car il est entre les deux portes, tant qu'il vit daji« la chair, àmoins qu'il ne se plonge dans l'ahîmç, ce dont je traiterai très profondement et tr^ exactement lorsque j'écrirai sur \q% péchés d|S hommes. Lisez ce qui concerne Caïn.
65. L'entendement qui ne reconnoît rien dans la lumière de la nature , s'étonnera d'uu tel écrit ; il croira que cela n'est pas ainsi , et que Dieu n'a point tiié ni créé l'homme d'une semblable source. Maintenant vois, toi , aimable raison , et cher entendement. Compte ici tes cinq sens ; je veux te montrer si cela est vrai 5 je veux le convaincre que tu n'as pas
I. a^
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le moindre molif de t'appuyer sur une autre base , à fnoins que tu ne voulusses laisser le démon aigrir ton cœur dans la bestiale raison , et mépriser la lu-* mière de la nature qui est cependant en la présence del7ieu. Or, si tu es sur une semblable voie bestiale, laisse là mes ouvrages sans les lire; ils n'ont pas été écrits pour de tels pourceaux, mais pour les enfaus qui doivent posséder le royaume de Dieu ; car jo les ai écrits pour moi> et pour ceux qui cherchent , et non point pour les sages et les prudeus de ce nlonde. €6. Vois ce que sont tes cinq sens , dans quello puissance ils existent , ou bien comment ils viennent dans la vie de Thomme ? D'où vient ta vue , pour que tu voies dans la lumière du soleil ; et non autrement? Considère-toi hautement si tu veux être instruit dans la nature, et te vanter de la lumière de la nature. Tu ne peux pas dire que tu vois seulement par là lumière du soleil ; il faut aussi qu'il y ait quelque chose qui reçoive de la lumière du soleil et ait un commerce avec la lumière du soleil ; de plus la prunelle qui est dans tes yeux n'est pas le soleil , mais elle est dans le feu et l'eau , et elle reçoit son éclat de la lumière du soleil ; c'est un éclair qui dérive du fiel igné , astringent et amer, et l'eau le rend doux. A la vérité, il n'est question ici que de l'extérieur, ou du troisième principe dans lequel sentie soleil, les étoiles, et les élémens : il' en est ainsi dans toutes les créatures de ce monde. •'By. Or, que fait donc l'ouie pour que tu entendes ce qui sonne et remue ? Diras-tu , que cela vient dii cou de la c^ose e;^térieure qui sonne ainsi ? Non ^
«n- î^. ( 323 )
cela doit être quelque chose qui saisisse le son , qui inqualifie awec le son , et qui distingue le ton qui est joué ou chanté. L'extérieur ne peut pas seul faire que l'intérieur saisisse le son et le distingue. Vois. Ici tu trouves l'ascension de la vie, et la teinture dans laquelle la vie existe. Car la teinture de l'explosion dans l'ascension de la vie , dans le brisement de la porte ténébreuse , existe dans le son ; elle a sa porte le plus près de l'éclair de feu, près des yeux ouverts , et elle saisit tout son qui retentit.
68. Car le son extérieur inqualifie avec l'intérieur, et est séparé ou distingué par les essences ; or, la teinture reçoit tout, soit bon, soit mauvais. Elle démontre par là que ni elle , ni ses essences qui l'engendrent, ne sont nées de la divinité, autrement la teinture ne laisseroit pas entrer le bien et le mal dans les essences de l'ame.
69, C'est pourquoi il nous faut ici considérer que le son dans la teinture de l'homme est plus haut que dans les animaux : car l'homme approfondit et discerne tout ce qui fait du son ; il sait d'où vient ce Mon et comment il s'originise , ce que la béte ne peut faire. Mais elle reste stupéfaite , et ne sait ce que c'est que le son. De là on conçoit comment l'ori. gine de l'homme est de l'éternel , en ce qu'il peut discerner une chose qui est dans la génération de ce qui est éternel , et qui s'en origini.e- de façon que 61 toutes les choses ont passé de l'éternel rien cq quelque chose qui est saisissable , et si là cependant il n'y a pas un rien, mais une source^ ces choses doivent , après la brisure du corps , rester en un«
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éternelle Bgnre y et non pas en esprit , puisque le cor/?* ii'esl pas de Tespiit éternel. Autrement si le corps Venoit de l'esprit, il pourroit . ussi approfondir le commencement de toutes choses , comme fait l'homme qui , dans le son qui lui est propre , saisit et discerne toutes choses.
70. Ainsi donc la maison du son de Phomme , dans laquelle est rintellîgence,doit étredePélernité, quoique par la chute (TAda m jl' homme se soit plongé dans la corruption et dans une grande privation d'intelligence 5 comme on le verra ci-aprcs. Dans cette même chute nous en trouverons autant au sujet do l'odorat; car si l'esprit n'existoit pas dans le son, l'odeur d'aucune chose ne pénétreroit dans les essences 5 attendu que l'esprilauroit son complément, et seroit entièrement rempli ; mais comme il existe dans la porte des ténèbres brjsécs par l'explosiou et le son , alors toutes les vertus de toutes choses pénètrent dans ces mêmes portes', et s'éprouvent les unes et les autres ; or, ce qui compose l'assemblagm ou le corps des essences de l'esprit , celui-ci le désire , et l'attire dans la teinture; alors la gueule oiè ta bouche y et les mains le saississent , et le jètent dans l'estomac, dans le vestibule des quatre élémens : c'est ccdontse nourrissent les essences terrestres des étoiles et des élémens.
71. Le goiit est aussi un essai et un attire^ ment Ae la teinture dans les essences de l'es- |yril,etle tact également. Si l'esprit de l'homme avec ses essences n'étoit pas dans le *o/i, il n'y ^•u'Oit aucun tact. Car lorsque l'essence astringente
CH. i5. { 5x5 )
attire à soi , elle excite dans l'éclair de Feu , ^uî se remuelui-même, l'aiguillon amer, soit en piuçant, soit en heurtant , soit en frappant. Alors par lou^t ces' stimuîans , l'aiguillon amer est' év^llé' dans Ttclair de feu ; et le mouvement se trouve là-dedans au^si bien <|^e dans la teinture.
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CHAPITRE SEIZIEME.
De la noble base affective ; de l'inteUigence; des sens et des pensées :
Du triple esprit ; de la triple volonté ; de la teinture du penchant ; ce qui est engendré dans un enfant dans le sein de sa mère.
J^e plus.
^o. De l'image de Dieu ; 20. je l'image animale ; ««». de l'image de Tabîme infernal , et de la similitude du démon : toutes choses que Ton peut chercher et trouver dans chaque homme.
Xa noble porte de la chère tnerge ou Sophie , et aussi la porte de la femme de ce monde , ce qui est hautement à contempler»
t. ^ I nous nous considérons dans la connoissaiice qui , par l'amour divin , nous a été communiquée dans la noble vierge de la sagesse de Dieu ou la SOPHIE , non point d'après nos propres mérites , sainteté ni dignité , mais de sa pure volonté , et d'après le plan éternel et insondable des choses qui nous sont montrées daos son amour 5 alors non»
CH. 16. C ^^7 )
nous reconnoîssons réellement beaucoup trop in»* dignes d'une semblable manifestation , puisque nous sommes pécheurs. Oui, npus sommes au-dessous do la gloire que nous devons avoir devant lui.
2. Mais puisque son éternelle volonté et son plan 6ont de nous faire du bien , et de nous découvrir ses secrets d'après son conseil , nous ne devons pas nous y opposer, ni enfouir dans la terre le talent qui nous a été donné : car nous devons en rendre compte lors de la manifestation de son avenir. Ainsi nous voulons travailler dans notre vigne , en recominiander de plus en plus les fruits à Dieu , et écrire ceci pour notre mémorial , en le lui recommandant^ or nous ne pouvons chercher ni imaginerau de-là de ce que nous atteignons , mais seulement dans la lumière de la nature , attendu que c'est là que se trouve notre porte ouverte j non pas d'après notre plan et nos combinaisons , ni comme nous voulons et quand nous voulons ; mais d'après le don de Dieu , quand et comme il le veut. Nous ne pouvons pas non plus en saisir la plus petite éteincelle ^ à moins que les portes de la profondeur ne soient ouvertes dans notre base affective; car là l'esprit très désireux , ardent et enflammé, va comme yn feu auquel le corps terrestre est volontiers soumis , ne se bissant décourager par aucune fatigue dans ce qui peut servir à la désireuse et ardente base affective ; quand même il n'auroit rien à attendre du monde que mépris et dédain pour son travail , il doit cepen. dant cire obéissant à son maître , puisque son maître est puissant ^ et lui dans l'impuissance ; que soii.
C 328 ) CIT. î^.
maître le condiiî! et le nourrit , et que lui , dans son peu d'intelli^mce , ne sait ce qu'il fait, mais qu'il Vit comnic tous les animaux , et que c'est aussi sa volonto de vivre ainsi. Or il doit sujvre la clière tase affective qui recherche la scigesse de Dieu ; et la base affective doit suivre la lumière de la nature: car Dieu se manifeste dans ceffe même lumière sans quoi nous ne connoitrions rien de lui.
3. Si 5 maintenant, nous considérons notre base affective dans la lumière de la nature ; ce qu'elle est ; ce qui nous rend zv\ôs ; ce qui brille là , comme une lumière, et est ardent comme u»! feu ; ce qui désire de recueillir dans une place où nous n'avons point semé, et de moissonner dans un p^vs on le corps n'est point chez lui; alors la chère vieroc do la sn^esse de Dieu ou Sophie nous rencontre dans le siège médiane , dans le centre de la vie , et dit : k lumière, la puissance, la domimition sont à moi, les portes de la connoissance sont à moi. Je vis dans la lumière de la nature , e» sans moi tu ne peux rieu Voir ni reconnoîfre de ma puissance. Je suis ton épouse dans la lumière; et ton ardeur pour ma puissance est mon propre attirement en moi ; je suis assise sur mon trône, mais tu ne me connois pas 5 je suis en loi , et ton corps n'est pas en moi ; je discerne, et tu n'en vois rien, je suis la lumière des peuséej,, et la racine des pensées n'est pas en moi , mais près de moi. Je suis l'épouse de la racine, mais elle a revêtu un manteau grossier; je ne me couche point dans ses bras jusqu'à ce qu'elle l'ait ôté : Alors je reposerai éternellement dans ses bras 5 j'ornerai la
tir. i6. t 32g )
racine avec maivertu ; je lui donnerai ma belle forme,* et j'en ferai mon époux avec ma belle perle.
4. Il J a trois choses qtii possèdent l'ame et qui la réfiiftsent ; mais l'ame en elle-même est la volonté désireuse , et les trois choses sont les trois règnes , ou les trois principes. L'un est éternel , le second est aussi éternel, et le troisième est périssable : l'un n'a aucun commencement ; le second est engendré dans l'éternel et le non-commençant ; le troisièiTfe a un commencement et une fin, et se brise de nouveau.
5. C'est ainsi que l'ame éternelle dans le grand et inscrulable abîme est de toute éternité l'indissoluble alliance, l'esprit dans la source, qui s'ènf;endre toujours de lui-même, et ne périt jamais, lià-dedans , dans le centre de l'abîme , est la volonté reconçue pour la lumière. Or , la volonté est le désir ; le désir attire à soi , et ce qui est Attiré produit les ténèbres dans la volonié ; de façon qu'ainsi, dans la premièrevolonté, il s'engen^lro de nouveau une seconde volonté de s'envoler hors des ténèbres. Cette seconde volonié est la base affective qui se contemple dans les ténèbres. Ce coup d'oeil divise les ténèbres, qui alors se trouvent dans le son , et en explosion ; car là le coup d'œil s'aiguise , et est , par ce moyen , élernellement dans les téi èbres brisées ; de façon qu'ainsi lt*s ténèbres restent élernellement (iaiîs le sùn rigide. La volonté reconcue est-libre dans hi dispersiofï des ténèbres ; elle demeure hors des ténèbreg en soi-même, et hors du coup d'œil qui est le briC 33o ) ÇH^ jg^
sèment çt Paigu : le son est la demeure de \1 volonté ou de la base aflfocuve conhuuellement conçue et le son et l'aigu du coup d'œil deviennent affranchis des ténèbres dans la demeure de la volonté; le coup d'oeil élève la volonté; la volonté triomphe dans l'aigu du coup d'œil : elle se contemple à l'infini dans l'aigu du son, dans le coup d œil de la lumière , hors des ténèbres , dans le brisement. Or , dans cette même infinité du coup d œil , il y a de nouveau dans chaque aperçu du total, dans la parcelle, dans chaque reOet , uu centre dont Vengendrement est semblable à celui qui s^opère dans le tout : ces parcelles sont les penfiées ; le total est la base affective d'où les pensées procèdent : c'est pourquoi les pens^^es sont changeantes, et non pas en êtres; mais la base affective est complète et substantielle.
6. Ainsi , mon cher lecteur , notre ame est aussi ^alIlance indissoluble que Dieu souffla en Adam de lame éternelle, par le fiât, en esprit bouiU ionnant ; et nos éternelles essences ne sont qu'une parcelle ou une étincelle de l'ame éternelle , qui a en soi le centre du brisemeni , et dans le hri^ sèment l'aigu. Or , celte même volonté conduit le coup d'œil dans le brhement ; l'.igu du brisement des ténèbres est dans le coup d'œil de la volonté, et la volonté est notre base affective : le coup d'œil . est comme les yeux dans l'éclair de feu ; il se contemple en nous daus nos essences , et aussi hors de nous ; car il est libre , et il a deux portes ouvertes : l'une dans les ténèbres , et l'autre
en. iB. ( 33i )
dans la lumière. En effet,quoiqu'il luise constammene dans les ténèbres , cependant il brise les ténèbres , et se fait tout lumière en soi ; et là où il est , là il voit, comme nos pensées qui peuvent voir dans une chose à plusieurs milles , quoique le corps en soit loin , et souvent n'ait jamais été dans l'endroit.
7. Le coup d'œil va au travers du bois et des pierres, au travers de la moelle et des os ; et rien 21e peut le retenir: car il disperse par-tout les ténèbres, sans déchirure du corps d'aucune chose, et la volonté est le coursier sur lequel il monte. ( Ici on doit taire plusieurs choses à cause de Tenchantement démoniaque ; sans cela nous en découvririons encore ici beaucoup : car le nécromancien est né ici. )
8. Mais en un mot la première volonté dans l'ame est de la forte angoisse , et son coup d'œil dans l'origine est l'amer et fort éclair de feu dans l'aigu qui fait le mouvement, le son et le voir dans l'éclat de l'aigu de l'éclair ; de façon que les coups d'œil reconçus dans la pensée , ont en eux une lumière dont ils voient lorsqu'ils courre^t comme un éclair. '
9. Il ne convient pas à cette première volonté de regarder derrière soi dans l'abîme de la colère , dans lequel est l'âpre méchanceté; mais devant soi , dans le centre du brisement , hors des ténèbres, dans la lumière ; car dans la lumière il n'y a qu'une pure douceur et humilité, une bienveillance et un amical désir de sortir de soi, par le moyop de
( 332 ) CH. ifiJ
la "volonté reconçne , et de se manifester , ainsi ^xi(^ sau cher trésor, aJlendu que, dans la volonté reconçue pour k génération de la lumière, il n'y' a aucune source d'angoisse , mais un jMir désir* d'amour. En effet, le coup d'œil s'élève en soiDiêmohors des ténèbres, et désire la lumière, et le désir attire la lumière en soi : alors , au lieu d'angoisse , c'est une joie qui s'exhale , une gaîié douce en soi , un ^léable délice 5 car la volontt^ xeconçue dans la lumière est imprégnée , ou enceinte, et son fruit dans le corps oo la circonscrip-^ iion est la puissance , que la volonté désire d'engendrer et dans lequel elle souhaite de vivre. Or le^désir fait sortir le fruit hors de la volonté imprégnée; il rapporte devant la volonté , et la volonté se conUinple dans le fruit , dans un amour au -dessus de tout nombre et de toute expression. Alors dans celte immensité d'amour, dans la volonté aperçue sortent les hautes bénédictions, les faveurs, le bienêtre , les agréables inclinations , le goût de la joie les bienfaits de la douceur, et ce que ma plume ne peut pas écrire. La base affective voudroit bien être libre de la vanité et vivre là dedans sans variation. 10. Ce sont deux portes l'une dans l'autre. L'iniéiieureva dans l'abîme, et la supérieure dans le paradis : à ces deux portes il faut joindre maintenant la troisième ou celle des élémens avec les' quatre issues ; ellepénètre là avec le feu , l'air, l'eaii et la terre. Leur règne c'est le soleil et les étoiles qui inqualifient avec la première volonté, et leur désir est de se remplir , de devenir graiidset de se saturer.
t?Tr. xl. X 333 î
Ils attirent à eux et i]!. remjîlissent la chamTirft de la profondeur , ou bien la voloirti? libre et nue dans Tame 5 ils portent le coup d'œii. des étoile:» dans le* pqrtes de l'ame , et ils inqualifient ayec l'aigu da coup d' œil ; ils remplissent , avoc. 'de la chair, les portes brisées des ténèbres ; ils combattent constamment pour la domination , par le moyen de la première volonté de laquelle ils sont sortis ; et- ils s'abandonnent à la volonté commeà leur père qui seconde volontiers leur puissance: car ilest sombre et ténébreux , et ils sont rude« et astrisgens; en outre, amers et froids ; et leur vie est une source de feu bouillante,avec laquelle ils régnent dans ràme,dans le fiel, dans le cœur, les poumons et le foie, ainsi que dans tous les membres de tout le corps, et l'homme est leur propriété. L'esprit qui est dans l'éclair porte la constellation dans la teinture de sa propriété , et modifie les pensées selon le gouvernement des astres qui s'emparent de la circonscription ou du corps , le domptent , et introduisent dans lui leur rudesse amère.
n. Entre ce^ deux régions se trouve alors la porte de la lumière , comme dans un centre, enfe»*mée par de la chair ; elle brille en. soi-même dans les ténèbres ; elle s'élève contre la puissance de la colère et des ténèbres : et elle étend ses rayons dans le son An brisement. De là sortent les portes du l'oir, de l'ouïe, de l'odorat, du goût et du tact ; et quand les portes atteignent les rayons doux , agréables et aimables de la lumière , alors ils deviennent extrêmement joyeux, et courent dan« leur plus haute région,
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(334) CR iff
?"* I« c«„r ou dans leur véri.able demeure, dan, les esseuces de P,»prie de l'ame,c,ui reçoit .^I avec ,o.e, e. «c ™Vivfe par ce mojre„. ' *
dans 1 élément ea,. , qui par ,« douce joie deviZ -ng : car toutes lesré«ions se réjouissen eu elle ë a^ persuadent qu'elles ou. reçu de nouveau la no'ble Vierge soPH.., tandis que cependant elles n'en ont
r '" 7"""*'''' "'^«"^ 1"« le soleil éclaire la «erre, ce don, toutes les essences de la terre se ré
lou.ssen,, croissent et poussent. De-là, la teimurj . eleveda„s toutes les plantes et les fleu;s.
ta- El .1 faut sérieusement ici considérer dans ,uo, et ue ,égio„ se réjoui,: car le soJe eioiles ne saisissent pas la InmiA^^^- • />,«* u , ^ ' iumière divine comme
Jont les essences de Tama ^t ««^ i
]';im^ «. • . j "« » ame , et encore seulement de amequi est dans la rége«éralion j mais ils goûtent
la douceur q.i ,est représentée dans la tetture
a endu que lesang du coeur da„. lequel Pâme nage
est SI doux qu'il ne se compare à rien
par Moïse , de ne point manger de fô chair dans son -ng; car la vie est dedans. 0^, la vie animale „" doit point pénétrer dans l'homme, de peur que son esprit n'en soit infecté. 4"e 6on
i5. Les trois régions reçoivent chacune leur lu-
"r Tl ^^""^^-^--^ ^e 'a teinture dansle «ang, et chacune retient sa teinture. La région des ^.oiles retient la huniéie du soleil, le premSr JrÏ -pe retient l'éclair du feu;et l'essence des sainte âmes reçoit la digne et chère lumière de la vierge ol
tu. i6. ( 335 )
de soPHrc : toutefois dans ce corps périssable , ceê saintes amcs ne reçoivent que ses rajons seulement , avec lesquels elle combat dans la base affective, contre les assauts industrieux de l'ennemi , comme le témoigne Saint-Paul. (Ephes. 6 i i6.)
i6. Et quoique la chère lumière demeure quelque tems dans quelques uns , lorsqu'ils sont dans la' ré* génération , elle n'est cependant pas permanente dans la maison des étoiles et des élémens , dans léi génération extérieure j mais elle demeure dans son centre , dans l'ame.
Xa porte du langage*
17. Comme maintenant la base affective est dani la libre volonté, alors la volonté se contemple selon ce que les régions ont introduit dans les essences , soit bon, soit mauvais ; soit que cela soit en rapport avec le royaume du ciel ou avec le royaume de l'enfer. Ce que le coup d'oeil atteint , il l'introduit dans la volonté de l'ame. Or , le roi demeure dans l'ame ; et ce roi est la lumière de tout le corps ; il a cinq conseillers qui siègent tous dans le son de la teinture , et chacun d'eux éprouve ou essaie ce -que !• coup d'oeil a introduit dans la volonté par son influence , soit bon, soit mauvais ; et les cinq conseillers sont les cinq sens.
18. D'abord le roi donne cela i*'. aux yeux , pour voir si cela est régulier ou difforme. Les yeux le donnent 20. aux oreilles pour entendre d'où cela vient , si cela vient d'une région juste ou fausse , si
( ^^6 ) tft. 1^,
cela esl inventé ou vrai. Les oreilles le donnent 3p. a*j nez , à J'udorat qui doiï sentir ce qui est introduit Qt est devant le roi, ei juger si cela vient de» essences bonnes ou mauvaises. Le nez le donne 40.au goul qui doit réprouver pour savoir si cela est pufoulalsifié. C'est pourquoi le goût tient la languô aiin qu'il puis^^e craci^er cela si cela est impur. Maia «'il s'agit d'une pensée ^i«Mf//r# en parole , alors les livres sont les gardiens de la porte, qui doivent la tenic fermée , et empêcher la lai»gue de sortir ; elle» doivent conduire la chose ou la pensée dans la région de l'air ou dans les narines et non dans le cœur , et l'étoufîer ; alors c'est une. cbo^e morte.
19. Quand le goût a fait son épreuve, et que la chose est bienfei-ante pour les easenoes de l'ame , alors il la donne5o.au tact qui doit éprouve^ de quelle qualité cela est, si. cela est chaud ou froid^ dur ou mol , épais ou miuce ; efcquand cela est admissible , le tact le met dans le cœur devant le coup d'œil de la vie, devant le roi de la lumière de la vie; et la volonté de Tameiie c^jntemple plus avant dans la chose en une grande profondeur , et voit ce qu'il y a dedans, rorabien elle veut prendre de cette chose , et en adopter. Qu'iud il y en a assez ,.alo rs la volonté le donne a l'esprit de Tame , c'est-à-dire à i'éternel gouverneur, qui par sa forte et sévère puissance dans le êon , conduit l.i chose hors du cœur , sur la Iangue,au-desaou5du palais. Là l'esprit divise cela d'aprts \qs sens , et d'après la manière dont la volonté s'esî coniempk^,et la langue. le divise en wn.
20. Car la région de l'air doit faire passer Pceuvre par la gorge, ou /« co/, attendu que c'est là où les veines de tout le corps tendent, et concourent ensemble. Elles apportent vers cette région la vertu de la noble teinture et se mêlent avec la parole. En outre les trois régions de l'ame viennent là, et se mêlent avec les diversités de la parole , et là il y a une scène vraiment étonnante 5 car chaque région veut partager la parole selon ses propres essences j parce que le son sort du cœur , et de tous les trois principes.
2f. Le premier principe la veut orner selon sa forte puissance et sa pompe; il y mêle soi; âpre té aiguë , sa colère et sa méchanceté. Le second principe reste avec la vierge Sophie au milieu ; il répand là ses rayons d'aimable douceur , et résiste au premier principe. Quand l'esprit est allumé dans ce second principe, alors la parole est très douce joyeuse, et humble, et l'esprit s'incline vers l'amour du prochain: il ne désire d'atteindre personne avec l'aiguillon orgueilleux du premier principe ; mais il couvre l'aiguillon de la colère , et figure la parole avec netteté ; il arme la langue avec la justice et la vérité 'y il étend ses rayons dans la volonté du cœur et quand la volonté reçoit les rayons aimables et gracieux de l'amour , alors il enflamme l'ame toute entière avec l'amour, la justice, la chasteté de la vierge ou de Sophie, et avec \ai perfection et vérité des choses qui sont approuvées sur la langue par toute» les régions. Ainsi la langue , et les cinq sens , rendent cela clair, et la noble image de Dieu brille'
1. 2a
'( 338 ) Ctt. ïê.
au-dcdans et au-dehors , de façon qu*on peut en* tendre et voir dans tout l'abîme , quelle en est I« forme ou la manière d'être.
Q ! homme , vois ce que te montre la lumière de la
nature,
22. En troisième , vient le troisième régime ott l'esprit des étoiles et des élémens, pour la formation de la parole ; il se mêle dans la maison et dan» les pensées de là base affective j il veut former la parole de sa propre puissance : car il a la plus grande puissance, attendu qu^il tient prisonnier l'homme tout entier , MEnSCHEn ; qu'il l'a revêtu de chair et de sang , et qu'il a infecté la volonté de l'ame , ce qui fait que la volonté s'aperçoit dan» le roj^aume de ce monde dans l'atlract , la beauté , la force et la puissance , la richesse et la domination , le plaisir et la joie ; d'un autre côté , dans le» tristesses et les souffrances , les soins , les nrtsères , les maladies et les afflictions ; en outre,dans les arts et la sagesse , et au contraire dans les folies et les
démences.
a3. Le coup d'œil des sens ou des pensées , conduit tout cela dans la volonté de l'ame , devant le roi , devant la lumière de la vie , oh cela est éprouva Le roi le donne d'abord aux yeux qui doivent Voir ce qu'il y a de bon parmi toutes ces choses , et ce qui leur convient. Ici commence la forme merVeilleuse de l'homme,d'après les complexions dan» lew^uelles la constellation a ainsi, dans ses régions^>
tii. i6. ( ^9 )
formé l'enfant diversement dans le sein de îa mère. Car tel qu'est l'aspect de la constellation avec une autre dans sa roue intérieure , dans le tems de Pfw* miflcation de Tentant , lorsque la demeure des quatre élémens , et la maison de» étoiles se bâtit pat le FIAT dans la tête , dans le cerveau 5 telle est aussi la puissance dans le cerveau , aussi bien que dan» le coeur , dans Ife fiel , dans les poumons , et le foie: c'est aussi de ce côté qu'incline la région de l'air , et c'est de même , selon ce mode /que s'élève une teinture pour être une demeure de la vie ; ce qui s9 voit à la merveilleuse variété de» pensées de l'homme et de ses manièi^s d'être. ^
04. Cependant nous pouvons dire ceci avec l ùp* pui de la vérité , que la constellation ne forme au^ cun homme , et qu'elle ne figure en lui , ni la simi^ litude de Dieu , «i une image de Dieu , mais un enimal , quant à la volonté , aux moeurs et aux sens. Elle n'a , en effet , ai>cune pi^issance , ni mlelliçenc* pour pouvoir figurer une similitude de Dieu; quand «lie s'élève au plus haut degré dans la volonté , vers la similitude de Dieu , alors elle n'engendre rien ^e plus dans l'homme aussi bien que dans les autre» créatures , qu'un animal aimable et rusé. Seulement le» éternelles essences , transmises par Adam i tous les hommes, demeurent dans l'homme , dan» rélément concentré dans lequel est l'image -, mais entièrement cachée, excepté dans le cas de la re^ naissance dans l'eau et l'esprit saint de Dieu.
25. Ainsi il arri\'e que dans cette habitation oîi est son. cerveau et son cœur, aussi bien que damî
( 34o ) CH. i6.
tous les cinq sens, l'homme dans la région des étoiles est, tantôt comme un loup, c'est-à-dire, malicieux , rusé , féroce et dévorant; tantôt comme un lion, c'est-à-dire, terrible, colérique, fastueux, et ravageant dans la colère; tantôt comme un dogue , c'est-à<lire , hargneux , mordant , envieux , malin j tantôt comme une vipère et un serpent c'est-à-dire , subtil , piquant , contagieux dans sel paroles et dans ses œuvres , médisant et menteur , tel que le démon gui se montra en forme de serpent devant l'arbre de la tentation ; tantôt comme un lièvre , c'est-à-dire , inquiet , fantasque , et ea outre , toujours errant ; tantôt comme un crapaud , ( c'est-à-dire , avec une base affective si empestée que,par son imagination , il infecte une complexio» délicate , jusqu'à occasionner la mort temporelle , ce que font souvent des magiciens et des sorciers , car le premier fondement sert snffisamment ponr cela ) ; tantôt comme un animal apprivoisé , modéré et niais ; tantôt comme un animal enjoué , et ainsi de suite. Telle que dans l'homification de l^enfani a été la constellation dans la roue combattante , et sa puissance , qu'elle tient de la cinquième essence , telle se trouve aussi figurée dans sa région la base affective astrale , quoique l'heure de la naissance de l'homme puisse très fort altérer et contrarier ce qui éloit antérieur ; ce dont je traiterai ci-après en son lieu , lorsque je parlerai do la naissance de l'homme.
26. Enfin si du sein de cette base affective , du win de cette forme ou de toute autre non rapportée
CH. 16. ( 341 )
ici, l'éclair , au moyen des yeux, se voit être un, alors il compose sa propre forme de l'extrait de chaque chose ; d'autant que sa région astrale est toujours la plus puissante, à tous les momens du ciel, tant^dans le mauvais que dans le bon , tant dans ce qui est faux que dans ce qui est vrai. Cela est apporté devant le roi , où les cinq conseillers doivent l'approuver. Ils sont eux-mêmes d'insignes fripons , infectés par les étoiles et les élémens ; et c'est dans cet étal qu'ils régnent dans leur région: aussi ne désirent-ils rien au-delà du royaume de ce monde. Quelque soit la chose vers laquelle la maison astrale du cerveau et du cœur est le plus fortement inclinée , les conseillers donnent aussi leur avis en faveur de cette même chose 5 et ils veulent la posséder , soit que ce soit pour la pompe et l'orgueil f pour la richesse, la beauté , la volupté 5 soit que ce soit pour les arts et les vertus des choses terrestres r et dans ceci jil n'y a pas une seule pensée pour le pauvre Lazare. Là les conseillers sont très promptement d'accord; car dans leur propre forme ils sont tous les cinq recusables ou illégitimes devant Dieu ; mais , selon la région de ce monde , ils sont permanens. Ainsi ils conseillent le roi , et le roi envoio cela à l'esprit de l'ame, qui ramasse les essences , et les saisit avec les mains et la bouche. Mais s''il s'agit de les exprimer eu paroles , il les apporte [ces essences] dans la région de la bouche , où les cinq conseillers les partagent selon la volonté de hi base affective ; et de là il les apporte sur la langue , 011 les sens les subdivisent eu un clin d'œil.
1--I
( 34^ ) CH 1^
97. Là les trois principes sont en combat. Lo premier principe , ou*]e règne de l'âprelé dit : Hors d'ici ; allez au milieu de la forte puissance du feu ^ cela est indispensable. Alors le second , qui est dans la base affective, dit : Arrête, et fais attention ; Dieu e&t ici avec In vierge ou sothie; crains l'abime infernal. £t le troisième , ou le royaume de ce monde dit : Nous sommes chez nous ; nous devons nous occuper d'orner et de nourrir le corps, cela doit être. Alors il prend la région de l'air , c'est-à-dire , son esprit ^ il la conduit à la bouche , et il se conforme au par-< 4age fait selon le royaume de ce monde
28. C'est ainsi que des pensées et des âmes ter« restres,il sort le mensonge et la vériié [py^HUMBir^ cela dois être une faute ; il faut qu^ il y ait NjéM'* BMBiT ^folid]j la tromperie^ la fausseté, un pur désir de s'élever: ]es uns dans la puissance du fetj,sa-* Toir, par la force et la colère ; les autres, dans les arts et la vertu de ce monde , qui cependant aussi devant Dieu , est un trompeur et un filou, mais qui tient ferme jusqu'à ce qu'il l'emporte : celui-ci , avec les manières d'un animal paisible et privé , c^is très subtil, attirant à soi^ sous l'apparence du bien ^ celui*là , bouffi d'orgueil , de ses avantages corporels , et plein de prétentions , tandis qu'il est ^ne vraie bête diabolique , méprisant tout ce qui se compare à lui , et s'élèvant au-dessus de tout ce qui n'est que douceur et hujnilité , au-dessus de l'image de Dieu ; enfin les faux penchans sont si nombieux qtie je ne peux les compter. Chacun suit la région du cojcnbat ; ou la région astrale , eu ce
a,. 16. ( 343 )
qui le peut servir dans sou ailract pour la vie
29. En somme , le régime des astres ne donne la sainteté à personne 5 quoiqu'un homme y puisse marcher sous un dehors saint , cet homme n est qu'un hâbleur qui veut être honoré par là ; son ame ne se porte pas moins vers les cupidités de l'orgueil , ainsi que dans l'attrait de la chair, dans de mauvaises passions et de coupables désirs. Ces sortes de gens qui marchent d'après l'impulsion de ce monde , ne sont devant Dieu que de vrais fripons, des orgueilleux , des voleurs pleins d'eux-mêmes , des filoux et des meurtriers. Il n'y en a pas un qui se rende juste par l'esprit de ce monde ; nous sommes tous ensemble des enfans de latromperieet de la fausseté^ et suivant cette image que nous avons reçue de ce monde , nous appartenons à l'éterneUe mort, et non point au paradis , à moins que nous no soyons engendrés de nouveau du centre de la chère vierge sophif, qui par ses rayons détourne l'amo des voies impies du péché et de la méchanceté.
3o. Si l'amour de Dieu qui a aimé l'image de l'homme jusqu'à se Caire homme lui-même , n'AVoit pas été dans le centre de l'ame, dans la limite de séparation , l'homme seroit un démon vtvant , comme il Test en effet quand il dédaigne la régénération , et marche selon sa nature engendrée du premier et troisième principe.
3i. Car, il ne reste plus élernellemenl que deux principes. Le troisième 4ans lequel il vit ici , passe. !or s'il ne veut point ici du second, alors U doit
C 344 ) ci. 16.
rester ëternellement dans le premier principe originel avec ]es démons. En effet,après ce tems, il n'y a pas autre chose ; il n'y a aucune source qui vienne à son secours , attendu que le royaume de Dieu ne rétrograde point dans l'abîme ; maisil monfeetprocède éternellement devant soi dans la lumière de la douceur. Ce que nous disons est important, et n'est point un badinage , cela est connu dans la lumière de la nature , dans le rayon de la noble vierge
SOPHIE.
Za porte de séparation entre V homme et la hête.
32. Ma chère et aimable raison , compte ici \e% cmq sens, et contemple-toi dans les choses ci-dessus exposées: vois ce que tu es , comment tuas été^ créée une image de Dieu , comment tP t'es laissé infecter en Adam par le démon, et comment tu as laissé usurper ton paradis par l'esprit decemondequî mamtenant est établi à laplace de Ion lieu de délices Diras-lu que tu as été aussi créée pour ce monde en Adam , au commencement ? Eh bien ! regardc^toi , et considère-toi dans ta base affective et dans tonlangage , et tu trouveras une autre image.
33. Chaque animal a un penchant dont dérive une volonté ; dans cette volonté sont les cinq sens , pour qu'ilj puisse discerner là ce qui lui est bon ou mauvais. Mais où demeurent les pensées dans la volonté qui source des portes de la profondeur , là où la volonté se contemple dans le premier principe en mfimté, et qui engendre l'intelligence , pour qu'un
CH. i6.- ( 345 )
homme puisse discerner toutes choses dans leur essence, et voir à quelle hauteur chacune est graduée , ce qui est la base de la diversité des langues ? Si un animal avoit cela , il pourroit aussi parler , distinguer le son^ raisonner des choses qui sont là en essences, et pénétrer dans l'origine ; mais en raison de ce qu'il ne tient point de l'éternel , il n'a non plus aucune intelligence dans la lumière de la nature , quelqu'induslrieuxet agile qu'il puisse être d'ailleurs : aussi sa force et sa puissance ne lui servent de rien pour s'élever dans l'intelligence; ce seroit entièrement en vain qu'ilje tenterait,
84. L'homme a seul l'intelligence. Ses pensées atteignent dans les essences et les qualités des étoiles et des élémens , et scrutent la base des choses dans la région des étoiles et des élémens : or , cela dans l'homme a son principe dans l'éternel élément , de façon qu'il est créé de l'élément et non de l'extragénération des quatre élémens. C'est pourquoi, l'éternité voit dans l'extra - génération qui «'on^m/«e dans la corruptibilité , tandis que l'origine dansTextra-génération ne peut voir dans l'éternité ; car l'intelligence soriginise de l'éternité ou de l'éternelle base affective.
35. Mais ce qui fait que l'homme est si aveugle et .si peu intelligent , c'est qu'il est prisonnier dans le régime des étoiles et des élémens qui souvent figurent , dans la base affective de l'homme , une béte sauvage, un lion, un loup, un dogue, un renard, lin serpent , et autres semblables. Quoique l'homme pe prenne point un pareil corps, il a cependant une
( H^ ) CH. 16.
«emblable hase affeclive, ce dont Christ paxloil aux Juifs, eu en appelant quelques uns, loups, renards, vipères et serpens. Jean-Bap4isle aussi en disoit autant aux Pharisiens , et ij est prouvé visiblement combien la plupart des hommes vivent tout bestialement par leur ame animale , et sont néanmoins ^ssez hardis que de juger celui qui vit dans l'image de Dieu , et qui tient son corps dans la subordination. 36. Or lorsqu'il y a quelque chose de bon dans les paroles et les jugemens dfi l* homme , il ne parle point alors par l'image de Tame bestiale dans laquelle il vit 5 mais il parle par l'homme secret qui est caché dans l'animal , et il juge contre sa propre ne animale :car la loi secrète de l'éternelle nature est cachée dans la nature animale , où elle est dans une grande contrainte, et elle juge contre la méchanceté de l'ame charnelle.
37. Ainsi dans l'homme il j a trois champions qui combattent l'un contre l'autre ; savoir : 10, L'homme orgueilleux , méchant et colérique., provenant de l'origine de l'ame ; et 20. , Vhomme éternel , saint , chaste et humble qui est engendré de l'éternelle origine 5 et 3<> , Vhomme périssable , bestial , entièrement animal, né des étoiles et des élémens qui tient en sa possession tout le «^««^tf ettouterhabitation.
38. Il en est ici de l'image de l'homme comme le dit Saint-Paul xCeliù à qui vous vous abandonnez en aervitude comme un esclave , roue en êtes dominé , soit du péché pour la mort , soit de Vobéissance à Dieu pour la justice ; vous en avez r impulsion. Si rhaoune s'ahandonne par sou ame à la méchanceté,.
CH. 16. < ^47 )
à l'orgueil, à sou propre pouvoir , à la pompe ,^1 l'oppression des misérables , alors il est semblable à l'insensé et orgueilleux démon ; il en est 1 esclave obéissant ; il perd l'image de Dieu , et cette image ne représente plus qu'un loup , un dragon , un serpent ,\e tout selon les essences de l homme , tel qu'il est dans la figure de l'affection.
3q Mais s'il s'adonne à une autre espèce d anipiaUlé grossière , telle que de vivre dans un pur altract bestial, de manger) et boire ,usqu à la démence, de paillarder , de voler, de dérober, de massacrer , de mentir et de tromper ; alors l'ame éternelle lui figure aussi une semblable image , telle que d'un animal sans raison , et d'un reptile hideux : et quoique dans cette vie il porte l image ,le l'homme élémentaire , il.a cependant une image bestiale de vipère et de serpent cachée la-dedans , laquelle sera manifestée lors de la rupture du corps , et n'appartient point au royaume de Dieu.
40. Mais s'il s'adonne à l'obéissance en Dieu , et qu'il incline son ame vers Dieu pour abjurer en h«- iililé aux pieds de la croix , la méchanceté , les dewrs et les attracis charnels, de même que toute mauvaise vie et mauvaise [conduite ; alors son ame éternelle lui figure son image en un ange qui est pudique , pur et chasle 5 il conserve aussi son imago Jors de U brisure du corps , et après il épousera 1^ chère vierge sophie de l'éternelle sagesse , pudicit6 ^ chasteté du paradis.
41. Sur cette terre, il doit rester entre la portfi 01 les gonds 9 entre le royaume de l'enfer et I0
f '48 ) en ,6
royaume de ce monde , e. sa noble image doit se irou-' ver volemmen, froissée j car, il „'a pas sea emen. ses ennemis à l'ex.érieur , mais il les a aussi enTuU . ême ; .1 por,e avec soi l'i.nage bes.iale , e. de plu , limage n,fernale colérique, , an. que dure celle -a.son de chair. C'est là la cause des'comba s e d ! oppos..o„s avec lui-même, e, aussi hors de lu . «eme conire la méchancelé du monde, que le dé- » n,u. suggère puissamment en Pallaqu'a;, de .ou. cotés , en le irompanl , en le froissant et le vexant .mversellemen.;e. ses propres commensaux dan, son corps son. ses ennemis les plus acharnés. C'est pourquoi les enfans de Dieu sont des porte-croi dans ce mo„de.dans celle mauvaise image terrestre. 42. Ma.nlenant vois , loi , fils de l'homme , ce oue «« as a attendre après la brisure de ton corps .pu^"!
D eu dans le paradis, ou un reptile hideux f une
ceti a?T; "" '"^°" '>^n>oniaque,Ie tout Lion celu auquel tu le seras adonné ici dans celle vie ; e. eUe paro.,ra dans l'é.ernilé . celte image que tuas po lée :c. dans ta base affecive , lu paroîlras avec cet e même .mage ; car aucune autre image ne peut sort,r de ton corps lors de la brisure , que cellemême que tu as portée ici.
45. Si tu as été adonné à l'orgueil , à la vaine ^lojre, à 1 autorisé arbitraire, pour opprimer les malheureux pour ton plaisir , alors il sort de toi un esprit analogue , et de plus il est tel dans Pérernifé. Là il ne peut rien saisir ni retenir pour sa cupiditéïl ne peut non plus orner son corps avec autre chose
CH. i6. ( 349 )
qu'avec ce qui est là , et cependant il s'élève tou-^ jours dans son orgueil ; car il n'y a aucune autre source en lui : aussi dans son élèvement n'atteint>iL rien que la colérique puissance du feu dans son exaltation : il incline continuellement vers sa volonté avec les mêmes plans que dans ce monde. De quelque manière qu'il se soit conduit ici , tout cela paroît dans sa teinture , dans laquelle il s'élève éternellement dans l'abîme infernal.
44. Si tu es un homme vicieux, menteur > trompeur , faux, meurtrier, il sort de toi un esprit analogue, et qui ne désire rien , pendant l'élernilé , que la pure fausseté ; il lance de sa bouche, des flèches de feu pleines d'abominations et de calomnies ; il est perpétuellement remuant et brisaut dans la colère , dévorant en soi , et ne consumant rien ; toutes ses essences brillent dans sa teinture 5 son image est figurée selon ce que ssl base affective a été ici bas.
45. C'est pourquoi je dis qu'un animal vaut mieux qu'un tel homme qui s'abaadonne à l'image infernale : car cet animal n'a pas un esprit éternel ; son esprit est de l'esprit de ce monde , ou de la corruptibilité y et il passe avec le corps jusqu'à ce que vienne la figure sans esprit laquelle restera. Dès que l'éternelle base affective s'est envisagée par la sophi£ ou la vierge de la sagesse de Dieu dans l'extra -génération , pour la manifestation des grandes merveilles de Dieu , dèsjors les merveilles éternelles et figurées doivent rester devant lui , quoique aucune Çr gure , ni ombre animale , n'opère , ni ne souffre ; mais elle est comme une ombre ou une figure peinte^
( 36o ) cir. té^
46. C'est pourquoi dans ce monde tout est donné à la puissance de l'homme , puisqu'il esl un esprit ëternel, et que tontes les autres créatures ne sont ^u'ùhe figure dans les merveilles de Dieu.
47. Ainsi l'homme doit bien réfléchir à ce qu'il dit , fait , et se propose dans ce monde , car toutes désœuvrés le suivent ; il les a éternellement devant les yeux , et il vit dans elles , à moins qu'il ne soit régénéré de sa méchanceté et de sa fausseté par îe sang et la mort du Christ, dans Teau et l'esprit saint ; alors il j)asSe de l'image infernale et terrestre en une image angéliqne ; il vient dans un autre Toyauhâe oh, ses souillnres ne peuvent pas entrer, et sont noyées dans le sang du Chrirt , et l'image de Dieu eist ressuscîtée de la terrestre et infernale.
48. Ainsi il nous faut hautement considérer et retonnoître dans la lumière de la nature le fondement du ciel et de l'enfer , aussi bien que celui du royaume de ce monde ; comment l'homme Write des trois royaumes daïrs le seîu de la mère ; et cominent l'homme, pendant cette vie;, porte une triple image que nos parens nous ont transmise par le premier péché. C'est pourquoi nous avons besoin du briseur de serpent qui nous ramène' dans notre image angélique ; et il importe à Phomme d'une manière très sérieuse de réprimer son corps et sa base affective , et de se soumettre au joug de la croix , afin de ne pas tant aspirer après le plaisir , la richesse et la beauté de ce monde ; car la J)erdition est là-dedans. 49. C'est pourquoi Christ dit ; // est difficile à um
CH. 16. { 35i )
riche (t entrer dané le royaume des cieux , puîsqug la pompe , l'orgeuil et le plaisir de la fchair lui plai- »ent tant, et que la noble basé affective demeuré morte au royaume de Dieu, et dans les éternelles ténèbres. Car dans la basé affefctivê est l'image de Pèsprit de l'ame, et là où la base affective Snclineét s'addnne , là son esprit d'àme est ihlérièuremént figuré par l'éternel fîàt.
5o. Maintenant s'il arrive que sans être régénéré, l'esprit de l'ame demeure dans son premier principe qu'il a hérité de l'éternité pat l'ascension de sa vie , alors au brisement de Son corps , son ame manifesté éternellement une créature semblable à ce qa'a été dans cette rie sa constante volonté.
5i. Si tu as eu une ame mordante et que tu ne te sois rendu agréable à personne enVien , fèl ^li'est'uà chien autour d'un os qu'il ne peut cependant pas manger lui-même , alors paroîtra cèt^è hiênae affection de dogue : le ver de ton ame sera figuré seloh celte même source-, il retiendra lihe semblable volonté pendant l'éternité dans le premier principe, e* il n'y a aucun rappel. Toutes tés œuvres cupides, méchantes , orgeuilleuses brilleront dans ta source , dans ta propre teinture du ver de l'ame , ety vivront éternellement; tù ne pourras atteindre ni saisir aucune volonté pour l'amendéméhl , Mais tu ser^ éternellement l'ennemi de Dieu , et de toutes les
saintes amés.
52. Car les portes delà profondeur de la lumièi^e de Dieu ne brilleront plus pour toi , vu que tu es alors une créature cémplète dans le premier prinl f
( 352 ) en. i6.
Ci'pe. Sî tu t'élèves , et que tu veuilles briser les por* tes de l'abîme , cela ne peut jamais être ; car tu es un esprit complet,et non pas purement réduit à cette volonté , dans laquelle les portes de la profondeur peuvent être brisées , mais tu t'élèves au-dessus du rojraume de Dieu , et tu ne peux pas y atteindre : plus tu montes haut, plus tu es profondement dans l'abîme; et cependant tu ne vois pas Dieu, qui est néanmoins si près de toi.
53. C'est pourquoi ce n'est seulement qu'en cette vie , pendant que ton ame tient à la Volonté de la base affective, qu'il peut arriver que tu brises les portes de la profondeur , et que tu pénètres dans Dieu par une nouvelle naissance. Car ici tu as pour assistante la chère et très noble vierge de l'amour divin ou SOPHIE. Elle te conduit par la porte de la noble épouse, qui estdans le centre, dans la limite de séparation entre le rojaume du ciel et de l'enfer ; elle t'engendre de son sang et de sa mort dans l'eau de la vie ; elle plonge et lave là-dedans tes fausses œuvres, afin qu'elles ne te suivent pas , et que ton ame ne porte pas leur hideuse marque , mais qu'elle soit figurée selon la première image en Adam avant Ja chute: savoir ^ en une pure, chaste , et pudique image de la noble vierge sophie , sans aucune connoissance particulière de tes vices d'ici bas.
54. Diras-tu : Qu'est-ce que c'est que la nouvelle naissance ou la régénération ? ou comment arrivel-elle dans l'homme ? Ecoute et vois : n'obstrue point ta base affective 5 ne laisse pas l'esprit de ce inonde^ avec sapuissaaceet sa pompe 3 remplir cette
CH. 16. ( 353 )
base affective ; arme toi de ton cournge , et perce d'outre en outre l'esprit de ce monde. Incline ta base affective vers le joyeux amour de Dieu ; fais une ferme et sérieuse résolution dans ton ame, de traverser l'aitract de ce monde , et de n'y pas faire attention. Pense que dans ce monde tu n'es pas chez toi , mais que tu es un hôte étranger , enfermé dans une dure prison-, appelle et supplie celui qui a la clef de la prison, soumets toi à lui dans l'obéissance de la justice , de la chasteté et de la vérité ; ne recherche pas le royaume do ce monde si ardemment , il s'attachera assez à toi sans cela ; alors la chaste sophie pénétrera profondément et avec éclat dans la base affective , et te mènera à ton époux qui a la clef de la porte de la profondeur ; reste constamment devant celui qui te donnera à manger de la manne céleste dont lu seras ranimé ; tu deviendras fort, et tu combattras contre les portes de la profondeur ; tu dois les traverser comme le fait l'aurore, et quand même tu serois ici captif dans la nuit, cependant il te paroîira des rayons de l'aurore du jour dans le paradis ; là où est ta chaste vierge ou sophie ; et où elle t'attend avec un joyeujc chœur-d'anges qui te recevront avec délices dans ton nouvel esprit , et dans ta base affective régénérée.
55. El quoiqu'en effet , tu doives te baigner avec ton corps dans la nuit ténébreuse, dans les ronces et les épines, de façon que le démon, et aussi ce monde , ic froisst- et te déchire, et non-seulement , te fiT.| jv, le méprise, t'avilit et te dédaigue exI.
a5
( 354 ) CH. i6.
lérieureraent , mais souvent retient ta chère base affective , et la conduit prisonnitVc dans l'attrac de ce monde , dans le bain du péché ; cependant, la noble vierge sophie t'assistera toujours , et t'appellera pour te détourner des voies impies.
56, Considère cela , n'arrête pas ta base affective et ton discernement. Si ta base affective te dit: détourne toi , ne fais pas cwci ; alors sache que lu es appelé par la chère vierge ou sophie ; détourne toi aussitôt , et considère où tu es logé , dans quelle dure maison de servitude ton ame est prisonnière , et porte toi vers ton pajs natal , d'où ton ame est égarée ou émigrée et dans lequel elle doit rentrer.
57. Or donc , si tu veux suivre particulièrement le conseil de la noble sophie 3 alors en toi-même y dans ta régénération qui se fera sentir en toi si délicieusement, tu éprouveras et tu reconnoîtras , non-seulement , après cette vie , mais même aussi dans ce monde , par quel esprit cet auteur a écrit.
Fin du premier volume»
S O M M A I R E.
Des chapitres du 1". volume.
^VERTissEMEUT du traducleuT j
Préface de l'auteur yj;
Chapitre 1. Du premier principe de l'essence divine £
Chapitre 2. Du premier et deuxième principe; ce qu^est Dieu et la nature , avec un plus grand éclaircissement sur le soufre et le mer- "^f^re iQ
Chapitre 3. De Vexpansionou génération infinie , multiple^ innombrable de V éternelle nature. 19
Chapitre 4. De la vraie éternelle nature ; c^est- (i-dire j de P incalculable et infinie génération , de laquelle provient P étemelle essence^ qui est V essence de toutes les essences ^ d'oii est provenu , engendré , et enfin , créé ce monde avec les étoiles et les élémens , et tout ce qui se meut , remue et vit. Ouverture de la porte de la grande profondeur, 20
Chapitre 5. Du troisième principe , ou de la création du monde matériel^ ainsi que des étoiles et des élémens ; on y fera entendre plus clairement le premier et le second principe , . 62
CHAPirsE 6. De la séparation ^ dans la création, en trois principes, 176.
Chapitre 7. Du ciel , de son étemelle génération et substance ; comment les élémens sont engendrés , ce dans quoi P éternelle alliance pourra être mieux et plus amplement comprise par la contemplation et Inobservation du monde matériel, La grande profondeur 84
( 356 )
Chapithe 8. De la production des créatures et de l'rxplojiioii de foute répétât ion , aussi bien que des étoiles et <les é le mens , et de V origine die lu substance de ce monde lo2
Chapitre 9. Du paradis ^ et de r instabilité de toutes les' créatures; comment tout prend son commencement et sa fin , et pour fjuH but les choses se montrent ici, JLa noble et très précieuse ^ortc da l'ame raisonnable 124
Chapitre 10. De la création de V homme et de son ame , et de V insufflation divine, L,*aimabre porte 148
Chapitre, h. De toutei les circonstances de la tentation «lyi
Chapitre 12. De Couverture des saintes écri'- tures ; des circonstances à considérer haute" ment, La porte d'or , dont Dieu favorise le dernier monde dans lequel le lys croitra, . . 190
Chapitre i3. De la création de la femme ( extraite ) d^ Adam. La porte charnelle , misérable et ténébreuse, , » 217
Chapitre 14. De la génération et de la propagation de P homme. La très secrète porte , . . aÎQ
Chapitre i5. De l'intelligence de l'éternité dans la corruptibilité ^ [ou dans lasubdivisibilité], de P essence de toutes les essences 2^3
Chapitre 16. De la ru)ble base affective , de l' intelligence , etc, du triple esprit ; de la triple volonté ; de la teinture du penchant ; ce qui est engendré dans un enfant dans le sein de sa mère. De l'image de Dieu , de l'image animale , de Vimage de Vabime infernal , etc. La noble porte de la chère vierge sopiub ^ etc, , , , i % 3^6
DES
TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE.
DES TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE;
o u
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SE VEND A PARIS,
. L A R A N , Imprimeur -Libraire , place da Panthéon , aux ci - devant Ecoles de Droit.
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O N trouve chez les mêmes Libraires , V Aurore naissante y du même Auteur.
DE L'ÉTERNEL ENGENDREMENI
SANS ORIGINE.
De Thomme; d'où il a été créé et pour quelle fin.
Comment tout prend son commencement dans le tems; comment tout poursuit son cours , et ce que tout redeviendra à la fin :
Par JACOB B É HM E , du vieux Seidenbourg , nommé le philosophe Teutonique ^
Traduit de TAlIemand, sur Pédit. d'Amsterdam, de 16825 •Par le Philosophe inconnu.
TOME SECOND.
A PARIS',
DE L'IMPRIMERIE DE LARAN.
AN 10. — 1802.
DES TROIS PRINCIPES
DE L'ESSENCE DIVINE.
CHAPITRE DIX-SEPTIEME.
De Teffroyable , lamentable et douloureuse chute d'Adam et d'Eve dans le paradis.
Miroir de f homme.
I. cl les portes de la profondeur nWoîentpas été ouvertes dans mon entendement, pour que je pusse voir ce que c'est que l'opposition qu'il y a contre le royaume de Dieu , je me persuaderois aussî qu'il s'agit d'une pure désobéissance , et d'avoir mordu dans une pomme, comme le texte de Moïse l'avance nuement , quoique Moïse ait écrit très juste.
2. Car ,ce fut à cause du boire et du manger ter ' restre , et par leur moyen que l'homme paradis «laque fut emprisonné par l'esprit de ce monde , qu£ inamtenant inqualifie avec tous les hommes. Auss£ nous est-il témoigné par l'écriture sainte et par la raison, que l'homme dans le règne élémentairede co
( 2 ) CH- t^
inoncle, n'est pas clicz lui. Car, Cbrisl dit : iJ/o«
royaume n'est pus Je ce monde. Et il a tîil à ses ap6*
• très : A- vout ai rappelés de ce monde. En outre: La
chair et le sang ne peuvent pas posséder le royaume
de Difu.
3. Aussi voyons -nous que le royaume de ce monde se brise et périt pour Thomnie. Puis donc qu'Adam a porté Viniage du royaume de Dieu qui éloit éternelle et impérissable, et qu'il exista dans \k paradis , nous rte pouvons pas dire avec Fondemenl, quM ait porté l'image du royaume de ce inonde ; car ce monde est passager et périssable , tandis que l'image en Adam étoit permanente et
impérissabhe.
4. Ainsi si nous voulions dire qu'Adam eîit vécu dans la source des quntre élétnens avant sa cbule, nous ne pourrions pas soutenir qu'Adam n'eût pas été une image périssable; car les quatre éléraens doivent passer à la fin > et rentrer dans l'élément
simple.
5. D'ailleurs, s'il avoit é!é assu^èii à celte source, alors la cbaleur et le froid a«roienl dominé sur lui. Cependant nous voyons dans Moïse comment Dieu , après la chute , lui a fait d'abord par l'esprit ou l'anï^e du conseil de ce monde, un babit de peaux, et Ten a revêtu 5 et comment cela est caché sous le voile dans Moïse , de manière qu'on ne peut pas Iq voir il découvert, ainsi que nousl'indique ce qui •'est passé dans Israël. En outre , s'il avoit été tout imimcnt de terre et des élémens, alors il auroit pu J)rûler dans le feu , et se noyer dans l'eau , et s'é0 bo.s et l<.s pierres. Ce,,eM<)a„l il est «T-rrit • 0„'» ry.^o.,.e„,r„„ver^..„.-,L,^,,',J;,;- . q..e »,eu cr<^a a„ commencée,,,. Caril a .4 1
les qu.ire ..lemens provenant <te l'é-lftnen» .,. , n>a„de Oans .eq..el Adam ne fut pn.rc.'T ' ^
7- Le iPXie Hil dans Moïse : Oii'il f„i r.A' a , paradis en Héhron ; c'esl^.Awl , ' "' '*
enlrela divinité et l'âh- .' ''"""''""'^"'•■»
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SOPHIE on de la chaste rier-e Hp 1, J '.
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;V.en.eUe..,„,edeCo:Ïir^^^^^ 9- Car, lies, ais.'.de «aisir et devoir àlaterre-^
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!»
( 4 ) cH. 17'
^ux pienes , que les quatre élémens ont e^lé en un , ;"'«e la terre et les p.er.es ont é.é engendrées daus t colère dans Venflammemeni de l'élément. En effet ,
Lnsfdérer con^bien .a été une grande colère que celle qui a ainsi coagulé l'eau si durement.
•o En outre on voit là l'extraction des quatre été- „,ens dans la colère du feu; on j. voit avec quelle promptitude l'air puissant sort du feu ; et que la Pierre ou le bois ne sont autre chose qu'un souffre de Lu et de la terre; or si la teinture est consumée par la colère, alors ils deviennent en cendres, et finaiernent à rien. C'est ainsi que ce monde avec les aualre élémens deviendra à la fin en un nen , et u ^V aura que leur ombre et leur figure qui resteront dans l'éternel élément des merveilles de Dieu. Corn. „,ent penserois-tu donc que Dieu ait créé des quatre emuves l'homme éternel , puisque ces effluves sont
absolumeu t périssables ? .r. y »/
Il A la vérité, nous devons dire qu Eve a été créée dans cette vie périssable; car elle est la femme de ce monde. Mais alors cela ne pouvoit pas etro autrement , car l'esprit de ce monde avoit par sa leinture surmonté et possédé Adam , de l;^çon qu .1 tomba en sommeil , et ne pouvoit point engendrer de soi l'image virginale , selon l'aperçu de la noble et chaste vierge de la sagesse deDieu , qui avoit été unie à lui aumo^endu/im^u* ou de l'effluve céleste, leqneUimhus étoit la matrice en lui.Là ensuite, dans ^a dcpressioD,il eut pour associée la femme élémencw. 17. ( 5 )
taire ou Eve , qui , dans le triomphe de l'esprit de ce monde , fut figurée selon la forme animale , dérivée d'Adam.
12. Mais pour que nous fassions bien comprendre au lecteur , dans un bref sommaire , ce que notre connoissance et notre haute pensée a saisi dans la lumière de la nature , nous l'exposons ainsi selon notre science : Adam étoit l'image de Dieu, selon la similitude de Dieu ; Dieu , la trinité sainte , en unité d'essence divine, avoit, par la vierge de son éternelle sagesse , conçu , dans la sagesse , d^établir cette image dans rélernel élément à la place du dé^ mon déchu. Car son plan dans l'éternelle volonté doit subsister-, il doit y avoir un trône , un prince de région dans ce lieu , pourj manifester les éternelles merveilles.
i3. Ainsi Dieu créa l'image et la similitude de Féternel élément , dans lequel les merveilles s^orU ginisent , et il lui insufla l'esprit des essences de son éternelle et originelle volonté , de la porte brisée de la profondeur , de cette place d'où la roue du mouvement et du hrisemant agit dans l'ame éfernellc , et atteint la claire , vraie et pure divinité dir copurdeDieu.
14. Elle [cette image] n'est pas le cœur de Dieu ,' mais elle atteint jusqu'au cœur de Dieu , et elle puise la puissance , la lumière et la joie dans le cœur et la lumière de Dieu ; car elle est dans l'éiernelle volonté du père, d*où il engendre toujours son cœur et sa parole , de toute éternité. Or sçs es&ewc^.?, qui lui furent soufflées dans l'élément de son corps ( t)n1
I»
( ^ ) cil. 17.
de ce qui en lui est in-intelligcnt dans les élcinelles merveilles de Dieu) étoieni le paradis, à causede la joie Lautemenr triomphanleducoupd'cciiducœuretdela lumière de Dieu. Son boire et sou manger ('loient paradisiaques, eu vertu de WAtiuenl gui Jlonvfioii dans sa. volonté. C'est par le moyeu decei élémen I qu'il at liroit en soi la puissance des élerneUes merveilles de Dieu , et engeudroit de soi 1;î ^on ^ le lon^ ou rolcrncl chant de louanges des éternelles merveilles de Dieu, en présence de la volouii*. Tout cela exisloit devaut la chaste, très noble et très sainte vierge de la sagesse de Dieu ou la sophie , comme d'aimaLles jeux et c'ctoit là vraiment le partidis.
i5. M^is maintenant ma plume ne peut v'^crire ce qu'étoient ces merveilles. Je n'eu désire (jue plus ardemment d'atteindre jusqu'à elles d*ii}w, manière parfaite, et de vivre en elles. C'est donc là tout ce que, nous pouvons reconnoîlre et coniempler ici dans les lumitres de la nature, 4^ns les portes de la profondeur ; et notre triple ba.-e aCTtciive na peut pas s'élever à ces hauteurs, jusqu'à ce que le vêtement grossier soit ôté : alors nous pourrons contempler ces choses sans vaciller.
16. Mais comme alors les quatre élémeus sor^ tirent de l'élément, et firent avec la quintessence des étoiles, et avec le rœi;i des essences oi^du soleil , le troisième p:incijje, dans lequel il existe de si grandes mei veilles qu'il r.e s'e^i trouvé aucune créature qui pût les inanilcî«ler , si ce u'est seulement l'image et la ressemLLuce de Dieu [c'est-à-dire] l'hom'ne <]ui c. en noi la chasic vicii^e de la sa^cù;.^
CH. 17. ( 7 )
de Dieu ou la sophie ; c'est pour cela que l'esprit dm ce monde se porta aiusi fortement sur P image, rechec* chant la SOPHIE, afin de manifester ici ses merveilles^ et qu'il englcba l'homme ; ce dont Adam a d'abord porté son nom d'homme , ou d'une personne mixte;
17. Mais lorsque la sagesse de Dieu vit combien l'homme étoit excité par l'esprit de ce monde à sd mêler avec les quatre élémens , alors vint le coramandement qui dit : Tu ne dois point manger da l'arbre de la counoi.ssance du bien et du mal.
18. Or, à la vérité , la connoissance du bien et du mal n'est pas manifestée dans le paradis ni dans le royaume du ciel , si ce n'est par la seule expnnsion de l'élément dans la colère. Là seulement est manifestée la connoissance du mal ; là seulement les essences sont inflammcibles ; et k'i -dedans perce* la mort. C'est pourquoi Dieu dit : Si tu en manges, tu mourras de mort.
19. Dieu entendoit le corps (\ue V homme vecevr oit de l'infection des quatre élémens. Ce corps devoit mourir; et /V^o/wraedevoit aussi dans l'instant mourit au paradis dans sa tendre base aftective virginale, ei recevoir la base affecli%'e de ce monde , dans lequel il n'y a que piqûre , déchirure , maladies , altération des essences , et enhu la mort.
• 20. Mais que les quatre élémens avec le soleil cH: les étoiles pressassent ainsi sur Adam , et l'infectassent, la raison en est qu'il étoit extrait d'eux, aussi bien que de l'élément ,. et qu'il avoit en soi daîis l'origine les trois règnes , tous les trois principes. C'est pourquoi il devoit être tenté, s'il poiiil
( 8 ) CIT. 17»
Toît rester dans le paradis , dans le royaume du ciel. Ainsi le fruit céleste et aussi le fruit terrestre lui furent présentés.
31 Car l'arbre de la tentation étoit torrestre j commesontencoreaujourd'hui tous les arhres',ettous les autres étoient paradisiaques. Là , Adam pouvoit manger dans la bouche les puissances paradisiaques, etiln'avoit besoin ni d'estomac, ni d'entrailles ; car les arbres paradisiaques étoient homogènes à son corpset àrélémeut, et l'arbre delà tentation étoit homogène aux quatre élémens.
22. Mais que Moïse appuie si fortement là-dessus y et dise : Dieu a créé l'homme du limon tei' xestrejn'est parce que son voile est devant sa face,de façon que l'homme terrestre ne peut pas le voir à découvert. A la vérité , il fut terre et un morceau de terre y lorsqu'il eut mangé du fruit tenestre, que Dieu lui avoit toutefois interdit. Si Adam, avant sa chute , avoit été terrestre et de terre , Dieu ne lui auroit pas défendu le fruit terrestre; eu outre, s'il avoit été créé de l'élément delà terre, pourquoi l'élément terrestre ne lerevétit-il pas tout de suite de soii habit avec une peau grossière ? Pourquoi laissa-t-il l'homme nu et dépouillé? Or, quoiqu'il l'eût déjà possédé, il le laisse cependant nu et à découvert.
23. Moïse parle seulement des tables de la loi sur lesquelles furent gravés d'outre en outre les dixcomxnandemens , afin qu'on pût voir au travers dans le paradis. Il attacha le voile sur sa face , comme on le voit en Israël 3 or^ dès que l'homme est deveuu
CH. 17. ( 9 )
terrestre , il faut donc qu'il dépose ce qu'il a de terrestre ; alors il pourra entrer avec Josué et Jésus dans la terre promise du paradis , et non pas rester avec Moïse dans le désert de ce monde , où le voile de ce monde est suspendu devant le paradis.
24. Il ne doit nullement se figurer par sa raison que Dieu ait formé un animal d'un morceau de terre, comme le pottier fait un pot; mais Dieu dit: Que toutes sortes d'animaux soient produits , chacun selon son espèce ; c'est-à-dire , de toutes les essences , chacun selon les propriétés de ses essences 5 alors ils furent figurés ainsi de leurs propres essences par le fiât , aussi bien que tous les arbres , les plantes, les herbes, tout ensemble ou à la fois. Comment donc l'image de Dieu auroit-eUe pu être formée des essences corruptibles, puisqu'elle a été créée des essences éternelles , dans le paradis ?
25. La terre n'est point éternelle , et à cause de celte destruclibilité le corps de l'homme doit se dissoudre , puisqu'il s'est revêtu de ce qui est périssable. Or , la connoissance , les délices , et la joie paradisiaque se sont aussi éloignées de lui ; et il est tombé dans la colère alumée , dans les quatre élémens enflammés qui inqualljîent avec Péteruelle colère dans l'abîme selon leur âpreté, quoique la région extérieure soit tempérée par le soleil, en sorte qu'elle est une aimable demeure , comme cela se voit. Mais si le soleil disparoissoit, alors tu pourrois bien voir, sentir et éprouver la colère de Dieu: pense sérieusement à cela.
26. Ainsi il nous est montré dans la laucière de k
II
( 10 ) CH. 17.
nature , que lorsqu'Adain fut ainsi imprégné par l'esprit de ce monde, Dieu produisit un jardin d'Eden sur Ja terre dans le paradis ; qu'il y fit croître toute espèce de fruits paradisiaques agréables à voir, et bons à manger, et au milieu l'arbre de la tentation qui tenoit ses essences de l'esprit de ce monde , tandis que les autres avoient les essences paradisiaques.
2.y. Dans ce jardin , l'inriage de Dieu étoit entièrement libre 3 il lui étoit permis de touchera tout ce qu'elle vouloit , excepté à l'arbre de la tentation , sur lequel portolt la défense. u4datn resta dans le jardin quarante jours dans les connoissaiices , !es joies, et les délices, paradisiaques ; là il n'y eut toutefois pour lui ni nuit , ni jour , mais l'éternité; il voyoit par la verlu divine avec ses jeux , et ses yeux n'éloient point assujétis à se fermer: il n'avoit point du tout besoin de la lumière du soleil, quoique tout dût lui servir et lui être soumis. L'extra -génération des quatre éiémens ne l'atteignoit point ; il n'y avoii eu lui , ni sommeil , ni douleur , ni crainte-, pour lui mille ans éloient comme un jour. Il étoit une image semblable à celle qui ressuscitera au dernier jour ; et rien autre chose ne ressuscitera que ce que Dieu créa au commencement. C'est pourquoi peuiiesy bien.
28. Mais si je dis que l'homme Adam a été qnarante jours dans le paradis , on en voit le témoignage dans la tentation du Christ le second Adam , et dans la tenlatiou d'Israël , à la montagne de Sinaï, Moïse étant sur la mouiaguc , lesquelles ont
CH. 17. ( Il )
duré chacune quarante jours, Ce que tu peux lire dans Moïse et dans la tentation du Christ : tu trouveras là des merveilles.
29. Mais quand Adam fut infecté du désir de goûter de la connoissance du bien et du mal , que Tesprit de ce monde eut dominé Adam , que par là le subtil démon , enfermé dans l'esprit de c© monde , eut dirigé ses coups puissans sur Adam , de %ou qu'Adam devint fatigué et aveugle au royaume de Dieu ; ce fut alors que Dieu dit : Il n'est pas bon que l'homme soit seul ( car il n'engendrera pas la vierge paradisiaque, puisqu'il est infcciédel'esprii de ce monde,au point que lamodestie et la chasteté sont disiparues ) ; nous voulons donc lui faire une compagne qui soit avec lui , et par laquelle il puisse établir sa prmcipauté, et se reproduire : cela ne peut pas, maintenant, être autrement ; et il lajssa tomber sur l'homme un profond sommeil , de façon qu'il dormit.
Jo. Entendez ici particulièrement et exactement, que dans Adam , la Sophie s'est retire e dans sou Elher , dans son principe. Car le texte dit : Dieu fit tomber un profond sommeil sur Adam. Or, ou est le sommeil, là se cache la puissance divine dans le ceaire. Ou elle poussin esprit , là il n'y a point de sommeil ; car le pasiur d'is.acl ne dort, ni ne sommeille point, couime il est écrit.
3i. Demandes -tu combien do lem> a dormi Adam? Considère le séjour du Clir>«t <l:>ns le tombeau , et tu trouveras le point. Gai le second Adam •uii , eu sortant du toiMJbcùu , pu. o. ic-^Lucclion,
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( 12 ) CH. 17.
réveiller le premier de son éternel sommeil , des ténèbres de l'enfer , da sépulcre de ce monde.
32. Ainsi Dieu a tiré la femme de lui, dans son sommeil , par le moyen de laquelle il devoit propager son règne ; car cela ne pou voit pas être autrement. Et lorsqu'il s'éveilla , il la vit , et la prit pour soi , et dit : (Te&t la chair de ma chair , et Poa de mês 08, Adam pendant son sommeil étoit devenu nne autre image ; car Dieu avoit laissé entrer en lui l'esprit de ce monde , ce qui rendit sa teinture foible jusqu'à l'assoupissement.
33. Avant le sommeil , Adam étoit en forme d'ange : après le sommeil , il eut la chair et le san^; il étoit , quant à sa cliair , un morceau de terre , et il dut voir d'un triple esprit , et saisir avec ses yeux la lumière du soleil ; il ne connut plus la première image , quoique les quatre élémcns ne fussent pas encore tombés sur lui , et ne le touchassent pas , car il étoit encore dans l'innocence.
34. Là le démon s'employa avec empressement , il se glissa dans le serpent (qu'il est cependant luimême dans sa propre forme ), il s'attacha à l'arbre, et y répandit une douce amorce; car il vit bien qu'Eve étoit une femme , el infectée par les quatre élémens ; et quoiqi^lle se défendit un peu , et qu'elle objectât le commandement de Dieu , elle se laissa pourtant aisément persuader lorsque l'esprit de mensonge dit : Que le fruit la rendroit savante , que ses yeux deviendroient ouverts, el qu'elle seroit comme Dieu , et sauroit le bien eî le mal. Toutei'uis il ne lui dit pas qu'elle dût mourir , si elle en manCH. 17. ( »3 )
içeoit , mais qu'elle deviendroit savante et qu'elle seroit belle ; lequel al tract est encore dans le cerveau des femmes , de façon qu'elles consentiroient volontiers à êlre le plus beau des animaux.
35. Ainsi elle arracha une pomme et elle en mangea , et elle en donna aussi à Adam , et il en mangea également: c'est cette manducation dont les cieux ont bien pu rougir, et dont le paradis a tremblé , comme cela , en effet , est vérilablement arrivé , ainsi qu'on le voit à la mort du Chrit , lorsqu'il entra dans la mort , et combattit avec l'enfer, de façon que la terre et les élémens tremblèrent, et que le soleil perdit de sa clarté., quand cette manducation de la pomme alteignoit à sa guérison.
La porte des grandes douleurs et des souffrances de
•" Vhovime»
36. La raison s'attache au voile de Moïse, et ne voit point au travers des tables gravées d'outre en oulre , que Dieu lui donna sur la montagne de Sinaï. Aussi ne peut-elle pas ôter le voile de devant ses yeux , et regarder Moïse en face , car il a un visage illuminé dans la terreur du feu ; elle en a peur , et elle en tremble. Elle dit toujours à Moïse : Parle, toi , avec le seigneur; car nous sommes effrayés , et de plus entièrement nus et dénués.
37. Elle se représente bien la colère de Dleu^ et elle frissonne sur sa propre chute, mais elle ne sait pas comment cela lui est arrivé. Elle se représente seulement sa désobéissance , et fait de Dieu un démon colérique el méchant que rien ne sauroit
( '^> ) CR. I*f,
«ppaîser ^ tandis , cependant , qu'elle seule a revêtu de cet habit de colère Adam ei Cve , et le corps et i'ame, en se mettant elle-même contre la volonté de Dieu dans l'effroyable bain de colère , et tandis que Dieu a montré , envers elle, une si grande miséricorde, qu'il n'a pas épargné son propre cœur, jusqu'à l'envoyer dans la profondeur de la colère , et dans l'abîme de l'enfer, dans la mort et" dans la brisure des quatre élémens , pour apporter k i'homme déchu le secours du saint et éternel élément , et pour le délivrer de la colère et de la mort.
38. Mais depuis, dans la mort du Christ , îe voile de Moise a été oté de sa face. Cependant à la place de ce voile , les étoiles et les quatre élémens ont produit devant l'homme , un brouillard et un nuage par rinfecliondu démon , de façon qu'il ne voit point Mo^b en face. Car , la région de ce monde a engendré IVuiechrist , et Va mis dans le nuage dievant la face de Moïse, comme s'il [ cet anlechrjst] étoit le Christ, pour qu'ainsi la face de Moïse ne fut pas aperçue. C'est pourquoi , nous avons besoin du lys qui (le^umn au travers de la table de Moïse , percée d'outre en outre, lequel Ivs av«c sa forte odeur se répand dans la paradis de Dieu^et par la t^rtu duquel les peuples deviendront *i.pUissahs et si forts qu'ifs abandonneront l'an^techrùl, et courroritao travers de l'obscurité jusqu'à l'^fiur de là fleirr. En effet , te puissant briseur des^iportes de la profondeur a planté le Ivs .et l'a mi* dans les niarns de la noble vierge Sophie et il
tH. 17. ( l'j )
croît dans l'élément , dans les merveilles , contra l'effroyable tempête de l'enfer, et le royaume de ce inonde ; car là , plusieurs branches tomberont par terre, ce dont l'anfechrist sera aveuglé ; dans le brouillard et dans le nuage,il deviendra entièrement fou et insensé , et il agitera les quatre élémens dans la colèi*e. Ici il est nécessaire que les enfans de Dieu se réveillent du sommeil du brouillard : c'est ce qu'annonce l'esprit très sérieusement dans la lumière de la nature.
3g. Nous voulons donc donner, selon nos connoissances, une explication du péché de rhomràe, qui est tout-à-fait manifesté , qui paroît à la lumière du jour , et qui produit en nous la conviction. Ainsi , que nous serviroient les folies de l'anfechrist qui, avec la chair et le sang du Christ , ne cherche que sa cupidité , son orgueil et sa volupté ? Il nous tire le voile de Moïse sur les yeux, afin que nous ne puissions pas voir au travers de la table.percée d'outre en outre Josué ou Jésus dans la tene promise du paradis , et afin qu'il puisse avec assiii rance ne voyager que sur son effroyable et dév<?- rante bête de cupidité et d'orgueil , qui est dervenuê si forte et si grande qu'elle ombrage toute l'étendiie de la terre , et qu'elle domine épduvantablement par sa colère sur toutes les montagnes et les vallées. Voilà cependant ce que l'odeurdu lys brisera san^ mains [ou par sa simple puissance ], ce dont tes peuples s'étonneront et diront : Comment cette grande et effroyable puissance a-t-elle pu subsister •ur une base aussi frêle et aussi foible ?
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{ i6 ) cK. 17.
40. SI nous voulons donc considérer la doulou- i reuse chute d'Adam et d'Eve , nous n'avons pas besoin de poursuivre loog^tems Tinseusé anlecbrist , pour eu retirer la sagesse, il n'en a aucune. Considérons-nous nous - mêmes , et comparons l'image céleste et terrestre , l'une avec l'autre, et nous verrons à la fois le point et la base 5 nous n'avons besoin d'aucun docteur pour cela , ni d'aucun langage étranger ; cela est écrit dans notre corps et dans notre ame, et si nous le voyions, cela nous efTrajreroit tellement que nous en tremblerions , comme cela est arrivé à Adam et à Eve , lors de leur chute.
4i. Or , si nous n'envisageons pas le briseur de serpent dans la limite de séparation, dans les portes de la profondeur, eutre ce monde et le royaume do l'enfer , nous ne voyons rien qu'une pure misère , et qu'une mort 3 ce qui doit fortement nous réveiller du sommeil.
4a. Regarde - toi seulement , ame aveugle , et considère ce qu'est devenue en toi ta forme d'ange? pourquoi est-tu si colérique, si aigre, si méchante ? pouiquoi, dans ta méchanceté, t'élèves-tu encore en orgueil, en puissanceet en pompe, et te proposestu d'être une superbebéle? que fais-tu ?pourquoias« tu laissé entrer en toi l'esprit de ce monde , qui te conduit comme il veut dans Torgueiljdans la folie, dans la puissance particulière, dans la pompe, dans la cupidité et le mçnsçnge , dans la fausseté , la tromperie, et enfin dans les maladies et la corruption?
43. Qu'as -tu a attendre après ta dissolution , lorsque tu es mort ? considère-toi : qu'es-tu ? es-tu
im esprit? quelle est la source que tu as en toi ? La colère , la méchanceté , l'orgueil, le caprice dans ta recherche des joies temporelles , que cependant tu ïie trouves jamais. Dans les essences de ton esprit une inclination fausse , meurtrière , pleine de mensonges et de tromperies. Tel que tu as été sur la terre devant les hommes , tel est aussi ton esprit sortantdetoi,du corps corruptible des élémens.Làoii il restera quand ce monde passera , crois - tu qu'il sera uu ange? a-t-il une source angéliqne ? sasource est-elle dans l'amour, l'humilité et la douceur? est-elle, dans l'obéissance de Dieu , dans la lumière de la joie ?
44. O toi ! ame aveugle , avec ta puissance et ta pompe , pleine de méchanceté et de la colère du démon , tu es avec tous les démons dans l'abîme de l'enfer , si tu ne te convertis pas , et si tu ne marches pas dans les sentiers tles anges par un sincère repentir et une vraie pénitence de tes abominations , en sorte qne le sauveur et le briseur du serpent delà sévérité , de la colère , de la méchanceté du mensonge, de la tromperie , de ton orgueil inné et de ta cupidité , te rencontre et te prenne dans ses bras ; qu'il t'engendre de nouveau en lui , et te dépose dans le sein de la chaste sophie , pour que tu deviennes un ange ; sans cela tu appartiens à l'éternelle mort , tu es dans les éternelles ténèbres , et tu n'atteindras jamais le royaume de Dieu.
45. Ou bien , penses-tu que j'écrive sans lumière et sans connoissance sur la chute de l'homme? ne peut-on pas non plus voir dans récriture ce qu'ell*
( i8 ) en. iji
dit sur cela? Que l'homme avant sa cliute a élé angélique dans son ame et dans son corps. Voyez ce que le Christ dit ( Mathieu, 22. v. 3o ) : ^^ /« résur^ reclion des morts ils ne se marieront point , et on ne les mariera point ; mais ils seront semblables au* anges de Dieu. C'est eu effet une pareille image que Dieu a créée au commencement , à sa ressemblauce, 46. Car, une ame colérique , méchante , orgueilleuse , pleine d'amour propre , meuleuse , voleuse , dérobante , meurtrière , impudique, immodeste, n'est point l'imaj^e de Dieu ; mais une ame humble, chaste, pudique, pure, gracieuse, qui, par son désir et son amour , s'incline vers le cœur de Dieu : c'est là l'image de Dieu dans laquelle l'esprit embrasé de feu s'élève de la volonté et aux yeux de la volonlé , dans la joie et la douceur. Là il se plait à communiquer à ses frères , la volonté de son esprit qui sort de lui; il aime à s'approcher d'eux, et comme on dit eu proverbe , à partager avec eux son coeur , ce qui arrive en esprit. Ici la joie s'élève dans l'éiernel élément , et les merveilles de Dieu i^onl manifestées dans la vierge sophie , à la gloire de l'éternelle base affective , et pour la louange de Dieu. Là l'ame joue sur la harpe de David , des cantiques divins ; là eniin s'élèvent les connoissanees dans la sainte , éternelle base affective , les couleurs dans l'élément , et 4es merveilles dans l'esprit avec les œuvres et les
puissances.
47. C'est là l'image de Dieu que Dieu a créée .pour sa louange et pour sa joie , et il n'y en a au4:ime autue. Ne t'en laisie point représenter dVW
par le fol antechrist 5 il u'y a absolument que cellela : ton corpset toname t'enconvainquent, aussi bien que le ciel , la terre , les étoiles et les élémens. Queltjuesoil Pobjet que tu considères , tout t'en convaincra. Si tu ne te convertis pas , et si tu ne t'inslalles pas dans cette image , ce quiestla fin pour la- <ïuelle Dieu t'a créé , tu rougiras devant toutes les
itT^A " ^" p""'' ^^ *^" ^"'ï^^ ' ^-"d ta base affective dans l'esprit de l'ame res.era nue et sans
corps: nous te disons ceci comme étant important et Jiautement connu dans la volonté de Dieu
48. Ainsi c'est une chose essenlielle à connoître pour nous,quelamisérablechulede nos premiers parens ; comment il est arrivé, du côté de Dieu nue .a colère soiten nous, et que nous devions mourir, .M de plus périr éternellement , si nous n'atteignons pas le bnseur de serpent. Mais pour donner uu
court extrait de la chute,qui soit intelligible au lecteur, lequel pourroit ne pas atteindre à notre sens et à notre connoi.ssance , à cause de la simplicité de notre discernement froid , épais et lénél)reux, nous voulons l'expliquer brièvement el clairement, et lui communiquer aussi notre connoissance et notre intelligence, ainsi que nous en avons le droit, comme image divine.
49- Adam es. resté quarante jours dans la forme angélique avant sa chute, et en lui il n'y avoit ni jour n. nuit , non plus qu'aucun tems . quoiqu'il ne fut pas purement un esprit, tel qu'un ange : car «on corps éloi. de l'élément , qui n'est pas un esprit inlell.gent.maisIaconcréiiondauslavolontédeDiett
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( 20 ) c». J7*
(ou le //mJi/0, lequel élément reste devant Dieu , et dans lequel demeure la cliasle vierge de la sagesse de Dieu ou sophie, qui manifesta Timage , et 3a créa de l'élément par le fiât de Dieu.
60. Et de ce même limbus, au lems de la colérique corporisation de la ter. e , les quatre élémens sortirent comme d'une fontaine, et ce qui avoit été manifesté en infinité par la vierge de la sagesse de Dieu devmt les éloiles,comme étant une vertu ou une extra-généralion du limbus. Elles sont la cinquième essence par rapport aux quatre élémens ; elles ne sont point séparées des quatre élémens, mais inqualifiant tous ensemble. Elles sont cependant extraites des quatre écoulemens avec leur essence aiguë ; elles sontl'attract des quatre élémens , ou , comme je puis l'établir en comparaison , elles sont l'homme , et les élémens sont la femme ; et le cœur de ces choses est l'élément dans une seule essence , où l'élément pur , et les essences qui sont dans cet élément pur , sont' la vertu des merveilles et de la sagesse de Dieu, et se nomment paradis , une demeure de joie.
5i. Or l'esprit des éternelles essences (qui est intelligent , et a la connoissance et le sentiment , et l'épreuve de toute chose , dans lequel est la ^urce qui est dans l'homme) fut soufflé à Adam par la sagesse de Dieu , par l'impulsion de la volonté qui procède devant soi; et cela de l'ame éternelle , des portes brisées de la profondeur. Il lui fut soufflé par la paroleavecl'esprit mouvant deDieu.
Ainsi : i^. l'homme a en arrière de soi le contact iSe l'abîme de l'éternel tourment , comme un lien ou
^fl. 17. ( 21 J
un nœud indissoluble; 2". il a devant soi le cœur ou la lumière de Dieu comme un éclat de la joie et de Penflammement du paradis, qui s'élève dnus les essences avec la lumièredela jubilation ; et 3"", il a au-dessous de soi l'écoulement des quatre élémens dans la génération du limbus qmétou en lui.
52. Tant qu'Adam plaça sou imaginalion dans le cœur de Dieu, le paradis fut vif en lui; Talliance de l'abîme étoit alors un paradis, où la joie s'élevoit dans le bouillonnement. Le royaume de ce monde , comme provenant de l'élément , auroit aussi dans l'alliance tenu à l'homme, mais inférieurement , et tant qu'il plaça son affeclion dans le cœur dé Dieu , le royaume de ce monde nepouvoit l'alteindre, et étoit impuissant devant lui, comme ce monde l'est devant Dieu.
53. Ainsi l'esprit et Tarne d*Adam restèrent aa milieu dans le paradis du royaume de joie , quarante jours, qui ne furent pour lui que comme u» jour. Tout se porta v^rs lui, et te rechercha : lo. Le royaume de l'enfer de l'éternelle origine, de l'âme ténébreuse, duquel son ver-d'ame étoit sorti dans la brisure des portes ; 2®. la divinité du royaume du ciel, dans la brisure des portes , brillant devant lui, et le regardant joyeusement ; et 3o. l'esprit des étoiles et des élémens l'attirant à leur alliance, er le désirant fortement.
54. Or Adam étoit en effet dans la tentation: car son anie colérique , provenant de l'origine du premier principe, étoit dans la joie par la lumière dè^ Dieu 5 et la s^ource de ki colère rendoit la joie ascen-^
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I !
( 23 ) CH. 17»
danle , parce que la lumière rendoit tout joyeux et doux en lui et autour de lui, afin qu'il pût s'incliner Ters l'amour ; et par ce moyen , il éloif bien réelkment dans le paradis sur la terre. "^^
55. Les quatre éléraens de ce monde , ainsi que le soleil et les étoiles ne pouvoieut poïniinqualijier en lui ; il n'aspiroit point l'air en soi 5 mais l'esprit de Dieu dans la vierge sopuie étoil sa respiration , et enflammoit le feu dans son esprit.
56. Mais étant ainsi dans le paradis , entre l'enfer et le royaume de ce monde , lié à l'un et à l'autre , et cependant libre aussi dans la puissance de Bien ; alors il s'aperçut ou se contempla lui-même dans la grande profondeur du royaume de ce monde ,. dans lequel aussi les grandes merveilles sont radiées dans le centre (comme nous voyons que l'homme les a découvertes et mises au jour par l'éternel penchant de son esprit , ainsi que cela est devant les yeux). Dans cet aperçu ou dans cette contemplation , il se livra à son imagination , et il succomba dansl'attract : car l'esprit de ce monde le saisit» comme une mère imprime une marque à un enfant dans le sein maternel ; et il fut enceint ou imprégné de l'attract de l'esprit de ce monde. Dès lors il fut aveugle en Dieu , et ne vit plus Dieu, ni sa vierge SOPHIE dans sa base affective. Ainsi le royaume du ciel demeura , quant à soi , dans le paradis , dans son principe, dans les portes brisées du tout-puissant ; et la sophie y resta cachée dans le centre. Ce royaume éloit dans Adam; t/p^tefois Adam n'éloit point en Dieu par sa base affective , roaifi
eu. 17» ( 23 )
dans l'esprit de ce monde ; il étoît sans force dans lé
royaume de Dieu : il tomba en bas , et dormit.
57. Alors Dieu , par le fiât , bâtit de lui par l'esprit de ce monde, la femme de ce monde , pour qu'il étendît son royaume par ce moyen. La femme venoit de la matrice qui, avant l'infection, étoit une chaste vierge qu'Adam devoit engendrer de soi. Mais dès que la chaste sagesse et la puissance s'éloignèrent de lui, en tant qu'il marchoit dans l'esprit de ce monde , dès lors il ne pouvoit point engendrer; car l'esprit de ce monde le revêtit dans son sommeil avec de la chair et du sang , et le figura en animal, comme nous le voyons maintenant avec une jgrande amertume. C'est de là que nous nous reconnoissons pour être aveugles au royaume de Dieu, et nus, sans aucune ' puissance , dans le sommeil de la grande affliction , recouverts d'une chair et d'un sang corruptibles.
58. Lorsqu'Adam se réveilla de son sommeil , il étoit un homme, et non pas un ange ; son haleine aspira de l'air ; il alluma par là son esprit astral , qui s'étoit emparé de lui; il reconnut son épouse pour être une femme ^ venant de lui , et il la prit à soi , comme tous les animaux s'apparient. Cependant il avoit encore les yeux purs ; car la colère ne pointoit pas encore en lui , mais bien l'atlract et le limon terrestre \^devênu le germe de reproduction , et que fauteur appelle mbsch dans, le lan<rage de la nature']. L'élément feu, avec son amertume, qui inqualifie avec l'abîme infernal ,ne f avoit pas encore entièrement (à soi).
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( 24 ) CH. 1759. Ainsi Adam, avecsa l'einme, vint avec une grande joie et de grandes délices dans le jardia d'Eden , oîi Adam lui parla de la défense au sujet de l'arbre ; mais Eve , comme une femme de ce monde , regarda cela comme peu de chose , et détourna ses yeux de dessus Adam , pour les porter vers l'arbre: elle le regarda avec attrait. Alors donc Fattract la saisit , et le démon menteur la persuada, tandis qu'elle discouroit avec lui , et qu'elle ne le connoissoit point , ne connoissant en effet aucun démon. Elle toucha l'arbre , cueillit du fruit des quatre élémens et des étoiles , en mangea , et eu donna aussi à Adam ; et comme Adam vit qu'Eve n'étoit point morte , il en mangea aussi.
60. Alors leurs yeux furent ouverts , et ils reconnurent qu'ils avoient de la chair et du sang, et qu'ils étoient entièrement nus; car l'esprit du grand monde les saisit avec les quatre élémens, et figura leur estomac et leurs entrailles , quoique la forme, dans le sommeil d'Adam , lorsque la matrice fut séparée du limbus , fût bien figurée; mais ils ne la reconnurent point avant d'avoir mangé de la pomme. Alors l'esprit de l^preté exerça aussi tôt son attraction , et se fit sa région , comme ou le voit , au cœur , au foie, aux poumons , au fiel et à la vessie, aussi bien qu'à l'estomac» Adam avoit reçu ce régime ou ces régions dans le sommeil ; et par la manducalion de la pomme l'esprit du grand monde s'y est établi.
61. Alors ils se regardèrent réciproquement, et rougirent l'un de l'autre j ils s'effrayèrent de l'aCH. 17. l ^^ )
prêté qui entra en eux ; car c'étoit la colère de Dieu. Ainsi le premier principe , savoir , l'abîme de l'enfer, les saisit, et retint Adam et Eve prisonniers dans leur ame,dansce qui est éternel; car cet abîme s'éleva avec effroi et terreur , et répandant le doute au sujet du royaume de Dieu. Alors ils crurent ne pouvoir plus avoir de consolation ; car ils ne voyoient plus le paradis , mais le jardin d'Eden. En effet ils avoient perdu la divinité ; ils ne pouvoient point porter vers elle leur volonté , puisque Pdpreté et le doute les en erapêchoient.
62. Alors vint l'esprit de ce monde avec son vêtement grossier, avec la chaleur et le froid; il les comprima et agit sur eux , comme sur des êtres nus et dépouillés ; il accabla ainsi l'image de Dieu à moitié morte , par leur désespoir , leur anxiété et leur doute , et par le tourment de la chaleur et du froid; il la laissa en proie au martyre, à l'angoisse et à l'incertitude. Ici, l'homme est allé de Jérusalem ou du paradis vers Jéricho, dans la maison des meurtriers qui l'ont dépouillé de son habit paradisiaque, l'ont dérobé , l'ont assailli presque juqu'à la mort (avec leurs poisans, leurs torlures, leurs plaies, et les maux provenant de leur vénéneuse communication) , et ont continué leur chemin , comme le dit en parabole le second Adam dans l'évangile.
63. Il n'y avoit pour eux aucun remède ni dans le ciel, ni dans le monde. Ils étoient prisonniers et assujétis à une dure servitude, à tous les besoins et à la mort ; car l'abîme de l'enfer enchaînoit l'ame ,
f 26 ) c». 17;
etPespril de ce monde enchaînoit le corps. La mort et la corruption étaient dans le corps ; et il n'y avoit rien en eux qu'une pure inimitié contre euxmêmes : ce qui provint des essences des grossières étoiles , oîi une source va contre Tautre , et où Tune brise l'autre, en produisant dans le corps un grand martyre et de grands tourmens , en outre la terreur et l'effroi , et finalement la destruction et la mort t comme cela est sous nos yeux.
64. Là , le démon gagna la partie , carie royaulne de ce monde devint de nouveau le sien : il avoit obtenu une entrée dans l'homme , et pouvoit atteindre dans les essences de son ame',en effet ils étoient tous deux maintenant dans un même règne.
65. Il se disoit : Maintenant le royaume de ce monde est à toi ; tu peux, selon ton pouvoir , te jouer de l'image-horame qui devoit occuper ton siège ; son esprit est en ta domination. Et il insultoit Dieu, en disant dans sa base affective : Où est maintenant ta noble image , que tu as créée pour être assise sur mon trône ? Ne suis-je pas le dominateur de la grande puissance du feu ? Je veux régner sur ton trône ', le mien est la force et la puissance ; je m'élèverai au-dessus des trônes de la puissance , et la force de personne ne pourra me résister.
66. Oui, à la vérité, il s'élève au-dessus des trônes, mais il ne peut pas ealrer dans les trônes. Il marche dans la première , et éternelle origine de l'astringente , ténébreuse , dure , froide , rude et chaleureuse source de feu 5 mais il ne peut pas entrer dans les
r.n. 17. ( 17 )
portes brisées de la profondeur, dans la lumière devant Dieu ; seulement il s'élève éternellement dans son abîme , dans le tourment colérique infernal, et n'atteint rien autre chose: c'est pourquoi il est un prince ; mais dans le sans fond ïuïexixaLX ^ ce qui a été assez connu à l'homme après sa triste chute.
67. Comme je pourrois bien n'être pas entendu du lecteur , en ce que j'écris que l'homme demeuro dans l'abîme infernal avec les démous , je veux lui montrer le but, afin qu'il le sente et le saisisse , si toutefois il ne veut pas en détourner les yeux, tandis qu'il lui est donné de le conuoitre , car alors ce sera là un témoin contre lui.
68. Ce n'est pas en vain que le Christ nomme lo démon un prince de ce monde ; car il l'est en effet , selon le premier principe , selon le royaume de la colère , et il demeure tel dans l'éternité. Mais il ne Test pas selon le royaume des quatre élémens et des étoiles. S'il avoit là une pleine puissance, il n*y auroit aucune végétation , ni aucune créature sur la terre. Il ne peut s'immiscer dans l'opération des quatre élémens, car il est dans l'originel, et il y a un principeentre. Seulement lorsque, dans les tempêtes, les astres éveillent dans les élémens la colère du feu, là alors il est le maître , le jongleur , et il se réjouit , quoiqu'il n'ait point là de puissance, à m oins que cela ne lui soit donné par la colère de Dieu ; car il est le bourreau , et il exécute la justice , eu qualité de valet, non comme joge^ mais comme exécuteur des hautes œuvres «
( 28 ) CH. 17.
69. Il est le bourreau dans ce monde ; les étoiles sont le conseil et Dieu est le roi du pays. Tout être qui se sépare de Dieu tombe dans le conseil des étoiles ; elles entraînent beaucoup de gens à se tuer eux-mêmes , les uns par l'épée , les autres en se pendant , d'autres en se noyant. Là le d^mou est en action ; il est le conducteur et rexéculeur.
70. Ainsi l'homme est tombé dans une grande misère, et il est entièrement plongé selon son corps, dans le royaume des étoiles et des élémens ; ce qu'elles font de lui , c'est là ce qu'il est , et cela substantiellement. Elles font l'un grand, l'autre petit , l'un droit , l'autre tortu ; elles donnent à l'un le bonheur et la richesse , à l'autre la misère ; elles font de l'un un homme subtil et spirituel selon le royaume de ce monde, et de l'autre un sot ; elles font l'un roi, et abaissent l'autre; elles tuent l'un , elles engendrent l'autre ; elles conduisent , en tout lems , la base affective des hommes , mais uniquement dans les fatigues,les douleurs et les dégoûts.
71. En outre,le royaume de l'enfer et de la colère poursuit toujours l'ame , et ouvre sa gueule pour engloutir la pauvre prîsonnnière qui est liée de deux lourdes chaînes, l'une du royaume de Tenfer, l'autre du royaume de ce monde ; et elle est conduite par le pesant , lourd , bestial et très gangrené corps , comme un voleur que l'on mène toujours aulieu du supplice,et qui obtient toujours un délai par une supplique, et est remis en prison 5 et la pauvre ame doit demeurer ainsi en captivité pendant tout le lems de son corps. Là laulôi d'un côté
CH. 17. ( ^9 )
le démon se rue sur elle avec ses leuires , sa colère et sa méchanceté , et veut l'avoir avec lui dans son abîme. Tantôt c'est le monde séducteur avec sa* puissance , sa pompe , ses cupidités et ses attraits de perdition. Tantôt c'est la maladie et la frayeur. Elle est toujours en tremblement. Combien s'effraiet-elle , en effet , lorsque l'homme va seulement dans les ténèbres ? combien s'épouvante - t - elle , que l'exécuteur ne vienne à la saisir , et n'exécute la justice?
Zm porte du grand péché et de ropposition contré Dieu de la part de Vhomme,
72. Pour peu que nous contemplassions les abominations de l'homme envers Dieu , et les grands péchés que nos premiers parens nous ont transmis en héritage*, nous ne pourrions réellement jamais être joyeux dans ce monde , si l'esprit de ce monde ne nous présentoit pas dans notre prison , des joies insensées et des apparences de plaisirs \ ou plutôt si la renaissance ne nous réjouissoit pas souvent for1ement,/7ar /'^s/)^ra/ice d'être délivrés de cette prison. Car, en effet , nous ne trouvons autre chose ici bas , que de véritables abominations , des péchés , des besoins et la mort \ et à peine obtenons-nous, dans cette vie , un aperçu de la joie éternelle.
73. Mais la pensée se demande : Qu'est-ce que c'est donc que le péché Fou comment y a-t-il un péché? pourquoi Dieu a-t-il un dégoût pour l'être qu'il a créé ? Ecoute, fils de l'homme : Devant Dieu dans
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( 3o ) CH. 17.
le cîel , il n'y a aucun péché ; le péché est seulement en toi ; ce sont les péchés qui font que nous , ' et notre Dieu , nous sommes séparés les uns des autres. Du reste tout ce qui existe est fixe et bon dans sa propre essence. Le royaume de l'enfer et de la colère est bon en soi selon sa région ; il n'y a d'attaché à cet enfer aucun tourment , aucune douleur ; mais sa douleur est sa génération , et l'ascension de sa source 5 aussi ne désire-t-il rien autre chose.
74. De même aussi , le royaume de ce monde est fixe et bon ; il n'y a aussi d'attaché à lui aucun tourment; mais l'ascension des élémens, ou Pen^ flammement du chaud , du froid , de l'air et de Teau est son accroissement et sa végétation , et ne lui fait aucun mal en soi 5 il n'a , non plus en soimême aucune épouvante , ni aucune frayeur.
75. L'homme seul qui est issu d'une autre source, a , flans ces deux principes , tourment , besoin , afflictions , terreurs : car il n'est pas dans son pays ; et de ces deux principes aucun ne peut toucher à notre pays natal. C'est pourquoi la pauvre arae doit ainsi se froisser et se meurtrir pour retourner dans sa mère patrie; elle doit passer par les portes de la profonde angoisse de la mort ; elle doit briser les deux règnes ; elle demeure ici entre les deux précipices, et elle est continuellement infectée par des choses qui la retiennent en arrière , et la compriment rudement : elle est comme dans une presse.
';6, Se porte-t-elle vers Dieu ? Le démon la relient d'un côté par un lien , et le monde par un autre
CH. 17. ( Si )
lien ; elle est assaillie par tous les deux : le démon l'allume avec l'âpreté et la colère , lesquelles sont une source et un péché qui ne peut pas atteindre le royaume de Dieu ; et le monde la pousse à l'orgueil, à la cupidité , aux désirs de la chair, de façon que les essences de Tame s'infectent en se remplissant des volontés charnelles ; car la volonté de la base affective attire ces choses dans l'ame : alors l'ame est entièrement impure,gonflée et ténébreuse par les choses qii'elle a attirées , et ne peut pas atteindre la lumière de Dieu. Ses essences qui devroient se porter vers Dieu ne le peuvent pas, parce qu'elles sont trop grossières , et ne sauroient pas entrer dans la lumière qui ne s'enflamme pas ainsi. Il faut absolument , que les portes de la profondeur soient brisées. Alors les essences percent dans la liberté hors des ténèbres ; mais si l'ame est remplie , cela lie peut avoir lieu ; alors commencent l'effroi ,' la crainte , l'épouvante , le doute sur le royaume de Dieu,etcela n'occasionne à l'ame que des tourmens; 77. Ainsi tu peux savoir comment ûy a un péché devant Dieu. Tu as en toi l'élément qui est une joie devant Dieu ; or donc si tu t'associes aux ravages et aux tempêtes de la source infernale, alors tu troubles l'élément ; tu réveilles la colère jusqu'à la faire éclatter,et tu agis tout comme a agi le démon , lorsqu'il a remué et allumé la colère dans le fiât , d'où la colère a engendré la terre et les pierres ; tu pêches jusque dans le ciel devant Dieu , aussi les prophètes se sont lamentés en plusieurs endroits de ce que le peuple indocile faisoit souf£nr leur Dieu,
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( 32 ) CH. 17.
QnoîqnVn lui-ra^me il ne sente point de mal , cependant sa colère s'enflamme selon le premier principe , dans les portes de la profondeur , où demeure l'ame , et c'est une vraie abomination devant lui.
78. Observe tout ce que tu laisses entrer dans ta base affective ; si ton ame n'est pas inclinée vers Dieu , de façon qu'elle repose sur lui dans la foi et dr.ns la sécurité , alors tout est péché pour toi , quelque chose que tu fasses. Car tu introduis une affection terrestre dans les portes de la profondeur où va l'esprit de Dieu , et tu souilles l'élément quiest devant Dieu.
79. Diras-tu : Comment cela peut-il être, puisque Dieu demeure dans le ciel ? ô}! toi , ame aveugle, pleine de téntM^res! le ciel où Dieu demeure est aussi en toi comme Adam sur la terre étoit dans le paradis. Ne porte pas ta pensée hors de ce monde , au-dessus des étoiles, comme l'enseigne l'antechrist. Il ment comme ledémon même. Dieu estpar-tout;le fondement de l'enfer est aussi par-tout,comme dit le prophète David : Si Je m'élance vers l* aurore , ou bien dan& Venfer , tu es là ; de plus : Oà est le lieu de mon repos ? n* est-ce pas moi qui remplis tout? Mais je regarde à celui qui souffre. Celui dont l'esprit est brisé est celui dans qui Je veux demeurer ; en outre : Je veux demeurer dans Jacob , et Israël sera m^jn ta^
lernacle,
80. Entendez bien. Il veut demeurer dans les esprits brisés et rompus , et qui traversent les portes des ténèbres , et c'est en ceux-là qu'il veqt pénétrer.
«»• 17- ' ( 33 )
81. C'est pourquoi , préserve-toi de la séduction. Ne dis pas: Je suis dans les ténèbres, le seigneur ne me voit pas ; il ne voit ni ce que je pense , ni ce que je fais. Dieu est dans les portes de la base affective , dans les portes brisées , où l'ame est devant la clairl face de Dieu,et où toutes tes abominations sont con» nues devant Dieu , et tu entaches l'élément de Dieu. Tu trompes la chaste vierge ou sophie , qui s'est donnée à toi , dans ta base affective , pour ta compagne, et qui demeure dans son centre, et t'avertit de tes voies impies : si tu la suis, que tu te convertisse, et que tu t'élance vers elle par une sin* cère pénitence 5 alors elle couronne ta base affective avec la sagesse et l'intelligence, afin que tuîpuisses tout-a-fait te dérober au démon 5 mais sans cela lu tombes de péchés en péchés , et d'abominations en abominations ; tu rends ta mesure pleine 5 tu la fais déborder : alors le démon l'attire dans son rè-ne ^ tu fais fort bien son service , car tu es un vrai fouet pour les enfaiis de Dieu, non-seulement par tesmépris , mais aussi par les œuvres de \es mains ce que le démon n'ose pas faire ; tu lui donnes un bon serviteur 5 il l'amuse même encore avec le nom de Dieu, pour que tu le portes en effet sur tes lèvres et <iue même lu l'enseignes ; mais Xd^^ cœur e^ 'un
meurtrier et un voleur , et tu es entièrement mort au ro;yaume du ciel.
82. C'est pourquoi , ô! chère ame, éprouve-toi pour savoir à quoi tu inclines ; heureux pour toi .[ c est à la justice , à l'amour , à la fidélité et à U vérité , ainsi qu»à la chasteté , à la modestie et à la
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( 34 ) CH. 17;
miséricorde î lu en retireras du fruit. Mais si tu inclines du côté opposé , alors descends dans ton sein , examine ton cœur charnel et éprouve-le ; réunis toutes tes pensées ensemble dans une prison , et rends-loi terrible à Ion cœur de chair , de façon que les élémens tremblent en toi. Le démon cajoleur et menteur , qui s'est établi dans ton cœur de chair , ne manquera pas de s'éloigner ; il sentira c© coup qui ne lui agréera pas ; tes pensées deviendront tout autres. Ce n'est point une ame non exercée , qui enseigne cela ; elle Va éprouvé ellemême; c'est pourquoi cela doit rester comme un mémorial et un continuel avertissement. Quiconque le souhaite , n'a qu'à en laire l'essai , il en retirera des merveilles.
83. Or donc , lorsqu'Adam et Eve eurent mangé du fruit terrestre , ils eurent honte l'un de l'autre ; car ils s'aperçurent qu'ils avoient desmembres bestiaux pour leur propagation corporelle ; ils brisèrent des arbustes , et les tinrent devant ce qui faisoit leur honte. La voix de Dieu vint hautement dans le jardin , dans leur base affective, et ils se cachèrent derrière les arbres dans le jardin.
84. Ici nous voyons clairement , et nous comprenons bien que Dieu , dans le commencement , n'avôit pas créé une pareille image avec des membres de bêle pour la reproduction ;car ce que Dieu crée pour Témmité n'a aucune honte de soi -, aussi ils s'aperçurent d'abord qu'ils étoient nus. Les élémens les avoieut possédés , mais ne les avoient revêtus d'aucun habit. En effet , ils ne le pouvoient
lias 5 car l'esprit de l'homme n'étoit point de Tessence et de la propriété des élémens , mais des essences éternelles.
85. Et alors , c'est une chose palpable , visible et reconnoissable , qu'Adam, avant son sommeil et avant sa femme , n'avoit eu aucune forme bestiale - car il n'étoil ni femme , ni homme, mais une vierge sans forme bestiale ; il n'avoit point de parties génitales, ni de mamelles; aussi n'en avoil-ij pas besoin. Il auroit , sans douleur ou sans ouverture de son corps , engendré dans l'amour de la chasteté , une vierge telle qu'il étoit , et qu'il auroit pu être , de ftçonque toute la région de l'homme angélique seroil sortie d'un seul , d'une seule /ontaine (ainsi que cela fut pour les anges) , s'il avoit résisté à la tentation ;de même que tous ceux qui viennent au seul chef des pasteurs, pour leur repos, sont délivrés de la mort et des tourmens de l'enfer , par un seul homme,
86. Ici nous trouvons maintenant, comment Adam et Eve ont entendu la voix de Dieu dans le jardin. Car , l'élément qui est devant Dieu a tremblé au péché avec lequel Vhomme a inqualirié^ el le péché a été manifesté d'abord dans Adam ellESe, dans l'élément de la base affective , où la crainte et l'effroi saisirent les essences do l'ame. Car , le premier principe de l'apreté a été stimulé : on peut dire de lui ( s'il est permis de s'exprimer ainsi ), qu'on a jeté du bois dans sa source de feu. Or , dans l'enJlammemênt il s'est élevé en opposition parmi les essences, ou une formeest devenue contraire àl'autre
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c'esl-à-dire , que Vastringence et le froid a réveillé, par son altract , raiguillon amer el le malêtre dans l'esprit , dans les essences de la teinture du sanc ; et le tempêtement amer et relèvement ont
éveillé le feu.
87. Au lieu d'apporter la joie et les délices paradisiaques , cela est devenu un esprit de soufre, qui est dans l'angoisse et dans l'effroi du brisement , et qui allume la teinture du sang, d'où arrivent le déchirement, le picottement , le martyre et la douleur. Si l'esprit de soufre allume trop fortement le feu , alors il briile la teinture , de façon que Ja lumière de la vie s'éteint , et que le corps tombe en bas, comn^e un cadavre mort. Mais si l'astringence s'enflamme par le dur attract, alors la teinture devient dure , ténébreuse et froide parl'attract et la coagulation : alors la lumière de la vie s'éteint aussi , et le corps périt. Il en est de même aussi de l'eau. Si la teinture s'enflamme dans la douceur, elle devient grasse , épaisse et gonflée , tout-à-fait morbifique , ainsi que ténébreuse et douloureuse ; et en elle l'éclair de la vie est comme le piqueron d'une ronce. Ainsi donc la vie de l'homme est partent environnée d'ennemis, et la pauvre ame est toujours au milieu de quantité de chaînes dans sa dura prison ; elle craint toujours , lorsque le corps se brisera , de tomber au pouvoir de l'exécuteur dans le royaume du démon.
88. Ainsi dans Adam et Eve,après la manduaation de la pomme dans le jardin d'Eden,s'est élevé le premier fruit dans les portes de la profoûdeur^où l'ame
ciî. 17. (,37 )
est devant Dieu,et inqudlifie avec la juste volonté dii père, qui met sa volonté à découvert dans le brise" ment des ténèbres , dans la lumière de la douceur , et engendre toujours de toute éternité^ dans la puissance de la douceur et de la volonté , son cœur ou son fils, c'est-à-dire, son éternelle parole,
89. C'est ainsi que l'homme angélique devoit aussi mettre en avant sa volonté dans les portes brisées de* ténèbres, par la volonté du père, avec lequel l'ame inqualifie dans la douceur du cœur de Dieu. Alors la source des ténèbres dans la colère ne l'auroit pas touché ; mais il seroit resté un prince conquérant du paradis , et triomphateur de l'enfer et du royaume de ce monde.
90. Mais lorsqu'il eut mis son imagination dans le règne de ce monde, alors la claire et pure inclination de l'ame attira à soi , dans la volonté , le règne gonflé de l'extra-génération ; ainsi l'ame paradisiaque et pure devint ténébreuse, et l'éléttient du corps reçut la masse ou concrétion mesch , laquelle attira dans l'élément la volonté de l'ame , ou de la base affective ; ainsi il devint un homme charnel , et il reçut la colère du premier principe ,' laquelle transforma en fortes jointures et en os , le violent brisement opéré , dans les portes de la profondeur attenantes à Dieu.
91. C'est ce qu'il faut hautement et sérieusement recouuoiire : car on voit dans la lumière de la Vie> comment dans les os la moelle a la teinture la plus liante et la plus noble , et que, dans elle , est l'esprit^ le plu$ doux et la lumière la plus claire ^ ce qua;
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vous pouvez juger au moyen du feu , si toutefois vous ne tenez pas en aveugle à vos opiniâtres contradictions ; et il est parfaitement reconnu que ce» endroits où sont maintenant les os durs, ont été des puissances merveilleuses, qui ont ouvert les portes des ténèbres , dans lesquelles puissancei Fbomme angélique a existé dans la lumière.
gî. C'est pourquoi la providence divine , lorsqu'Adam tomba dans Tattract, environna en lui ces vertus et ces puissances avec la force du premier principe, c'est-à-dire, avec la forte puissance do î'aigu de Dieu , afin que la source du premier et du troisième principe ne pût pas ainsi le toucber si facilement. El cela arriva dans le sommeil d'Adam, k>rsk]ue Dieu bâlit Adam pour ce monde ; d'où Saint Paul dit aussi : Que l'homme naturel a été créé dans la vie corruptible de ce monde; ce qui est arrivé dans la tentation d'Adam , au tems où Dieu tira do lui sa femme naturelle: Mais avant cela, il étoit \ine image céleste; et il doit le redevenir , lorâ de sa restauration au jour du jugement.
98. Or , quand même on Verrôit le démon et lo monde tempêter contre ceci , cela n'est paà moins Je fondement de la vérité hautement Reconnue dans ks merveiilles de Dieu , et non point des fables et dss opinions , comme colles du monde hjpocritô et orgueilleux ^ qui dispute actuellement sur la coupé de Jésus-Christ , ne 'cherchant que sa pompe et son élévation 5 qu*à défendre sa propre gloire, éa Sagesse prétendue et s'a tupidité , et qu'à soigner son homme charnel ^ ainsi que fait la folio
tH. 17. ( ^9 )
épouse, en Babîlône , montée sur la bêle méchante y par qui les malheureux sont dévorés. ( Quoique nous parlions en ce lieu du premier Adam 5 cepen-* dant le second dans la chair ne reçoit que des dérisions pour récompense. ) Aussi l'esprit dit-il maintenant à Babel , qui est dans la confusion : Je t'ai vomie ; an tems de la colère tu boiras de la coupe de ton orgueil , et ta source s'élèvera daus l'éternité*
De la voix de Dieu dans le jardin d^£den.
Conjerence entre Dieu et V Homme sur le péché,
94. Lorsqu'après la manducalion de la pomme y Adam et Eve se considérèrent , ils furent frappés de leur forme bestiale et de leur image monstrueuse , ils sentirent en eux la colère de Dieu , et i'âpreté des étoiles et des élémens ; car ils s'aperçurent de leur estomac et de leurs boyaux, dans lesquels ils avoieïit entassé des fruits terrestres , qui commencèrent à inqualifier , et ils virent leut honte bestiale : alors leur base affective s'éleva Vers le paradis y et ne le trouvant plus, ils coururent , tremblans et effrayés , et se glissèrent derrière les arbres ; car la colère avoit touché l'esprit de leurs essences par les fruits terrestres. Alors la voix de Dieu vint dans le centre de la porte de la profondeur , et appela Adam, en disant : Adam, où es-tu? Ëtilrépondif : Je suis ici , et j'ai peur ; car je sui* nu. Et le Seigneur lui demanda : Qui est-ce qui t'a appris que tu es nu ; si tu n'as pas mangé de l'arbce doul
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( 4<^ ) en. 17.
)e Tavoîs dit : Tu n'en dois pas mauger. Adam ré, pliqua : La femme m'en a donné, et j'en ai n^angé. El Dieu demanda à la femme : Pourquoi as-!u fail ceci ? Et elle rt'pondit : Le serpent m'a trompée, de façon que j*ai mangé.
95. On voit ici très particulièrement que le démon avoit perdu son image angélique; il vient maintenant 5 dans une forme de serpent , avec ses fourLeries meurtrières , et il trompe la femme. Comme il n'auroit pas pu entièrement renverser Adam, il presse vivement la femme, el lui promet qu'elle acquerrera de l'intelligence, qu'elle possédera le royaume de ce monde , et qu'elle sera j par là y comme Dieu.
96. Le démon mêla ensemble le mensonge et la vérité, et dit : Tu seras comme Dieu. Mais sa pensée ne portoit que sur le royaume de ce monde et sur le premier principe de la colère, et illaissoit le paradis de côté. Or Eve entendit qu'elle resteroit dans le paradis , dans l'aimable et divine joie.
97. C'est pourquoi il n'est p£f s bon de jaser avec le démon ; c'est un meurtrier et un menteur dès Je commencement de sou règne , et en outre un voleur : il ne vient quepo.ur massacrer et voler, comme on le voit en cette circonstance ^ et Iç démon est la principale causç Je la cLutc : car il se servit de sucre avec Adam , pour qu'il imaginât d'après lo royaume de ce monde. Quoiqu'Adam ne voulût point de lui ; cependant il se glissa dans les e&^ sentes ëk la colère , et répandit devant lui un sucre, paradisiaque en apparence , mais qui étoit vrai-^
CH. 17. ( 41 )
ment infernal% de façon qu'Adam conçut un désir.
98. Mais , pour avoir trompé Adam et Eve avec son sucre infeci, Dieu lui a préparé une demeure analogue à ce qu'Adam dépose et laisse sortir de son sucre terrestre , à sa dernière fin ; c'est là ce qui doit lui resler à la brisure de la terre. Lorsque cette terre s'en ira dans l'Ether , il n'aura, que la repoussante odeur de la puanteur du péché et de l'abomination dans le royaume de la colère : il doit manger éternellement de ce sucre , et employer sa volonté à repuiser là continuellement un nouveau sucre dans la fournaise de feu ; car c'est à lui à le préparer,comme élautce qui lui agrée le plus , c'estce dont il tremble quand il entend l'esprit déclarer cela; et il est annoncé ici à tous les hommes impies , qu'ils doivent éternellement manger de ce même sucre qu'ils auront ici préparé sans cesse par des blasphèmes , des malédictions, des cupidités , des dédains , des médisances, des meurtres, des vols , en reten&nt la «ueur des malheureux, et nefesant par là que s'enfler d'orgueil.
99. Eufîn , lorsque ces deux personnes , Adam et Eve , misérables prisonniers du démon et dé ce monde , restèrent ainsi devant Dieu avec crainte et une grande frayeur, et sentirent la colère de Dieu et son sévère jugement; le cœur de Dieu^, qui les avoit produits , s'afligea , et considéra s'iinry auroit pas quelque moyen de venir au secours du.malheuJ eux homme, et de les délivrer du lien de l'éternelle
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( 4* ) CH* ï?»
colère , et du Corps mortel de ce monde ; mais il ne s'en trouva aucun dans le ciel et dans ce monde , qui pût les rendre libres ; il n'y avoit aucun prince , ni trône angélique qui en eût la puissance. Tout étoit consommé. Ils éloient dans l'éternel jugement de la mort temporelle et éternelle ; car le premier principe les avoit emprisonnés dans l'esprit de rame5et inquatîJîoU avec Pâme. Le royaume du ciel, avec sa lumière y étoit fermé; il y avoit, entre le ciel et l'homme , la ferme barrière d'un principe j et Vame ne pouvoit pas y atteindre de nouveau , à moins qu'elle ne fût de nouveau engendrée de Dieu , autrement il n'y avoit pas de remède : il n'y avoit , BÎ secours , ni asile en quoique ce fût.
loo. Alors le démon se joua de l'image ; l'enfer ouvrit la gueule , et il dominoit dans les essences d'Adam et d'Eve, et les attiroit toujours par là dans le feu infernal de la colère. Ainsi leur base affective devint tremblante et effrayée , et ils ne pouvoient pas atteindre l'amour de Dieu. Le ciel combaltoit contre eux, aucun autre ange ne les approcha que les rudes démons , qui se montroient et crioient : Oh ! nous avons gagné ; nous sommes les princes des hommes ; nous allons bien les tourmenter k cause de notre trône qu'ils voudroient posséder: nous devions être l'escabeau de leurs pieds , main* tenant nous sommes leurs juges. Qu'avons-nous à nous inquiéter de Dieu ? Il ne demeure pas dans noire Toyâume. Pourquoi nous a-t-il chassés t lïous allons bien nous venger sur son image.
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Lta très délicieuse et trèn aimable porte de là promesse du briseur de serpent , hautement à considérer.
ioT, Ck>mrae donc il ne se trou voit aucun expédient , et que l'homme étoit précipité dans l'enfer , au grand triomphe du démon ; alors Dieu dit au serpent , ou au démon : Puisque tu as fait cela , kû seras maudit ; la semence de la femme doit te briser la tête et tu la piqueras au talon.
loa. Sur cela , l'abîme de l'enfer trembla , mais le démon ne comprit par tout-à-fait ce que ce devoit être. Seulement il vit que la parole, dans Adam cl Eve se représentoit dans le centre de la vie , et s'opposoil à la colère du règne del*enfer, ce dont il s'effraya beaucoup, et ses jilbilations diminueront : car ce mets ne lui plaisoit pris, ^
io3. Moïse écrit ici , comme si le serpent avoit trompé Eve' 5 car Die» le maudit, disant qu'il mangeroil de )a ferre, et qu'il marCheroît sur le ventre. Mais Moïse Aiet ici le vOile devant ses yeux 5 afin qu'on tiè le voie pas en face : car toutes los prophéties sont sous des paroles obscures , afin que le démon ne fescoUttoîsse pas , qu'il ri*âpprénne pas les tems, et <Jù*il ne jbte pas dessus sa fausse semence, avant que le^ tnerveilles de Dieu soient manifestées , comme on îè voit danâ fous lés pro^; phétes qui ont pft^phclîsé dû brisfeiit de serpent. *'•
104. Nous rccannoissoTis que le déftiOn s'est glissé dans le serpent > éî à parlé de dedans le serpent; car Dieu nevouloitpas dire que le briseur de ser-
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penl dût briser la tête du serpent animal, mais du démon , et détruire l'abîme de l'enfer. En effet la punition du serpent animal fut qu'il devoit rester un reptile venimeux , sans pieds , et manger la terre , et avoir société avec le démon. Car c'est ainsi que paj-oissent tous les mauvais esprits dans l'enfer, dans leur propre forme, selon leur source, savoir , des serpens , des dragons , des . reptiles horribles , et de méchantes bétes.
io5. Le démon ne comprit point cela, puisque Dieu parla du serpent, et le condamna à être un effroyable, reptile , et il imagina, que cela ne le concernoit point. Il ne sait pas non plus encore son îugement;il en apprend seulement quelque chose de la bouche de l'homme , qui l'annonce dans l'esprit de Dieu, quoique l'esprit de Dieu ne lui déclare pas en entier son jugement , mais le tout dans la profondeur, tout-à-fait dans l'élqignement, de manière qu*il ne l'entend pa^ entièrement ; car toutes les prophéties , même sur la méchanceté des hommes , sont données de cette manière aux hommes éclairés; ils n'ont pas l'envie de les rendre plus claires, afin que le démon n'apprenne pas tout-à-fait le dessein de Dieu , et ne répande pas son venin dessus. Toutefois , dans cet endroit , il y a des choses très importantes, que l'on ne doit pas révéler au monde; car elles demeurent pour lo jugement de Dieu , afin que lo démon ne produise pas là-dessus de nouvelles sectes , et n'induise pas les hommes dans le doute \ ainsi il faut les passer jusqu'au tems du lys.
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en. 17. ( 45 )
106. Si maintenant nous considérons la grandeur de l'amour et de la miséricorde, que Dieu a dirigés vers l'homme, nous trouverons assez de motifs d'écrire et d'enseigner ces choses , attendu qu'il y va de notre éternel salut, et de la délivrance de la gueule de l'enfer. C'est pourquoi Je vais poser la base du messie promis , pour qu'on entende mieux les éî;rits qui se présenteront , particulièremant Moïse , dans son livre de la loi , car cela est nécessaire- Toutefois , celui qui ne veut rien voir , Dieu soit à son aide ! Il faut qu'il soit bien aveugle , car il approche le teras de la visite des Juifs , des Turcs et des Payens endurcis. Que celui qui veut voir , voie. La lampe de l'époux sera bientôt allumée. Il désire que celui qui veut être au rang des Convives , se prépare un habit de noces.
107. Ordonc^la raison dit : Comment Adam et Eve ont-ils pu reconnoîlre ce que Dieu enlendoit par le briseur de serpent ? Oui ,' à la vérité , ils ne le reconnurent pas entièrement ; ils virent seulement que le démon devoit s'éloigner d'eux , et ne se laisseroit plus voir extérieurement ; mais la base affective dans le centre de l'éruption de la vie , dans l'élément , devant la chaste et pudique vierge delà sagesse de Dieu, l'entendit très bien ; car elle reçut un cher et digne hôte. En effet la parole que Dieu le père leur proféra , au sujet du briseur de serpent, sortit du cœur et de la bouche de Dieu ; c'étoit une étincelle de l'amour provenant •du cœur de Dieu , qui avoit été de toute éternité
( 46 ) CH. 17.'
dans le cœur île Dieu , dans lequel amour , Dieu le père avoil considéré et choisi la famille des hommes avant que le fondement du monde fût posé, afin qu'ils pussent vivre en lui , et afin que cette même étincelle pût être dans l'ascension de la vie ; or Adam , dans sa création exista aussi dans cotl^
parole.
108. Et c'est ce que Paul di<: V homme fut choUi en Jésus - Christ^ avant la création du monde. Loin donc cet amas de doutes que l'on enseigne maintenant sur la prédestination j ce n'est pas là la vraie intelligence. Je t'expliquerai Paul en son lieu, au sujet de sa prédestination , quand j'écrirai désaffection» bestiales des hommes , qui tiennent des loups et desdogues,qui ne veulent point laisser entrer en eux le briseur de serpent , par le mo^f en duquel le père céleste les attire à soi , en son fils Jésus-Christ , par son homification , ses souffrances el sa mort : ils ne veulent pas supporter cet altract , car ils ont les essences du serpent qui altirent en enfer, or, cela ne vient pas de Dieu , qui , «n effet , ne voudroit pas les abandonner 5 mais cela est provenu de leurs inclinations bestiales , semées en eux par les étoiles et'par le démon , ce que Dieu connoit bien , el ce qui fait qu'il ne veut pas jeter les perles devant les pourceaux et les chiens. Si cependant ils se converlissoient, et qu'ils marchassent dans la régénération , il seroit alors possible qu'ils atteignissent le trésor, quoique cela arrive raicment ; c'est pourquoi , Dieu connoit les siens. 109. Ainsi, comme cela a été exposr, cette mémp
en. 17. ( 47 )
parole du cœur de Dieu , lorsque Dieu parla à Adam el Eve, se représenta en Adam et Eve, dans la lumière de la vie , dans son centre , et se maria avec la digne et chère vierge de la chasteté ou SOPHIE , pour demeurer éternellement près d'Adam et d'Eve, et pour les préserver des essences ignées et piquantes du démon; aussi s'ils s'étoient tournés vers cette même parole , ils auroient reçu d'elle les rayons de la trinité sainte et la sagesse de la vierge ou la SOPHIE.
110. Or, cette parole devroit éclairer l'arae , et être la lumière de l'ame, à la brisure du corps , et conduire l'ame au travers des portes des ténèbres', dans le paradis , devant la chère face de Dieu , dans le second principe , dans l'élément oii il n'jaaucun tourment.
111. Car, la parole a revêtu l'ame, et fermé le royaume de l'enfer , et là elle doit attendre jusqu'au jour de la restauration : alors au jugement dernier (quand la colère sera effacée, et fondue dans le feu ) , Vame doit recevoir de nouveau de l'élément , de son corps qu'elle a eu ici , un corps ; et non pas , toutefois un corps étranger , mais celui qu'elle a porté ici dans Télémenl caché dans les quatre éléraens, lequel doit pousser et croître comme Adam ayài/ dans la création.
La porte de la délivrance.
1x2. Cette même parole a été propagée «^/ra;z«mf«e de l'un à l'autre par les deux premiers hommes j
( 48 ) en. if*
savoir; dans la génération de la vie , et V enflammé^ ment de l'ame , mais dans le centre ; et un chacun a le royaume du ciel près de soi , dans sa base aifective,et peut y atteindre pourvu qu'il leveuille> car Dieu le lui a envoyé par sa grâce.
Ii3. Mais tu dois savoir que cette même parole n^est point dans ta chair et dans ton sang. De même que ta chair ne peut pas hériter du royaume du ciel; de même il ne réside point dans ta chair , mais dans son principe , dans le centre de l'ame ;et il est l'époux de l'ame : si elle est fidèle , il repose dans son sein, et si elle est fausse, c'est elle-même qui s'exile hors de la parole.
114. Car 5 l'ame reste dans la porte qui est dans le centre, c'est-à-dire , dans la porte entre le ciel et l'enfer, et la parole est dans le ciel : or , si l'ame se laisse entraîner hors des portes , alors elle perd la parole ; mais si elle tend de nouveau devant soi vers les portes , alors elle la resaisit de nouveau 5 et la vierge sophie qui est le ministre de la parole , marche constamment avec l'ame, et l'avertit des mauvaises voies.
' ii5. Mais si l'ame est un chieti , une vipère , un serpent \ la vierge sofbi£ se retire vers la parole qui est dans le ciel , et la porte est fermée. Là , il y a une génération entière entre l'ame et la parole^ tandis qu'autrement il n'y en a qu'une moitié:alors il faut combattre, et l'ame entrera difficilement dans le ciel \ cependant cela est possible.
116. Celte même parole,quand le corps est mort , conduit de ce moadc dans le seiu d' Abrabam , dans
cw. 17. ( 49 )
le paradis , dans l'élément, dans le repos sans tourment ,^ame des hommes qui ont incliné vers elle leur base affective. Cependant l'ame sans corps n'a point la source paradisiaque , mais elle repose dans les sources brisées , dans le doux élément , dans le sein de la vierge sophie , en présence de son époux , après le long cofnbat de l'inquiétude , et elle attend son corps sans douleur. Pour elle il n'y a aitcun tems , mais elle est dans le repos ; elle ne dort point , mais elle voit sans trouble ni vacillation dans la lumière de Dieu.
117. Or, puisque les essences de l'ame étoient infectées par le poison du démon et de l'enfer , de façon que l'ame ne pouvoit point être soulagée ; elle lut donc de nouveau engendrée par la parole de la bouche de Dieu , ou par son aimable cœur. Mais pour qu'elle pût recouvrer la joie et la source paradisiaques , et inqualifier dans \e^ essences paradisiaques , et pour que son corps pût toutefois revenir de l'élément à l'ame ,' il falloit que la parole devint homme dans la chasteté virginale » et prit à soi la chair et le sang de l'homme ; qu'elle devint une ame humaine ; quVIle entrât dans la mort ainsi que dans l'abîme infernal , dans le premier principe , dans l'ame ténébreuse de l'éternité , où le ver de l'ame s'originise; qu'elle brisât la porte ténébreuse dans l'abime de l'ame , et les chaînes du démon ; qu'elle engen- • drât de nouveau l'ame au sein de l'abîme, et la présentât devant Dieu comme un nouveau fils sans péché et sans la colèrct
II. 4
- - - ( So ) c«- ^^
118. Et de même que le premier p^clit^ a frappé •par un seul sur tous ; de même aussi la régénéraiioa perce par un seul sur tous, et elle n'est fermeté à personne ; pourvu seulement que l'on le veuille. Celui qui parle autrement n'a aucune connoissance du royaume de Dieu , mais il parle historiquement,
sans l'esprit de la vie.
119. Nous voulons exposer ici soigneusement, profondément et en ordre , les grandes merveilles de Dieu , pour consoler l'Adam malade qui est encore dans la presse , et est obligé de se laisser châtier rudement. Ceci sera contre toutes les portes du démon , et aussi contre toutes les ligues et les sectes ; et sera fondé en principes et en lumière, tel qu'il nous est donné de Dieu , et en outre sur la base des saintes écritures , sur la précieuse parole de la promesse dans les prophètes et les pstuiumes , aussi bien que sur les écrits apostoliques. Et ouoique nous ne citions pas exactement tous leurs écrits, nous voulons cependant , les indiquer s.iffisamment pour celui qui ne se contenteroit pas de cette sommaire description.
La porte de rincarnation de Jésus - Christ fil«
de Dieu.
Les articles de la ferme foi du chrétien,
«l^o. Ame chérie, nous n'écrivons pas des bagatelles , ceci est sérieux , il y va du corps et de l'ame -, ^us devons en rendre compte , comme d'un talent
<*» 17. ( />! )
qui nous est confié. Si quelqu'un se scandalise 1 qu'il regaide bien ce qu'il fait. Il est vraiment tems de se réveiller du sommeil , car l'époux vient.
121. I. Nous chrétiens, croyons et confessons que l'éternelle parole de Dieu le père (Jésus- Christ) est devenu un vrai homme substantiel, avec ua corps et une arae dans le sein de la vierge Marie , sans le concours d'un homme. Car nous croyons qu'il a été conçu de l'esprit saint et engendré du sein de la vierge , sans altération de sa chasteté virginale.
II. De plus , nous croyons qu'il est mort dans son corps humain, etiqu'il a été mis dans le tombeau,
III. De plus , qu'il est descendu aux enfers et qu'il a brisé les liens dont le démon tient l'homme prisonnier , et qu'il a délivré l'ame de l'homme.
IV. De plus , nous croyons qu'il est mort volontairement pour nos péchés , qu'il a réconciHé soa père , et nous a remis en grâce près de lui.
V. De plus , nous croyons qu'il est ressuscité de la mort au troisième jour , et est monté au ciel , et est assis à la droite de Dieu le père tout puissant.
VI. De plus , nous croyons qu'il reviendra au dernier jour pour juger les vivans et les morts, et prendre à soi son épousé, et condamner les impies.
VII. De plus , nous croyons qu'il a ici sur la terre une église chrétienne , qui est engendrée dans son sang et dans sa mort , comme ua corps en plusieurs membres ; qu'il la soigne , et la régit par son esprit et sa parole 5 et qu'il la purifia
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» „,r 1p saint baptême qu'il a or continuellement pa le sa.n J^^^^^^ ^^ ^^_^
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"\m Tplus, nous croyons qu'il la prot^EetTa ma^tient.e't la conserve dans une umté d.
*t:r maintenant nous allons , en panant de la Jp ;fonde , exposer ci-après dans uu .Wea» m\l ce que c'est que notre conno.ssance. C est lot que cela est nécessaire.
(53)
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CHAPITRE DIX-HUITIEME.
De la promesse de la semence de la femme, et du briseur de serpent ; de la sortie d'Adam et d'Eve du paradis ; de plus : De la malédiction de Dieu ; comment il maudit la terre à cause des péchés de Thomme.
I. No us ne devons pas traiter de ceci , par une pure ostentation , ni jouer avec les mystères , écrire une chose , et en professer une autre avec la bouche , pour plaire aux oreijles des hommes , comme cela arrive maintenant , où on se couvre toujours avec un manteau étranger , ce qui est une hypocrisie , et une jonglerie. Dans de tels écrivains il n'y a aucun espiil de Dieu , mais ils sont des voleurs et des meurtriers , et c'est leur orgueil qui conduit leur plume. S'ils avoient la puissance , il» anéantiroient tout , quoiqu'ils fassent , de bouche , des demi professions sous un n.anteau emprunté. Mais on doit parler et écrire librement du fond de son cœur , sans voile. Car le Christ a oté le voile y et son visage amical brille devant tout le monde , comme un témoignage pour toutes les nations.
2. C'est pourquoi , que chacun voie et prenne garde à l'hypocrisie et à la dissimulation , car c«
( 54 ) CH. 18.
6ont là les serviteurs de l'antechrist , et non pas du Christ. En effet, l'aulechrist a mis son pied sur toute l'étendue de la terre ; il voyage sur la bêle effroyable et dévorante qui est aussi grande qna lui-même , et encore plus. C'est vraiment nue chose nécessaire que chacun sente dans sa conscience , et éonsidère dans son cœur quel est son penchant , afin qu'on ne se trompe pas soi-même , et que , faute de se connoître , on ne se rende pas le serviteur de Tanlechrist el qu'on n'accomplisse pas ainsi la prophétie. Car Vantechrist est mainlexiant évidemment devant les yeux. Le tetns où \\ sera visité est près; il sera manifesté dans la lumière de la vie , et gardez-vous de la cupidité , car vous n'en jouirez pas. En effet la colère de la bête brise en pièces les montagnes et les collines ; et voire cupidité tombera en partage à la colère. Le tems est
proche.
3. Les malheureux êtres , Adam et Eve , étant tombés, éloient ainsi dans un grande crainte, dans l'effroi et le tremblement ; ils éloient enchaînés fortement dans les liens du démon el de l'enfer ; ils étoient en butte à la dérision et à une grande honte devant le ciel et le paradis. Alors Dieu le père leur apparut par son ame colérique qui tient à l'abîme , dans lequel ils étoient tombés : son cœur rempli des trésors de l'amour, passa du père, par la parole, dans Adam et Eve, et il s'établit puissamment dans la colère , dans les portes de la vie de l'homme -, et aperçut de nouveau la pauvre ame. Mais les malCH. 18. ( 55 )
heureux ne pouvoient pas le saisir dans les essences de leur ame ; seulement ils en recevoient les rayonâ \M\T\a. vertu toute-puissante, ce dont Adam et Eve redevinrent joyeux. Ils restèrent cependant dan» le tromblement , à cause delà colère qui étoit en eux, et ils entendirent la sentence que Dieu leur prononça; car Dieu dit: Puisque tu as mangé de l'arbre dont je t'avois dit que tu ne devois pas manger, \i\ terre sera maudi4e à cause de l?>i, tu ne t'en nourriras qu'avec fatigue pendant le cours de ta vie# Elle te rapporlerd des ronces et des épines , tu mangeras les végétaux des champs, et tu man* géras ton pain à la sueur de ton front , jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris ; car tu es maintenant terre , et tu dois retourner en terre.
4. Or , ici sont de grands secrets , que nous ne pouvons plus voir entièrement, clairement et à découvert , avec nos yeux terrestres ; et il n'y a devant ces secrets aucun voile , si ce n'est que nou& sommes aveugles au royaume de Dieu ^ car Dieu a maudit la terre > et a dit: Elle doit désormais porter des ronces et des épines, et l'homme doit manger les fruits de la terre maudite.
5. Ceci est en effet une chose nouvelle. Diett ne lui ordonna point dans le paradis de manger des végétaux terrestres , mais des fruits gracieux. Et , s'il avoit mangé des végétaux des champs , cependant ce qu'il auroit mangé eût été céleste. Or lorsque le seigneur eut maudit la terre, alors tout devint terrestre 5 rélémenl saint lui fut retiré, et le ûuifc
Tî^3"
( 56 ) CB. 18.
poussa dans l'explosion des quatre éléraens , dans Venjlammement de la colère , d'où crurenl les ronces
et les épines.
6. Il nous faut remarquer qu'il y a eu sur la terre une demeure très gracieuse ; car tous les fruits ont poussé de l'élément caché , au travers de la colère des quatre élémens; et , quand même les quatre élémens auroient eu aussi leurs fruits , l'homme cependant n'en eût pas tlû manger , mais les bêles des champs en auroient mangé,
rj. Or , dès que le seigneur eut maudit la terre , l'élément se relira de la racine du fniil ; car la malédiction de Dieu n'est rien de plus que de se retirer d'une chose. Ainsi la sainteté de Dieu s'est éloignée de la racine du fruit , et la racine est restée dans les quatre élémens , dans l'extra-géuération. Or, Adam et Eve y étoient tombés aussi ; alors le semblable et le semblable s'associèrent ; son c(ups devint aussi terrestre, et devoit retourner à la terre.
8. Mais que Dieu ail dit : Tu Mus det>enir terre, cToà tuas été pris; cela est v^ai aussi. Toulelois l'intelligence est dans la parole , et le voile terrestre est devant. Il faut voir sous le voile , car Adam avoit été pris de la terre. Ilétoit un extrait de l'élément qui inqualifioit avec la terre , mais il n'étoit pas le résultat des quatre écoulemens des élmens. Or, lorsqu'il tomba dans les quatre élémens , alors i^ devint terre, et en outre feu , air et eau. Désormais à quoi les fruits célestes et paradisiaques servoient-ils à l'homme bestial, puisqu'il ne pouvoit pas en jouir? Eu effet Dieu nejètepas son royaume
CH. 18. ( 57 )
céleste devant les animaux et les porcs , maïs il est fait pour les anges.
g. Aussi est-il très clair qu'avant la malédiction , il n'avoit point poussé de semblables ronces et épines venimeuses, avec des fruits empoisonnés. Et il n'y auroit eu aucun animal au«si colérique et aussi méchant, si Dieu n'avoit maudit la terre, c'eslà-dire , ne l'eût bannie de l'élément ; car Dieu dit : A cause de toi^ que la terre soit maudite. C'est donc en effet de là que la désobéissance et la malice des animaux à l'égard de l'homme sont provenues: aussi sont-ils si colériques et si médians , que l'homme doit se garantir de leur fureur. Lorsque Dieu cependant, dans la créalion , lui donna tout en sa puissance , toutes les bctes des champs dévoient lui être sujèlcs, ce qui maintenant est bien le contraire; car l'homme est devenu pour elles le loup qui les dévore, et elles sont des lions pour lui. Il n'y a que combats entre les uns et les autres ; à peine peut-il contenir les bêtes privées jet beaucoup moins les bêtes sauvages.
10. Il nous faut reconnoître aussi qu'il y avoit une grande différence parmi les bêtes avant la malédiction ; car quelques unes , savoir : les privées éloient très approchées de l'élément , et avec elles , l'homme auroii trouvé sa joie , et sa récréation. Au contraire, quelques autres ; savoir : les sauvages éloient plus rapprochées des quatre élémens , et elles auroient fui de l'homme; or les causes de ces merveilles , étoient dans les essences , et éloient
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1*
( 58 ) CH. 18.
Tues et reconnues parfailement dans la lumière de Ja vie, dans la connoissance de la vierge sophie. U n'y avoit rien de si profond que l'homme ne pût sonder et voir très certainement : qu'il lève seulement le voile , et il verra dans la terre promise avec Josué, au travers de la table gravée d'outre en outre.
I !. Et Dieu dit: Tu mangeras ion pain à la sueur de ton front , Jusqu'à ce que tu redeviennes terre.lci y tout est clair et lumineux 5 car il avoit perdu le fruit céleste qui auroit poussé pour lui sans fatigue. Or , maintenant il devoit travailler la terre , semer et planter , de façon qu'il façonnoil le fruit dans les quatre élémens dans l'inquiétude , la fatigue et l'indigence ; car tant que l'élément ou la vertu de l'élément , poussa au travers de la terre , il y avoit toujours une racine permanente du fruit ; mais lorsque l'élément s'éloigna par la malédiction, alors il j eut une froide mort et un épuisement dans la racine, et il fallut toujours la replanter. Ainsi commença la vie fatigante de l'homme, à laquelle nous devons à présent nous livrer et nous soumettre.
12. Dieu lui auroit bien produit des créatures qui eussent pris soin des animaux dans tous les tems , vu que l'homme auroit bien pu rester dans le paradis , dans la ^rme d'ange ; et d'autant qu'il y a d'ailleurs des créatures sans ame dans les quatre élémens : Dieu auroit bien pu enfin imposer à une autre race , le travail de soigner les animaux , laquelle eût été aussi terrestre -, mais il vit bien que
CR. i8. ( % )
l'homme ne sauroit pas subsister ; c'est pourquoi, le fardeau lui lut aussitôt imposé , comme Moïse en a écrit. •
iS. Mais si Dieu avoit voulu que l'homme fut bestial f il l'auroit créé ainsi au commpri émeut, et ne lui auroit donné aucun commaudenu^nt ; il ne l'auroit pas non plus tenté , puisque la bête n'a aucune loi.
14. C'est pourquoi, toutes les objections qui s'accumulent dans la raison, ne sont autre chose que d'adroites facéties du démon qui voudroil bien soutenir que Dieu a voulu la chute de l'homme. Il y a aussi des gens qui osent dire : Que Dieu l'avoit voulu 5 et qu'il avoit anné la langue du serpentpour séduire Eve. Cette opinion retombe entièrement sur eux puisqu'ils confirment la parole mensongère du démon, el qu'ils fout de Dieu un menteur.
i5. Oui, à la vérité, selon le premier principe de' l'abîme infernal , il a voulu la chute de l'homme; mais ce règne ne s'appelle pas Dieu [ce qui doit tranquiliser sur la proposition précédente: ]. Il jr a encore entre, un autre princip^e et une forme enceinte; car dans le second principe où brille Dieu , il ne l'a pas voulu. Tout est bien de Dieu ; mais le premier principe est le lien de l'éiernité , qui se produit soimême. De là , Dieu le père s'élève de toute éternité dans le second principe , dans lequel il engendre son cœur et son fils; et là, et non ]^as dans le premier, l'esprit saint sort du père et du fils , et l'homme est créé pour le second piucipe.
16. C'est pourquoi aussi , le cœur du sccoaci
m\
( 60 ) CH- ï^.
principe , provenu du premier principe , a régénéré l/wmme de nouveau par soi-même , cl Ta délivre du lien colérique : chacun de ces principes doit relier à son rang dans son éternité ; et cependant Dieu seul est le seigneur et le seuUoul puissant 5 toutefois l'éternel lien est indissoluble : autrement la divinité seroit aussi dissoluble ; mais tout doit rester à Dieu pour sa joie et pour sa gloire. Il est le seul créateur de toutes choses , et tout doit être à découvert devant lui , ainsi qu'il est écrit : tu verras ei tu te réjouiras de la punition des impies. Or , cependant , dans le second principe il n'y a aucun désir pour la vengeance. Mais dans l'aigu du brisement du premier dans le second , là où l'aine s'éIciace du tourment dans la joie paradisiaque, elle se réjouit , de ce que l'instigateur qui l'a tourmentée est prisonnier , et de ce qu'elle est maintenant en sûreté devant lui , de même que c'est alors une joie dans le royaume des cieux , de ce que l'orgueilleux démon est prisonnier dans le premier principe, de manière qu'il ne puisse plus contrister le ciel , et enflammer l'habitation de l'élément pur et
saint.
17. C'est pourquoi, il y a aussi dans le ciel une grande joie au sujet de ce monde , de 03 qu'il y a là un principe d'engendré ; d«^ ce qu'aiUM ir' démon ne peut plus faire n^age de la colère qu'il n répandue et allumée dans le tems de sa création , mais qu'il est prisonnier entre deux règnes qui , tous les deux ,
sont bons. ,
18. Ainsi lu dois enlendre ce que c'est, quand
cm 18. ( 61 )
récriture parle de la vengeance contre les impies , de ce qu'il y a sur cela une joie parmi les saints. Car la rage et le tourment de l'enfer sont la joie du ciel ; s'il n'y avoit aucun tourment , alors il n'y auroit aucune ascension. Mais lorsque la lumière vient dans le tourment colérique , alors c'est une pure joie. Or dans les ténèbres il y a intérieurement une opposition avec soi-même , et c'est là-dedans qu'est engendré l'éternel ver.
19. C'est pourquoi lu dois savoir que Dieu est ainsi tout en tous. Là où il n'est pas dans l'amour , en lumière, il est en ténèbres , dans l'àprelé et dans l'angoisse ; car avant le tems de la création il n'y avoit rien que la source , et en outre la divinité ; le tout demeure en éternité , et il n'y a aucun autre fondement ; tu ne trouveras rien de plus. Dispensetoi de chercher dans la profondeur, car c'est la limite de la nature.
20. Quoique ces manifestations soient restées cachées depuis le commencement du monde, cependant comme il doit , efin , s'en aller dans son Ether,et dans la destruction 5 tout ce qui est caché dans la nature se découvre. Aussi il y aura de très grandes choses manifestées qui ne l'ont point encore été ; et c'est là le mystère de Taurore du jour. C'est pourquoi il est tems de s'éveiller , car le réveil des morts est proche.
2i.Lorque Dieu prononça la sentence à Adam et lui prépara le briseur de serpent pour sa consolation et son assistance dans ses afflictions sur la terre 3 il prononça aussi la sentence àEve, et l'é1
( 62 ) CH. 18.
lablit formellement pour être une femme dans ce monde , et lui dit : Je te préparerai de j;randes douleurs quand tu seras enceinte ; tu engendreras des enfans avec douleur, et ta volonté doit être soumise à Ion mari , et il doit être ton seigneur.
92. Ici il est clair comme le soleil que, dans le comniencemenl, l'homme n'avoit pas été fait pour engendrer d'une semblable manière; car le tout dv^voit se passer sans douleur, sans engrossertient bestial , sans femelle et sans mâle. C'est pourquoi le briseurde serpent devoil être engendré d'une vierge sans la semence de l'bouune. Quoique depuis la chute, cela doive se |jasser selon la manière humaine , ceci a eu lieu seulement afin que la divinité pût entrer dans la chair, et que l'ame déchue pût être engendrée de nouveau de la chair ténébreuse, ou de la mort à la vie. Dureste , le héros est absolument le fiis de la vierge , et une vierge dans sa base atlective , semblable au premier Adam dans la création.
23, Car tu dois essentiellement et soigneusement considérer quelle personne est le Christ. Il est premièrement Dieu , et il est engendré dans le père de réiernité ; du père de l'éternité ; de toute éternité ; sans commencement ni fin ; de la profondeur du lout-puissant ; des portes brisées de l'aigu de Dieu. €Îans l'habitation oîi le père attire l'aimable joiedanj son éternelle volonté; d'où la volonté est élernelnient imprégnée de la vertu attirée de la lumière, de laquelle imprégnation le père conçoit la seconde \olonté d'engendrer la puissance 5 et cette concepcn, 18. ( 63 )
tion est sa parole 9 que le père prononce de la volonté , devant la volonté. Or , ce qui est prononcé demeure dans la bouche du père , comme une parole conçue par la seconde volonté. L'expansion qui s'étend hors de la parole prononcée, et qui sort de la volonté par la parole , est l'esprit de la bouche de Dieu , ou l'esprit saint; et ce qui est prononcé devant la volonté , est l'éternelle sagesse de Dieu> la vierge de la chasteté , ou la sophie.
24. Car Dieu engendre seulement son cœur et son fils , et ne veut engendrer de soi rien de plus. C'est pourquoi ce qui est prononcé devant la volonté , est une vierge de la chasteté , ou la sophie , qui aussi n'engendre rien de plus ; mais elle se contemple dans l'esprit saint en infinité, dans les profondes merveilles du tout-puissant, et elle les manifeste. Elle a le puissant fiât de Dieu pour instrument avec lequel elle crée et a créé toutes choses dans le commencement , et elle se contemple dans toutes les choses créées , de façon que les merveilles <ie toutes choses sont apportées par elle au jour.
La puissante porte de rhomification de Jésus-ChrUt^
le fils de Dieu,
25. De ce même cœur ou parole de Dieu le père, avec et par la chaste sophie de Dieu , ou de son éternelle sagesse, et de sa toute science, est sorti le briseur de serpent, dans et avec la parole de la promesse de Dieu le père à Adam et Eve , et k leurs epfans^ il s'est configuré et marié dans l'ame
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' ( 64 ) ^^* '^*
d'Adam et d'Eve, en é.erni.é; il -^^J^J'^ ameslesportes du royaume du cel; . s'es. élabli
;; c U chasie soraiE dans le cen.rc de la lum.ere de Lv. , dans les portes de Dieu ; iladonné la soph.e 1 rame pour perpétuelle compagne de laquelle l'homme tire son industrie et son entendement; autrement, il n'auroit rien. Elle est la porte des pene ; cependant elle tolère le conseil naturel des étoiks, puisque l'ame voit dans lasource des é.cu es et est trop grossière pour que la sopn.E pu sse se !3iudre dlns' l'ame ; mais elle lui indique a voje de Dieu. Toutefois si l'ame devient un ver .ufornal , alors la sophi. se retire dans ses portes, et reste devant Dieu, c'est-à-dire, devant sa parole et son
'T Mais vu que l'ame d'Adam et d'Eve et de ,ous les enfansde, hommes é.oit trop gvosstère ,.op sauvage et trop rudement st.mulee par e premier principe, comme ayant en elle la ou.ce le l'enfer inclinée à tout ce qui es, mauvms la parole ou le briseur de serpent ne se représenta pas aussitôt dans l'ame d'Adam -, mais .1 resta dans la base aflective , en opposition au royaume du démon, à lenfer, et à leurs flècl.es empo.son- ,,ées • il brisa la tête du serpeut ou du démon , dans la base affective de l'homme, lequel incUna vers le briseur de serpent, et se donna a lui.
27 C'est là qu'il y eut «ne longue épreuve pour ...nter si cependant il ne sero.t pas possible que nLme put enfin se rétablir par cette sage '^ieÎ qu'il se douaâti.Dieu; que l'ame put mnst
être engendrée dans la parole ^ et enfin se soutenir devant Dieu. Mais cela fut en vain. L'ame enflammée ne put pas se soutenir; mais tous devinrent meurtriers et assassins, en outre égoïstes , un pur fojrer d'impudicilés bestiales, s'élevant dans Porgueil et la domination, selon le régime des étoiles et des éléniens qui actionnent le corps et l'ame da rhorame en tout tems ; et il n'y en eut quequel-^ ques uns qui s'attachèrent à la parole de Dieu.
28. Alors Dieu envoya le déluge sur tout le monde, et noya toute chair, excepté Noé , qui s'attacha à la parole de Dieu, et qui fut épargné avec ses enfans et leurs feuimes. Le inonde fut mis à l'épreuve, s'il s'effraieroità cette terrible punition, et s'ils'aiiacheroit à la parole ; mais tout fut inutile. Alors Dieu
choisit lafaïuilledeSemquis'éloitattachéeà la parole, afin d*élever ainsi unelumièreet un ministèredeprédication , pour que le monde pût s'instruire par leur moyen^ mais tout cela ne servit àrien. Les astres régirent les hommes selon leur source, dans une entière cupidité, dans l'impudicilé et l'orgueil, ce qui vint à untel excès, qu'ils se proposèrent de bâtir une tour dont le sommet atteignît jusqu'au ciel '.c'est ainsi que ce peuple éloit aveugle sur le royaume de Dieu.
29. Alors Dieu confondit leur langage , afin qu'ils pussent voir par là combien ils avoieul égaré leurs pensées, et se rapprocher de Dieu ; de même aussi pour qu'ils n'entendissent point la langue des saints de la race de Sem, etque,puisqu'ils dévoient être dispersés dans tout le monde, il pût toutefois y avoir une sainte semence de conservée , et que tout ne
II. S
M s
{ 66 ) CH. 18.
pérît pas ; mais cela ne servit de rien : ils éloient méchans. Alors Dieu enQamma Sodome et Gcmorrhe , tous les cinq royaumes , par la colère du iwemier principe , pour les effrayer : cela ne servit de rien. Le péché poussa comme une branche féconde. Alors Dieu fil une promesse à la famille choisie , qu'elle marcheroit devant lui ; qu'il vouloit les bénir comme les étoiles du ciel , et rendre leur nombre aussi considérable 5 mais la méchanceté étoil cachée , et coupoie parmi eux. Alors Dieu les conduisit dans un pays étranger , et leur fît du bien'pourvoir s'ils reconnoîtroienl sa bonté, et s'attacheroient à lui ; mais ils ne furent que méchans. 3l. [ Le cîiifre 3o n^ent pas dans le texte. ] Alors Dieu leur suscita un prophète Moïso qui leur donna des lois et un sévère enseignement que la nature exigeoit, et qui leur fut donné par l'esprit du grand monde dans le zèle et dans le feu ; mais puisqu'ils vouloient vivre dans la rudesse > alors se fit l'essai s'ils pourroient vivre dans le père. Dieu leur donna du pain du ciel , et les nourrit quarante ans pour voir enfin ce que le peuple vouloil devenir , et s'ils pourroient par quelque voie s'attacher à Dieu : il leur donna un régime et des ordonnances dans le boire et le manger 5 en outre un ordre sacerdotal, avec des lois sévères renfermant de fortes punitions, qu'il fit publier parmi eux : mais cela ne servit de rien. Us n'étoient que méchans , et marchoient dans le régime des asire;i eidans des voia« encore plus méchantes, tout- à- lait dans le colérique iufernal.
en. 18. ( 67 j
3a. Ici il nous est important «îe.Voir la différence dei nourritures 'que Dieu leur avoit dë/endues particulièrement la viande de porc, dont la source ne se soutient pas dans le feu , mais ne donne qu'une puanteur. C'est aussi ce qui se passe dans le feu de lame qu. louche l'origine du premier principe ,■ d ou le premier principe fait une puanteur dans lame, ce qui est opposé à la parole et à la noble v-erge soraiE et rend les portes du brisement gonflées et ténébreuses : car l'ame es, aussi un feu quî brute la , et s. elle reçoit une semblable source, elle » obscurcit encore plus fort, et elle brûle dans la vapeur comme un éclair, comme cela se voit dans la graisse de porc , au sujet de laquelle Dieu leur fit des défenses.
33. Il n'jr avoitaucun autre motif pour qu'ils s'occupassent de sacrifices, sinon que l'homme étoit terrestre, et que la parole étoit près de l'ame dan» les portes de la lumière de la vie ; ainsi Dieu entendoit leur prière par la source terrestre de leur encens, de façon qu'ils avoient un témoignage dan. le feu , que leur prière étoit agréable à Dieu comme on le voit en plusieurs endroits dans Moïse. ce qui sera éclairci en son lieu. ■
34. Nous avons une chose très importante à ob-' «erver dans Moise, au sujet de sa face illuminée • car là on éprouvoit s'il seroit possible que l'ame pût , par la clarté du père dans le feu . être susceptible de rançon , en cas qu'elle vécût dans sa loi qui étoit rigide et déyorante , et étoit pour l'ame
:i..
( 68 ) CIT. i8une pointe aiguë'i mais cela fui inutile : cela ne put
pas être.
35. Pour que la pauvre ame de iMiomme put cependant être délivrée de l'éternelle mort , et être engendrée de nouveau dans le fils de la vierge , alors la noble vierge ou soPHiE,signala à r homme par l'esprit des prophètes , la semence de la femme ou le fds de Marie.son incarnation, ses souffrances et sa mortjce qui arriva après 8970 années ; et cette parole de la promesse ( que Dieu le père promit à Eve et Adam dans le paradis , dan. le jardin d'Eden , lorsqu'ils tombèrent dans le péché , laquelle se représenta dans le centre de la vie , par le moyen de quoi tous jes hommes qui viennent à Dieu sont justiiiés ) devint homme. 1 i» i
36 Ceci subsista pendant long-lems dans l alliance de la circoncision (dans la vie et la lumière du père ) , sous les ombres et le type de l'incarnation du fils i mais cela ne pouvoil renfermer l'importante eilicacilé de la résurrection du corps hors du tombeau. Il falloit nécessairement que le verbe devint homme pour que l'homme pût ressusciter du tombeau. L'alliance de la circoncision avoit bien servi de rançon à l'ame , de façon qu'elle pouvoit subsister devant le père dans les portes de la corruptibiité , dans le feu de l'aigu ; mais non point dans l'aimable joie , devant la lumière delà Irimté sainte : en outre , celte alliance ne pouvoit point non plus tirer de l'élément le nouveau corps , parc© qu'il étoit trop fortement souillé par le péché.
37. Ainsi dans cette année rapportée ci-dessus , l'ange Gabriel fut envoyé de Dieu le père à Nazareth , et vint à une vierge pauvre , mais chaste et modeste , nommée Marie. Son nom allemand signifie , dans le langage de la nature , une délivrance de la vallée de douleur. (Quoique nous ne soyons point engendré des hautes écoles de ce monde, ni possesseur de plusieurs langues , nous avons cependant le langage de la nature fixement dans noire école de merveilles , ce que le docteur en litre ne croit pas.) Il la salua de la part de Dieu, et lui apporta le commandement et la volonté de l'éternel père, et lui dit : Soyez bénie , pleine de grâce, le seigneur est avec vous , vous êtes bénie parmi les femmes. (Luc. 1:18.) El lorsqu'elle- l'aperçut , elle s'effraya k son discours , et dit en elle même : Quelle est celte salutation îà? El l'ange lui dit : IVe vous effrayez pas , Marie, vous avez trouvé grâce devant Dieu ,- voyez, vous deviendrez enceuile dans votre corps J et vous eilg^ïîdreiez un fils , Vous devez le nommer lésus. Il sera grand , et ^'appelera le fils du très haut, et le seigneur Dieu lui donnera le siège de David, son père , et il sera rol.éternellement sur la maison de Jacob , et son roj'aume n'aura point de fin.
38. Alors Marie" dit à l'ange : Comment cela peutil être, puisque je ne connois point d'homme .? et l'ange lui'répondit : L'esprit saint viendra sur vous, et fa w/K du très haut vous obombrera ; c'est pourquoi ati^si le saint, qui naîtra de vous, sera nommé le fils de Dieu. JAIors Marie dit : Me voici j y^
SUIS la servante du seigneur j qu'il me soit fait selon voire parole ; et l'ange se sépara d'elle.
59. lors donc que cet ordre vint de Dieu le père, la nature de l'esprit de l'amc s'effraya dans iVIarie, comnie le texte l'annonce; car un hôte précieux le toucboit [ cet •sprii ] et cet hôte venoit dans une merveilleuse douceur.
4o, Le lecteur doit bien entendre ici que la parôle pour l'incarnation , ne vint pas ici pour lapretaière fois du haut du ciel , d'au-dessus des étoiles ici bas, pour devenir homme, comme le monde le pubtie dans son aveuglement. Non-, mais la parole que Dieu dit à Adam et à Eve dans le paradis, au sujet du briseur de serpent , laquelle se représenta dans les portes de la lumière de la vie , cette parole qui reste intérieurement dans le centre des portes du ci^l, et qui attendit manifestement dans la base a f* îeclivedessaintshommes jusqu'à cetteépoque-, c'est cette parole qui est devenue homme. Or, celte parole divine entra de nouveau dans la sqphie, ou la sagesse divine ; laquelle sofhie divine fut placée comme une lumière, dans l'ame d'Adam, tout au* près du verbe , et fut donnéç au vert>e , comme
vne aide.
41. La volonté du cœur de Dieu, dans lepère,, $'est portée du cœur dans la volonté de la sagesse devant le père, en un éternel mariage. Or, dans la 'parole de Dieu, cetlç même vierge de la caresse do Dieu , ou SOPHIE , s'est liée dans le sein de la vierge Marie, dans sa matrice virginale , et s'est donnée çti mariage , comme en proj>riété , pour ne jamais
CB. i3. ( 71 )
se séparer ; entendez dans les essences et dans la teinture de l'élément , qui , devant Dieu , est pur et sans tache. Dans cet élément le cœur de Dieu est devenu un homme angélîque, tel qu'Adam fut dans la création : et cette expansion du cœur de Dieu avec toute la plénitude de la divinité (dont l'esprit saint procède; et de l'esprit, la sophie) , rend celte image angélique plus grande qu'Adam , ou qiie jamais ait été un ange ; car là est la bénédiclion et la puissance universelle, qui existe dans le père éterDelleinent.
42. Car la parole , par son entrée dans l'élément ,* dans la matrice virginale , n'est point séparée du père ; mais elle demeure élernellement dans le père, et elle est présente en tous lieux dans le ciel de Télé" ment, dans lequel elle est entrée, et dansleqilet elle est devenue , dans l'homme*, une nouvelle créature, qui s'appelle Dieu. Il faut entendre ici profondément et clairement que cette nouvelle créature dans le saint élément , n'est pas née du sang et de la chair virginale; mais de Dieu, de l'élément avec l'entier complément et l'ensemble de la trinité «ainte ; qu'elle demeure dans ce siège éternellement, avec toute sa plénitude, sans variation ; que par-, tout, elle remplit tout dans tous les trônes delà sain.' télé ; qu'elle n'a point de fond dans sa profondeur, îCt qu'elle est sans nombre et sans nom.
43. Cependant tu dois savoir que la corporéité de l'élément de cette créature est au-dessous de Dieu. Car la divinité ^st esprit, et l'élément saint est
^engendré de la parole , éternellement | or le maîtj»
II
C 7^ ) C"- ^^*
jVsl rendu servileur , ce dont tous les auges, daus le ciel, s'émei veillent , et c'est la plus grande merveille qui soit arrivée dans lYlernilé ; car elle esè cpntre nature , et peut bien s'appeler annour !
44. El après que celle haule-souveraine-angélîque créalnre eut t'ié figurée soudaiuenicnt,de la parole et de l'esprit saiiil dans le saint élément, en une créature subslanlielle avec le complément de la vie et de la lumière , dans le verbe ; elle prit également ^ au même insl-ant , d'après le plan de Dieu , les quatre élémcus avec le régime astral du soleil , dans la teinture du sang, aussi bien que le sang dans toutes les essences bumaines , qui éloient dans lo corps de la vierge Marie , dans sa matrice ; le tout fut reçu dans l'élémeut pur de la créature aiigélique , et cela en propriété et comme ne faisant qu'une seule créature, et non pas deux.
45. Le saint élémeat du ciel qui renferme la divinité, est devenu , pour celle créature , le limhua ou la semence masculine ; et l'esprit saint , avec le sain! FIAT dans la sophie ou la sagesse divine, est devenu Tarchilecte , le formateur et le premier commenceur ou fondateur , et cbaque régime a bâti \k dans son centre , ce qui. est sien.
46. L'esprit saint a, dans la sagesse ou la sofhir , dans rélément , dans son centre céleste , construit la divine créature [ que l'auteur appelle tel ] la 1res précieuse , souveraine et angélique formation ; et le régime des étoiles et des élémens de ce monde a formé l'bomme extérieur , complètement , avec toutes les esseaces de notre corps bumain , avec ua
en. 18. C 73 )
corps et ure ame iialnrels, en une seule personne et tout-à-fait semblable à nous.
47. Et cependant cbaque forme a son rang, son coup d'œil , sa source et sa perception , et la divinité ne s'est pas ainsi mélangée jusqu'à s'amoindrir. Mais elle est restée ce qu'elle éioit. Ce qu'elle ii'étoit pas, elle l'est devenue, sans séparation de l'essence divine : la parole est restée dans le père ; la créature du saint élément , devant le père ; et l'humanité naturelle de ce monde, dans le sein de la vierge Marie.
Des (rois régions de l'bomification. La formation du seigneur Jésus-Christ,
48. La formation de cette très précieuse personne est diverse: 10. C'est la parole, ou Ja divinité qui a eu sa formation de toute éternité dans le père, et aussi n'en a pris aucune autre en soi dans Vhomifi^ cation^ mais est demeurée dans le père, telle qu'elle éloit dans sou siège , de toute éternité.
49. La seconde formation est arrivée naturellement au moment de la salutation de l'ange Gabriel , lorsque la vierge Marie dit à l'ange : Qu'il me soit fait selon votre parole, A la terminaison de cette parole, arriva la formation dans l'élément, laquelle est semblable au premier Adam avant la chute. Il devoit engendrer de soi une semblable créature angélique ; toute la reproduction des hommes angéliques eût été ainsi; et c'est ce qu'il ne pouvoit pas faire ici bas , puisqu'il étoit entré
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(^ ^4 ) es. i8»
dans Tesprit de ce monde. C*est pourquoi une semblable créature virginale devoit être engendrée dans la vierge terrestre , et amener de nouveau par ellemême , de la terreslréité dans l'élément devant Dieu,la vierge terres tre,avec ses frères et ses sœurs. Or celte formalion est arrivée à l'instant , toute complète, sans aucun déficii , et il ne lui est arrivé rien de plus , avec la longueur du tems.
5o. Dans ce même moment de la formation , la troisième formalion est aussi arrivée également à la fois en un instant , de l'élément /)ar , <;omme si oa semoit une semence terrestre , de laquelle provient un enfant complet qui a pris son commencement naturellement ; or , la nouvelle créature dans la perfection de l'élément, a été la semence masculine, de l'homme terrestre que la matrice terrestre de la vierge a conçue dans le sein de la vierge Marie. Cependant la lerreetréité n'a pas souillé le lirnbuê de la nouvelle créature dans le saiut élément. Car la parole de Dieu , qui étoit la limite, en empêchoit.
5i. >£t de ce Umbua de l'élément , l'image extérieure est devenue naturellement chair et sang, avec toutes les régions naturelles des membres , encadremens et «figurations de tous les trois principes, €o>mme pour tous les enfans des hommes-, elle a reçti à l'issue du troisième mois, son ame' naturelle, feomme tous les enfans d'Adam , laquelle tire sa source du troisième principe ; et a élevé son trône él son siège jusqu'à l'élément de Dieu , jusqu'à TbabitatiOB dans laquelle elle siégea dans la créaCR. i8. ( ^5 j
lion en Adato. Alors elle a atteint , de nouveau devant Dieu dans le royaume du ciel , son trônl principal dont elle étoit sortie en Adam , par le péché. '^
52. ïci le second Adam l'a installée de nouveau par son homification , et l'a unie en amour et en justice avec la parole de Dieu , comme un enfant céleste; ici la nouvelle créature de l'élément est devenue le corps de l'amej car dans la nouvelle créature du Hmhus de Dieu Pâme redevient Minte , et les essences terrestres de la chair et du sang lo, sont attachées pendant le tems du corps terrestre, lesquelles essences Christ laissa en moufant lorsque son ame unie à la nouvelle créature alla à la mortjqu il ressuscita de la mort avec le nouveau corps dans l'ame naturelle, et qu'il triompha de k inort , comme tu le verras par la suire au sujet ;de ia mort et de ia résurrection du Christ.
53. Mais que l'ame du Christ pût à la fois être engendrée dans la nouvelle créature et aussi dans Uncienrie ./ terrestre, Cela vient de ce que la porle ^e lame est dans le premier principe, dans k source de l'é.emiré , et atteint dans les profondes portes^de l'élernité , dans la volonté originelle du pè^e , avec laqueTfe il bri.e les portes de la profondeur, et bnlle dans rëternelle lumière.
54. Or , puisque la parole de X)ien est dans le ïère , et est p^s^ée du père dans l'élément , et que celle même parole a été donnée de nouveau par grâce a l'homme ( depuis son exil hors de l'élé, meut ) par la voie clu père , dans le centre de h
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( 76 ) en. 18.
lumière de la vie , avec la prônasse du briseur de serpent ; alors l'ame naturelle du Chrisl , par son premier enjlammement dans sou centre de la lumière de la vie (là où la parole s'est établie avec l'assentiment de la vierge Marie , par le verbe dans le père de l'éternité ) , reçut le principe de Dieu le père dans la lumière.
55. Ainsi selon celte forme , le Christ étoit l'éternel fils naturel de Dieu le père ; et l'ame du Christ étoit,dans la parole,une personne naturelle substantielle dans la trinité sainte.
56. Et dans toute la profonde divinité , il n'y a plus aucune autre semblable merveilleuse personne, telle que ce Christ , que le prophète Isaie a justement reconnu en esprit , et nommé prodigieux , conseiller, puissant, héros, éternel père, prince de paix , qui porte avec lui ou sur ses épaules une grande autorité , entendez les créatures de ( l'interne) élément.
57. La seconde naissance de l'ame du Christ fut dans la génération naturelle , comme celle de lous les enfans des hommes. Car il fut entièrement formé en six mois avec le corps et l'ame naturelle , aVec toutes les portes de la base affective et des pensées: l'ame , dans le premier principe; et le corps, dans le troisième principe. Le Christ , le véritable briseur demeura dans le second principe , dans le royaume de Dieu , et après le neii^ vième mois , il fut un homme engendré du corps de la vierge Marie. El nous aidons vu sa gloire j un» gloire comme du fils unit^ue de Dieu le père.
58. Et ici a brillé la lumière dans les ténèbres du corps extérieur naturel, comme Jean le témoigne
fil; V/ ^ • " '" "T ^'"^ '"' p^°p^« p°»^«-
poTn 'c ' " 'Z' •'" ' ""^ P°'"' ^''ï" ' '-'^ - l'ont po,nt connu. Ma.s ceux qui l'on, reçu, il leur a
donné la puissance de devenir enfans de Dieu • ils .ero„, engendrés par lui pour le royaume du cLl ; car a lui est le règne , la puissance , la force la souveraineté d'éternité en éternité.
59. Ainsi fais attention , toi , chère intelligence u rouverasici le senUer par lequel les bomm
saiTs , ; u" ^b"-»''-»' e.més dans I^
salut. Si tu entends bien ces écrits, comme ils sont onnus de l'au.eur dans la grâce de Dieu , ,u en endras tout ce que Moïse e, les prophks o^t écm, et aussi tout ce que la bouche du Christ a enseigné et prononcé. Il ne te faut pour cela aucun
besom d'etre confirmée par la doctrine an.ichréI enne,qui dit que les ordonnances divines doivent f re confirmées par son école , ainsi que ce que 1 bornée doit apprendre et croire ; et qu'elle ne peut pas errer.
vraL^Î 'T'^^""' '*' '' "'""' """^ """'^^ -" effet vraiment , des a présent , dans l'amour de Dieu
un autre trône que Dieu le père a confirmé par son' fils Jésus. Ce trône est le seul siège de la grâce ou nos âmes peuvent être régénérées, il n'es, pas dans le siège an,.cl.ré,ien qui n'es, autre que le siège de
Babel e. de la confusion [ /. ,„^^,„„, ,° ^,
acclamations inutiles, 1
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(78Î
cii. i8.
La différence entre la vierge Marie et son fils Jésus-Christ } l'importante et jubte porte de la religion chrétienne et des articles de foi , hautement à considérer par rapport au sahit de l'homme , ainsi que par rapport aux inventions et opinions des hérétiques et des schismatiques , produites par la confuse Babel de Tantechrist.
La très haute porte de Tawrore et du point du Jour
dans la racine du lys,
6i. Le mystère que nous n'avions jamais connu auparavant , se présente à nous. Nous n'en avions jamais non plus connu la base , et nous ne nou^ sommes jamais jugés digne d'une semblable maDifestation, mais puisqu'elle se montre à nos yeu* avec la grâce de Dieu par la miséricorde du gracieux fils de Dieu , notre seigneur Jésus-Cbrist , nous ne voulons pas ainsi être un paresseux , mais travailler dans le jardin du lys pour l'amour de notre prochain , et pour les enfans de l'espérance , parliculièrement pour le pauvre malade Lazare , qui est étendu , blessé dans Babjrlone , et qui après sa douloureuse maladie sera guéri dans l'odeur du lys. Quand il sera sorti de Babylone , nous voulons lui présenter dans Hébron une racine , dont il éprouvera la puissance, et afin qu'il sorte de Babylone en état de santé.
6s. Car la vierge sophie nous a fait présent d'une rose , au sujet de laquelle nous écrivons avec de» paroles conformes à ce que nous voyons dans les merveilles} et nous ne pouvons en écrire autrement , ou bien notre plume seroit brisée , la rose »ous seroit enlevée, et nous serions comme nous étions auparavant 5 -d'ailleurs la rose est dans le centre du paradis dans la main de la sophie , elle nous atteint dans le même lieu, où elle es, venue au-devant de nous dans les portes de la profondeur, et nous a offert son amour. Là nous sommes situés «nr la montagne vers le nord , en combat et en tempête devant Babel. Mais cette sophie , notre homme terrestre . ne l'a ni vue ni connue.
63. C'est pourquoi nos écrits tiennent à une autre école dans aquelle le corps terrestre , avec ses sens , n a jamais étudié ni jamais appris l'A , B , C Car dans la rose de la vierge so«,.p,. nous avons appris' A , iJ , C , que nous supposions propre à éclairer les sens de la base affective , mais cela ne pouvoit pas être : ils sont trop rudes et trop ténébreux ■ ils «e pourraient pas saisir l'objet, e, c'est à causé de ce a que e corps terrestre doi, rester ignorant dans cette école , et sa langue ne pourroit pas s'élever a cette .science. Car le tact , le goût et l'inclinauon pour cette école, restent cachés dans les portes de la profondeur dans le centre. C'est pourquoi nous aurions tort de nous vanter de cette école; Wr elle n'est pas la propriété des sens et des affecSion. de l'homme terrestre. Si nous nous éloignons de la noble vierge «ophu qui est dans 1« centre
( 8o ) CH- '8nous n'en savons pas plus qu'une autre sur cette école, comme cela arriva à Adam, lorsqu'il passa du paradis de Dieu dans le sommeil qui le surmonta : il ne connut plus rien du paradis à son réveil dans ce monde, et n'aperçut plus sa chère
vierge sophie.
64. C'est pourquoi nous n'avons aucune puissance , force , ni intelligence pour enseigner les merveilles de Dieu dans notre volonté terrestre , nous ne connoissonsrien en cela selon notre être naturel, et personne n'a rien à exiger de notre volonté propre , car nous n'avons rien.
6s. Mais voici ce que l'esprit déclare : Si vous sortez de Babel dans la douceur de Jésus-Christ , alors l'esprit vous donnera dans Hébron des professeurs avec une grande puissance , par laquelle puissance les élémens trembleront , les portes de l'abîme s'ouvriront'; et les maladies sortiront de Lazare par la parole et les prodiges de ces hommes; car le tems est prf-s , l'époux vient.
66. Si maintenant nous consultions notre propre raison , et que , dans la contemplation de notre haute connoissance , nous aperçussions ce que le inonde a introduit en faveur de Babel dans cet article , dont nous voulons traiter ici, dans lequel l'antechrist s'est établi , et a montré sa grande puissance ; notre propre raison pourroit bien nous retenir, à cause du grand danger de la colère de l'antechrist qui pourroit nous résister. Mais puisque cela se présente à nous sans noire connoissance, uous aimons mieux être obéissans à la voix de Dieu
c». 18. ( 8t )
qu'à la crainte terrestre, dans l'espérance que noiis
tecluistbnserou notre corps terrestre (ce qui est ncanmoius sous la permission de Dieu à laquelle nous ne devons pas nous opposer ) , nous voulons cependant considérer moius ce qui estpérissab; que ce q.,1 es. à venir. Ces. là où il nous faut atle.ndre ; c'est la noire vraie patrie , celle d'où nous sommes sortis en Adam. Or, l'espri. appelle l'a..en. 1.0.1 de tous les hommes sur ce miroir,
67 On a jusqu'à présent honoré 'et invoqué I» ......e verge Marie et les autres sain.s qui ont
existe .Cl ; cependant dans la base de la lumière de
Y.a,u.e,ce,.e loi n'a ja,naisé.é connue, et il e-;*t essenl.e de reconnoi.re qu'elle a pris son pHnc.pe dans la confuse B.bel, lorsque les hu.Les on. e.é la.,g,.c.s du Christ pauv.c ,u! dans ce ^0"" a a pas eu de quoi reposer sa léte. Ils ont fait c^nme les Israéli.os sous Moïse , qui se firent un veau pour élre leur Dieu , et dirent : Vois, Israël ce sont là les Dieux qui t'ont tiré de l'Es-yp.e.Hsrea! dirent Un cul.e à ce vea„;da„s leur vie volup.ueuse • Ils ne demandèrent plus après Moïse , mais dirent ' Nous ne savons pas ce qui est arrivé à cet homme Moise.E, ds d.ren.à Aaron : Faites-nous des Dieux qui marchent devant nous;etil.leurfi.le veau.Mais lorsque Moïse vint, et vit cela , il s'irrita , il prit les tables de Dieu , il les brisa , il les jeta , et dit : Ici ceux qui appartiennent au seigneur ; que chacun ceigne son épée , et tue son frère adorateur du veau •afin que la colère de Dieu soit appaisée, '
il
( 8a ) «:"• '"'
68 II en a clé de ...ême aussi avec la confuse Babe'l dans le royau.no du Chris, sur la ^rre dans la propre raison de l'avengle lerres.ro.le do Îwl, où l'on cherche le Chris, dansleroyan,.e aère n.ol.de : or , on ne pouvoi. pas ■« .ronver p - qu'Israël «* trcu.-oic Mo.se , pu.squ ''/'°-»/";'f Ln.agne. Alors les l.omn.es se son, fa., d a. .es Dieux ; ils on, établi dans leur serv.ce d.v.n une st- .luisante pompe ; jls ont orné leur culte avecles plus ,icl,es décorations ; et ils disent toujours : Nous ne savons pas ce qui est arrivé à ce Jésus pour qu > se soit éloigné de nous -, nous vo.dons lu. .nst.tuer t,u culte dans notre pays,e, cela nous sa,.s(cra; cela doit se faire selo.. «o..e gré , atin que nous soyons riches et bien nour.is,e, que nous ne nous .nqu.élions ras de ce Jésus.
6g. En effe, nous sommes maîtres dansleroyanme du Christ, puisque nous som.nes dans son m.n.sll-re. Nous som...es au n-ieux et les plus co..s.dcxables. Qui est-ce q.ii peut se co.nparer a nous . Le Christ est monté au ciel , et il nous a donne sa do- „nna.iou sur la terre ; elle doit être le gard.en de la Clef de Sainl-Vierre , qu'il nous a la.ssee pour adxninistrer le royaume du ciel et de l'en er Qu. estce qui nous l'6te.a?Nous atteignons en effet )usqu au ciel Quand mé.ne nous serio.is médians , cela ne fait rien ; nous avous la clef qui peut ouvrir ;nous sommes prêtres avec pouvoirs ; nous serv.rons d'appui à celui qui nous engraisse , et qu. donne beaucoup à noire royaume : alors l'église ch.et.enne sera en graud houneur , puisq..e l'on honore laut
CB. i8. ( 83 )
son ministre : cela plaira à notre maître. Oh y at-.l nn ri.g„e semblable à celui q„e nous avons ? „e t o.,.o„ pas le couronner avec la pins belle couronne
vl.TuiT ' " ^''''"'""'"" " ^'^ ^"-^- '«e70. Oni , disent-ils , nous sommes de méchans l.om,nes ; m.,s ce, ordre nous ,e„d saints ; „o„e cha.-ge es, v,ai,„e„, sainte ; ..ous sommes vraiment dans le culte du Ch.is. ; e, quoique nous soyons "^echans , cepe..dan, not.e emploi demeure sain, ; e, le plus graud honneur nous appartient à cause de no,re charge , comme à Aaron , avec le culte du veau : sa charge devoit é,re sainte ; et quoiqu'ils eussent oubhé Moise, qu'ils s'amusassent à boire n.a..ger, danser et jouer ; cependant Aaron devoiî être très honoré à cause du culte du veau.
71. Mais afin que le règne du Chris, sur la terre paro.sse très considéré par Babel , „ou, voulons disposer un saint service de Dieu, qui soi. >. part du monde , e, faire en sorte que par là nos lo.s se propagem.Nous leur imposerons degrandsiclnes et de grandes fl^ries de façon que le monde au.a aussi un muor de sainteté ; qu'il „ous honorera grandement , e, reconnoîtra que notre culte au. nous la-sons devant Dieu , es, sain,. Nous devons en effet elre les sain.s prêtres de Dieu 5 celui quf en ,ugera au.remen, nous le condamnerons : nous fo^ous par là une jns,ice , e, nous rendrons service aD.e„:car, qua.id un ange viendroi, du del , et precheroi, au.,emen, que nous , il faudroi, le maudire , coiame dit PauL
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Cl*. i8.
" ... Ce qu. nous avons élabUrnvtoulcs. OS voloni^'S dan l'assemblée de nos supérieurs par un rc:iecelaesu.ain.;carilestécr^^ ve. pas maudire les chefs de votre peuple. Et quand ZL notre cœur s'accuseroit devant la lun^.bre delà «ature , jusqu'à nous faire rong»r devant D eu, et Tous fai.^ reconnoitre pour de grands P^^^^^^^^^^^ BOUS appelerons alors la sainte mère du Christ avC ses disciples , afin qu'ils prient pour nous , en sorte ;:enospé.hisnesoientpasconnus.Alorsno^^^^^^^^^^^
^n pèlerinage pour ^es 1-norer et fane le s^^^^^^^^^ de Dieu -, elle nous recommandera à son fils , e^ priera pour nous , pour que nous soyons saints dans ïon service. Quoique nous soyons constamment reenus c ans la ïascivité bestiale, dans l'amour-propre e rtlupté, q.'est.ce que cela fait FNoi^^^^^^^^^ pour appuis la clef de Saint-Pierre et la merc du
'''iJkst ainsi,. /....-;/^,^ riLntion d'Israël au sujet du veau n etc. po,^^^ de le reconnoitre pour 13ieu , et de le regarder comme vrai Dieu, puisqu'ils savoient b-nqu dé 01 d'or; que le vrai Dieu s'étoit autrement fait con noître àeux, et qu'ils avoient aussi une ample LToissance' des merveilles ,ui ^f^^P-^^ devant Pharaon ; mais ils vouloient honorer par là JrSeu absent, et se faire à e-x-êmes un ~ iial et un culte de Dieu , comme le roi Jéroboam avec s-on culte du veau , dont l'honneur cependant devoit atteindre le vrai Dieu.
74. Mais eufiu , comme le veau de Jéroboam a
». 18. ( 85 )
, éié une aboraînalion devant Dieu , que cependant il l'employoit avec zèle auprès du vrai Dieu , seu-w lemenl pour qu'il préserval son royaume temporel , afin que le peuple ne se séparât pas de lui , et n'allât pas à Jérusalem pour ses sacrifices ; c'est pour cela que Dieu le rejeta et toute sa maison. De même que Moïse vint en colère à leur culie divin devant le veau, qu'il brisa les tables de la loi divine, qu'il saisit IVpée, et qu'un frère dut tuer l'autre à cause de leur abomination et de l'iniquité de leur faux culte divin : de même aussi, toi, aveugle peuple dans la Babel de confusion , tu as . été, par tes voies trompeuses, séparé de celui qui sait tout , qui voit tout , qui entend tout, qui odore tout , qui sent tout , c'est-à-dire , du cœur de JésusChrist. Tui-méme lu ne verras point la joyeuse face de Jésus-Christ 5 tu ne déposeï as point la honte do la prostitution, de ton hypocrisie, de l'orgueil de les propres opinions, de ta puissance et de ta pompe 5 mais lu vivras dans la sainteté , inventée pour Ion plaisir, pour ta cupidité, pour la gourmandise et la gloutonnerie , et pour ton pur honneur particulier. Aussi le second Moïse que le premier anuonçoil , et que l'on doit écouler , a fermé d'avance (es oreilles , et a brisé la table de sa loi , sur laquelle éloient son //om//Zrrt/fo/i , ses souffrances, sa mort , sa résurrection et son ascension au ciel ; et il Ta envoyé de puissantes erreurs , provenant de l'esprit de tes propres hypocrites inventions, comme dit Saint Paul, afin que tu croies à un esprit de mensonge ^ que tu vives selon l'attract de la chair et q^ue ta.
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sainteté apparente,invent(^e, l'abuse toi-incmeavec ta fausse clef , qui n'ouvre point les souffrances el le mourir de Jésus-Christ , dans sa mort.
75. Car , tu n'es point entré chez le père par l'intercession des hommes , mais par la précieuse homi-^ fication de Jésus-Christ. Si tu ne te convertis pas aussitôt au dernier son de l'appel de Dieu , tandis que cependant beaucoup t'ont déjà appelés , et si tu ne sors pas de Babel , alors Moïse se met en colère et dit : Que chacun ceigne son épée , et i' gorge son frère en Babel. Et tu te détruis toi-même; car l'esprit de ^a propre bouche doit t'étouffer , afin que tu jie l'appelles plus Babel , mais une épée de sévérité, colérique en soi-même, qui te dévoreet ne l'épargne pas. En effet , tu te tues toi-même , toi, grande merveille du monde.
76. Combien cependant les prophètes ont-ils tons
écrit de toi ? Et tu ne te connois pas ! Tu chemines ainsi sur la béte engraissée , et ce voynge t'agrée tellement que tu marches vers le démon dans l'abînie plutôt que de descendre de ta bêle. Qu'arrivera -t -il donc de toi, ô ! aveugle Babel ? Descends de celte grande, méchante, vilaine bêle i défais-loi de ta puissance , de la pompe el de ton orgueil. Vois ; ton époux vient , et te tend la main 5 il veut te retirer de ta confusion.
77. Lui-même a-t-il voyngé ainsi? il a marché humblement à pied sur ia terre ; il n'avoit pas de quoi reposer ^a tête. Que lui batis-tu donc pour rojaunie ? où e^t le lien de son repos? ne repose-t-i^ pas dans les bras? pourquoi.oe le serres-lu pas? il
TH. 18. ( 87 )
est sur la terre comme un pauvre ; et , cependant, il est riche dans le ciel. Qui enverras.tu vers lui pJur le réconcilier avec toi ? La mère de Jésus ? O ! non homme; cela ne sert à rien : ce n'est pas là qu'il se trouve. II n'absoudra point ta méchanceté en venu de tes vaines courbettes : il ne connoît point les lettres que tu lui envoies par les saints qui sont devant lui dans le perpétuel repos , dans l'élément céleste.
78. Leur esprit. d'ame est dans le repos, dans la paisible joie devant Dieu , et ne laisse point venir à soi tes grossiers péchés pour faire fréquentation avec eux; mais leur imagination el toute leur volonté sont dans le cœur de Dieu. Or , l'esprit du premier principe , sa source originelle dit : Seigneur, quand vengeras-tu noire sang ? Et la douceur de Jésus-Christ répond : Demeurez en repos jusqu'à ce que viennent ici vos Aères qui ont été égorgés dans Babel, pour le témoignage de Jésus.
79. Ils ne font aucune intercession pour toi ; aussi cela ne sert de rien ; il en est anirement. Tu' dois être engendré de nouveau par un sincère repentir et par la pénitence. Tu dois descendre de la bête ; traverser à pied le torrent de Cédron avec Christ , dans ses souffrances et dans sa mort, et ressusciter avec lui de son tombeau: il faut que tuy ailles toi-même 5 personne autre ne peut le sauver j il te faut entrer dans la naissance delésus-Ghrist [ et êlre conçu de l'esprit saint par son médium. Ton arae doit être engendrée ou repompée des quatre éléuieus^ dans la parole , el devenir un nouvel homma
C û8 ) en. in.
en Christ^ dans un pur et saint élément , dans l'eau de l'élément de l'éternelle vie : tes fictions et tes inventions anticlirétienncs , ne te servent de rien ; car on dit : Telle qu'est la foi d'un peuple , tel est aussi le Dieu qu'il a pour le bénir.
80. Si parmi tes prédécesseurs il en est qui après leur mort ont apparu avec des prodiges ( choses sur quoi tu bâtis ), cela est provenu delà foi des vivans , et de son pouvoir sur leur teinture : foi c[u\ est assez forte pour renverser des montagnes. Mais une foi fausse, quand elle est forte, peut aussi éveiller les merveilles dans le premier principe, comme cela se voit daus les incantations , et par les faux évocateurs de signes devant Pharaon ; telle qu'ëtoit leur foi , tel étoit le résultat.
81. Et comme la croyance des vivans étoit encore un peu bonne et pure , à l'égard du royaume de Dieu , et ne cherchoitpointainsi la gourmandise et la pompe , ils se portoient alors par leurfoi jusqu'à» ciel , dans l'élément , jusqu'auprès des saints qui ainsi apparoissoient naturellement aussi aux saints vivans dans une ferme foi , dans leur élément, avec des prodiges qui cependant n'étoient saisis que par la foi , et auxquels les impies n'avoient point de part.
82. Car, une teinture saisit l'autre, de sorte que les saints dans l'élément étoient aussi très zélateurs de la forte fdi , particulièrement ceux qui sur la terre en avoient converti plusieurs h la justice. Puisque chacun est suivi des œuvres de sa foi , ils étoient aussi suivis d'une volonté plus ardente de convertir
CH. 18. ( 8g )
les hommes ; c'est pourquoi dans la teinture du
saint élément , une foi saisit l'autre, etilarrivoit
des merveilles par la forte commémoration des saints.
83. Dieu le permit par rapport aux payens , afin qu'ils vissent que les morts saints étoient dans Dieu , et qu'il y avoit encore une autre vie après celle-ci ' et afin que ces payens se convertissent ; c'est pour cela que Dieu laissoit arriver des prodiges.
84. Mais dans la base de l'origine , iîn'en est pas ainsi , pour qu'un mort pût, du sein du royaume du ciel, aider un vivant, et qu'il dût entreprendre d'exposer devant Dieu les misères des vivans , et prier pour eux : car c'eût été une grande offense au cœur de Dieu, qui, sans intercession,répand sur tous les hommes sa miséricorde avec des bras étendus et qui n'a d'autre langage que ces mots : renez à moi, vous tous qui êtes fatigués, et qui êtes chargés^ et je vous soulagerai. A moi, tous, dit-il, venez, c'est ce que je ferai volontiers. Déplus; c'est mon plaisir de
faire du bien aux enfans des hommes.
85. Qui donc parmi ces saints entreprendra de marcher avant la source bienveillante de la miséricorde , et de prier pour ceux qui les invoquent , comme si l'amour étoit mort dans le cœur de Dieu, et qu'il ne voulût pas secourir celui qui l'invoque,' tandis que , quoiqu'on en dise , ses bras sont sans cesse et toujours tendus pour secourir tous ceux qui se convertissent à lui de tout leur cœur.
«6. Toi , antechrist menteur, tu dis : La foi seule ne justifie pas les âmes. Cependant tes œuvres in.
I I
( 90 ) en. i5;
Tentées par la ciipidilé opéreront-elles parfailement cette justification ? par quoi veux-lu être régénéré? par ton mausim ou ton idole ? ou bien par la naissance de Jésus-Christ ? lequel est le plus près de la divinité ?Tes œuvres périssent , et te suivent comme des ombres ; or l'ame ne se nourrit d'aucune ombre: mais elle doit être ardente ; elle doit entrer par les portes de la profondeur , et par le centre de la colère de la mort , par la colère de l'éternelle alliance 5 dans la douce homification de Jéstis-Christ ^ devenir un membre dans le corps du Christ , et prendre de sa plénitude , et s'en subslanler. La mort du Christ doit être ta mort ; les essences du Christ doivent bouillonner en toi, et tu dois vivre dans sa source : ainsi tu dois être enlièrement régénéré en Christ , si tu veux resler devant son père ) autrement rien ne te servira. S'il y avoit quelque chose dans la profondeur de toute la divinité qui eiil pu t'aider,Dieu enanroit fait présenta Adam ; il n'auroit pas laissé, contre le cours de la nature, son cœur devenir homme ; mais il n'y avoit aucun moyen ni au ciel , ni en ce monde , sinon que Dieu devînt un homme : c'est pourquoi , je le dis cela sérieusement ; ainsi ne cherche aucune voie détournée dans Babel.
87. Dieu , à la vérité , a permis dans les premiers ♦ems beaucoup de choses pour la conversion des payens. Mais il n'a pas ainsi institué l'anlechrist avec ses cupidités , ses élablissemens , ses babils et ses décisions, où l'on a fermé la bouche à l'esprit de Dieu , pour qu'il 11e puisse plusse faire entendre >
en. .8. j g, j
mais pour que l'esprit de ce monde puisse parler et bal.r un royaume céleste sur la .erre, par de^ mstuulions et des déluges de paroles : c'est pourquoi auss.le royaume c.'-les.e sur la terre, n'é.an. point dans la hberté de l'esprit saint, doit é.re enchafué par de forts sern.ens ou des engagemens , afin quM puisse se subs.an.er commodément, acquérir de 1 embonpoint, et ne jamais se briser ; mais il est devenu par la une B.bel de confusion, e. il se brise lui-même dans la Confusion.
88. Si .u veux maiulenant considérer la vierge Mar.eavec son fils Jésus-Cl.ris. , alors tu trouvera comment par son «Is , elle est devenue juste et *amte : cependant elle é.oi. déjà parvenue à une grande perfec.ion , semblable à la claire étoile du n>a.,„ devaa. les au.res étoiles : c'est pourquoi auss. lange la déclare-.-il bénie entre les femmes , et (lit: Le seigneur est avec loi.
89. Mais elle n'avoi, point la toute puissance divine; car la parole que Dien promit dans le jardia d Eden , fleurit, en soi , dans la propre lumière ou la propre vie de cel.e parole divine, c'est-à-dire, dans le cen.ie de Dieu : et lorsque l'aube Gabriel
dans sonmessage,s.imula, par l'ordre deDieu,ce.,è
p.^role , elles'in.roduisi, dans la chaste vierge, dans
. emen. ; „ou pas il est vrai . en.ièremenre. toutrestre , de façon que Marie dut é.re déinée. Non - car le Chnst dit lui-me.ue : />.„„„„„ „, „„,„, „„' '•-/ yue Uf,U de l',,o„un> g,U est .enu du ciel , et „ui
«/ au cel. Les au ires doivent laouiei- au ciel par le
il
( C)2 ) CH. 18.'
Christ : le Christ est leur ciel , et le père est le ciel du Christ. Le Christ étoil dans le ciel , et aussi dans le sein de la vierge , dansce monde ; le monde avoil été fait par lui , comment le moude auroit -il pu le contenir ?
90. La vierge Marie le conçut , comme une mère son filsiclie lui donna les essences uaiurellesqu'ello avoit héritées de ses parens ;il les prit en soi dans la créature qui étoit Dieu et homme. Il retint les essences delà chair et du sang, de la matrice virginale de sa mère , dans le limbus de Dieu , dans l'élément , «ans endommager l'élément ; il fut par là une ame vivante, et le verbe étoit au milieu. La puissance, la hauteur ella profondeurdel'ame,atleignirenl jusque dans le père; et le rojraumc externe de ce monde étoit suspendu à l'interne , comme le sont au pur et saint élément , les quatre élémens , qui , à la coufiommalion se détruiront , et passeront par le feu.
91. Or, comme l'enfant est une autre i)ersonne ^ue la mère , et que l'arae de l'enfant n'est point l'ame de la mère -, il en est de même ici dans ce cas : car la vierge extérieure ne pouvoil comprendre qu'elle portât le sauveur du monde j mais elle recommanda cela à Dieu dans sa chasteté virginale; tout ce en quoi il disposeroil d'elle , ellevouloily acquiescer avec satisfaction.
92. Mais toi , monstrueuse créature antichrétienne qui veux tout dévorer , il faut que tu saches , au sujet de la sainteté de la vierge Marie, que cette vierge Marie est plus élevée, et a une plus grande plénitude de splendeur et d'éclat qu'un autre enfaat
.rtt. 18. . t 93 )
^'un autre corps. Quoique toi , malheureux, tu sois à peine digne que l'on te dise une telle chose, puisque lu as une cupidité dévorante , cependant , le conseil de Dieu l'a résolu : ce sera un témoignage' contre toi au dernier jugement*
93. Vois: sais-tu comment un enfant devient chair et sang , et enfin une ame vivante? ne sais -tu pas que la teinture de la mère, lorsqu'un enfant doit être conçu , est la première qui arrive, dans le désir de la volonté entre l'homme et k femme. Lorsque la semence est semée , la teinture la reçoit dans la matrice , avec le mélange du limUs de l'homme. Et quoique la mère extérieure ne désire point d'enfant , mais souvent ne s'occupe que de son plaisir, cependant l'intérieure en désire, et est aussi la première imprégnée dans la teinture : ensuite elle attire le ri.T à soi, elle relient le limbus de l'homme , et devient enceinte.
94. Mais enlin cette teinture inqualifie avec tout le corps , et aussi avec l'ame ; car si elle est fidèle , alors elle atteint la vierge sophie de Dieu dans l'élément, et elle est vraiment la demeure de la sainte ame,dnns laquelle cette ame est soutenue et assistée de Dieu.
95- Or l'enfant inquoUJÎe avec la mère par toutes les essences , jusqu'à ce que la lumière de la vie s'allume 5 alors l'enfant vit dans son esprit , et la mère est sa maison d'habitation. Mais comme enfin l'ame de l'enfant est engendrée du limhu, , et iles essences de la mère , Ah% lors ^\\q est vraiment
• l
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( 94 ) ^^- ^fi*
moîtî^ h la more , qnoiqu'aiors c^Mr ame soit mainJerart deveiine à soi-même une piupi iéli^.
96. Ainsi de mê^ie dans le Ciirist , la volonté éloil vraiment de la rn>re lorsque Tanf^e lui îil l*anDonciation ; et la teinture qui re<^*ut le liinhut de Dieu , et qui le porta dans la volonté, de r..ç<m quVlle devint enceinte dans l'élément , étoit aussi de la mère : or , la divinité fut reçue dans la teinture de la mère , dans sa volouté , comme un autre enfant naturel.
97. Si donc , maintenant , l'arae de son enfant, laquelle est sortie des essences de la mère , est dans la trinilé sainte , comment i nafi,ines-tu ici que la sainteté de l'enfant , particulièrement sa liante lumière ne paisse pns briller clairement dans la mcrej que celle mère ne puisse pas vraiment siéger audessus de la lune 5 et mépriser le terrestre , comme ce!a se voit dans Tapocalipse ?
98. Car elle a engendré le salut de tout le inonde sans un mélange terrestre ; elle est wne. vierge de chasteté, hautement bénie par son lils JésusClirist dans la lumière divine , et dans la clarté audessus du ciel , semblable au trône des princes des iflnpes. En effet , d'elle est sorti le corps qui attire à soi tous les membres , c'est-à-dire, ceux qni sont les enfans de Dieu en Christ. C'est pourquoi elle a un éclat au-dessus de l'éclat du ciel , et l'éclat de «on ame est dans la trinité sainte. Là tous les autres enfans d'Adam, qui sont engendiés en Christ, soi;t aussi ^membres de cette famille dans le i>eul Christ.
^H. 18. f ^5 j
99. Ou bien imagines-tu que de celte mèr^ , je
pas. Car la puissance de secourir ne vient que du
l^reparlefils.enelFetdanslepèreseulemL et a source de la toute puissance qu'il prononce dan le hls , attendu que la .ertu de la puissance est dan le premier principe qui est le père lui-même : etle fi\s est son amour et sa lumière.
100. Ainsi la vierge Marie demeure aussi bien que tout les autres saints, dans le ciel, dans il
™''^"^^'---^M-e,etnonVsdan; la severe et aiguë puissance de Dieu le père
10.. Quant à ce qu'on a enseigné qu'elle a été reçue vivante dans le ciel avec son corps et son ame q.' elle peut ainsi s'occuper de nos misères , et Z
porter devant son fils , Je voudrois bien savoir qu'elle Intel igence a du royaume du ciel l'auteur qui a inventé cela ; il a sûrement pris le royaume de ce njondo pour le ciel.
10.. J'accorde, et il est vrai qu'elle peu. réellemen. e.re dan. le ciel avec un corps se,Llab e à
ce u. q, M„ïse e. Elie on, eu sur ir.o„,ag„e du Tabor,dans leur appari.iondevan, leChrist :savoir
"" "°":'^"" :°^P' 'l- '"«'émen,. Le corp. corruptible
appar.,e„,ala.erre.Si nousavions p»,danscecorps,
rester en Dieu, Dieu ne seroit.,».^ ^. ^'
"® ^^°^^ Pds devenu homme ,
et ne sero.t pas mort pour nous: cependant tous les 2"'- du Christ son morts . et virent néanmoin" Aussi .1 se peut que le corps de la vierge ait été changé en un corps céleste, était déposé le ter-
(96} cto* i9»
réstre. Qu'est-ce que cela fera ? Elle n'est nullement une divinité.
io3. L'invocation des saints est entièrement contre la nature du premier principe. Elle [Marie] est bien avec Dieu , nous ne voulons point disputer ■urcela; nous voulons seulement observer que nous pouvons aussi aller près d'elle en son fils JésusChrist; alors nous aurons avec elle une éternelle joie, de ce qu'elle a été bénie parmi les femmes par la grâce de Dieu , de ce que nous voyons sur elle la verdoyante branche de lys , et de ce qu'elle est la znère de notre salut, de laquelle mère le salut est engendré par Dieu.
Du purgatoire,
104. Le purgatoire inventé et si bien forgé, a réellement quelque base dans la nature ; mais de la manière dont on l'enseigne, c'est un vrai mensonge ; et en cela se trouve l'insatiable gourmandise de la bête colérique ; car elle s'est bâti làdessus son royaume du ciel , et la clef de pierre ( qu'elle n'a jamais eue ) , pour s'attribuer le purgatoire.
io5. A la vérité , j'accorde qu'elle a la clef pour ouvrir le purgatoire, mais l'antre clef qu'elle a n'ouvre point le ciel ; mais seulement le coffre fort dont on paie la solde à l'ame égarée , en l'envoyant avec des bons passe-ports dans le paradis. Alors la prostituée croit qu'elle va dans le ciel
Cet. 18
vers^saiat-Pierre , e. .« f!^. „;«„ a..rappe la fausse
106. Ah ! toi , monde aveugle av^c i«. - inventées pour la clénvrance des aie - elf""" sont tes bénédicions , ,el ,„ «.! '«"«M"e
.ou. pour de l'arge^, • s! on „e """""'• ^" '"'^
j.aucu„ec..jj:s;;:;;jx^^^^
c el e. 1 enfer, dans son cor^s , dans ce monde Là tu pourras b.en opérer quelque chose : e. il est Zll asréableà Dieu que .u engendres un™.; S, f et que lu aides l'indigence de ,on MmI'
de Bieu que l'un porte le fardeau de l'autre, eZ venne béni dans un amour fraternel , e. dln. Même société sainte. ' ^"' ""^
107. Toi, aveugle serviteur de l'anlechrisl lors que tu emploies tes prières et .es cérémon e's po"; les âmes 5 lorsque tu prends sur .oi d'en racheter une qu» es. peut-être dans le ciel, ou bien 'ou, f fau dansl'abîmeavec le démon, comment ne tW gmes-tu pas que le démon se joue de toi ? »n -
peux-tuaiderceluiquiestda^sitlrru^^r
uevant D.eu. Comment ces sainte» âmes peuvent elles te bémre. te reme«=ier? comment 0^0 .. sur elles, s. tu es toi-même dans l'abîme avec tou, es démons? Tu e, aussi dans le purgatoire et "u veux en racheter les autres ! e. .u lis cela po'ur ^
108. O ! malheur a ,oi, grande prostituée! Com-
•7
( 98 ) c«- ï^'
ment l*es-tu fail, sur la terre , un royaume du ciel , pour ta cupidité? pourquoi trompes-tu les pauvres âmes des hommes? Convertis-toi, ou bien tu iras dans l'éternel purgatoire.
109. Toutefois cependant il y a quelque chose dans le purgatoire , et il n'est pas aussi mort que le répand le démon, uniquement pour pouvoir dévorer parla la bête^ avec la femme qui est assise dessus. Et aussi est-il un loup; et il est suivi par l'astuce et l'hypocrisie , dans lesquelles s'engendre de nouveau un antechrisl , qui ne vaut pas mieux que le premier. Il ne fait que flatter sous la peau du renard,(et le loup est dedans) jusqu'à ce qu'il obtienne le royaume : s'il pouvoit devenir grand , comme il dévoreroit Us poules du pauvre monde ! Mais avant qu'il soit mùr et propre à être dévoré dans la colère, il sera chassé par le lys dans les merveilles ; ce lys pousse là vers le nord , au milieu de la tempête colérique.
iio. Puisque le monde invente tant au sujet du purgatoire 5 nous voulons donc en poser le fondement dans la lumière de la nature , et voir comment cela sera pris , et si nous pouvons le sonder : car il nous faut contempler la vie et la mort , et en outre les portes où l'ame va par la mort dans la vie, ainsi que dans tous les principes -, voilà de quelle importance est l'objet contenu dans ce point.
(99)
CHAPITRE DIX-NEUVIEME.
De rentrée des saintes amas en Dieu, et da 1 entrer des âmes impies dans la perdition.
La parie de la Irlsure du corps au départ de Vame.
-s sur 1 .ma,e de D.cu , sur rhomme , sur sou com-
~T"V '''""'' -^ -n essence éternellement subsistance , et en outre sur la brisure de so. corps , comment le corps et l'ame se séparent , où 1 an e s en va quand l'esprit de son souffle se bri^e en elle et quand la source cesse dans la teinture de ce monde ,. nous trouvons le principe de l'inquiétude de 1 ame lorsqu'elle est séparée du corps, sl elle est séparée du corps sans être régénérée, il en résulte des lamentations et des désirs : c'est là ce qui a occasionné la confusion de Babel , en sorte qu on a inventé beaucoup de choses pour délivrer ies âmes.
2L aplupart do ce. choses n'ont aucun fondejnc». dans la lumière de la na.ure ; on ne sauroit
cur en trouver ; elles ont é,é pI,„ol invent.'.cs nar
Ja cupidité, la gourniandise et la fraude : voilà
pourquoi le roj-aunie auticlirélien pose sur celte
'f
^ ( 100 ) CH. T9.
base , el c'est de-îà qu'une vraie Babel de coufusioii est sortie. De-là aussi est venue la colère par laquelle Babel se brise elle-même -, cette colère est eiiRendrée de Babel , et c'est l'âpre colère de Dieu qui brille dans le hrisem.nt ou la destruction de Babel, parce qu'elle est née dans la fraude.
3 Mais , que maintenant la furieuse Babel dévore tout et obscurcisse entièrement le mystère ; qu'elle transforme en ténèbres, la fontaine de l'éternel e génération , seulement pour en laire sourcer la colère ; qu'elle ne voie point dans la génération de réternité, mais qu'elle fasse d'une chose existante, «n néant absolu , cela est une bien plus grande confusion. Car non -seulement cette Babel la se dévore elle-même , mais elle se rend entièrement aveugle dans la lumière de la nature. Elle fait de l'image humaine de purs animaux malfaisans et gloutons, qui «royent être 1res étrangers à Babel, Lis qui sont cependant engendrés en elle , et sont dans le corps de la vorace et méchante bête. Ils devorent ainsi la maison de leur mère , et la font reconnoîlre pour une demeure corrompue el pleine d'infection , et ils ne veulent cependant pas en sortir. Or , le tout ensemble est un royaume , qui s'engendre toujours dans sa propre volonté et dans son orgueil, qui manifeste toujours sa propre honte , qui se dévore toujours dans la colère de son propre péché , et doit vraiment , et à juste titre
s'appeler Babel. , « , , j 1.
4 Mais si nous voulons passer de Babel dans le
nouvel engendrement , considérer notre corruption ,
en. rç. ( lot )
dans laquelle gît prisonnière la pauvre ame • el ensuite notre renaissance en Jésus - Christ j corn* inent nous sommes réengendré^ de Dieu j enfin comment l'homme doit entrer dans cette nouvelle génération , et être réengendré dans la génératioa du Christ, nous trouverons bien alors ce que doit être l'inquiétude de Pam^ après la brisure du corps.
5. Car Tarae qui est d^ premier principe , d^ l'alliance de l'éternité , a été insufflée de la fort© puissance de Dieu en l'image de Dieu , dans l'élément du corps , et a été éclairée de la lumière dé Dieu , de façon qu'elle a reçu une source angelique.
6. Mais lorsqu'elle passa de la lumière de Difeii dans l'esprit de ce monde, alors la source du premier principe s'introduisit en elle , et elle ne vit ni ne sentit plus le rayaume de Dieu , jusqu'à co que le cœur de Dieu se plaça de nouveau da»s \q milieu ; c'est dans ce cœur que Tame devoit entrei; de nouveau et être régénérée.
7. Or, pour qu'elle pût y parvenir , le cœur de. Dieu devint lui-même une ame humaine. Il étouffa , par son entrée dans la mort , l'esprit de ce monde. Il apporta , de nouveau , dans son ame humaine , la plénitude de la divinité , de façon que nous pouvons ainsi toys tant que nous sommes , user de son ame humaine , comme si c'étoit la notre propre et pénétrer par lui dans le saint élément devant Dieu; car il ne nous manque plus rien ttiainteûant , si ce n'est que par notre forme souiL--
( 102 ) CH. 19.
lée, et appesantie, nous nous laissons atteindre uuw Tersellement par Tespril de ce monde , et imprëgiier tout-à-lail p^* l'orgueil, Tamour-propre , la cupidité et la gourmandise , tellement que nous ne nous apercevons pas même que [ par rapport à y esprit de ce monde] nous ne sommes que des pèlerins. Cependant dès que Tesprit Jde ce monde nous a saisis dans le corps de la mère , dès lors nous sommes des pèlerins , et nous devons , avec nos âmes , voyager dans un autre pa;ys où le corps terrestre ne peut pas demeurer.
8. Car de même que ce monde se brise et passe ; de même aussi toute chair qui est engendrée de l'esprit de ce monde doit se briser et passer. Si donc maintenant la pauvre ame doit cheminer hors du corps dans lequel oUe est cependant née 5 mais qu'elle n'ait pas en soi le nouveau vêtement de la régénération de l'esprit saint, et qu'elle ne soit pas en soi vêtue avec l'habit du pur élément , avec le manteau du Christ , avec son homification , ses souffrances, sa mort et sa résurrection , alors il lui prend de grandes inquiétudes et un grand repentir , particulièrement pour ceux qui à la brisure de leur corps sont encore dans les portes , et nagent ainsi entre le ciel et l'enfer ; là il y a des assauts et des combats comme cela se voit dans plusieurs , lorsqu'ils sont prés de mourir,
9. Car alors la pauvre ame nage dans le premier principe , dans les portes de la profondeur , telles meut comprimée et enveloppée par la région des étoiles , qu'elle n'éprouve qu'oue vraie inquiétude
de la part de l'essence de l'Univers. Là ensuite la pauvre ame se remplit d'angoisse î et elle apparoit ainsi par la puissance de la région des étoiles, dans Ja forme du corps qu'elle a eu ici ; souvent ella désire telle ou telle chose qui a été sa dernière volonté , dans l'espérance d'amendement, et d'obtenir par là du repos ; souvent aussi .elon l'esprit astral, elle s'annonce la nuit, d'une manière très turbulente , avec du fracas et par des apparitions corporelles que nos savans de l'école de ce monde attribuent au démon. Mais ils n'ont dans ceci aucune connoissance.
10. Puisque donc ceci est l'article leplus difficile,' et qu'il ne pourroît être saisi d'après un semblable exposé , nous voulons décrire la mort de l'homme , et la séparation de Pâme d'avec le corps ( autaiv't qu'il est possible que cela soit connu ) , afin que le lecteur en puisse saisir le sens.
11. L'image de l'homme engendré de la femme ; est ici dans cette vie en une triple forme , et exista en trois principes, c^est-à-diie, que l'ame a son origine du premier priucipe, delaforte et graudepuissauce de l'éternité , et se meut entre deux principes, environnée du troisième. EUeat teint par sa racine originelle, dans la profondeur de l'éternité , où Diea le père entre de toute éternité en soi - même dans la lumière de la joie , par les portes du brisement et de la rupture ',elUe^{ dans l'alliance, oùDieus'appelle un Dieu jaloux , colérique et fort 3 elle est, une étincelle de la toute puissance ; elle perce dan», les grandes merveilles de la sagesse de Dieu, pai-lu.
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chère vierge de cîiaslelé ou Sophie, et a élécréée de réternelle volonlé par le puissant hat de Dieu -, elle existe par la parole de Dieu , reconçue en JésusChrisl 5 dans les portes du paradis , avec la forme de la nouvelle renaissance ; et elle existe avec la forme du premier principe , dans les portes de là colèrede rëternilé ; elle est inqualifiée^^v la région du soleil et des étoiles, et environnée des quatre éléraens. Le saint élément ou la racine des quatre élémens, est le corps de l'ame dans le second principe dans les portes devant Dieu. La région des étoiles est le corps de l'ame y seloti Tesprit de ce inonde, et l'écoulement des quatre élémens est la maison de tourment , ou bien l'esprit de ce monde. I^a région des éioiles allume cet écoulement , et le l'end bouillonnant.
12. Or, l'ame vit dans cette triple source ; elle est liée par trois rênes , et est tirée par les trois ; car la première rêne est l'alliance de l'éternité , engendrée dans l'ascension de l'angoisse ; elle atteint l'abîme infernal.
La seconde rêne om le royaume dw cielest engendrée par les portes de.la profondeur dans le père , et engendrée de nouveau de la génération du péché par l'humanité du Christ , où l'ame est aussi attachée dans VhonUficatwn de Jésus-Christ > le fils de Dieu , et est attirée par la chère vierge SOPHIE dans la parole de Dieu.
La troisième rêne est le règne des étoiles if^uahfiani avec l'ame ; et ce règne est fortement attiré , retenu , ainsi que mené et conduit par les quatre élémens. i3.
Or , le troisième règne a'est point dans Téteriiilé ; mais il fut engendré de Pélément , an moment de Vênflammcwtnt du FIAT : enfin il est corruptible ; il a une certaine période , une limite 9 un tems : et cette même région a aussi dans l'ame (quand la lumière de la vie s'allume ) une certaine période , un tems pour sa destruction.
Ce même règne éduque aussi l'homme , et lui donne la source de ses mœurs , de sa volonté et de ses désirs pour le mal el le bien: il l'établit en beauté , en dommation , en richesses et en honneurs ; il fait de lui un Dieu terrestre ; il lui ouvre en soi de grandes merveilles 5 il court avec lui sans réflexion jusqu'à son siècle ou sa fin : alors il se sépare de lui , et comme il a aidé l'homme quant à sa vie , il l'aide aussi à mourir ,et se sépare de l'ame.
i4. D'abord les quatre élémens se retirent d'avec l'élément ; alors cesse la source dans le troisième principe. Or , c'est ce qu'il y a de plus effroyable que les quatre élémens se brisent en eux-mêmes ; et c'est là la mort , de façon que l'esprit de soufi-e, qui dérive du fiel , et allume la teinture du cœur , suffoque. Alors la teinture s'en va avec l'ombre de la substance de l'homme dans l'Ether ; elle demeure avec l'ombre dans la racine de l'élément , duquel les quatre élémens étoient engendrés et issus ; et le tourment de la brisure consiste en cela seulement , qu'une source d'habitation est retranchée à l'ame.
i5. Mais , si maintenant les essences du premier principe de l'ame , ont été tellement inclinées vers la région de ce monde , que ces essences de l'ame n'aient cherché que l'attrait de ce monde , avec les
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honneurs temporels, la puissance et la pompe : alors l'ame ou les essences du premier principe , retiennent encore auprès d'elles la région des étoiles ,' comme leur plus cher trésor , dans l'intention de vivre là-dedans ; mais comme celte région n'a plus la mère ou les quatre élémens , elle se consume elle-même avec le tems dans les essences du premier principe , et les essences du premier principe demeurent nues.
16, Or , ici maintenant se trouve le purgatoire. Toi , monde aveugle , si tu peux quelque chose , aide à ton ame à passer à travers des fortes portes. Si le briseur de serpent n'avoit pas tenu ici les rênes , elle seroit restée tout-à-fait dans le premier principe ; enfin là , il y a la grande vie , et aussi la grande mort : là Pâme doit entrer dans l'une «/m deux , et cela est ensuite son éternelle patrie ; car le troisième principe tombe tout-à-fait , et abandonne l'ame , et elle n'en peut plus user dans l'éternité.
Du dépari de Pâme,
17. Puisque l'homme est donc si fortement terrestre, il n'a presque aussi qu'une connoissance terrestre , à moins qu'il ne soit réengendré dans les portes de la profondeur. Il s'imagine toujours que l'ame , à la mort du corps , sort tout uniment de la bouche , et il ne comprend rien à ses profondes es» sences au-dessus des élémens. S'il aperçoit un rayon b!eu sortir de la bouche d'un homme a sa mort ^
CH. 19, f 107 )
d'où il provienne une forte odeur dans toute la chambre, alors il présume que c'est l'ame.
iS. Oh! non , chère raison , ce n*est pas là l'ame; elle ne se voit, ni ne se saisit point dans les élémens extérieurs ; mais c'est l'esprit de soufre , l'esprit du troisième principe. De même que quand tu éteins une chandelle, d'où résulte une fumée et une puantour, qui n'étoit pas sensible lorsque la chandelle hrûloit ; de même il en est ici ; quand la lumière du corps se brise , Tesprit de soufre suffoque : c'est de là que sort sa vapeur et son odeur mortelle, avec son poison bouillonnant.
19. Entendez bien ceci. C'est l'esprit bouillonnant ou le fiel qui enflamme le cœur, d'où la vie est stimulée, qui s'étouffe, quand la teinture s'éteint dans le sang du cœur. La vraie ame n'a besoin d'aucun semblable départ : elle est beaucoup plus subtile que l'esprit de soufre, quoique, pendant le tems du corps , le tout soit en un seul être.
20. Mais quand l'esprit des quatre élémens se separe, alors la vraie ame qui a été insufflée à Adam, demeure dans son principe ; car elle est si subtile que rien ne peut la saisir ; elle traverse la chair et les os , ainsi que le bois et les pierres , et ne brise aucune de ces substances.
21. Voici comment elle peut être retenue. Si pendant le tems du corps , elle a fait un vœu par rapport à quelque chose, et qu'elle n'eu ait pas rappelé, alors cette même parole et celte sérieuse promesse la saisissent, ce dont nous nous tairons ici. Autre* luent, rieu ne la saisit que son propre principe ,
( io8) €«• ^9'
aans lequel elle est , soit le règne de l'enfer , soit
le règne du ciel.
22. Elle ne part point par la boucbe, comme une substance corporelle ; elle est nue , sans corps. Aussilôl la séparalion des quatre élémens , elle va dans le centre , dans les portes de la profondeur ; et ce dont elle est velue ou couverte, cela la saisit, et la relient. Si son trésor est la volupté , la puissance, les bonneurs, la ricbesse , la méchanceté, la colère, le mensonge, la fausseté de ce monde, alors la forte puissance des essences du premier principe saisit ces choses par Tesprit sj^dérique 5 elle les relient , et opère ainsi selon la région des étoiles. Mais la région des étoiles ne peut porter l'esprit de l'arae dans sa propre forme , seulement elle en fait son bouffon , d'autant que, dans son ver , il n'y a aucun repos. Ainsi son ver d'arae est suspendu à sou trésor , comme dit le Christ : Là où est votre trésor , lu est
votre cœur. .
23. De là vient qu'on voit souvent l'esprit d un homme décédé errer, ainsi que voyager dans une vraie forme de feu, aussi bien que sous d'autres formes, qui n'annoncent pas la fixité, mais l'inquiétude. Tout ce dont l'ame a été vêtue dans le tems de son corps , devient aussi son état postérieur, et elle a , dans sa figure , une semblable forme , conformément à cet élat , après la séparation du corps. Or, elle voyage aiasi , dans cette forme, dans la source des étoile», jusqu'à ce que cette même source soit aussi brisée ; car alors elle se trouve enlièremeut nue , et n'est plus vue d'aucun homme ^ mais
CH. 19. ( 109 )
l'abîme profond , sans fin et sans nombre , est son éternelle demeure ; et ses œuvres, qu'elle a opérées ici , restent en figure dans sa teinture , et la suivent.
24. A-t-elle opéré le bien ici ? Alors elle se nourrit de ce bien 5 car tous les péchés restent devant elle, dans sa teinture. Si elle est réduite à ne pouvoir que se ressouvenir du royaume du ciel, «ans cependant ni le reconnoître , ni le voir , alors elle voit les raisons pour lesquelles elle est dans une telle misère ; car c'est elle qui l'a opérée elle-même, lia , toutes les douloureuses lamentations sont dans sa teinture , et sont ignées , piquantes, d'une inimitié brûlante , se rongeant en soi-même, et produisant dans les essences un éternel doute, et une volonté ennemie de Dieu. Plus elle pense à l'amendement , et plus le ver rongeur s*élève en soi-même.
25. Car là il n'y a aucune lumière, ni de la part de ce monde , ni de la part de Dieu ; mais Venflammement de son propre feu en soi-même est sa lumière , qui consiste dans un effroyable éclair de colère , lequel , en soi-même , est une inimitié. Cependant le tourment est très diversifié, selon ce dont l'ame s'est chargée ici bas. Pour une telle ame, il n'y a aucun remède : elle ne peut aller dans la lumière de Dieu ; et, quand même St-Pierre auroit laissé plusieurs milliers de clefs sur la terre , aucune ne lui ouvre le «iel, car elle est séparée de l'alliance de Jésus-Christ. Il y a une entière génération ou région entre elle et la divinité , et il en est comme ôvec l'hoiame riche. Ceux qui veuleut venijr de là
( 110 ) CH. 19;
ici, ne le peuvent pas. Cela doit loulefois s'entendre des âmes impénitentes, qui se séparent do leurs corps dans l'hypocrisie , sans élre régénérées. 36. Mais il y a une grande différence entre les âmes ; c'est pourquoi aussi le départ d'ici n'est pas le même. Quelques unes par le repentir, et une vraie pénitence de leurs mauvaises œuvres , par leur foi établie dans le cœur de Dieu, ont été régénérées, daus le tems de leur corps , par la génération de Jésus-Christ ; et celles-là, aussitôt la brisure de leur corps, déposent tout ce qu'il y a de terrestre 5 elles déposent aussi la région des étoiles ; elles saisissent dans leurs essences du premier prin- .cipe, la miséricorde de Dieu , le père, daus l'aimable amour de Jésus-Christ. Et même pendant la durée de leurs corps, qu'elles tiennent des essences de l'ame , si elles puisent dans les souffrances et la mort du Christ , elles restent aussi dans les portes du ciel, et leur séparation d'avec le corps est une entrée joyeuse dans l'élément; elles y sont en la présence de Dieu , dans un paisible repos , attendant leur corps sans impatience : car là, recroîtra ce paradis, qui agrée si fort à Tame , mais qui ne produit aucune fontaine , jusqu'à ce que le premier Adam en soit de nouveau remis en possession, comme avant la chute.
27. Les œuvres de ces âmes saiutes les suivent aussi dans leur teinture de l'esprit d'ames , ians le saint élément, de façon qu'elles voient et r •connoissent combien elles ont opéré de bien ici bas 5 et leur plus gx^°^ attrail , et leur désir dans leur amour
CH. 19. f jjj j
est d;opérer conlinuellement du bien , quoiqu'elles «e puissent plus rien sans le corps paradisiaque, quelles recevront d'abord à la restauration; mais leur source est un attrait pur ,et un délicieux bienêtre.
a8. Cependant il faut que tu sacl^es que les saintes âmes ne sont pas ainsi dénuées et sans facultés : car leurs essences sont de la forte puissance de Dieu , du premier principe. Quoique maintenant elles n'en fassent pas usage, à cause de leur grande humilité devant Dieu , où elles attendent toujours leur corp, dans un paisible repos, avec une grande abnégation • cependant leur amour et leur attrait est si grand ' que plusieurs fois elles ont opéré des prodiges sur \l terre parmi les croyans, qui ont placé ainsi forte* ment en elles leur, amour et leur désir. Là , une sainte teinture a saisi l'autre , de façon qu'ainsi des prodiges se sont opérés par des fidèles vivansjcar pour la foi rien n'est impossible.
29. Et il n'est pas difficile aux âmes saintes , (^ui sont séparées de leur corps , d'apparoître à laVorte foi des vivans : car la ferme foi des vivans , s'ils sont nés de Dieu , atteint aussi le royaume du ciel dans Je saint élément , où les âmes séparées ont leur repos.
30. Enfin , si une ame séparée de son corps par la mort , a été ici, dans ce monde , un flambeau et un promulgateur de Dieu , si elle en a converti plusieurs à la justice , alors elle paroît aussi devant les saints vivans , quand leur foi s'attache aussi forteaentà elle 5 et il n'y a rien d'exlrao^di^aire qu'an tr©^
( lia ) tH. 19.
fois , dans les tems saints , il se soit passé eu ce genre de grandes merveilles ; car la foi des vivans , et l'amour des séparés pour les saints vivans ont opéré ceci dans la forte puissance de Dieu j et Dieu l'a laissé arriver pour la conversion des peuples , afin que , quoiqu'on en dise , ils pussent voir la grande puissance des morts en Dieu , comment ils sont dans un autre règne, et comment ils sont vivans , afin qu'ils pussent être surs de la résurrection des morts , par les grands prodiges des âmes séparées , qui , pour la plupart , a voient é^é mises à mort , pour le témoignage de Jésus. Par ce moyen les payens et tous les peuples voyoienl quelle récompense avoit été accordée aux saints qui avoient sacrifié leur vie pour le témoignage de Christ 5 aussi, par de tels exemples , plusieurs peuple* se sont
convertis. ^
3t. Mais que maintenant il soit résulté de la une Babel de confusion, où on aille jusqu'à invoquer les différens saints , comme intercesseurs devant Dieu ,1 et qu'on leur rende un honneur divin , cela n'est pas la faute des saintes âmes séparées , puisqu'elles n'ont point désiré ces choses , et ne portent point les misères de l'homme devant Dieu 5 mais ce sont des superstitions inventées par l'antechrisl qui a établi là-dessus son siège d'orgueil , non comme un saint vivant qui se porte vers Dieu avec les saints, mais comme un Dieu terrestre : ij s'aiiribue par là la toute puissance divine; il n'en a cepenaant aucune , et il est le cupide et orgueilleux ante4christ , voyageant sur la puissante bête de ce mond€.
<îR- ^' f Ii3 )
32. Les âmes séparées ne portent point nôsbesoîhi* devant Dieu 5 car Dieu lui-même est plus près dô nous que les âmes séparées : en effet, si elles le dévoient faire, elles dévroient avoir unro7,*etuDe source paradisiaque en éUvement et en opération et cependant elles sont dans un repos paisible ' humble et doux , et ne laissent pas entrer nos besoins en elles ; mais une sainte teinture saisit l'autre dans l'amour et l'attract : toutefois elles ne font pas de leur grand prince Christ , un auditeur sourd , qui n'entend pas lui-même, ne voit ^ ni ne sent;/tf£ qui étend z^^ bras , qui invoque sans cesse avec son esprit saint, et invite tous les enfans des hommes à la noce. Avec quelle bonne volonté il \q^ recevroit, , si seulement ils se déterminoieut à y venir !
33. Comment donc maintenant , une ame se présentera-t-elle devant le Christ, et prieia-t-elle pour un invocateur vivant , puisque le Christ est là luimême,puisqu'il invite leshommes,et est lui-même le calmant de la colère dans le père ? Car le père a donné les hommes au fils , comme il le témoigne luimême : Les hommes étoient à toi , et tu me \q^ as donnés , et je veux qu'ils soient avec moi, et qu'ils voient ma gloire que tu m'as donnée.
34. O ! toi , confuse Babel , éloigne-toi de l'antechrist, et marche avec un cœur pénitent et humilié devant ton miséricordieux frère et le sauveur de tous les hommes; il te recevra avec beaucoup plus d'ardeur que tu ne viens à lui. Marche seulement hors de cette méchante Babel dans une nouvelle Baissance, et ne permets pas que le royaume de c«
«.onde le soi. si cher , puisque lu n'y es .ou.efois ;„e comme hô.e. Que .e sert «on élévaUou passaSre que tu fondes sur les hommes , e. qu. dure a Se un instant , tandis que tu peux dans la uou- :^e naissance recevoir «ne bien plus grane.o.e .t un plus grand honneur , puisque les sa.ules aLs dans'le ciel , et les anges se réiou.ront avec S Considère quelle joie tu réveilles par la dan. e ^urde Jésus-Christ ; car là aussitôt, on te donnera U Précieux gage de l'esprit saint , e. tu obt.endras a cltr du royaume du ciel, a.inque.u puisses o„- L Lêm'e. Mais penses-tu que cela ne so.t pas vrai? îais-en seulement l'essai avec une smcere I deur,tuépro«yerasdesmerveilles; tu reconno.-
Is Ja »oi^ême,et tu verras sans le moindre a::,eTda„stondiscerneme«t.dequelleéco.ecetécnt
"'sT'Maintenan. la réflexion se dit : Puisque ,ou les œuvre, ^es âmes qu'elleson. o^r es es suivent en figure . qu'arrivera-t-.l donc s. une Il à fait ici pendant loug-tems de grands menTnges e de grands péchés? Elle aura alors une ;3e honte puisqu'ils paroîtront en figure de-
":6 'S'esTu l'arme puissante du démon , avec la- „„âe il poursuit lésâmes pour les pousser dans e dol Jn qu'elles aient toujours leurs grosi^chés a:;L'tyeux,etqu'eHesdou.entdelagrâcede
^t' Or donc , vois , toi , chère ame , délivrée au J;;«d'l'précieu.e rançon par le sauveur
CH. 19. ( ii5 )
Christ , par son entrée dans l'humanîfé et par sort entrée dans l'abîme de l'enfer j ,oi, arrachée du royaume du démon dans la puissance du père . •cellée par son sang et sa mort, et couverte avec ses enseignes de triomphe. Toutes les œuvres qua lu as opérées , bonnes ou mauvaises , le suivront en ombre; mais non pas en substance et en source r toutefois elles ne préjudicieront en rien aux saintes âmes dans le ciel , qui se seront portées vers la nonvelle naissance en Christ j mais leur plus grand* )o.e consistera en ce que, si elles ont été retenues dans de s. monstrueux péchés et de si lamentables misères , cependant leur sauveur , Christ les en a arrachées ; et il y aura pour elles une vive et parlicuhère salisfaclion de ce qu'elles sont délivrées de celui qui les poussoit au péché , ainsi que de leurs grandes misères , et de ce que l'instigateur est prisonnier , lui qui les a tourmentées jour et nuit par des. énormes péchés. ( L'esprit saint décrit ces louanges et ces. chants de joie des saints dans la loJ pseaume.)
38. Là les saintes âmes et les anges se réjouiront hautement dans un seul amour , de ce que la pauvreame est délivrée d'une si terrible misère, et alors commencera la grande joie dont Christ dit • Il y cura plus <U joU pour un pécheur qui fait pénitenc, que pour quatre-vingt-dix-neuf Ju^tee qui n'en on* P" be«,in. Et l'ame louer* lîieu de ce qu'il l'a déhvréede si grands péchés.
39. Par ce moyen la louange du CLrist, de ses mentes ,de ses souffrances et de sa mort , s'élève en
I") «
(lié) e«'9'
éternité devant les pauvres ame»; et c'est le vrai cantique de l'épouse délivrée , qui s'élève dans le père , oii les âmes se réjouissent si hautement de ce que le persécuteur est emprisonné avec ses
adhérens.
40. Ici s'accomplit ce que le roi David chante : Tu le verras (et tu t'en réjouiras) , comment les irapies seront récompensés, combien le persécuteur et Vmflammateur de la méchanceté en sera tourwenlé dans sa prison ; car les péchés lavés ne paToîtront point dans le ciel dans la forme de feu , comme dans l'abîme de l'enfer } mais comme du Isaie : Quand même vos péché, oeroUnt rouge» comm* du sang , « vous i'ous convertissez , ils deviendront d'un blanc de neige , comme de la laine. Ils demeureront en figure céleste , comme un chant de louange et un cantique d'action de grâce de la part de l'homme , pour sa délivrance du persécuteur. 41 . Comme donc le départ des âmes est si divers, de même aussi le tourment, après la séparation, est divers , de manière qu'à la vérité , plusieurs âmes eut un bien trisie temt à passer dans un purgaloirc ; telles que celles qui sont souillées par de grands péchés , et n'oni pas marché droit dans la vraie ré^énéralion ; et cependant y sont en quelque partie suspendues , comme cela arrive ordinairement pour ceux qui ont été chargés ici hasd'houïieurs et de puissance lemporelle , où communeBienl leur proiire pouvoir et leur intérêt particulier niarclieut avant le droit , et oii la méchanceté , et »on la sagesse , est le juge : alors on met ub grand
™. 19. ( „^ j
poids sur la pauvre ame, et la pauvre ame vou. droit bien en être délivrée.
4*- Qu'ici bas l'homme se présente . et qu'il prie Dieu pour le pardon de ses péchés ; ses injustices le retiennent par son manteau. Il voudroit être juslihé mais son iniquité pointe dans l'abîme, e, elle ne le laisse pas entrer dans la nouvelle répénéralionsa cupidité l'a trop obsédé ; sa méchant'e BabTne le laisse pas aller des opinions de l'antecLrist, versia véritable et importante conversion ; elle ferme les portes de l'amour : l'esprit de ce monde dans les désirs de la chair , demeure le premier par-.ont.
^. Et cependant quand l'heur, delà mort arrive de laçonque la conscience s'éveille ,et que la pauvre ame s agite dans la grande crainte du tourment de 1 enfer c est alors qu'on voudroi, bien aussi être délivré ; mais il y a peu de foi; au contraire , pure injustice , fausseté , attract de la vie terrestre Les soupirs et les larmes du malheureux se jètent ardaminent en avant. Le démon lit ,à la base affective, ie livre de sa conscience j mais le monde voluptueux est aussi en avant. Le malheureux voudroit bien vivre plus long-tems ; il promet bien de mener une" conduite d'amendement , et sa base affective s'anproche eu effet un peu de Dieu , mais ses péchés la reuveiseni de nouveau, et il s'élève de grandsdoutes et de grandes inquiétudes : cependant plusieurs saisisseiit le sauveur par un CI.
44. Si donc maintenariHa mort vient, et sépara le corps et Pâme l'un de Paulre , alors la pauvre ame pend au fil, et ne veut pas Pabaudouneri mais ses.
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(ii8 ) en. 13.
essences tiennent encore fortement à la colère de Dieu : la source de ses grands péchés la tourmente, le fil delà foi dans la nouvelle régénération est vraiment foible. On ne peut alors entrer dans Dieu que •par les portes de l'abîme, par les souffrances et la mort du Christ, par le royaume de renfer ; et Tenfer a encore un grand lien autour de Tame 5 la fdus-. celé n'est pas encore lavée.
45. Alors répoux dit : Viens. Mais la pauvre amo répond s Je ne peux pas , ma lampe n'est pas ençore accommodée. Cependant elle lient le sauveuF par un fil , et elle met son imagination, par lefil^de la foi et de la confiance , dans le cœur de Dieu; là, à la fin cependant elle est délivrée de la pulréfac
lion par la souffrance de Christ.
46. Mais celte putréfaction par laquelle elle passe,
mon amené désire point de la partager avec elle, car ses abominables péchés sont allumés dans la colère de Dieu, où la pauvre ame doit se baigner, iusqu'à ce qu'elle vienne au repos, par ce peu de foi qu'elle possède. Là, sa glorification ne sera pas semblable dans l'éternité h celle des ^^^-^^^ ^^f *^- xnent réengeudrés. Quoiqu'elle soit b.en délivrée de l'enfer, et qu'elle jouisse de la joie céleste, cepen. dam la plus grande joie esl dans la véritable renaissance, dans laquelle s'élèvent le paradis, la puissance et les merveilles.
47 Or, ta pompe humaine , ta domination, ta beauté , et tes richesses ne t'éleveront pas devant Pieu, comme tu le présumes, non plus que ton çmploi ici bas, soi^ celui de roi, soit celu^ ds
CK. 19. ( "9 )
prêtre; il faut que tu sois eugendré de nouveau dans^ le sauveur , si tu veux êlre beau dans le ciel. Tu dois conduire ton peuple k la justice , si tu veux par ton emploi briller devant Dieu comme l'éclat du ciel , et tes œuvres te suivront. O! homme , réfléchis à toi dans ceci.
48. Mais que dois-je écrire de toi , Babel terrestre? Je dois également te montrer le principe , afin que ton hypocrisie soit mise au jour, et que le démon ne reste pas ainsi sous la forme d'ange , et qu'il ne soit pas ainsi pour l'homme, un Dieu dans le règne cupide de ce monde, comme c'est en effet sa plus grande tâche.
49. Vois ; tu te nommes un chrétien , et tu te vantes d'être un enfant de Dieu ? A la vérité , tu le confesses avec la bouche, mais ton cœur est ua meurlrieret un voleur. Tu ne tends qu'aux honneurs mondains et aux richesses : quant à la manière dont tu peux te les procurer , ta conscience ne s'en informe pas. Tu as bien un moment la volonté d^entrer dans la véritable pénitence,mais le démon t'arrête, de façon que tu ne le peux. Tu dis : Demain , et cela continue toujours. Tu dis en outre : Si j'avois ma cassette pleine , je pourrois , après cela , en donner à l'homme de bien , pourvu qu'auparavant J'en eusse assez pour ne pas manquer moi-même ensuite; tu continues cela jusqu'à ta fin ; or le démon le la peint encore éloignée.
50. En même tems , tu consumes la sueur et le sang du pauvre, et tu rassembles sa misère et ses lamentations daus ton ame 3 tu lui prends sa sueur |
t 120 y ^ CH. 19.
tu soutiens par là ton orgueil , et tu veux qu'on regarde comme sainte ta conduite 5 lu scandalises lo pauvre : il devient méchant à ton exemple et à les œuvres , et il fait ce qui n'est pas juste devant Dieu ; il te maudit, il se perd aussi par là, et l'abomination est engendrée de l'abomination : mais tu en es la première cause, et quaud même tu no te montrerois pas encore sous cette parure , el avec une telle sagesse , cependant l'instigateur est toujours devant toi , et tu es la racbie de tous les péchés.
5i. Quand même tu prierois, ton habit n'est pas. net > il est souillé par de vraies calomnies , par l'usure , la cupidité , l'arrogance , l'impudicilé , U luxure , la colère, la jalousie, le vol. Tu es meurtrier , envieux , méchant. Tu cries à Dieu qu'il doit t'écouler , et tu ne veux pas cependant ôter ce vêtement. Crois-tu qu'un semblable prévaricateur entre dans Dieu ; que Dieu laisse entrer en soi uu si grossier démon ? Ta base affective est dans la figure d'ua serpent, ou d'un loup, ou d'un lion, d'un dragon, ou d'un crapaud ; et quand tu te pavannes si élégamment paré , c'est beaucoup, si tu n'es qu'un subtil renard. Telle qu'est la source et la volonté de ton cœur , telle est aussi ta figurej et ton ame a, une semblable forme, Crois«.-lu qu'une tçUe bête sera introduite par toi dans le royaume de Dieu ?
5a. pu e&{ ton image selon Dieu ? n'en as-tu pas^ fait un horrible reptile , et un animal? Oh! tu n'appartiendras point au royaume de Dieu, que tu ne fois dégénéré , de façon que ton ame brille dans l'image dç Dieu ; cai- alors 1^ miséricorde de Dicm
CH. 19; { 121 J
estsurtoi, et les souffrances de Jésus-Christ Couvrent tous tes péchés.
53. Mais si tu persistes dans fa forme bestiale jusqu'à la fin , que tu t'en tiennes là , et que tu doiyies de bonnes paroles à Dieu, pour qu'il prenne ta bête dans le ciel , tandis que cependant il n'y a aucm^e foi en toi , mais que ta foi n'est qu'une counoissance historique de Dieu , comme le démon lo oonnoît bien aussi historiquement 5 alors tu n'es pas lié à l'alliance de Jésus-Christj ton ame demeure un ver et une bête ; elle ne porte point l'image di* vine , et lorsqu'elle se sépare du corps , elle de-* meure dans l'éternel purgatoire, et n'atteint jamaîat les portes du brisement,
Im sévère porte du purgatoire.
54. L'entendement se dit : Une ame ne peut-elle donc pas être délivrée du purgatoire par la prière des hommes? C'est par^là que le démon a introduit bien des facéties, et son règne repose là-dessus. Mais je t'exposerai le but; il est parfaitemen!^ connu dans la lumière de la nature.
55. La prière des hommes sert, en tant que l'ame est attachée au fil de la régénération , et n'est pas euticrement un ver ou une bête , en sorte qu'elle puisse par le désir pénétrer dans Dieu ; et si ce sont de vrais chrétiens qui soient sincèrement dans J^ régénération, el que leur esprit d'ame , dans leur amour ardent pour les pauvres âmes , et en unioa avec elles sollicite Dieu , dans le fil de l'alliance des pauvres ^es ; alors ^ ca effet , ili aidem les
2 I
( 122 ) Cil. 19"
pauvres âmes prisonnières à combattre , et à rompre les chaînes du démon.
56. Sur-tout si cela se fait avant la séparation des pauvres âmes d'avec le corps , et particulièrement par l'organe des parens oudesenfans, ou des frireset sœurs, ou des cousins -, car en ceux là leur teinture inqualifu, comme étant engendrés d'un m^me bang, et leur esprit se livre plus volontiers à ce grand combat ; ils triomphent aussi plutôt et plus puissamment qu'un étranger , pourvu qu'ils soient dans la régénération; mais, sans cette condition, cela ne sert de rien , aucun démon n'en détruit ua
autre.
57. Mais si l'ame du mort est entièrement détachée de l'alliance de Jésus-Christ , et n'atteint pas seulement le fil par ses propres efforts , la prière de ceux qui l'environnent ne lui sert de rien : toutefois il en est pour elles , comme Christ dit à ses 70 disciples (Math. 10 : 12 ) , qu'il envoya sn mUsion .• Quand pous entrez dans une maison , saluez ceux qu% y sont. S'il se trouve un ami de la paix dans cette maison, i^^otre salut de paix reposera sur lui ; sinon, votre salut de paix reviendra sur vous. Ainsi votre cordial vœu d'amour , et votre empressement sincère auprès de Dieu reviendra sur le croyant , qui s'est ainsi cordialement intéressé à l'ame de ses
amis.
58. Quant à ce qui tient aux inventions sacerdotales au sujet des célébrations pour les aines; tout ce qui se fait sans dévotion , sans une cordiale instance auprès de Dieu, et pour de l'argent , cela est cntièCff. 19. ( 123 )
renient faux , et demeure dans Babel ; cela sert peu n l'nme , ou point du tout ; il faut absolument qu'il y ait un violent Combat avec le démon ; il faut que tu sois armé, car tu entres en combat avec un souverain : prends garde à n'être pas vaincu toi-même dans ton impur vêtement.
59. Je ne dis pas qu'un vrai fidèle dans la nouvelle naissance , ne puisse par son vaillant combat , venir au secours d'une aine qui se débat dans les portes de la profondeur, entre le ciel et l'enfer; mais il faut qu'il soit fortement armé ; car il a à faire avec un prince et un potentat ; auli-ement il pourroit devenir son jouet , comme cela arrive certainement quand un pontife avec son habit blanc et éclatant, vient plein de passion, entre le ciel et l'enfer , et veut combattre avec le démon.
60. O î écoute , pontife ; ici l'argent et le bien ne font rien ; et même que sert ici une sanctificatiou provenue de l'élection humaine ? II y a un précieux champion qui assiste auprès de la pauvre ame: si elle ne remporte pas la victoire en lui , ce que tu fais est inutile pour elle. Tu prends de l'argent , et tu emploies des prières et des cérémonies pour toutes les âmes y soit qu'elles soient dans le ciel ou dans l'enfer; tu ne t'informes pas de cela; aussi n'en es-tu pas certain : cela maiiquaut, tu en imposes perpétuellement à la divinité.
61. Maisquantàcelte ame, sur laquelle j'expose ici une si subtile connoijisance relativement à son état après la séparation du corps , cela est très varié ^ le tout selon qu'elle a combattu. Si elle a marché ici bas
dans ce corps , dans la nouvelle naissance , et si elle s'estprécipilée elle-même avec son noble délenseur, au travers des portes de la profondeur , vers Dieu, do façon qu'elle ait obtenu la couronne de la haute sapience , de la part de la noble sagesse ou de la belle vierge SOPHIE , alors elle a une grande lumière et de grandes connoissances qui s'étendent même audessus du ciel ; car elle est dans le sein de la vierge SOPHIE , par le moyen de laquelle les éternelles merveilles de Dieu sont manifestées; aussi a-t-elle une grande joie et une grande splendeur supérieure à celle du ciel des élémens : car l'éclat de la trinité sainte brille en elle , et la glorifie.
63. Mais que toute autre amedoi ve se promettre une sublime connoissance, si , à peine, et avec de grandes misères , elle est à la fin délivrée des liens du démon ; si dans ce monde elle ne s'est point préoccupée de la sagesse divine , mais s'est portée vers la volupté ; si dans ce monde elle n'a jamais été une seule fois couronnée par l'esprit saint : cela ne se peut. Le Christ ne dit-il pas lui-même : Les enfans de ce monde sont plus prudens dans leur espèce que les enfans de lumière.
63. Lorsque l'ame est délivrée du lien du démon, elle vit dans la douceur et dans une grande humilité , dans la paix de l'élémeiil ,sans manifester des opérations ; elle ne donne aucuns signes de merveilles ; mais elle s'humilie devant Pieu. Toutefois, avec le précieux défenseur , il est jossible aux âmes d'opérer des merveilles ; car elles ont de grandes connoissances et une grande puissance.
CH. 19. ( Xft5 )
quoiqu'elles paroîssent toutes Mans un humble amour devant la face de Dieu , et il n'y a entre elles aucune jalousie.
Xa vtaiê porte de Ventrée dans le ciel ou dans P enfer i
64. La raison cherche toujours le paradis d'où elle est sortie, et dit : Où est donc le lieu de repos des pauvres âmes ? où vont-elles quand elles se séparent du corps? s'en vont - elles bien loin, ou restent- elles ici bns?
65. Il est vrai que nous pouvons difficilement être entendus dans notre haute connoissance sur ce point : car si une ame veut considérer ceci , il faut qu'elle entre dans la nouvelle naissance , autrement elle reste derrière le voile , et demande toujours: Ouest le lieu?
66. Cependant nous voulons l'exposer pour le tems des roses et des lys , où l'esprit saint dans les merveilles , ouvrira plusieurs portes , ce que l'on regarde encore comme impossible ; et dans ce monde personne n'est dans les mesures , mais ils sont sous le pouvoir de Babel.
67. Si donc nous voulons ainsi traiter de cette chère patrie,d'où nous sommes extralignés en Adam, et si nous voulons parler de la maison de repos des âmes , nous n'avons pas besoin de transporter bien loin notre pensée : car en Dieu ce qui est loin et près est toute une même chose. Par-tout est le lieu de la trinité sainte ; par-tout dans ce monde est le ciel et l'enfer j et Vfiomme C^ri*/ demeure par-tout j
( 126 ) CH- ï9
car il a cléposé ce qui est corruptible ; il a englouti la mort et le temporel, et il vit dansDieu. Son corps est l'essence de l'élément , qui est engendré éternellenïent des portes de l'abîme , de la parole de la miséricorde ; il est la joie dans laquelle la pénétrante activité de Dieu brise les ténèbres , et dans laquelle l'éternelle puissance brille dans les merveilles ; il est la teinture de la divinité qui est devant Dieu , et de laquelle sont engendrées les i^er/tf* des cieux. Le nom enest admirable -, la langue terrestre ne le proïionce point.
68. C'est de là que le corps d'Adam avoit aussi été créé i et le monde entier a été fait de l'écoulement de l'élément. Or, cette porte est par-tout , de façon que le plus intérieur est aussi le plus extérieur ; mais le plus central est le royaume de Dieu. Le monde extérieur est suspendu au plus extérieur, et n'est cependant pas le plus extérieur -, mais l'abîme de l'enfer est le plus extérieur : aucun ne saisit l'autre , et ils sont cependant l'un dans l'autre, et l'un n'est pas vu dans l'autre , mais la source se
fait sentir.
69. Nous sentons bien dans ce monde la puissance du ciel dans toutes choses, et nous sentons aussi la puissance de l'enfer en toutes choses , et cependant aucune chose n'est comprimée par celle qui n'est pas engendrée de la même source,
70. L'ame de l'homme est engendrée des portes du brisement ^ de l'extérieur dans l'intérieur, et est passée de l'intérieur dans l'extérieur , lors de l'extra-généralion de l'intérieur , et elle doit rentrer d«
h »
en. 19. ( ,27 )
nouveau dans l'intérieur. Si elle demeure dans Textérieur , alors elle est dans l'enfer , dans le grand et profond espace sans bords , où la source s'en* gendre selon l'intérieur, et sort en soi-même dans l'extérieur.
71. Dans lebrisemene^ la source de l'extérieur dans l'intérieur, est la qualité acérée ou aiguë du royaume du ciel , et la toute puissance dominant sur l'extérieur. L'extérieur est l'éternel lien ; l'intérieur est l'éternelle puissance et l'éternelle lumière 51] ne peut pas passer. Ainsi Dieu est tout en tous , et cependant rien ne le saisit , ni le retient , et il n'est renfermé en rien.
72. C'est pourquoi l'ame n'a pas besoin de se porter à aucune distance, quand elle se sépare du corps. Dans la place où le corps meurt , là est le ciel et l'enfer. Dieu et le démon sont là, mais chacun dans son règne. Le paradis est aussi là ; et l'ame n'a seulement qu'à entrer par les profondes portes dans le centre. Si elle est sainte ,elle demeure dans les portes du ciel 5 le corps terrestre n'avoit fait autre chose que la retenir hors du ciel : lorsqu'il se brise , elle est bientôt dans le ciel ; elle n'a besoin d'aucuneentrée ni sortie 5 le Christ la tient dans ses bras. Car , là où se brisent les quatre élémens, là demeure leur racine, c'est-à<lire , l'élément saint : en lui est le corps du Christ , ainsi que le paradis qui est dans la source de joie ascendante, et l'élément est la douce et paisible demeure.
73. Onpeutdireaussiqu'ilenestde mêmedesdam- «lés. Lorsque le corps se brise , l'ame n'a besoin
(L
fl
d'aucun départ , nî de se porter à une gande distance ; elle demeure dans l'extérieur , hors des quatre élémens , dans les ténèbres et dans la source anfeoisseiise. Sa source nVst qu'après la lumière , et son ascension est sa propre inimitié ; elle s'élève ainsi toujours au-dessus des trônes de la divinité , et ne les trouve pas dans louie Téternité ; mais elle vo^rage dans son orgueil au-dessus des trônes, dans son propre miroir , avec la forte puissance de la co1ère : ce dont tu trouveras une ample description, là où nous parlerons du jugement dernier.
( 119)
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CHAPITRE VINGTIEME.
.0 De la sortie d'Adam et d'Eve du paradis et de leur entrée dans ce monde. *
''k'ÏJe'r"' '"" *^'""""' ''^'«^ -' 5». De l'église antichrétienne Caïnique.
"5 nous ne puissions attendri» rï« 1» christ et de ses n^hA **"enare de l'ante-.
e. danger ^^Td t ^/e 17 1" ' ''''''^'^ -uveur Chrù. nous foHifie. clrJL2V°''"
aperçu se préseu.e ici à nous dans dl ! ? ' ''" veille? r'.c. ^ . "® grandes nier11^ """^ * *"^'5 regarder
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( l50 ) CH. 20.
Tavenir comme étant au-dessus de toutes les considérations.
2. Aussi notre écrit servira dans son lems , quand le lys produira ses roses. Car dans cet écrit il y a plusieurs nobles roses , qui ne peuvent pas encore être reconnues à cause des grandes ténèbres qui sont dans Babel 5 mais il j a un tems oui il sera saisi dans son vrai esprit.
3. Si nous dévoilons ici Tantecbrist , le démon soutenu de sa bête nous résistera puissamment ; il criera contre mous comme si nous voulions exciter des tumultes et des révoltes ; toutefois cela n*est pas vrai. Vois, seulement , avec attention , ce qu'est un chrétien ; il est étranger au tumulte et a la discorde. Car il est comme une brebis au milieu des loups 5 et il doit rester dans la forme et l'affection d'une brebis , et non dans celles d'un loup.
4. Cela n'empêche pas que l'esprit de Dieu n'en arme plusieurs dans le zèle, et dans la grande puissance du père dans la colèrô , ainsi que cela se voit dans Elie, Là quelquefois l'épée de la colère de Dieu est donnée à un ange pour égorger , par Elie , les prêtres de Baal dans Babel. Là Moise brise les tables de la loi , et l'épée marche contre les péchés des adorateurs du veau ; ce n'est ni Moïse ni Elie qui font ces choses ; mais la colère du feu de Dieu par Elie , sur la montagne.
5. Or donc , lorsque Dieu prononça à Adam et à Eve leur sentence ; qu'il leur annonça leurs souffrances terrestres , leurs fatigues , les soins et la pesante charge qu'ils auroreut à supporter 3 qu'il les
constitua mari et femme ;qu'illes Ha par les dPt. ^ • du mariage pour s'attacher l'un à J'au^ ' "^
-1 corps, pour s'ai.er et se Zj^^:""^, l'autre comme un corn* x'^ v/ j *^*^""r i un et
éloieo. de bou. e. avoieu. homëÏ V '^'"""^' ' "' 'eur i„fa..e, ainsi ,„e InZZ^Tl^
xrr4rj::rT "^ '^ ^^^
Ls.Ll V ^ extérieur , ils avoient le procédé
tesnal de commun avec tous les ê.res animauriU
-ornais e pe^X^irier^tr^ 6. Alors le seigneur Dieu leur fît, nar IV.nri. a
monde , des hah,»c a^ . ^ ^"^ ^® ^^
c, aes ùaoïts de peaux de bétes *.* ]«
revêt t par l'esnri» A^ Z j ' ^^^ ««
qu'ils apprisse». con.„.en. ils d To L "Th "'^ e. ouvrir les „.erveilles dans IwT « ' H e. se revélir de merveilles. ""'"'^^ »
7. Ou voi. même ici , comment l'homme A •nonde, n'est point chez lui, mas a„T ' "
comme un convive étranger "1 ^ '" '''"" •;'i.abit , ainsi ,ue le tonZsZZJX:^'^ «ia-s ce monde sont chez elles. SaÏ i ft .' """..î emprunte son habit de* r^nfc. ■7^"/' *''"' q"'t
^'-ns . et .1 doit se t v^td w. ':;;: :l'"
«er , Qu'il n'a nnin» . ^ vêtement étrana ^ n! ^ ^ '"'""^«- D«°s <=ette parure
W se pavanne comme uiie ma,;^- •• . '^
«uie mauée ijjsensée jils'iœacîne aîn.i être beau -, cet habit , cependant , n'est rindré que par l'esprit de ce .nonde qui le reprend da^son Ls'et le brise; il ne le lui prête que pour un lenis , et ensuite il le détruit.
8 Cell arrive par la raison que l'espnt de ce ■Jndecbercbe toujours lauoble vierge de la sagesse deDiou ou so.HtK. Usait qu'elleest dans l'homme, ce qu. fait que l'homme doit chercher et mettre en lumière les grandes merveilles qui sont «» "'• j" "" prU d. ce inonde croit toujours que , par 1 homme, «va apporter à la lumière '^ ""ble '«j"'"--- ' ^'l" que le paradis paroisse, et qu'U so.t déhvré de la
vanité terrestre. • , ,„
q. Car le saint élément manifeste tou,ours , au Jvers desquatre élémens, son désir d'être dé vr de la vanité des quatre élémens , a.ns. que de / .» ^^ification des colériques étoiles ; c'est pourquoi l pousse l'homme àchercherdans ces --- '-- vo^es , afin que les éternelles merveilles de Dieu Lien, manifestes , lesquelles manifestations, lors de la brisure du monde , resteront toutes en ombre
'^::!cesT;ur cela que tons les ar.se. toutesles J! tries so^t manifestées de Dieu dans l'homme 1 l'esprit astral de ce monde, afin que cela bril e Z merveilles. L'objet pour lequel Dieu a créé ^mlde, c'est afin que ses merveilles se dévoiUsïnt ; et Pieu a permis que l'homme entra, dans Sri. de ce monde, afin ..«.iU'eu servi, pour «anifesler les merveilles divii.es. - X,. Toutefois il «e veut pas qu'il abuse de ce
CIT. 20. ( ,33 )
monde, mais qu'il rentre decemondeen lui (Dieu). Il veut que là où il es. , l'homme jr soit. C'est pourquoi il montra aussitôt à Adam et à Eve leur forme monstrueuse, avec l'habit debéle, dont il lesavoit revêtus par l'esprit du grand monde. Si Adam fût resté dans le paradis, il auroit connu également le» merveilles, et les auroit encore mieux manifestées, car elles auroienl été plus voisines de la forme angéiique , et nous n'aurions pas vu parmi les hommes lous les désordres el tous les maléfices dont nous sommes environnés,
12. Mais l'esprit de la colère dans l'éternellô source vouloit aussi être manifesté, et développer ses merveilles; ce dont il ne faut pas écrire beaucoup, car c'est un mystère qu'il ne nous appartient pas d'ouvrir, quoique nous le connoissions : il est réservé au lems du Ijs, lems où la rose fleurira; alors les épines dans Babel ne nous piqueront pas. ,
i3. Lorsque les chaînes de l'instigateur seront rompues, et que le buisson d'épines brûlera, on marchera alors avec plus de sûreté à la clarté de ces épines incendiées : c'est alors que ce mystère pourra bien êlre en lumière 5 car il est grand et admirable, el il atteint aux portes de Dieu le père. 14. La branche de rose dans les merveilles est bien connue de nous, mais la Babel n'en est pas «ligne, elle ne cherche que les épines , et elle veut piquer. C'est pourquoi nous ne voulons fournir aucun moyen à l'instigateur , mais plutôt laisser subsister ce mystère pour les eafans dans lea^.
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( i54 ) «r- ^^^
ft)ses de Ijs; ils sontprudens, et leur noble teinture est brillante de lumière ; Védat de l'instigateur ne sera plus si prisé, car les convives de ce mondo le tiendron t sous leur puissance.
i5. Ta monture orgueilleuse , toi honteuse prostituée, ne voyagera plus avec une humilité affectée; on ne dira plus dans ce tems-là : La puissance gti dans Ver et l'argent. Ces métaux deviendront une fleur dans la lumière, et la teinture est dans la feuille du lys -, les pierres ne seront plus aussi précieuses ; le vêtement de la sophie est plus beau que ton orgueil, cependant la parure de ce monde orne la modestie , et la crainte de Dieu , si le cœur est humble i c'est alors que tes habits de soie et d'or te parent. Or , si tu te montres dans les merveilles de Dieu , et que tu sois chaste, qui est-ce qui t'appelera une femme fausse? N'exisles-tu pas pour l'honneur du grand Dieu? n'es-lu pas l'œuvre d^ 6ts merveilles ? s'il y a comme une aimable gaîté réimndue sur toi , qui pourra dire que tu es une femme colérique ? ta face modeste brillera au-dessus des montagnes et des vallées-, et cependant tu n'es pas à la fin du monde , où ton éclat brillera dans le paradis. Mais pourquoi ta mère est-elle dans Babel? pourquoi est-elle si méchante? O toi, honteuse prostituée, sors , car Babel est enflamme, ou bien tu seras toi-même consumée.
i6. Peut-être crois-tu que nous sommes insensés? Si nos yeux ne te voyoient point , nous saurions hien garder le silence. Tu te vantes encore d'un âge ^*ox^ d'après tes flatteurs ; mais la plupart sont de<
ioups daos Babel. Lorsque le jour paroîtra, ,7. «eron, reconnus. Il fau, bien que je .e le dise ,.0 folle prosn,uée. Vois, lorsqu'Adam e, Eve ^I 1 . renjdu paradis dans l'espri.de ce monde, 7J1 alors 1 .„age de Dieu dans l'espri, de ce monde "u pouvons che.cher,ous les m^s.ères, e. les emp o^ r a^on ornemen.. Si ,u n'avois fai, que marclferL ve.ue de pourprée, de soie, ,u n'aurois pas offensé
Pénétrer dans les merveilles du grand Dieu, pour « gloire. Pourquoi as-tu abandouné l'amour, et es-,u devenu uu meurtrier? La cupidité ne fut-elle pas ton péché , par lequel tu ne rhérissois pas tant les membres de ton corps ou tes frères , ^ue toimeme?Tu voulois seul être beau; tavoiedevoit seule être réputét sainte.
17- Pourquoi j, eut-il un fratricide entre Abel et Ca.n? Le propre honneur orgueilleux égara Gain, de façon qu'il voyoit de mauvais «il la piété d'Abel pour laquelle il étoi. chéri de Dieu. Pourquoi Ca^i n éloit-il pas également humble et pieux ?
18. Diras-tu que le détnon l'avoi, trompé ? Cela est vrat : il ,e trompe aussi , pour que tu »e vote» pas d uu bon œil les mérites e, les avantages dans le, autres hommes. Dieu t'a-,-il donc mis dans un rang plus élevé que le leur? u'es-tu pas l'enfan, d'Eve ? Mon cher, dis-,„oi la vérité, n'es-tu pas plutôt lantechnst, qui, sous un voile, es monté sur le courster du démon ? Il me semble que je te vois. Acoute : lorsque tu es venu du paradis en ce monde pourquoi u'es-tu psts resté dans ton vrai amour ^
CW. 20Î
( i36 )
pourquoi ne t'es-tu pas réjoui dans ton prochain? pourquoi n'aimes-tu pas les membres de ton corps ? pourquoi ne pares-tu pas ton frère avec tes ornemens ? n'a-t-il pas été présent a ta vue ? La terre n'étoit-elle pas ta propritit' ? ne pouvois-tu pas faire, en cela, ce que tu aurois voulu ? qui est-ce qui t'en empt choit ? pourquoi ne vivois-tu pas avec ton frère? tu en aurois eu toujours assez , tu n'aurois jamais manqué de rien. Si ton humilité envers ton frère s'éloit soutenue, la sienne envers loi se seroit soutenue aussi. Quelles grandes délices il y auroit eu sur la terre ! qu'aurois-tu eu besoin de monnoic d'or et d'argent si l'unité avoil continué? et alors combien n'aurois-tu pas pu te procurer de gloire et d'honneurs !
19. Si lu avois paré ton frère ou ta sœur , ils t'auroient paré à leur tour avec leur obhgeant amour. Crois-tu que c'eût été un péché si tu t'étois couvert dor et de soie par égard pour ton frère , et pour le grand honneur de Dieu ?
20. O ! loi , aveugle Babel , je dois te le dire ,' combien n'es-lu pas ainsi devenue insensée ? tu l'es laissé obséder par la région des étoiles , et pervertir par l'effroyable démon; tu es devenue une parjure prostituée devant Dieu ? Tu as bâti sur la terre un xègne selon les étoiles ? Tu conduis ta région de la même manière qu'elles conduisent la leur. Si elles engendrent par les élémens, et qu'elles consument ensuite, tu en fais autant avec tes enfans. Tu les engendres, et ensuite tu l(;s massacres ; tu excites des guerres , et lu es uu meurtrier à causft
ta. ao. ( 137 )
de ton orgueil et de ta cupidité, de façon que sur ia terre tu n'as jamais assez de place.
ai.^Crois-tu que Dieu ait du plaisir en cela? A la vérité , l'esprit du grand monde se plaît Jà-dedans, et par le même esprit l'âpre colère de Dieu , puisquils inqualifient Pun avec l'autre, et qu'ils «ont d'une même racine.
22. Crois-lu que \^s prophètes ne parloient que du samt et joyeux amour de Dieu , et du cœur de Dieu quand ils disoient aux rois d'Israël : Entrez en combat , voua vaincrez ; Dieu voua donnera la victoire. Ils ont , en effet , parlé de Dieu , mais de sa colère contre les péchés , et par l'esprit du grand monde qui vouloit dévorer ce qu'il avoit fait , tellement que par-là , l'amour étoit éteint.
23. Ou bien , penses . tu que Dieu ait envoya Moïse , battre les rois des payens dans la terre promise, comme s'il eût voulu se procurer une grande joie dans ces meurtres ? Ne te livre point à cette idée , vois sous le voile de Moïse , tu trouveras des choses bien différentes.
24. Pourquoi Dieu a - t - il retenu quarante ans Israël dans le désert, et les a-t-il nourris avec le pain du ciel? C'est pour qu^ils devinssent "n peuple riche en amour 5 que l'un aimât l'autre, et qu'ils s'attachassent à Dieu dans un seul amour. C est pourquoi il promulgua leur loi , pour voir s'ils pourroient vivre dans l'amour du père ; alors il les auroit envoyés parmi les payens , ei il les auroient convertis par leurs prodiges , comme cela est amvé ^u tems des apôtres. Voyant qu'ils étoient nourris
( i38 ) cff. ^à,
du ciel , et que cLacun en avoit en suffisance , spit qu'il ramassât beaucoup ou peu , ils dévoient Teconnoître , par-là , que c'étoit le royauuie de I>ieu,etquMls lui appartenoient. Ils dévoient se défaire de leurs cupidités , et exercer sur la terre un amour frater»el entr'eux ; personne ne devoit s'occuper de sa cupidité , tant Dieu punit horriblement cette fausse affection.
25. Or, comme les payens apprirent que Dieu Touloit pour les punir , leur envoyer ce peuple qu'il avoit conduit par de grandes merveilles , et cela pour qu'il se convertît à Dieu , et qu'il passât de] la cupidité , dans un amour fraternel , e'est pourquoi Dieu , désirmnt qu^ila ae convertissent , leur donna un grand espace de tems , et un exemple dans Israël qui étoit nourri du eiel , afin qu'un peuple pût être pour l'autre un modèle et un signe ^ comme il y avoit un Dieu qui étoit tout puissant.
a6. Mais comme ils n'étoient que terrestres et méchans les uns et les autres , et qu'ils vivoient dans la colère du père , alors la colère et l'âpreté d« Dieu chercha à les dévorer, puisqu'ils l'allumoient sans cesse.
ay. C'est pourquoi il dit à Josué : Traversez le Jourdain et détruises ces peuples , et h* en laissez aucun parmi vous que vous n^ayez anathématisé» Lorsqu'il ordonna de tuer les payens , ce discours ne provint pas de son amour. De même aussi les prophètes n'ont point parlé par son amour, mais par sa colère que la méchanceté des hommes mvoit émue. Il parloit alors dans les prophètes >
ainsi qne dans Moïse, par l'esprit du grand «londe, dans le zèJe et la colère 5 souvent par le «eu , ou par d'autres moyens effrayans.
28 Pouvons nous dire maintenant que Dieu ait du plaisir à la colère et aux batailles ? Non , les prophètes se lamentoient souvent dans le samt-espnt de Dieu , de ce que ces méchans peuple, offensoient leur Dieu , lorsqu'ils l'irritoiVnt do façon qu ensuite sa colère s'élevoit jusqu'à dévorer, David d^ ( dans le 5. pseaume. v. 5 ) : tu n'es pas un Dieu qui veuille le mal.
29- Or si l'homme remue le péché, alors dant ce même /iomme la colère de Dieu est remuée ; autrement elle reposeroit, et si l'homme demeuroit humble , elle seroit alors changée en une grande joie , comme cela a été souvent exposé ci-dessus. Lors donc qu'elle brûle , c'est alors qu un peuple dévore l'autre , et qu'un péché détruit 1 autre. Si Israël avoit été pieur , ils n'auroient pa. eu besoin de guerres , mais ils se seroient introduite par les merveilles 5 ils auroient converti les peuples, et Moïse les auroit fait entrer dans la ..rr. pai ses prodiges. Mais comme ils étoient méchans , ils na pouvoientpointy entrer avec la clarté de Moïse, et les merveilles dans Péclat du père , pour con. vertir les payens j mais Moïse devoit rester dans le désert avec ses prodigesjtout ces peuples dévoient €tre dévorés dans la colère , et Josué devoit- entrer avec la guerre chez les payens , et les détruii-e : car une colère dévore l'autre. 3o. Là cependant Josué éloit une image et une si-
-.1
( Ï40 ) CH. 20,
îïilliludc , comme il falloit qu'Israël, qui ne pouvoit point resle;- dans la clarlé el dans Tamour dn père , fut conduit par un autre Josué ou J^sus , de la colère dans l'amour par le bri.setnent-dc son corps , et qu'il entrât dans la mort. Moïse devoil entrer par la mort dans la vie;, et conduire sa clarté par la mort dans la vie , ainsi qu'il parut avec Elie auprès du second Josué ou Jésus , sur la montagne du Tabor, dans la clarté du père, et signifia à ce Josué l'ordre du père , selon lequel ordre il devoit par sa mort et sa splendeur, introduire Israël dans la lene promise du paradis.
: 3i. Il n'y.avoil nul moyen que l'homme pût par sa propre puissance , entrer dans le paradis, quelque fortement quecelafûttenté;etparconséquentle malheureux homme prisonnier devoit rester ainsi dans ce monde , dans la fosse de mort du démon. C'est là désormais que le démon a bâti sa chapelle auprès de l'église chrétienne ; là il a entièrement détruit la joie du paradis^il a érigé en place la cupidité l'orgueil , l'entêtement , l'infidélité , la turbulence, les malicieux blasphèmes , le vol et le meurtre , qui s'élèvent contre le ciel el le paradis , el se sont formé un royaume , selon la colérique région des élodei, dans lequel ils dominent avec l'or et l'argent , et consomment la sueur l'un de l'autre. Celui qui le peut , renverse l'autre par terre 5 et quoiqu'il fuie devant lui, cependant il lance toujours sa langue fie drogon , et jète du feu sur lui ; il l'effraie avec sa redoutable voix , et le tourmente jour et nuit. 32. Que doit - ou donc maintenant dire de toi >
6 \ Caïn , croîs-f u que Dieu ne le voit pas , toi nionstrueuse béie ? Tu dois demeurer nu .annonce espnt dans les merveilles , afin que le néant de tes parures soit connu. Commentes-tu donc devenu'
am. oi Eventes enfans que tu as engendrés, ne sont-ds pas ton. provenus de ^es reins ? le plan de
Dieu avo.t.d donc été , q„e le mal obtint la'doj! - non ,„, ,, ,;,„ ,^^ ^^,., ^^^ ^^^^^^^ ^^ ^^^^^^^^ ^
àS U non , mais cela prou ieni du démon qui esi «nsu 1,„, ,^ la colère. Adam avoit été fa-t bon de 1 e .ncnr pur ; mais le désir du démon l'a trom!
L;i: ^^^" ^^'' '-' '''''' '^- '-P^'- cie^a ]es'l!i"r"'"^"^? " P-t pas être autrement;
îral M ! "^""^'"^^^-P-equelasouf!
rinC ^^'^^^"^^
de la art d df ' '" ^ ''^'^^'^"^ '' ^^ ^^'^ain ^e la part du démon et de ses adhérens : il consiste dans la justice et la vérité et il n». » '^^f^^^ste
r,-«« 1 1 ' '* " ^^^ compté pour
rien dans le monde ^ c'est pourquoi il faut S couche avec le pauvre Lazare devant la p n'ede l'homme riche et à ses nieds S'.i 1 • voir an'îl Ac* r V ^ ^ ï^i'sse apercevoir qu ,1 est enfant de Dieu , alors le démon se
n,et au-devant de lui , ou bien il Pexpose à ta t de dénsmns pour l'empêcher d'être connu , que L démo„ demeure seul un grand prince sur la 'erre de façon que le mondene connoît pasie vrairè^ne 3^. L autre règne est de l'autechrist marchant
( 14» ) C«. !•)
fièrement dans un éclat pompeux , et brillant de tout côlés. Chacun dit : Quel grand bonheur ! car il se pare le plus somptueusement , il établit son école sur les colines et sur les montagnes ; chacun le salue ; il attire à soi la teinture de la terre , de façoa qu'il est seul à briller ; il porte la disette dans le royaume du Christ 5 il dévore la sueur du malheureux et lui dit ; Tu es à moi , je suis Ion Dieu , je dispose de toi comme je veux. Tu es pour moi comme un chien à mes pieds ; si je ne veux pas de toi , je te chasse de ma maison ; il faut que tu fasses ce que je veux. Et le pauvre opprimé est forcé de dire : Oui , je suis ton misérable serviteur , épargne seulement ma vi».
36. Et comme ce monstre qui veut dévorer sa sueur , la presse et l'exprime jusqu'à le faire souffrir; alors le serviteur devient impatient envers son maître , il le maudit , il a recours au mensonge et à la fausseté pour pouvoir se décharger d'un fardeau si pesant.
37. Mais alors il trouve son maître assez injuste pour le frapper et lui ôter son pain de fausseté , qu'il cspéroit démanger sous un joug doux. Ce maître le bat outrageusement ; et ne lui laisse pas le tems de s'enfuir : ainsi il reste plein d'impatience soûs le joug pesant ; il gronde et murmure ; il cherche toutes sortes de fausses échappées pour alléger son joug , et pouvoir manger son pain en repos ; maii cela ne peut être ; l'instigateur est derrière lui , d lui prend son pain , et il le nourrit de douleurs en le tenant sous &od joug.
^- »* ( 143 )
38. Alors il ne s'occupe que defoutberiesef d» ru- pour subvenir à sasubsis.auce ; i, „.au" e o„ n.a..re en secrat ; il dérobe adroitement le pain Zl autres n.alheureu«: alors le »aî,„, trouve'" .ou. «st bien ; il ne demande plus ri«n « ■ ^ -an. le serviteur ne Jl e X^Tslrt que ce. anima. don.es,i,ue demeure sous sÎ 'jur
39. A ns. le maître qui es. injuste e.faux,fai "ut .on servteur est aussi injus.e e. faux, tandi aùeZ avo., mangé son pain en .oie sous „; joug éler ne^s.r.. pas ainsi maudissant , e. Je /la Ëj^
40. Maisquedirons-nousde l'esprit dece monde? N es-.u pas écla.an, de gloire ? ne .'es-,u Z7eL
paréde,ou,?„',s-,u pas possédé la .erre en HL,r comme D.eu .e l'a donnée ? ne fais-.u pas u^Z?
Tu pun. les méchans,e.,u veilles aLd, •u 1 ennemi se mon,r« 5 ,„ défends ton pavs • oai
jesune umi.repo„r.'ave.,g.e, e. tJ^eZZl ^es ms..,uteurs qui le portent à la patience ïe royaume es. à toi en effe., ,„ l'a, ache.é ! "f; «si . à la vériKî »„., ■ ""-neie , le pauvre
«ailquer ' '°''^^"'"-^' -la ne peu. pa,
41. Mais la réponse divine me di, dans la lumière «Je la nature .- Vois d'où ,u es poussé • es. .. Qui t'flî «Ia«»z 0 » F""î>se , est-ce moi
c es. a ors au'il t'a ni-. m^ n oesert ,
aierand? « ^ plan.é. Comment es-.u devenu
•g and? qu. estK=e qui .'a donné puissance , ,oi arbre sauvage . que mon amour n'a seulemen il «- approché? X« «'as que d. branches sa" ^ "
rt
( 144 ) ®^* **
et ton fruît est sauvage. Crois-tu cpie mon ame désire tes mets? Je ne mange point de ton fruit ; je suis le seul fort , et le règne est à moi ; celui qui se place sous mes ailes , je le prolège , et le garantis , aucune tempête ne le touchera. D'ailleurs le pays est à moi : j'ai bien voulu te l'abandonner , pouf l'en servir dans un amour unanime , et je vous ai engendrés tous d'une seule racine , afin que vous fussiez également uus , que vous vous aimassie* les uns les autres , et que vous vous prévinssiez mutuellement dans un chaste amour,
42. D'où es-tndonc devenue si grande et si forte, toi, bête sauvage? ne t'es^lu pas promenée dans mon jardin de roses ? n'y as-tu pas établi ton ht? Où sont tes frères et tes sœurs? pourquoi sont-ils couchés à tes pieds? pourquoi sont-ils si maigres , et que toi seule as tant d'embonpoint ? Apres avoir dévoré mes branches , n'as - tu pas engendré déjeunes loups, qui mangeront aussi ton bétail ? Toi , qui n'es qu'une bêle sauvage , avec tes petits, te dois-je donc souffrir dans mon jardin de roses? où est le noble fruit que j'avois semé? n'en as-tu pas fait de pures branches sauvages ? ou dois-je donc chercher le produit et le fruit de mon îardin de roses? Mon ame voudroil bien cependant inanger du bon fruit ; mais tu les as foulés aux pieds , et tu es devenue une caverne de meurtriers. 43. En outre, j'entends de grands hurlemenset des lamentations ; tous tes serviteurs crient : 3/a/- heur à toi ! parce que tu les molestes. Bien plus , tu as dédaigné ma noble semence, et lu ne l'as point
^^' 20. ( i45 )
semée, mais bienia semence sauvage, et cela pour satisfaire ta honteuse débauche , et pour alimente
on orgueil Vois , je t'ai vomicontre Babel, dans la n-oideur de ma colère, et là , je te congèlerai Te mettrai ma branche de lys dans mon jardin de roVe
ame , et desquels mon Adam malade doit manger pTaïï. "'"''" '" '^^^^^ ' ^^^"'^^ -^--ê- son
De re.puhion cT^dam et d^E.e hors du paradis du
jardin d'Eden,
44. I-o^q"" Dieu eut ainsi pourvu Adam e. Eve dua Labadebê.e, en sor.e qu'ils couvrirent leur l-onle , et purent se préserver du froid, il les fit .or..r du ,ardia, et devant ce jardin il' posa „^ chérub.n avec une épée nue et tranchante, pouî garderie chemin de l'arbre de vie 5 et c'es alors que l'homme dut labourer la .erre. Quant à nouT ^uvres enlans d'Adam et d'Eve , notre entende-' ment est tellement déchu, que, dans notre der- «■er âge nous atteignons à peine définitivement q..e que claru sur la lamentable chute d'Adam « d Eve,cequecependant nous devrions chercher très profondement dans lecentrede la lumière de la vie • carilestelonnantqueMoisedise : OUua^oU placé ù oh.ruUn devant U jardin . pour défendre le ckemin de l arbre de la .ie. Qui est-ce qui comprendroi. cela, si iJ'eu ne nous ouvroit les jeux ? On diroit que nous "• 10
( 146 ) <*■ *"'
parlons tout uniment d'un gardien avec une épée , et la raison ne voit pas autre chose.
45. Mais la noble vierge Sophie nous indique la porte, et comment nous devons entrer dans le paradis au travers de l'épée aiguë. Or l'épée sépare le corps terrestre de l'élément saint ; ainsi le nouvel tomme peut entrer dans le paradis par le chemin de la vie ; et l'épée n'est autre chose que le règne ou la porte de l'âpreté dans la colère de Dieu; là , l'homme doit pénétrer au travers de la mort colérique , par le centre , dans le second principe , dans le paradis du saint élément devant Dieu ; et c'est la que la mort colérique sépare le corps terrestre ou les quatre élémens d'avec l'élément saint.
46. Le gardien du jardin est le chérubin qui rompt la source des étoiles , laquelle source soutient les quatre élémens pendant un tems , et ensuite se brise : c'est par le moyen de sa quahié «mère et acérée qu'elle se sépare de l'ame, et qu'elle s'anéantit , et se consume , ainsi que son épée. Le gardien est ici dans le chemin , pour que nous ne puissions pas atteindre à l'arbre de l'é teraelle vie ; il est an milieu, et ne nous laisse point entrer dans le paradis. Le jardin gonflé d'Eden est notre chair terrestre, laquelle est comme la palissade devant le jardin.
.47. Si maintenant quelqu'un veut entrer dans le îardin , il faut qu'il pénètre par l'épée de la mort. Quoique le Christ ail brisé l'épée de façon qu aujourd'hui , par notre ame , nous puissions pénélret
plus aisément; cependant il jr a une épée devant • car celui qui trouve la voie, l'épée ne le blessa pas beaucoup, comme élan, émoussée et courbée -si seulement l'ame entre dans la por.e dans le centra, e^^e es. bientôt secourue par le noble défenseuj Chris attendu qu'il a reçu l'épée dans sa maTn Il es. l'agneau égorgé de la maison d'Israël ( Apo-" calipsede Jean,chap.3 e,5), quia pris le ifvre du Vnncipe s.able.de la main de l'ancien , assi! M^son siège avec les vingt-quatre vieillards , equel ^'gneau avo.t les sept sceaux des sept espri s dl la génera,«,n de Dieu , et ouvrit les sceau J Alors ,! vieillards se prosternèrent devant lui , iU adorèrent lagneau égorgé, e. donnèren. louange e. honneur à celui qui e,o.. sur le .rône, de ce que le héros de a maison d Israël avoi. vaincu. Les sep. cliandehersdor sont son humanité, les sept étoiles sont sa divinité , conformément à ce que la géuéra.ioa divine consis.e en soi en sep. formes , ainsi que cela es. exposé dans le commencemen. de ce livre dans les qua.re prenyers chapi.res. '
48- Ainsi Moïse a un voile devant lesjeux. Veuxtu le regarder en face ? Il ne faut que prendre Christ pour ton héros , afin qu'il lui Ole son voile: alors tu verra, que Moïse n'avoi. point de cornes mais quil éto.t un agneau humble, lié for.emen.àla monde Christ, et que son voile a été le livre fermé de façon que nous ne pouvions pas nous rétablir, jusqu'à ce que le héros vin. e. rompît ses *ep, sceaux par son en.rée dans la mor.. Alors le voile fu. oté, et dans le Uvre se trouva le Saint- ^
( 184 ) ^"- ^°
Evangile du royaume de Dieu , que nous a laissé lo très précieux conquérant Jésus-Chrisf.
49. Or donc, lorsqu'Adam et Eve sortirent du jardin , ils vécurent ensemble , comme font encore les gens mariés , et voulurent essayer , dans leur bestiale condition , quelles merveilles pourroient toutefois provenir d'euxicar l'esprit du grand monde les avoit alors bien instruits dans leur raison dç ee
çiu'ils dévoient faire.
50. Adam connut sa femme Eve ; elle devint enceinte , elle engendra un fils , et le nomma Caïn ; car elle dit : J'ai Vhomme^ qui est le souverain. Ces paroles scellées sont ceci : Moïse écrit qu'elle a dit qu'elle a l'homme, qui est le souverain. Or le grand inonde dit : J'ai le souverain de ce monde. Eve ne dit autre chose que ce que les apôtres pensoient: Que le Christ élabliroit un règne temporel. Eve le pensa de même j savoir : que son fils , en valeureux chevalier, devoit briser la tête au démon , et établir lin règne de souveraineté ; c'est de-là qu'ensuite est résultée une double intelligence , et une doubla église, l'une delà miséricorde de Dieu , et l'autre de la puissance personnelle. C'est pourquoi Caïn ne pouvoit supporter son frère , puisqu'Abel s'appuyoit sur la miséricorde de Dieu , et Caïn sur sa propre puissance. Il pensoit qu'il étoil le souveraiu de tout l'Univers , selon que sa mère l'en avoit instruit. Ainsi il vouloit, dans sa propre puissance , briser la téie du serpent , comme un homme d« guerre, et il commença par son frère Abel ; car sa foi n'éloit point appuyée sur Dieu, mais sur sa
CH. 20. ( 14^ j
qualité d'homme : et ici , pour la première fois , te serpent piqua le briseur de serpent au talon.
La porte des mystères,
5r. La raison dit : Comment a-t-il pu arriver que le premier homme engendré de la femme fût un méchant meurtrier? Vois, toi, monde impudique, viletproslilué, tu trouves ici un miroir, regarde ce que tu es. Ici de grands mystères se présentent de rechef à nous très visiblement , étant faciles à reconnoître dans la lumière de la nature; car Adam et Eve étoient entrés dans l'esprit de ce monde. La colérique région des étoiles, ainsi que Vimjualification du démon les avoit possédés ; ef quoiqu'ils se tinssent alors un peu attachés à la promesse du briseur de serpent , et à Dieu , cependant leur vrai attract et leur vrai amour envers Dieu éloitbien aflfoibli. Au contraire l'altract et le désir de ce monde étoient allumés en eux; en outre ils reçurent de la région des étoiles un penchant bestial l'un pour l'autre, de façon que par -là leur teinture devint un colérique attract animal ; car ils ii'avoient d'autre;loi que la lumière de la nature qu'ils avoieut précipitée avec eux, et ils s'enflammèrent dans leur ardeur : d'ailleurs le démon ne manqua pas de les seconder.
52. Enfin lorsqu'Eve devint enceinte , sa teinture devint fausse et terrestre; car, dans sou amour, son esprit ne regarda pas vers Dieu avec une enlitre fidélité : alors la sagesse de Dieu resta cachée
Ix^
dans le centre de la lumière de sa vie. Eve ne s'unit pas là par l'amour et la confiance , mais bien plu» par Taltrail de co monde ; elle se persuada que si quelque chose devoil être, c'étoit à elle à l'opérer ; et comme sa confi^ance n'étoit point en Dieu , Dieu aussi ne fut point en elle, mais il demeura dans son centre , et la colère commença à sourcer.
53. C'est ici le sens de ce que Christ dit : Qu'un mauvais arbre porte dct mauvais fruits. Aussi d'uue mauvaise teinture croît une racine colérique et mauvaise, et ensuite un arbre pareil avec de [pareils fruits. Il en fut de même alors : telle que fut leur teinture dans la copulation , tel fut le fils qu'ils engendrèrent ; car l'esprit de la vie s'engendre des
essences.
54. Puisqu' Adam étoit passé du paradis dans l'esprit
de ce monde , alors il y eut bientôt , au sujet du fils d'Eve, un combat entre les deux régions ; savoir : entre le royaume du ciel, et celui de l'enfer.
55. Or,ron voit ici combien la colère l'a emporté -, et ce n'est pas sans raison que l'esprit de Dieu se lamente , en disant : Je suis comme un cultivateur qui glane là , et qui toutefois voudroit cependant bien manger des meilleurs fruits.
56. Mais c'est la faute de l'homme. S'il avoit mis sa confiance dans l'amour de Dieu , alors leroyaume de Dieu auroil eu le des.^us. Or , comme il Ta mise dans son mauvais attrait , en soi-même, et dans son propre pouvoir , il a été saisi par la colère, et son corps et son ame sont dans la colère. Mais s'il met sa base afifective el sa résolution en Dieu, alors
en. 20. ( i5i )
il sort de la colère, et le royaume de Dieu opère en lui, pour le justifier. L'on voit doue clairement imr quelle cause le premier homme né de la femme , est devenu un meurtrier.
57. Car tel qu'étoit l'arbre , tel aussi fut le fruir. Cependant l'arbre n'étoit pas entièrement faux ; raaisdans le tems de V homification^ la teinture devint fausse, à cause du combat des deux régions. En outre sa mère Eve l'aida ensuite fortement , en ce qu'elle convoita un souverain terrestre et un briseur de serpent, et lui enseigna dès lors qu'il étoit le conquérant du démon , et qu'il devoil agir en conséquence. Ainsi la colère le retint prisonnier, et ses sacrifices ne furent point reçus de Dieu : dès qu'i! bâlissoil sur lui-même, dans la colère, sa prière ii'alleignoit point la porte du ciel; mais l'instigateur lasaisissoit, parce qu'elle procédoit de sa propre fausse affection et de son orgueil , comme on l'a vu chez les insensés pharisiens.
58. El toi, belle prostituée en Babel , pleine d'im^ pudicité et de débauche, tu trouves ici dans tes souillures un miroir de ta fausse union , opérée sans la crainte de Dieu ; vois donc ce que tu y sèmes; nu arbre |>eut-il croître de ce germe semé dans !• feu infernal ? Tu penses que c'est une chose indiff(Tente que de se livrer à la prostitution. Pér pitié , rcUechis où tu envoies ta teinture. Si elle est fidèle, elle atteint l'élément de Dieu j mais si tu ne la répands qu'en te livrant àj des mobiles trompeurs; que dans l'impulsion de la région des étoiles, et avec l'infection du démon ; enfin si tu ne la déposer
( l52 ) CH. 20.
•que dans un vase de lavures ; qui penses-tu qui la reçoive? Ne sais-tu pas que la teinture dans la senience est une fleur de la vie, qui inqualifie avec ton corps et ton ame , et qui, là, aussi souvent qu'elle est engendrée, est une figure devant Dieu? Comment présumes-tu qu'elle existe alors dans l'amour de Dieu , plutôt que dans sa colère ?
59. O ! toi , prostituée babilonique , quand tu paillardes ainsi , uniquement par ta crapuleuse impudicité , que tu brises ensuite le Limbm , ensemble avec la matrice dans lesquels est la figure de l'image de Dieu ; tu oublies de quel fâcheux éclat cette figure peut briller. En effet , tout ce qui est engendré de la teinture doit, après la brisure de ce monde , exister en ombre devant Dieu ; mais celle figure ne paroîtra-t-elle pas alors dans la colère de Dieu ? ou bien as-tu des privilèges et des indulgences pour semer ainsi dans l'enfer ? Fais attention que cette figure nHnqualifie pas avec ton corps et ion ame-, car la teinture n'est nullement encore devenue esprit 5 mais elle t'atteint ; et si tu n'es pas régénéré par le sang du Christ , tu te baigneras éternellement en elle. Ce n'est pas moi qui te dis ces choses , mais le haut esprit dans le sein de la
SOPHIS.
60. (5'est pourquoi pense à toi , ne dis pas : J'agis dans les ténèbres , et quand je fais l'amour , personne ne me voit. Tu es devant la claire face de Dieu : bien plus , tu es devant l'abîme de l'enfer , devant le conseil de tous les démons qui se jouent de toi : en outre , tu as un amour faux , infidèle ^
en. 20. ( 153 )
et ce n'est qu'une ardeur bestiale et terrestre. Si celle ardeur étoit vraie, tu ne souillerois pas ton frère et ta sœur. Vous souillez Tun cl l'autre l'image de Dieu , et vous êtes les plus cruels ennemis l'un de l'autre 5 vous voulez vous jeler muluellement dans la fosse de meurtre du démon , et vous êtes en ^uQTTe déclarée 5 mais le démon vous chalouille , il répand du sucre pour que vous vous enchaîniez ; cl puis il vous mène vers Jéricho , il vous flagelle et vous tourmente sans pitié.
61. Ensuite quand l'arae veut revenir, elle trouve .de grands obstacles sur son chemin 5 car cet te teinture si précieuse et sibelle, brille devant l'éléujcnl, comme un drap souillé. Là se trouve le démon 5 il vous lit les lois qui concernent cet objet : la pauvre ame tremble ; le doute commence ; et quaud il s'agit de briser les portes amères du cliélubiu , elle s'eflraie sans cesse que la colère de Dieu ne la saisisse et ne l'enflamme , comme cela arrive aussi véritablement, si elle n'est pas engendrécde nouveau euChrist par une sincère pénitence.
62. C'est pourquoi , ô ! homme, pense que ce que lu sèmes ici tu le receuilleras. Prends ton exemple eu Caïu. Voudrois-tu le persuader que ce fût là une fable inventée. Demande seulemeut à ton propre esprit ; il te convaincra , à moins que tu ne sois déjà trop forlemeut Ué par le démon.
63. Considère les effioyables punitions de la colère de Dieu depuis le commencement du monde jusqu'à présent. Le déluge est une punition deTimpudicilé , par le moyen de quoi la colère de Dieu
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( ,s4 ) "• '^
Touloit noyer le malras ou le foyer de l'ardeur impudique ; c'esl pourquoi il punit le mondepar l eau : car l'eau est la matrice de toutes clioses.
64. C'est pourquoi Dieu a établi lui-même le maxiaVe entre Adam et Eve , et les a liés fermement par une forte chaîne . lorsqu'il dit : L'I^mmeabandonnera son pir. et »a mire , et .'attachera à «. femme, et les deux seront une seule chair. Dieu toléra leur ardeur , en tant qu'ils dévoient être unis dans un amour fidèle et chaste , comme un corps à ses membres , et en outre se proposer la génération des enfans dans la crainte de Dieu : autrement, l'ardeur en soi-même sans le fidèle amour de i'<.«.aii«, est absolument un attract bestial et un péché ; et si dans le mariage tu ne cherches que l'ardeur , il ne le place pas d'un cran au - dessus d'une bêle. Fais donc attention à ce que tu es ; sans cela , dans ta bestiale génération . tu agis contrea première création , et tu es comme toutes les betes^ car le saint homme en Adam n'élo.t pas destiné à s'engendrer ainsi , mais de soi-même , dans un
nrand et chaste amour.
65. C'est pourquoi, 6! homme , considère com „ent tu uses de ton ardeur bestiale ; elle est en soi une abomination devant Dieu , soit dan» le mariage, soit hors du mariage. Mais le vrai «""O"; «" * fidélité dans la crainte de Dieu peuvent voiler cette «deur devant la face de Dieu ; et par le fil» de la vierge, tu peux engendrer une créature pure non souillée . si la confiance '1«'"«"^* ,*" 'f^j^"- . ,, 66. Mai» pour les prostitués et les débauchés
ta. 20. ( i55 )
qui courent ainsi, dans l'ardeur, hors du mariage > nous n'avons rien de plus à leur dire. Aussi nous lie voyons , dans la lumière de la nature , qu'abominalioD» dans la colère de Dieu, et si une sincère pénitence ue se fait pas avec Marie-Magdeleine , dans la régénération , nous ne voyons que la colère de Dieu et le feu infernal pour récompense. Amen.
Vu juste et pieux .4bel. Im porte de F église
chrélienne.
67. Puisqu'Adam et Eve s'ëloient donc adonnés à l'esprit de ce monde , et vivoient dans deux règnes : savoir ; dans le saint élément devant Dieu , et secondement dans Textra-génération des quatre élcmens qui alteignoient le règne le plus extérieui * ou le royaume de la colère , alors aussi des enfans de deux espèces furent engendrés par eux ; savoir : un détracteur et un homme pieux , comme cela se voit chez Abraham dans Isaac et Ismael , aussi bien que dans Jacob et Esau.
68. Quoique l'église de Babel se vante beaucoup ici de son élection , d'après le plan de Dieu , elle a cependant aussi peu de connoissance de ces choses que la tour de Babel en a de Dieu , elle , dont le sommet devoit atteindre jusqu'au ciel
69. Quand même il seroit possible qu'un enfant ne passât pas de la colère do Dieu dans l'amour , cependant l'amour paroît pleinement dans la brisure des portes , et ce n'est que faute de pénitence que l'homme se laisse retenir par le démon.
( i56 ) CH. îo.
70. Et l'encroûtement dans la progéniture n'est pas tel que Tame , hors du sein de la mère , soit morte devant Dieu , ou que Dieu ne voulût pomt d^elle. La colère a beau être dans le bouillonnement du père, Dieu n'est pas moins le père, et il engendre de soi-même son aimable cœur , et son amour dans la joie , dans les portes brisées. Seroitil donc divisé d'avec lui-même parce que sa colère est sous la racine de l'amour ? se combat troil-il donc lui-même? sa colère est sa force , sa toute puissance , et un feu dévorant ; et son cœur dans l'amour est son humble douceur ; toutefois ce qui s'approche et se jète dans sa colère , doit êlre saisi par la
colère. , 1 i>
7.. Mais il est possible de sortir de \^°f''-' .'est ainsi que son aimable cœur est engendré de la colère , qu'il appaise la colère et s'appelle v^.ment le paradis ou royame du ciel ; or , dans le/»?-^ du ciel , sa colère n'est jan^ais connue. Cesl pot^rnuoi , là aussi son élection va toujours sur les Ifans de son amour qui appartiennent au royaume du ciel. Et Saint-Paul ne dit pas autre chose de se. élection ; mais il pense que ceux qm s'aPP-f ^^ de lui , qui marchent dans son alhance , et qu. a donnent à lui , le père les attire par l'e^P"» -'" • par la mort du Christ , dans l'élément ?";.«*«-«"''' père. Isaie dit . ( 44- v- O : "« vous effrayez pas , lous, Jacob, mon serviteur, et vous,hommep.eux,
que j'ai choisi. ■
J. Mais que Dieu ait l'intenl.on d'arrêter la voknté de quelqu'un et de la rendre ténébreuse,
Cil. 10. ( 15; )
par un dessein formel, cela n'est pas vrai. L'esprit de Dieu se relire de l'impie qui ne combat que pour la puissance du feu ; car cet impie s'éloigne luimême de Dieu , et ne veut point de Dieu. Dieu ne se retire de personne. L'homme a une volonté libre , il peut s'attacher à ce qu'il veut 5 mais il est retenu par deux côtés , par le ciel et l'enfer : celui auquel il s'adonne , devient celui dans lequel il reste.
73. Caïn n'a pas été rejeté dans le sein de sa mère. Quoique Dieu n'aime point une fausse semence 5 cependant elle demeure libre , elle peut agir sur la colère ou sur l'amour. L'une et l'autre la reçoit , comme Saint-Paul dit lui-même (Rom. , 6, V. 16) : A qui que ce soit que vous vous soumettiez en obéissance comme esclave, vous demeurez l'esclave de celui à qui vous obéissez , soit que ce soit au péché , pour la mort , ou bien à Dieu, pour la justice.
74. Il est vrai que Dieu ne peut voir les méchantes âmes par les yeux de son amour , mais par ceux de •a colère : toutefois il est un investigateur des cœurs , et il sait bien ce qu'il y a dans l'homme, et ce que cet homme fera , lors même qu'il est encore une semence ; il ne veut point jeter les perles devant les pourceaux , mais la fausse semence n'est point de la volonté de Dieu, ni dans son plan; autrement, il auroit fallu qu'il eût voulu aussi le démon.
75. Ne sais-tu pas que l'alliance de l'éternitéest libre, et s'opère elle-même? Or, ce qui en elle &*iucline yevsDieuy est aussi engendré enDieu. Cei
If'
\n
( i58 ) '^«- *«•
pendant l'amour ne reporte poin, f °» «f °" ^^^ i colère , mais l'amour est engendré de la colère et es. entièrement libre. C'est pourquoi aussi, dans l'amour , le cœur de Dieu est une autre personne
que le père (et ne rentre point dans la colère) , et
l'expansion est l'esprit saint.
X Pourquoi l'ame de l'homme ne passerott-cUc
pa^aussi de la colère dans l'amour , si elle deveno.f
Tne autre créature engendrée dans l'amour? Sa.ntPaul dit : Ce«« que Dieu a prédestiné, , il le. a au,., sanctifié, , afi^ qu'il, furent re,.emblan, à«>n.mag,. La prédestination est dans son élection ; ,1 élit conlinuellemenl son troupeau : ceux qui viennent a lui , il les prédestine à l'éternelle vie. Loin donc <,„è quelqu'un qui désire ardemment de venir a lu. , il l'arrête, et ne veuille pas le prédestiner ; sa volonté est d'aider tous les hommes , et le Christ dit lui-môme: Fenez à moi, .-ou, tou, qui tte,fat,gui. et qui été, chargé, (c'est-à-dire, vous qui êtes chargés avec vos péchés) ,ie vou, soulagerai; c^ qui signifie : Je vous prédestinerai sûrement , et ,e vous attirerai à moi; il ne s'agit seulement que de se
présenter. . j.
77. Maintenant qu'y a-t-il donc dans les voies do
rimpie, pour qu'il ne vienne pas? L'épée de colère
de l'ange Chérub, qu'il ne veut pas briser. Le
inonde llatieur et doux dans ses caresses, plait
trop à sa cLair et à son sang. Il ne veut pas rompre
son affection, ce dont il a cependant la puissance i
s'il la brise , il est aussitôt attiré de Dieu, par le
Christ , vers le père 5 et à l'inslaat il est choisi pour
CH. 20. ( '% )
enfant de Dieu, et devient d'une image de serpent une image angélique.
78. Car tant que l'image est dans la colère , elle est l'image du serpent; mais si, dans le brisement^ elle sort de !a colère, alors il lui est figuré par le briseur de serpent une image céleste , et la tête du serpent est brisée. Les deux règnes combattent l'un et l'autre , et celui qui l'emporte, figure l'image.
79. C'est pourquoi on voit combien dans Adam et Eve la colère a été grande , tellement que le royaume de la colère a vaincu plutôt que le royaume céleste 5 et l'homme détracteur est né plutôt que l'homme pieux.
80. Mais aussi la faute en est aux parens. S'ils n'avoient pas péché, et laissé entrer en eux la colère, cela ne seroit pas arrivé : il en est de même encore aujourd'hui.
8r. Quoiqu'il soit vrai que la nature s'empare de l'enfant , et le figure dans le sein de la mère ; cependant la région des étoiles n'a rien autre chose que l'image dans les quatre élémens , et non point l'image dans l'élément saint. 8a. Quand même cette région figureroit un homme, à l'extérieur, assez bestialement , avec peu d'intelligence, cela ne fait rien: l'homme extérieur est la bête des étoiles ; mais l'intérieur dans l'élément est l'image de Dieu : or, l'image divine ne se forme point dans l'extérieur, mais dans l'élément ijitérieur.
83. Car UQ homme est souvent, à l'extérieur.
( i6o ) en. 20.
assez mécliamenl naturisé par les éloiles, pour être à soi-même un objet odieux. Maisquand il se considère , qu'il enire en soi dans Thomme intérieur, et qu'il se porte à l'ainendement , il peut bien , à la vérilé , ne pas se dépouiller tout-à-fait du méchant homme externe , mais il ne peut manquer de briser toujours un peu l'extérieur par l'intérieur, c'est-à-dire , de briser la tête au serpent
84. Car , le serpent en pique plusieurs à l'extérieur; mais quand il subjugue l'homme intérieur, c'est alors que l'image de Dieu disparoit. La méchanceté 'des étoiles en pousse plusieurs au meurtre, au vol , au mensonge et à la tromperie , jusqu'à les conduire au supplice du gibet et du glaive , et n'a cependant pas encore en sa possession tout l'intérieur 5 mais cet intérieur est encore dans les portes, et peut , par la pénitence , entrer dans une seconde image qui n'est point semblable à l'extérieur 5 aussi ne peut-on guère juger l'homme intérieur par l'extérieur , à moins qu'on ne voie qu'il méprise Dieu , et qu'il blasphème l'esprit saint. Dans de tels êtres, il n'y a point d'image divine , et ils sont dans un fâcheux élat-.cependant leur Jugement n'a pas lieu dan» ce corps. La porte de la miséricorde est ouverte devant eux tant qu'il sont dans cette demeure.
85. Mais après cette vie , l'homme n'atteindra plus celle porte , à moins qu'il ne tienne par un fil à la miséricorde divine ; toutefois Dieu ne veut pas éteindre la mèche qui fume , comme dit Is.ne ; quoique le méchant doive néanmoins se baigner dans ses péchés jusqu'à ce que la ca!èj:e soit î-urc». ao. ( 161 )
montée par la mort du Christ , qui est le fîl auquel il faut qu'il tienne. C'est la putréfaction dans son propre péché , qui est son purgatoire; il n'a pas besoin d'un />ttr^«/oire étranger , dont l'antechrist nous berce ; mais du sien propre, dans son péché.
86. Aussi n'est-on pas entièrement sans purgatoire, comme le suppose le trompeur ou labêtede prostitution : car on sait bien aussi qu'après cette passagère vie exierne, il y a une vie élernelle, et qu'ici tous les péchés se peuvent remettre ; mais pendant que tu es en ire la porte et les gonds , et que tu liens à un cheveu, tu n'es pas encore entièrement dans l'élernelle vie. Or, dès que tu es dans rélernelle vie, tu es complet, soi i dans le ciel, soit dans l'enfer, et alors il n'y a plus aucune délivrance ; car c'est rélernelle vie.
^7, Mais si nous parlons ainsi du pieux Abeî nous ne pouvons pas dire non plus à son sujet que le royaume du ciel ne Tait pas assisté , de façon qu'il se soit rendu de sa propre puissance , ixn homme aussi pieux : car le ciel a été en comba't , et a triomphé de la colère. En edet , l'homme est foibleet sans intelligence ; il ne peur pas beaucoup agir par sa propre puissance ; cependant il a l'imagination et le choix, ou le libre abandon. Là donc l'opérateur est bientôt prêt à le travailler selon ce qu'il désire, comme on le voit à Adam. Lorsqu'il eut désiré dans l'espi it de ce monde , l'opérateur fut aussiiôt là , et fil d'une imafee augélique un homme terrestre,
«8. Le désir est l'introduction en une chose , %t
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{ 162 ) cn.îd
du désîr provient la forme du désir , c'csl-à-dire , un corps. La source du péclië poinledans ce produit : aussi le désir est plus aisé à arrêter que le corps du désir n'est aisé à briser. En effet, c'est une entreprise rude ; c'est pourquoi il est bon de défour- »er les yeux: alors la teinture n'entre point dans Jes essences |wir lesquelles l'esprit se laisse imprégner. Car le désir et la base affective ne sont pas tnlièrement les mêmes -, mais ce sont deux sœurs; e\ aussiiot que le désir a imprégné la base affective, il V a déjà alors u niMnoi lié de substance ; or il faut néce«:sairejnent que cela se brise ; ou bien Itela devient une substance complète et une cbose «xisianle.
89. Maintenant donc Abel est la première église clirélienne en charité souffrante, que Dieu a établie pour que l'église caïnique se convcrflt par Alx^l. C'est pourquoi il n'a pas tellement rejeté l'églis» caïnique , qu'il ne voulut en prendre aucun membre ; elle ( c'est-à-dire , la vraie église chrétienne ) est comme une brebis au milieu des loups , quoique nous soyons des hommes et non pas des loups ( a la ▼érité nous sommes des loups dans la base affective etdans sa rigure).Celte église enseigne les impies ;s'iL« seconveilissentjalors elle lésa conquis;ilssont bientôt
figurés en sainte image céleste , et il résulte une grande joie devant les anges de Dieu , de ce que le royaume d uciel est ainsi victorieux.
90. Ou bien comptes-tu pour rien ce que rapporte l'ange Gabriel , qui , selon la parole de Daniel , dit que le prince d«B Perses lui a resté vingt-uB Jours j
fK. ad. ( i63 )
et que notre prînre Michel est venu a son secours ? On voit bien par là comment les princes et les troues des anges combattent contre le royaume de la colère , et assistent les hommes ; car la raison de cela est que le démon stimule la colère de Dieu contre les hommes : or , les anges de Dieu , et les prince^; des trônes l'arrêtent à leur tour , parce que vraiment Dieu ne vent point le mal.
91. Il nous faut particulièrement au sujet d'Abel et de CaVn , remarquer quels ont été leurs plaus et leurs intentions. Caïn a été un cultivateur , et Abel im berger. Abel avoit fondé son troupeau sur la bénédiction de Dieu , pour se nourrir par la bénédiction de Dieu ; et Caïn s'étoit fondé sur son propre travail , pour se nourrir par sa propre industrie. Alors Eve s'attacha à Caïu , et Adam à Abel. Car, elle regarda Caïn comme le prince de la terre àqui le règne apparienoit , et elle supposa que comme un héros , il donneroit bien la chasse au démon quoiqu'elle ne connût pas ce démon.
92. Mais si l'on cherche très profondément voici la vraie base que Von trompe. Eve étoit l'enfant dans la matrice d'Adam , de façon que si Adam n'avoit pas été vaincu , il auroit engendré de soimême dans une grande chasteté et une grande sainteté 5 mais comme la matrice d'Adam fut imprégnée de l'esprit de ce monde , alors Dieu devoit construire de là une femme charnelle, qui ensuite aussi fut ardente dans son premier fruit , et fut infectée du démon , de même que le limbus en Adam.
( i64 ) «H- »«•
q3. C'est pourquoi aussi ils ont engendré un enfen. impie qui "'«voit que des vices C"P.des, «eU qu'en a eu Eve qui vouloit ê.re semblable a D.eu. îer.aiaemeu. Adam a été aussi infecté deces mêmes poisons; aulremen. il ne seroi. paseulré dans lespril de ce monde. • eu r ,ïn •
P4 Ainsi en un mot , tel fulauss. son fils Ca.n , îl supposa qu'il éloit le seigneur de la terre ,et ne vit point de bon œil que son frère eût aussi quelques avantages. Delà il résulta que quand .Iv.tquoc frère é.oit agréable devant Dieu , il le vexa , et imagina qu'Abel ponrroit bien être seigneur sur la Le -il ne s'occupa point de la cra.nte de D.eu dans ses sacrifices , quoiqu'il sacrifiât .epenJan i ,„ais comme un hypocrite , et dans la vue d'e.endre
sa dominaiion. • i y.- «
a^ Et ici commence le royaume anlichrétien , oî; l'on donne devant Dieu de bonnes paroles, tandis que le cœur est possédé parla cupidité et ne s'occupe qu'à dominer par la puissance e 1 1 autor.te sur le malheureuxquiseconfieeu Dieu. C'est pourquoi l'antecUrist a son Dieu danssa cassette et dans ?a forte de sa puissance , et il a à sa suite l hypoisie et l'astuce. Dans sa prière d ne désire de Dieu que le royaume de ce monde -, son cœur ne cesse point de persécuter et de chasser le pauvre Abel. Mais Abel s'adresse au seigneur et son cœur s'incline vers l'amour de Dieu dans la véritable image ; car il désire le royaume céleste , et ,ci ba. les bénédictions de Dieu , pour le soutien de sou existence corporelle.
CH. 20. ( i65 )
96. Or, le démon ne peut pas souffrir qu'une éfi^ise sainte parvienne à croître dans son pays ; il veut toujours tuer Abel , comme en effet cela arriva alors. Dès que Caïn ne craignoit point Dieu , le démon obtint un accès en lui , et réveilla la cogère innée en Caïn contre Abel , de façon qu'it le lun.
97. Là ccrlnlnement , tons les démons se seront félicités , et auront dit : Maintenant le royaume est encore à noifs ; ce dont Adam et Eve furent effrayés lorsqu'ils virent que celui qu'ils avoient pris pour nn prince étort tm meurtrier ; et ils se privèrent des droits du mariage pendant soixanle-dix ans , comme les traditions rabiniques le publient.
98. Quoiqu'il en soit, ils désirèrent cependant beaucoup un autre briseur de serpent ; et aussi leur rœur s'inclina-t-il alors vers Dieu , de façon que soixanle-dix ans après ce meurtre , ils ont engendrenn fils saint craignant Dieu , qui a établi de nouveau la pure église de la crainte de Dieu et de la promesse faite au sujet de la semence de la femme r c'est lui qu'ils ont nommé Seth^eX qui engendra à son tour un fils pieux, nommé Enos. Alors on a commencé à annoncer et enseigner Dieu manifestement, et l'église chrétienne s'est toujours élevée comme un petit troupeau malgré toutes les. tempêtes du démon.
99. Mais Caïn s^éleva en dominateur au-dessus f>e sa famille , d'où est venue la dominaiion et ley gouvernemens de ce monde , le tout engendré selon i*iufluence des étoiles , par l'espiit du grand monde ^
( 166 ) ™. ao
el nonpoî.f ordonné ainsi par la claire diviui.é, comme le suppose le dominaleur Caïu. _
,00. Il es. vrai que comme le mo.ule élo.t a.nsi devenu méchau. e. meurtrier , il falloit qu'.l y cul des juges Cl <les niagis.raU pour que la colero fût conletiue par la punition el par la cramle. Toutefois si lu .lois resté dans l'amour, tu u auro.s eu aucun mailre ; mais .les frères et des s«ur*
qui se seroieni chéris.
101. Ton règne puissant, ô! Caïn . n'est pomt découlé de Dieu , mais du ciel astral dans la colère , lequel domine maintenant sur toi , et te donne souvent des tyrans qui consument ta sueur dau» leur orgueil. Voilà quel est ton paradis.
,02. Saint-Paul écrit à la vérité : // «>« «"cune puUsanc. qui ne vienm de Dieu. Mais il dit : C*»* „„, vengeance contre le» impiee et ce n'.:st pae en m.» „„. le, prince, portent Pcpée. Ici il .'est asse^ prouvé comment Dieu use du régime et de 1 epée de ce monde envers les impies ; c'est la ce qui constitue maintenant ton jougacausedespecl.es, puisque tu es un perpétuel dévora.eur et un .neurtrier. Réllcchis sérieusement sur toi et sur l epce de la vengeance , peut - être le reconnoitras - tu. Mais si l'on dit .lue Dieu a eu dégoût les grandes lyranuies , et les oppressions par lesquelles ou dissipe dans l'orgueil la s.ieur des misérables, Caïn ne peut pas supporter cela, et même, .1 MOUS donneroit ce régime pour la sainteté , si la terrible exemple du déluge n'étoil pas la. ,o3. Mais ton règne, ô! Caïn , est bau dans
CH. 20* ( 167 )
Babel , et ta bè(e domine sur Sodome et Gomorre* li y a là un feu qui vient du seigneur du ciel 3 il est lems que tu sortes de Sodome avec Loth.
Le péché s'éveifh dans Caïn,
104. Lorsque Caïn eut tué son frère , il marcha fièrement comme un dominateur, et dit en soir Mainfenanl tu es le seul prince sur Ja terre. Mai» la voir de la colère de Dieu se fit entendre . et dit r où est ton frère Abel ? il répondil : je ne sais , suisje le gardien de mon frère? I>ieu dit : qu'as-tu fait ? vois , la voix du sang de ton frère crie de la terre vers moi ; désormais -tu seras maudit sur la terre , qui a ouvert sa bouche et a reçu de tes raaîn» le sang de ton frère. Quand tir laboureras la terre, elle ne le donnera plus sa puissante vertu, ïu serat errant et fugitif sur la terre.
105. Enfin , lorsque la colère de Dieu eut remué le péché dans Caïn, ce péché poussa et le mit dans le trouble; alors on vit sa foi fausse, car il douta et s*écria : mes péchés sont trop grands pour qu'ils puissent m'êlre pardonnes. Tu me chasses aujourd'hui de la terre j il faut que jo rac cache de ta face , et que je sois errant er vagabond sur la terre jainsi tel est mon sort à préisen» que quiconque me rencontrera me tuera.
106. Ici se découvre à nous entièrement , la porte effroyable , lamentable el douloureuse du trouble sur les péchés commis. Car là , Dieu dit » Tu es muudU sur la terre qui a ouvert sa bouc/te ^
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( l68 ) CM. 20.
H a reçu de tes mains le sang de ton frère. Alors le règne gonflé , plein de sa propre puissance , dissimulé , hypocrite de Tanfechrist o été rqete de Dieu, et s'est séparé , lui-même , de Dieu par son entrée dans la colère , ou par le meurtre.
J07. C'est pourquoi Dieu dit : Tu es maudit : et le sens de cette malédiction , ou de celte répulsion à l'égard de la colère, est que l'amour de Dieu ne veut point demeurer dans la colère , et que ce règne lie doit point s'appeler de son nom. Car Dieu n*a point acquiescé au meurtre, mais seulement la colère , au sujet de laquelle cependant Dieu a averti Caïn par le sacrifice , lui faisant entendre qu'il devoit être pieux; qu'alors il seroit agréable.; que sans cela, le péché reposoil dans le royaume de la colère devant la porte ; qu'il ne falloit pas lui accorder la puissance , mais dominer sur lui. Or , comme Caïn laissa la puissance au péché, alors h péché domina sur lui, et le vainquit.
108. Ainsi Dieu s'éloigna, o'est-à-dire , Caïn passa de Dieu , du royaume de Dieu dans le règne de la colère de l'instigateur. C'est pourquoi aussi l'objet ou le plan qu'il se proposoit à l'avenir n'eut point le caractère divin , mais celui du royaume de la colère qui le dirigea et l'engendra , ou bien éveilla par lui ses merveilles, pour que ce royaume (ùt aussi manifesté 5 cnr comme c'étoit une grande merveille, que la manière dont la noble image dans Abel devoit être séparée de la colère de l'eufer, et de ce monde dans le ^mem^n^ du corps ; Véloit là aussi que le royaume de l'enfer auroil bieu
ÇH. 20. ( 169 }
volontiers saisi cette image. C'est pourquoi la première mort devoit arriver en hâte; car le briseur de serpent a opéré le premier secret de sa puissante science , lorsque le royaume de ce monde s'est séparé d'Abel, et que le chérubin a retranché, pour la première fois , les quatre élémens de l'élément saint.
109. Là , la parole, ou le briseur de serpent s'est établi dans le nouvel élément régénéré dans l'ame d'Abel , dans le centre , dans les portes de la profondeur. Cette parole a brisé au serpent, c'est-àdire, au royaume de la colère la tête de sa puissance , car la tête signifie la forte puissance de l'âprelé colérique. Alors l'amour de Dieu s'est jeté du cœur de Dieu dans l'enfer de la colère , et a éteint de nouveau dans l'amour le feu allumé de la pauvre ame ; et là , fut réalisée la première oeuvre, selon que Dieu i'avoit ainsi promis à Adam et k Eve.
1 10. Secondement , l'œuvre effrovable de l'entrée dans la colère , a été aussi réalisée en Caïn ; car chaque règne expérimente ce qui est sien. Or , lorsque Caïn entra dans la colère , alors l'amour de Dieu dans le centre lui resta entièrement caché. Là Caïn devoit , comme un champion, briser la lête du serpent, ce qu'il s'étoit imaginé qu'il étoit dans son pouvoir de faire ; et ici se fit l'épreuve , s'il ne seroit pas possible qu'un être , par sa propre puissance , possédât le royaume de Dieu par l'éclat du père dans le feu,
m. L'épreuve fut inutile et douloureuse, car
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C«ÏB cria 9 dans sa délicate humanité : Malheur ef douleur sur moi ; mes péchés sont plus grands que moi; je ne peux point entrer dans Dieu par ma puissance. 11 s'arréla , il trembla , il pâlit devant l'abîme de l'enfer, qui l'avoit pris prisonnier , et le retenoit en soi. Il se retira aussi d'avec les humains , et dit : Maintenant quiconque me trouverai me tuera, car je dois fuir de devant ta face.
IIS. Or, l'un voit ici la séparation de l'églisar cLrétienoo d'avec la caïnique , lorsque Dieu chassa Caïn , cusorte qu'il lui fallait habiter un autre lien. Lu vraie iutelligcncc de ce haut secret, est toute cachée daus la parole sous le voile, el n'a presque jamais été connue ; mais elle doit l'être au tems du lys , dans les merveilles. Et toi , église caïnique , anti-chrétienne , qui es sur la terre , tu dois savoir ceci, que tout ce que tu inventes sans l'esprit do pieu, pour la pompe et ton orgueil, ainsi que pour ton autorité et la puissance, est passé (aven Caïn ) , d'Abel ou de l'église du Christ , au-delà d'Eden , dans le pays de nod , si toutefois tu es asac'A profondément instruite, et que tu entendes dans le langage de la nature ce que cela est , comme tes flatteurs le prétendent, avec leur couronne doctorale. Mais ils ne conçoivent avec Caïn que les quatre éléraens en explosion , et non pas l'élément devant Dieu. C'est pourquoi c'est la Babel de la confusiou et de la multitude des opinions opposées. Ce n'est pas là la base de l'élément, qui existe en un , et non en plusieurs. Ii3. Tu as ici un beau miroir des propres opi*
ctt, ^t ( ï?! )
nions de l'homme dans Caïn. Qu'est-ce que c'est que la propre opinion, sans l'esprit de Dieu ? Caïu n'alla point dans le bercail, à la porte que Dieu avoit bâtie à Adam et à Eve , par la parole et la briseur de serj^ent; mais il y monta par ailleurs , par sa forte fureur, participant à celle du lion. Il voulut être un dominateur sur le troupeau, et il fut un voleur et un meurtrier du troupeau ; et le trou-^ peau ne le suivit point , mais il passa avec Abel, au travers de l'épée, de la colère do l'ange Chérub , ou de cette vie passagère et périssable avec le briseur de serpent, dans son paisible bercail, où il n'y a plus aucun loup. Car le Chérub n'en laisse plus entrer , et s'il en vient quelques uns, il leur ]fetranche entièrement leur cœur de loup colérique du royaume de ce monde.Alors ils deviennent aussi des brebis, ils se couchent patiemment parmi la troupeau , ils ne cherchent plus après le loup, car il est au-delà d'Eden , et dans le pays de nod, mais ils sout entrés dans le paradis , au travers de l'épée de Chérub: là, il n'entre aucun loup. Il y a, à cet effet, la barrière d'un principe (c'est-à-dire, une entière génération).
ii'^i. £t toi, église caïnique , avec tes lois et la radotage de tes subtiles explications des écrits des saints , qui ont parlé dans l'esprit de Dieu , tu devrois bieu t'exaiuiner, et ne pas établir sur cela si fortement ton règne dg voluptés; car ces saints écri-w vains, qui pour la plupart sont dans le paradis, traitent de l'élément , ils parlent de la racine du saiflt élément par rexlra-géuération des quatre élui
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( i^ja ) en, 20I
mens , et contemplent souvent dans l'exlra-génëration la colère que les hommes ont éveillée. C'est pourquoi prends garde de ne pas faire croître sur cela de la paille légère, ou de l'herbe sauvage des quatre éiémens. N*as-lu pas l'esprit des connoissances du saint élément? Alors laisse-les en repos, ne les souille point avet les quatre éléniens; autrement cela reste en Babel ; il n'est pas bon debàlir en elle les quatre éiémens : car le Chérub est ait milieu , avec son épée nue et tranchante, et retranchera tout ce qui n'appartient point à la bergerie: tu n'en retireras pas de profit, car ton travail demeure dans le pays de ^oD (dans la mémeté et Végoïté, )
iiS. Oî nouveau Caïn, fais seulement attention à ton règne , et rétîéchis à ce qui est arrivé à ton grand-père Gain , qui a bâti ce règne, et ç\\x\ cria là : Ah î mes péchés sont trop grands, pour qu'ils puissent m'être pardonnes (lorsqu'il vit que, par son règne , il étoit hors de Dieu , dans l'abîme de l'enfer). Il eût été entièrement perdu , si l'aimable parole de Dieu ne l'avoit pas rappelé , en disant : Non ; quiconque tuera Caïn , sera puni septante fois. Or Dieu lui imprima un signe, pour que celui qui le trouveroii , ne le tuât pas , tant il étoit épouvanté. Ce sout là de merveilleuses paroles, tant la face de Moïse est sous le voile j car le voile est vraiment l'église caïuique , qui couvre le règne du Christ.
116. On voit ici nettemement et clairement la base et la racine de la fausse église cain/4ue; car
•«. ao. ( iy3 )
Caïn s'étoit fait maître de la terre , et se reposoît sur lui-même. Mais là , il n'avoiten soi rien autre chose en propriété que le premier et le troisième principe ; car , selon son ame, il étoit dans le premier principe , comme tous les hommes , et selon le corps, il étoit dans le troisième principe, dans le règne de ce monde.
1 17. Or il devoit , par son ame , passer du rovaume de ce monde dans le second principe en Dieu , ou dans la confiance en Dieu , dans la parole de la promesse , comme fit Abel ; et travailler avec se% mains dans le royaume de ce monde , planter et bâtir. Mais sa base affective devoit être dirigée vers Dieu avec confiance , recommander à Dieu le royaume de ce monde , et s'y conduire comme un voyageur étranger; qui n'étoit dans ses propriétés que par ce corps étranger , e^ selon le corps ; qui n'étoit étranger que selon l'ame ; qui en outre étoit un hôte honteux, tel que seroit ici un prisonnier; et dont toutes les idées et les occupations dévoient êtrç de retourner dans sa vraie patrie, de laquelle il est exilé avec son père Adam-, mais il laissa là le royaume du ciel , et il se livra avec son ame entièrement au royaume de ce monde , dans lequel il vouloit être un maître : ainsi la colère le saisit, car il se sépara de la parole et de la promesse de grâce.
118. Alors la parole dans le centre du ciel resta vis-à-vis de lui. Pour lui , il resta dans la racine de l'âpreté devant la parole : car son esprit se retira des portes du centre céleste , et resta dans la source
«le Torigine de la création , dans la colérique racine ignée , et désira les quatre éléinens ou Textra-génération hors du saint élément , laquelle resla aussi dans la colère de Venflammemenl.
119. El de là résulta sa colère contre Abel , parce qu'Abel ne se renfermoit point dans cette généra* lion : or , son esprit ne vouloit point toutefois souffrir le règne d'Abeldans son règne : car il vouloi', comme étant puissant par Ini-môme , régner sur les deux principes dans lesquels il étoil : c'est pour cela qu'il luaAbel.
I30. Or ) Dieu ne le vouloit pas ainsi ; mais il enflamma dansCaïn la colère qui auparavant avoit reposé dans le royaume gonflé des quatre élémens , et n'avoit fait que s'élever dans une grande et puissante joie, tandis que Gain ignoroil cette colère et ne connoissoit rien d'elle. Seulement les essenceé de l'ame savoient qu'elles s'étoient conduites faussement ; mais la source colérique dans Venflantràement du feu , ne les connut point jusqu'à ce qu'elles fussent passées du centi-e de Dieu dans raltéfatioA Plia falsification. Là elles sentirent le feu de la 60lère avec un grand effroi , nn tremblement et des tris ; car elles étoient sorties de Dieu , et né Toyoient ni ne sentoient plus la source céleste ; c'est pourquoiellesdésespéroient, parce qu'elles se troiivoient dans la source de la colère. Ainsi le corps ou la circonsttipiion cria avec toutes les essences : mes péchés sont trop grands pour qu'ils puissent m'êtrfe pardonné!, m. L'on voit bien ici le ifairoir de l'abîme inCtf. .ÈO» Ê f^c \
iernil et de l'ëterrtel doute. Quand là cjôîère de fiieti ^'éîère dans la source , de façon que la méchanr«lé lui cause de l'irritation, [alors Commencent le tremblement , les exolamaiions , leScris et le douto intérieur sur Dieu. Alors Ta me cherche le soulagement et l'amendement dans le royaume de ce monde ; mais elle ne le trouve pas ; c'est ce qui fait qu'elle abandonne aUisi le rcyau.ne de ce monde , et qu'elle court dans l'originel , dans la racme de l'éternelle génération , et cherche l'amendément et le soulagement; mais elle ne trouve rien. Poar lors, elle s'élance dans l'effroyable abîme, présumant atteindre la. ricioe du soulagement et de l'amendement, ou bien les portes du i^vW^me;»^ ; mais elle ne fait que monter au-dessus du ciel ,' dansxe qu'ily adeplos extérieur , dans l'éternité colérique.
i2£. Ainsi elle devient un ennemi mortel porfr le c»rps dans lequel elle a porté l'image de Dieu ^ ef plusieurs courent à Tean , à la corde etàl'épée, et tuent le corpfe qui leur a tué l'imé^ de DieJ Jter les cupidités fèttiporelles , h fausée assurance , la confiance en soi-même , le mépris et les meurtrec de ses frères et sœurs , le vol de leur pain quotidien, ainsi que pour avoir été cause de l'égarement de leurs ^frères et soours.
I »3. Et toi, église caïni<p*e en Abel , on toi, Caïft, tu as ici un miroir danstoni^é«»^m(7/i« d'orgueil etde pro-r pre puissance , ainsi que dans ta vie voluptueuse et avide de ta propre gloire 5 fegarde-toi seulement en toi-même ; car tu ©s entrée dans l'esprit de ce monde •
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( 176 ) ^«- **
luttes fait un royaume céleste du royaume de ce monde , et tu ne te confies qu'en loi-même ; tu l etabUs maître au-dessus d'Abel , et tu ne fais qu attirer à toi le royaume de ce monde par la puissance et par l'adresse, et tu t'en rends le protecteur. Par là tu t'éloignes de Dieu ; tu t'imagines n'êtra pa* moins saint , quoique tu opprimes sous tonioug Je pauvre Abel, et que tu le tourmentes jour et nuit. Il faut qu'il soit ton animal de service , el tu le retiens en ta propriété : cependant il n'y a pas en lui la moiudre chose qui t'appartienne 5 tu n'es que le chasseur qui le poursuit vers Jéricho ; tu es son meurtrier qui le dépouille , le frappe , et le tue.
1^. Demandes-tu pourquoi? Vois , je vais te kj dire. Tu es Caïn, le maîue de ce monde; car tu^t es établi tel toi-même. El maintenaîit Abel est ton esclave qui esl entré dans ce monde comme un hole. Mais il est là et désire d'aller de ce monde dans .a patrie. Tu ne peux pas le souffrir ; tu l'oppnines sans pitié de deux manières, le tout très subtilement , et dan. ta propre puis^iice: l^ Par ton faux et hypocrite enseignement en Babel, dan. lequel i^ faut qu'il croie ce que tu lui preacris ^ns 1 esprit de Dieu > par là tu ne fais que forlifier ton opulent el liistueux règne ; par là tu l'égarés du chemin de
Dieu , dans l'esprit de ce monde , et
tu le tues, ainsi que tu as Xué Ahel[ Ici j e snppnmé quelques expressions un peu virulentes. ]
laS. a^.Tu t'es établi maître sur lui, et tu t'en es îait il propriété , ainsi tu le pavanes à son sujet , comj»e la femme insensée de ce monde. Tu le tour-;
en. 10. ( 177 )
mentes jour et nuit , tu consumes sa sueur dani l'orgueil , le tout selon la vengeance et la colère. Ainsinon seulement tu le garotes dans les ténèbres,* mais encore dans de grandes douleurs et de grande! souffrances ; il cherche les moyens de s'enfuir et comment il pourra venir à la lumière, et s.'éloigner de l'instigateur.
126. Mais que trouve-t-il dans tes por»es? Le chemin de la ïîiusseié , de la richesse , de Pastuce du mensonge, de la tromperie et de la cupidité , et \art de te retourner pour qu'il ne vive que sous ton joug, Il lue ainsi lui-même sa pauvre ame, soiis ton joug et se sépare ainsi du royaume de Dieu -, il s'adonne à l'esprit de ce monde , s'agenouillant et priant devaut ta béte ; et il honore ta folle épouse qui est montée sur ta bêle, comme l'esprit de Dieu nous le témoigne dans la révélation de Jesus-Christ^ ou l'apocalypse.
127. Ainsi tu tues continuellement le pauvre Abel de deux manières , et tu lui donnes de grands scandales par ton élévation , et ta pompe. Tu l'éloignés de Dieu dans l'esprit de ce monde; là alors irde. vient aveugle, il veut toujours cheminer à la suite il veut toujours s'asseoir sur ta bêle , et aussi être un mailre, quoiqu'en se montrant sous des postures humbles. Or le royaume de ce monde est une vraie fosse de meurtre , et devant Dieu une fosse d'abomination.
128. L'esprit de ta folle bête est le ver infernal ; l'épouse couronnée qui est assise dessus , est la fausse femme en Babel ^ elle ne boit que de la coupe
H. la
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( 178 ) "• •••
.-. ■•„« Pi de l'abomination. Là sa bois-
'" '' rS To^ de Dieu don. les peup.es boison «st l âpre coiei ivresse ils deviennent meurtners, ^^^ d'eux - mei„ius.es . m.pns n a. e • ,^^ ^^^^^,^„^^ ^
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-twelltl^ir et ,u.il marche suHa que sa voie es ^^ ^^^^ ^^ ^„, ^^ 3,,^
,,ai sentier. » -"^méprisée, les appelle héré.iee,.emêmeroue 1 les P^^^^_^ ^^^^ ^^ ^^,^^^
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^lT;r:i-'venle;^touta6n,uesoi. S;L"^ne.and..va..es.— ^^ hypocrite en --P«^""j;';X,e„rs les uns des
autres. Ce soni ^^^,.|^ ^, ,^ ^„„.
pauvre Abel n- « '^"^J;^ „„, „,arche-pied. Il fiance en Dieu -'« ^^ ^^ ,^ ,,„, manières. "'"^"r:;e:^rst qu'il es. dupe^lu'U entre
"?',Ïs BaTe e. es. égorgé auprès du royaume aussi dans Dabci b demeure fixe et consrr'rrr. ",;,:...- c.;.»
lanl , alors le ^^j^u^emeiit selon le corps ,
ou bien ^^" ^^°"; ,a ne soit pas reconnu ,
r î ' alele rt^^^ en Babel demeure à Caïn et de «-<^°\^"^^Ye\„, „ous aurions beaucoup a à l'auiechnst , ce aoni **«
dire , d'après notr* propre expérience , si la colère nous éloit chère : mais iio4re Abel se porte bien , et »os hunailialiotfis s'élèvent sur Ja feuille de Ijs , ce dont nous nous réjouirons bien lorsque nous retournerons de Jéricho à Jérusalem , vers notre père Abel.
i3o. Maintenant, épouse insensée en Babel, qu'as-tu à attendre de l'esprit de ce monde , quant à tes vanités, pour que tu le serves si fidèlement ? Vois ^ tu as à attendre une triple récompense. La première : que l'esprit de ce monde t'abandonne , et s'éloigne de toi , et déchire en pièces Ion corps orgueilleux , qu'il le transforme en cendres et en terre , et prend tes richesses , ainsi que ta puissance et ta pompe, et les donne à d'autres, qu'il tourmentera aussi par-là pendant un tems. i3i. La seconde est qu'il saisit toutes tes œuvres et tous tes projets, et qu'il les pose dans la teinture de ton ame , et en fait une autre maison ou habitation pour ton ame, afin que par-là il ne te renvoie pas loin de lui entièrement intacte.
i32. Et la troisième est que par lui , ton ame a passé du ciel dans la volupté de ce monde* Ainsi il Ja laisse maintenant établie dans ses souffrances, entièrement nue et très souillée , il s'en va de-là et ne demande plus rien à son sujet , ni oii elle est , ni comment elle va , quand même elle demeureroit dans l'abîme de l'enfer. Voilà ce que tu as à attendre , pour ta récompense , de l'esprit de ce monde , pour l'avoir servi si fidèlement. .l33. C'est pourquoi , 6 ! Caïn , éloigne-toi d«
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{ 180 ) «*• **•
j« ;i V a en lui un feu da IVsnrit de ce monde , il y a «" '" . .
doSa.e"r du ciel , de la racine de Vong.ne Ton .oyaume gonflé e. caché sera e„flan>u.e a « „u'on puisse le voir en .o..s les l.eux. Tu do.. L entièrement mauifes.é avec .ous .es secreu. Ca l'esprit du grand monde a. rouvé la e.ntu.e,
et .es roses fleurissent dans les «erverlles.
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( 181 )
CHAPITRE VINGTUNIEME.
Du règne caïnique , et du règne abélique;
• comment les deux sont Tun dans Taulre ; de leur origine , naissance , essence et inclination , et en outre, de leur issue finale.
— Plus. — De réglise caïnique antichrétienne , et aussi de la vraie église chrétienne abélique ; comment ces deux sont Tune dans l'autre , et très difficiles à reconnoître. — Plu|. — Des arts humains ; des états et ordonnances de ce monde.
— Plus. — Des charges administratives y de leur origine j comment elles sont un© divine et bonne ordonnance , aussi bien qu'une ordonnance fausse , mauvaise et diabolique ; que Ton sent en toutes choses la providence divine , et aussi en toute» choses , la déception du démon , sa subtilité et sa méchanceté.
j. Votant la providenee divine en toutes choses, ainsi que dans tous les arts et toutes les conditions, nous trouvons que les êtres de ce mon do «ont tous bons et profitables. Seulement il y a
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en eux un poison que le démon y a semé , et cela est le mal. Kous trouvons aussi que tout les états, soit supérieurs , soit inférieurs , dérivent é'une seule source, e^ que l'un vient de l'autre J que la providence divine vient aussi au secours ée toutes choses, et que les éternelles merveilles sont manifestées dans tous les trois principes. C'est à cette fin aussi que Dieu a apporté à la lumière la création de toutes les choses qui étoient festées de toute éternité en elles-mêmes , seulement dans la source -, mais par la création de ce monde elles ont été mises en évidentes merveilles.
2. Or donc , de quoi pouvons nous parler ou écrire ; si ce n'est des merveilles de la providence? car nous avons de^ceci un grand exemple en Caïn, l'orsqu'après son meurtre le règne de la colère s'éveilla en lui et vouloil l'engloutir. Kous voyons comment Dieu vint à son secours, lorsque dans sa conscience, la justice divirie le éondnmnoit à la mort , nous voyons qu'alors la téponse divine lui dit, au contraire : iVo« , c./«* qui tuera Caïn sera puni soixante - dix fois, lar cette parole la sévère vengeance de l'abîme de l'enfer fut éloignée de lui , en sorte que Cam ne se désespéra point ; et quoiqu'il se fut éloigné de Dieu , cependant le royaume du ciel* resta devant lui ; il pouvoit se convertir et marcher dans la pénitence. Dieu ne Tâvoit yas encore rejeté -, mais seulement son coupable meurtre , et 8a feusse confiance ; c'est là ce que Dieu mau^ dit et à quoi il no voulut pas acquiescer.
CH. 21. ( i83 )
ç. Car, Dieu ne s'éloigna point de Caïn ; mais Gain s'éloigna lui-m^me de Dieu. S'il avoit été fort en croyance et en confiance en Dieu , comme il l'avoit été avant lacbute, dans sa persuasion qu'il pourroit briser la tête du serpent , il auroit pu rester ea
Dieu.
4. On vit bien là ce qu'étoit la puissance de l'homme ; s'il avoit compris le véritable briseur de serpent, il seroil rentré aussitôt en Dieu, dans la vertu du biiscur de serpent. *•
S. Mais Caïn étant dans la cbair^t le sang,ne comprit point l'intelligence de l'éternelle mort : or , lorsqu'il lut assuré de la part de Dieu, que personne ne le tueroit , alors il redevint joyeux ; car les essences de son ame furent réavivées par le rappel divin , attendu que les portes de la grâce restèrent ouvertes devant lui ; c'est pour lors qu'il devoit se retourner : Dieu ne veut point la mort du pécheur.
6. Ici on voit très exactement qui est-ce qui a été l'accusateur de Caïn -, savoir : particulièrement le sang d'Abel , qui cria de la terre à Dieu , et excita l'âpre colère de Dieu sur Caïn. Là alors les essences de l'ame d'Abel pénétrèrent jusqu'à Dieu au travers des portes de la colère , par le briseur de serpent ; c'est par là qu'elles touchèrent la racine de feu dans Caïn , ce dont la colère fut éveillée.
7. Mais lorsqu'il fut soulagé de nouveau par la voix de Dieu , Caïn ne sut pas comment cela se passoit, et ce qui avoit mis son meurtre en repos ; comme quelqu'un à qui , à son insçu , on auroit dérobé la vu« d'utt chien hargneux , en enfermant cet
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( 184 ) CH. 2U
animal dans un lieu lénébienx. Mais il conliuua ; il bâtit son puissant règne terrestre , et ne mit pas toute sa confiance en Dieu. Car iorsqu*il vit qu'il devoit chercher son pain sur la terre , et prendre se» vêtemens des enfans de la terre, alors il ne s'occupa plus que des arts d'invention pour voir comment il pourroit trouver le trésor , et ensuite le posséder quand il l'auroit trouvé , atin qu'il eût toujours d© quoi se suffire , ne voyant plus Dieu. Alors il fit confhie Israël que Moïse conduisit hors de l'Egypte; lorsqu'ils ne le virent plus , puisqu'il étoit sur la montagne;, ils commencèrent leur danse et leur faux culte , et ne songèrent plus à s'informer où étoit
Moïse. «9
8. Enfin , c'est ainsi que Caïn a bâti son règne terrestre , et a commencé à chercher toute espèce d'arts , non-seulement dans l'agriculture, mais dans les métaux ; et en outre , selon les sept esipriis de la nature , ce qui se voit bien dans la lettre [«oiV dann le nom deCaïrijSoU dans les traditions]^ dans laquelle lettre, nos écoles veulent être maîtres; mais dans la base elles n'ont jias encore été écoliers.
9. On reconnoît bien que les anciens ont eu dans les mains la lumière de la teinture dans laquelle ils laisoicnt leurs découvertes ; (quoiqu'ils ne la connussent pas entièrement ) ; car les péchés n'avoient pas encore été beaucoup multipliés sur la terre. C'est pourquoi aussi les mystères ne leur étoient pas si fortement cachés , et tout étoit aisénient trouvé , particulièrement par Adam qui avoit les mystères dans la maiu , et qui avoit 1 assé de$
CH. 2LI. ( i85 )
merveilles du paradis dans les merveilles de ce monde. Non-seulement il connoissoit l'essence, l'espèce et les propriétés des animaux , mais aussi celles de toutes les plantes et des métaux ; il connoissoit encore le fondement des sept arts libéraux , et des sept formes de la nature, quoique non pas si fondamentalement ; mais il étoit l'arbre duquel ensuite toutes les branches et les racines poussoient.
10. Toutefois il a connu la profondeur dans le centre de la génération , beaucoup mieux que nous dans nos écoles ; cela est prouvé par la langue , en ce qu'il a donné les noms à toutes choses , à chacune selon .son essence , son espèce et ses propriétés , comme s'il avoit été placé dans toutes choses, et qu*il eût éprouvé toutes les essences; tandis qu'alors il ne connut les essences que par leur «o/r, par la forme de leur aspect , et par l'odeur et le goût , et qu'il ne connut les métaux que par l'éclat de la teinture et dans le feu , comme cela es| encore facile à reconnoître.
11. Car Adam éloit le cœur de tontes, les choses dé ce monde, et créé de l'originel de toutes choses. Soil ame brilla du premier principe par le second; «t sou corps étoit de l'élément, de BARMj ou génération de la puissance divine devant Dieu, lequel corps s'introduisit «dans l'exlra-géuéralion de l'élément , c'est-à-dire, dans les quatre élémens, et entièrement dans l'esprit de ce monde, ou dans le troisième principe. C'est pourquoi il avoit eu en soi la teinture de tous les êtres avec laquelle il alteignoit dans toutes les essences, elles éprouvoit toutes,
11
( 186 ) « "•
««us le de! , «ur la lerre , dans le feu , l'air, l'eau , et dans tout ce qui en étoit enj<endré,
la. Ainsi une teinture a saisi l'autre, celle qui «st forte a soumis à l'épreuve celle qui est foible, et a donné à toutes choses son nom selon ses essences } et le vrai fondement de la chute d'Adam Tient de ce qu'il a passé de ce qui est éternel, dam l'exlra-génération de ce qui est périssable, et de ce qu'il s'est revêtu de l'image corruptible, ce que Dieu lui avoit défendu.
,3. L'on voit ici les deux fortes régions de I eternité , qui ont été en combat Tune et l'autre , et qu. T sont toujours , et le combat demeure en éler.ué. En effet il est aussi de toute éternité entre la tolère, et k douceur. ( Car s'il n'y avoit aucune colère , il n'y auroit aucun mouvement dans l étet- »ilé. Mais la colère, selon ce monde , ne domme ««e dans le règne «le l'enfer, et elle fait dau. le eiel la joie qui s'élève au plus haut degré. )
,4. Dans la lumière île la nature , nous pouvon. hautement con.idé.-ef et découvrir comment U colère e*t 1. racine de toutes choses , et est en outre l'origine de la vie; comment c'est dans elle seule „«'e«sle.Ute puissance et la force, et qued elle seule sortent les merveilles-, enfin comment, sans la ce 1ère il n'y auroit aucune MUis^biliU, mais tout leroi't un rien , comme cela a été dit ci-dessus.
ï5 Alors nous trouvons comment la douceur est la force e1 l'esprit , en sorte que oii la douceur n'est tas , la colère en soi n'est rien que les ténèbres et Tue mon , et qu'en elle aucune production ne peu»
s'élever , ni engendrer et manifester «es merveille».
16. Nous trouvons aussi que la colère est la cause des essences , et la douceur une cause de la joie , de l'ascension et de l'expansion des essences ; eu outre , que l'esprit est engendré par le bouillonnement, ou l'ascension des essences, et qu'aussi la colère est la source de l'esprit , et que la douceur
est sa vie.
17. Mais enfin aucune douceur ne peut être sans la lumière , car la lumière fait la douceur. De même aussi aucune colère ne peut être sans la lumière ; car la lumière fait un désir dans les ténèbres ,• et cependant là il n'y aucunes ténèbres , mais le désir fait les ténèbres dans la volonté , en sorte que la vo*- lônté attire à soi , et imprègne le désir , qui par Ik devient épais et ténébreux, car il est plus substantiel que la volonté: c'est pourquoi il ombrage la vo* lonté, et il est les ténèbres de la volonté*
î8. Et lorsqtie la volonté est ainsi dans les tétîèbres , elle est dans l'angoisse , car elle désire d'être hors des ténèbres , et le désir est le bouillonnement et Vattirement en soi-même. Là , cependant on ne sent rien qu'une source coléri<iue en soimême , laquelle par son attirement , produit la rudfesse et la durelé , ce que la volonté ne peut pa» supporter , et elle remue ainsi la racine du feu dans réclair, comme cela a été dit ci-dessus. De là la voîonlé reconçue passe de l'éclair dans soi-même; ^lle disperse les ténèbres , et demeure dans les té^ îièbres dispersées , dans la lumière , dans une joie aimable, en soi-même 5 apiès laqnello joie la vo-
( r88 ) en. 21 -
lonté dans les ténèbres soupire toujours; de là résulte le désir, et c'est ainsi une élerneiie alliance , qui ne peut jamais être rompue.
19. Or alors la volonté travaille dans les portes brisées, de façon qu'elle manifeste ses merveilles par elle-même, comme on le voit sufKsamment à la création de ce monde , et en toutes les créatures.
20. Mais nous n'exposerons point ici «ne seconde fois la base de la divinité tout aussi amplement que nous le pourrions , et qu'elle nous est connue; nous croyons cela inutile. Vous le trouvez ci-devant à Iti corporijication d'un enfant dans le sein de sa mère. Nous l'établissons ici, pour que l'on comprenne la ré«;ion de ce monde , et nous donnons exactement et à reconnoître , et à comprendre au lecteur comment la région du bien et du mal sont l'une dans l'autre ; comment c'est uoe loi imprescriptible , en sorte que l'une est engendrée de l'autre , et que l'une passe de la seconde dans une autre , qui n'étoil pas dans le commencement : c'est ce que tu peux apprendre de l'homme, qui, dans son comraeycement , est conçu dans la volonté de l'homme et de la femme : savoir , dans Xelimbus, et dans la matrice, dans la teinture, et qui est semé dans un champ corruptible et terrestre. Là alors la première teinlure dans la volonté se brise ; sa teinture propre s'élève hors de la chambre d'angoisse , des ténèbres et de la mort , hors de la source angoisseuse. Elle fleurit au travers des ténèbres dans les portes brisées des ténèbres , en
e». lié ( i8g )
«oi-même, comme une joie aimable, et elle engendre ainsi sa lumière, de soi-même, de ï^âpreté angoisseuse : là alors dans la lumière sort la source infinie des pensées , lesquelles font un trône et une région pour la raison qui gouverne toute la maison, et désire d'entrer dans la région du ciel de laquelle elle n'est pas issue. Car maintenant ce n'est pas la volonté originelle qui désire d'entrer dans la région du ciel , mais c'est la volonté recoiiçue de la source de l'angoisse , qui désire d'entrer en Dieu par les profondes portes.
21. Or, comme cela n'étoit pas possible à l'esprit de l'homme , quelque fortement qu'il le tentât , alors Dieu devoit entrer de nouveau dans l'humanité, et aider à l'esprit de l'homme à briser les portes des ténèbres pour qu'il pût entrer dans la vertu divine. • 22. Maintenant il vit en deux sources qui toutes deux l'attirent et veulent l'avoir ; savoir : 10. dans la source colérique, laquelle source est les ténèbres de l'abîme ; et ensuite , 2®. dans la vertu divine , laquelle source est la umièic et la joie divine dans les portes brisées du ciel , ainsi que le mot himmel^ ciel , a dans le langage de la nature , son sens particulier et pénétrant , tiré de la puissante pression , et de la prise de possession. Là il reste posé avec la racine dans le tronc de l'éternité, ce dans quoi il faut entendre , avec raison., la toute puissance. Or c'est ce que le maître docteur ne veut pas croire , car il n'a là-dedans aucune connoissauce j cela appartient au lys.
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( 190 ) CH. %U
aS. Ainsi Vbomme est tiré et retenu des deux côtés; «liais le centre est eu lui, et il tient la balance entre les deux volontés 5 savoir : entre la volonté la plus originelle, et entre la volonté reconçue pour le royaume du ciel. Chaque bassin est un opérant qui construit et substantialise ce que rhomme laisse entrer dans sa base affective : c^r la base affective est le centre de la balance ; ]çs pensées sont les poids qui vont d'un bassin dans l'autre. En eSct l'un des bassins est le règne de l'aprelé et de la colère , et Tau Ire est la renaissance daus la vertu de Dieu , dans le ciel.
24. Maintenant , vois , homme, comment tu es à la fois terrestre et céleste , mélangé en une seule personne ; tu portes l'image terrestre et aussi l'image céleste en un seul individu ; ea outre tu es de la. source colérique, et tu portes sur toi l'image infernale qui croît dans la colère de Dieu , de la source de l'éternité.
25. Il en est aussi de même de la base affeclîve : la base affective tient la balance -, et les pensées mettent les poids dans la balance. Or pense à ce dont tu charges la balance par les pensées ; tu as le royaume du ciel en ta puissance. Car la parole de la veriu divine s'est donnée à toi dans le Christ , en propriété 5 tu as aussi le royaume infernal pour barrière dans la racine , et tu l'as en propriété par droit de nature ; tu as aussi en propriété le royaume de ce monde selott ton humanité reçue d'Adam.
26. Maiptenant vois ce que tu laisses entrer dan»
ta base affective par les pensées. Car lu as dans chaque règne un opérant ou un constructeur qui réalise ce que tu poses dans la balance par les pensées; en effet tout consiste dans la subslantialisation et lu es dans ce corps comme dans un champ ; ta base affective est le semeur , et tes trois principes sout la semence. Ce que ta base affective sème , ton corps en végète; tu moissonneras cela en toi-même. Lors donc que le champ terrestre se brise, le nouveau corps qui a végété est dans sa perfection , soit qu'il ait poussé dans le royaume du ciel , ou dans la royaume de l'enfer.
27. De ceci tu peux reconnoître et établir comment le royaume de ce monde a été engendré ; comment l'un est dans l'autre , et comment l'un est le coffre et le contenant de l'autre. Là cependant il n'y a de compression pour aucune chose , mais tout est libre en soi-même ; l'homme est manifesté dans tous les trois principes , et cependant n'en connoit aucun dans la base , à moins qu'il ne soit engendré des ténèbres dans la lumière. Alors cette même source connoît la colérique éternité , et en outre la génération de Téternité ;mais il ne lui est pas possible de scruter à fonds la lumière ; car il en est enveloppé , et c'est sa demeure. C'est ainsi qu'il est par ce corps, dans ce monde ; par l'origine de l'ame, dans la colère de l'éternelle source ; et par la noble fleur de Tame , dans le royaume du ciel auprès d& Dieu. Et il est un prinoe dans le ciel , et dominant • sur l'enfer et la terre : car la source colérique ne le touche pas ; mais k ifleuraitJR fait , dg la source
( 194 ) y en. at.'
colérique , le paradis de la joie quî s'élève hauleluent dans la source.
a?. El tu vois , homme terrestre , comment tu vis ici en trois principes , pourvu que la base offeclive s'incline vers. Dieu j mais si elle ne s'inclino que vers la source de ce monde, alors tu restes devant le ciel , et tu «èmes avec deux principes ; sa* voir : avec l'esprit de ce monde , et avec la source colérique de réternité.
La source du royaume antichrétien,
^9. L'homme a possédé ce monde , et s'est bâlî uneréjiion pompeuse pour sa gloire , comme cela se voit. Or , à la vérité il n'est pas perdu pour cela (quoique ce soit une cause de péchés ), puisque Pieu lui a envoyé dans la chair , par sa grâce , son précieux cœur , afin qu'il pût , par ce même cœur y relourner de la chair dans le règne célesle. Mais maintenant il faut que son corps terrestre ait sa nourriture , afin qu'il puisse vivre et se reproduire; et les gouverneraenset les arts de ce monde existent par celle nécessité , dont le corps terrestre ne peut se passer. Ces régimes et ces arts sont supportés par la patience divine , afin que les quatre merveilles soient manifestées.
3o. Mais sa condamnation est qu'il ne sème que la semence terrestre et infernale, et qu'il laisse laseTnence céleste dans son réservoir ; il demeure devant le ciel , et ne court point pour cela après la noble semence j mais il donne à Dieu de bonnes
c-if. 21, ( 193 )
paroles , pour qu'il lui soit favorable, et l'admette dans sou royaume ^ et il ne sème que les plantes sau* vages du démon dans le corps et dans l'ame. Quel sera donc le nouveau corps qui croîtra ? sera-t-il dans le ciel , dans le saint élément , ou bien dans l'abîme? ou bien doit-on jeter les perles devant les pourceaux ?
3i. Si ton constructeur ne bâtit pas en toi l'image de Dieu , mais l'image du serpent , comment veux* tu conduire ta bête dans le royaume du ciel ? penses-tu que Dieu reçoive des vipères et des aspics dans les portes brisées de la régénération , dans la glorieuse habitation ? ou bien penses-tu qu'il soit curieux de ton hypocrisie ', par laquelle tu lui as bâti de grandes maisons de pierres, où tu étales ta fausseté et ta^ompe ? peut-il faire cas de tes sonneries et de tes chants , si ton cœur est un meurtrier et ua déi^orateur ? Il veut avoir un homme régénéré qui s'approche de lui dans la justice et dans la crainte de Dieu. C'est celui-là que le briseur de serpent prend dans ses bras ; il le forme en image céleste et c'est un enfant du ciel et non pas comme toi , ua animal astucieux.
32. Maintenant on demande : Pourquoi te nomme-t-on l'antechrist ? Ecoute. Tu es le contrechrist , et tu t'es bâti un règne apparent et fourbe , avec une grande pompe où tu exerces ton hypocrisie* Tu portes les lois de Dieu sur tes lèvres , et tu les enseignes ; mais tu les dénies par ta domination et tes œuvres. Ton cœur n'est enclin qu'à l'esprit de ce monde j ton règne d'hypocrisie n'est dirigé qu« II. i3
( 194) en. iT.
fisrs ta gloire i afin que tu sois en évidence. Il faut que l'on plie les genoux devant toi , comme si tu ëtois le Christ , et tu as un cœur cupide , semblable ià celui d'un loup dévorant.
33. Tu te vantes d'avoir les clefs du ciel , et tu «8 toi-même dans l'abîme. Ton cœur est suspendu à cette ciel et non pas au cœur de Dieu. Tu as mis ta clef dans le trésor , et non pas dans les portes du briaement , dans la confiance en Dieu ; tu fais des
lois , et tu n'en observes aucune [/« supprimé
ici des répétions superflues.]
34. Tu pries devant Dieu ; mais dans ton esprit animal. C'est l'esprit de ce monde et non pas Dieu, t|ui reçoit ta prière 5 car ton cœur est un dévorateur, et il s'insinue dans le détforateur\\u ne désire pas sin* cèrement d'entrer en Dieu , mais seulement historiquement , avec une bouche hypocrite , et ton cœur ne s'attache ardemment qu'à l'esprit de ce monde. Tu ne désires que les biens et les honneurs temporels , avec la puissance et l'autorité dans ce inonde , par lesquelles tu attires à toi la région de
cse monde.
35. Tu opprimes tout-à-fait le malheureux , tti le subjugues par les nécessités ; tu paralyses toutes ses facultés 5 afin qu'il suive ta bête , et qu'il s'extasie devant toi : aussi est-il un serviteur de Tantechrist.Ta bête sur laquelle tu montes , est ta puissance et ton autorité que tu usurpvs pour toi seul.
Yu te remplis des larmes des misérables ,
dont les soupirs percent au travers des portes de }a profoBdeur jusqu'à Dieu , et par leut forte pression , ils émeuvent la colère de Dieu dans ta bête ' comme le sang d'Abel Pa remuée dans Caïn. [/'J retranché ici quelques déclamations. ]
36. C'est ainsi que tu viens porté sur ta monture insenjiée; que lu marches devant Ja porte du ciel ; que tu désires l'amendement ; eJ tu es dans ta fiaurj un animal dévorant. Que dira là-dessus SaintPierre? crois-tu qu'il te donnera la clef du royaume tlu ciel ? O 1 non , il n'en a t>oint pour les loups , Il n'en a qu'une pour lai 5 il n'en a jamais eu aucune à prêter.
37. yeux - tu entrer dans le ciel ? Il faut te dé^ pouiller de ta forme de iuup , et te revêtir de la peau d'un agneau 5 non point avec hypocrisie , dans un coin , dans un cloître ou dans un dt^sert ; mais sincèrement , dans la nouvdie renaissance. Ta lumière doit briller dans la justice et la miséricorde , contre le royaume du démon , et détruire son antre par de bonnes œuvres envers les opprimés.
38. Ecoute , toi, détracteur antichrétien, ce n'est pas assez que tu sois là et que tu dises : J'ai la vraie base de la cx)nnoissance quimèneau royaume du ciel j'aitrouvélavraie religion; ni que tu juges quiconque n a pas ta connoissance ou qui n'adhère point à tes opinions. Tu dis qu'il est un hérétique et un démon ; et tu es un animal dévorant. Par fa colère" lu ne fais qu'égarer le troupeau , et tu le rends médisant , de façon qu'il maudit ceux qui ne connoissent ni lui ni toi, comme firent les Ephésiens à Saint- Paul. Crois-tu que tu aies chassé le loup par ^^ 0«»i 3 chacun veut dévorer O ! aveugla
t, I;
( 196 ) CM. ax.
Babel , ce n'est pas là dedans que le royaume du Christ se place 5 mais bien le règne calomniateur anlichrélien dans la Babel de confusion. [J'ai crupouvoir encore supprimer ici quelques déclamation^.^
39. Mais que resle-t-il à dire ? n'est-ce pas là comment agit le démon? Quand on commence à tourmenter son royaume dans un lieu , alors il soufiQe la tempête dans tous les autres lieux. Parmi les enfans de Dieu , il excite l'esprit de censure ; et dans les hommes-animaux du monde , le démon souffle une vraie dérision toute mielleuse ; car ils ont le royaume du Christ en histoire, et le royaume du démon en propriété.
40. Que te sert ta science , toi , antechrist , et que tu saches parler du royaume du ciel , de la passion et de la mort du Christ , et de la nouvelle régénération en Christ , [si tu en es dénué , et que tu ne sois que dans l|'hi<ilorique ? ta science ne sera-t-elle pas un témoin contre toi , et qui te jugera ? ou diras-tu que tu n'es pas l'antechrisl eu Babel ? Tues certes l'hypocrite -, tu engraisses ta b^te de plus en plus , et tu es le décorateur dans la révélation de Jésus-Christ. Ce n'est pas seulement dans une ville que tu demeures ; mais tu as possédé l'étendue de la terre : je t'ai vu dans l'esprit , c'est pourquoi j'écris de toi , toi , merveille du monde , du ciel elde l'enfer.
41. Ainsi ce rëgne a pris son commencement avec Caïn , et tient son fondement du démon qui est un détracteur de la divinité ; car le démon ne désire que la forte et puissante ascension dans sa
propre autorité sur les trônes du ciel ; mais il nei peut pas y atteindre : c'est pourquoi il est si furieux ; sa source est dans l'angoisse , non pas pour la génération, mais pour le tourment de feu.
Du royaume! du Christ en ce monde,
r42. Or donc, puisque l'homme étoit entré dans l'esprit de ce monde, et qu'il avoit alors en soi toutes les portes 5 savoir : le royaume du ciel aussi bien que le royaume de l'enfer , ainsi que le royaume de ce monde , et qu'il devoit vivre ainsi dans le froissement entre le ciel et ce monde ; là le démon a éveillé un railleur l'un après l'autre 5 il a élevé le royaume de la colère , et l'a sans cesse excité contre les enfans de Dieu, en sorte quelemonde a été plein de tyrans , d'hommes bestialement sanguinaires , de meurtriers et de voleurs. Comme la cupidité avoit poussé , alors l'office d'administrateur étoit très nécessaire pour contenir par force les im^yies instigateurs.
43. Et on voit comment la providence divine est venue au secours du royaume de ce monde , et a éveillé par l'esprit de ce monde , des régens qui infligeassent la punition ;mais l'esprit de Dieu se lamente sur eux de ce qu'ils sont devenus des tyrans qui ont tout foulé impérieusement. L'église d'Abet dans l'amour , n'est point composée de ces régeus ; mais ils dévoient être la forte puissance de Dieu pour contenir les malfaiteurs.
44. En effet les juges et les rois, aussi bien quô
iti*
l .
( 198 ) ca. 21^
les princes et les gouvernans , sont les ofBciers de Dieu dans la maison de ce monde. Dieu les a établis à cause des péchés , pour qu'ils les retranchent sévèrement , afin de s'opposer aux impies et aux malfaiteurs.
45. Leur étaia sa base d^^ns l'origine de l'essence de toutes les essences , où Dieu dans le commencement a créé des trônes selon son éternelle sagesse ; car là , dans le ciel aussi bien que dans l'enfer, il y a des souveraïueiés prifices-trônes , et aussi une région selon les sept esprits de l'éternelle nature , ce dont ici il ne faut pas parler beaucoup ; car le monde croit impossible de le savoir , tandis que cependant un esprit né en Dieu perce dans le royaume du
ciel. 46. Ainsi un fidèle jugeqni juge selon la justice,estlo représentant de Dieu dans le royaume de ce monde, afin que par là il n'ait pas besoin|de répandre continuellement sa colère sur les peuples. Aussi il leur a mis l'épéc dans la main , pour protéger le juste , et pour punir le méchant ; cl si le juge exécute cela ëquitablemeut , dans la crainte de Dieu , et non pas avec partialité ; alors il est grand dans le royaume du ciel ; car il agit pour la justice , et il brille comme le soleil et la lune au-dessus des étoiles.
47. Mais , s'il est un tyran qui ne fasse que dévorer le pain de ses sujets; qui n'orne sa couronne qu'avec de l'orgueil et l'oppressioû des malheureux ; qui ne coure qu'après la cnpidité, et ne regarde les malheureux que comme ses animaux de service ; .qui »e fasse consister son emploi quedanf les volupCH. 21. ( 19c) )
tés , et ne veuille point écouter les opprimés ; alorë il est un prince qui s'élève poyr le tourment , un régent dans le règne de Tantechrist ; il appartient à la classe des tyrans , et il voyage sur la monture de l'antechrist.
48. Maintenant il nous faut considérer comment la vraie église chrétienne est aiusi enveloppée pai» l'église caïnique anli-cjirétienue , et comment elles vivent dans ce monde en un seul règne. De même que le premier principe embrasse tout, et cependant ne comprime, ni ne retient rien, mais que le royau* me du ciel est de toute éternité engendré de la colère, comme une belle et odorante fleur Pest de la terre sauvage ;
49. De même l'église sainte est dans l'église antîchrétienne : là elles vont toutes deux ensemble prier devant Dieu ; l'une est accueillie de Dieu , Paulre de l'esprit de ce monde : chaque image va dans sa région.
50. Il M*y a rien de plus caché dans ce monde que le règne du Christ, et aussi il n'y a rien de plus manifesté que le règne du Christ : et il arrive souvent que celui qui croit l'avoir , et vivre dans ce règne , ne l'a pas 5 il a le royaume de l'antechrist y et il est un hypocrite et un railleur , en outre uit meurtrier, et il a la figure du serpent .• aussi soa cœur n'est-il que le cœur cupide d'un loup, et il n'est point dans la figure angéiique.
5i. Au contraire, plusieurs sont dans de grandes angoisses, soupirent après cette église, se renouvellent avec beaucoup de fatigues , et voudroient
( 200 ) CH. 21.
Bien la posséder , mais le démon se rue sur eux ; il éveille la colère et le découragement , il les ombrage par de gros péchés, de façon qu'ils ne se connoissent pas eux mêmes. Alors le doute et Tirapatience s'emparent d'eux ; mais leur cœur est toujours dans l'angoisse ; il voudroit bien sortir de la méchanceté, il se porte toujours vers l'amendement, souvent avec douleur et d'ardens soupirs: mais le démon lui présente ses péchés , et lui verrouille la porte de la grâce, pour qu'il reste dans l'inquiétude et le doute.
52. Tandis qu'il sème la perle dans son trouble désespérant, le démon la lui cache, pour qu'il ne la connoisse pas , et qu'il ne seconnoisse pas luimême. Il sème dans le royaume de Dieu , et ne connoît pas ce qu'il sème ; mais seulement la semence des péchés et de l'instigateur.
53. Or alors il ne consent pas au péché ^ qu'il commet cependant lui-même, mais le démon l'accable avec ses bataillons , en sorte que l'homme adamique fait dans la colère ce que ne veut pas l'homme nouveau-né dans le saint élément. Quoique maintenant il fasse ceci, ce n'est pas cependant l'homme nouveau dans l'image qui le fait, mais le vieil homme dans la colère.
* 54. C'est pourquoi il y a en lui un perpétuel combat , et il court toujours vers la pénitence. Là cependant l'homme dans la colère ne peut pas atteindre le lys , mais l'homme caché le peut,
55. C'est ce qui fait qu'il est souvent dans le doute et dans l'impatience 5 il y a un grand combat
ch. 2r. ( 201 )
dans un tel homme , et il ne se connoît pas. Il nâ connoît et ne voit que sa méchanceté , et il est cependant engendré en Dieu : car son esprit brise continuellement les portes des ténèbres ; mais la colère , qui est en lui, le retient , pour qu'il n'entre pas. Malgré cela, il obtient quelquefois un coup d'œil, dont l'a me devient joyeuse , et la noble perle est semée dans une vallée tout-à-fait ténébreuse.
56. Si donc il se souvient de l'agréable et ancien goût de la perle , qu'il a goûtée ; aussitôt l'arae voudroit percer l'obstacle , et elle cherche la perle. Alors vient l'esprit de ténèbres, qui la lui cache, et il y a tempête et combat au sujet de la perle : chacun veut avoir son droit 5 l'ame veut la posséder, mais le démon la couvre, et jète devant l'ame la colère et les péchés. C'est là-dedans qu'elle a à se contempler : là alors surviennent souvent la foîblesse , le découragement , en sorle que la pauvre anie devient souvent abattue, timide et tremblante; elle reste ainsi ichmobile , et pense toujours à de nouvelles voies pour l'amendement , pour savoir comment elle pourra obtenir la perle.
57. Mais l'instigateur est un artificieux, et il vient alors avec les régions de ce monde , avec l'attrait charnel de ce monde, avec les honneurs et les richesses temporelles ; il retient la pauvre ame , pour la faire mordre à la pomme aigre. C'est ainsi qu'il en conduit plusieurs , pendant long-tems , enchaînés à sa chaîne , dans la colère de Dieu.
58. Mais si le noble grain de sénevé est semé ,
!!
( 202 ) Ç0. 21]
a1or« la noble vierge de Dieu ou la sophie 1q protège , et rappelle sans cesse à la pauvre ame ^ qu'elle doit courir vers la pénitence , et entrer eu combat avec le démon. Ohl qu'il y a touie^ fois une merveilleuse voie pour les e^fans de Dieu dans cette misérable maison de chair , quoique Cependant la raison de l'hypocrite ne puisse ui le comprendre , ni le croire ! U n'j a que celui qui l'éprouve qui le sait.
5g. A la vérité , cette précieuse connoi6sanc# n'a lieu qu'autant qu'il a vaincu dans la teni* péta et surmonté le démon , et que l'am^ a ^t" teint une fois la porte du ciel , en sorte qu'<ell9 ait reçu la couronne de héros que la très aimable vierge de chasteté ou sopuiE lui donne comme un signe de victoire, qu'elle a remportée en soa cher déi'enseur Christ. Alors se dévoile la connoissance des merveilles ^ mais non pas entièrement complète.
6o. Car l'ancien ennemi est subtil et puissant; il contrarie toujours l'ame, cherchant à l'affliger et à la tromper. S'il ne peut pas la surmonter par les péchés , alors il commence contre elle une guerre extérieure , et excite contre elle les enfans de la méchanceté pour qu'ils la méprisent , la raillent , la honnissent et lui fassent toute» sortes de maux ; pour qu'ils l'aviUssent dans son corps et dans ses biens ; qu'ils la couvrent de ridicules , de reproches et de calomnies , et la regardent comme une victime expiatoire du monde ( i. cor. 4 : i3 ). Ils lui présentent devant les
en. sr. ( io3 )
yeux ses iitperfeclions , et sî elle repousse leurs calomnies et lenr injustice , alors ils la regardent comme une hypocrite.
61. Ce ne sont pas seulem^âit les enfans de la méchanceté qui agissent ainsi , mais souvent le .démon enrôle contre elle , dans ses troupes , lés pauvres âmes des enfans de Dieu, en sorte que, dans leur aveuglement , ils deviennent des fou^ furieux , comme Saul envers Etienne à Jérusalem ( act : 7 ). Ainsi la pauvre ame doit se baigner dans les épines et les ronces , et toujours s'attendre que la tempête du monde méchant va martyriser son corps.
Xa valeurruxe porte de la pauvre etme,
6z. Ici la raison dit : Quel remède y a-t-il donb pour la pauvre ame ? que fera-t-elle dans ce bain d'épines et de ronces ? Vois , nous allons tè montrer le remède de ïa vierge sok*uiE , tel qu'il nous a été donné comme une puissante consolation , et nous écrivons cela comme un stable rtiémorial pour nous ; car nous en avons nous-mêmes grandement l>esoin , comme ayant déjà sué passablement long-tems dans ces épines et ces ronces , dans lesquelles nous avons obtenu aussi cette cou« ronne : c'est pourquoi nous ne devons pas rester muet , mais opposer le présent de la soi'HIê contili foutes les portes du démon.
63. Vois, toi,pauvre ame,dan5 ton bain d'épines ; oè es ta demeure ? es-tu chez toi dans ce monde ?
pourquoi ne cberches-tu donc pas la faveur et l'amitié du monde ? pourquoi ne t'occupes-tu pas des honneurs temporels, de la cupkiité et des richesses, afin que tu sois heureuse dans ce monde ? pourquoi te rends-tu insensée pour le monde , et es-tu pour chacun comme un oiseau de mauvais augure , ou hien comme leur marchepied ? pourquoi te laisses-tu mépriser par ceux qui sont moius que toi , et qui ne savent pas ce que tu sais ? ne pourrois-tu pas aussi t'associer avec les hypocrites ? Alors tu serois chérie, et il ne l'arrivéroit aucuu mal ;tu serois plus en sûreté pour ton corps et tes hiens , que dans cette voie , où tu n'es pour le monde qu'un hibou et une insensée.
64. ]Vilais ma chère vierge Sophie répond : Toi y mou cher amant que j'ai choisi , marche avec moi ; je ne suis pas de ce monde ; je veux te mener de ce monde dans mon règne : là il n'y a que du repos at du bien aise. Mon royaume n'est qu'une pure joie , qu'honneur et gloire. Il n'y a point d'instigateur dans ce royaume là. Je veux t'orner de la gloire do Dieu, et te parer avec mes beaux ornemens. Je veux te rendre souverain dans le ciel et un ^ugo dans ce monde. Tu dois concourir au jugement de l'instigateur dans la méchanceté ; il doit devenir l'escabeau de tes pieds ; il ne doit point ouviir sa gueule contre toi ; mais il doit être éternellement verrouillé dans ses portes colériques. Tu dois manger à ma table ; il n*y doit rien manquer , ni s^ rien trouver qui puisse répugner à ton goût. Mon fruit est plus doux et plus aimable que le fruit d« oq
CH. ai. ( 2ô5 )
monde ; jamais il ne te fera de mal. Toutes tes occupations ne ^ont qu'une aimable joie et de saints entretiens. Autour de toi, tu n'apercevras qu'une vraie bumilité dans un grand amour. Tous tescompagons sout si beaux que tu dois les voir tous avec joie. Pourquoi prises-tu celte vie périssable ? Tu dois entrer dans une pie impérissable et qui dure toujours.
65. Mais j'ai quelque chose contre toi. Je l'ai retiré du bain d'épines , où tu étois une bête sauvage , et ensuite je t'ai figuré à mon image. A présent ta béte sauvage est dans le bain d'épines. Je ne la prends point dans mon sein ; tu es encore dans ta béte sauvage. Lors donc que Vunivers prendra ta bêle sauvage qui lui appartient , alors je te prendrai pour moi ; et chacun aura ce qui est à soi.
66. Pourquoi chéris-tu si fort la bête sauvage qui ne fait que te tromper? En outre, tu ne peux pas la garder avec toi : aussi n'est-elle pas à toi , snais a l'univers : laisse l'univers faire d'elle ce qu'il voudra , demeure avec moi. Il n'y a plus qu'un moment pour que ta bêle se brise 5 alors tu en sera» délivré , et tu demeureras avec moi.
67. J'ai de plus, une loi dans mon amour : ce n'est pas seulement toi que je désire, mais encore tes frères et sœurs dans le monde, qui la plupart ne sont pas encore régénérés , et que l'instigateur tient prisonniers. Tu ne dois pas cacher ni enterrer tes perles; mais les leur montrer , afin qu'ils viennent aussi dans mes bras. Ta bouche ne doit point être fermiei lu dois marcher dans ma loi^ et dire la vérité.
I >
( 206 ) CH« %té
68. Et quoique rinstigateur t'environne', et veuille t'expulser, cepeudaut quelque soit sa fureur , il j a un tems prescrit pour ta bêle ; l'instigateur ne peut pas la briser plutôt qu'à son terme J et lorsqu'il la brise , cela n'arrive cependant quq pour les merveilles de Dieu , et pour ton plus gran4 bien Toutes tes égralignures ( c'est -à- dire , tes meurtrissures et tes blessures) dans le bain d'épines, doivent le rester dans mou royaume , comme des parques glorieuses de ta victoire ; tu dois en avoir une grande joie devant les anges de Dieu , en ce que lu as mépriié l'iustigaleur, et que tu es passé d'une génération sauvage dans une angélique. Combien te réjouiras-tu lorsqu'en pensant à ta béte sauvage qui t'aura tourmenté jour et nuit , lu l'en sentira*
délivré !
69. Si un grand honneur t'attend, au lieu de la honte, pourquoi l'affliges-tu? Monte hors de ta bêle sauvage , comme une fleur hors de la terre. Mai* toi , bêle sauvage , penses-tu que mon esprit soit fou , de ce qu'il l'abaisse , et te regarde comme peu de chose ? Tu dis : Je suis , à la vérité, ta bête , et tu es engendré en moi ; si je n'avois pas poussé , tu n'aurois pas poussé non plus. Ecoute , ma béte , je suis plus grand que toi; lorsque tn étois encore à être, j'étois ion maître ouvrier. Mes essences sont de la racine de l'éternité ; mais tu es de ce monde , et tu passes. Four moi je vis éternellement dans ma source; c'est pourquoi je suis beaucoup plus noble que toi. Tu vis dans une source colérique 5 mais je 'jpçi^X pkicer xaa soucce colérique dans la lumière ^
cw. at. ( 107 )
dans l'éternelle foie. Mes œuvres sont en effectivité , «t les liennes demeurent dans la figure ; lorsque je serai une fois délivré des tiennes, je ne te prendrai plus pour ma béte,ott />o«r ma monture .mais bien mon nouveau corps que j'ai engendré en toi du saint élément, dans la racine la plus profonde. Je ne veux plus avoir tés grossières productions des quatre ëléraens ; la mort t'a englouti ; mais je pousse hors de toi avec mon nouveau corps , comme une fleur pousse de sa racine. Je veux l'oublier ; car la majesté de Dieu , qui t»a maudit avec la terre , a enté de nouveau ma racine en son fils , et mon corps croît dans le saint élément devant Dieu. C'est pourquoi tu n'es que ma bête sauvage , qui me tourmente et me flagelle,et sur laquelle voyage le démon, comme sursamonture maudite. Si le monde seraoc-' que de toi , je ne m'en soucie pas , il le fait par rapport à moi ; cependant il ne me peut pas voir, et ne me connoît pas ; pourquoi donc est-il si fou ?' Il ne |)eut pas me tuer ; car je ne suis pas en lui.
70. Mais qu'est-ce que l'esprit doit dire? Toi, monde insensé , tu es néanmoins mon frère ; les essences de mon esprit te louchent. Sors de ta bête , alors j'entrerai avec mes compagnons dans le jardin de roses , dans le lys de Dieu. Pourquoi restes-tu en arrière, et le laisses- tu retenir par le démon? u'esl-il pas cependant ton ennemi ? Il ne chasse qu'après la perle; s'il l'attrape , alors ton esprit devient un ver et une figure de bête. Pourquoi te laisses-tu enlever ton image angélique pour des voluptés temporelles, tandis que ces
( io8 ) CH- •*"
Voluptés ne sont que dans la bête périssable ? de quoi cela sert-il à ton ame? Si tu n'en sors pas, tu en auras un éternel chagrin.
71. Ou bien, qu'est-ce que le noble guerrier Christ dira à cela ? n'ai-je pas brisé la bête sauvage ? ne suis -je pas entré dans la mort, et n'ai-j'e pas retranché de ton ame les quatre éléinens,en outre la méchanceté du démon? n'aije pas enté ton ame dans ma puissance, pour que ton corps puisse pousser de nouveau de moa corps, et du saint élément devant Dieu? ne t'aije pas lié avec mon esprit ? n'ai-je pas fait une alliance avec toi pour que tu fusses à moi ? no t'ai-je pas donné mon corps pour nourriture , et mon sang pour breuvage ? ne l'ai-je pas donné mon esprit pour conducteur , et légué mon royaume en propriété? Pourquoi me méprises-tu, et t'éloignes-tu de moi? tu cours après les loups et les dogues. Tu heurles avec eux, tu ne cherches que la colère et comment tu pourras mordre ; tu ne te repais que de la colère. Que dois-je dire? je n'ai engendré aucune semblable bête dans mes souffrances et dans ma mort , par ma renaissance; c'est pourquoi je ne veux point non plus t'accueillir , à moins que tu ne sois engendré de nouveau en moi, en image angélique 5 alors ttt seras éternellement avec moi.
(209)
CHAPITRE VING-DEUXIExME.
De la nouvelle naissance de l'ancien homme adamique, en Chri:»t.
La fleur de la sainte végétation ; la noble porte du vrai christianiame,
I. Ayant écrit jusqu'ici de l'origine de l'essence de loures les essences , comment tout a pris son commencemeni ; et ayant montré ce qui demeure é.eruellemenl.ainsi que ce qui est passager I.OUS voulons maintenant exposer plus amplement ce qu ,1 y a de plus utile pour l'homme dan. ce qu Jl don faire et omelire ; nous voulons enseiifer auss. par-là ce que Dieu a toujours dit par son éternelle parole, par sou esprit samt , par Moïse et les prophètes ; aussi hion que ce que la bouche du Christ et ses apôlres ont dit ; ce que Diei* veut que nous, hommes, nous fassions, et ce dont il veut que nous nous abilenions.
2. Puisque nous , pauvres hommes adamiques , nous sommes passés avec noire père Adam et notre mère Eve, de l'héritage impérissable et incorruptible , de notre vraie patrie , dans une hôtellerie étrangère , dans laquelle nous ne sommes II. ,^
( 210 ) CH. 22*
point cher nous ; mais seulement comme des pèlerins ; et que là , nous devons toujours non» altendre , dans une grande souffrance, à ce que notre liôle étranger nous chasse , et nous dérobe nos propriétés , nos œuvres et les fruits de notre industrie , en sorte que nous nageons réellement dans une profonde mer de douleurs ; que nous nous baignons dans un bain inconnu d'épines et de ronces ; que nous savons très certainement et que nous voyons journellement devant nos yeux que nous sommes maintenant un peuple de voyageurs dans cette auberge ; que nous devons sans cesse présumer que le destructeur va venir et porter le ravage dans notre cœur, dans', notre esprit, et dans nos vertus^ ainsi que nous dépouiller de notre chair , de notre sang , et de nos biens j alors il nous est vraiment utile d'apprendre à connoître et à savoir le chemin de noire vraie patrie, afin que nous puissions , év/ler ces grandes et douloureuses misères, et eiitrer dans réternelle hôtellerie qui est notre propriété, et dont personne ne peut nous chasser.
3. Mais puisqu'il y en a deux de ces hôtellerits qui sont sans fin , et dont on ne sort point, et que Tune consiste en une joie éternelle , dans une grande clarté et perfection , dans un pur amour et clans la douceur ; et que l'autre consiste àatis une grande et éternelle perplexité, dans l'angoisse, le tourment, la faim et la soif, où jamais ne parvient aucun rafraîchissement de l'amour de Dieu ;
4. Alors il nous est utile d'apprendre , avec un
r.H. 22. (ait)
grand zèle , à connoître le vrai cliemîn de l'entrée dans la joie éternelle, afin que nous ne hurlions pas éternellement avec les chions du démon dans rbôtelleric angoisseuse.
5.0rdonclorsqne nousportons nos regards autour de nous , au ciel , sur la terre , vers les étoiles et les élémens , nous ne voyons aucune voie que nous puissions reconnoîlre, et où nous puissions entrer pour notre repos.
6. Nous ne voyons d'autre voie que celle de l'entrée de notre vie, et tout auprès d'elle la fin de notre vie, où noire corps va dans la terre. Tous nos travaux, nos arts et nos souverainetés passent en héritage à un autre, qui se tourmente aussi avec toutes ces choses , seulement pendant un peu de tems; alors il vient se joindre à nous^ et cela dure depuis le commencement du monde , et du^ fera jusqu'à sa fin.
7. Dans notre misère ^r///^//^ , nous ne pouvons
jamaisreconnoîtreoù notre espritdemeure, quand le corps se brise, et devient cadavre, à moins que'nous ne soyons de nouveau régénérés de ce monde. Alors nous pouvous bien demeurer dans ce monde , selon notre corps, et vivre, selon noire esprit et notro hase affective , dans un autre monde, qui est élernel, parfait et toujours nouveau , dans lequel notre
esprit et notre ame se revêtiront d'un nouvelhomme poury exister éternellement: or, dans ceci, nou« reconnoissons d'abord ce que nous sommes , et ou est notre demeure. 3. Car comme nous voyous clairement , et qu§
( 2tS ) ™- *
«ousconcevom, que nous prenons notre commencen,en. très .erresaemen. , q.-e no..s sommes semé, dans un champ Ctomme le blé dans la .erre ) , ou „o.re vie s'élève, croît, e. enKn fleur., comme le blé de la .erre. c. dans laquelle nous ne pouvons rien reconnoi.re de nous qu'une vie et une essence terrestres ; nous voyons bien auss. que le; étoiles et les élémeus inqualifient en nons, nous «onrrissen. , nous excitent , nous gouverneut. nous conduisent, nous remplissent, nous sout.ennent , r, rn.reli.-m.en. pendan. un tcms notre vu-, et ensuite , nous brisent, e. ,.ous réduisent en pouss.ere et en cendres, comme .on.eslosuu.res bè.es, arbres, herbes e. plan.es. Mais nous ne voyons pas après cela ce qu' .1 en es. de nous , si .ont es. fin. , ou b.eu si nous voyageons dans une autre vie avec «o.re espri. e. .on. ce q..i l'occupe. A.us. .1 nous es, u.fle d'app.end.e et de con.,oi.re la vra.e vo.e.
„ Or , Vêla nons es. .émoigué par les écr..s de ceux qui on. été régénérés de cet.e vie terres.re, et „ui sont enf.n entrés da.,s une sainte, é.er.telle e. ^périssable vie , qui on. écri. et c.se.gné d une vie éternellemen. joyeuse, e. auss. d'une v.e é.et- „ellemen. des.ruc.ive et angoisseuse. Ils nons ont appris comment noys devons marcher ap.ès eux, c. „ous por.er à une nouvelle naissance , dans laquelle «ous serons de nouveau engendrés de celte torrestréité en une nouvelle créature ;et que ..ous n ..- vous , pour cela , autre chose à (aire que de su.vro seulement le.trs paroles. Alors nons éprouverons l,ar le fait ce qu'ils ont dit , écrit e. ense.gné : aussi
^H. 22. ( li3 )
vcrrons-îlous encore, même dans ce44e vie , noire Vraie patrie , dans la nouvelle naissance^ et nous la reconnoîtrons avec une grande jote, dans l'homme nouveau et régénéré ; car alors toutes nos affections s'inclineront vers cette vraie patrie ; et dans notre nouvelle connoissance , dans le nouvel homme, croîtra la vraie Toi , et le cordial désir du juste et \ r.ii amour envers le Dieu caché, pour laquelle uohie connoissance j ces liommes renouvelles ont souvent abandonné leur corps terrestre et leur vie au contradicteur non régénéré ; ils se sont livrés à la mort , selon sa vengeance diabolique ; ils l'ont reçue avec une grande joie, et ont choisi pour eux la vie éternelle, impérissable.
10. Of donc , dans la nouvelle naissance il y a lo plus grand et le plus haut amour ; non-seulement pour Dieu et pour soi-même, mais pour les liommes, nos frères et sœurs , en sorte que ces«?/re.« régénérés ont porté leur désir et leur amour envers les hommes, et les ont très ardemment instruits, avec douceur, par des représentations , de façon aussi que dans cet amour , qui les entraînoit à instruire , ils ont exposé volontairement leur vie à la mort , et ont abandonné toutes leurs possessions terrestres et leurs biens, sur l'espérance certaine que, d'après leurs solides et puissantes connoissances , ils en recevroient, à leur grand honneur , l'équivalent.
11. C'est aussi ce qui nous a donné lo désir de chercher cette même perle , dont nous écrivons à présent; et quoique riiomnie non régénère , cinpri-.
( ai4 ) ^"- ^^' .
soinié dans le foyaunie de ce monde, ne puisse pas nous croire , ainsi que cela est arrivé aussi a nos prédécesseurs, de îa part des enfans de cemonde, nous n'y pouvons rien faire; cela restera sur eux , comme un témoignage-, alors ils se repentiront eternellement, de ce que, pour un léger attrait de Vœilelde la chair, ils ont négligé une si grande gloire et une éternelle sainteté.
12. Or nous savons , dans notre profonde connoissance , qu'ils ont enseigné juste, en disant qu'il n'yaqu'unseuIDieu,quiesllrineendistiiictions personnelles , comme celaa été exposé ci-dessus.Nous savons aussi qu'il est le créateur de toutes choses; qu'il a engendré iout de son essence, tant la lumière que les ténèbres , ainsi que les trônes et les gouveniemens de tous les êtres.
i3. Nous savons particulièrement , comme la sainte écriture le témoigne positivement , qu'il a créé l'homme à son image et à sa ressemblance, pour qu'il puisse être et vivre éternellement eu lui , dans son royaume céleste.
14. Et de plus nous savons que ce monde, dan» lequel nous sommes et vivons à présent, a été engendré et créé de l'éternelle origine dans le tems , parle pur élément, dans le n.vr; qu'ainsi il n'est pas la substance du saint et pur élément , mais une cxlra-génération de l'éternel limhns de Dieu , dans lequel est l'éternel éléuicnt, qui est devant la claire divinité, et qui constitue le paradis et le royaume du ciel 5 et cependant le limbusaxec rélémenl pur, n'est pas la pure diviùité , qui seule est sainleen saiCH. 22. ( 315 )
même, et a en soi-même la puissance de l'éternelle vie , brillant éternellement. Aussi n'a-t-il point non plus en soi, en nature lumineuse, les essences ds la splendeur et de la clarté , mais ces essences sont engendrées de la puissance qui se porte vers la lumière , comme un désir , et le désir attire à soi i c'est de-là qne dans la source dérivent ces essences, aus'si bien que les éternelles ténèbres , comme on l'a vu ci-dessus.
i5. Or , &i Dieu est tout en tous, et a créé Thomroe à son image et à sa ressemblance , pour vivre élenielleraentavec lui dans son amour, sa lumière, sa joie et sa gloire , nous ne pouvons pas dire qu'il ait été créé simplement de la corruptibilité de ce monde : car là il n'y a aucune vie éternelle , parfaite j mais la mort , en outre l'inquiétude , l'angoisse , et la misère. Mais de même que Dieu demeure en soi-même , et pénètre toutes ses œuvres , sans qu'elles puissent le contenir , et sans qu'il soit arrêté par rien ; de même l'image a aussi été créée , sous ses yeux, du pur élément ; à la vérité, dans ce monde , mais le royaume de ce monde ne pouvoit point la saisir; néanmoins l'image ou l'homme pouvoit souverainement dominer sur le régime de ce monde, dans une vertu parfaite, par les essences et avec les essences de l'élément pur ou du limhuH céleste et paradisiaque.
16. C'est pourquoi une ame vivante lui fut soufflée par Dieu , de l'éternelle volonté du père , laquelle volonté va là seulement, pour engendrer son propre fils. C'est de cette même volonté que piocéda l'ia-
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( 2l6 ) CH. 22»
sufflation àe Dieu dans Pliomme, el c'est là son anie éternelle, qui ne doit faire autre chose que de placer et dVlablir dans rétenielle volonté du père , dans le cœur de Dieu, sa propre volonté régénérée. Alors elle reçoit la nriu du cœur de Dieu , el aussi sa sainte el éternelle lumière , dans laquelle le paradis, le royaume du ciel, ainsi que réiernelle joie
s'élèvent.
in. Et , dans celte vertu ^ elle passe au travers de toutes choses, sans en briser aucune, et elle a puissance sur toutes choses , comme Dieu même ; car elle vil dans la teriu du cœur de Dieu , el elle mange du verbe engendré de Dieu.
18. Ainsi nous savons que l'ame est Jun esprit eugendré de Dieu le père , dans le Irône el la source de la volonté reconçue des ténèbres dans la lumière, pour engendrer le cœur de Dieu , el elle est libre de s'élever au-dessus en volonté , ou de se concentrer , et de s'unir , dans la douceur, dans la volonté du père, à la génération du cœur de Dieu le père.
19. Mais son corps , qui est la vraie image de Dieu , que Dieu créa dans et du saint el pur élément , est en face de la claire divinité ; et le limùu^i de l'élément , d'où les essences s'engendrent , est le paradis, une demeure de Dieu ou de la trinilé sainte. Ainsi l'homme élolt une image ou une similitude devant Dieu ,dans laciuelle Dieu demeura, dans laquelle il vouloll maniléiler ses merveilles par son éternelle sagesse.
lio. Comme donc nous comprenons que le vrai homme , avec l'image daus laquelle Dieu demeure ,
CH. 22. ( ^t? )
n'est point du tout chez lui dans ce monde , encore moins dans ce cadavre infect 5 alors il est manifeste, ( puisque nous sommes si aveugles sur le paradis , ) que nos premiers parons ont passé du paradis céleste avec leur esprit dans l'esprit de ce monde.
2r. Car, là, aussitôt que l'esprit de ce monde eut saisi leur corps , el l'eut rendu terrestre , le vrai corps et Tame disparurent aussi , el nous n'avons plus l'élément pur pour corps -^ mais l'extra-génération ou les qi/cilre élémcns avec le régime des étoiles. Le soleil est simplement la lumière du corps , et ce corps n'appartient point à la divinité. Dieu ne se manifeste point dans un cadavre infect , mais dans les hommes saints , daus la pure image , qu'il créa au commencement.
22. Lors donc que l'homme fut ainsi tombé de ce qui est saint daus ce qui n'est pas saint , de l'image de Dieu dans le terrestre corruplible ; son cor~ps se trouva dans la mort dévoranic , et son ame dans l'éternelle volonté du père j mais séparée du cœur de Dieu dans l'esprit de ce monde , et saisie par I(îs éternelles ténèbres : car ce qui se sépare do Dieu va dans les ténèbres j et hors du cœur de Deu il n y a point de lumière.
28. Mais pour celte imdge , il n'y avoîl aucun remède , à moins que l'auie ne fûl engendrée de nouveau par le cœur el la lumière de Dieu par lequel le nouvel élément devant Dieu ou le corpmlis Tame , pouvoit être régénéré : sans cela la divinité jie pouvoit ni ne vouloit y denuurer. Or , l'homme par ses propes forces ne pouvuity atleiiuhc j pour
4 i
p-.
( 2i8 ) tn. 12.
que cela arrivât , il falloil que la raîsérîcorde divine
Topérât.
24. Nous exposons clairement ici au lecteur, ami de Dieu , dans la grande profondeur , ce qu*est l'élément pur dans lequel notre corps a été avant la chute d'Adam, et qui existe encore dans la nouvelle naissance. C'est la corporelle céleste qui n'est pas tout simplement et purement un esprit dans lequel demeure la claire divinité , et n'est pas la pure divinité ; mais est engendrée des saintes essences du père, lorsqu'il entre sans cesse et éiernellement dans l'éternelle base afToctive en soi-même par les éternelles portes , par la volonté leconçue, où il engendre son éternelle parole.
a^. Ainsi le pur élément est le harm ou u^arnij chaleur [voyez ma note dans PJurore naissantey ch.8 : lîo. 73], dans les essences de /'aWircm/'i/f pour la parole. Les essences sont le paradis , et le harm est l'élément. Or , comme Dieu le père prononce toujours l'éternelle parole 5 alors l'esprit saint sort du prononcé , et l'extra-prononcé est l'éternelle sagesse , et est une jeune vierge ou la sophie. Le pur élément ou le barw. est son cor^s, dans lequel l'esprit saint s'aper<joit au travers de la sagesse extra-proïioncée. Le coup d'œil de la lumière de Dieu dans l'esprit saint s'appelle hertz^ lecœur , et reçoit l'élément dans les essences du paradis , afin que cet élément devienne substantiel ; alors ceci s'appelle iV. La grande et forte puissance ignée du père s'élance comme un éclair dans les essences ; ceci s'appelle keit , et est semblable à une puissance ou à un son
cm 22. ( 219 )
qui pénètre, et ne sépare pas la substance pénétrée. Le tout ensemble s'appelle harmhertzigkeit ^ miséricorde , et est devant Dieu. Or Dieu , la sainte trinité , fait là son habitation.
26. La vierge sophie de la sagesse de Dieu , qufe Dieu le père prononce par la parole , est l'esprit du pur élément , et est à cause décela nommée une vierge , en ce qu'elle est ainti chaste , et n'engendre rien ; mais comme l'esprit enflammé dans le corps de l'homme n'engendre rien , mais ouvre tous les mystères , et que c'est le corps qui engendre : il en est de même ici. La sagesse ou l'éternelle vierge de Dieu , ouvre toutes les grandes merveilles dans le saint élément :car là sont les essences dans lesquelles s'élèvent les végétations du paradis.
27. Et si nous consitlérons , en outre , l'éternelle alliance dans laquelle la divinité s'engendre de toute élernité, alors cela s'appelle l'éternel Limbusde Dieu , dans lequel est l'essence de toutes les essences.
28. Car dans la racine du Limbns^ dans l'angoisse ténébreuse sont la colère et les ténèbres , et la première cause des essences. Puisque donc jious avons parlé de cela amplement ci-dessus , nous le laisserons ici en cet état ; car nous pourrions n'être pas entendus. C'est pourquoi nous allons traiter cfe notre Emmanuel.
29. Ainsi , mon cher lecteur , sachez que notre père Adam est passé de celle gloire dans Texlragénération de la substance de ce monde. Four qu'il puisse mdiateuant recevoir du soulagement ,
V\
( 220 ) CH. 1».
il faut que la miséricorde lui soit de nouveau engendrée , comme on l'a vu ; et dans celte miséricorde de Dieu , l'homme est prévu , pn-destiné ^ pour y vivre éternellement , avant que le fondement du monde fût posé. Car , par son ame , il est de celle volonté éternelle de Dieu le père, de qui cette miséricorde est engendrée.
La porte d'Emmanuel.
5o. Ainsi, clirre ame cliit'iienno , sache combien lu as élé secourue , rt considîrc altcnlivenjent cette porte, elle est imporlanle. Car Moïse, et tous les prophètes , témoignent de ceci. C'est-àdire , de noire saint par la régénération. Ne t'endors point ici dans ta lecture, c'est là la plus belle porle de ce livre , et plus tu la liras, plus elle te sera précieuse.
3i. Si nous savons donc que nous avons perdu notre homme céleste, dans notre première chiHc, nous savons aussi qu'il y a pour nous dans'^la miséricorde de Dieu un nouvel engendré , dans lequel nous pouvons et devons habiter , si nous voulons être enfans de Dieu , et hors duquel nous sommes les enfans de la colère de Dieu.
32. Et, ainsi que les prophètes en ont écrit, le nouvel homme qui nous est né Me Dieu est le fils de la vierge ; conçu , non pas des désirs de la chair tcrresire et du sang , non plus que de la semence do l'homme , mais de l'esprit saint; et engendré de la pure, divine et chaste vierge, Sophie j
fH. 22. f 221 )
et il a élé manifesté dans ce monde dans notre chair et notre sang ; il est entré avec sou corps saint dans la mort ; il a séparé de l'élément céleste Je terrestre , ainsi que la puissance colérique ; il a réhabilité de nouveau l'ame ; il a ouvert de rechef les portes de la lumière de Dieu , en sorte que l'ame égarée peut encore , par les essences du père , atteindre , dans le saint éiémenl , la lumière de Dieu.
33. Or nous reconnoissons à présent que nous n'avons point été créés pour engendrer terrestrement, mais célestement, du corps de l'élément pur qu'Adam avoit avant sou sommeil , avaiit son Eve , lorsqu'il u'étoit ni homme ni femme , mais seulement uue image de Dieu , pleine de chasteté et provenue de l'élément pur qui devoit de nouveau engendrer une image semblable à lui ; «mis comme il entra dans l'esprit de ce inonde , son corps devint terrestre 5 ainsi la génération céleste passa 5 et il liallut que Dieu formât de lui une femme , comme on l'a vu ci* dessus.
34. Mais pour que les enfans de la pauvre Eve fussent secourus, il falloit qu'il vînl une autre vierge et qu'elle nous engendrât un fils , qui fut alors Dieu avec nous, et Dieu en nous.
35. Au moment de la chute ; la parole de Dieu le père , et dans la parole, la lumière est eniree par l'esprit saint dans l'élément saint , dans la chaste vierge de la sagesse de Dieu et a formé le précieux pact de devenir une créature dauj
( 222 ) CH. 22é
cette vierge; d'arracber au démon $a puissance dans la colère , et de lui briser sou règne ; or ce mêmeChisl voulut se lancer dans riiuinanilé perdue, et par son entrée dans la mort, séparer de nous l'enfer colérique et le royaume de ce monde. ])ieu le père a aussitôt manifesté dana le jardin d'Eden , après la chute , celle parole de h promesse de la semence de la femme. Là le Christ s'est aussitôt livré eu éternelle alliance dans le centre de la lumière de la vie ; par-là toutes les âmes humaines qui se sont approchées de lui , et qui se sont livrées jusqu'à la mort de leur corps , il les sépare de la colère de Dieu et du royaume de ce monde , et il les introduit dans l'élément pur paradisiaque 5 dans la chasle et pure vierge , pour attendre là dans une graude douceur que Dieu brise le règne de ce monde avec les étoiles et les élémens. Car alors l'élément pur se mettra aussitôt à la place de l'extra - génération. Là le nouveau corps doit croître et s'élever dans rame , dans le saint élément devant Dieu pour Télernité.
36. Si nous voulons maintenant considérer sa ^ivéc'ieusç homification^ uous devons bien ouvrir lesyeux de l'esprit , et ne pas penser aussi leireslrement , qu'on le fait à préseul dans Babel. Nous devons Lien considérer cummenl Dieu est devenu homme ; car l'écriture dit : Qu'il a été conçu sans péché, et engendré d'une vierge pure, Or , pense , toi , chère ame , quelle espèce de vierge c'étoit : car tout ce qui fjil né de la chair et «lu sang de cq monde, esl irapun
C». 22. ( 223 )
et aucune vierge pore ne peut être engendrée de ce sang et de celte chair de corruption. La chute d'Adam a tout brisé ; tout est sous le péché; aucune vierge pure n'est engendrée de la semence de l'homme. El ce Christ a été conçu sans péché, et engendré d'une vierge pure. ^
37. Ici se tait le savant de l'école de ce monde j «t l'écolier engendré de Dieu s'avance pour enseigner sur cet engendrement. Car l'esprit de ce monde en connoît rien au-delà ; c'est une folie pour lui , et s'il va plus loin , ce n'est néanmoins qu'en Babel , dans sa propre raison.
38. Ainsi nous établissons selon notre connoissance, que la pure, chaste vierge dans laquelle Dieu est engendré, est la pure, chasle vierge devant Dieu, et est une vierge éternelle , ou la sophie. Avant que le ciel et la terre fussent créés, elle étoil une vierge et en outre entièrement pure sans la moindre tache; et celte pure, chaste vierge de Dieu s'est placée dans Marie, quand elle (Marie) a M créaturi^'e corporellement ; et son nouvel homme a été dans l'élément saint de Dieu : c'est pourquoi elle a éié bénie parmi toutes les femmes , et le seigneur a éié avec elle , comme dit l'ange.
39. Or , maintenant il nous est connu que Dieu esl tout en tous , et remplit tout , comme il est écrit : Ne suis'Je pas celai gui remplit tout ? Nous savons aussi que l'élément pur dans le paradis est sa demeure ; que c'est là le second principe , lequel est dans toute chose 5 et que les choses qui ne sont
( 2i4 ) CM. 22;
qu'une génération ténébreuse de mort, ne le conjioissent pas plus qu'un vase ne connoît son polier; aussi ne le saisit -il pas ni ne le comprend. Car je ne peux pas dire , quand je prends et que j'embrasso quelque chose, que je saisisse le saint t'iément, non lH# q"<^ ^^ paradis ou la divinité; mais je sai.^i* rexlra-généFalion , le royaume de ce monde ; savoir le Iroisième principe et sa substance ;et par là je ne remue pas la divinité. Ainsi nous devons recounoîlre que le saint nouvel homme est caché dans Tancien , et cependant n'est pas séparé jusqu'au moment de la mort temporelle.
40. Si donc maintenant le saint est en tout lieu , et que notre ame soit un esprit , alors rien ne s'oppose à ce que notre ame saisisse ce qni est saint , et qu'elle le possède eu propriété; et si elle en devient propriétaire , alors elle attire le pur élément dans lequel Dieu demeure.
41. Ainsi nous pouvonsdire aussi de Marie qu'elle a embrassé la sainte , céleste , éternelle vierge sopniE de Dieu , et qu'elle s'est revêtue du pur et saint élément ainsi (pie du paradis ; et cependant elle a été véritablement une vierge dans ce monde en- *rendréi£ et provenue de Joachim et d'Anne. Or , elle n'a point élénommée une viergesainte et pure selon sa oénération terrestre. La chair qu'elle tenoit de Joachim et d'.\nne n'éloit point sans tache ; mais sa sainteté et sa pureté sont selon la vierge céleste ou bOPiiiK. En outre elle n'a point porté en soi la vierge céleste par aa propre puissance ; car l'ange lui dil;
Ctt. 22. ( 225 )
L'esprit saint viendra sur vous , et la vertu du très haut vous obombrera , c'est pourquoi le saint qui naîtra de vous , sera nommé le fils de Dieu.
42. Ici entendez bien. La vertu ou puissance est la vierge céleste ou sophie ; car elle est la miséricorde de Dieu ; et le saint est dans ceci le centre ; c'est-àjjire,que l'éternelle génération de la trinilé sainte et de l'esprit saint, qui sort du centre de Dieu, a obombré l'humanité de Marie. Tu ne dois pas croire que l'humanité altérée a saisi en propriété la divinité sainte, de façon qu'on puisse dire : Que Marie, dans son humanité perdue , soit semblable à Dieu. Non. L'élément pur avec le paradis sont toujours inférieurs à Dieu ; et quoiqu'ils soient engendrés de sa puissance , ils sont cependant substantiels , et Dieu est pur esprit. Car le nom de Dieu s'originise dans le centre de l'esprit , et non dans le ciel : il n'y a que la lumière dans le centre qui soit la chose sainte et n'ait point de centre ; car elle est la limite ou le terme final de tous les êtres.
43. Ainsi nous pouvons dire de Marie , qu'elle a reçu le gage céleste, qui éloit inconnu à la nature, et qui ne fut point connu dans son homme extérieur ; ce gage est la chaste vierge céleste de Dieu , ou la SOPHIE , et dans elle était la parole éternelle du Dieu de l'éternelle nature qui demeure éternellement dans le père, de laquelle l'esprit saint sort éternellemeut , et dans laquelle est comprise l'universelle divinité.
44. Nous ne pouvons pas dire que la vierge céleste
( 2i6 ) CH. az.
de miséricorde , lorsqu'elle enlra dans Marie , d'après le plan de Dieu, soit devenue .erres Ire î lais:ous'disousquel'a,nedeMarieasa.s.la
vierge céleste , e. quela vierge céleste a revêtu 1 ama de Marie du nouveau corps pur , céleste , de 1 été- ™ent pur de la chaste vierge de Dieu ou de la miséricorde de Dieu , comme un nouvel homme regc^ „éré et qu'elle a conçu là le sauveur de tout le «onde , et l'a engendré dans ce «onde. C'est pour- „„oi il dit aux Juifs : Je suis d'en haut ; ma.s vous . TOUS êtes d'en bas , de ce monde. Je ne su.s pomt de ce monde. El il dit aussi à Pila.e : Mon royaume n'est pas de ce monde.
45 Or, voici ce qu'il te faut savoir : de même que Marie a porté dans le vieil homme terrestre ou Se royaume de ce monde , l'image céleste ou le nouvel homme engendré de la m.sér.corde de Dieu ; qu'elle a eu en soi cette image en propriété -, et que cependant le vieil homme ne saas.sso.t pouU le nouveau ; de même aussi dans le corps da la vierge Marie, la parole de Dieu est entrée dans la céleste matrice , dans l'éternelle vierge de D.eu , ou lasoi.u«,etesl devenue là un homme céleste del'élément saint et paradisiape , dans la personne du iio.vel homme de la vierge Marie, réengendré. Cet homme céleste ensemble avec l'éternelle d.vuu- ,é, a été engendré aussitôt dans la propre ame de la Vierge Marie ; et par l'approche de sa div.n.te , .1 a ramené l'ame de Marie dans le père saint , de façon que les âmes des hommes, qui s'étoient séparées
CH. 2». ( 2i7 )
de la divinité sainte, sont maintenant enfantées de nouveau dans l'ame du Christ, et remises dans la voie du cœur de Dieu.
46. Car, le Christ n'a apporté du ciel aucune an»e étrangère dans la très bénie , céleste et pure vierge éternelle , ou Sophie ; mais de même que toutes les âmes sont engendrées, de même le Christ a reçu son amedans le corp, de soph«; savoir : dans son immaculé corp, de sainteté , qui étoit devenu la propriété de Marie. En effet nous devons dire que le pur élt'- ment , dans la miséricorde de Dieu , est devenu la propriété de Mnrie , et que, dans cet élément pur se trouve le corpe du Ch-Ut avec son ame originelle.
47- Car , aucune autre ame n'est engendrée dans aucun homme, mais bien un nouveau corps ; seulement l'ame est renouvellée par la pure divinité • et le Christ , lorsqu'il a séparé son homme saint du royaume de ce monde , a aussi par son entrée dans la mort, séparé les âmes, de l'âprelé de la colère de Dieu , et du tourment de l'originel.
48. De même que l'élément pur qui est devant Dieu , dans lequel Dieu demeure , est vraiment dans tout l'espace de ce monde , et dans tous les lieux , et a revêtu sur soi h royaume de ce monde (cest-à-dire, son ertra -génération), comme un corps, et que cependant ce corps ne comprend pas plus Télément que notre corps ne comprend notre ame ; de même le Christ a véritablement aussi revêtu sur soi dans la vierge Marie , le corps de nos essences humaines , et est devenu notre frère. Cer-i
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II
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( 218 ) ™- **•
pendant les essences humaines ne penvent pas emZZr son éternelle divinité-. Il n'y a qne le nouverhomme engendré en Dieu , qui embrasse la djt^, et cela encore de la même man.ère que le coms fail l'ame , et non autrement.
I C'est pourquoi le corps du Christ est .nfeneur à la divinité -.il a souffert la mort dans nos Xs essences humaines ; sa div.m.é d^homme saint , dans l'élément pur . est entrée dans la moU , n nlevé à la mort, sa puissance et a séparé du Laume de ce monde, ainsi que de la mort , du démon et de l'enfer , par sa forte puissance d.y.ne , rame naturelle que le Christ recommanda a son .:« lorsqu'il mourut sur la croix; il nous a ouÎert à tous une porte pour que nous all.ons a lu. , Tque nous nous attachions à lui en pensée et par „oL base affective : alors notre ame qu. est dans îe Père , est attirée par lui dans le pur amour du Christ. Là alors, elle place de nouveau son .mag,- „ation par le médium du Christ , en avant de not.s , dans la trinité sainte ;elle est de nouveau aUmeu.ee par le verbe de Dieu , et par là elle dev.en. de nouveau «n auge pur , séparé du royaume du domon et de ce monde , dans la mort du Christ.
50 Ainsi laraison pour la<|uelle D.eu est devenu homme , étoi. pour qu'il pût de nouveau engendrer en soi la pauvre ame de l'homme , et la déhvrer des chaînes de l'âpreté de la colère , et non po.nt à cause de ce corps bestial , qui doit se fondre de nouveau dans les quatre élémens , redevenir a
CB. 22. ^ 229 )
rien ; et duquel il ne reste rien de plus que l'ombre dans la figure de toutes ses œuvres, et de tout ce qu'il a opéré.
Si. Mais dans le nouvelliomme dont nous revêtissous notre ame dans le sein de la vierge sophie , nous refleurirons et renaîtrons 5 et dans cet état là il n'y aura pour nous aucune souffrance ni aucune mort 5 car le royaume de ce monde passe. C'est pourquoi , celui qui n'aura point cette image dans la nouvelle naissance , sera , lors de la restauration de l'esprit de l'éiernelle nature , revêtu de l'image du même cœur, c'est-à-dire, des mêmes penchans et des mêmes appuis , où il aura mis sa cuufiance ici bas : car chaque règne forme sqs images selon leurs essences , dans les volontés qui ont eu lieu ici.
52. Il faut que tu nou5 comprennes bien exaclemeul. Nous n'entendons aucun Christ étranger qui
ne fû t pas notre frère ; comme il le di t lui-même dansjsa résurrection: Aile? à mes frères et à vos fièrés , et diles-leur : Je monte vers mon Dieu el vers votre Dieu.
55. Nous savons que le corps que nous portons ici, n'est pas l'image de Dieu , ni créé par Dieu ; rar le royaume de ce monde nous a rev^m.de son image lorsqu'Adam s'y livra. Nous savons que si nous sommes régénérés , notre nouvel homme n'es! point chez lui dausce monde . comme Christ dit a ses disciples : Je vous ai appeléa de ce monde , afin que tyus soyez ou je suis. Et Saint-Paul dit; Notre uiarçhe j selon le nouvel homme , est dans le ciel.
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( 23o ) en. 23.
C'est aussi de cette même manière que nous entendons notre Emmanuel , le très saint , qui , par sa vraie image de Dieu, dans laquelle est aussi notre vraie image de Dieu, n'est point de ce monde; mais est suspendu comme nous au vieil homme mortel du royaume de ce monde jainsi dotre homme mortel est suspendu en Christ à l'image de Dieu , et c'est ce qu'il a attiré à soi, de sa mère Marie, comme le pur élément attire le royaume de ce
monde.
04. Or, il ne nous faut pas croire que l'homme saint en Christ soit mort 5 car il ne meurt pas , mais bien l'homme mortel du royaume de ce monde , qui cria sur la croix : Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi n% avezvous abandonné ? Et nous voyons clairement la grande puissance de l'homme saint dans le Christ > jorsque ce qu'il avoit pris de mortel de ce monde , s'en alla dans la mort ; combien le saiîit , le tout puissant soutint un rude choc avec la mort, jusqu'à faire trembler les démens , et obscurcir l'éclat du soleil ou la lumière de la nature de ce monde , comme si elle alloit se briser. Là le vivant conquérant en Christ , combattit avec la colère -, il nlla dans Venfer de la colère^e Dieu 5 il sépara de la colère de Dieu ,de la source infernale, l'ame qu'il avoit reamimaiidé€ à son père. Et c*esl là ce que David dit : t« ne laisseras pas mon ame dans l'enfer ni ne permettras pas que ton saint éprouve la corruption.
• 55. La divinité a pénétré dans i'ame humaine, cl là elle a rompu Tépée du chérubin 3 noBS savons
cir. aa. ( aSi )
qu'Adam a introduit son ame dans la prison de la colère , qu'ensuite toutes les âmes ont éié engendrées d'Adam, et ont été loiiJes comme en nne racine , retenues prisonnières dans la colère de la mort jusqu'au Christ y de même aussi nous voyons que le noble conquérant Christ a brisé ici la mort dans l'ame humaine , qu'il a introduit Tame , par sa mort , dans sa nouvelle humanité éternelle, et l'a établie dans un éternel mariage.
56. De même qu'Atlam a ouvert les portes de la colère ; de même la divinité du Christ a ouvert les portes de l'éternelle vie. Ainsi tous les hommes peuvent entrer jusque dans Dieu Ipar cette porte ouverte. Car ici le troisième principe est brisé, et le jugement vient sur le prince des ténèbres qui nous a tenus si long-tems en prison dans la mort.
57. Mais comme l'intelligence de l'homme est si lente , nous pourrions bien n'être pas encore assez entendus ; c'est pourquoi nous Voulons encore exposer particulièrement et brièvement ce que sont ces grands mystères. Car nous savons ce que nous avons à attendre d'un opposant, c'est - à - dire, du pri«ce de ce monde , qui ne dormira point , et ne cessera point de veiller, pour tâcher d'écraser ce noble grain de sénevé.
58. Vois , toi , noble ame, qui as dtjsiru le royaume de Dieu , nous parlons avec toi , et non point av(?c l'anlechrist en Babel , qui ue désire que le royaume de ce monde. Fais al (en lion , le sommeil
A I
( a32 ) CH. 22;
est passé , Tépoux vient ; car l'épouse dit : Fiais. Prends donc garde, ne l'arrêre point à la main qui conduit cette plume , c'est une autre plume qui a écrit 5 et ni loi , ni moi ne la connoissent ; car la base affective , si elle est fidèle, atteint jusqu'à la divinité. Ne t'estime donc pas si peu -, si lu es engendrée de Dieu , tu es plus grande que ce monde.
59. Remarque que l'ange dit à Marie : Tu seras enceinte, et tu engendreras un fils , à qui tu donneras le nom de Jésus ; il sera grand et sera nommé le fils du très haut : le seigneur Dieu lui donnera le trône de son père David ; il sera éleruellemenl un roi établi sur la maison de Jacob, et son règne sera
sans fin.
60. Comprends ceci : Marie devoit être enceinte dans le corps, c'est-à-dire, dans son propre corps , non pas dans un corps étranger, accepté par elle. Elle n'en a point pris d'étranger , comme pourroit l'annoncer l'ignorant dans nos écritures, qui ne comprend pas le royaume de Dieu. Aussi ce n'est pas là la base que les anciens ( qui, en effet, ont été très haut) ont posée; ils n'ont point dit qup Marie eût été cachée de toute éternité dans le ternaire saint jqu'elle soit entrée;,à cette époque, dans Je sein d'Anne , et qu'elle ne soit pas de la semence de Joachim , et de la chair et du sang d'Anne.
61. Ils disent qu'il s'agit d'une vierge éternelle de la trinifé, et que de cette vierge est né le Christ , puisqu'il n'est point provenu de la chair et du sang d'un homme, et qu'il n'est point venu de ce monde, mais du ciel, cooime il le témoigne lui-même»
CH. 21. f 233 )
Il dit qu'il est sorti de Dieu , et qu'il retourne à Dieu, et il dira Nicodême : Personne ne va au ciel , que le fils de l'homme , qui est venu du ciel , et qui est dans le ciel.
62. Là il parle clairement du fils de l'homme, ou de son humanité ; et lorsqu'il dit : le fils de Vhomme^ il ne parle pas directement de sa diviiiité. Dieu n'a pas été de toute éternité le fils de rhorame ; c'est pourquoi aucun fils de l'homme ne> peut sortir de la trinité , comme nous pouvons bien le voir. Si Marie éloit venue de la trinité , où nos pauvres âmes seroienl-elles restées prisonnières? si le Christ avoit apporté du ciel uneame étrangère, qui est-ce qui nous auroit délivrés? s'il avoit été possible de délivrer l'homme, qu'est-ce que Dieu auroit eu besoin de venir dans notre forme, et de se faire crucifier? si cela avoit pu être, il auroit aussitôt délivré Adam de la mort dans laquelle il étoit tombé ; ou bien penses-tu que Dieu soit ainsi un méchant et un jaloux qui s'irrite ? ^ 63. A la Vérité , quand sa colère poussa dans l'homme, Dieu voulut manifester ^qs prodiges; mais ce n'étoit pas le plan de Dieu , lorsqu'il créa Adam ; seulement l'essai fut fait pour éprouver laquelle l'emporteroil , delà douceur ou de l'âpreté dans l'élernelle racine. Cependant l'ame étoit libre en Adam , et il n'y avoit rien autre chose qui pût se corrompre que la propre volonté.
6^*. Or donc l'ame étoit la, volonté , qui avoit été soufflée à Adam de réternelle volonté du père ; par l'esprit de Dieu, et réellement au même point
j'.
( 234 ) ^- ^^*
où le père , c'est-à-dire , Dieu passe en soi-même, des ténèbres dans sa propre volonté reconçue , el engendre en soi-même la douceur dans sa propre volonté reconçue.
65. Ainsi Tame de l'homme est entrée dans cetio Blême balance-, elle a été posée dans Tangle , ou tmr le pivot de la volonté reconçu* pour la lumière , et ensuite elle est rentrée dans la première volonté , en soi , dans son propre centre. C'est là qu'on se peint les ténèbres placées derrière elle ; et devant elle , le terme de l'éternelle alliance ; el il n'y avoit en elle-même rien qu'une source angoisseuse. Mais s'il doit y avoir un autre ordre de choses , il faut que la première volonté dans l'éternelle alliance conçoive en soi-même une autre volonté de passer de la source ténébreuse dans une joie sans
tourment.
66. Lors donc que la première éternelle volonté en conçoit ainsi une autre ; alors elle brise la source des ténèbres, et demeure en soi-même, dans la joie , et cependant les ténèbres demeurent en soi de vraies ténèbres , et un tourment -, mais ce tourment ne touche pas la volonté reconçue : car elle ne demeure pas dans les ténèbres, mais en elle-même. C'est ainsi que nous concevons la propre vertu de l'ame , que Dieu souffla , des portes de son épanchemenl en soi-même , à Adam , dans la lumière
de la joie.
67. Cette ame , lorsqu'elle étoit environnée de i'élément pur el du corps paradisiaque , sépara sa volonté du père , qui n'entre là qu'en fécondant la
CH. 22. ( 235 )
puissance dont il est enceint , pour engendrer son cœur, et elle esl entrée dans Tattracldè ce monde, où maintenant, dans la corruptibiiilé de l'Univers, il n'y a derrière elle aucune lumière , el devant elle aucune compréhension de la divinité. Alors il n'y avoit là aucun remède, à moins que la pure volonté de Dieu le père ne revînt en elle , et la ramenât dans sa propre volonté , dans son premier siège , ahn que sa volonlé fût dirigée de nouveau vers le cœur et la lumière de Dieu.
68. Mais enfin , pour qu'elle fût secourue , il falïoit que le cœur de Dieu , avec sa lumière , et non pas le père, vînt en elle : car, sans cela , elle est dans le père, mais en arrière, et détournée de l'entrée dans la génération du cœur de Dieu j enfin , «ans cela, elle est dans ce monde, oîi, derrière elle, ni devant elle, elle ne peut saisir aucune lumière. En effet lorsque la substance du corps se brise, la fMiuvre ame demeure enfermée dans une ténébreuse poison ; et ici se connoît l'amour de Dieu pour la pauvre ame prisonnière. Pense à toi, 6^ ame chérie.
69. Il n'y a eu aucun autre remùdé , soit dans Dieu , Roit dans aucune clôture. Il ne falloit •qu'une seule cliose, c'est que la pure divinité du -cœur de Dieu entrât dans le ternaire saint, entendez dans la miséricorde, barmhtrzigheit , qui, de toule éternité, est engendrée de sa sainteté , dans laquelle existe l'élerneile sagesse , qui , pnyvenant du prononcé de la parole , par l'esprit saint , est devant Dieu , comme une vierge 3 elle est là grande merm
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il
( 236 ) CH- '^^'
veille ; c'est uu esprit dans la miséricorde. Or la miséricorde fait le ternaire saint , la terre sainte. Les essences du père , dans leur tendance vers la parole , sont les saintes constellations , pour en parler par comparaison.
70. Nous voyons que dans ce monde il y a du feu , de l'air , de Peau , et de la terre , et en outre le soleil et les étoiles , et que cela compose tous les êtres de [ce monde. Supposez aussi, par comparaison , que le père soit le feu de toutes lesconstellalions, comme il l'est dans l'élément pur ; que le fils, ou son cœur, soit le soleil , qui procure à ioules les constellations une vive lumière et une douce joie ; que Tesprit saint soit l'air delà vie, sans lequel ni le soleil ni les constellations n'exisleroient; et que l'esprit du grand monde, considéré tout ensemble 5 soit la chaste vierge sophie , qui est devant Dieu , lequel esprit du grand monde donne à toutes les créatures de ce monde , par l'inûuence des étoiles, l'affection, le sens et le discernement : c'e^ ainsi en effet qu'il en est dans le ciel.
71. La terre terrestre se compare au ternaire saint, dans lequel est Vaquaster céleste, ou la source aquatique, entendez dans la terre céleste, que j'appelle l'élémenj , parce qu'elle est pure. Aina Dieu est un esprit , ^élément pur est la terre céleste , car il estsubstanciel -, les essences dans la teri-e céleste sontleparadisde la végétation ;et laviergede la sagesse,ou sophie se compare ainsi au grand espnt de tout le monde céleste, et elle ouvre les grandes merveilles, non-seulement dans la terre céleste,
en. 21. ( 237 )
iniiis aussi dans la grande profondeur de la divinité.
72. Car la divinité est insaisissable et invisible , cependant compréhensible; mais la vierge est visible, comme un pur esprit, et l'élément est son corps , qui s'appelle le ternaire saint , la terre sainte.
73. Or , dans ce ternaire saint est entrée la divinité invisible, en sorte qu'il y eut là un mariage éternel, et qu'ainsi, pour parler par comparaison, la divinité fut dans le pur élément , et que l'élément fut la divinité; car Dieu et le ternaire sont devenus une même chose, non pas en esprit, mais eu substance, comme le corps et l'ame; et de même que l'ame est au-dessus du corps , de même aussi Dieu est au-dessus du ternaire saint.
74. Voilà donc ce qu'est la vierge céleste ou la SOPHIE dont l'esprit de Dieu a parlé dans les ancieni sages ; et le ternaire saint est noire vrai corps dan? l'image , corps que nous avons perdu ; et que maintenant le cœur de Dieu a pris à soi comme corps. Or , ce noble corps , aussi bien que celui de la chaste vierge de Dieu , a été posé sur Marie , non pas comme un vêlement , mais entièrement puissant dans ses essences , et cependant incompréhensible aux essences de ce monde , de la chair et du sang dans le corps de Marie ; néanmoins compréhensible à l'ame de Marie. Car l'ame raarchoit dans le ternaire saint. Mais elle ne pouvoit pas encore sortir de la colère , et cela ne pouvoit avoir lieu que dans le brisement du terrestre par le céleste , dans la mort du Christ.
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( a38 ) CB. 32,
7S. Ainsi la parole dans le ternaire saint s'est ensevelie dans la terrestréité et a pris à soi ou reçu dans le Xemspresorii, c^est-à-dire, à rexpiraUon des trois mois , une vraie ame des essences de Famé de Marie , comme tous les hommes ; non pas du ternaire saint. mais notre ame. Cependant elle n'a pas pris notre corps souillé^ dans lequel le royaume de ce moxKle est lié avec le péché.
76. Ala vérité Chrisi a pris à soi notre corps nafar«/, mais ne l'a pas mélangé avec le ternaire saint. Car la mort pointe dans noire corps ; le ternaire saint étoil son cœur , la mort de noire mort , et sa destruction. Dans le ternaire saint éloit sa divinité. Or, c'est ce même homme qui est venu du ciel, qui s'est révêtu du terrestre , et a accompli l'œuvre de la rédemption entre le céleste et le terrestre ; alors rame a été séparée de la colère et de l'àpreté.
77. Tu ne dois pas dire que le Christ entier soit venu du ciel avec son corpa et son ame. Il n'a apporté aucune ame du ternaire saint ; la vierge céleste ou SOPHIE étoit l'ame dans le ternaire saint, et il l'a apportée, comme épouse à notre ame , ainsi que tout ce livre en fait mention.
78. Que me serviroit qu'il eût apporté une ame étrangère? Rien : mais qu'il ait introduit mon ame dans le ternaire saint , c'est ce dont je me réjouis ; ainsi je peux dire : L'ame du Christ est mon frère , et le corps du Christ est la nourriture de mon arae. Comme il le dit ( Jean 6. chap. v. 55. ): Ma chair es! vraiment viande , et mon sang est vraiment breuvage.
cih 12, ( 239 )
79. Venez ici , contentieux pasteurs de Babel , ouvrez vps yeux , et pensez à ce que sont les testamens du Christ avec le baptême et la cène. Je veux en effet vous l'enseigner , si vous en êtes dignes , quoique j'écrive pour les enfans du lys. C'est pourquoi , que chacui» regarde 011 il aborde ; cela mérite réflexion. 'Nous ne dédaignons point l'intelligence des anciens , elle peut avoir été engendrée très pure dans le commencement ; mais nous trouvons comment l'antecluist s'est établi en sa place , et a transformé les créatures en Dieux.
80. On ne peut pas dire que Marie soit née d'un corps stérile quoique le corps d'Anne eût été stérile, ce qui .provient des desseins de Dieu. Comme ils avoient été des gens pieux , craignant Dieu , par ce moyen leur teinture u'avoit point été souillée. Vu qu'ils dévoient engendrer celle que le seigneur vouloit hautement bénir , Dieu sut bien la rendre féconde en son tems , et cela dans la vieillesse , lorsque l'ardeur appartenant aux élémens de ce monde fut éteinte , comme on le voit à Sarah , femme d'Abraham.
81. Car si l'ame demeure dans la crainte de Dieu , alors la teinture dans laquelle l'ame s'élèveest pure aussi, quoiqu'elle nesoitpasaffranchiedu péché d'héritage. Ainsi néanmoins Marie est réellement engendrée de Joachim , et tient son ame de son père et de sa mère , et le Christ tient son ame naturelle de la teinture de Marie , mais seulement à moitié. Car le limbus de Dieu étoit l'homme ou la sémeaoe masculine ; dans ce limbtts fut la chasto
( 240 ) c": ^2,.
vîergede Dieu ou soPHiEdans le ternaire saint; el dans le ternaire saint latrinité , la plénitude entière delà divinité. L'esprit saint fut le maître arcbilecte.
82. Ici nous trouvons clairement ce que leCbnst a dit de nous hommes, à son père céleste : Vois : ces hommes sont à toi , et tu me Us a donnés (Jean 17 : V. 6 , 24 ), et Je désire qu'ils soient où je suis afuiquHls f^oient ma gloire. Lorsque le verbe ou le cœur de Dieu entra dans le ternaire saint , alors il devint fils du père et aussi son serviteur comme dit Isaie , et comme le rapportent les pseaumes.Car il s'est marié à Télément , et a eu la forme de serviteur , mais la vertu qui entra dans Télément étoit son fils. Alors il prit notre ame à soi, et cela non pas simplement comme frère , car le limbus de Dieu étoit l'homme dans la céleste teinture ; et ce même fds fut notre souverain; en effet tout l'univers est dans cette même puissance, et celle même puissance netoiera l'aire de ce monde. Ainsi nous sommes ses serviteurs et aussi ses frères. Nous sommes ses frères par sa mère , mais SCS serviteurs par son père. Et avant la chute nous étions ceux du père, aussi bien que jusqu'à son incarnation, quoique nous fussions dans la parole de la promesse, dans laquelle les croyans entrent en
Dieu.
83. Ainsi il est un roi éternellement établi sur la maison de Jacob , et sou règne n'a point de fin 5 il a le trône de son père David , car ce monde est devenu sa propriété : il est entré dans ce monde et en a pris possession. Il est à la fois dans le saint ternaire , dans la Irinilé , et dans ce monde. Il a le vaa
en main , comme dit Jean Baptiste ; le jugement lui appartient,cedont les démons tremblent.Il a le trône de David d'après les plans de Dieu ; car David étoit son type, et avoir la promesse. Or, Dieu le plaça, dans la promesse, sur le trône. Car Je sceptre de son règne ou de David étoit le sceptre des crojans qui regardoient Dieu comme étant leur roi. Pareillemenl aussi le rè^^ne extérieur apparfenoit à David ; etc'est de celte manière que Christ étoit un roi dans' le ternaire saint , et qu'en même tems ce monde étoit également sa propriété.
Du précieux nom Immanuel,
Rf. Ainsi nous pouvons réellement dire : Imma* nuely Dieu avec nous ; Dieu en nous. Dans le langage de la nature il retentit merveilleusement ; mai» nos langues de ce monde ne font que balbutier sur cela, et nous ne pouvons pas le nommer selon notre intelligence. [ royez ma note dans r^urore naissante , ch. 8 : v. 78. ] Car m est le cœur de Dieu dans le ternaire saint , attendu qu'il est concentré, comme tu le comprends dans la compression de la parole ; ma est son entrée dans l'humanité , dans l'ame : car cette parole ou syU labe perce hors du cœur; et nous comprenons qu'il a compacté le cœur ou la puissance du père dans l'ame , et qu'il s'élève en haut avec la parole nu , ce qui signifie son ascension au ciel, quant à l'ame. El est le nom du grand ange qui triomphe avec l'ame au-dessus du cîel , nonn. ,6
^U
( 24^ ) CH. *2'
seulement dans le ciel , mais aussî dans U
Trinité.
85. Car dans la langue de la nature , le mot himmêlj ciel, a un autre sens. La S3rllabe him sori du cœur , ou de la vertn du père , ou bien des essences de l'a me , el pousse au - dessus de 6oi dans le ternaire saint ; là elle se serre avec les deux lèvres, et porte au-dessous de soi le nom de l'ange, c'est-à-dire, que la syllabe mfx, sigHifie l'humilité des anges , de fa^on qu'ils n'élèvent point leur cœur , en volant par orgueil dans la trinilé ; mais comme dit Isaie : Que^par liumililé ils se sont couvert la face avec leurs ailes devant le Dieu saint , et s'écrient sans cesse : Saint, Saint, Saint, est le Dieu des armées.
86. Ainsi tu comprends que cet ange est plus grand qu'un ange dans le ciel ; car il a i** un corps humain céleste ; il a 20. uneame humaine; il a 3o. l'éternelle épouse céleste , la vierge de la sagesse ou la Sophie ; el il a 4**. la tfinilé sainte : nous pouvons donc bien le nommer une personne dans la trinité sainte dans le ciel ; uu vrai homme dans le ciel ; et dans ce monde un roi éternel , un seigneur du riel et de la terre.
87. Son nom, /«^«//v, signifie cela très particulièrement dans la langue de la nature. Car la syllabe jhe est son ensevelissement hors de son père dans l'humanité, et la syllabe sus est l'iniroduclion de Tanie au-desAus du ciel dans la Iriïité , d'autant que la syllabe sos perce dans le hatit, au travers de toutes choses.
68. On a encore plus à comprendre dans le nom de cristus qui ne concerne point son incnmalion; mais qui passe comme un homme nais, «.nf au iravers de la mort: car la sjrilabe chris perce au travers de la mort et signifie son en- , dans la mort et le puissant combat ; mais la sj-llabe tus signifie sa forte puissance par laquelle .1 sort et traverse la mort ; et on entend très par..cuhèreraent.da„s la parole , comment elle sépare le rojraume de ce monde , et le monde ange!.que 1 un d'avec l'autre , de même que comment elle demeure en Dieu dans l'homme angéhque, car la sjrllabe tos est pure et imniortellc.
«g. Il est vrai que nous pouvons bien ici être muets par rapport au monde j nous avons toutefois écrit pour nous; car nous comprenons ceci asse^ bien, et cela est aussi suffisamment clair pour 1 arbre du lys. Par ce lys la personne du Christ dans ses opérations et dans son essence sera bien démontrée au lecteur , et il la comprendra bien. Je vais le diriger vers la tentation du Christ dans le désert après son baptême ; puisses-tu ici ouvrir Us yeux ! et ne pas parler comme l'esprit en Babel , qui dit : Nous ne savons pas ce qu'a été sa tentation ; ainsi nous en mettons la fauie sur le démon , de ce qu'il a été assez effronté pour tenter le Christ. Nous disons en oulre : Nous ne voulons point creuser là-dedans , nous voulons différer jusqu'à ce que nous y soyons , alors non, le verrons. Ils défendent même à celui qui voit
ri
( 244 ) ^^' "•
«L'avoir des yeux , et de chercher et de creuser ; ils rappellent un extravagant , et ils le trafteiit d'hérétique et de fabricaleur de nouveautés.
90. O ! vous , aveugles animaux en Babel , qu'avons-nous à faire avec vous , puisque nous ne sommes pas nés dans votre royaume ? Pourquoi voulez-vous arracher notre cher Imraanuel de nosyeuK et de notre cœur , et nous rendre aveugles? C'est un péché pour nous d'écouter vos
bavardages, etc [Je supprime ici quelques
déclamations, ] Par vos paroles mielleuses vous faîtes que les hommes se poussent les uns et les autres vers Babel. Est-ce là où le royaume du Christ sera connu? ou plutôt ne balisez-vous pas par-là la funeste église de blasphème en Babel? où votre ccpur apostolique est-il dans l'amour? la douceur du Christ est -elle un objet de dérision pour vous? C'est lui qui dit : Jimez-vous les un» et les autres , suivez-moi ; alors on reconnoUra que vous êtes mes disciples ( Jean i3 : 84 , 35. ) On vous a dit que la colère briile dans Èabel : quand elle s'élèvera , alors les élémens trembleront et Babel brûlera dans
le feu.
gi. La lenlation du Christ nous découvre bien sa personne ; c'est pourquoi ouvre les yeux, ne te laisse point troubler par Babel ; il en coûte le corps et l'ame : car c'est le rude combat d'Adam dans le jardin en Eden , auquel Adam n'a pas pu résister et auquel ici le précieux héros a résisté; il a remporté la victoire dans son humanité , dans le ciel, et sur ce monde.
CH. 21. ( 245 )
92. Comme nous avons démoniré le vrai Christ, qui ici est Dieu et homme dans une personne indivisible , nous voulons aussi montrer maintenant ce qu'il est particulièrement comme homme, selon le royaume de ce monde ; car on ne peut, pas décrire suffisamment les grandes merveilles , elles sont toujours de plus en plus immenses. Eu effet il nous faudroit avoir pour cela une langue d'ange et aussi en outre une langue terrestre. Or nous n'en n'avons qu'une terrestre ; nous voulons toutefois écrire d'après une affection angélique , et parler des grandes merveilles de Dieu , avec celle langue terrestre.
93. Considérons son baptême , et ensuite sa tentation aussitôt après son baptême ; alors nous trouverons notre nouvelle régénération , et en outre dans quel règne nous sommes emprisonnés. Or nous nous réjouissons hautement dans celte connoissance de ce que Dieu est devenu homme; mais si nous voulons concevoir ceci , nous devons d'abord établir le baptême du Christ , et ensuite la lentaliou ; tel est le véritable ordre.
jDu baptême du Christ^ sur la terre ^ dans le Jourdain^
94. Nous savons que, par la chute d'Adam ,nous sommes tombés dans la colère de Dieu , en ce que l'esprit ou l'ame d'Adam s'est détournée du cœur de Dieu , vers l'esprit de ce monde ; là aussitôt la sainte et céleste image s'éteignit , et la colère tint la pauvre amo enfermée dans les ténèbres : car là aussitôt le démon £t son entrée et sa demeure danf
( 246 ) en. 22»
la colère de Tame de riioinnie, et si le briseur de serpent n'étoit pas entré aussitôt dans la limite de séparation , dans le centre de la lumière de la vie , alors la colère nous auroit engloutis, et nous serions demeurés les éternels compagnons de tous les démons.
95. Mais quand le briseur de serpent fut entré ainsi dans le milieu , quoique Qon pas dans Thumanité , mais dans le centre de la lumière de la vie , alors les pauvres âmes prisonnières qui se sont retournées vers Dieu y ont été ainsi liées de nouveau dans le centre , à la divinité , jusqu'à ce que le héros vint daus l'humanité ; là il a pris de nouveau rbomme entier dans sa conception et dans son humanité, et nous voyons ceci clairement dans son baptême : car il n'y avoit là qu'une seule personne qui étoit Dieu et homme i, il avoit le corps céleste et aussi le terrestre.
96. Or le baptême n'étoit pas préparé et institué pour le corps terrestre et corruptible qui appartient à la terre , ni par rapport au céleste qui étoit pur et sans tache ; mais par rapport à la pauvre anie , puisque l'homme céleste en Christ avoit reçu dans le corps de Marie, dans son homme céleste, notre ame naturelle , et ainsi le terrestre étoit suspendu à l'ame : alors Dieu ou la trinité sainte a pris, parla main de l'homme, l'eau de l'éternelie vie dans lo pur élément , et a trempé l'ame dedans, comme je pourrois dire, ou bien baptisée.
97. Vois, toi , ame chérie, tu étois sortie de Dieu, et son amour t'a repris de nouveau , et t'a
«n. 22. ( 247 )
liée à «on fil par la promesse. Alors vint l'accomplissement de la promesse, et il le revêtit d'un nouveau corps. Mais ici tu ne pouvois recevoir aucune autre ame ; car , indépendamment de cela ton ame étoit de l'éternité. Or , de mpme que l'esprit saint a obombré et imprégné Marie ; dd même l'eau de la matrice céleste qui tient son commencement de la trinité, a obombré et imprégné dans le baptême du Christ (et de |ous \e& chrétiens baptisés), l'ame du Christ(et de tpus les (chrétiens) par le baptême dans le Jourdain ; et ainsi i'eau terrestre de l'extra - génération a été renouvelée' dans l'ame et l'a purifiée , pour qu'elle fijt en soi, dans le nouveau corps, un pur an^e qui pût eu 'soi mangpr du fruit du ciel j et telle est la jcâuse du baptême. . . ■ •
O ! homme , pense à toi,
98. Si donc la pauvre ame se baigne ainsi dan» l'eau de l'élernelle vie , de l'élément pur , qui est dans le ternaire saint , en sorte que non-seulement elle en jouisse à l'extérieur , mais même qu'elle eu» soit remplie, comme l'esprit saint a rempIL Maiidl dans le ternaire saint ; alors elle s'incline , enten-* dez qu'elle se porte réellement vers Dieu, et &ck Dieu , comme une créature nouvellement née, et à moitié lavée ; mais en arrière elle es* encore fortement liée à la colère des ténèbres,dans le règne de ce monde , de façon qu'elle ne peut pas ainsi être entièrement dégagée , à moins qu'elle n'aille
C 248 ) CH. 22.
dans la mort , et qu'elle ne brise tout-à-fait le royaume de ce inoude.
De la tentation du Christ.
99. C'est pour cela qu'après son bapléme le Glirist devoit être tenlé et fut placé en opposition contre le royaume de la colère, pour voir si le second Adam , ainsi préparé de nouveau , pourroit résister dans le nouvel et le vieil homme , avec l'ame à moitié régénérée , et à moitié lavée ; mettre son imagination en Dieu , et manger du verbe de Dieu. Alors l'ame fut tentée pour voir st elle vouloit pénétrer en Dieu 5 ou de nouveau dans l'esprit de ce monde.
100. Et tu dois apercevoir clairement ici que, lorsque l'esprit de Dieu a conduit ce Christ dans le désert pour y être tenté , il fut permis au démon de marcher contre lui dans le royaume de la colèfe de Dieu , et de tenter ce second Adam , comme il avoit tenté le premier dans le jardin d'Eden.
101. Or , là il n'y avoit ni nourriture, ni boisson terrestres ; et l'ame en Christ a bien compris alors en quelle hôtellerie elle étoit 5 qu'elle étoit en Dieu , et qu'elle pouvoit faire du pain terrestre avec des pierres , puisque là il n'y avoit point de pain. Toutefois elle ne devoit point manger du pain terrestre; mais céleste, du ternaire saint, dans son corps céleste ; et le corps terrestre devoit rester dans la faim, afin que l'ame fût vraiment tentée : car le corps terrestre fut affamé , comme le texte le dit clairement dans l'évangile.
€H. 22. ( 249 )
102. Alors le céleste devoit surmonter le terrestre, en sorte que le terrestre fût comme mort et impuissant , et que le céleste eût le gouvernement. C'est ainsi que lorsqu'Adam resta dans l'angle , entre l'amour et la colère , lorsqu'il fut tenté , là les deux règnes restèrent armés contre lui , et l'atliroient intérieurement. C'est ainsi que Dieu le père, 10. directement en avant , dans sa volonté reconçue , est le royaume céleste avec la pure divinité ; qu'en arrière de soi , 20. dans réternelle racine de la nature , est son âpreté et sa colère , et que les deux sont cependant dans l'éternel père. Or , de même que dans Péternelle nature de l'âpreté , la lumière ou le royaume de Dieu , n'est pas connue, et que, dans l'éternelle lumière , le royaume de Tâpreié et de la colère, ne l'est pas non plus , car chacun demeure en soi-même ; de même aussi l'ame de l'homme est-elle de la même manière. Elle a en «oi les deux règnes ; celui dans lequel elle place et exerce ses facultés , est celui dans lequel elle est : or , si elle trafique ou agit dans le règne céleste , alors le règne de l'enfer est mort en elle ; non pas qu'il ait passé , mais le royaume céleste est prédominant , et le règne colérique est transformé en joie ; de même aussi lorsqu'elle trafique ou agit dans le règne colérique, c'est celui-là qui domine, et le règne céleste est comme mort ; quoiqu'il ne soit pas passé en soi, cependant l'ame n'y est point établie.
io3. Ainsi dans la tentation du Christ, l'essai qui fut fait , étoit de voir lequel règne pourroit triora-
( 25o ) CH. it:
pher dans l'arae. C'est pourquoi la nourriture et la boisscn furent retirées au corps terrestre. Le roj'aume céleste devint dominant en lui ; comprenez dans le ternaire saint et dans sa divinité. Le» règne de la colère et celui du démon furent contra lui : là Tame , nouvellement lavée et à moitié régénérée , étoit dans le milieu , et elle fut attircç par hs deux règnes , comme Adam dans le paradis.
io4. La divinité dans le Christ , dans le saint ternaire, dit ; Mange de la parole du seigneur ; alors tu sortiras de l'homme terrestre , et tu reposeras dans le règne céleste. Vis dans le nouvel homme j alors le vieil homme sera comme mort , par rapport au nouveau. Voici ce que le démon ditàTame: Ton corps terrestre a faim , et veut vivre j puisqu'il n^y a point de pain là , fais dv^ pain avec des pierres , pour qu'il vive.
io5. Et l'ame forte en Christ, tint ferme comme un héros , et dit : V homme ne vit pas aeulement de pain ; mais de toute parole qui sort de la boucha de Vieu .11 rejeta le pain et la vie terrestre; il plaça son imaj^jnaliondans la parole de Dieu ; il mangea du verbe de Dieu : alors l'a-me domina dans le rojraume céleste, et le corps terrestre fut comme mort , par rapport au règne céleste : cependant il n'élcit pas mort j mais il étoit le serviteur du ciel, et avoit perdu sa puissante domination.
106. Or , lorsque le règne de l'enfer reçut ce puissant coup , et fut surmont, de celle manière , alors le démon perdit sou droit , par rapport à l'ame ;il dit encore eu soi : Tu as un droit sur le corps
CH. 22. (aSi )
terrestre. Et il hiî en fut accordé un. Alors îl saisit le corps avec Tame , les porta sur le sommet du temple, et dit : Laisse-toi tomber en bas ; car tu es puissant , et tu peux tout faire , et le monde verra que tu es Dieu, et que tu as vaincu. C'est là le véritable esprit séducteur par lequel le démon veut toujours monter au-dessus des trônes, au-dessus de la divinité : or, il ne va jamais qu'en lui-même, dans le feu infernal ; Qt il n'atteint pas la divinité.
107. Ici Adam fut aussi éprouvé , pour savoir s'il mettroit fermement son imagination dans le cœur de Dieu , auquel cas il seroit resté dans le paradis ; mais comme il détourna sa base affective du cœur de Dieu , vers l'esprit de ce monde , et qu'il voulut iponler au -dessus de l'humilité, et être égal à Dieu • alors il alla au-delà du trône de Dieu , dans l'esprit de l'àprelé et de la colère.
108. C'est pourquoi l'ame du Christ devoit ici être vraiment éprouvée , pour savoir si elle vouloit aussi mainlenant s'envoler dans l'orgueil , dans la puissance du feu , puisqu'elle avoit reçu le pain du ciel 5 ou bien si elle vouloit ne voir que le cœur de Dieu dans l'humilité, et s'y abandonner,pour qu'eilçi fut uniquement attachée à la volonté de Dieu • qu'elle devînt un ange d'humilité , et qu'elle ne se reposât en rien sur elle-même , pour voler dans sa piopre puissance.
io<j. L'on voit ici la principale œuvre du démon : coii;menl il emploie l'écriture , en disant : Les anges te soutiendront de leur main ; tandis que cependant il n'éloit pas là question du corps, mais de VeuaiQ
( 252 ) CH. 21*
qu'il vbuloît m3ner dans l'orgueil , afin qu'elle pût «e séparer d ; i'amour de Dieu , et se laisser porter par les anges ; qu'elle se séparât de rechef du nouveau corps, qui sans cela peut bien voler; qu'elle pût prendre un élan en bas dans le vieux corps , et se reposer sur les anges , et qu'elle pût ainsi de nouveau se détourner de Dieu,vers l'esprit de ce monde.
iio. Mais on voit la vaillance du Christ. Quoiqu'il fût debout avec son corps terrestre au sommet du temple, il recommanda cependant son corps terrestre àDieu^et sefîa en lui,comnie étant par-tout enDieu; et il dit au démon : // esi écrit : Tu ne tenteras point le seigneur ton 2>i£r//. Ici véritablement l'orgueil du démon dans la colère fut renversé ; et l'humilité ,la force et la puissance demeurèrent à notre Christ. L'ame du Christ entra dans le ternaire saint , dam l'humble amour, et se maria avec l'humble, chaste vierge de la sagesse de Dieu , ou la sopuie.
m. Comme donc le démon avoit perdu des deux côtés , il vint avec une dernière puissante tentation, ainsi qu'il en avoit agi avec à Adam : il lui offrit de lui donner tout l'Univers , s'il vouloit se prosterner devant lui , et l'adorer.
112. Adam aussi avoitété préoccupé de ce monde; il vouloit attirer ce monde à lui , et être ainsi par là égal à Dieu , puisque Dieu avoit attiré ce monde à soi, pour j manifester ses grandes merveilles; alors Adam se dit , dans l'ame : Tu es l'image de Dieu, tu dois aussi agir ainsi; pour lors tu seras comme Dieu. Mais par-là il se détourna de Dieu ^ vers l'esprit de ce monde.
CH. 22. ( 253 )
ii3. Or, le second Adam devoit soutenir la vocation du premier. Ainsi alors il fut éprouvé , pour savoir si l'anie vouloit demeurer dans l'homme nouveau , saint et céleste, et dans la miséricorde de Dieu, ou bien dans l'esprit de ce monde.
114. Or l'ame du Christ résista , comme un digne héros, et dit à Satan : Retire-toi^ Satan ^ tu dois adorer Dieu^ ton maître , et ne servir que lui. Je ne puis jamais être des tiens. Là le congé , ou l'arrêt fut prononcé au démon, à l'enfer, etaurègnede ce monde; le digne héros tiiompha; le démon fut obligé de s'en aller, et le terrestre fut surmonté. Alors le digne héros marcha au - dessus de la lune , et reçut en son pouvoir toute la puissance dan? le ciel , en enfer , et sur la terre ; il régna par son ame dans le ternaire saint, dans le corps extérieur, au-dessus de la mort et de la vie.
11 5. Alors ce monde est passé en propriété au Christ ; car il l'a soumis : il pouvoit vivre en Dieu , et il n'avoit point besoin de nourritures ni de bois-» sons terrestres.
116. Le lecteur doit savoir que, dans la tentation , le combat a eu lieu entre le corps et l'ame , et que cette tentation nous concerne aussi. Le Christ nous a conquis. Si nous mettons notre entière confiance dans le Christ , nous vaincrons en lui, le péché, la mort, le démon , l'enfer et aussi ce monde : car il a soutenu le derniercombat dans sa mort, oïl il arompu l'épée du Chérubin ; il a détruit l'enfer du démon , et il a emmené captive la captivité , ce que tu peux lire là où il est question de la mort du Christ.
(2.^4 ) CH» 2*-
117. Nous voyons que tout est conforme à ce qui a été exposé ; en effet, lorsque Clirist a surmonté Ja tentation , et qu'il a r. sisté q-iaranle |ours , il a entièrement vaincu , jusqiiVi obtenu la dernière victoire dans la mort (car Adam resta aussi long-tem$ dans la tentation dans !v iardin d'Eden). Alors il cofiimença son royaume sacerdotal , coQime un roi sur le ciel et sur la terre , avec des merveilles et dc^ prodiges ; et , pour son premier miracle , il transforma de l'eau en bon vin ; il guérit aussi des malades , fit voir des aveugles , marcher des boiteux ; il rendit sains des lépreux; il ressuscita aussi des morts , et se montra comme le vrai roi sur les morts et sur les vivans ; il s'assit sur le trône de la promesse de David. Il fut le vrai prêtre, selon l'ordre de Melcbisedech : tout ce qu'Aaron a voit été en image dans la puissance du père , ce grand prêtre Christ le fut en ëffèctiuité ^ avec des merveilles et des œuvres , ce que nous exposerons et écrirons clairement dans un autre livre après celui-ci , si uous vivons , et que Dieu nous le permette.
( 255 )
CHAPITRE VINGT-TROISIEME.
Des très précieux testamens du Christ, savoir • du baptême et de sa dernière cène qu'il a faite avec ses disciples , le jeudi au soir. Ce qu',1 nous a laissé comme sa dernière volonté.
La plus noble de toutes Us portes du chnstianisme.
I. Fl est connu combien jusqu'ici on a contesté dans Babel , au sujet de la coupe du Christ et de ses
samts testamens. On a aussi, à ce sujet, excité de grandes guerres , et versé beaucoup de sang. Mais
quelle lumu.re en est-il revenu à b1, sur L ma! tieres? 0„ le voit à leurs œuvres et à l'amour qu'ifs ont entr eux. On voit ce qu'ont produit leurs décisions , par lesquelles on a fermé la l)o..che à l'esprit samt, et on a fait du sacerdoce du Christ un gou vernement mondain.
2 O ! vous , grands prêtres , et savans dans les écritures , que réporulrez-vous au Christ , lorsou'a vous verra tels ,.. .ou. He. ? où prés uanez- vous que vous u, sojez cachés ? Ah ! vous êtes devant la claire face de Jésus-Christ, qui est ici un iu^e des vivans et des morts. Ouvrez au moins vos veux et paissez dans la justice le troupeau de Jésus'
( 2^6 ) CH. 23.
Christ : il vient, et il vous redemandera ses brebis. Vous n'êtes pas tous des pasteurs ; il en est qui sont comme des loups envahisseurs et cupides. Vous vous reposez sur les subtilités de vos écoles. Oî cela ne sert de rieu devant Dieu ; Tesprit saint ne parle pas de ces objets ; il ne se laisse pas enchaîner. Voulez-vous être des pasteurs du Christ ? Tene» ferme dans la tenlalion, revêtez l'habit de l'agneau sur votre cœux , et ne regardez pas la laine des brebis du troupeau comme n'élant qu'à vous. Vous devez leur distribuer l'aliment de Tesjïrit saint dans ' uu véritable amour, et commencer par vous ea nourrir v^us-mémes. Mais comment voulez-vous leur donner celle nourriture, si vous êles toujours dans le désert , dans la dernière lentalion ? Vous avez choisi pour vous-mêmes le royaume de ce monde, Touiefois que faul-il dire sur cela? la colère n'esl-elle pas allumée? Il ne vous reste qu'à Y apporter du bois; car Babel brûle, l'eau est desséchée. Ou plulôl qu'ai- je à faire avec vous, pour que je doive écrire ainsi ?
3. Nous avons montré en peu de mots Vhomifîca* tion et la naissance de Jésus-Clirist , lils de Dieu. Mais cependant nous ne sommes encore que terrestres et nous ne pouvons en aucune manière les comprendre : ainsi nous restons là , et nous demandons : Où est doue le Ciii isi avec son corps ? où devons-nous le chercher? C'est pourquoi nolie ame a envie d'écrire sur sa présence universelle , et cela , malgré les fureurs et les tempêtes du démon et de Fautechrist.
f ^^7 ) 4- Nous avons clairement éi^U; ^^ - de nouveau .ou.é veTlo ;;— ^ par l'amour de sa eracieu.P m- - ^ T^"'' '=<^'"'
•i" ciel , e,c 1 ' ;„ ; ri^ ': ""'^^ '- ^-^^^-^
amplemen. sur le cor^sl T ?' "' f ''^'"^ ?'- * • P^ "" Christ ; car la r/ii*c«« j*
ou,o„rs : Lecorps du Christ es, env^l/J:;: lÎ 1 es, lo>„ de nous j il ..ous fau . établir un rè»ne ,nr L' «erre , pour que nous puissions le servir enson Ib «ence. comme Jéroboam avec ses veaux lin"'"' r^gne s'appelle vraiment Babel '^
cos^tu donc pas aux paroles du Christ. lorsqu'il ^>' • Qu .1 sera avec nous tous les jours jusqu'à la £n du de. I, ai. ailleurs : Qu'i/veu, Lu'sdo !
ler son corps pour nourriture , et son s;,n<,
OuITa ' '"" ''"8 le véritable breuvage Quentends-,u parlà?U„ CW absent et éloigné i
se o de T'' ^^T "^'^'^^ ' P^-l-' -'" -è
«e ,'v avoh 7 " P-"^'^? -P-d-tle Christ
Z,l ï ':'' ^^' ""•«"'^ ? P°'"-q"oi n'y es-tu pas
este? ne vo.s-,u pas que les apôtres du Christ^
eurs successeurs , qui , par leur ame, étoieut dl.
e par d d„ christ , opérèrent de grandes t:!
ve Iles ? pourquoi es-tu rentré de nouveau dans l'es"'
P"t de ce monde? présumes-tu que ta raÏnt
. ràsr"''''''^^^''^-'''p-'^-^-sai;!
u pas qu ,1 a un autre principe , et que tu ne le
II.
»7
( i58 ) co. î^3*
6. Tu dis : Le Christ est monté au ciel , comment peut - il donc être dans ce monde ? Si tu vas plus loin , alors tu penses qu'il n'a été présent ici dans ses testamens que par son esprit saint , et que les ieslamens ne sont qu'un témoignage de ses mérites: Que dis-^u de ton nouvel homme ? si l'ame a pour aliment l'esprit saint , qu'est-ce qu'a donc alors ton nouvel homme ? Car chaque vie mange de sa mère. L'ame est l'esprit ; elle mange de la nourriture spilituelle 5 et le nouvel homme mange de l'élément pur , et l'homme extérieur mange de la génération des quatre élémens.
7. Or, si l'ame mange de la claire divinité, qu'est-ce qu'a donc le corps ? Car tu sais que l'ame et le corps ne sont pas une seule chose : c'est bien une seule circonscription ; mais l'ame est esprit et doit avoir une nourriture spirituelle, et le corps doit avoir une nourriture corporelle. Ou bien , veux tu donner au nouvel homme une nourriture terrestre? Si cela est , tu es encore loin du royaume de Dieu. Toutefois, le corps céleste du Christ n'a point usé delà nourriture terrestre ; mais seulement le corps extérieur terrestre. Cependant le corps du Christ est maintenant dans le ternaire saint ( entende» dans la pure et sainte substantialité , on dans le xnonde angélique ) , et il mangrî de l'aliment du paradis :( pourquoi pas aussi notre nouvel homme? ) Xi'a-t-il pas mangé , dans le désert , de la nourriture céleste pendant quarante jours , et depuis lors , n'en mange-t-il pas perpétuellement ? ne fUt • il pas à ses disciples prè» la fontaine de Jacob i
J'ai à manger une nourritaré que vous ne coUhoissèt pas. El plus loin : Ma nourriture est que je fasse la volonté de mon père qui est dans le ciel. Dès que là volonté de Dieu est sa nourriture, pourquoi pas aussi la nôtre, si nous vivons en lui? Ja divinité da Christ nVt-ellepas attiré et rassemblé le royaumô du ciel en un seul corps? le pur élément n'est-il pas son corps , dans lequel la divinité demeure ?
8. Voici ce que dit la raison : Le corps du Christ est dans une place , comment peut-il être par-tout? Il est une créature. Or, en effet , une créature ne peut pas être par-tout à la fois. Ecoute, chère raison, lorsque la parole de Dieu devint homme dans le corps de Mario , n'étoit-il pas en même tems en haut au-dessus des étoiles ? lorsqu'il étoit à Nazareth, n'étoit-il pas aussi à Jérusalem , et par-toot sur tous les trônes ? ou bien crois-tu , lorsque Dieu devint homme , qu'il a été ainsi confiné danâ l'humanilé , et qu'il n'a pas été par-tout ? crois-tu que la divinité se soit séparée dans l'homification, du Christ ? O ! non , il ne s'est point éloigné d'elle ou de sa demeure , cela ne peut pas être.
9. Or donc , s'il est devenu homme , son huma^ iiîlé a été par-tout où étoit sa divinité ; car tu ne peux pas dire qu'il y ait dans le ciel et dans ce monde un lieu où Dieu ne soit pas : mais où esi le père, là est aussi son fils en lui, là est aussi l'esprit saint en lui. Or, soncœur est devenu homme, et est dans l'humanité du Christ. Enfin, si tu voulois penser que le corps du Christ est loin dans le ciel , alors tu devrois (e souvenir ausii que I^ogmit
'1-
( i6o ) CH. î3.
,^6 Dieu est en lui. Quand tu prétends que Dieu le père est Y^réseni par-tout, voudrois-tu donc dire que son cœur n'est pas aussi présent par-tout en lui ? ou bien veux-tu partager le cœur de Dieu , et en placer une étincelle ou une parcelle, dans le corps du Christ, et l'autre par-tout ? que fais-tu ? Désiste- toi: je te vais montrer réellement et particulièrement la vraie base.
10. Vois : Dieu le père est par-tout , et son cœur et sa lumière sont par-tout dans le père ; car il est éternellement, perpétuellement, et par - tout engendre dans le père ; et sa génération ne commence , »i ne finit ; il est, encore aujourd'hui, engendré sans cesse du père. Lorsqu'il éloil dans le corps de Marie , il étoit cependant encore Vengendrement du père , et étoit engendré du père. Et l'esprit saint est toujours , de toute éternité , sorti du père par son cœur 5 car l'entière génération de la divinité n'est pas autre chose,et ne peut pas opérer autrement.
11. Or, le père est plus grand que tout , et sa miséricorde ou l'ardeur de son cœur , aussi plus grande que tout; et le fils en lui est aussi plus grand que tout. L'élément demeure dans sa miséricorde , et est aussi vaste que Dieu , excepté qu'il est engendré de Dieu ; il est substantiel ; il est inférieur à Dieu , et c'est dans cet élément qu'est le ternaire saint , avec la sagesse de Dieu dans les merveilles : car toutes les merveilles seront manifestées dans cet élément qui est le corps céleste du Christ , renfermant notre ame qu'il a reçue dans cet élément. Toute la plénitude de la divinité est là
CH. !î3. ( 261 )
dans le centre, et l'ame est ainsi environnée de la divinité, et mange ou se nourrit àe Dieu ^ car elle est esprit. Ainsi , ma chère ame, si in es régénérée en Christ , alors tu te revêts du corps du Christ ou du saint élément 5 cet élément donne la nourriture et la boisson à ton nouveau corps ; et l'esprit de ce monde dans les quatre éléraens donne la nourriéure, à notre vieux corps terrestre.
12. Ainsi, pénètre ce sens profond : de même que le Christ a fait avec nous, dans le jardin d'Eden , une alliance par laquelle il devoit devenir un homme, ainsi que cela a été exposé ; de même aussi il a fait une alliance avec nous après qu'il a eu déposé son corps terrestre ; il nons a distribué son corps pour nourriture, son sang pour boisson , et Peau de l'éternelle vie dans Poriginelde la divinité, pour un saint baptême ; et il nous a recommandé d'en user jusqu'à ce qu'il revienne.
i3. Maintenant tu dis : Qu'est-ce que le Christ a donné à ses disciples clans la dernière cène, lorsqu'il étoit à table avec eux? Vois, ladivinilé n'est pas saisibsable, et le saint corps du Christ n'est pas mesurable ; il est bien créaturel , mais non pas mesurable. Il leur a donné son saint corps céleste à manger et son sang céleste à boire , comme ses propres paroles l'exposent. ( Math. 26 : 26. 27. 28. )
i4. Dis-tu : Comment cela peut-il être ? Mais réponds-moi : Comment se peut-il que le saint élément se soit revêtu de ce monde , et ait un autre principe dans le corps de ce monde , et que le saint élément soit le corps céleste du Christ ? C'est aiuH
( *6a ) ' en. >3*
que le Christ a donné à ses disciples le pain extérieur et le vin extérieur dans le royaume de ce monde ; eft sous ces substances^ il leur a donné et son saint corpa céleste dans un autre principe qui comprend l'extérieur ; et son saint sang céleste , dans lequel est la teinture céleste j et la vie sainte,
i5. Ici la raison dit : C'étoit un corps étranger dans un sang étranger, et ce n'éloit point son propre corps créaturel du pur élément. Chère raison , dis-moi, comment cela peut-il être nn corps étranger? Il est bien dans un autre principe j mais non pas d'une autre créature. Christ ne dit-il pas : Je n« ^uia pas de ce monde ? et cependant selon l'homme extérieur il étoit aussi véritablement de ce monde* Ou bien eniends-^tu seulement cela de sa'divinilé? alors où est donc demeurée son éternelle humanité^ selon laquelle il étoit un roi de la promesse sur le trône de David ?
16. Si la promesse avoit pu npus acquitter , elle n'auroit pas eu besoin d'être suivie de l'œuvre. Alors Moïse auroit pu aussi introduire le peuple d'Israël dans la vraie terre promise-, cependant Josué , qui étoit une image de Jésus^Christ , ne pouvoit pas le faire non plus , mais il les a menés seulenient dans
/)a terre des pajens , où il j avoit sans cesse des guerres et des combats , et qui o'étoit qu'une vallée de douleurs,
17. Mais ce Christ siège sur le trôiiQ de David 5 sur le trône de la promesse. C'est ainsi que David étoit un roi extérieur ; qu'il étoit , dans son esprit , unprophétç devant Diçu^qu'il siégea aussi exlériqure-
«=»• ^^' ( 163 )
ment comme un juge dans ce monde , et intérieurement comme un prêtre devant Dieu ; qui avoit prophétisé de ce Christ en annonçant qu'il devoit venir; et qui ordonna d'ouvrir toutes les portes , et d'élever en haut toutes les portes pour quele roi de gloire entrât: ainsi il ne parla pas seulement de sa divinité, de laquelle il prophélisoit, car elle étoit sans cela éternellement avec lui , et c'est dans cette même puissance et connoissance qu'il parloit ; mais il prophétisoit de sou éternelle humanité. Car ce n'eût pas été un vrai roi , s'il n'eut siégé là qu'en esprit j quo nous n'eussions pas pu le voir , et converser avec lui : mais c'est un roi qui siège là dans Thumanilé.
iC. Enfin ce même roi a été promis par Dieu, pour qu'il pût s'emparer des portes de ses ennemis et emmener ses ennemis prisonniers : or, ses ennemis sont les démons.
19. Comment conçois-tu que cette même créature ait lié les démons dans Jérusalem, et que, comme une créature limitée, qui n'eût pas pu atteindre plus loiu , il les ait conduits prisonniers? qui donc les auroil liés à Rome ? Diras-tu : sa divinité ? O non , ce n'étoit pas là son office. Les démons , malgré cela, ne sont pas moins dans la plus intérieure racine du père , dans sa colère. Il n'y avoit qu^une créature qui prit le faire 5 et il falloit que cette créature fût si grande qu'elle fût par-tout près des démons.
20. C'est pourquoi le Christ dans sa tentation devoit soumettre le rojraume de la colère et de son extra-génération 5 et dans son entrée dans k mortil
( 264 ) CK. 23.
hrisa la tète du serpent ( du démon et de tous les diables ), et les prit prisonniers. II te faut entendre par là que réléinent intérieur qui embrasse le corps universel de ce monde , est devenu le corps éternel du Clirist. Car alors toute la divinité est entrée dans la parole et dans le cœur de Dieu; elle s'y est mariée pour demeurer là éternellement, et celle même divinité est devenueunecréature;maisunelellecréature qu'elle puisse être par-tout comme la divinité même. Or, cette même créature a enfermé tous les démons dans le royaume de ce monde; et tous les hommes qui par leur baseafiectivese rapprochent dece Christ et le désirent dans une sincère ardeur, seront attirés par l'esprit du père, c'est-à-dire, par la claire et pure divinité, dans celle humanité du Christ, c'est-à-dire, enfin , dans l'élément pur , devant la trinilé.
21. Et s'ils demeurent fermes et qu'ils ne passent pas de nouveau hors de Dieu dans l'altract du démon , alors la noble perle ou la lumière de Dieu est semée dans leurame ; elle attire à soi le noble corps de Jésus-Christ avec le paradis et le royaume du ciel. Et le véritable nouvel homme Christ croit , sur l'âme , dans la vierge céleste de la sagesse de Dieu ou la SOPHIE, dans le ternaire saint, dans le royaume céleste. Ainsi un tel homme est , selon le nouvel homme, dans le ciel, dans le corps de Jésus-Christ ; et selon le vieil homme terrestre qui est suspendu à rhomme saint , il est dans ce monde, dans la maison de péché; la divinité actionne le nouvel homme ; et l'espritdece monde,le vieil homme^ jusqu^àcequ'illo dépose dans la mort. Car il est un homme engendra
CH. 23. (265)
dans le ciel, dans la miséricorde de Dieu, dans le corps de Jésus-Christ. ( Il est dans le ciel de l'éternité par
Tamede l'homme internedans la nouvellegénération; et par l'homme externe et mortel , il est dans la vanité du tems, dans lequel le jougdu poché vil encore.) , 22. Je présente ici une chose profonde. Vois, comment les trônes et les princes angéliques ont été aperçus dans le commencement par la sagesse de Dieu ; c'est ce coup d'œil que le fiât a saisi pour le créer, et pour développer dans les trônes angéliques l'infinie nniltiplicité ; le tout selon l'éternelle sagesse dans les merveilles de Dieu , qui toutes ont été créées dans le fiât de Dieu selon toutes les essences de l'éternel limhus de Dieu , de façon que tous les anges dans chaque trône donnent leur volonté aux anges princes dans le trône , comme cela est assez claii- dans la chute de Lucifer , et comme cela se reconuoil aussi aux régions des gouvernemens royaux de ce monde ; si toutefois le démon n'avoit pas ainsi détruit la vraie union ! car malheureusement cela n'est que trop manifeste.
23. Toi, noble et très précieuse ame, comprendsnous donc aussi dans ce sens. Celte seconde , sublime et précieuse création est dans le fiât. Lorsque Dieu vit et reconnut notre lamentable chule , il se' contempla par la' sainte, éternelle vierge de sa sagesse , dans ses éternelles merveilles , dans la miséricorde , qui est toujours engendrée de son cœur ; il embrassa par son coup d'œil le trône ; il se contempla plus profondément dans le trône, dans des infiuiiés sans nombre. IX établit là sOii alliance par
( 266 ) CH. 23«
son serment , par la précieuse promesse de la semence de la femme.
24. Ma très chère ame, conçois la chose ainsi. Ca même trône, lorsque le tems de son alliance fut ouvert, devint dans le lems un grand prince angélique dans la miséricorde de Dieu , dans le saint et pur élément, dans le ternaire saint (c'est-à-dire, dans la terre sainte dans laquelle la divinité a été reconnue substantiellement ), de façon qu'ainsi toute la miséricorde divine qui est incommensurable j qui est aussi également grande dans le saint élément } qui contient le ciel et le monde , devint un homme, c'est-à-dire, une similitude substantielle de l'esprit de la trinité. Dans cet homme la trinité demeure avec toute sa plénitude (cul. 2: 9). Or, dans ce grand prince de trône angéliquea existé dès le commencement et de toute éternité , le coup d'œil ou ï aperçu, dans l'infinie roulliplicilé de toutes les essences, dans le limbus du père ; et cet aperçu a été vraiment manifesté par le fiât , dans le tems de la promesse.
25. Ainsi aujourd'hui encore toutes choses sont dans l'acte créatif ou dans le fiât ; et la création n'aura point de fin jusqu'au jugement de Dieu. Là tout ce qui aura poussé dans l'arbre saint sera sépai^ des ronces impies et des épines. Nous hommes , noug sommes ces aperçus innombrables dans le fiât du prince trône ; ceux qui sont saints seront engendrés et formés dans le corps de ce prince qui est en Dieu. Mais ceux qui se dégradent, seront rejètés auJL pourceaux du démon , comme un iruit pourri»
cp. 25. ( %Sj )
a6. Ainsi nous avons été choisis ep Jésus-Christ» avant que le fondement du monde fût posé , pour que nous fussions ses auges et ses ministres dans son sublime trône de prince, dans le corps de son élément , dans lequel son esprit ou la trinité sainte vient habiter.
27. Je pourrois te démontrer cela clairement dans le royaume de ce monde ; oui , dans toutes choses ; tu ne pourrois me rien nommer , oh je ne pusse te le démontrer , si Dieu nous L permetioit. Mais comme cela demanderoit trop déplace, j'en écrirai un livre particulier, si Dieu le permet.
28. C'est pourquoi, ma chère ame, sois vivante et vois ce que ton noble époux t'a laissé pour legs dans ses testamens. Savoir principalement, dans le baptême , l'eau de son alliance , de son corps saint provenu de l'originel. Ici, dans ce monde, ou dans l'extra-génération de son corps nous reconnoissons quatre choses 5 savoir: le feu, l'air, l'eau et la terre, dans lesquels consiste notre corps terrestre.
29. Ces quatre mêmes choses existent aussi dans le corps céleste. Le feu est l'enflammemenl du désir divin. L'eau est ce que le feu engendre , et ce qui fait que le feu devient doux et une lumière. L'air est l'esprit du royaume de joie ; il souflQe le feu , et opère la mobiliié dans l'eau. Et la terre est la réelle substance qui est engendrée dans les trois, et s'appelle vraiment le ternaire saint. Dans ce ternaire saint la teinture est engendrée dans la lumière de la douceur ; dans cette douce lumière le sang saint ç^i engendré de Teau comme une huile aqueuse ,
( 268 ) CH. a3,
dans laquelle brille la lumière , et en qui existe l'esprit de vie.
3o. Voici comment il faut concevoir ces choses. L'eau de réternelle vie est dans le limhus de Dieu, dans le ternaire saint, et c'est là l'eau qui baptise rame5quand nous fesous usage de la formule de son testament • car l'ame est trempée dans l'alliance du Christ ; c'est dans celle même eau qu'elle est Javée, et c'est un vrai bain de régénération. Car par l'immersion dans l'eau sainte, elle est conçue et ranimée par cette eau sainte; elle vient dans l'alliance de Christ, dans l'ame de Christ ; à la vérité, non pas dans l'ame , mais dans son corps : elle devient un frère de l'ame de Christ. En effet l'ame du Christ est une créature comme la nôlre ; elle est enveloppée par là dans le corps de la miséricorde , dans la trinité ; elle possède en soi le corps, comme sa nourriture et son restaurant , et c'est ainsi que nos âmes sont les frères de l'ame du Christ , dans l'alliance , si elles demeurent fidèles à Dieu.
3i. Car le Christ a pris de nous , hommes , dans Marie , ce gage , ou notre ame. Aussi ce dont nous nous réjouirons dans l'éternité, c'est de ce que l'ame du Christ est notre frère, et de ce que le corps du Christ est notre corps dans le nouvel homme.
32. Pourrois-je ne me pas réjouir de ce que mon ame est dans le corps du Christ , et de ce que l'ame du Christ est mon frère , et la trinité sainte la nourriture et la force de mon ame ? Qui est-ce qui me jugera, m'arrêtera , ou me perdra , si je suis dans mon vrai homme en Dieu? Si je suis immortel dans
«H. 23. ( 269 )
mon nouvel homme, de quoi serois-je donc tant effrayé dans mon corps terrestre, qui appartient à la terre? Que chacun prenne ce qui lui appartient alors mon ame sera affranchie de l'instigateur.
33. Mais que dois-je dire ? ne dois-je pas dans ce corps, que je porte ici , dans la terrestréité , révéler les merveilles de Dieu par le nouvel homme afin qu'ainsi ses merveilles soient manifestées ? Je ne parle pas seulement de moi , mais de tous les hommes bons et mauvais. Chacun doit, dans son règne , ouvrir les grandes merveilles dans lesquelles il est , soit dans l'amour , soit dans la colère. Tout restera en figure après la rupture de ce monde; car ce monde est encore dans l'acte créatif, et en semence, ou dans le fiât, et il est comme un champ qui porte du fruit.
34. Ainsi chacun de nous poursuivra et finira son labeur journaHer dans son champ ; et à la moisson , chacun existera dans son œuvre, et jouira de la production qu'il aura semée. C'est pourquoi ma main ne doit point se lasser de creuser. Nous le disons sérieusement : cela est hautement et précieusement connu dans les merveilles de Dieu , dans le conseil de la noble vierge sophie.
De r usage des précieux testamens de Je sus- Christ
fils de Dieu»
35. Le Christ a commencé l'usage du baptême par Jean , qui étoit son précurseur; et Jean étoit né dans ce monde avant le Christ. Voici ce que cel^
sigmTie, (ouvre les yeux). C'est ainsi que, dans ron« giual , l*eâu est une cause et un commencement de la vie ; que dans i'eau , le soufre est le premier engeudré par la teinture ; que, dans lui , la vie devient mouvante ; et que la teinture engendre de nouveau le soufre et Peau , dans lesquels ensuite cela devient sang dans la teinture. Or , tel qu'est le commencement de la vie, tel doit être Tordre dans là. régénération, de façon que la pauvre ame reçoive d*abord l'eau de l'éternelle vie j ety soit trempée : alors Dieu lui donne le grain de sénevé ou de la perle, pour que, si elle le reçoit, elle devienne une nouvelle plante en Dieu.
36. C'est pourquoi il a envoyé son ange devant )ui , afin qu'il baptisât avec l'eau de l'éternelle vie. Car c'est ainsi qu'est provenu l'éternel corps danâ lequel l'ame devoit entrer , et être engendrée de nouveau , dans sa teinture , dans son sang , et être transplantée dans le corps du Christ. Il faudroit beaucoup de marge pour écrire sur ceci ; mais je le terminerai brièvement, et je l'exposerai danft un autre livre. Pour le moment, je traiterai l'ubjet de la célébration du baptême ; car le simple né peut presque pas le comprendre. Ainsi nous vou* Ions agir en enfant avec lui , pour qu'il puisse devenir voyant , et trouver la perle. En effet on ne saisira pas tout ce que nous avons trouvé dans l'amour de Dieu , quoique nous désirassions que tout le monde en jouît. Hélas ! il y a un grand intenta lie entre ; savoir : le royaume de ce monde gonflé , par le démon ^ qui se défend comme un
animal hargneux, quoique l'odeur du lys le rende impuissant. Ainsi nous allons parler maintenant en enfant.
37 Le ministre dansl'oflBce fraternel et chrétien de lalhance et des testamens du Christ, prend eau , et sur l'ordonnance du Christ dans sort al. Iiance et dans son testament , il la verse sur la tête du baptisé , au nom de l'alliance et au nom de la trimté sainte j du père +, du fils -^ et de l'esprit ?r.i^' ' 't^ ^'^ '' ^'-mmandement du Christ;
testament qu'il a ensuite confirmé par sa mort; c'est aussi ce que nous devons pratiquer , et ne le pas déaisser. II n'est pas à la disposition du clirétien de 1 employer ou de le laisser ; mais si nous voulons être chrétiens , nous devons en faire usage , ou bien nous méprisons le testament du Christ , et nous ne trouions point aller à lui.
38. Car, le testateur estdans l'alliance, et dit : re^ ^«. Ainsi celui qui Deviendra point,n>entrera point en lui 5 c est pourquoi , cela ne tient pointa nos Hautes connoissances et à nos sciences ; car il est dans son alliance, et l'enfaut nouveau né lui est aussi cher que le vieil homme pécheur , qui se couvertit et marche dans son alliance. En effet, cela ne vient point de nous qu'il soit devenu homme , et qn 11 nous ait pris dans son amour; maisc./a tient k son amour dans sa miséricorde : car nous ne savions rien de lui , ui si nous serions guéris ; c'est lui qui nous a choisis ; c'est lui qui est venu à nous par grâce dans notre humanité , et qui a pris en lui
( 272 ) cif. 23.
ce qui étoit à nous. Ainsi ralîlance de sa promesse éloit une alliance d'amour ef de grâce , et non pas le fruit de notre participation , ni de nos mérites. C'est pourquoi , celui qui enseigne autrement , est une Babel , et allère l'alliance du Christ.
39. Eu effet, le Christ dit aussi: Laissez venir à moi ces enfans ; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Il ne dit pas : A quoi sert le baptême à un enfant qui ne le comprend point ? Aussi cela ne tient pas à notre entendement; nous sommes tous ignorans sur le règne de Dieu. Si l'enfant qui est ta branche , a poussé dans ton arbre , et que lu sois dans l'alliance, pourquoi ne portestu pas aussi la branche dans l'alliance ? Ta foi est sa foi, et la confiance en Dieu dans l'alliance , est sa confiance. Ce sont réellement tes essences engendrées de ton ame. Si tu os un vrai chrétien dans l'alliance de Jésus-Christ , lu dois sûrement savoir qu'un enfant , dans renfiammement de sa vie 5 marche aussi dans l'alliance du Christ ; et que s'il meurt dans le corps de sa mère , il sera trouvé dans l'alliance du Christ ^ car la divinité est dans le centre de la lumière de la vie. Or , si l'arbre est dans l'alliance , il est juste que les branches y soient aussi.
40. Ne crois pas toutefois pour cela que tu doives négliger le baptême 5 car quand l'enfant est engendré dans le monde , alors il est séparé de son arbre, et il est dans ce monde. Là, il faut qu'il marche luimême dans l'alliance 5 et lu dois le représenter par ta foi , et le donner à Dieu dans son alliance ^ par
en. 23. ( 278 )
ta prière ; il ne faut pour cela aucune pompd qui ne fait que déshonorer l'alliance. Ceci est très important.
41. Il j^ a trois témoins pour cette alliance : l'un s'appelle Dieu le père ; le second , Dieu le fils ; et je troisième , Dieu l'esprit saint. Ce sont les maîtres opérans , qui, là exercent l'office , et baptisent ; mais si tu viens bien j^aré , loi , vilain miroir de prostitution j que tu portes la pauvre aine à l'alliance du Chrisl 5 elquetu ne sois laque par oslenlalion , lu n'eulends rien au baptcmc ; et ce n'est pas un notre père y qui l'accomplit en Dieu. Sais-lu comment tu es devant la trinilë sainte , au sujet de cette alliance ? Comme un pourceau devant un miroir.
42. Devrois-je donc me taire ? Non , je dois le dire ; car je le vois. Fais ce que lu voudras 5 ceci est la vérité. Tu portes une ame lavée à neuf par le baptême 5 mais tu es un pourceau souille , /wc« même dans le royaume de tous les démons. Ainsi donc , le bain ou le baptême de la naissance , ne repose point en loi , si lu n'es qu'un pourceau , et si tu es éloigné du royaume de Dieu. Ce bain repose dans l'alliance du Christ.
43. Je vous parle ici , il est vrai , selon ma connoissance , et non point par commandement. Si des parens sont impies et loul-à-fail dans le règne du démon ; s'ils ont ainsi extrait leur fruit de leurs fausses essences; s'ils n'ont aucune foi, ou s'ils n'en ont que la fausse et hypocrite apparence et comme ne voulant être regardés comme chr^ liens, que pav respect humain 3 si, à l'instar du
II. 18
( 27 1 ) Cil. 23Aàmon , qui se transforme sou vent en ange de lumière, ils envoient en cet état leurs enfans avec de faux anges ainsi parés, devant l'alliance du Christ, cela est cxtrememdnt dangereux , et cela se montre aussitôt dans la croissance de Tarbre. L'alliance demeure bien, il est vrai; mais il est très important de se dérober au démon. Il est tr(» possible aussi qu^ j)lusieurs soient baptisés dans la colère de Dieu , seulement parce qu'ils méprisent Falliance , sans compter que souvent ce baptême s'administre par de mauvais prêtres ivres, qui, dans toute leur personne , sont en cfiFet dans le feu
infernal.
44. C'est pourquoi l'alliance de grâce est réellement un témoignage contre la congrégation des impies; et ce qu'ils voyent et savent, sans l'accomplir avez zèle , sera leur juge.
45. Maintenant la raison dit : Comment don# s'opère le baptême ? Je n'y vois toutefois que de Feau et des paroles. Ecoute , chère raison , ton corps extérieur n'est aussi que dans ce monde ;
' c'est pourquoi il faut qu'il y ait une tau extérieure. Mais de même que l'homme caché, Chrisi, contient dans son pur élément l'exlra- génération de ce inonde , savoir les quatre élémens , dans lesqiiels est noire corps, et que tout est sien; de même aussi il contient l'eau extérieure : or , il baptise avec Tenu iniérieure de son élément, avec l'eau de réternelle vie, provênnni âe son saint corps; car l'esprit saint , dans l'alliance, baptise avec l'eau iniérieure, et le ministre baptise avec l'eau extéCH. aS. ( 275 )
rieure. Ce qui dst extérieur reçoit Peau extérieure élémentaire, et l'ame reçoU l'eau du bain de la purijication dans la renaissance.
46. L'ame esf lavée dans l'eau sainte , et le verbe est présent devant elle, et elle est dans l'allianceAlors elle peut tendre vers la perle. Quoiqu'elle soit liée en arrière au royaume de ce monde , elle est cependant dans l'alliance ; et si , au moyen de la vraie foi des parens , du prêtre , et des assistans , elle est ainsi lavée dans le bain de la renaissance, et qu'elle marche dans l'alliance le démon ne peut pas la toucher, jusqu'à ce qu'elle sache ce que c'est que le bien et le mal , et lorsqu'elle entrera un jour dans l'un ou dans l'autre, ce sera avec une libre volonté.
47. Mais quaud elle entre dans la méchanceté de ce monde , et qu'elle se laisse attirer par le démon , dès lors elle sort de l'alliance , et elle abandoime Dieu et le royaume du ciel ; car la noble vierge de Dieu, ou la sophïe est là , daus le centre de la lumière de la vie. Aussitôt que l'entrée de la vie est ouverte dans le centre delà lumière de la vie , cetUt noble vierge de la sagesse de Dieu^ ou la SOPHIE, se donne à l'ame comiiic un conducteur, comme un tendre amant, et elle avertit l'ame des voies impies, pour qu'elle s'en écarte, et qu'elle marche de nouveau dans l'alliance. Mais si au contraire elle demeure dans le règne du démon , alors la sophik demeure dans le centre du saint paradis; elle reste une vierge, mais à part soi Or ; l'ame Fa affligée 3 ainsi elles sont séparées, à
( l'jG ) CH. 23.
moins que l'ame ne revienne dans la vraie repentanceer pénitence -, alors elle est reçue de sa vierge SOPHIE , avec un grand honneur et une grande joie.
48. C'est pourquoi le Christ a fait deux testamens : Tun dans l'eau de l'éternelle vie , et l'autre dans son vrai corps et dans son sang , afin que si la pauvre ame éloit de nouveau souillée par le démon , ©lie pût cependant par le second , entrer de nouveau dans le corps du Christ : et si elle se convertit avec repentir de ses péchés passés, et qu'elle mette de nouveau sa confiance dans la miséricorde de Dieu , alors elle marche de nouveau dans la première alliance et elle peut aller au second testament , et s'appro'cher de Dieu. Alors elle sera reçue avec pie , comme dit le Christ : Qu'il y a plus de joie dans le ciel pour un pécheur qui fait pénitence , que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pa» besoin de* pénitence.
49. La raison dit ici : Je ne vois que du pain et du vin , et le Christ a donné aussi du pain et du vin à ses disciples? Réponse.
50. ISons avons dît que le baptême , à l'extérieur, est de l'eau 5 que l'eau intérieure est l'eau de l'éternelle vie ; que la trinilé sainte baptise , comme cela se voit au Jouvdnin , où trois personnes parurent : le fils dq Dieu dans l'eau 5 le père dans la voix du verbe ; et l'esprit saint au-dessus de l'eau tolanant sur la tête du Christ ; or, toutes les trois personnes ont baptisé dans la divinité cet homme
ChrUt. 5i. Il en est de môme aussi dans la cène. L'exléClï. 2^ ( 277 )
lieur est le pain et le vin , comme ton homme extérieur est aussi terrestre ; et l'intérieur, dans le testament du Christ , est sou corps et son «aw^que reçoit ton homme intérieur. Entends bien ceci : l'ame reçoit la divinité ; car elle est esprit , et ton nouvel homme reçoit les véritables corps et sang du Christ , non-seulement comme une pensée dans la foi (quoiqu'il faille que la foi y soit aussi ), mais sushiautiellement, ce qui est incompréhensible a l'homme extérieur.
52., Là ce qui est saint ne se transforme point dans la substance extérieure , pour que tu puisses dire du pain que tu manges avec la bouche extérieure , et du vin que tu bois avec ta bouche extérieure , que ce soit là la chair et le sang du Christ. Non , mais c'en est l'enveloppe 5 toutefois ils ne peuvent être compris ni renfermés par l'enveloppe 9 de même que ce monde élémentaire ne comprend pas le corps du Christ dans le saint élément, ou de même que le corps extérieur, en nous , ne peut pas comprendre le corps intérieur de l'ariie. La dernière cène du Christ t'apprend cela aussi , lorsque le Christ s'assit à table avec ses disciples , et leur donna, à boire et à manger,selon sa manière particulière , ses saints corps et sang cachés sous le pain et le vin.
5^. Car tu ne peux pas dire , quand lu manies le pain sacré : Ici je tiens dans mes mains le corps du Christ -, je puis le toucher. Non , mon frère , le pain extérieur est un pain terrestre, fait des élémens extérieurs 5 et \ç pain insaisissable, existant
( 278 ) *. 25dans l'élément saint est le corps du Christ , qui l'est offert dans son alliance et dans son testament , sous le pain exlérieur. C'est là ce que reçoit ton nouvel homme ; et le vieil homme reçoit le pain extérieur : ainsi de même pour le l'in.
54. Ne me parle point de l'éloignement et de l'absence du corps et du sang du Christ ; l'ame n'a pas besoin de courir loin après eux. Aussi le corps terrestre du Christ , dans son sang terrestre , n'est point la nourriture de l'ame dans ce testament ; mais la pure divinité est la nourriture de l'ame ; et le corps saint du Christ est la nourriture du nouvel homme , dont l'ame s'est revêtue par le corps de Jésus-Christ. Le corps et le sang de Jésus-Christ nourrissent le nouvel homme , et si le nouvel homme demeure fidèlement dans le corps de JésusChrist , alors on lui donnera la noble perle de la lumière de Dieu , afin qu'il puisse voir la noble vierge de la sagesse de Dieu , ou la sopuie ; et celte Sophie prend la perle dans son sein , et va constamment avec l'ame dans le nouveau corps , avertissant l'ame de ses fausses voies. Quant à ce que c'est que cette perle , je voudrois que tous les hommes la connussent ; mais combien est elle peu connue ! Hélas ! cela est devant leurs yeux. Elle est plus belle que l'éclat du soleil ;elle est un plus grand trésor que le monde entier ; mais quoiqu'elle soit eu évidence, elle est cependant aussi très occulte.
55. Or 5 la raison dit : Que reçoit donc l'impie qui n'est pas régénéré ? Réponse. Ecoule , ô ! toi , raison, ce que dit Saint-Paul : C^est pourquoi^
CH. 2,\ ( 279 )
comme il ne dislingue pas le corps du Christ , il- le reçoit pour son Jugement. Le seigneur dit aussi par les prophètes: Ils s'approchent de moi avec les lèvres ^ mais leur cœur est loin de moi ; enfin il est dit cidessus : Celui qui ne vient pas da Dieu , entre dans sa colère,
56. Comment veujt-lu recevoir dau5 ton corps , le saint corps du Christ , si tu es un démon ? cependant le démon a élé aussi un ange , pourquoi est-il passé de Dieu (dans la matrice colérique)? Si ton vieil homme dans la colère, est la seule chose qui se trouve dans ton ame , et qu'il ne s'y présente rien du nouvel homme , alors ton ame reçoit la colère de Dieu , et ton vieil homme reçoit le pain et le vin élémentaires. On ne jèle point la noble perle devant les pourceaux. Il est vrai , le testament est là , et le testateur t'y convie, mais tu t'en mocques y il voudroil bien l'aider, et tu ne veux pas.
57. Je ne dis pa^ que tu reçoives la colère de Dieu dans le pain et dans le vin , mais bien dans ta fausse confiance. Tu es dans la colère par l'ame et le corps ; et tu ne la veux pas fuir. Pourquoi t'approches - tu tant de l'alliance de Dieu si tu es prisonnier du démou ? crois-tu que Dieu secondera ton hypocrisie , et y attachera sa perle si tu es un loup? Tu hurles avec les chiens , ta bouche prie et ton ame est un repaire de fourberies.
58. Quand elle revient du testament du Christ , elle retourne dans les cavernes de voleurs, et est une meurtrière ; elle hurle avec les chiens ; elle est une parjure et une prostituée. Quand elle revient ihi
( 280 ) CB- a'*
l'alliance , elle va dans les cavernes de proslitulion, dans les antres des voleurs : on s'y lient Iranqu.l.e et on se croit dans une grande sainteté. Ah! cest aujourd'hui pour moi un saint jour ; il ne faut pas que je pèche; et lu penses cependant que demaui ou après demain tu y retourneras (à ton péché).
ïQ O ! toi , malicieuse , reste plutôt loin du testament du Christ ; si tu n'y apportes pas un nouvel homme , lu n'es qu'un meurtrier , et tu scandalises tes voisins tant que tu marches dans ces voies. Ta pTicVe est fausse , elle ne vient point du fond de ton cœur. Ton cœur ne désire que la cupidité de ce monde ; c'est à l'instigateur que s'adie=.se ta prière ; c'est lui qui est ion Dieu : c'est pourquoi prends garde à ce que tu fais. ^
60. O! Babel , nous aurions beaucoup de choses a te dire ; mais ce n'est pas pour l'époque actuelle. On te parlera un jour dans la colère , ce dont les élémens trembleront ; sors , il est tems que la colère s'étende.
. » >
(281 )
CHAPITRE VINGT-QUATRIEME.
De la juste et vraie pénitence ; comment le pauvre pécheur peut retourner à Dieu dans son alliance , et comment il pçut être relevé de ses péchés.
La porte de la justification du pauvre pécheur devant Dieu.
Un beau miroir pour toutes les âmes affamées et
pénitentes.
1. Moîï cher lecteur, nous t'ajoutons ceci : Que toute chose , à commencer de la source de Tessence de toutes les essences , a (chacuue depuis son origine) son impulsion dans sa forme, et opère toujours cette même essence dont l'esprit est enceint. La conscription ou le corps doit toujours travailler dans cette même chose dans laquelle l'esprit est enflammé. Quand je réfléchis et que je pense pourquoi j'écris ainsi , et que je ne le laisse pas à d'autres plus pénétrans , je trouve que mon esprit a été enflammé dans cette chose dont )'écris. Car il y a un vif courant de feu de cette chose dans mon esprit. C'est pourquoi faurois beau former d'autres résolutions ,
( 282 ) en. 24.
cependant la chose prendroit toujours le dessus , et aiusi je suis lié par là dans mon esprit, et cela m'est imposé comme uneœuvre qu'il me faut faire. Si c'est donc mon œuvre et qu'elle poursuive mon esprit , je veux l'écrire pour moi comme un mémorial, nonseiilemenl de la manière dont cette chose se fait connoîlre à mon esprit , mais aussi de la manière même dont j'y suis parvenu , et je ne veux rien poser d'étranger que je i/aie éprouvé moi-même , afin que jo ne sois pas reconnu devant Dieu comme ayant meuli à moi-même.
2. S'il arrivoil donc que quelqu'un eût envie de me suivre, et désirât la connoissance des choses que j'écris, je lui dounerois le conseil de me suivre au banquet ci -après, non pas à Tinslant , avec la plume; mais avec le travail de la base afTeclive : alors il éprouvera comment j'ai pu écrire ainsi , tandis que cependant je n'ai point été enseigné dans les écoles de ce monde ; mais seulement un peu par ces foibles manuscrits , comme on peut le voir.
3. Mais puisqu'ici je m'occupe de l'objet de la penilence , Rajouterai pour le lecteur : Que dans mon «rdeur cette plume me fut donnée 5 que l'instigaleuT voulut me la briser ; que j'éprouvai alors de sa part tin furieux assaut , tellement que j'en fus jeté par terre sons les pieds de rinsligatour ; mais que le soulTle de Dieu me soutint , en sort^ que je tiens encore ferme, et que j'ai encore dans ma base afTeclive l'ardenle plume avec laquelle je continuerai d'écrire , quand même le démon, par méchancelé, ^'branîeroit l'enfer.
en. 24. ( 283 )
4. Si nous voulons donc maintenant parler de cet important article , nous devons aller de Jérusalem à Jéricho , et voir comment nous sommes couchés parmi les meurtriers qui nous ont tellemenl froppés et blessés que nous sommes à moitié morts , et nous devons regarder api es le samaritain avec sa monture , pour qu'il nous panse et nous conduise en une hôlellerie.
5. O ! qu'il est lamentable et douloureux que nous soyons si fort battus par les meurtriers (les démons) , que nous soyons à moitié morts , et que nous ne sentions plus nos douleurs ! O ! quand viendra donc le médecin qui nous pansera , poirr que notre ame redevienne vivante! Combien nous nous en réjouirions ! C'est ainsi que juge le désir, et tels sont ses souhaits ardens ; et quand même le médecin seroil là , la base affective ne peut pas cependant l'apercevoir, car elle est trop blessée, et est à moitié morte.
6. Ame, qui m'es chère, tu penses être bicnporianle , mais tu as été tellement battue, que tu ne sens plus ta maladie. Tu es prêle d'être livrée à la mort : comnjent peux-tu donc te regarder comme bien portante?
7. Ah ! ma chère ame , ne te vante pas de ta santé; tu es liée dans de rudes chaînes, toul-àiait dans une prison téné^breuse, tu nages dans une eau profonde, qui te va jusqu'à la bouche, et tu dois continuellement t'atlendre à la mort. En outi*e l'instigateur est derrière, avec une grande troupe de tes plus mortels ennemis. Là , il te lire toujours
( 284 ) ^^' ^4par sa chaîne dans une profondeur effroyable, dans Fabîme de l'enfer , et sa troupe te frappe toujours par derrière ; ils courent de tous côtés après toi , cbassaut et criant , comme s'ils tenoient déjà la bicbe qu'ils poursuivent.
8. La raison se demande : Pourquoi font-ils cela? Oî ma chl-re arae , ils ont pour cela une grande raison. Vois : tu as été leur bicbe , et tu l'es échappée de leur parc ; en outre tu es devenue si forte , que tu as brisé la barrière de leur jardin , et que ta t'es emparée de leur demeure ; en outre tu as transformé en fiel leur nourriture, en sorte qu'ils ne peuvent plus manger ; tu as renversé leurécole avec tes cornes ; m outre tu as introduit un maître étranger dans leur parc , et tu as employé une puissance étrangère pour les chasser de leur jardin. Et quand même ils t'auroienl dans leurs fers , tu l'opposeruis à eux, comme si tu voulois briser .leur royaume j tu romprois leurs cordes en pièces -, tu briserois leurs chaînes , et tu serois le continuel dévastateur de leur royaume ; tu es leur plus mortel ennemi , et eux le tien ; et si tu voulois toutefois sortir de leur jardin, ils en seroient encore bien conteus , mais tant que tu y es , la guerre dure, et ,,'a point de fin , jusqu'à ce que vienne Tancieii qui doit vous séparer.
Q. Voudrois-tu le persuader que nous sommes insensés d'écrire ainsi ? Si nous ne savions pas la chose, et que nous ne l'eussions pas vue, alors nous pourrions bien nous taire. Ou bien serois-tu sûre que tu ne connoilras pas un jour le bain d'épines , dan*
Cff. 24. ( 285 )
lequel tu te baignes ? Diras-tu aussi que tu es tout-àfait dans le jardin de roses ? Prends garde qu'au lieu d'être dans le jardin de roses , comme lu le penses, tu ne sois sur les pâturages du démon , et que tu 14e sois sa biche la plus soignée , qu'il engraisse pour la massacrer , et pour en faire sa nourriture.
10. Je te le dis vraiment , et cela est sérieux : lorsque je fus à Jéricho , mon cher compagnon m'ouvrit les yeux , en sorte que je pus voir. Et voici qu'une grande famille d'hommes, et une grande multitude de peuples éloient ensemble. Une partie éloit semblable à des animaux , et une partie semblable à des hommes : il y eut un combat entre eux. L'abîme de l'enfer étoit sous eux , et les animaux ne le voyoient point , mais les hommes s'effrayoient , et vouloient s'en aller. Or le démon ne vouloit pas le leur permettre;et parce que sou jardin n'avoit point de portes , ils détruisirent son jardin. Alors il falloit qu'il veillât les animaux , pour qu'ils ne lui échappassent point. Mais les animaux, qui étoienl aussi des hommes , mangèrent de sa nourriture, et burent de sa boisson, et il ne leur fit rien , car il les engraissoit , pour les massacrer ; et il y eut une continuelle inimitié entre les vrais hommes et les hommes bestialisés.
11. Tu doutes peut-être de la vérité de ce que mon cher compagnon m'a montré , lorsqu'il m'a ouvert les yeux, afin que je pusso voir? Or, viens et marche avec moi vers Jérusalem. Nous pourrons descendre ensemble par le chemin qui mène à Jéricho, e^ examiner ceci. Ce jardin où le dé-
(286) cà.24.
mon demeure avec sa grande famille , esl sur le chemin. Nous voulons le montrer de grandes merveilles ; tu verras et reconuoîlras le tout , tel qu'il a été exposé ci-dessus , pourvu toutefois que tu sois un homme, et non pas la bête engraissée du
démon.
12. Vois : nous entendons par Jérusalem , le paradis , et par le chemin de Jéricho, notre passage du paradis dans ce monde , passade où ce monde nous a renfermés dans son parc. Là est la grande merde douleurs , où notre ame nage entièrement j là aussi est le démon qui nous a liés à la chaîne dô la colère de Dieu, et qui conduit la pauvre ame prisonnière dans le jardin ténébreux de la chair et du saug , dans son âpre jardin colérique ; car là les âmes nouvellement régénérées, s'échappent continuellement de son jardin , et lui ravagent son royaume infernal ; elles lui ont pris aussi son siégô royal , où il éloit un ange ; et avec la violeuce de leurs cornes qui sont l'esprit de Dieu .elles lui ont détruit son royaume infernal qu'il avoit établi - aussi elles font tourner contre lui les tempêter qu'elles éprouvent de la part de l'enfer contre le ciel , et elles assaillent son rt^ne ; mais il tient la pauvre, ame prisonnière dans les chaînes de la cq. 1ère , dans cette misérable chair et dans ce misérable sang -, il anime sans cesse, contre elle, la troupe des impies, afm qu'ils la séduisent et la plongent iusqu'à la bouche dans la colère de Dieu. La la tauvre ame est tuut-à-fait engloutie dans une mer Se douleurs i elle est près d'étouffer j et le démon
c», 24. f 287 )
la poursuit toujours par l'image des péchés du corps et par les blasphèmes j il veut noyer la pauvre ame dans la colère de Dieu et dans l'abîme de l'enfer.
l'J. Tous les hommes méchans et captifs qu'il a subjugués , sont ses limiers qui harcèlent l'ame par l'orgueil , la pompe , la cupidité, l'impureté , la colère , les blasphèmes contre Dieu , et les injustes oppressions , de façon que la pauvre ame est infectée par ces poisons , et est très souvent assise sur la monture du diable, comme un captif; et alors le démon veut voyager avec elle dans l'enfer , dans la colère de Dieu. Hélas ! combien de fois il ôte à la pauvre ame son beau vêlement de la connoissance de Dieu ! combien il enlève de ses oreilles et de son cœur , la parole de Dieu ! ainsi que le dit le Christ; alors si elle ne veut pas céder à sa volonté , et qu'elle veuille s'échapper de son parc ; il jète sur elle sa boue et son ordure 5 il excite tous ses limiers , pour qu'ils aboient après elle , et qu'ils ne la couvrent que de dérisions j car alors elle est comme un hibou au milieu des oiseaux, qui crient tous après lui , et chacun d'eux voudroit le mordre ; c'est ainsi qu'il en est de la pauvre aniequi marche. (hors des filets du démon), |>ar la sincère pénL^> tence , dans la nouvelle régéut'ralion. ,
14. Au contraire , ceux qui se nourrissent dea plantes sauvages du démon y dans son jardin , dans> les péchés et les blasphèmes , sont dans une grande paix; car il les engraisse dans la colère de Die» , et iU sont ses limiers avec lesquels il chasse la biche*
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( 288 ) ^«- ^'
ou la pauvre ame qui veut s'échapper , et ravager
«on. royaume iulernal. .
i5 Véritablement le démon seroit encore )Oyeux, quand même quelques âmes s'échapperoien. ; quo^- 5„,, aime mieux aggrandir son ->--« Jf^^ l'afloiblir ; mais que so„ royaume fut bnse par plie c'est ce qui ne l'amuseroit pas.
,6 Car , de même qu'il chasse dans son royaume ; qu'il prend les pauvres âmes prisonnières , par que - Jue moyen qne ce soi. J que par ses serv.teurs , l îourcJsse les pauvres âmes avec toutes sortes de blasphèmes ; qu'il pose sans cesse devant 1 ame un „.iroir. pour qu'elle puisse se regarder dans « blasphèmes ; qu'il la chatouille encore par les beHes promesses de grands honneurs , pouvo.rs- et autorités , et lui représente la pauvre foule mépr.sçe , et qu'il dit a rame : Venx-tu être seule une folle aux yeux du monde ? Viens avec mo. , ,e te me.^a en possession du royaume de ce monde , comme .1
fil avec le Christ -, . j r^^«
„. De même aussi en pareil cas , qua.>d l ame
s'est revêtue du royaume du ciel , et qu elle est
néanmoins dans cette vallée ténébreuse dans , la
chair e, le sang, et qu'elle voit le démon massacer
ses frères et ses sœurs , alors elle es. --ée^r D «"
pour combattre contre le démon, et pour déceWsa
caverne de voleurs. Car elle.y porte ausst 1 amour
'son prochain, afm qu'elle pmssea>der son
Lyaume céleste à s'accroître. C'est PO-^- «f eniigne , e':le réprimande , elle avertit des péchés ,
cfi. 24; ( 289 )
ot elle enseigne le chemin du royaume du ciel , qal à la vérité , n'est pas compris du bestial corps ex'^ térieur.
18. Il marche là comme un animal grossier, et dit dans sa base affective astrale et élémentaire r Oh t combien }e me fais cependant du mal à moi-» même en me rendant fou auxjreux du mondet qu'est-^ ce que j'en retire , si ce n'est de la dérision ? Je n0 suis pas même sûr de ma vie 5 je me prive ainsi, moi et les miens, du pain quotidien et de Ja nourriture j je dois sans cesse m'at tendre à la mort , et me plon<4 ger dans les dédains du monde. Ah ! avec quelle promptitude tu i>eux tomber dans le péché ! alors tu es poursuivi , et tu es jeté dehors comme un fruit gâté. Ensuite quelle récompense out les tien# qui sont près de toi , sinon de porter la peine pour toi ?
19. Ainsi juge l'homme dans la chair et le sang 5 et si le démon comprend cela , ah ! il est aussitôt là comme le tigre près de sa proie , et il dit : O ! qui sait si ce que tu enseignes est vrai ; tu ne l'as pas vu; personne non plus n'est revenu de chez les morts pour te le dire. Il y a plusieurs de cex morts qui ont enseigné comme tu le iais. Malgré cela le monde no auit-il pas ses mêmes erremens dans un tems comme dans l'autre? on les a regardés tous comme des fous ; il t'ea arrive autant , et après toi la choso restera telle qu'auparavant : à quoi servent donc tes soins et tes fatigues ?
so. Enfin il vient avec des tours d'adresse , et dit en soi-même à la ba&e afiective par l'esprii du graoi^ IL 19
( 290 ) en. a4ïBondeîOhî le ciel as/ra/ l'a donc formé de cette j»anière , pourque tu l'occupes ainsi de choses insensées! Il a aussi mis ses caprices en toi. Tu ne tiens pas ton don de Dieu ; Dieu n'a jamais parlé avec toi ; qu« peux-tu donc savoir? reste en repos , laisse cela là , lu peux encore êlre un assez bon chrétien , quand même lu resterois tranquille. Laisse les prêtres enseigner 5 ils sont payés pour cela : en quoi cela le regarde-l-il ? Vois , ma chère ame , par ces coups ma plume a été ub« fois renversée, et l'instigateur vouloit la briser , mais le souffle de Dieu s'éleva contre lui -, c'est pourquoi il faut qu'elle écrive ce qui lui est arrivé , pour servir d'exemple aux hommes de désir , et ce sont là des choses très
précieuses.
21. Lorsque le démon l'eut ainsi jetée par terre , elle fut muette et ne vouloit plus écrire. Mais le démon se ruoit sur elle et vouloit la briser.Il vint muni de ses fruits corrompus, et vouloit les jèlerà l'ame à cause de cette plume , et lui faire manger de son mets 5 et il répandit du sucre dessus. S'il l'avoit reprise dans ses chaînes , combien il se seroit vengé , ainsi que cela lut expérimenté ensuite dans la tempête où sa fausse inlenlion fut bien reconnue! Quand cela arriva , les lys se fanèrent et perdirent leur l)elle odeur , la perle se cacha. La vierge de la perle , ou SOPHIE , resta dans un très profond deuil , et la noble et divine base affective fut livrée à une grande inquiétude.
22. L'instigateur disoit bien au commencement qu'elle auroii le repos si elle suspendoit son
œurre ; toutefois c'étoit un repos dans la chair eé le sang , et là cependant il n'y avoit point de repos; mais de grands profits pour le chasseur. Or, lorsque la base aflfeclive se trouva dans une grande inquiétude au sujet de l'ame , elle en rassembla toutes les facultés et chercha la perle que l'ame avoit eue auparavant cela ; elle présuma qu'elle la trouveroit dans le réduit secret de l'ame , comme un trésor caché, mais elle n'y étoit plus. Alors la base affective la chercha dans le corps et l'ame. Mais , hélas ! elle étoit disparue , elle ne pouvoit se retrouver et on ne vit plus rien que les fruits corrompus du démon, qui étoient répandus devant l'ame pour qu'elle en mangeât. Toutefois Tame resta dans une grande tristesse et ne pouvoit pas mangerses fruits frelatés* elle appela sa vierge sophie ; mais elle se montra comme si elle étoit endormie. . nii ^
a3. Ainsi l'ame resta avec de grands désirs et de grandes ardeurs , et aussi très souvent dans de grands combats avec l'instigateur, qui vouloit la jeter par terre. Quand elle étoit ainsi en combat avec luf , il prenoit tous les vices qui pointent danô la chair et le sang , et jetoit cela sur l'ame ; il l'en enveloppoit, en sorte qu'elle ne pouvoit pas seule-^ ment découvrir la sophik. Il faisoit avec \es péchés de la chair une grande montagne, etcouvroit parla fortement la miséricorde de Dieu, ou le nouvel hommeen Christ : les portes du royaume du ciel , qui étoient ouvertes toutes grandes auparavant, étoient alors loutes fermées 5 il ne s'amassoit que des dou-
.^
kurs et de' grands travaux pour l'ame, jusqu'à ce que , par le souffle de Dieu qui revint en elle , elle sereumaunesecoude fois, pour briser les chaînes du démon 5 elle entra en combat avec lui , jusqu'à ' ce qu'il f«l par terre ,.el qu'elle lui eût déchiré son voile. Alors l'ame vit de nouveau sa chère vierge •opittlt- Quant aux délicieux avantages qui alors en résultèrent ,)'aimerois bien mieux les voir éprouY^r au lecteur lui-même , que d'être obligé de les
écrire. , , ii i
a4. Ainsi l'ame désira d'autant plus la noble perle 9
xnais cette perle étoit disparue, et devoit être engendrée de rechef. Tel qu'un grain de sénevé que Von sème, est petit et peu remarquable, quoiqu'ensuite il en croisse un arbre ; telle est la perle qui pousse dans l'ame , dans le soin de la vierge
SOPHIE.
Cêsi pourquoi garde pticieusement ce que iu as ; la misère est Un mauvais hôte.
Ne laU&e point le démon te saupoudrer de sucre. Ouoique le royaume de ce monde te paroisse aussi doux que du sucre ; o<jpendant il n'y a en dessous «ue du fiel. Songe seulement que la pauvre ame . dansce mpnde , ainsi que dans t^cbair et dans ton •ang, n'est point che. elle ; elle doit voyager vers un autre pay^. C'est pourquoi ne laisse pas lede^ mon la couvrir ainsi avec les etwuis de la ohair j <^r c'est ui^e entreprise bien sérieuse que d'en chusiçr h4émon> d'autant iiu« cela. b« stfoitpaa tu
CH. 24. ( 193 )
tiotre pouvoir, si le cher héros Jésus-Christ no nous ser ouroit.
25. C'est pour cela qu'on ne doit pas être si présomptueux que de railler les enfans de'Dieu , qui sont en combat avec le démon. Songe qu^il te faudra y venir aussi ; si tu n'y viens pas dans tes beaut: fours de santé, il faudra que ce soit à ta mort^ lorsque la pauvre ame devra se séparer du corps r alors il faudra qu'elle entre en combat \ il n^y a pas d'autre expédient ; car il faut^u^elle sortetlti corps et de l'esprit de ce monde: aloî*s il y a 'deux portes ouvertes, l'une du royaume dii ciel ,' et l'autre du royaume de l'enfef : il faut qu'elle entre dans l'une des deux; il n'y a pas d'autre lieu, ni d'autre place liors de ce monde. *
26. Malheur à elle ! si elle est alors riidèment Jiée dans le péché , si elle n'a fait que pécb^er èans cesse dès le point du jour , qu'elle soit ainsi tevétne de la colère de Dieu , qu'elle n'ait accumulé sur elle que les pures dérisions, dont elle a couvert les enfaus de Dieu , de façon qu'elle soit entièrement détenue dans la colère de Dieu , et qu'elle soit à peine suspendue à un fîl !
27. O ! combien cela sera dur. Pense alors sî celte ame ne deit pas rester un ^ems dans les dédains qu'elle a versés sur les enfans de Dieu?pbufra-t-elle aussi atteindre à l'instant la noble vierge -SOPHIE dansTamour et la miséricorde de Dieu? oti est aussi l'arbre de la noble perle , qui a été semé comme un petit grain de sénevé, et a poilissé dans la persévérance , comnais ua laurier ? oà trou-
( 294 ) ^' 2^'
vera-Vil sa sève pour croître , si Tame est ainsi dans le bain de la colère? Oh! il y en «a plusieurs dans qui ce grain ne croîtra pas bien dans l'éterqjté. ; C'est pourquoi le Christ dit : Dans la résurrection, ils se surpassent les uns les autres en clarté , pon^me le soleil , la lune et les étoiles.
28.. A qii9ï te servent donc rii'aintenant l'or et Targept que tu as ici- , ainsi que les honneurs et ta puj^^aftce^, puisque tout e«la t'abandonne , et qu'il lauti^ue^q t>a .séparas ? à quoi te servent les dérisipps fit , les mépris quetu verses sur lesenfans de Dieq , ^insi que tes cupidités et tes envies , s'il faut maintenant que tu te baigpes toi-même là-dedans avec.itçe grande honte, et dans de grandes angoisses ? Là tu n'en retireras qu'une grande humiliatipp devant lesanges de Djeu -, et tous les démons se moqueront de toi , de ce que tu as été une plante de.Die\ij.de ce que tu as eu en outre devant toi , un si long espace de tems ; et de ce que tu n'e:f maintenant qu'iyie petite branche sèche et maigre29. Ou bien que penseras-tu jsi ta branche est en eflet desséchée, et q^e.tu doives éternellement te baigner dans la colère de Dieu , là où aussitôt toa image humaine te sera enlevée , et sera figurée comme une bêtç hideuse , un vei: , un serpent , le tout selon tes impulsions, et les oeuvres que tu auras fa^l4 ici bas ; là pu teft œuvres seront éternellement devaat tes jreux, en figure dans la teinture, et.te tourmenteront assez pour que ta pensée n'ait pas d'autre aliment ? $i tu n'avois pas commis telle ou telle faut^jju aurois pu parvenir jusqu'à recevoir le
CH. 24; ( ^95 }
gracieux secours de Dieu. Tes railleries sont devant tes ^eux, et te couvrent de honte , en sorte que tu es réduit à souhaiter de pouvoir seulement laisser entrer une bonne pensée dans ton ame j car le bien est devant toi avec l'éclat d'un ange , et à cause de tes grands péchés , tu n'oserois pas en approcher par ta base affective , encore moins le contempler ; mais tu dois, ainsi éternellement, te repaître de tes railleries , de tes blasphèmes , et de tes péchés , et être éternellement dans la honte. Quand même tu désirerois de te porter vers l'amendement, la lumière te repousse néanmoins , et te renverse par terre dans une grande confusion ; tu marches seulement ainsi en toi-même, dans ton ver rongeur , audessus du trône de Dieu , et il en est de toi comme de quelqu'un qui est sur un rocher , et qui voudroit se jeter dans un goufifre incommensurable : plus il y découvre de profondeur , plus il tombe dans l'incommensurabilité. Ainsi tes propres péchés , tes railleries , les blasphèmes en mépris de Dieu , seront Ion feu infeinal ,qui le tourmentera éternellement ; nous disons ceci dans la parole de vie.
3o. C'est pourquoi, ô ! ame chérie , détourne-toi , ne te laisse pas prendre par le démon ; ne compte pour rien les mépris de ce monde : toutes tes tristesses doivent être converties en de grandes joies.. Quand même tu n'aurols pas dans ce monde de grands honneurs , de la puissance et de la richesse , cela n'y fait rien du tout ; lu ne sais pas si demain ne sera pas le jour où tu dois pansera ton tour.. La
( 2^ ) Clf. «4J
morçeaii de pain de l'indigent lui est plus agréable que ies meilleurs mets à Thomme opnleut -, quel avanlage ce dernier en a-t-il donc , si ce n'est qu'il voit l>eaucx)up de choses ; qu'il lui faut se tourmenter dans| beoucoiip de choses, et qu'il lui iautàla fin rendre compte de toutes ses ceuvres et de toutes ses administrations, comme ayant été un régisseur dans ce monde. Il faut qu'il rende compte au «ujet de tous ses serviteurs , s'il a été pour eux d'un mauvais exemple , et s'il les a égarés , en sort© qu'ils aient marché sur la voie des impies. Alors leur pauvre ame appelera éternellement la malédiction sur ses supérieurs ; car tout est en figure dans la teinture. Pourquoi te portes-tu donc avec tant d'ardeur après les honneurs passagers de ce mondeFCherche plutôt l'arbre de la perle ; prends-le avec toi, et il te vivifiera éternellement par ses fruits. 3i. Oh! n'est-ce pas pour toi un bien-être délicieux , quand Tame ose voir dans la trinité sainte , dont elle est remplie, que ses essences croissent ainsi dans le paradis , où s'élève sans cesse le chant de louange dans les merveilles de Dieu j oà , le fruit toujours croissanl , s^élève à l'infini , selon ta volonté ; où tu disposes de tout ; où il n'y a ni crainte , ni envie , ni souffrance 5 où il j a un pur amour entre les uns et les autres ; où une forme se réjouit de l'autre -, où chaque fruit croît selon ses essences , comme la manne , dans le désert , étoit une imap© pour Israël , laquelle manne offroil à chacun un goût analogue à ce qu'il désiroit dans ses essences ?
en. 24.
C*97>
JDe la voie par oit Von entre:
3a. Ame chérie , si tu désires cette voie , et que tu veuilles l'obtenir, ainsi que la noble vierge SOPHIE , dans l'arbre de la perle , tu dois y apporte^ la plus sérieuse attention. Ce ne doit pas être une hypocrisie de la bouche , tandis que le cœur en est bien loin. Non , tu n'obtiendras rien par ce moyen. Tu dois recetiillir ta base affective avec toutes tes pensées et ta raison , tout ensemble en une seule volonté , comme étant résolue à le convertir , et à te défaire de tes abominations ; tu dois mettre tes pensées en Dieu , dans sa miséncorde , avec une ferme assurance que tu l'obtiendras.
33. Si,ent'objectant tespéchés,le démon te dit cpie cela nepent pas être,que tu es un trop grand pécheur, ne t'effraie pas 5 c'est un menteur , qui veut portet dans toi l'épouvante ; il fait comme s'il n'ëtoit paà là , mais il est là , et se défend comme un limier méchant. Et tu peux tenir pour certain que tout ce que tu introduis de doutes et de timidité dans ta base affective , n'est antre chose que ses propres suggestions.
34. Car il n'y a que deux royaumes qui agissent «ur toi : l'un est le royaume de Dieu , dans lequel est le Christ qui désire te posséder ; et l'autre est le démon qui -désire aussi te posséder. Or , ici le combat est urgent pour la pauvre ame ; car elle est au milieu. Le Christ lui offre le nouveau vêtement , et le démon lui offre le vêtement de péché î or , s'il est
( Î98 ) en. 14
Trai que tu aies une sainte pensée ou du penchant pour Dieu , en sorte que tu veuilles entrer dans la vraie pénitence , il est sûr aussi que cette même pensée ne vient pas de toi-même , mais que é'est l'amour de Dieu qui te pénètre , et que la noble vierge .de Dieu ou sophir t'appelle par celte voie. Ne jnanque pas de venir, et ne diffère pas. Quand même les gi'ands péchés viendroient à ta rencontre sur cette voie, et te retiendroient en arrière, en sorte que ton cœur n'éprouvât fort souvent aucune consoJation , il n'en est par moins vrai que c'est un obstacle que le démon te jète dans tes pensées , comme par exemple que Dieuneveutpas t'écouter, et que lu es encore dans de trop grands péchés. Il ne veut point laisser entrer de consolation dans ton ame ; il protège par là le royaume pécheur de ce monde. Mais ne te laisse pas décourager 5 il est ton ennemi. Il est écrit : Quand vos péchés seroient rouges comme du sang , si vous vous convertissez ils deviendront comme de la laine, blancs comme la neige. De plus : Comme il est vrai que je vis , je ne désire point la mort des pauvres pécheurs ; mais qu'ils se convertissent et qu'ils vivent , dit le seigneur Dieu des armées.
35. Tu dois persévérer constamment dans cette résolution conçue , et quand même tu ne recevrois aucune force dans ton cœur , que même le démon pourroit enchaîner ta langue,, au point que tu no pusses pas prier Dieu , tu dois néanmoins dirigée vers lui tes désirs et tes soupirs j rester dans cette pensée , et persister toujours avec la femme cana-*
«H. »4. ( 299 )
lîéenne.PluS tu insisteras^ plus le démon deviendra foible ; tu dois prendre devant toiles soufiFrances, la mort et le paiement fait par Jésus-Christ,et envelopper ton ame dans sa promesse , dans laquelle Christ dit : ^on père donnera V esprit saint à ceux qui le prient pour cela. En outre :■ Demandez et vous rece' vrez , cherchez et vous trouverez ^frappez et Von vous ouvrira; et plus tu te dégageras du démon et de tes péchés , plus le royaume de Dieu pénétrera ea toi. Seulement il ne faiit point abandonner cette volonté , jusqu'à ce que tu aies obtenu le trésor , et même quand cela dureroit depuis le malin jusqu'au soir , et continueroit plusieurs jours ; si ta résolution est grande , il sera grand aussi le trésor que lu obtiendras dans la conquête.
36. Car personne ne sait ce que c'csl,excepté celui même qui l'éprouve. C'est un hôte précieux : quand il entre dans l'ame , il y a alors un admirable triomphe ; là l'époux embrasse sa chère épouse ; et il s'élève des chants de louange du paradis. Ah ! le corps terrestre même en doit tressaillir. Quoiqu'il ne sache pas ce qu'il y a là , cependant tous les membres S'en réjouissent. Ah ! quelles belles connoissances la vierge de la sagesse de Dieu ou sophie apporte avec elle ! Elle rend un homme savant ; et quand même ilseroît muet, l'ame est cependant couronnée dans les merveilles de Dieu , et elle doit parler de se:^ merveilles : il n'y a plus d'autre désir en elle; le démon doit se retirer , et est entièrement aiïoibli et abattu.
37. C'est ainsi qu'est semé le noble trésor et eu
lui I41 précieuse perle ; mais fais y bien attention , il n'est pas aussitôt uq arbre. O l combien de fois le (démon va^t-ii se ruer dessus , el voudroit iofecter le grain de sénevé ! combien de rudes lempéies l'ame doit soutenir ! combien sera-t-elle souvent couverte de péchés ! car tout y dans ce monde , est contre ^1 lie ; elle est çpmine^elle étoit seule et abandonnée. Même les enfans de Pieu se rueut aussi sur elle ; car c'est ainsi que le démon afflige les pauvres âmes , pour tâcher de parvenir à le$ égarer. Il n'y a point avec lui de relâche , et il ne cesse d'enaployer l'hypocrisie , pour que l'ame elle - même puisse s'aveugler à la vue de ses péchés et par le trouble de sa conscience. Une faut pas que tu cesses de combattre contre lui: car c'est ainsi que croît l'arbre de la perle , comme la plante dans les orageuses pluies el les vents. Mais si cet arbre devient assez grand pour parvenir jusqu'à sa floraison , alors tu pourras jouir de ses fruits 9 et comprendre mieux ce que cette plumea écrit, et d'où elle est née. Car elle a aussi été long-tems dans celte situation* Plusieurs tempêtes sont venues sur elle ; c'est pourquoi ceci lui restera comme un ferme mémorial , et une continuelle méditation y puisque nous devons tous ici loger dans la caverne de voleurs du démon. Si seulement nous pouvions vaincre , une gr/ande récompense nous suivroit bientôt. '
38. Maintenant la raison dit : Je ne vois cependant eu toi , ni dans tes semblables , aucune autre manière d'être , ni autre chose que ce que je vois dans les autres pauvre» pécheurs j il faut qu'il n'y
es. 24. ( 3oi )
^it en toi que de la dissimulatîoh et de Phypocnsie. £n outre y ^Ue dit: J'ai été aussi dans cette voie^ et je tiens cependant également à ma méchanceté , et je fais ce que vraiment je voudrois ne pas faire î je suia également remuée par la colère , la eupidité et la hatne. Comment peut-il donc arriver que l'homme n'agisse pas selon ce que sa volonté a résolu; mais qu'il fasse en effet ce qu'il ré{)rouve luimême , et ce qu'il sait n'être pas bien ?
39. Ici l'arbre de la perle est caché. Vois , ma chère raison , Tarbre de la perle n'est point semé dans rhomme extérieur , qui n'en est pas digne , qui appartient à la terre ^ et dans qui est l'iiomme de péché. C'est là où souvent le démort établit son siège. Il y accumule la colère et la méchanceté , et par-là il conduit souveht la pauvre ame ddns des crimes qu'elle n'aime point , en sorte que le corps s'accroche à ce à quoi l'ame est contraire.
40. Et lorgne cela arrive ainsi , ce n'est pas toujours l'ame qui le ftiit , mais l'esprit des étoile^ et 4es démens dans l'homme. L'ame dit: Cela n'est pas bien. Alors le corps répond : Il faut que nous ayons ceci \iomt que nous puissions vivre et avoir notre suffisance. C*est ainsi que l'on va d'une chose à l'autre , et un vrai chrétien ne se connoît pas : comment pourroif - il donc être connu des autres ? Le démon sait bien le cacher pour qu'il ne soil pas connu. Et c'est son èôup de maître quand il peut mener un vrai chrétien dans des vices , pour qu'il tombe dans le péché , en soiie qu'à l'extérieur
>-'jI
( 3q2 ) CH. 24/
on ne connoîsse rîen ^ufre cboâc de lui , sinon qu'il çondarane les péchés des auties , et qu'il pèche cependant lui-même publiquement.
41. Et quand il pèche ainsi , il ne pèche point dans le nouvel hdrarae ; mais c'est :1e vieil homme dans le pècbé qui e$t-Soumis au péché et qui est dans la colère de Di^, C'est celui là que la colère pousse , en sorte qu'Un^iait jamais le bien , et s'il fait quelque chosc,fis bien., il ne le fait pas de sa volonté et par sa puissance,, mais le nouvel homme le pousse h cela pour qu'il le fasse ; car le vieil homme est périssable, mai$ l'ame est indestructible. C'est pourquoi la pauvre pme est toujours en combat, et est entre la pprle et les gonds, et doit se voir ainsi froisser. „
42. Nous ne disons pas que pour cela le péché dans le vieil homme , ne porte du préjudice. Quoiqu'il ne puisse pas toujours dominer le nouvel homme, il lui apporte pourtant du. scandale, ev nous devous aimer Dieu par notre nouvel homme. Quoiqu'il ne soit pas possible d'êiro parfaits dans ce monde , encore devons-nous toujours tendre à le devenir , et le nouvel homme est dans lin champ , où le terrein est îvoïà , aigre, cplérique , et dans Tengourdissenient, .
43. De même que la plante croit de la terre, par l'agréable éclat du soleil -, dcnjiême aussi çp Christ, notre nouvel homme croît du vieil homme colérique , froid , rude , 01* de notre chair et de notre sang terrestres. Telle est la vraie lumière de la perU
CH. 24. ( 3o3 )
( quand nous la saisissons véritablement dans la counoissance , dans le nouvel homme ) 5 c'est là l'épée avec laquelle nous pouvons combattre Je démon ; d'ailleurs ne devons - nous pas prendre dans la main l'épée de la mort du Christ , laquelle épée coupe si bien , que le démon est obligé de fuir?
^*i^^^i^*iii»i^»^i^i»«^^..
{3«4)
CHAPITRE VINGTCINQUIEME.
Des souffrances,, du supplice, de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ , fila de Dieu , ainsi que de son ascension et de son siège à la droite de Dieu son père.
La porte de notre misère , et aussi la forte porte de la puissance divine dans son amour.
1. S I nous nous considéron» avec une saine raison , et que nous jetions lés yeux sur le royaume de ce monde , dans lequel nous sommes, avec noire chair et notre sang , ainsi qu'avec notre instinct et nos pensées -, alors nous trouvons aisément , en effet, que nous avons en nous la substance de ce même inonde , ainsi que sa même impulsion ou sa même marche ; car nous sommes sa propriété. Tout ce que nous pensons , opérons et projetons maintenant dans l'homme extérieur , c'est l'esprit de ce monde, qui l'opère dans l'homme ; car le corps n'est que son instrument par lequel il fait son œuvre : et [nous ne pouvons le nier ] , de même que tous les autres instrumens qui sont engendrés de l'esprit de ce monde , se corrompent à la fin, se brisent et retournent en poussière ; de même aussi en est-il de notre corps terrestre , dans lequel l'esprit de ce monde n« bouillonne que pendant un lems.
2. C'est pourquoi nul homme ne doit mépriser ceux qui n'out pas le même mode extérieur que lui j «lont les dispositions et les veloutés direrent de» ..ennes,etq„i ne pourroient pas non plus atteindre et saisir ses manières gracieuses et^es mœurs cour^ «oises 5 car le ciel naturel nous constitue tous, selon la (orme qu il offre constamment d.nsses influences. Ams. , chaque créature reçoit de lu, sa manière «^«1.6,58 forme, ainsi que son impulsion et son penchant , e. cela ne s'efface point loul-à-fait dans homme extérieur jusqu'à ce que ce ciel brise sa uesliale production.
3. C'est pourquoi nous devons rélléchiran grand combat qui est en nous. Lorsque nous sommes régénères quant à ce qui est éternel en nous alors ce qui est éternel en nous , combat contre ce' qui est périssablejcontrcla méchanceté ellafausseté de ce qui est périssable.
.4. EnKn, chaque règne accomplit sa volontél'intérieur va droit devant soi , et ne consent point a la méchanceté de l'extérieur ; mais il court à son terme ; et le règne externe ou l'homme extérieur , va aussi devant soi par ses désirs • il accomplit son œuvre selon les influences de 'sa constellation. . . 1
5. TouJefois , s'il arrive que Textérieur ne fasss pas ce que veut son désir , cela ne vient point rie «a sagesse • mais le ciel astral a changé cela par une autre conjonction.
6. Au contraire , s'il est poussé à laisser là ce qui est faux ,.cela nVst pas Tinpulsion du ciel astral •
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IL
20
( 3o6 ) f" *^'
«als le nonvel homme régénéré, quî «t en combat avec l'homme terrestre , triomphe souvent ; .1 M peut cependant pas engloutir le terrestre : en effet le terrestre se porte encore en haot . comme nou^iereconnoissonsànotrecolère. Or,simon nouvel homme triomphe, il ne veut alors ni colère , m mauva.. désirs ; mais si l'instigatenr de ce monde I attaque avec adresse , alors le feu delà colère s'élève dan, le vieil homme , et souvent son désir l'enflamme jusqu'à faire ce ^ue d'abord il aToil rejeté et condamné lui-même.
7 Toutefois , nous ne pouvons pw dire que le seul esprit de ce monde, approuve et lasse ce qu. est faus et colérique ; car souvent Hiomme tout entier y concourt avec toutes ses pensées et toutes ,es volonté». C'est ici que nous rcconnoissons notre «ande mUère ; car la pauvre dme qui est encore dans le lien de la colère, est souvent stimulée au point qu'elle brûle comme un feu , et qu'elle s'abandonne. En effet , elle est dan» l'alliance de 1 etern.t* dans le père-, elle atteint, dans sa plu. intérieure r.- cine , la colère de Dieu } c'est même là la génération et l'origine de sa vie , et soiwent elle voit arracher a, briser le noble grain de sénevé , qui est ce nouvel habit de l'ame , dont elle avoit été revêlne dans m pénilence. C'est pourquoi personne ne doH être en , ïûreté ; quand même on auroit obtenu nne fois la couronne de perles , on peut la perdre de nouveau •. car si rame consent au péché , alors elle passe du Christ dans la fausseté et dans la colère de D.eu. 8 Ainsi no«is savons que le Christ , par «on en-
"*• "«• ( 367 )
trée dans r/«>miy;cation . „o„, a ««„» ,
"«"3 le ciel . dans son J oL T ""' ^""^
puissions ainsi nar ,m« ^ ^ ' " ''"•' "°"» '"»' , par une vraie nénitencp ^i .... •
e. nous saZ' aTs ^ 'ZTZ'T 7 ""'-^ cette vie lerresiie, est lié! rfl? ''^"'"'•"""^ 'e™» de nhles chaînes , àooTL 2 *"' * ''"^ '<"-
''« Dieu, de VabTm '' nr '''l" '"''^ ^'''*-
.uiestlecentree. la viecré , .el,:::: ''"''''"" en oulre la propre oéi.rir. r ^"^"^^ * «'"^ ; et c'est
l'ame est de l'éternel bo,.;ii ^' *' •^°"o
-'•'^ .le •V.arni.éT^t: te"";:"^' ","' '"'^' franchir . q„a„, , ',f """"« "« peut «lors l'af.
qu.es. e;;rrè^'d'elir"''-r"'"' '^ ''^-"■'^ colère, àinoins^lt;,-:: iferr'"'" """'"'^ '« »ê.ne, et qu'ellene sol ! '''"""''"»°"'-
n.êine de la colère dans l'aiiour ' '""'" '" '"'- •rrivé par le Chrisf. ' """"^ •=«'« ««
g. La seconde norin n.. -i « ment du démon com^,!;'""''' "' ''""='«'"- la persécu.e . et Z L ' ^"^ ''''"^' '' ^^ crible, -0 Dieu da„;,;^r; X;^:, ;;7 de la véri.i
'« cupidiié , l'envie , a clèT, [, ' 1" "'"«'""''' eon.iiiuellemen, dan's 1' me c'e ' ma -'' ''''""^ Priélés par ses désirs • Zr "^"''«'^^ ProJon.édera.nesedéie'î^:;.,-^-. '^ --
•' " P"" dommageable «h.în.
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( 3o8 ) *^- *^-
««,A P«ii liée , est la clmir et le sang dont la pauvre ame est iite , c^
inniK^e lusau'à s'enflammer.
*T %ant à ces .rois chaînes , nous savons ™a.- . =„i dans la profonde conno.ssance , par la iTel^o. voyon'sdans ,a base de l'origine ; non. rvts ;is-ie! particuH^re... , que no«s ne pou
"'' "Ve'Xe au 1 vTn.1 de IW, e. c,u'eUe :: ^fasse pa s r de l'âpre.é da.s la .««.ière de la "dolu; ; ca'r la racine de la vie doit demeurer . autrement toute la créature passero...
„. En effet, rame , P" ^/n^r ^ , selon U
rieure, es, ''-^ ^'^J^ ,,f J. jans ne r'ude mor.. royaume de ce monde elle «ta .^ ,^ ,^
en sorte que si la chaxr e, le sang , a région des étoiles ,1a qu.tto.en. elle e e ^^^^_^ à l'extérieur . dans une «Pjf , J ^ _^^ ^ aucune source -"" ";'' " ^"J^^^;, ^,„, ^ colère de source, e, «"'<»-'""'"'' "'„, g "nce Voilà la raison l.origine,dansu„e ^^-^^^ f^^^'iLsaire que pour laquelle ^rTllZl^l^-^ la lumière (car
^^"^■■'Tt fc: W>are e Se n'eût pas le pouvoir jly avoit à crainur 4 „; j nouveau à la
parsouimag.nat.on de e-a e ,,
lumière) ; »*'* >' f^"°" *"" ^
notre ame une ame humaine, et revélît l'ame d'un nouveau corps céleste, du premier corps glorieux avant la chule,el qu'il prît en outre le vieuxcorps terrestrequiy est suspendu; et cela, «on pas simplelucnl comme un vêlement, mais en propriété et dans le» essences, de façon qu'il y eût ainsi une créature qui fut le Dieu total avec tous les trois principes. i3. El alors l'un doit être séparé de l'autre, c'esta-dire , le royaume de ce monde doit être retranché lu, qui est une racine de la colère , ou bien le sli-' inulant de cette racine. Ainsi il éloit nécessaire que Dieu marchât avec le nouveau ccjjs dans la sépalion ce la racine et du royaume de ce monde, ou dans la mort de la colère; qu'il rompit la mortq» .1 .ourrdt par sa propre rertu au travers dâ la mon, comme une Heur au travers de la irrie, et retint ainsi la plus intérieure colère pri- «onnière dans la propre Pertu du nouveau corps.
14- C'est ainsi que nous concevons les choses au su,ct du Christ , qui est vraimeul entré de celle mamère dans la sévère colère, qui l'a prise prisonnière , et dans elle les démons. Il a poussé avec son sauii et .céleste corp. , au travers de la mort ; il a brisé la mort, en sorte que l'éternelle vie pousse au travers delà mort. La mon a donc été emprisonnée par le nouveau cor/„éternel , qui dès lorsest uneéleinelle prison, de façon qu'ainsi dans la mon, une éternelle viea poussé, et que le nouveau corpsa marché sur la léle de la colère et de la mort; car la source de la mort est dans la prison de l'éternelle nouvelle vie. l5. C'est ainsi que la femme, dans laqueUe a.
il
II
( 5io ) CM- *^'
fleuri la nouvelle vie , est au - dessus de la lune terrestre , et qu'elle méprise ce qui est terrestre » car le terrestre passe , et il ne reste du terrestre , que la terrible mort. Ainsi la parole de Dieu est une source vivante, entrée dans la mort ; elle a engnndré l'ame en soi ; elle pousse de Tame au iravers de la mort , comme une nouvelle fleur , et la fleur est le nouveau corps en Christ.
16. Ainsi , comprends, i«. Comment le Christ a dispersé la mort , puisque rélcrnelle vie pousse dans la divinité au travers de la mort ; et com^ prends , 2". comment le nouveau corps tient Téter. Belle source de colère prisonnière dans Tamour de Dieu 1 car Tamour est la prison. En çlTet , la source de la colère ne peut pas entrer dans l'amour-, mais elle demeure seule avec soi , conmie elle Ta été dès l'éternité ; et en elle , les démons sont prisonniers, attendu que la lumière de Dieu les épouvante ; ils n'osent pas non plus regarder dans l'éternité; il y a un principe entre: car 1 amour croît dans le centre de l'ame , et dans cet amour brille la trinité sainte.
17. Nous avons donc reçu ainsi un prince de l é. lernelle vie , et nous n'avons sur cela rien à faire de plus , que de nous porter en lui avec assurance et une ferme foi ; alors notre ame reçoit de sou amour ; elle pousse avec lui au travers de la mort ; ^Ue s'élève au-dessus du terrestre ou de la chair et du sang ; c'est une plante dans le royaume de Dieu, dans le corps de Jésus-Christ , et elle plane tnom.. pha»t(î au-dçssus de la colère 5 car l'amour tient la
"'• ^>'- C 3ii )
colère prisonnière , et c'est la honte de la mort ' comme dit Saint-Paul : Mort , oh est ton aiguillon l enfer , ouest ta victoire ? Louanges et grâces à Dieu qui nous a donné la victoire, par noire seigneur Jésiis-Clirtsi !
18. Quoiqu'il soif vrai que nous saisissions ceci , el que nous le comprenions clairement en esprit cepeadan, c'est un devoir pour nous de montrer 1,' unuere a ceux qui ne le comprennent pas , qui «ont a.ns. prisonniers dans la raison , et qui cher, client sans cesse dans le. détails circonstanciels . comment cela s'est passé 5 car la raison dit .-Falloit- «I donc que cela fût ainsi j que le Christ dût entrer dans la mor. , et briser la mort ; qu'il dût pousser au travers de la mort , et nons attirer ainsi à lui ? pomquoi falloit-il donc qu'il fô, ainsi méprisé , flal «elle , couronné avec une couronne d'épines, et enfin crucifié entre le ciel et la terre ? ne pouvoîl-il pas mourir autrement, et pousser au travers de la mort , avec son corps céleste ?
19. Ces points difficiles arrêtent les Juifs les Turcs et les P,j,ens , et les retiennent loin de la loi chrétienne.
20. Nous allons donc écrite au sujet de l'arbr. de la perle , et ne pas taire ce qui s'offre à nobs dans {es grandes merveilles.
='. Vois , toi , fils de l'homme , considère ce que lions posons ici 5 ne le déconcerte pas a., sujet de la ma.n qui tient cette plume ; autrement tu te Iromperois , et tu perdrois le trésor , ce dont t., pourrois te repentir éternellement. Considère-toi seulement
( 3i2) ' en. 2H.
lu trouveras en toi toutes les raisons qui «ont écrites ici : car celte plume a été bien merveilleuse en les écrivant ; et ni toi , ni la main qui écrit , ne connoissent suffisamment celui qui la conduit. Quoique l'esprit la connoisse bien , cependant quant à celle plume, rhomme naturel est aveugle , et elle ne peut élre décrite avec des paroles terrestres. C'est pourquoi , considère-toi loi-même, et si lu cberclies dans.rhomme régénéré , alors tu trouveras la perle.
La très effroyable porte des merveilles du péché de
Vho mme.
22. Lorsqu'au commencement de ce livre , nous avons écrit de Télernelle génération dans son origine, nous avons aussi décrit Tengendrement des essences 5 et des sept esprits de l'éternelle nature, et là nous avons exposé comment , dans l'éternel engendrement dans la quatrième forme , il J a un engendreraent en croix -f , oii les essences font dans la roue tournante , un engendrement en croix -h, en te qu'elles ne peuvent pas sortir d'ellesmêmes ; eufin, comment V engendrement éternel est ainsi par-tout dans toutes choses , dans l'essence de
tous les êtres.
23. Or, nous vous ajoutons maintenant ceci dans notre très pénétrante connoissance actuelle de ce texte , qu'au moment de la victoire sur la mort, lorsque le Christ dut vaincre la mort et détruire l'enfer, et lier le démon , toutes les essences dans toutes les qualités entrèrent en fureur j car cela de-
^"- ^5- ( 5i3 )
voit être ainsi , le Christ devant affranchir l'amc, de toutes les essences.
^4. Or , Tengendrement en croix -}- est le plus an milieu dans les essences ; cependant il est avant le *eu; ilest dans la mort angoisseuse, dans la colère de I enfer. Car le feu sort de l'éclair colérique dans J esprit de soufre ; el dans l'éclair est la lumière La colère fait elle-même l'esprit de soufre , et c'est de Ja que dans la lumière vient l'eau , ainsi que cela a elé exposé. Ainsi donc l'ame de l'homme fut aperçue dans l'éclair comme un espriljelle fut reçue, créée ou engendrée par le fiât ; et elle fut conduite devant soi dans la cinquième forme de l'engendreinent ou dans l'amour, où ensuite elle fut un ange dans la lumière de Dieu. *
25. Mais ce monde avoit été créé comme un prmope dans la quatrième forme, ou comme une exl tra.génératîon,el entre la quatrième et la cinquième forme du paradis , l'élément étant dans \a cinquième forme , et en lui TélerneUe lumière de la divinité ouvrant un autre centre. Or , l'ame s'élant rénéchie en arrière dans la quatrième forme , et j élant entrée, alors elle a rendu furieuses, par rapporta elle, toules les essences qui éloieut dans la quatrième forme.
26. Lors donc que le corps de l'ame fut devenu dans la quatrième forme une masse ou mesch , />«>- venue ^e l'eau avec le mélange des autres formes, alors toutes les essences de la quatrième forme pointèrent sur l'ame : car elle étoit enfermée par ce corps, et elle seroil demeuxée dans une éternelle
( 3i4 ) ^^ *^
prison, si la parole éternelle ne »e fût aussitôt introduite dans le centre de la cinc|uième forme , coaime cela fut manifesté à Adam et à Eve dans le jardin
d'Eden.
27. Lorsque le tems fut venu que la parole se fat homme , alors la vie de l'amour vint dans Pâme. Mais lorsque vint le rude combat où la quatrième forme devoil être brisée,alors le corps du Christ fut, ainsi que nous tous dans la quatrième forme , enviTonné de la mort ; alors toutes les formes s'ébranlèrent dans la nature , et devinrent toutes furieuses, ce dont la personne du Christ sua du sang de son corps dans le jardin , quand il cria : Mon père , 8*ii ést possible y que ce calice s'éloigne de moi. Ainsi cria l'homme extérieur ; et l'intérieur dit : Cependant que ce soit ta volonté qui se fasse et non pas la mienne ( entendez celle de l'extérieur ).
28. Comme donc enfin le démon avoit si haute* ment triomphé , et qu'il retenoit l'homme dans un« éternelle prison , il fut alors accordé à l'esprit de ce monde que ceux qui ne vivroient que dans l'esprit de ce monde comme les pharisiens, pussent tous opérer çl meltreen œuvre ce que le démon avoit introduit dans les essences, dans le jardin d'Eden. Alors tout a ëtéréaliséensubstanceou en une œuvre eflective,pour nous servir d'un effroyable exemple, que tout ce que nous introduisons dans l'arae et ce dont nous remplisjons rame avec une entière volonté , prend une Hgure et doit paroître en évidence au jugement de Dieu.
u^. Car, 10. lorsqu'Adara passa de la forme angelique dans l'âpreté , et dans la forme du serpent ,
alors les démons se moquèrent de lui , et ces mêmes railleries dévoient paroître maintenant, en eflTet, sur l'homme extérieur du Christ ; et les sales animaux engraissés par le démon , dévoient beaucoup s'en réjouir.
3o. Et ensuite a^. lorsqu'Adam passa de la forme, et de la source angéliquas dans la quatrième forme, alors toutes les essences colériques tombèrent sur lui, inqimltfièreni en lui , et le tourmentèrent rudement. Mais la parole de Dieu dans la promesse, rai tigea encore cela , quoique l'on doive suffisamment le sentir si on écoute sa saine raison : or , le corps extérieur du Christ fut aussi soumis à cette peine extérieurement lorsqu'il fut flagellé. Car toutes les formes inférieures que l'homme Christ devoit ap- )»orler de l'intérieur par rapport à nous, ( ce dont il sua du sang) , furent aussi à l'extérieur sur son corps comme un signe ; et cela lui arriva aussi extérieurement comme un témoignage que l'homme extérieur n'éioil point étranger dans le monde extérieur , et que c'est dans cette (ipre source qu'il étoit.
5i. Et 3o. de même qu'Adam désira, par or-<! gueil , le royaume de ce monde , qu'il voulut y être comme un Dieu , et voulut porter la couronne de ce monde ; de même aussi Christ devoit porter une couronne d'épines, et se laisser railler soua celte couronne , comme un iaux roi : car c'est ainsi que les démons oui fait avec Adam , lorsqu'ils lui ont donné une couronne d'insensé avec le ro^'aume de ce monde.
3^. Et ^o. de même que les essences d'Adatu
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( 3i6 ) CH 25.
furent brisées , après son entrée dans l'esprit de ce monde , lorsque l'esprit du monde lui fit une femme de ses essences, et qu'une cote fut rompue de soncQlé, et formée en femme; de même aussi toutes les essences du sang du Christ dévoient couler dans sa flagellation , et son côté devoit être ouvert avec une lance , afin que nous pussions voir enfin brisé en nous Tbomme dont le démon s'éloit moqué : ainsi ce Christ devoit porter de nouveau pour nous celte humiliation sur son corps.
33. Et S*', de même qu'Adam passa de l'éternel jour dans l'éternelle nuit , dans laquelle étoit la colère de Dieu ; de même ce Christ devoit être conduit lié, dans la nuit ténébreuse, devant les meurtriers colériques, qui tous ouvroient leur gueule, etvouloient exercer leur furie sur lui.
34. 60. Et de même qu'Adam , dans sa confiance en lui-même, ou dans la volonté de devenir aussi élevé en sagesse que Dieu lui-même , passa de l'esprit de la source colérique, dans ce monde-, de même toutes les dérisions , les marl3^res et les supplices dévoient être exercés sur le Christ , ou le second Adam , de la part des sages et savans dans les écritures , afin que nous vissions que nous sommes des fous dans les plus sublimes sciences que nous croyons posséder d'après les écoles de ce monde ; laquelle sagesse n'est que folie devant Dieu : car ce sont nos propres ténèbres qui s attachent là, comme en Adam qui pensoit qu il ne pourroit pas tomber , et qu'il étoit un maître dans ces choses, tandis qu'il éloil un fou, ainsi
en. 25. ( 3i7 )
de même quand nous préférons à Dieu noire propre raison, nous sommes des insensés.
55. Comment voulez-vous donc, insensés antechrisls, nous liera vos sciences , pour que nous passions du cœur de Dieu à vos fabuleuses fictions , dans lesquelles vous n'êtes toutefois que de sagesfous de ce monde? C'est aussi ce que fut Adam , lorsqu'il retira son esprit du cœur de Dieu 5 et voilà celte ignominie que notre précieux maître Christ devoit porter sur sa personne. Ou bien imaginezvous encore que nous soyons fous? Notre folie sera mise en évidence au jugement dernier ; c'est là où nous en appelons.
36. Et 'jo, de même qu'Adam devoit porter le corps grossier et lourd dont l'esprit de ce monde l'avoit revêtu , et qu'il fut raillé par tous les démons de ce qu'il avoit changé son'corps angélique pour un masque; de même le Christ devoit porter lui-même sa pesante croix de bois , et être raillé par tous les hommes impics, à cause de nous.
37. Et 80. de même que les essences âpFes de la colère de^Dieu péiiélrèreat dans Adara,par le moyen desquelles il entra dans la mort , ce dont Dieu dit : Au jour où lu mangeras de l'arbre de la science du bien et du mal, tu mourras de mort (entends la mort dans la chair, et encore dans la vie terrestre); de même aussi des clous aigus dévoient être enfoncés dans les mains et les pieds du Christ : et c'est ainsi qu'il devoit entrer dans la mort.
38. Et 90. de même que dans les essences humaines il y a un engendrement en croix devant la
( 3i8 ) cti. atf^
lumière de Dieu (quoique si la lumière de Dieu brille dans cette génération , tout est changé en una aimable plante couverte de fleurs, où l'on ne trouve plus les essences aiguës); de même lorsqu'Adam entra , par son a me, dans la quatrième forme , dans Pesprit de ce monde , ce même engendrement eii croix fui en activité j et lorsque sa femme fut faite de ses essences , il fut divisé dans ce même ênsendrement eu croix : aussi la femme a la moitié de la croix, et l'homme l'aulre moitié , ce que lu peux chercher dans le crâne , aussi bien que dans les essences : c'est pourquoi le Christ devoit mourir en croix, et briser la mort sur In croix.
3o. Et lo". de même que l'ame d'Adam planoil entre deuxrègnes mauvais, savoir: entre le royauni» de ce iiltnde , et le rojraume de l'enfer 5 de mêra» aussi leSÇhrist fut suspendu planant entre deux meurtriers , sur la croix : ainsi le Christ devoil rétablir tout ce qu'Adam «voit perdu. Et de même qu'un des malfaiteurs se convertit , et «lésira d'être avec le Christ dans son royaume ; de même anssi il y a un royaume , savoir : l'homme terrestre qui doit se convertir, et la pauvre ame doit entrer de nouveau en Christ par la mort terrestre , et fleurir sur la croix comme ce meurtrier et ce malfaiteur qui désira le royaume du Christ.
40. Et tu peux bien nous croire quand nous disons que tout ce qui s'est passé dons la chute d'Adam, par laquelle il a été dégradé , le second Adam Christ a dû le porter sur sa personne : car le prepiier Adam était tombé dan» la colère de Dieu. Or
pour qu'il fût secouru et réconcilié , il falloit qne I« second Adam s'élabUt dans celle colère et lui abandonnai son corps extérieur avec toutes ses essences ; Il falloit qu'il allât par la mort dans l'enfer, dans la co èredu père , et la réconciliât avec son amour: et qu a>„s. .1 subît l«i-même celte dure condition que nous aurions du supporter dans toute l'éierniié
4i- Or, lorsqu'on en fut à celle œuvre importante par laquelle le sauveur du monde étoit suspendu h la croix comme un maudit, et qu'il combattit avec 1 en er et la terre , il dit ( Jean ,9 : 20 ) : J'ai soiK Ah! quelle grande soif! le royaume colérique éioil affoibl,, auss. bien que le royaume de ce monde; •U desiroieni la puissance ; et le royaume du ciel avoitso.fde nos âmes, et e'étoitunesoifde tous les trou principes.
4». Lorsqu'il vit Jean au-dessou, de la croix avec »mère,il dit : roU, ^oilà ta mire ; et à eih : rd,, ^UaionfiU ; et aussitôt le disciple la prit che^ soi. «a luère signifie son éternelle nouvelle humanité , q« .1 avoi. prise à soi dans sa mère , ou dans le ternaire saint , laquelle nous devons prendre en nous • et «DUS réjouir <lans ce**m<,:„ ,aint. C'est pourquoi Jl montra sa mère à Jean : c'est ce dont ily auroit beaucoup à écrire; mais cela aura lieu dans un autre
•ndro.l,etseracommeiel'espôregrandemeuléclaiici. 43. Il est évidemment clair, que de même que \a fauvre ame merche en nous entre deux règnes , qui »o«s deux la tiennent prisonnière ; de même le Chnst devoit être placé enlre deux malfaiteurs. 1 rends caci en grande considéra lion , et pens«sy
r î
( 320 ) CH. 25.
ce n'est par une chose indifFérente. Et nous voyons combien ce fui une effroyable âprelé , lorsque l'am© du Christ se sépara de sou corps terrestre, et qu'elle entra dans la colère du père , ou dans Tenfer ; comment la terre trembla , les rochers se fendirent , et le soleil perdit son éclat j nous voyons , dis-je , ceci clairement , et nous l'entendons de la bouche du Christ.
44. Lors donc qu'il eut subi toutes les railleries et reçu toutes les plaies , il dit sur la croix : Tout est consommé. Lorsqu'il vivoit encore dans le corps terteslre , il disoit que tout étoit consommé. Entendez tout ce qui auroit dû rester sur nous éternellement, et bouillonner eu nous avec toutes les humiliations dans lesquelles .nous sommes , en face de l'enfer et du royaume du ciel. Il avoit chargé tout cela sur lui. Ce dont Isaiedit ; En i^érité, il a porté noa infir^ mités , et a pris sur lui nos trangressions. Nous Va» tx>ns regardé comme étant ainsi tourmenté ^ frappé^ et martyrisé par Dieu : mais il a pris sur lui nos infir» mités; il a chargé sur soi nos douleurs , et nous ayons été guéris par ses meurtrissures. Nous avons tous erré comme le troupeau ; chacun a regardé sa voie. J^insi nous ne pouvions pas nous aider ; mais nous allions comme des brebis souffrantes , a moitié égorgées, et nous devions voir le démon faire de nous dans la colère de Dieu , tout ce qu'il auroit voulu.- Car nous portons sur nous un habit de monstre , e\ nous sommes en grande dérision aux yeux du ciel et de l'enfer. 45. C'est donc pour cela que Dieu railla Adam
•II. 2S. ( 3^1 )
dans le jardin d*Eden , après qu'il l'eut revêtu dé Thabit extérieur ; là il dit : Fois; Adam est devenu comme r un de nous. Le Christ dcvoit prendre sur lui toutes ces ignominies , ainsi que tous les tourniens dans lesquels Adam étoit entré. L'homme Christ , le héros dans le combat, devoit les porter seul devant son père céleste j c'est alors qu'il fut l'agneau de Dieu, et que, comme un agneau patient, il fut suspendu à la croix , à notre place 5 car nous devions éternellement 6tre suppliciés dans notre engendremeut en croix. Alors le prince de l'éternelle vie fut élevé de terre dans une grande patience , comme uii docile agneau à la boucherie ; et il se plaça devant son père , comme s'il étoit lui-même le coupable.
La porte des grands secrets,
46. Ici , mon cher lecteur , si tu es engendré dé Dieu , ouvre largement les yeux de ton esprit, afîa que le roi de gloire entre en toi , et éclaire ton en^ tendement : remarque toutes les syllabes; car elles «ont <un grand prix j elles ne sont pas muettes , ni amenées k la lumière par un centre aveugle. Vois ici sont suspendus à la croix Dieu et l'homme/ îà étoit la Irinité sainte; là étoient les trois principes 5 et le héros étoit combattant. Maintenant qui étoit ce héros combattant? Vois; lorsque le Christ eut tout accompli , il dit : Mon père, je recommandé mon esprit entre tes mains ; et il inclina sa tête et il expira.
47. Vois : à son père est le royaume, la puissance et la souveraineté, tout est eu lui, et tout est sieu, II. %i
:Sai
ill
( 3»a ) CH. aSL'amour est son coeur , la colère est «on étemella puissance ; l'amour est sa lumière , la colère se» éternelles ténèbres, qui sont un autre principe, dans lequel sont les démons.
48 Or , l'amour devint homme 5 il se revêtit de notre ame humaine; l'ame fut éclairée de la lumière , et elle éloit par sa racine dans la colère , ou dans la forte puissance du père. Alors le nouvel homme dans l'amour recommanda l'ame au père dans sa puissance , et abandonna le corps terrestre, provenu des étoiles et des élémens , ou le royaume de ce monde. Alors l'ame ne fut plu. dans le royaume de ce monde, dans la source de la vie, mais dans la mort ; car le royaume de ce monde, ou le stimulant de la vie, l'air enfin, aTo.t passé.
49. Alors l'ame se trouvoit réduite à ce qu elle est elle-même , dans s. propre racine, dans le père-, et nous serions restés là , dan» U colère, dans 1 enfer ténébreux } mais le père de lumière, dan. sa «dnteté , prit l'ame en soi , dans a «"»'•*•
50. Alors l'ame fut revêtue de l'amour dans U parole , qui rendit gracieux et propice 1. père colérique . dans la source la plus intérieure de l ame. ■Ainsi, dans ce clin d'oeil, Te paradis perdu s éleva de nouveau dans les essences de l'ame ; ce qu. fit nue la terre de l'extra - génération des élément ?rembla,e. que le soleil, le roi de la vie «lanste ftoisième principe, perdit son éclat; «rJ'él"'*
un autre soleil dans la mort. Entendez que , dans l.
colère du père, la lumière fut brillante dans 1 ame ,
Gonune U claire étoiU du niâtiB.
5t. Ainsi le corps dont l'ame du (jhrist étoit tevêtue, fut l'élément pur devant Dieu, ce dont lé soleil de ce monde est engendré; et ce même corps enveloppa le monde entier : alors la nature de cô inonde trembla, et les rochers se fendirent 5 car la mort colérique avoit Coagulé ou formé les rochers dans le vut ; et pour lors la vie sainte entra dans la mort colérique , ce dont les rochers se fendirent pour témoigner que la vie avoit de nouveau résisté a la mort, et avoit fleuri au travers de la mort
S«. Alors aussi les corps saints sortirent de leurs tombeaux. Considère ceci attentivement. Ceux oui «voient mis leur confiance dans le messie , avoient reçu 1 élément pur. dans la promesse , comme ut nouveau corps : et quand maintenant le héros pronu. entra, par la mort, dans la vie, «qu'il eut lé émentpour corps, alors leurs âmes furemactivée. et[«^/«^„j dans le héros en qui elles «voient mi. leur espérance ; ils se revêtirent, dans le corps du Christ , de leur nouveau corps , et vécurent en lui , dans sa puissance. Ce furent les saints patriarche, et les prophètes, qui dans ce monde avoient été revêtus du briseur de serpent , dans la parole de Dieu , dans laquelle ils avoient prophétisé de lui , et opéré des merveilles; ce sont ces hommes là, dis-,e, qui furent alors animés de la puissance du Christ, car la puissance du Christ avoit poussé au ravei-s de la mort , et avoit réconcilié le père , dan.
lequel lesamesétoient retenues prisonnières, dansl. colèrejetalorsilsentrèrent,avecleChri,t,dansl.vi.
( 324 ) ^^' ^'
53 Ici , toi , brebis cbérie , fais altenlîon. Lorsque le Christ est mort , il n'a point rejeté le corps qu'il avoit eu ici , et il ne Ta point livré aux quatre élémens pour le dévorer, comme s'il avoit eu amsi „n corps tout-à-iait étranger. Non, il a seulement rejeté la source de ce monde , laquelle est dans les étoiles et dans les quatre élémens, et il s'est revêtu de ce qui est incorruptible , a6n que cela fut un corps qui vécût en Dieu dans la puissance divine , et non pas dans l'esprit de ce monde , comme Saint-Paul le dit du jugement dernier : Que ce qui est incorruptible ou le nouvel homme, attirera ce qui est corruptible , et engloutira ce qui est corruptible,de façon que la mort sera livrée à la dension , et qu'on dira : Mort , où est ton aiguillon ? Et a l'enfer : Enfer , où est ta victoire?
54 Tu dois savoir que le Christ lorsqu il étoit encore sur la terre , avoii et portoit , ainsi que nous tous qui sommes régénérés en lui , la cha.r et le sang célesie dans le terrestre , el que nous les portons aussi dans le nouvel homme, dans le corps du Christ. 55. Lors donc que nous mourons dans le vieux corps terrestre , alors nous vivons dans le nouveau corps, dans le corps de Jésus-Christ. Nous poussons de la mort , en lui ; notre floraison est notre paradis, où nos essences poussent en Dieu.Le terrestre est absorbé dans la mort , et nous nous revêtons de notrç seigneur Jésus.Christ , non-seulement dans la. foi. m dans l'esprit ; mais dans la v.r/« du corps , dans notre chair et notre sang célestes. Ainsi
c*. i5. ( 325 )
nous vivons pour Dieu le père , dans son fils Christ ; et l'esprit saint confirme toutes nos œuvres : car tout ce que nous ferons alors y c'est Dieu qui le fera en nous.
56. Ainsi il y aura un tabernacle de Dieu parmi les hommes, et le corps du Christ sera notre temple, où nous connoîfrous et verrons sans voile les grandes merveilles de Dieu , où nous nous en entretiendrons et où nous nous en réjouirons éternellement 5 et c'est là le temple et la nouvelle Jérusalem , dont a écrit le prophète Ezéchiel.
57. Et ici , je te dis un secret : de même que tout ce dont Adam a été coupable , a dû , dans ca monde , se trouver aussi sur le corps du Christ , et être vu dans ce monde; de même tu verras encore ce temple dans les Ijs , dans les merveilles , avant le tems où l'incorruptible attirera entièrement le corruptihle. Là la colère sera en opposition aux lys , jusqu'à ce qu'elle soit réconciliée dans l'amour , et que l'instigateur devienne un objet de dérision , ainsi que cela lui arriva à la mort du Christ. Les Juifs conservent encore de l'espérance sur cet article ; mais leur sceptre est brisé , et la vie est dans la génération de Jésus-Christ. Néanmoins ils viennent des extrémités du monde ; ils repassent de Jéricho dans la sainte Jérusalem , et ils mangent avec l'agneau : c'est là une merveille. Mais l'instigateur est prisonnier ; ainsi nous vous parlons Iç langage des merveilles 5 el maintenant nous ne serons point entendus^ jusqu'à ce que l'instigateur soit délruitf car notre vie revient, el|elleest dans la vallée de Josaphat.
(326)
CH. 2S,
Zt*autre porte des souffrances du Christ.
58. Il nous est clairement démontré pourquoi Phomme Christ devoit se laisser 'railler , mépriser , flageller , couronner et crucifier ; de même que pourquoi il devoit laisser élever la voix contre lui , comme contre un possédé du démon , et pourquoi il fut si contredit par les prudens et les sages , ainsi que pourquoi il n'y eut que les gens simples qui s'attachèrent à lui, et seulement aussi quelques opulens de ce monde. Quoiqu'il n'y ait pas à espérer que nous plaisions à tout le monde , cependant ce n'est point notre parole que nous disons \ mais nous exprimons dans nptre connoissance et par l'impulsion de l'esprit , ce qui nous est montré en Dieu ; c'est pourquoi entends ceci exactement.
59. Vois : l'innocent homme Christ fut substitué ^ notre place dans la colère du père; il ne devoit pas seulement réconcilier tout ce dont Adam avoit été coupable e« passant du paradis dans ce monde , ce qui l'avoit rendu un objet de dérision devant pieu et tous les hommes ; mais aussi toute la corrup* lion qui sourça depuis , et en outre toute celle qui provient de nous continuellement.
60. Nous posons ceci devant tes yeux , dans la connoissance divine et en sincérité , non pas que pous veuillions dédaigner personne , et nous glorifier ; nous aimerions mieux être bannis de ce monde , que de nous conduire ainsi par orgueil et pour notre propre réout^tion ^ ce ^ui Qe serait ^u'ime isxyL
f H. ^5. ( 327 )
famie 5 et l'esprit de connoissance se retîreroit. Tu dois faire attention à cela. Nous voulons donc écrire pour nous dans notre science , et recommander à Dieu le résultat.
61. Vois, lorsqu'Adam entra dans ce monde, il fut dès lors aux {irises avec l'orgueil. Il vouloit être égal à Dieu , comme Moïse dit que le serpent , le démon le lui suggéra. Il vouloit ouvrir en soi trois principes en bouillonnement, en source. Par là il perdit Dieu et le royaume du ciel. Mais quanta ce qu'il est vrai que l'orgueil le travailla , considère Caïn , qui vouloit seul être souverain ; il ne vouloit pas quo son frère Abel fut accueilli de Dieu, danslacrainte qu'il n'obtint la domination 5 c'est pourquoi il le tua. 62. Ainsi Caïn et ses successeurs ont bâti un puissant règne , d'où dérive le despotisme , en aorte qu'un frère s'élève toujours au-dessu& de l'autre , et en fait son esclave. Là se trouve aussi l'effroyable tyrannie par laquelle le puissant a fait tout ce qui lui plaisoit. Il a opprimé le misérable à sa volonté ; il a attiré à soi le règne de la terre , et il exerce par là la tyrannie et la fourberie, et encore ne faut-il pas lui dire que cela est injuste. Il a inventé toutes les subtilités ; il s'en est fait un droit j il \e^ a vendues aux autres comme étant la justice , et a élevé ses enfans dans la fourberie. Il a détruitla conscience et la bonne affection dans P homme simple 5 il a inventé des droits qui circulent dans ses lois selon son impulsion,et qui sont contraires à la lu mière de la nature. C'est par la calomnie qu'il a étabU sa
en. iS»
(328 )
force. Par là il a effrayé le simple ; visant toujours ^ ce que sa puissance devînt plus graude.
63. Ainsi la fausseté a produit la fausseté , et l'inférieur aussi est devenu faux. Au lieu de la vérité, c'est le mensonge qui a été sa monnoie ; il a fausse^ ment aussi trompé ses supérieurs, d'où sont résultée des juremens, des malédictions^ des vols, des meurtres , en sorte que l'un regarde l'autre comme un faussaire et un trompeur , comme un menteur et un injuste ; car ils le sont en effet , et ils ont changé des paroles contre des paroles. Far là , les uns et les autres , soit par leurs mensonges , soit par leurs vérités , ils se sont transmis » ou préparé le sel amer du démon qui est dans la colère de Dieu ; eu sorte que le nom de Dieu a été blasphémé et prophané , et que le monde est reconnu dans la colèro de Dieu , pour être une fosse de mort.
64. Toutefois il devoit naître de ce peuple injuslQ ^ne race ou une génération pour le royaume du ciel, et il n'y avoit aucun vivant sur la terre qui ne fût souillé par ces vices. Peut-être que nous , qui avions du repentir et de la souffrance par rapport à cette fâcheuse bête rapportée ci - dessus , et qui désirions de sortir de ces vices , nous aurions eu dans l'amour de Dieu la possibilité de revenir de pouveau en faveur devant Dieu. Mais à la vérité non pas autrement qu'en ce même Christ ; et nous voyons en outre journellement parmi les chrétiens régénérés , que le vieux corps terrestre est enfoncé dans de semblables méchancetés , et que quoique
cii. 25. ( 329 )
nous voulussions bien en sortir entièrement , cependant nous ne le pouvons pas ; car la colère nous tient prisonniers dans le vieil homme : or dans ceci Je démon est le maître. II pousse souvent les corps par, l'esprit de ce monde, dans de funestes vices que l'homme ne s'étoil pas proposés auparavant ; car la méchanceté des impies enflamme, par leurs malédictions et leurs faussetés , la colère du vieil homme, et cela quand bien même il seroit né de Dieu intérieurement , ce qui fait qu'il n'est pas connu.
65. C'est pourquoi comme notre fausseté et nos injustices ainsi que nos vices sont tous devant Dieuj qu'ils brillent dans la teinture , et que nous ne pouvions pas nous délivrer d'un pareil mal , alors Christ a chargé sur lui toutes nos humiliations ; il s'est laissé juger et regarder comme un possédé du démon , comme un sorcier , un imposteur et un trompeur , comme voulant usurper la couronne impériale , ainsi que les grands prêtres l'en accusoient faussement ; il s'est laissé railler , flageller , frapper a la face, conspuer et couronner ironiquement d'une couronne d'épines 5 et comme sur la terre nous ne nous communiquons les uns avec les antres que des faussetés; que par là lepuissant fait ce qu'il veut, pour satisfaire sa colère 5 que nous nous nuisons les uns aux autres par des méchancetés , des dédains , des railleries , et en nous envoyant à Satan , pour nous enlever les uns aux autres l'honneur et le bien par fourberie j ainsi il falloit bien que le Christ prît tout cela sur soi.
( 350 ) CH. 25.
66. Or , tu vois clairement qu'il a éprouvé tout cela de la part des pharisiens et des scribes j car cela ne lui arriva pas fortuitement et pour rien. Cela devoit élre ainsi 5 en effet les pharisiens , les scribes , et les supérieurs avoient préparé toutes ces angoisses , dont le Christ devoit s'abreuver. Mais ne devrions -nous pas nous taire ? Non , nous devons le dire , dussions-nous , pour cela , perdre notre vie terrestre.
67. Vois , toi , méchant antechrist, tu es ce que tu as été ; tu es le vieil homme, et non le nouveau ; ta subtilité est née dans la colère de Dieu 5 le démon t'a enseigné ce que tu fais; tu excites des guerres et des dissensions parmi les princes et lef rois qui sont fondés dans la nature , afin que tu sois le seul élevé parmi eux par tes tromperies , tes hypocrisies et tes basses fourberies 5 tu fais cela par or* gueil ; tu corromps les écritures des saints , selon Ion audacieuse arrogance , et tu es un meurtrier des âmes ; tu te moques de celles qui sont bornées « de façon qu'elles croient servir Dieu , en persécutant une ame sainte ; c'est toi qui leur enseignes cela , sans quoi , elles ne le sauroient pas : ainsi tu opères l'erreur, et tu «s Babel, une demeure do prostitution de tous les démons j voilà ce quo te dit l'esprit.
6S. Telle est la conduite des uns avec les autres : l'un convoite ceci, l'autre convoite cela; on n'entend que les hurlemens continuels du démon; toute union et tout amour sont éteints; la bouche dit une chose,le cœur en pense une autrejon crie l'un
<W- *^- ( 33i )
après l'autre, et personne ne sait où est le mal. Ainsi le Christ devoit prendre tout cela sur lui. Plusieurs ignorans ciièrent, par l'instigation des grands prêtres : Cn^nfiez , crucifiez. le , il a Irouhlé h monde ; et ils ne savoient pas ce qui les poussoit. Il en va encore de même aujourd'hui. Si l'antechrist en saisit un , dans sa colère , il crie sur lui , et ensuite chacun crie : O ! V hérétique , l'hérétique! et cependant le cœur ne peut rien dire contre lui qui soit condamnable. '
69 Ainsi, vois, toi, antechrist, et chef des troubles de la terre , combien d'hommes ignorans sont sous tes blasphèmes ! Cest toi qui \^s fais si souvent calomnier une sainte ame. Vois : si une ame persécutée crie vers Dieu pour sa délivrance , alors tout cela prend consistance, et se réalise en substance devant Dieu ; car souvent de pauvres âmes, qui ont ainsi, par ignorance, injurié les saintes âmes , viennent devant Dieu , et voudroient bien être heureuses. Or , si le Christ navoitpas pris sur lui tous les mensonges et les faussetés , et réconcilié , en lui , son père avec son amour, où aurois-tu pu rester, pauvre pécheur? C est pourquoi le Christ nous recommande de nous pardonner , comme son père nous a pardonné en lui. Si nous ne le faisons pas, nous serons alors mesurés avec la même mesure dont nous nous serons servis.
La porte du pauvre pécheur, 70t C'est pourquoi , toi, ame chérie, si parleshj
( 332 ) CH. 25.
tromperies de Panfechrist , el les séductions du démon et de ses adhérens , tues tombée dans des blasphèmes et de grands péchés , examine-toi aussitôt , n'y demeure pas, ne te désespère pas non plus; pardonne à tes adversaires leurs fautes, et prie Dieu le père , en vertu du Christ , qui a porté sur lui notre méchanceté et nosinjuslices^commeun agneau innocent et patient, et tes péchés te seront pardonnés. Toutefois nous n'aurions jamais pu revenir de ces maux , si la miséricorde de Dieu ne nous eût aidé à en sortir , à notre insçu , et sans notre mérite.
71. Ah! combien en effet est-ce par une pure grâce que Dieu le père nous a envoyé son fils JésusChrist, afin qu'il prît sur lui nos transgressions, et qu'il l'appaisût daus sa colère!
72. Tous les hommes sont invités à cette grâce, de quelque race qu'ils soient ; ils peuvent tous venir , soit Turcs , Juifs , Payens , Chrétiens , et quelques noms qu'on leur donne ; personne n'en est exclus. Tous ceux qui sont fatigués et chargés peuvent venir au Christ; il les accueillera tous, et les ranimera, comme il le dit lui-même. Celui qui enseigne et parle autrement , ou qui cherche une autre voie, est un antechrist , et n'entre point par la porte dans le bercail du Christ.
78. Or donc , si nous considérons les railleries et les mépris qu'a souffert le Christ , comment cela lui est arrivé par l'instigation des hommes puissans, et que généralement c'est le petit peuple qui s'est attaché à lui ^ sauf quelques riches ^ alors noua
««. 25. ( 333 )
trouvons clairement ce que le Christ dit : Il est difficile à un riche (V entrer dans le royaume du ciel. Cela ne tombe point sur les richesses , mais sur la gloire personnelle , et sur la vie orgueilleuse et cupide , où l'on consume , dans l'arrogance , la sueur du malheureux , et où l'on oublie Dieu. Ah ! combien il est difficile à un orgueilleux de s'humilier devant Dieu et les hommes! Et cependant le royaume du ciel ne consiste que dans la vertu de l'humilité. %
74. Pourtant on voit quelques" riches aussi se rapprocher du Christ , ce qui montre que le royaume du ciel ne consiste pas seulement dans les souffrances , mais dans la joie dans l'esprit saint. Que personne donc ne se croie sauvé parce qu'il est pauvre et souffrant. S'il est sans foi et impie , il n'est pas moins dans le royaume du démon. Un riche aussi qui jèteroit sça biens dans la boue , et les dépenseroit follement , ne doit pas se croire sauvé pourcela. Non, mon frère, le royaume de Dieu consiste dans la vérité, dans la justice, et dans l'amour des iudigens. La richesse ne damne point ceux qui en usent bien. Tu n'as pas besoin de jeter là ton sceptre, et de crier et hurler dan,s un coin ; ce n'est là que de la bigotterie. Tu peux mieux servir le royaume de Dieu et la justice, en conservant ton sceptre , en défendant l'opprimé , et eu faisant droit et justice, non pas selon ta cupidité, mais dans l'amour et la crainte de Dieu. Car, alors tu es aussi un frère de Joseph d'Arimathie , et tu brilleras devant Dieu , au-dessus des autres, comme
( 334 ) CH. aS,
le soleil et la lune, en comparaison des étoiles. Il n'y a que l'orgueil, la cupidité , l'envie , la colère et la fausseté qui soient la couronne du diable j c'est pourquoi ^ conçois bien ceci*
JDu séjour du Christ dans U tombeau.
j5. Nous savons que le corps sans l'esprit , est an être immobile ; car quoique le corps du Christ , que le saint élément a engendré dans la miséricorde , «oit de Dieu , cependant la mobilité et la vie ne «ont qu'en Dieu , et en nous hommes , dans l'esprit de l'a me , et dans l'esprit du grand monde , lesquels, dans ce corps, sur la terre, ne sont pas séparés.
76. Ainsi on se demande : Où a été l'ame du Christ pendant que le corps a reposé dans Iç tombeau ? Ma chère raison , ne fais pas comme les aveugles en Dieu , qui disent : L'ame du Christ s'en alla loin du corps dans l'enfer , dans la terre; elle a livré pendant ce tems là , par la puissance divine , un combat aux démons dans l'enfer ; elle les a liés avec des chaînes , et a détruit l'enfer. O î les choses sont bien différentes ! Le» saints qui ont ressuscité à l'heure de la mort du Christ , s'énoncent bien autrement.
77. La raison ne sait encore rien du tout de Dieu, et puisqu'il ne lui est pas possible de connoître plus amplement les dons de Dieu , elle ne doit donc pas se jeter dans cette profondeur j mais s'arrêter modestement sur cet article : cela ne nuira point à sa sainteté. Dieu seul voit la volonté du cœur. Ta
ÔH. 25, ( 335 )
pensée ne doit pas tout sonder ainsi dans la profondeur, si cela ne t'est pas donné, comme à cette plume ; elle écrit dans le conseil de Dieu ( car il s'en faut beaucoup que la main le sache , et à pein» en comprend-elle une étincelle ) , et cependant elle écrit très profondément, ainsi que tu le vois. Les choses à venir lui sont montrées dans une laborieuse profondeur, que Dieu ouvrira seul dans son tems, qui nous est inconnu.
78. Tu sais que Dieu lui-même est tout , et qu'il n'y a que trois principes ou trois engendremens qui soient la diversité de son essencejautrement tous les êtres ne seroient qu'un être , et tout seroit absolument pur Dieu. Si cela étoit , tout ne seroit qu'une agréable douceur. Mais où seroit la mobilité , le royaume , la puissance et la souveraineté ? C'est pourquoi nous avons souvent dit , que la colère est une racine de la vie , et que quand elle est sans lumière, elle n'est pas Dieu , mais feu infernal ; mais si la lumière brille dans cette racine , elle devient paradis et royaume de joie.
79. Ainsi nous ne pouvons dire autre chose de l'ame du Christ , sinon qu'il la remit dans les mains de son père ; alors le père la prit dans sa puissance divine ; entendez qu'elle y resta dans sa propre racine; mais sa propre racine, sans la lumière de Dieu, étoit dans la colère. Or , l'ame du Christ vint, avec la lumière de Dieu, dans la colère: alors les démons tremblèrent ; car la lumière emprisonna la colère , et le père ( entendez la colère ) devint paradis dans le royaume du ciel , et la coca. 25.
( 336 )
1ère demeura dans l'enfer : car la lumière ferma le principe de Penfer ; ce par quoi il faut eulendre qu'aucun démon n'ose se contempler eu elle ; il est aveugle par rapport à la lumière, et la lumière est soa
eCProi et sa honte.
80. Ainsi lu ne dois pas croire que l'ame du Christ se soit portée loin du corps ; car d'ailleurs tous les trois principes étoient sur la croix. Pourquoi doue pas aussi dans le tombeau? Au moment où le Christ sépara de lui le royaume de ce monde , l'ame du Christ pénétra dans la mort et dans la colère de Dieu. Dans ce même moment la colère fut reconciliée dans l'amour , dans la lumière , et devint paradis ; les démons eux-mêmes avec toutes les âmes impies furent emprisonnés daus la colère ; et aussitôt la vie poussa au travers de la mort : alors la mort fut brisée, et elle fut livrée à la dérision. C'est une mort pour les impies qui sont restés dans la colère j c'est une vie pour les saints en Christ.
81. Ainsi l'ame du Christ a'élé présente avec son corps , quarante heures dans le tombeau , dans le père. Car le corps céleste n'étoit pas mort , mais le terrestre. L'ame croissoit dans le corps céleste au travers de la mort,et elle resta quarante heures dans le repos. C'étcient là les quarante heures qu'Adam avoit passées dans le sommeil lorsque sa femme fut extraite de lui. C'étoient aussi les quarante jours de la tentation [ (V Israël pendant le séjour '\ de Moïse sur la montagne , pour voir s'il lui seroit possible de vivre di^ns le royaume céleste , dans la puissance du père. Mais comoue cela fut trouvé impossible ;
en. 25. ( 33^ j
alors le peuple s'écarla aussitôt des lois du père Cou de la nature); ils s'érigèrent pour Dieu un veau de leur façon et Moïse brisa les tables de la loi.
82, Dieu parla en outre , dans le feu à Israël , afin qu Ils vissent qu'il n'étoit pas possible d'entrer dans la terre pro«iise paradisiaque jusqu'à ce que vint le vra. Josue ou Jésus , q„i les introduisit par la mort dans la vie. Pense à cela, récrirai clairement dans «n autre livre sur les tables de Moïse ; sonde cela , tu trouveras là tous \es principes de ce que Moïse a <lit eJ opéré.
Du ChriU ressuscitant du tombeau.
83 De même qu'Adam é.oit passé de la claire lumière de Dieu dans le royaume ténébreux de ce inonde , et que l'ame d'Adam resia croissante dans ecorpsenlre les de.ix principes ténébreux, ou entre la mort et l'enfer ; de même aussi le Christ voulut dans son corps croissant , ressusciter de la mort à «■nu.l ; et changer la nuit par son saint corps en un clair ,our éternel , où il ne vînt plus désormais de nuit , mais où brillât la lumière de Dieu le père et de l'agneau. '^
84. Et lu ne dois pas croire que l'ame du Christ ait , pendant ces quarante heures, été dans un autre endroit , que dans le père même , et dans son corp, ■ là elle a poussé en une grande douceur , au-dessus de la persécution ; e. de même qu'une rose ou une belle fleur pousse de la (erre ; de même aussi nos anies dans notre repos croi«ent dans le corps de ^^ 22
( 338 ) tn, a5.
Jéâus-Chiisl jusqu'au dernier jugement. A la destruclion de ce monde la nouvel!e créature fleurira de l'ancienne , et en même tems Pâme croîtra da<»s un doux repos , dans le saint élément , dans le corps du Christ jusqu'à ce que nos quarante heures soient complètes aussi , et pas une heure de plus au delà du tems marqué. C'est ainsi que le corpa du Christ dans la puissance du père est ressuscité , et s^est élevé par le moyen de l'ame , et a en soi l'éternelle lumière de la trini té.
83. Il n'étoit pas nécessaire de rouler la pierre , si ce n'est pour convaincre les aveugles juifs , pour qu'ils vissent malgré eux, que toutes leurs œuvres ïi'étoieot que folies , lorsqu'ils vouloient retenir Dieu, et aussi par rapport à la foible raison des disciples , afin qu'ils vissent qu'il étoit vraiment res- •uscité , car ils pouvoient ainsi entrer dans le tombeau et voir par eux-mêmes.
86. Là aussi les anges leur apparurent , et les consolèrent. C'est ainsi que le Christ veut consoler les siens, qui sont dans la tristesse , et qui seront affligés à cause de lui. Oui , il est près d'eux , comme auprès de Marie Magdelaine et des deux disciples d'Ëmmaiis.
^7. Tu dois savoir qu'aucun rocher, ni aucune pierre ne retint , ni ne pouvoil retenir îe corps du Christ j il pénètre toute chose, et cependant n'en brise aucune. Il embrasse le monde , et le monde ne l'embrasse point. Il ne souffre de tourment d'aucune chose. En lui est toute la plénitude 4e la divinité , et il n'est cependant enfermé par
^^' ^^' ( 339 )
rien. Dans notre forme humaine il paroît une créature delà même grandeur que notre corps, et cependant son corps n'a aucune limite; il elt l'universel prince-trône de tout le principe
S8, Lorsqu'il étoit sur la terre, dans Phomme teiTestre , alors son homme terrestre étoit mesurable, comme l'est notre corps , mais l'homme inéneur ne i'étoit pas : car dans la résurrection , dans le corps de Jésus-Cbrist, nous sommes aussi incommensurables , mais visibles et saisissables dans la chair et le sang célestes , comme le prince de la vie même. Nous pouvons , dans la figure céleste, être grands et petits 5 et cependant rien ne se brisera en ' nous rijous n'avons besoin d'aucune précaution.
89. O! chers chrétiens, défaites - vous de vo, disputes au sujet du corps de Jésus-Christ. Il est par-tout en tous lieux, mais dans le ciel , et le ciel ou Dieu demeure intérieurement, est aussi paMout. Dieu demeure dans le corps de Jésu" Christ, ainsi que toutes les saintes âmes des hommes, quand elles se séparent de ce corps terrestre Lorsqu'elles sont régénérées, elles restent dans la parole, dans le corps de Jésus-Christ quoique encore dans ce corps terrestre. Une ame ICI, dans notre corps sur la terre, n'a point le corps du Christ en substance saisissable, mais bien dans ,a parole de la t^uissance qui em'brasse touT Le corps et la puissance, dans le Christ, ne font b.en qu'un; mais, dans ce monde , nous ne pouvons comprendre la créature supérieure. . 90. Or, resprit annonce que, si vous ne voua
( 34o ) ciï. 1?-
abstenez pas de ces disputes , vous n'obtiendrez toutefois pas d'autre signe que le signe d'£lie dans le zèle du feu ; c^r le zèle vous dévorera, et vos disputes mêmes vous dévoreront. Vous devez vous consumer vous-mêmes. Ne voyez - vous pas que vous êtes des fous ? n'êtes-vous pas frères , et tous en Christ ? Pourquoi vous disputer sur votre patrie, dans laquelle vous demeurez, si vous marchez dans Tamour.
91. Abstenez -vous en donc. Voire cause est mauvaise devant Dieu, et sera trouvée toute en Babel. Tenez-vous pour avertis ; le jour paroit. Combien de tems voulez-vous vous associer à l'adultère de prostitution ? Levez-vous , votre noble vierge sophie est parée dans sa belle couronne de perles. Elleporteuu lys qui est agréable : agissez , fraternellement , elle vous parera aussi ; nous l'avons vue réellement , et c'est en son nom que sous écrivons ceci.
9a. Il ne fauf point de dispute sur la coupe de Jésus-Christ. Son corps , dans le testament , est vraiment reçu du croyant , ainsi que son sang céleste ; et le baptême est un bain dans l'eau de l'éternelle vie , quoique caché extérieurement dans la parole du corps du Christ. C'est pourquoi il n'est pas besoin de disputer ici; il suflSt d'avoir l'amour fraternel , de s'éloigner de la cupidité orgueilleuse , alors vous êtes tous en Christ.
93. Ces profondes et difficiles questions ne vous servent de rien ; vous n'avez pas besoin de vous y arrêter : nous les posons seulement ; pour que vous
voyie. ce que c'es. que le principe , el ce que c'est •I-e erreur ; car ce n'es, point à nous qu'il faut a..r,buer ces écri.s. Mais vous , dans vos ardeurs exaspérées , vous avez exci.é l'esprit , de manière à vou,fa,re manifester les pensées de votrecœur. Faites
seulemen.quelarésurrec.io„duCl.ristsoilunechose elhcace pour vous : car la résurrection du Chris, est la notre 5 et , dans lui , nous devons croître , ressusc..er, e. Vivre éternellement. Attachez-vous sans réserve au Chris. , alors vous ne succomberez sous aucune détresse ; car si vous avez le Christ, alors vous avez la irini.é sainte de Dieu.
94- Si tu veux prier Dieu , alors demande à ton pere céleste au nom de son fils Jésus - Christ , A être éclairé de son esprit saint, afin qu'il daigne le pardonner tes péchés , en faveur de ses souffrances et de sa mort , et te donner ce qui t'est bon et salutaire Soumets tout ce qui est terrestre à sa lumière et à sa volonté : car nous ne savons ce que nous demandons et ce que nous désirons; mais l'es- ].n. saint nous représen.e lui-même auprès de soa l»re, dans Jésus - Chris. , par des soupirs ineflabiés. Ces. pourquoi il ne faut pas de. longues paroles , mais seulement une ame pénitente et croj:ante qui, dans sa volonté , se livre avee une entière ardeur à la miséricorde divine ; une «elle ame vit en Jésus-Christ , e. es. dans une ferme as-» surance devant le démon , pourvu toutefois qu'elle oemeure constante.
95. Ces imaginations au sujet de l'invocation des sams ne servent à rien. Ce n'est qu'un moyen d^
( 34a ) CH. aS,
yexalloDs par lequel tu troubles les saints dans leur repos. En effet Dieu ne cesse pas de l'appeler sans cela , et ta vierge sophie te recherche avec des désirs ardens. Viens seulement ; elle est à toi , tu n'as pas besoin de lui envoyer des légats étrangers. Il n'en est pas ici comme dans les cours. Le ChrisI ne demande pas mieux que d'augmenter sans cesse son ciel dans sa joie. Pourquoi l'idée de (es péchés te retarde-t-elle si long-tems ? ne sais-lu pas que la miséricorde du seigneur est plus grande que le ciel et la terre ? que fais- tu donc ? Il n'y a rien de plus près de toi que la miséricorde de Dieu ; ce n'est que dans ta vie pécheresse et impénitente que tu es près du démon , et non pas auprès du Christ. Quelque chose que tu dises j et quand même tu lui enverrois cent mille légats, ai tu es toi-même un impie, tu n'es qu'auprès du diable , et il n'y a point de remède pour toi. Tu n'as autre chose à faire qu'à ressusciter avec le Christ , et qu'à te régénérer dans le corps de Jésus-Christ , par la vertu de l'esprit saint , dans le père , dans ta propre ame. Si tu veux célébrer une léte y fais-le pour le bénéfice et le soutien du malheureux, afin que Dieu soit loué dans ton amour, et cela sera bon. Mais quel profit feras-tu avec le riche glouton qui ne se porte là que par orgueil et par pisiveté ? Dieu ne sera pas loué là , et aussi le paradis ne croîtra pas dans de pareilles fêtes.
96. ^e te repose pas sur l'hypocrisie de l'an lechrist ^ c'est un menteur et un cupide , et de plus un séducteur. Il n'a d'autre Dieu que son ventre ; ç'çst un voleur Rêvant Pieu 3 il dévçre le pain ^ui
^^' ^^' ( 343 )
appartient à Tindigent. C'est le limier du diable ; apprends à le bien connoître; c'est l'avis que je te donne. Car il te lue vraiment et lout-à-fait s'il engloutit ou enchaîne la volonté par ses hypocrisies et par ses feintes.
97. Puis donc que nous parlons de la vraie résurrection du Christ , nous vous exposerons ausfi son hi,ionque pendant les quarante jours après sa resurreclion , et avant son ascension. Comme nous savo„s qu',1 est devenu un vrai souverain du ciel , de i enfer et de la terre , nous vous observerons également que le royaume de ce monde avec loutes l€B essences et qualiiés ont du lui être assujétis 5 et quoiqu il n'ait pas toujours procédé d'une manière visib.e parmi ses disciples , cependant ,1 s'est souvent '«outré a eux visiblement, sensiblement et en leur iwesence selon le règne de ce monde, selon le corps qu il avoit eu ici • qui a voit été absorbé par le |»ouveau et qu'il devoit aussi rétablir. Car Dieu est ie seigneur de tous \^s êtres , et tout doit se trans- -Hier a sa volonté , par ce moyen il pouvoit montrer a ses disciples son véritable corp. dans les marque* des clous , qui , dans le saint Christ , sont dans
T ' '"'" '^'P' P^"^ *'^^«^«i^é ' ^0»"»"° un signe de triomphe plu^ brillant que l'étoile du malin
38. Par là il forlifia la foible foi de .^, disciples ,
et leur montra qu'il étoit aussi le souverain dJ
royaume de ce monde j que tout ce que nous senions bâtissons, plantons, mangeons et buvons
3i I a dans la plénitude de sa toute puissance : qu'il
peut tout bénir et multiplier, qu'ainsi il n'est pLia
4k^
( 344 ) CH. 25.
séparé de nous 5 mais que de iiitme qu'une fleur pousse de la terre; de mcrae sa parole, son esprit , et sa puissance poussent dans toutes choses. Et si notre base affective incline vers lui , alors nous sommes bénis par lui dans le corps et Tame. Hors cela la malédiction et la colère de Dieu sont dans toutes choses , et nous mangeons de la mort dans tous les fruits. C'est pourquoi nous prions que Dieu veuille bien bciiiren Christ , notre boire et notre manger, ainsi que le corps et l'ame ; et cela est juste.
99. Secondement , nous vous rappelons que le Christ a marché pendant quarante jours sur la terre après sa résurrection , ( entendez dans le royaume de ce monde ) tandis qu'il étoil en même tems dans le ciel; mais il portoit l'image, sans clarté extérieure devant les jeux des hommes, et ilavoit entièrement le corps et tout Têlre qui fut suspendu à la croix , excepté qu'il n'avoit pas la source du principe terrestre. Mais à part cela il avoit toute l'essence en chair et en sang. El cependant la chair extérieure demeuroit dans la puissance de la chair céleste. Nous le voyous , par la manière dont il entra au milieu de ses disciples autraversdes portes fermées, et passa avec son corps autravers du bois et des pierres. Ainsi tu conçois que ce monde est devant lui comme un rien, et qu'il a la puissance sur toute chose.
100. El en outre nous t'ajoutons que ces quarante jours sont les jours d'Adam dans le paradis avant son sommeil , avant que la femme fût extraite de lui 2 et lorsqu'ilétoildans la tentation païadisiaque»
CH. 25. ( 34^ )
Là iî étoil encore pur et céleste. Ainsi ce Christ de- ^voit aussi rester quarante jours dans la source paradisiaque , dans l'épreuve, pour essayer si le corps vouloit rester paradisiaque , avant qu'il fût glorifié. C'est pourquoi il mangea et but devant ses disciples, avec eux , à la manière paradisiaque, par k bouche, et non pas dans le corps, comme en effet Adam l'auroit dû faire ; car la consommation[^/^^*/iW^/wtt/r/7â.tf]consistoitdansla puissance. 101. Là il fut vraiment tenté pour éprouver si le corps vouloit vivre dans la force et la puissance de Dieu , comme Adam auroit dû , en effet , y vivre , lorsqu'il étoil dans le paradis dans ce monde. Il devoit bien alors , à la vérité , être dans ce monde :
aiéanmoins, il ne devoit pas vivre dans;ia source de ce monde ; mais dans le paradisiaque au-dessus de ce monde , ainsi qu'au-dessus de la colère et de l'âprelé qui constitue l'enfer pi devoit vivre dans la source , dans l'amour , l'humilité, la douceur et dans la miséricordieuse et amicale volonté divine : ainsi il auroit dominé au-dessus desétoiles et des élémens , et il n'y auroit eu en lui ni mort , ni .corruption.
102. Vous donc, Turcs, et autres peuples su- |)ersliiieux , vous devea remarquer et bien entendre ^pourquoi le Christ nous a donné celte loi, que nous ne devons point être vindicatifs ; que si quelqu'un nous frappe sur une joue, nous devons lui présemer l'autre ; et en outre , que nous devons bénir ceux qui nous maudissent , et faire du bien à ceux
'1
II
( 346 ) f H. 25,
qui nous haïssent et nous offensent : comprends- tu cela ?
io5. Vois , un vrai chrélien qui vit dans l'esprir du Christ , il faut aussi qu'il marche dans les voies du Christ -, il ne doit point s'adonner à l'esprit colérique et vindicarifde ce monde. C'est ainsi que le Christ , après sa résurrection , a vécu et marche dans ce monde , et cependant il nevivoit et ne marchoit pas dans la source de ce monde 5 el quoique cela ne nous soit pas possible pendant que nous vivons dans la source de ce monde, ( mais bien dans le nouvel homme en Christ , que le démon couvre), toutefois , si nous vivons dans la douceur , alors nous soumeltons le monde dans le Christ. Si nou« fesonsle bien pour le mal, alors nous témoignons que l'esprit du Christ est en nous. Si nous mourons à respril de ce monde , en vue de l'esprit du Christ, qui est en nous ; alors , quoique que nous soyons' dans ce monde, le monde n'est que comme suspendu à nous, comme ilétoit suspendu au Christ après sa résurrection , tandis qu'il vivoil cependant dans le père dans le ciel. Il en est de même de nous aussi , lorsque nous sommes engendrés- du Chrisf.
104. C'est pourquoi , souffre» que cela vous soit dit , vous , Juifs , Turcs et nations ; vous n'avez rien autre chose à espérer 5 il n'y a aucun autre tems à attendre , que le tems du lys ; et son signe est le signe d'Elie : c'est pourquoi observe* dans quel esprit vous vivez , afin que le feu de la colère ne vous «ngloutisse pas, et ne vous dévore pas. Il est tems
CB. 25. ( 347 )
désormais , que Jézabel soit chassée de la maison, avec toutes ses prostitutions , afin que vous ne receviez pas la récompense de la prostituée. Nonseulement vous vous déchirez les uns les autres , mais encore vous vous dévorez. En vérité, si vous ne vous convertissez pas tout à l'heure, le feu s'élève au-dessus de Bjbel ; ainsi il n'y a plus de remède jusqu'à ce que la colère consume tout ce qui a poussé eu elle.
io5. C'est pourquoi il est bon que chacun rentre en soi , qu'il ne parle point des autres en les regardant comme égarés j mais qu'il se convertisse seulement lui-même, et qu'il prenne garde de n'être pas trouvé dans la colère du dévorateur, autrement il criera alors : l/élas ! Babel e.st en feu ! Alors il iaudra qu'il soit brûlé aussi ; car il est susceptible du même feu. Si tu sens en toi une pensée qui iuchne vers îa colère , sois sur qu'elle vient de B^bcî. 106. C'est pourquoi il est difficile de connoîlie Baiîel. Cliacun croit n'y pas demeurer , et l'esprit me témoigne cependant que Babel renferme tout le globe de la terre. Ainsi , que chacun songe à son œuvre , et ne se laisse point entraîner à la cupidité. Car l'instigateur la brise, et le tempêteur la dévore. Les conseils de la sapience ne sont plus de mise auprès d'aucun homme. Toute la sagesse da ce monde ne consiste que dans la folie 5 car c'est un feu qui vient de la colère de Dieu 5 ta prudence tournera à la perte et à ta honte.
(348)
Dt V ascension du Christ.
en. 25
107. Ainsi noussavons quequand Adam eut vécu quarante jours dans le paradis , alors il enira dans l'esprit de ce monde , tandis qu'il devoil entrer dans la trinilé sainte ; car il éloit dans lYpoque de la tentation , et s'il avoit résisté pendant ces quarante jours,il auroit existé pleinement par son ame,dans la lumière de Dieu ; et par son corps , dans le ternaire saint , comme ce même Christ.
108. En effet, après que le Christ eut passé dans répreuve les quarante jours qui suivirent sa résurrection dans ce monde, alors il monta sur unemontagne,oii il avoit donné rendez-vous à ses disciples; il s'éleva visiblement en haut , avec son propre corps qu'il avoit sacrifié sur la croix ( jusqu'à ce qu'il vint un nuage qui le cacha), comme un signe certain qu'il étoit leur frère , et qu'il resteroit lié avec eux dans cette forme terrestre et dans ce corps ^ c'est pour cela aussi qu'il leur dit : Voyez , je serai avec vous tous les jours , jusqu'à la fin du monde.
109. Mais la raison dit : Où le Christ est-il donc en allé? est- il monté hors de ce monde au-dessus des étoiles dans un autre ciel ? Ecoute , ma chère raison , incline ta base affective vers le Christ , et vois : Voici ce que nous voulons te dire ; car nou» le voyons , et nous le savons : non pas moi toutefois. Lorsque je dis nous , tu ne dois pas entendre simplement mon homme terrestre^ mais y comprendre
CH. 25. ( 34,^ j
aussi l'esprit qui dirige cette plume. C'est pourquoi ) écris et ,e dis nous , quand je veux parler de moi , comme d'un auteur. Car je ne saurois rien si l'esprit n'insuffloit pas en moi la connaissance , et je n aurois rien pu trouver non plus , si ce n'eût été de cette manière. L'esprit ne vouloil pas que cela arrivat autrement. Toutefois il se cachoit ; alors mon ame se montroit très inquiète , et soupiroii ardemment après l'esprit ; jusqu'à ce que j'appris enfin en quoi la chose consisloit.
iio. Vois , ce quia été invenlé el raconfé par les anciens n'est pas la base; savoir: qu'ils aient mesuré combien il y a de cent milles milles jusqu'au ciel où le Christ est monté. Ils agissaient ainsi , parcequ'ils vouloient être des dieux sur la terre comme l'annonce leur règne fabuleux qui n'existe' qu à Babiloue. Si nous parlons des trônes, c'est bien autre chose , et on apperçoit leur aveuglement et leur ignorance , quoique dans leurs connoissances Il y ait aussi un esprit qu'il ne faut pas rejetertoutefois il ne vient pas du ternaire saint, oâ ' du corps de Jésus-Christ. Il est de la haute éternité qui marche audessus des trônes , ce dont il pourra ' être traité en un autre endroit. '
m. C'est dans ce trône là que nous aurions du rester à demeure. Que me servent les autres trônes qui sont des anges-princes ? néanmoins ils sont nos amis , et vivent fidèlement dans le service de Dieu. ( Heb. 1:4). Toutes nos vues doivent se porter sur notre trône , dans lequel nous avons été faits créalures , et sur notre pi iuce-trône , en Dieu. Le prei
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( 35o ) CIT. 25.
niier plan de Dieu , lorsqu'il nous créa , et qu'il nous aperçut dans rélernelle alliance , doit subsister.
112. Ce trône apparlenoil à Lucifer avec sa légion; mais lorsque Lucifer tomba il fut jeté dans le premier principe. Alors le trône dans le second principe resta vide. C'est dans la gloire de ce trône là que Dieu créa l'hoinrae , qui devoit s'y maintenir ; et l'épreuve fut faite pour savoir si cela seroit possible. C'est pourquoi Dieu créa le troisième principe dans le lieu de ce monde , afin que toutefois l'homme en tombant ne devînt pas un démon , et qu'il pûl encore être guéri : c'est de là que vient l'inimitié du démon contre le Christ , de ce qu'il siège sur son trône royal , et le lient encore prisonnier avec son principe.
ii3. Ainsi le lieu de ce monde , selon le principe céleste , est notre Christ ; c'est son trône et son propre corps ; de même aussi , tout ce qui est dans ce monde , dans le troisième principe , est sien ; et ]e démon qui demeure dansce lieu , dans le premier principe , est le prisonnier de notre Christ.
1 14. Car , tous les trônes sont en Dieu le père,et hors de lui il n'y a rien ;il est l'alliance de l'éternité } mais son amour, dans le corps du Christ ou dans son trône , retient prisonnière la colère , dans l'alliance de l'éterntié , ainsi que les démons. Or , comprenez comment tout est ainsi créalurel , tant ton amour que sa colère ; il n'y a qu'une génération qui les sépare ( comme il est dit ci-dessus ). J^lors on ne peut pas dire que les démons demeurent
^»- ^^- ( 35i )
loin du Christ ; non, ils en sont près. Toutefois, dans toule l'éternité ils ne l'atteindront pas : car ils ne peuvent pas voir la claire divinité dans la lumière • mais lis sont aveugles. Et aussi nous ne les verrons' ni ne les sentirons dans toute l'éternité, comme à présent nous ne les voyons pas, puisqu'ils sont dans lin autre principe ; et c'est dans cet état que ce même prmcipe subsiste.
ii5. Ainsi, ma chère ame, sache que la créature du Chnst est le centre de ce trône , d'où toute vie procède (entends, ce qui est céleste ); car dans le centre est la trinité sainte , et non-seulement dans ce centre, mais dans tous les trônes angéliques aussi bien que dans les saintes âmes des hommes' Seulement nous devons parler ainsi pour être entendus.
ii6. Ainsi le corp, (entends la créature , l'homme Chnst )est assisdans le milieu de ce trône,et est ainsi danslecjel (entends dans son principe), siégeant avec ses trônes à la droiie de Dieu le père.
117. La droite de Dieu est où l'amour éteint la colère , et engendre le paradis. Cela est vraiment la droite , où le père colérique est appelé Dieu dans Tamour et la lumière de son cœur , qui est son fils ; et ce trône corporel, ou le corps entier du Christ est tout entier à la droite de Dieu. Mais quand on dit : à la droite de Dieu , il faut entendre la plus intérieure racine delà puissance aiguë du père, dans laquelle est la touie puissance, où le père sort de lui-même, dans la volonté reconçue dans la douceur, et ouvre les portes dans le brisement des lé-
:U
( 35 a ) CH. aS.
nèbres en soî-même. C'est dans cette racine qne siège le Christ ; il est assis uiusi à la droite de la force et de la puissance, et nous ne pouvons, avec notre langue , en parler plus sublimement , quoique nous l'entendions bien en esprit : c'est pourquoi aussi tu n'as pas besoin de le sonder; toutefois atteins seulement le corps du Christ , alors tu as Dieu et le royaume du ciel. Mais nous devons écrire ainsi , à cause des erreurs du monde , et à cause de
ses cupidités.
Ii8. Mais quand tu dis: Le Christ est-il assis, ou bien est-il debout, ou bien est-il couché? Tu fais comme une bête de somme qui demanderoit comment le tailleur a fait le sac qu'il lui faut porter sur son dos? Toutefois il faut donner du fourrage à l'animal de service, pour qu'il porte le sac plus long - tems. Vois , Jésus-Christ est assis en soimême; il se tient debout en soi-même; il n'a besoin ni de siège, ni de marche-pied : sa puissance est son trône ; il n'y a point de haut , ni de bas ; et de même que tu vois, dans la vision d'Ezechiel , qu'elle étoit pleine d'yeux en arrière et en avant , en haut et en bas; de même aussi le corps du Christ. La trinité sainte brille dans tout le corps , et n'a besoin ni de soleil, ni de jour. (Apoc. 21 : 28.)
(353 J
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CHAPITRE VINGTSIXIEME.
De la pentecote; de lenvoi de l'esprit saint; des apôtres et des croyans.
La sainte porte de la puissance divine,
l. *-'A raison se dit : Si le Christ s'est ainsi élevé avec le corps qu'il a offert sur la croix , quand a-t-il donc été gloriHé avec son corps ? ou bien comment est son corps ? est-il encore tel que ses disciples le virent monter au ciel ? Ma chère raison , mes y eux terrestres ne voient pas cela \ mais bien les yeux spirituels en Christ. L'écriture dit : // est glorifié ou, proclamé souverain sur toutes choses. Mais nous voulons l'ouvrir la porte des grandes merveilles afin que tu voies comme nous.
2. Vois, lorsque Dieu le père eut conduit lé peuple d'Israël dans le désert, sur là montagne de Sinaï, et voulut leur donner des lois dans lesquelles ils pussent vivre, il ordonna à Moïse de monter vers le seigneur sur la montagne ; le reste des anciens eut ordre de se tenir éloigné -, le peuple resta au bas de la montagne, et Moïse monta seul vers le seigneur sur la montagne. Là parut la gloire du seigneur , et au septième jour il appela Moïse : il'
n. a3
( 354 ) c^- ^^•
s'entretînt avec lui sur les diverses lois j et la faco de Moïse fut éclairée par le seigneur , pour qu'il pût rester en sa présence et s'entretenir avec lui. C'est de même aussi que l'homme Christ , lorsqu'il fut monté sur son trône , fut glorifié au neuvième jour, dans le ternaire saint , par la trinité sainte.
3, Entends bien ceci. Ce ne fut pas seulement son ame dans la créature qui lut glorifiée , mais son corps entier, ou le prince-trône. Alors sortit l'esprit saint dans le centre de la trinilé sainte. Aussi lu vois clairement que ceux qui s'étoient revêtus de Tesprît du Christ , furent hautement éclairés : car l'esprit saint passa du centre de la trinité dans tout !• saint élément de Dieu , et bouillonna dans la miséricorde de Dieu ; et de même qu'il triompha dans le corps de Jésus - Çlu ist , de même aussi dan* ses disciples et les crojrans. Alors s'ouvrirent toute* les portes des grandes merveilles , et les apôtre* parlèrent les langues de tous les peuples.
4. Et l'on voit évidemment que l'esprit de Dieu a ouvert tous les centres de toutes les essences, el que sa parole provint de toutes les essences ; car le Christ étoit le seigneur et le cœur de toutes les essences. C'est pourquoi l'esprit saint sortit de toutes les essences , et remplit les essences de tous ceux des hommes qui tournèrent vers lui leuroreille avec désir. Il stimula ces essences dans eux tous ; chacun entendit ( dans son essence et dans son langage) l'esprit de Dieu parler aux disciples i el l'esprit saint fut engendré dans le corps de ceux qui Venlendirent 5 ils n'eurent qu'à tourner vers lui
leur sincère dësîr , et ils furent tous remplis - car Tespril perça au travers du cœur , comme il avoit percé du centre de la trinité dans fout le corps et dans le prince-trône de Jésus-Chrisl ^ et tout l'extérieur fut rempli de clarté.
5. Ainsi toutes les saintes âmes furent aussi remplies , de façon que tout leur corps, dans toutes les essences , fur réactionné , et mis en mouvement par la précieuse vertu agissant dans les merveilles dans la puissance el dans les œuvres qui s'opérèrenî alors : et ici nous pouvons apercevoir : 10. la ^ertu du père dans le feu, dans sa force toute puissante sur la montagne de Siuaï ; et ensuite .0. la douce , aimable .ertu du fils de Dieu (dans la lumière de 1 amour ) dans l'amour et la miséricorde : car nous voyons comment nous n'aurions pas pu vivre dn tout dans le père, dans la source du feu • c'est pourquoi Moïse brisa les tables de la loi et le peuple s'éloigna de Dieu. '
6. Mais lorsque la douceur fut dans le père alors l'amour emprisonna la colère^ une joveusé source paradisiaque sortit de la source du père dans le fils; et ce fut là l'esprit saint dans les merveilles Là , la chère vierge du ciel , de la sagesse de Dieu * ou SOPHIE , fut dans son plus noble ornement avec si couronne de perles. Alors Marie fut dans le ternaire saint; ce dont l'esprit avoit parlé merveilleusement dans les anciens ; et alors Adam fut de nouveau introduit dans le paradis.
7. Mais voulant ici traiter de la glorification du Lhnsl , et de son corps qu'il a élevé visiblement en
il
'1
( 356 ) CH. 26.
haut, et dans la même forme que quand il raarchoit sur la; terre , dès lors nous devons parler ;de celle forme. De même que l'amour du cœur de Dieu a réconcilié la colère du père , et la tient comme prisonnière en soi ; de même aussi le ternaire saint à renfermé en soi le corps extérieur , compact et saisissable du Christ , ou le royaume de ce monde , comme s'il étoit entièrement englouti , et cependant il n'étoit pas englouti ; mais la source de ce monde fut brisée dans la mort, et le ternaire saint a enveloppé le corps du Christ , non pas comme un vêlement/mais virtuellement dans les essences , et ce corps extérieur fut comme englouti , seulement par rapport à notre vue : cependant ce corps existe réelle« ment 5 il reviendra au dernier jour ; le Christ se montrera dans sa même forme qu'il a eue ici afin que tous les hommes puissent le voir , les méchans comme les bons , et c'est dans celte même forme qu'il exercera le jugement de la séparation. Car, dans sa divine forme glorifiée , nous ne pourrions pas le regarder avant notre glorification, particulièrement l'impie. Mais alors toutes les races I© verront elle leconnoîtront ; et les incrédules hurleront et se lamenteront à ce sujet, de ce qu'ils ont ainsi passé de leur chair et de leur sang dans une autre source; tandis qu'ils auroient pu se revêtir de Dieu dans leurs propres essences. Ils se sont en efiFet revêtus du royaume âpre de la colère de Dieu , par l'insligaliou des démons; ils les ont laissé entrer dans les essences de leur ame , et se sont perdus.
CH. 2^. ( 357 )
8. Nous disons donc que , dans l'ame du Christ ,• dans ses essences , est comprise la claire divinilé, ou la lumière de Dieu , qui a réconcilié la colère dans la source de l'ame. Ainsi la lumière éclaire l'ame, et la teinture est continuellement engendrée de l'ame , par la puissance procédante. Le fiàt dans les essences la rend saisissable et palpable , et le ternaire saint ou la terre sainte est la chair sainte : car Dieu éclaire tout en tous dans ce corps.
9. En effet , son corps terrestre est absorbé en Dieu , quoiqu'il n'ait jamais eu un corps entièrement terrestre comme le nôtre : car il u'éloit point de la semence de l'homme ; mais nous ne parlons que de la[ «ai«ma6i7i/é] , et de la visibilité pour nos yeux, selon laquelle il est noire frère ; et il se représentera au dernier jugement dans notre forme charnelle , et dans la vertu divine , comme un souverain sur toutes choses: car toutes les puissances lui sont soumises , au ciel et dans ce monde , et il est un juge sur toutes choses , un prince de la vie, et le dominateur de la mort.
10. C'est pourquoi le royaume céleste de son propre corps et de tout son prince-trône , ou de son principe , est un paradis dans lequel le très béni fruit s'élève dans la puissance de Dieu : car l'esprit saint est la vertu de cette classe de végétation , comme l'air l'est dans ce monde. Ainsi l'esprit saint est Vair et Pesprit de l'ame dans le Christ et tous ses enfans ; car il n'y a aucun autre air dans le ciel , dans le corps du Christ , et Dieu le père est tout eu tous. Ainsi, là nous vivons et sommes tous daui \^
'1
( 358 ) «H. iÇ.
père en Christ , et aucune ame ne s*j occupe à souder Pabîme 5 mais nous vivons tous dans la simplicité , dans une grande humilité et un grand amour les uns pour les autres 5 et nous nous réjouissons comme des enfans devant leurs parens : aussi c'est pour celle fin que Dieu nous a créés.
II. Ainsi 5 ma chère ame , cherche et approche* loi du Christ , alors tu atteindras Tfesprit saint qui engendrera de nouveau ton ame , et qui t'éclàirera , le dirigera , te conduira et tô mahifestèra le Christ. Laisse là les opinions et inventions des hommes ; car le rojraume de Dieu est près de loi ( oui , il est entièrement en toi , comme Christ dit lui-même , lue. 17 ) 5 et tout ce qui teretîent loin de Dieu , c'est ta propre incrédulité , les mauvaises œuVres j savoir : la cupidilé, l'orgueil, la jalousie , la colère et la fausseté. En effet , lorsque tu te revêts de ces choses , alors tu es hors de Dieu , dans l'habit du diable.
IX. Mais si tu t'en dépouilles ^ et que^par le désir de ton cœur , tu entres dans la miséricorde du Christ 9 alors tu vas dans le ciel , dans Dieu le père ; lu marches dans le corps du Christ ). dans le pur élément. L'esprit saint source de ton ame ; il te conduit dans toutes les vérités ; et le.vieil homme est seulement suspendu à toi. Tu le briseras à ta mort ; et , par ton amour en Christ , tu appaiseras la colère du père , dans ton ame ; tu la soumettras et la prendras prisonnière-, tu fleuriras avec ton nouvel homme au travers de la mort , et c'est avec lui que tu paroi tras au dernier jour»
cil. 26.
(359)
La porte de Bahel, ou bien dé torigine cte la mulii^ tude des sectes et des disputes sur la religion.
i3. Quant à cette quantité de sectes et de disputes qui existent sur la religion, lorsque l'on considère d'où elles proviennent et d'où elles dérivent ^ on le voit évidemment, et cela se trouve dans le fait, en réalité : car il y a de grandes guerres et de grandes révoltes excitées au sujet de la croyance ; et il s'élève à celle occasion de grandes envies et de grandes haines 5 chacun poursuit l'autre , à cause de ses opinions : toutefois parce que quelqu'un n'est pas de l'opinion d'un autre, il ne faut pas dire , pour cela, qu'il appartienne au démon; mais ce qu'ilyadfe plus misérable , c'est que cela provient des docteurs des écoles de ce monde.
14. Je te montrerai leur venin à toi, homme simple ; car , vois , chacun parmi les laïcs a les jeux sur eux et pense qu'une chose doit être juste puisque leur prêtre l'a dite ; il est le ministre de Dieu , il tient la place de Dieu , et le saint-esprit parle par lui. Mais Saint-Paul dit: Eprouvez tes esprits; car il ne faut croire à la doctrin* de personne ; et Je Christ dit : Fous les reconnottrez à leurs œuvres. En effet , un bon arbre pôrle de bons fruils , et un mauvais arbre porte de mauvais fruits 5 et il nous enseigne sincèrement de ne pas résister à la prophétie qui est de Dieu , mais d'éprouver le docteur par ses fruits.
i5. Nous ne parlons pas des oeuvres parfaitefi du
il
( 36o ) cH. 26*
corps qui est prisonnier dans l'esprit de ce monde ,^ mais de la doctrine , afin que nous éprouvions si elle est née de Dieu. Car si l'esprit enseigne le blasphème et la persécution , il n'est pas de Dieu , mais de la cupidité et de l'orgueil du diable. En çffet le Christ nous enseigne à marcher dans la douceur et dans l'amour fraternel , par lequel nous pouvons soumettre nos ennemis , briser la puis* sance du démon , et lui enlever son rp^rawme.
16. Mais quand on se livre aux combats, aux incendies, aux dévastations des pays et des peuples, le Christ n'est pas la -, c'est la colère du père , et le démon est l'intigateur. Car ce n'est pas ainsi que se montre le royaume du Christ. Il s'annonce par une *'cr/M puisâante,comme nous l'apprend l'exemple des apptres du Christ qni u'enseignoient point la vengeance; mais qui se laissoient persécuter: ils prioient Pieu 5 et Diçu les environnoit de signes et de grands prodiges , en sorte que les peuples venoienl à eux en foule. Ainsi l'église du Christ s'accrut puissamment jusqu'à couvrir presque la terrç. Maintenant , qui en a donc été le dévastateur ? Vois , ouvre bien tes yeux, le jour s'avance, et il faut que cela soit découvert 5 car Dieu le veut ^iusi à cause du lys. C'est l'orgueil des savans.
17. Lorsque l'esprit saint parloit par des puissances et des prodiges dans Içs saints^ et qu'il convertissoit miraculeusement, les hommes afiluoi^nt vers eux > leuip rendoient de grands honneurs ; ils s'agenouilloient et se prosternoienl devant eux, ççmœe s'ils eussent él^ des Dieux. Cela étpit bça
«H. 26. ( 36i )
envers les saints: car l'honneur s'en rehdoit à Dieu 3 par-là croissoient l'humilité et l'amour, et tout étoit une amicale prévenance, comme cela convient et doit être parmi les enfans de Dieu.
18. Mais quand les saints eurent rassemblé leur doctrine dans des écrits par lesquels on pouvoit , en leur absence, comprendre ce qu'ils avoient enseigné , le monde s'y précipita ; chacun voulut être un pareil docteur, et pensa alors que tout l'art étoit dans la lettre ; là accoururent les vieux et les jeunes qui , pour la plupart , étoient tous dans le vieil homme , et n'avoient aucune connoissance de Dieu; ainsi ils enseignèrent selon l'obscurité de la parole écrite,et ils l'expliquoient selon leur opinion. 19. Or, comme ils voyoient que l'on rendoit de grands honneurs aux instructeurs , ils se livrèrent à la cupidité de la pompe et de l'argent, ainsi qu'à l'orgueil. Car les simples leur apportoient des présens et pensoient que l'esprit saint étoit dans les docteurs ; pendant que c'est le démon de l'orgueil qui étoit en eux. Il arriva de là que chacun prit le nom de son maître. L'un voulut être à Paul , l'autre à Appollon , le troisième à Pierre, et ainsi de suite. Comme les saints n'employoient point de pareilles expressions dans leur doctrine et dans leurs écrits , et que tout n'étoit que dans un même esprit, alor» l'homme naturel qui ne sait rien de Dieu sans l'esj*rit de Dieu , enfanta toutes sortes de disputes et fonda des sectes ; ils se mirent à enseigner toute espèce de gens , non pas entièrement par rapport à Dieu y mais pour les honneurs temporels pour la
( 362 ) en. 26,
richesse cl le plaisir , afin de se rendre la vie joyeuse. Car ce n'étoit pas une œuvre difficile que de se lier ainsi à la lettre nue: par-là, il en est résulté entre eux des combats et des divisions, en sorte qu'ils se sont ardemment détestés les uns les autres , et cela n'étoit point engendré de Dieu * mais leurs parens les appliquoient à Técriture , afin qu'ils devinssent docteurs , dans Pespoir de recevoir en eux de grands honneurs , et pour qu'ils les vissent vivre somptueusement.
20. Ainsi il arriva que chacun voulut s'attirer la plus grande foule, afin d'être regardé du monde; il y eut tant de ces chrétiens de bouche , qu'on laissa là les désirs du cœur qui portent à Dieu , et qu'on ne s'attacha qu'à la parole du prêtre qui n'élevoit que des combats et des disputes 5 chacun se glorifioit de son talent , qu'il avoit appris dans l'école ; l'un crioit : Ici est le Christ , venez ici , comme Paul l'a écrit. L'autre disoit : Venez ici , ici est le Christ , comme Pierre a écrit ; il étoit vraiment disciple du Christ , et il avoit la clef du royaume des cieux;elle m'appartient certainement, chacun vous trompe ; c'est moi qu'il faut suivie.
21. Ainsi le pauvre peuple sans intelligence , fut captivé par les paroles de l'hypocrisie et les ruses de la cupidité qui ne sont que le masque de la chose religieuse , et il perdit ainsi son cher Immanuel , lé Chrisà^en nous. Celui d'où l'esprit saint procède , qui dirige et conduit les hommes dans toutes les vérités > et qui s'est engendré, au commencement, dans la puissance et les merveilles ^ cet être là , dis-je , u»
«»»• 26. (363)
devoit plus désormais paroître que comme une histoire, et il n'y eut plus que des chrétiens historiques. Tant que les apôtres ont vécu,et leurs vrais disciples, ils surveillèrent, et réprouvèrent en effet ces choses; lis enseignèrent la vraie voie, mais lorsqu'ils ne furent plus, alors les prêtres historiens élevèrent des erreurs , comme cela est aisé à voir chez les £phésiensk
22. Ainsi le royaume du Christ iie croîssoît plus uniquement dans la puissance , mais la plus grande partie étoit réduite à l'historique. Les saints engendrés en Christ confirmoient souvent le rt)jau.' me du Christ par de grandes merveilles , et ensuite les prêtres historiens de Baal bâtissoieni toujours là-dessus , tantôt quelque chose de bon pour les bonnes mœurs et les vertus , tantôt seulement des ronces et des épines , pour la guerre et les combats , tantôt pour de grands honneurs , des dignités et la domination que l'on accorderait à l'église du Christ et à ses ministres, ainsi qu'on peut voir aisé^ ment dans VhUtoire des papes , de quelle source toutes ces choses provenoient. Cela a été poussé s\ loin , que particulièrement on y a mêlé les cérémonies juives , comme renfermant la justification des pauvres pécheurs , puisque c'est une loi divine j c'est à ce sujet que les apôtres ont tenu le premier concile à Jérusalem où toutefois l'esprit saiutcon. dut que l'on ne devoit s'attacher qu'au Christ dans un vrai amour , les uns pour les autres 5 que c'étoit là la seule justification devant Dieu. «3. Mais cela ne servit de rien , l'ot^ueil vouloit
( 364 ) C"» ^^•
bâtir ses écoles , et s'établir au-dessus de JésusChrist. Le démon vouloit être Dieu , et faisoit des gloses pour favoriser ses desseins , ce que le simple ne remarquoit pas. Alors la clef de Saint-Pierre devoit être le grand gouverneur , et avec cette clef ils s'approprièrent l'autorité divine 5 ils ne montrèrent plus la puissance divine dans les merveilles et dans les œuvres : car ils vouloient être riches et bien nourris sur la terre , et non pas pauvres avec le Christ qui, dans ce monde ( comme il l'annonce lui-même), n'avoit pas où reposer sa tête. Ils ne vouloient pas être de ces chrétiens eu vertus et en prodiges. C*est ainsi qu'Adam ne voulut pas vivre dans la puissance , mais dans les masses palpables qu'il avoit rassemblées , ou ( dans la turba magna , la grande tourbe ) , [ o« te colère de JDieu déployée ] ; et on voit ici notre grande misère dans laquelle Adam nous a conduits, et qui consiste à ce que nos essences s'accrochent toujours à l'esprit de ce monde , et ne voudroient se remplir que de ces grands amas coagulés,d'oii est venu à Adam , et à nous tous , ce corps grossier et lourd , plein de maladies et d'antipathies continuelles.
24. Alors le christianisme historique a poussé à coté des vrais chrétiens j ainsi le sceptre resta toujours parmi les docteurs qui s'élevèrent , et se rendirent puissans. Le simple se soumit à toutes leurs ordonnances. Mais néanmoins il se trouvoit un désir dans les hommes pour le royaume de Dieu, ou pour la noble parole de Dieu qui s'étoit représentée dans la promesse, dans la lumière de la vie > et
qui s'étoit mue par le Christ. Cette parole les pressoit , en effet, et les porloit à la crainte de Dieu. Alors on bâtit de grandes maisons de pierres et chacun y fil son appel et dit que l'esprit saint étoit tout puissant là , et qu'on devoit aller en ce lieu. Ils dirent bien encore aussi , tandis qu'ils étoient reconnus médians et faux, que le saint-esprit étoit puissant dans la bouche de l'impie.
25. Mais toi, hypocrite , tu mens 5 si tu es impie , tu ne peux ressusciter aucuns morts , tu ne peux convertir aucun de ceux qui , par l'esprit de ce monde', sont plongés dans les péchés. Tu peux bien par ta voix remuer le cœur du croyant que l'espjit travaille , mais tu n'en engendres aucun de la mort, c'est une chose impossible. Car si tu veux convertir le pauvre pécheur qui est plongé dans le péché et lié dans la colère , il faut que l'esprit saint soït dans ta bouche, que tes essences soient saisies par celles du pécheur ; alors ta lumière brillera en lui , et tu l'éveilleras de la mort du péché -, tu le saisiras par ton amour dans ta teinture ; ainsi il viendra à toi avec un soupir cordial , et le désir du royaume du ciel : car dès lors tu es sou confesseur; tu as là clef de Saint-Pierre, et si tu es hors de ceci , tu n'as aucune clef
26. Telle qu'est la confession , telle est aussi l'absolution. Si le patient n'est que dans l'historique, lé médecin y est aussi 5 et dans l'un et l'auire ce ne sont que les discours de l'hypocrisie. Mais si le patient est virtuel, alors sa voix souffle aussi de cette puissance 3 non pas de la puissance du
1/
( 366 ) en. 16.
mëdecîu, mais dans la veriu de Dieu, /ai qui^par son pouvoir , produit la bénédiction dans un buisson d'épines , pour qu'il végète 3 lui qui est la veràu dans toutes choses , et qui l'est aussi dans une voix y laquelle n'a, par elle-même , aucune puissance.
27. Ainsi la mode a pris que chacun se lie à des temples de pierres , tandis que le temple de Dieu en Christ est resté grandement vide. Mais quand 00 a vu tous les maux qu'avoient produits les disputes , alors on a établi des coqciles , et on a fait des lois que chacun devoit garder sans peine de sa vie. Ainsi le temple du Christ a été converti en un temple de pierres , et les témoignages de l'esprit saint en une Igi mondaine. Alors l'esprit saint n'a plus parlé librement, mais il ne pouvoit parler que selon les lois des conciles; s'il condamnoit leurs erreurs, ils le per« sécutoient. Ainsi le temple du Christ devini toutà-fait obscur dans |a connaissance de l'homme. Si quelqu'un venait à être engendré de Dieu et qu'il enseignât dans l'esprit sai/it, comme cela u'étoil point conforme à leurs lois , il devait être un hérétique.
28. Ainsi s'accrut Içur puissance -, chacun les ré*» véra ; ils fortifièrent d'autant plus leurs lois dans la puissance de Saint-Pierre ; et ils s'élevèrent si haut qu'ils n'eurent point de honte, devant Dieu, do s'établir comme maîtres au-dessus des apôtres , et prétendirent que la parole de Dieu ou la doctrine des saints devoit recevoir sa valeur de leurs décisions ; que dès qu'ils instiluoient une chose , cela vei^oit ua
^^ 2^- < 367 )
Pieu ; qu'ils étoieat les admiuistrateurs de Dien dans fa parole ; et qu'on devoit croire à leurs lois • car elles étoielit la voie de la justification du pauvre pécheur devant Dieu.
^9. Que devint donc la nouvelle naissance en Christ, par l'esprit saint ? N'es-tu pas Babel? une
demeure de tous les démons dans l'orgueil ?
Contemple seulement dans la révélation de Jésûsl Christ , comment l'esprit saint la représente. [ Je supprime des déclamations inutiles. ]
3o. Il est vrai que tu dois retirer fa subsistance de ton ministère, et qu'on doit te soigner si tu es disciple du Christ; toutefois ton esprit ne doit pas s'attacher à la cupidité, mais au Christ. Tu ne dois pas uniquement te reposer sur ta profession , mais te donner à Dieu , afin que Dieu parle par toi. Alors tu es dans le temple de Dieu , et «on pas dans Je temple de la loi d'invention humaine.
3i. Vois Saint-Pierre à la penlecôte , où il convertit, dans une seule prédication, trois mille personnes. Il ne parloit pas par la loi des pharisiens, mais par l'esprit de Moïse et des prophètes et par le temple de l'esprit saint qui pénéiroit et éclairoit le» pauvres pécheurs. Ainsi tai,qui enseigner les perse, eu lions, réfléchis sur cela. D'où as-tu poussé? Du premier tronc : de ce tronc d'où on est tombé du temple du Christ dans les inventions humaines ; d'où on a mis en avant des docteurs , selon le désir et l'inclination des oreilles des hommes , seulement pour l'apparat , afin que par-là tu devinsses grand dans ton orgueil. Or comme tu n'as ç}iercb|
( 368 ) cti. 26i
que cela , alors Dieu l'a Taissé tomber dans urt sens perverti , en sorte que c'est de toi que viennent ceux qui blaspbêment la vraie doctrine du Christ.
32. Vois, d'où les Turcs sont-ils poussés? De ton sens perverti. Lorsqu'on vit qu'on ne s'occupoit que de l'orgueil , et qu'on nefaisoit que se disputer sur le temple du Christ , et que cela ne reposoit que sur la base et l'invention de l'homme ; alors parut Mahomet jil chercha une institution qui fût agréable à la nature , puisque chacun ne s'occupoit que de cupidités et qu'on étoit tombé du temple du Christ et aussi de la lumière de la nature, dans une confusion d'orgueil, et que c'éloit à qui orneroit le mieux l'école antichrétienne. Alors il se fit aussi des lois, et une doctrine puisée dans sa maison.
33. Ou plutôt croîs-tu que ceci soit arrivé san» sujet? Oui, l'esprit du grand monde a ainsi institué cet homme dans les merveilles , puisque les autres
, ne valoient rien de mieux ; alors il falloit que la lumière de la nature fut dans les merveilles comme un Dieu de ce monde , et que Dieu fût aussi près de l'un que de l'autre. Les témoignages dans le testament du Christ sur lesquels tu t'appuies , et que le Christ nous a laissés pour alliance , sont exposés à des constestations. En outre , tu les contournes selon ton orgueil, et tu les lais plier sous ta loi. Tu ne t'occupes plus de l'alliance en Christ , mais de la cupidité. C'est à cela que lu rapportes tout , et cependant un bois qui ne brûle point n'est pas du feu , quoiqu'il devienne bientôt du feu en l'enflammant j il
CH. 26. ( 369 )
en est de môme d« l'alliance sans la foi. C'est un bois qui ne brûle point, et que l'on voudroit nommer du feu.
34. Mais l'esprit ne met-il pas cela sous tes jeux toi, impudique? Vois comme tu as brisé le mariage et ouvert une porte à la prostitution , en sorte qu'on ne la regarde pas comme un péché. Tu ne te reposois que sur ton autorité , lorsque chacun t'a regardé et a suivi tes traces. Peut-être même ne te trouves-lu pas encore assez puissant ? crois -tu que nous disions ceci en vain? Le jugement est sur toil'épée est engendrée. Elle va dévorer; sors de Babel ' alors tu vivras. Quoique nous voyons un feu dan» Babel , et que Babel brûle 5 cependant , celui qui en sort ne sera pas brûlé.
n.
24
(370)
II
Et:
CHAPITRE VINGT-SEPTIEME.
Du dernier jugement ; de la résurrection des morts 5 et de la vie éternelle.
La très effroyable porte des impies^ et aussi la joyeuse porte des saints,
I. IM o u s savons lo. que le Christ nous a enseigné qu'il doit y avoir un jugement , non-seulement pour la punition des détracteurs de Dieu , et pour la récompense des bons , mais aussi à cause de la créature et de la nature , pour qu'elles soient enfin délivrées de la vanité. Nous savons 20. que l'être de ce monde doit passer avec sa source. Il faut que le soleil , la lune et les étoiles , aussi bien que les quatre élémens périssent dans cette source , et que tout soit de nouveau rétabli ; là alors la vie croîtra au travers de la mort, et la figure de toutes choses restera éternellement devant Dieu, ce qui est la fin pour laquelle elles sont créées. Nous savons 30. que nos nmes sont immortelles , créées de l'éternelle alliance ; mais lorsque ce monde passera , ses substances passeront aussi comme étant venues de lui : toutefois la teinture restera en esprit. 2. C'est pourquoi , ô ! homme , pense à toi ici.
dansce monde, dans lequel lu es dans l'engendre- -en.. Tu „s se.é un pe.i, g,,,, . «. i, ,oufZtl .0. «„ arbre : cependan, considère, n.a.nrenan, dans quel champ „ es, afin que ,u puissesTre'
de D,en dans son amour, et non pas comme un l.o.spourun marche-pied que l'on fouleaux pieds
oucequ.es, pire, que l'on me. au feu: iut res.e que les cendres , e, cela devi.n, une .erre , Z de la poussière, '
3. On l'a di. que le Jo/. de Ion ame brûlera dans le dermer feu ; que ,«n ame demeurera une cend e dans le feu , e. que ,o„ corps paroî.ra une suie no,re. Pourquoi veu.-,u donc res.er dans un dése " ou sur un rocher où il n^ a poin. d'eau ? commenl donc ton arbre croilra-.-il? '"ment
4. Ah! quelle grande misère que nous ne sachons pas dans quel champ „„us croissons .et quelles essences nous al.ironssur nous ? Cependant uotre fruu sera examin,^ e. goû.é , e. celui L sera d une bonne quali.é . sera mis sur la table de Dieu • les autres seront je.és au. pourceaux du démon! C es. pourquoi me.s-.oi en n.ouvemen, , e. veille à ce que lu croisses dans le champ du Chri-t et a ce que tu pories des fruits qui puissent ê.re mis sur la table de Dieu ; qui ne puissent jamais se corrompre , mais ç(u.i sourcene .oujours ; et qui , plus on en mange , plus ils paroissen, agréables. Combien tu te réjouiras dans le seigneur !
S. Le dernier jugement est préparé pour cette desimalion , et comme nous savons que ,ou,ei
( 372 ) CH. 27.
choses ont pris un commencement , elles ont aussi leur fin. Car avant l'existence du monde il n*y avoit rien que l'éternelle alliance , qui s'opéroit ellemême , et dans l'alliance l'esprit dans Dieu , qui est le plus haut bien ; qui a été sans cesse dans l'éternité > et n'a jamais reçu de commencement ; mais ce monde a eu un commencement de l'éternelle alliance dans le tems.
6. Car ce monde fait un tems; c'est pourquoi il doit passer , et comme il étoit un rien , ainsi il deviendra de nouveau un rien : en effet l'esprit se mouvoit dans l'Ëther, et dans cet Ëther fut engendré le limhus qui est passager , duquel toutes choses procèdent , et où], cependant , il n'y avoit aucun artiste que l'esprit ou le volcan dans les essences ; il n'y avoit là , non plus, aucune essence; elles furent engendrées dans la volonté de l'esprit dans lequel est l'artiste qui a extrait toutes choses de rien, excepté seulement de la volonté. Ainsi donc puisque cela est extrait et engendré de l'éternelle volonté , cela est éternel , non pas en être , mais en volonté ; et après la brisure des substances, ce monde restera entièrement dans la volonté,comme une figure pour les merveilles de Dieu.
7. Or , nous savons que , où il y a une volonté , elle doit se comprendre ou se comjxicler elle-même ^ comme étant une volonté. Cette compaction fait un attract. Ce qui est al tiré est dans la volonté , et est plus substantiel ou plus opaque que la volonté. Ce sont, les ténèbres de la volonté ; et il s'opère un bouillonnement daus le ténèbres : car la volonté
CH. 27. ( 373 )
v^t être libre , et cependant elle ne peut pas être libre , à moins qu'elle n'entre de nouveau en ellemême en sortant des ténèbres. Ainsi les ténèbres demeurent d^ns la première volonté, et la volonté reconçue demeure en soi dans la lumière.
8. Ainsi nous vous donnons à entendre que ce monde a été créé de la volonté ténébreuse ( lorsque? la v'olonié s'est mue) ; que Texpansion de la volonté en soi-même est Dieu ; et que l'expansion de Dieu est l'esprit , qui s'est aperçu lui-même dans la volonté ténébreuse: or, ce qui fut aperçu , c'étoient les essences j le volcan étoit la roue de la base affective qui se partage en sept formes , comme on l'a vu cidevant , et ces sept formes se divisent de nouveau , chacune en soi-même, en une infinité, selon le coup d'oeil de l'esprit.
9. Dans ces sept formes se trouvent les essences de toutes les essences ; et le tout présente de grandes merveilles. Or, toute notre doctrine ne tend qu'à ce que nous , hommes , nous puissions entrer dans les saintes et lumineuses merveilles. Car à la fin de ce tems tout sera manifesté , et chaque chose restera dans ce dans quoi elle aura poussé ; ainsi lorsque la substance qui contient cette chose et qui l'engendre, vient à passer, alors il ne reste qu'une éternité.
10. Ainsi donc que chacun observe à quoi il êm^ ploie sa raison , afin qu'il soit en grande gloire dans les merveilles de Dieu. Nous savons que ce monde doit périr dans le feu , et non pas dans un feu de bois ou de plante ^ qui ne pourroit pas réduire les
( ^74 ) CB. 27.
pierres en cendres et au néant. II ne se fera uon plus aucun amas de feu pour jefer ce monde dedans ; mais le feu de la nalure s'enflammera dans loutes clibses , et dissoudra le corps de chaque cliose ou ce" qui étoit palpable en elUa^ei le réduira au néant.
II. Car de même que tout a été contenu et créé dans le fiât , selon l'artiste qui étoit un agent , ou un opérant universel dans toutes choses , dans les sept formes de la nature ; qui ne brisa rien lorsqu'il opéra , et ne retrancha rien quand il eut opéré -, inàh qui fit que chaque chose se subdivisa fclleinême , et resta dans le bouillonnement de sou essence 5 de même aussi il n'y aura pas besoin de fracas, de tonnerres , d'éclairs , ni de brisement , comme le monde de Babel l'enseigne , mais chaque chose périra en soi - même ; le bouillonnement des ëlémens cessera comme un homme qui meurt , et tout s'en ira dans son Ether.
i^. Et en ce moment là , avant que ce grand édifice périsse, et passe dans son Eiher, viendra le juge des vivans et des morts. Alors tous les hommes le verront dans sa chair et dans leur chair j tous les morts ressusciteront à sa voix, et se tiendront devant lui ; là le monde angélique sera découvert ; et toutes les générations de la terre, qui ne seront pas aperçues dans \g corps du Christ, hurleront de doii|eur j ensuite on les sép«?rera en deux bandes, et la sentence du Christ sera prononcée sur tous , soit bons 5 soit méchans : alors viendront les lamentations j les trembleraeus et les cris 3 ils se
CH. 27, ( 37s )
maudiront eux-mêmes ; les enûins maudiront leurs parens , et les parens leurs enfans , et ils souhaiteront de n'avoir jamais eu la naissance.
i3. Ainsi un impie maudira l'autre pour l'avoir excité à l'impiété ; l'inférieur , son supérieur qui lui a donné du scandale ; le laïc , son prêtre qui lui a donné de mauvais exemples , et l'a égaré par de fausses doctrines 3 le méchant médisant et blasphémateur , mordra sa langue qui lui a été si meurtrière. Celui qui aura cédé à sa fausse base affective , se frappera la tête contre les rochers ; l'impie se cachera dans les crevasses , à cause de la crainte du seigneur : car ily aura une grande fra^'eur et un grand tremblement dans les essences , à cause de la colère et de la sévérité du seigneur , et l'angoissa brisera le cœur. Là cependant il n'y a pas moyen de mourir y car la colère est mobilisante , et la vie de rimpiebouillonne dans la colère. Alors l'impie maudira le ciel et la tene qui l'a porté , la constellation qui l'a conduit , ainsi que l'heure de sa naissance. Toutes ses souillures seront devant ses yeux: il verra la cause de son effroi , et il se condamnera luimême; dans sa honte il n'osera pas regarder les justes ; toutes ses œuvres se montreront dans sa base affective , et crieront dans les essences : Malheur à celui qui les a produites ! Et elles l'accuseront ; les pleurs de tous les opprimés deviendront brûlans comme la morsure du serpent. Il désirera de l'adoucissement ; mais il n'y a point de consolation : un éternel désespoir s'élève en lui , car Teafer répouvante.
( 376 ) CH 27.
14. Les démons trembleront aussi devant Penflammement de la colère , dont le spectacle sera sous les yeux des impies ; car ils verront le monde angélique devant eux , et le feu infernal en eux , et ils verront comment toute vie brûle, chacune dans sa source ou dans son feu. Le monde angélique brûle dans le triomphe et dans la joie , dans la lumièr» de la glorification. Il paroît comme un clair soleil qu'aucun démon ni impie n'ose contempler par honte; et ils chantent des cantiques , de ce que l'instigateur est prisonnier.
i5. C'est alors que le jugement sera porté; et tous les hommes vivans et morts doivent y assister, chacun dans son corps ; et le chœur angélique des saints hommes qui ont été tués pour le témoignage de Jésus-Christ , est établi pour le jugement. Là seront les saints patriarches de la race d'Israël et les saints prophètes avec leurs instructions ; et tout ce qu'ils ont enseigné sera manifesté ; cela sera sous les yeux des impies , sur quoi ceux-ci rendront compte de tous les meurtres des saints. Car, ceux qui ont été massacrés pour la cause de la vérité , seront mis sous les yeux de leurs meurtriers, qui doivent rendre compte de la vie de ces victimes , et comme ils n'ont rien à dire j ils restent muets. Toutes les calomnies qu'ils ont versées sur le juste, sont là devant eux en substance , et c'est d'après cette substance que l'on leur lira la loi.
16. Où sont maintenant la puissance, tes honneurs, tes grandes richesses, ta pompe et ta beauté? où est ton pouvoir avec lequel tu effrayois les maU
CH. 27. ( 377 )
heureux , et tu courbois la justice selon ton caprice? Vois , tout est en substance , et est devant toi* L'opprimé te lit ta leçon 5 tout ce qui a été prononcé de laux dans ce monde sera rappelé là ; tu resteras un menteur dans ton injustice , et tu dois être jugé par ceux que tu as jugés ici dans la fausseté. Tous les mensonges , et toutes les tromperies paroissent ouvertement en substance. Toutes tes paroles sont devant toi dans la teinture , dans la substance de l'éternité ; elles sont ton miroir ; elles seront tes éternelles épines dévorantes , et voilà le livre de tes consolations. C'est pourquoi pense à ce que tu seras, si tu ne veux pas toi-même te maudire , et prononcer ton jugement.
17. Au contraire , les juges seront alors dans une grande et ineffable joie, et leur joie s'élève dans la source de l'esprit saint. Toutes les afflictions qu'ils ont eues sont, devant eux, en substance, et il paroîtra combien ils ont souffert injustement; leur confiance s'élève dans le corps de Jésus^Christ , qui les a délivrés d'une si grande misère. Tous leurs péchés sont effacés , et paroissent d'un blanc de neige. Là ils rendent grâce à leur époux qui les a rachetés de ces grandes angoisses et de cette misère dans laquelle ils étoient liés , et c'est une vraie joio cordiale de ce que l'instigateur est détruit ; toutes leurs bonnes œuvres, leurs instructions et leurs actions brillent devant eux ; toutes les paroles de leur enseignement et de leurs reproches, par lesf(uelles ils ont montré à l'impie ses mauvaises voies , brillent en figure. 18. Alors le prince et le chef pasteur Jésus-
( 3jB ) CH. 27.'
Christ prononcera la sentence , et dira aux justes: Venez ici , vous, bénis de mon p6re ; entrez dans l'héritage du royaume qui vous a été préparé dès le commencement. J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'at été nu, malade, emprisonné et souffrant, et vous m'avez nourri , abreuvé , velu, consolé ; vous êtes venus à mon secours dans mes souffrances , c'est pourquoi entrez dans l'élernelle joie. Et ils répondront: Seigneur, quand vous avons-nous vu affamé, altéré , nu , emprisonné ou souffrant , et vous avonsnous servi ? Et il dira : Ce que vous avez fait pour le plus petit d'entre mes frères , vous l'avez fait pour moi. £t il dira aux impies : Allez loin de moi, vous, maudits, dans le feu éternel; car j'ai été affamé ^altiéré, nu, emprisonné et souffrant, et vous ne m'avez point rendu de service. Et ils répondront : Seigneur , quand vous avons-nous vu ainsi , et ne vous avons-nous pas servi? Et il dira : Ce que vous avez omit de faire pour les pauvres et pour les plus petits d'entre ceux-ci qui sont mes frères , c'est pour moi aussi que vous avez omis de le faire. Et ils seront obligés de s'éloigner de lui.
19. Et au moment de la séparation , le ciel et la terre, le soleil et la lune, les étoiles et les élémeus passeront , et désormais il n'y aura plus de tems.
ao. Là , dans les saints , Tincorruplible attire en soi le corruptible 3 la mort et cette chair terrestre seront englouties ; nous vivrons tous dans le grand et saint élément du corps de Jc-sus-Christ, en Dieu le père ^ l'esprit saint sera noire consolation. Or 9 avec ce monde et noire corps terrestre s'évanouiront toutes les connoissances et les sciences de ce monde >
CH. 27. * { 379 )
nous vivrons comme des anges , et nous mangerons des fruits paradisiaques : car là il n'y aura plus ni crainte , ni effroi , ni mort. Farce que le principe de l'enfer sera, à cette dernière heure, englouti avec les démons , le principe paradisiaque et le principe infernal ne se verront plus l'un et l'autre, ni ne concevront plus une seule pensée l'un de l'autre pendant toute l'éternité. Les parens ne penseront point à leurs enfans impies dans Peufer , ni les enfans a leurs parens; car tout sera complet, et le partiel cessera.
21. Alors ce monde, dans le paradis, paroîtra en figure comme une ombre j mais la substance de l'impie disparoît de là et demeure dans l'enfer. Car chacun sera suivi par ses œuvres 5 et il y aura par rapport à cette figure de toutes choses, et par rapport aux fruits du paradis, une éternelle joie dont nous jouirons sans interruption.
Ça'à cela nous aide la trinité , Dieu le père , le fils, l*esprit saint, Jmen i
Ce qui manque ici , cJterche-le dans les antres parties de ces écrits ; particulièrement sur Moïse et tous Us prophètes, et sur le règne du Christ.
Véritable instruction sur la confuse Babel; pour la consolation de ceux qui cherchent, et pour servir de témoignage contre les détracteurs.
21. Quoiqu'il se manifeste à présent tant de doctrines et d'opinions diverses 5 cependant le détrac-
( 38o ) CH. 27.
teur qui n'est né que de ce monde , ne doit pas pour cela agir si précipilamnient > et rejeter , tout à la fois , ce qu'il ne comprend pas : car tout n'est pas faux. II y a beaucoup de choses engendrées du ciel, lequel c«V/veut à présent faire un autre siècle , qui se montre avec sa vertu , au plus haut degré , et qui cherche la perle. Il voudroit bien ouvrir la teinture dans sa substance , afin que la pertu de la divinité parût en lui, et qu'il fût délivré de la vanité : c'est ce qui est arrivé dans tous les siècles, comme l'annoncent les histoires ; et cela est bien connu de ceux qui sont éclairés.
23. Car plusieurs cherchent à présent , et ils trouveront alors rl'un, l'or; l'autre, l'argent; un autre, le cuivre; un autre, l'étaiu ; et cependant cela ne doit pas s'entendre des métaux, mais de l'esprit dans la puissance et dansles grandes merveilles de Dieu , dans l'esprit de l'éternelle puissance.
24. Et quoiqu'on cherche ainsi dans les mystères par l'instigation et l'impulsion de l'esprit de Dieu 5 cependant chacun cherche dans sa forme , dans le champ qui lui appartient , et dans lequel il est : et aussi c'est là qu'il trouve ; et ce qu'il trouve il l'apporte à la lumière , afin que cela brille : or , c'est le plan du grand Dieu d'être manifesté dans ses merveilles. Et ainsi tout ne vient pas du démon , comme le monde en Babel le répète dans sa grande folie : car là on jète tout dans un tas, on veut tout livrer au feu , et mettre l'épicuréïsme à la place.
S.5. Vois, je t'ofî're une juste comparaison dans un bon semeur. Un semeur travaille son champ do
CH. 27. ( 38i )
tout son pouvoir , et y sème du bon froment. Or , il y a aussi d'autres grains parmi le blé ; et quand même il seroit pur , cependant la terre fait pousser d'autres plantes , ainsi que des épines et des chardons parmi le froment. Mais que doit faire le semeur ? doit-il donc rejeter ou brûler totalement la semence du cru , à cause des épines et des mauvaises herbes ? Non ; mais il la bat , et crible ce qu'il y a de mauvais ; il emploie la bonne semence pour sa nourriture ; il donne la mauvaise à ses bestiaux ; avec le chaume, il fume son champ : et ainsi tout lui devient utile.
26. C'est ainsi qu'on dira au détracteur qu'il est une mauvaise plante , et on le jètera aux bestiaux . or, si maintenant il se trouve une autre semence parmi le froment ( tandis qu'il le crible et le vanne), et qu'il ne puisse pas la mettre de côté, doit-il pour cela ne pas employer le froment pour sa nourriture? chaque espèce de grain n'a-t-il pas néanmoins sa fertu ? L'une fortifie le cœur , l'autre l'estomac , la troisième les membres : car une essence seule ne fait aucune teinture; mais toutes les essences ensemble font les sens et l'intelligence.
27. Va dans une prairie , et considère les fleurs et les plantes qui croissent de la terre; là chaque plante est plus belle et plus odoriférante que l'autre et souvent, cependant, la plus méprisable a la plus grande vertu. Maintenant le médecin vient et cherche ; mais il tourne , en général , son affection vers les plus grandes et les plus belles plantes. Comme elles poussent excessivement dans leur végétation
( 382 ) CH. 2j.
et qu'elles sont fortes en odeur , il imagine qu'elles sont les meilleures, tandis que cependant une herbe petite et de peu d'apparence, lui seroil peut- être plus utile dans sa médeciue , pour le malade dont il prend soin.
28. Voici ce que tu dois comprendre par-là. Le ciel est un semeur ; Dieu lui donne la semence ; et les élémens sont le champ dans lequel la semence est semée. Or , le ciel a les constellations , et reçoit ainsi la semence de Dieu , qui s^me tout à la fois l'un avec l'autre. Alors les essences des étoiles reçoivent la semence dans le champ; elles inqualifient avec elle , et s'élèvent en plante , par ce moyen , jusqu'à ce que, dans la plante ) il y ait aussi une semence.
29. Or , maintenant , il y a plusieurs espèces de végétaux selon les essences des étoiles , et cependant la semence de Dieu qui , au commencement , a été semée , est dans le champ, et croît ainsi l'une avec l'autre \ Dieu doit-il donc rejeter toute la récolte, sur cequ'elle n'est pas d'une m^m« essence? cela n'est-il pas dans ses merveilles ? cela n'est-il pas la joie de sa vie , et cela ne vivifie-t-il pas sa teinture? Ainsi par comparaison.
30. C'est pourquoi , ame chérie , réfléchis à ce que tu fais ; ne juge pas si promptcment , et ne te laisse pas abrutir par cette multitude d'opinions : car la mauvaise plante n'appartient point à la noble semence. L'esprit de Dieu se montre à chacun de ceur qui le cherchent ; mais à chacun , selon le mode de ses essences. Or ^ comme la semence do
«^H- ^7- ( 383 )
Dieu est semée dans les essences , si le chercheur cherche dans le désir divin, il trouvera la perle selon %t% essences , et ainsi par là les grandes merveilles de Dieu seront manifestées.
3i. Si tu veux maintenant savoir la différence, et ce que c'est qu'une fausse semence ou une mau^ vaise plante , conçois un faux esprit, dans lequel n'est ni la perle , ni Tesprit de Dieu , et tu le reconnoîtras à sa production , à son od^ur et à son goût. Si c'est un avantageux , un ambitieux d'honneurs , un cupide , un méchant, un détracteur des enfans de Dieu , qui jète tout confusément, et veut dominer par là , alors sache que c'est une semence de corruption et un chardon , qui sera criblé et rejeté par le semeur de Dieu. Eloigne-toi de lui • car c'est une roue de confusion qui n'a aucune base,' m aucun suc , ni vertu de Dieu , dans sa floraison ; mais qui croît comme un chardon , qui ne fait que piquer, et ne porte d'ailleurs aucune bonne V semence.
•^ 3i. La bonne odeur de la plante que tu dois, maintenant , chercher dans la multitude des opinions, n'est que la nouvelle renaissance de l'homme corrompu , adamique , mixte , dans le corps de Jésus-Christ, dans la vertu de l'esprit saint, comme une nouvelle ame devant Dieu , dans l'amour et l'humilité, qui ne se repose point sur l'orgueil la cupidité, le vain honneur, ni sur des guerres et des révoltes particulières des inférieurs contre les supérieurs 5 mais qui, comme un grain de froment.
( 384 ) CH- ^7croît en palîence et en douceur parmi les épines, et donne son fruit dans son tems.
33. Ainsi , vois : où il y a une telle végétation , cela est engendré de Dieu , et la noble vertu est en elle. Eloigne-toi des autres qui enseignent la rébellion des inférieurs contre les supérieurs : car ce sont des cbardons , et ils piqueroient. Dieu vannera lui-même son froment.
34. On ne gagnera point les lys dans la guerre ou les combats ; mais dans un esprit amical , doux, gracieux , avec une bonne raison qui rompra et dispersera la fumée du diable , et qui croîtra dans son tems. Ainsi que personne ne dise , quand le combat commence : Celui-là vaincra; maintenant cela ira bien. Et que celui qui a le dessous et est terrassé, ne dise pas ; Ainsi f ai été dans V erreur ^ je dois mû prêter à l'autre çpinion , et aider à persécuter ce parti. Non , ce n'est pas la voie , cela ne vient que de Babel.
35. Que chacun entre en soi-même , et travaille à faire de lui-même un homme juste; qu'il craigne Dieu , et agisse bien 5 qu'il pense que son œuvre paroîtra dans le ciel devant Dieu , et qu'il est à toute heure devant la face de Dieu , et que toutes ses œuvres le suivront. C'est alors que le lys de Dieu croîtra , et que le monde sera dans son siècle. Amen.
r IN.
C385)
A P P E N D I X,
C'EST-A-DIRE,
* ■ ■ #
-fondamentale et vraie description de la triple
vie dlans rhomme.
X. CowMK dans nos écrits précédons, il y a quelques mots dans lesquels nous pourrions cfr^ ininteIKgibles au lecteur, pariiculièrement, lorsqtie nous avons écrit que lors de la résurrection deé morts dans le corps de Jésus-Chrisl , nous gérions éam lie fcrnaii»e saintj comme nous l'avons appelé le ternaire saint, la terre sainte,ce qu'il ne faut cependant pas entendre ceci de la terre,raais du saint corps provefm de la sainte vertu de la trinité de Dieu ; et comme dans nos écrits, le ternaire saint s'entend particulièrement de la porte de Dieu le père , d'où toutes choses sortent comme d'une seule essence /
2. C'est pourquoi nous voulons donner à celui qui lira le second livre de nos écrits, quelque chose de plus fondamental pour qu'il ne s'attache pas ainsi à la lettre nue, et qu'il ne fasse pas de notre ouvrage, une chose historique, mais pour qu'il remarque quel en est le sens et l'esprit ; et ce que rfsprit indique quand il parie de la vie divine , sani IL a5
( 386)
employer les mêmes paroles et les mêmes noms ,' tandis qu'en effet trois ou même quatre noms differens ne signifient souvent que la même propre
vie divine.
3. Car si nous regardons dans la création de Dieu, nous trouvons de très merveilleuses choses qui , cependant au commencement, sont prévenues d'une seule source. Nous y trouvons le bien et le mal , la vie et la mort , la joie et la souffrance , l'amour et la haine, la tristesse et le contentement, et nous trouvons que tout cela s'originise d'une seule
substance.
4. En effet, on voit cela constamment dans toute* les créatures, principalement dans l'homme qui çjl l'image de Dieu , comme Moïse en parle , et comme la lumière de la nature nous en convainc.
5. C'est pourquoi il nous faut hautement considérer la triple vie dans l'homme , laqnellese trouve aussi dans la porte de Dieu le père.
6. Lors donc que nous en considérons l'altération ; comment la base affective est si variable , et la joie changée aussitôt en souffrance , et la souffrance en joie , alors nous devons observer quelle a pu en être la cause. Car nous trouvons que tout consiste dans une seule ame. Mais si une forme s'élève et bouillonne au-dessus des autres, ce dont aussitôt il suit une substance , de façon que la base affectiue rassemble à la fois toutes ses pensées , et les livre aux membres du corps, en sorte que les pieds, les mains, la bouche et tous enfin les saisissent , et fassent une œuvre canformémeut au désir de la base aff«c-.
( 38? ) tîve , alors nous disons que cette même forme ftsi impétueuse ou prédominante ; c'est-à-dire , ingua^ hfiame et opérante au-dessus de toutes les autres formes, quoiqu'à la vérité toutes les autres formes de la nature existent aussi dans l'intérieur, mais cachées et se trouvent subordonnées à cette seule forme. Et cependant l'ame est une chose si prodigieuse, qu'aussitôt , de cette même forme , qui ,out à 1 heure étoil impétueuse, ou prédominante, ou m- ^aUfianu au-dessus de toutes les autres , une autre forme s avance et s'élève , et éteint la première forme allumée , en sorte qu^elIe la fait devenir comme nulle, ^insi qu'on le voit à la joie et à la souffrance.
7. Or, quand nous observons d'où tout cela résulte, nous trouvons principalement trois formes dans 1 ame : 10. Nous ne parlons pas seulement de 1 esprit de ce monde ; car nous trouvons que notre ame a aussi un attrait pour une autre base affective, et s angoisse pour elle , ce que lesj^eux du corps ne voent point, ce que le palais ne goûte point , ce que e tact du corps terrestre ne saisit point, ce que l'ouie terrestre n'entend point, et ce que le nez non plus ne sent point ; mais la noble W afecti.e le peut voir , goûter , sentir , saisir et entendre , si la .;aie forme divine est prédominante en elle , ou in,ua^ fiante au-dessus des deux autres formes. Car alors les deux autres formes sont aussitôt comme mortes , ou subjuguées, et la forme divine s'éJève seuL et est dès lors en Dieu. ^ *
Ô. Et 20. nous voirons aussi alprs , comment l'ame-
( 38ft ) élève bienlôt une autre forme et la rend prédominante 3, eu sorte que la forme divine est précipitée en bas.Cette au ire forme est Tesprit de ce monde pour la cupidité et l'orgueil , pour opprimer Ws malheureux, et s'élever seul, et attijfer tout à soi. Sur cela aussitôt la tifoisième forme, savoir : la fausseté , l'envie , la colère et la haine , jailUt de l'élernelJe alliance ; et ainsi l'image de Dieu est comme dans la mort ou subjuguée. Là alors rame est aussi dans la colère de Dieu , dans la mçwt, dans le gouffre infernal. C'est ce dont Tenfer dans la colère de Dieu se réjouit : car sa gueule est toute grande ouverte, et il est inqmlifiant ou en activité. Mais quand la forme divine reprend le dessus, le royaume d« l'enfer est subjugué, il est comme mort , et le royaume du ciel redevient prédominant et inqualifiant , ou en action.
9. C'est pourquoi Sâint^auldit:Ocio«^f'o«*«'«« rendez Vesclav^e en obéissance ( soit le péché pour la mjort , soit V obéissance à Dieu pour la justice) vous en étesVesclave, Nous avons cette même source ; nous vivons dans son règne ; et ce même règne , par son bouillonnement , nous enlraîue. Comme donc, tout dans cette vie est en semence et en végétation , la moisson suivra aussi un jour , attendu qu'alors un règne sera sépaié de l'autre.
10. Car , dans Vame de l'homme il y a trois principes qui doivent , tous les trois, s'ouvrir dans cette vie; mais, quand le corps e^ détruit, alors Vhomme ne vit que dans un 5 il a perdu la clef; il i^ peut plus eu QUVïir utt autre i et il lui faut rester
éternellement dans cette môme source, qu'il a allumée ici.
11. En efiPet , nous savons qu'Adam , par son passage du paradis dans ce monde , nous a conduils dans la mort , et que l'enfer croît de la mort dans la colère de Dieu. Ainsi notre ame est susceptible d'aller dans le royaume de l'enfer , et elle est dans la colère de Dieu , où la guenle de l'enfer est toujours ouverte devant nous , et toujours prête à nous dévorer. Nous avons un pacle avec la mort , et nous nous livrons à elle dans l'aiguillon de la colère, dans le premier principe.
12. Non-seulement nous savons cela , mais nous savons aussi que Dieu nous a régénérés dans la vie de Jésus-Christ , son fils , pour que nous fussions une nouvelle créature rivante, et que nous vécussions en lui ; or comme il est entré dans la mort , et de nouveaujpar la mort^dans l'éternelle vie;de même aus.si nous devons entrer dans la mort du Christ, et passer de la mort dans la vie de Jésus-Christ , et vivre dans Dieu son père. Alors notre vie, ainsi que notre chair, ne sont plus terrestres , mais saintes dans la vertu de Dieu , et nous vivons vraiment dans le ternaire saint, dans le saint-trinaire de la divinité. Car nous portons la chair sainte du saint -élément (devant Dieu ), que notre cher frère et sauveur ou Itnmanuel a apportée dans noire chair; il nous a conduits en lui et par lui^de la mort, dans Dieu son père , et ainsi la Irinité sainte de la divinité est subslanliellemenl agissante en nous.
i3. Or, de même que l'élernelle parole danî I2
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pèi e ai devenue vrai homme ; que l'ëtei nelle lû* mière brille eu lui, et s'est abaissée dans Thuma* nilé ^ qu'elle s'est revêtue de l'image dans ce même corps que nous portons ici , c'est-à-dire, de cette image que nous avons perdue en Adam , et pro» Venant de l'élément sans tache qui est devant Dieu , dans la miséricorde de Dieu , comme cela est clairement démontré dans notre second livre j dans toutes ses circonstances ; de même aussi nous devons attirer en nous du pur élément y et du corps de Jésus-Christ , cette même image , et vivre dans la substance corporelle dans laquelle il vit intérieurement, dans cette même source , et dans cette même vertu.
14. Je ne dis pas par là que nous devions nous infiltrer dans sa créature ; mais dans sa source : car dans sa source la largeur et la profondeur de SSL vie sont incommensurables. De même que Dieu son père est incommensurable ; de même aussi la vie du Christ : car l'élément pur , dans la source de Dieu le père , dans sa miséricorde , est le corps du Christ. De même que notre corps terrestre est dans les quatre élémens ; de même le nouvel homme est dans un élément pur, dont ce monde, avec les quatre élémens , est engendré ; la source du pur élément est la source du ciel et du paradis , ainsi que de notre corps dans la nouvelle régénération.
i5. Enfin l'élément est dans l'universel principe de Dieu , par-tout et en tout lieu 5 et, en outre, incommensurable et infini ; or, dans cette immensité, est le corps du Christ et ses qualités, et, dans lui , le
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Irinaîre de la divinité, de façon qu'ainsi le père demeure dans le fils , c'est-à-dire , dans le corps de Jésus-Christ , et le fils dans le père , comme un seul Dieu 5 et l'esprit saint procède du père dans le fils 5 et nous est donné pour qu'il nous réengendre en une nouvelle vie en Dieu , dans la vie de JésusChrist ; et l'homme terrestre , dans sa forme et dans sa source , n'est que comme suspendu à nous pendant cette vie , si , par noire base affective^ nous sommes réengendrés en Dieu.
16. Car , de même que Dieu le père comprend dans sa propre essence tous les trois principes , et est lui-même l'essence de toutes les essences, dans laquelle sont comprises la joie et la souffrance, et comme il sort cependant en lui-même de la source de l'angoisse, et qu'il rend en lui-même le royaume de joie incompréhensible à la tristesse, et la source de la colère dans l'angoisse ^^a/<?m^n^ incompréhensible, et qu'il s'engendre à soi-même son cœur dans l'amour, d'où ensuite le nom de Dieu s'originisede même aussi la base affective humaine a en soi tous les trois principes.L'ame est liée en eux comme dans l'alliance de la vie. Elle doit de nouveau entrer en soi-même ; puiser une volonté dans la vie de JésusChrist 5 tendre après elle ; la désirer avec une ferme résolulionjnon pas rester purement dans l'historique ou dans la science , ensorte qu'on puisse en parler et qu'on regarde les paroles et les mots comme reudant une personne chrétienne , tandis que l'ame est dans Babel , dans un pur doute. Non , cela u'es^l pas la régénération i mais il faut qu'elle soit sincère
( 392 ) Za hase affective doit sortir en soî-mêode dans l'humilité devant Dieu, et marcher dans la volonté de Dieu , c'est-à-dire, dans la justice et la vérité, et dans l'amour.
. 17. Et quand même Vame ne pourroit pas y parvenir par sa propre force ( puisqu'elle est emprisonnée par l'esprit de ce monde ) ,elle a cependant la résolution en sa puissance ; Dieu ^si présent à cette résolution ; il la prend dans son amour , et il sème dedans , le grain de l'amour dans sa puissance; et de là le nouvel homme croît dans la vie de JésusPhrist.
18. C'est pourquoi cela dépend d'une ferme résolution , que l'on appelle la vraie pénitence : car l'adoption de la parole de Dieu dans Pôbéissance de l'amour, ne croît pas dans la vie terrestre , mais dans la vie régénérée , dans la vie de Jésus-Christ.
19. C'est pourquoi le royaume du ciel est un don de la grâce pour celui qui le désire ardemment. li ne faut pas qu'on dise en soi : J*ai une volonté de me donner sincèrement à Dieu ; mais j'ai encore besoin de ce monde pour un tems , alors je m'abandonnerai dans l'obéissance de Dieu. On attend ainsi d'un tems à l'autre , et d'un jour à l'autre 5 et en attendant l'homme de la méchanceté croît. Ou même , tu diflères jusqu'à la fin , et tu veux alors qu'il y ail une renaissance céleste , pendant que tu as poussé 5 tout le tems de la vie , dans la colère de Dieu, dans l'abîme infernal : non , c'est une erreur; tu t'abuses toi-même.
20. Le prêtre , dans Babel , n'a ensuite aucune
xîlef poqr t'ouvrîr le royaume d« ciel ; hi doïs toi-même entrer et te régénérer , autrement il n> /a point de remède ni dans le ciel , ni dans ce monde. Ici , dans ce tems , tu es dans le champ et tu es une plante j mais , quand la mort vient et coupe le tronc, tu n'es plus une plante ; mais un fruit qui a poussé. Si alors tu n'es pas un mets pour Dieu, tu n'appartiens pas non pins à la table de Dieu , et Dieu ne demeure pas en toi.
ai. Car , nous savons que Dieu seul est la puissante vertu pour la régénération ; que si tu la désires avec ardeur et une grande constance , elle se sème dans ta base affective et dans ton ame , d'où ensuUe croît le nouvel homme dans la vie de Jésus- Christ, en sorte que le terrestre n'est plus ainsi que suspendu à lui dans ce monde.
22. Ainsi , le nouvel homme est en Dieu dans la vie du Christ; et l'ancien est dans ce monde; ce dont Saint-Paul dit clairement , dans son épitre aux Romains , que ce que nous vivons ainsi dans la nouvelle naissance , nous le vivons eu Dieu , et que dans le viel homme nous sommes en ce monde. Là ensuite aussi la source de l'éternelle alliance se transmue dans l'arae , et l'ame entre en elle-même dans la vie du Christ , dans le saint et pur élément , que, dans mon second livre, j'appelle, en queK ques endroits , le ternaire saint.
23. Non pas selon le sens de la langue latine , mais selon l'intelligence de la nature divine , par le moyen desquelles paroles , la vie de Jésus-Christ, dans Dieu le père , est excellemment prononcée,
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comme 9 en effet , son propre caractère et les esprits dans les syllables le désignent ; et où l'on comprend parfaitement, dans l'intérieur , la génératioa de la divinité.
14. Quoique cela soit caché aux hommes liisto^ riques des écoles de ce monde , cela est néanmoins très compréhensible a l'homme éclairé de Dieu, qui comprend aussi , par conséquent , la source de l'esprit dans la lettre ; ce qu'il faut encore laisser reposer ici pour un tems , et cependant cela se montrera k l'intelligence.
25. Il n'y a rien de plus utile pour l'homme dans le commencement de sa régénération , que la vraie, juste et sincère pénitence, avec une ferme et grande résolution: car il lui faut pénétrer dans le royaume du ciel , dans la vie du Christ 5 là alors son régénérateur est devant lui, dans les profondeurs de sa base affective^ et en lumière vivante; il l'aide avec désir et ardeur , et il se sème ainsi dans l'ame de l'homme , comme un grain de sénevé , comme une racine pour la nouvelle créature : et si l'ardeur est grande dans l'ame de l'homme, l'ardeur est grande aussi dam son régénérateur.
26. Il n'est réellement pas possible d'écrire la nouvelle naissance en Christ; c'est celui qui y arrive, qui l'éprouve lui-même. Il croît une autre plante dans sa base affectiv , si un autre homme avec une autre connoissance; il est enseigné de Dieu, et il voit comment tout le travail dans l'historique, sans l'esprit de Dieu, n'est qu'une œuvre de la confuse Babel , d'où procèdent les disputes et les combats dans.
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le propre orgueil : car on ne s'y occupe que de l'orgueil , de s^$, avantages temporels , et de se répuir dans les attraits de la chair. Ce ne sont pas là les pasteurs du Christ, mais les serviteurs de l'anlechrist. Ils se sont assis sur la chaire du Christ; mais ils l'ont établie dans ce monde.
27. Toutefois le royaume du Christ n'est pas de ce monde ; mais il consisie dans \ai\puismnce , et il n'y a auouue vraie connoissance de Dieu dans aucun homme , à moins qu'il ne soit régénéré en Dieu , hors de son abominable maison de péché , dans laquelle toutefois la colère se change en amour; et où il devient un prêtre de Dieu dans la vie de Jésus.Chrisr,et qui cherche toujours ce qui est dans le ciel , dans les merveilles de Dieu. Or , l'homme nouveau est caché dans le vieux ; il n'est pas de ce monde ; mais , dans le ternaire saint , dans le saint corps de Jésus-Christ , entendez dans la puissance de sou corps.
28. Car, de même aussi son alliance du baptême et delà cène est avec nous. II n'a pas pris sa chair de sa créature, pour la donner à ses disciples ; mais il prit le corps de l'élément pur devant Dieu, dans lequel Dieu demeure, qui est présent dans toutes les créatures, mais qui est aperçu dans un autre principe , et il le donna à boire et à manger à ses disciples , sous le pain et le vin terrestres. Ainsi il baptise aussi l'homme extérieur avec l'eau terrestre élémentaire ; mais il bapiise l'homme intérieur avec l'eau dans le saint et pur élément de son corps et do son esprit , laquelle substance ne paroît que dans
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un autre principe , et est présente en tous lieux ; ïnais cachée au troisième principe , ou à l'esprit de ce monde.
2g. Car, comme nous savons que notre ame atteint dans tout ce monde , et aussi en Dieu dans le royaume du ciel ; de même aussi la vie du pniélément ( dans lequel est la créature Christ et où notre nouvel homme en Christ est dans un autre principe), atteint en tous lieux, et est par-tout remplie de la plénitude de la vie du Christ , mais seulement dans l'élément , et non pas dans les quatre élémens dans l'esprit des étoiles.
3o. C'est pourquoi il ne faut pas , pour nos profonds écrits, beaucoup de fatigues ni de pénibles méditations ; nous écrivons d'un autre principe. Aucun lecteur ne nous entend bien dans le fonds , à moins que sa base affective ne soit née de Dieu. Il ne faut chercher , dans nos écrits , aucune connoissance historique : car de même qu'il est impossible de regarder Dieu avec des yeux terrestres ; de même aussi il n'est pas possible qu'un^enlendemenl non éclairé saisisse le sens et les pensées divines , dans sa borne terrestre j les analogues seuls se comprennent.
3i. Oui , nous portons le trésor céleste dans un vase terrestre, mais il faut qu'il y ail un réceptacle céleste caché dans le terrestre , autrement le céleste ne sera ni saisi , ni reçu. Que personne ne croie que c'est par des recherches et des pensées profondes qu'on trouve le lys de la végétation céleste , si oa ne marche pas par la sincère pénitence dans la ré-
(397 ) génération , de façon qu'il croisse hii-même en nous. Autrement ce n'est qu'une pure histoire , oil la base affective n'expérimente jamais le principe ; elle pense cependant l'avoir saisi ; mais cette base 4ffectivemaniCesbe.de quel esprit elle est l'enfant: caf il est écrit : Ils seront, enseignés de Dieu.
32. Nous savons que chaque vie; est un feu qui consume et doit avoir de quoi consumer ^ sinon il s'éteint. Npus savons aussi qu'il y a une éternelle alliance de vie, dans laquelle est la substance d'où l'éternel feu a toujours de quoi consumer : car l'éternel feu se /ait cette même substance pour sa nourriture.
33. Nous savons encore que l'étemeHe vie est double , en une double source , et que chacune est dans, son propre feu. L'une brûle dans l'amour, dans le royaume,- de joie j l'autre , dans la colère, dans l'âpreté et la douleur, et sa matière est l'orgueil, l'envie , la colère 5 sa source se compare à un esprit de soufre. En effet , relèvement de l'orgueil dans la cupidité , l'envie et la colèi-e , fait tout à la fois un soufre dans lequel le feu brûle , et s'enflamme sans cesse par cette substance: car il y a une grande amertume dans laquelle est la mobilité de la vje , aussi bien que le stimuliînt du feu.
34. Maintenant, nous savons comment chaque feu a une lueur et un éclat , et qu'il sort de soi-même de la source, et éclaire la matière ou la subslauce de la source , de façon que , dans la source, il y a ainsi une connoissance et une compréhension de la subsjauc. De là s'origine une base affective, avec
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la puissance d'agir ainsi , et de concevoir une volonté pour quelque chose , et là , cependant , dans Porigine , il n'y avoit rien. Or , cette volonté sort en soi de la source-, la volonté désire la liberté pour sa demeure,et tient sa vie de la volonté qui est dans la lumière j elle vit en soi-même dans la joie , sans tourment ; et là , cependant , elle est dans l'origine , dans la base du tourment.
35. Ainsi , ame chérie , précieuse et désireuse , sache et remarque que toute vie repose sur l'abîme de la colère : car Dieu se nomme bien un feu dévorant, mais aussi un Dieu d'amour; son nom, Dieu s'originise dans l'amour, là où il sort de la source en soi-même, et se fait en soi-même joie , paradis et royaume du ciel.
36. Nous avons tous la source de la colère et de l'âpreté dans l'origine de notre vie ; autrement , nous ne serions pas vivans : mais nous devons y faire attention , et sortir avec Dieu , en nous , de la source de la colère , et engendrer l'amour en nous. Alors notre vie devient joie et une agréable demeure , et elle est vraiment dans le paradis de Dieu ; mais si notre vie demeure dans Tâpreté ou la cupidité, l'envie , la colère et la méchanceté , et ne passe pas dans une autre volonté , alors elle est dans la source angoisseuse , comme tous les démons dans la vie desquels il n'y a ni bonne pensée , ni bonne volonté , mais une pure inimitié en soi-même.
37. C'est pourquoi il y a deux vies opposées l'une contre l'autre ; savoir : lo. La première vie engendrée dans l'anaour 3 et ensuite a*^. la vie dans l'origine du tourment ; et comme la vie dans l'amour, n'est point portée à l'inimitié, aussi doit-elle se laisser froisser et piquer par les épines ; c'est à elle qu'on donne la croix à porter dans la patience et dans la douceur. Dans la végétation de ce champ , un enfant de Dieu doit être un porteur de croix. C'est pour cette fin que Dieu s'est déterminé un jugement et un jour de séparation , où il moissonnera ce qui aura poussé dans chaque vie ; toutes les formes de l'essence éternelle seront manifestées par là ; et tout doit subsister comme merveille de Dieu. 38. C'est pourquoi , ô ! homme , considère ceci , ne te perds pas toi-même , observe ce que tu produits dans le champ de l'amour , de la douceur et de la justice , et entre avec ta vie en toi-même dans la douceur de Jésus-Christ , dans la régénération en Dieu. Alors tu vivras dans la divine source de l'amour. Lorsqu'ensuite le champ de ta végétation te sera retiré , alors la vie sera un fruit et une plante de Dieu , tu pousseras et tu fleuriras avec un nouveau corps du pur et saint-élément devant Dieu , dans la vie de ton cher soutien et libérateur Jésus-Chfist. Donne-toi à lui entièrement et complètement dans cette vie de combat : alors tu fleuriras avec lui par sa mort et par sa résurrection , en un nouvel homme devant Dieu. Fiat. Amen !
Fin du deuxième et dernier volume.
SOJtfMAIRE
Des chapitres du 2". volume.
Pag«s.
Chapitre 17. JL/£ Veffroyable ^ lamentable , et douloureuse chute d*Adani et d'Eve dans le
paradis. Miroir de Vhomnie l
Chapitre 18. De la promesse de la semence de la femme , et du briseur de serpent '^ de la sortie d'Adam et d'Eve du paradis ; de plus : de la malédiction de Dieu ; comment il maudit la
terre à cause des péchés de Vhom.me 53
Chapitre 19. De Ventrée dé's saintes âmes en Dieu , et de l'entrée des âmes impies dans la perdition. La porte de la brisure du corps au
départ de Pâme 99
Chapitre 20. l®. De la sortie d*Adam et d'Eve du paradis , et de leur entrée dans ce monde, 2o. De la vraie église chrétienne d'Abel sur la terre, 3**. De l'église anti-chrétienne caïnique. 129 Chapitre 21. Du règne caïnique et du règne abélique j etc. De V église caïnique anti-chrét., et aussi de la vraie église chrétienne abélique ; comment ces deux sont Vune dans Vautre , etc. Des arts humains , des états et ordonnances de ce monde ; des charges administratives , de leur origine j comment elles sont u,ne divine et bonne ordonnance ^ aussi bien qu'une ordonnance fausse ^ mauvaise et diabolique , etc 181
l^émt
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j . \ ■
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Chapitre 22. JRe la nouvelle naissance de Vanclen homme ad^miqûe en Christ / la fleur de la sainte végétation 5 la noble porte du vrai christ ianisme, 209
ChapitbE 2.3 .Des très précieux testamens du Christ , savoir. :. du baptême et de sa dernière cène qu'il a faite avec ses disciples^ le jeudi au soir. Ce qu^il nous a laissé comme sa dernière volonté : la plus noble de toutes les portes du christianisme , ,.,•.,, 255
Chapitre 24. De la juste et vraie pénitence ; comment le pauvre pécheur peut retourner à Dieu dans son alliance , et comtnent il peut être relevé de ses péchés. Importe de la justification du pauvre pécheur devant Dieu, Un beau miroir pour toutes les âmes affamées et pénitentes, . . 281
Chapitre 25. Des souffrances^ du supplice , de la mort et de la résurrection de Jésus-Christ y fils de !Pieu , ainsi que de son ascension et de son siège ^à la droite de Dieu son père, La porte de notre misère et aussi la forte porte de la puissance divine dons son amour So'iChapitre 26. De la pentecôte ; de l^envoi de l'esprit saint ^ des apôtres- ^t des crojans, La sainte porte de la puissance divine, . • • . . 353
Chapitre 27. Du dernier jugement ; ëie la résur^ rection des morts , et de la vie étemelle. La ^ très effroyable porte des impies'^ et ausû la joyeuse porte des saints, 3/0
Appendix , c'est-à-dire . fondamentale et vraie description de la triple rie dans t homme, .« • 305
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