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Librairie Générale et Internationale G. PARIS — 6', rue de Savoie, 6 — PARIS SCIENCES OCCULTES l AU PAYS DES ESPRITS ■ '' Ou Roman vécu dans les mystères de l’occultisme Préface par le Docteur PA PUS C’est un volume absolument indispensable pbur tous ceux s'inlé essanr aux sciences occultes et à tous ceux voulant s’initier et étudier ses sciences.
L’édition anglaise est depuis longtemps épuisée : elle se paie 5(1 fr. environ si l’on trouve un exemplaire. Il en sera de même de l’fdition française. -■ Un fort volume 5 francs ROMAN SATANIQUE Par Raymond MAYGRIER Très connu des Spirites et des Occultistes, l’auteur dans son nouveau roman e Rédemption, nous initie an culte mystérieux et réel du Satanisme.
Il nous montre, en des scènes émouvantes et très dramatiques, son héroïne, •esclave d'abord ou vice et de Satan, s'acheminant à la Rédemption à la faveur d’un amour chaste et naïf.
Dans Rédemption, M Raymond Maygrier évoque, sous une forme saisissante le pacte infernal, les pratiques de l’Envoùtemeut, l’intervention des déirions succubes 11, enfin la possession démoniaque Ce loman vraiment nouveau et sortant de la banalité courante, estappelé à un très grand succès. 3 fr.
50 DECOUVERTE DE L’AME En soi-meme par la liberté Si l'auteur atteint son but, qui est de se faire reconnaître par son chef, ce livre commence une carriète dont on ne verra pas la fin. Si, par suite d’er reur involontaire, il est rejeté Usera l’mnemi de tout le monde, car il relègue l'Esprit Humain au second plan, et qu'y a-t-il de plus léroce que l’Amourl'ropre blessé?
Fn attendant, il a un mérite, Cîest q e dans la Théologie et la Philosophie les plus hautes, il n’est pas employé un terme ni une exprès smn, qui, prise par elle même, ne soit du plus vulgaire langage. Sa clarh ne vient que du choc d’expressions simples. Un volume in-8. Prix. . . 3 fr. 50 Imprimerie de l'initiation, lô, rue Ségnier, Paris
Page Astrologique (p. 193). PARTIE PHILOSOPHIQUE SOMMAIRE DU N" 9 (JUIN 1912) Revue philosophniue des ^pites Études • l'I.'IU.IÉK MBNSUBIXK.MliXT SOUS BKCT1ON DU Docteur 95 OLUME - 24"c ANN® i ■ Retour vers la matière (p. 191 )................................. La Réincarnation ,[p. 204).......................................... Théorie de T Equilibre (p. 209). . ............................. .
Les Forces centrales et la Vie ( p. 220)........ ............ Le Mysticisme (p, 226).................................................. L’Enigme (p. 243).......................... ’ La Réincarnation et la Transmigration des Ames (P- 251)........................................................................ Papus. Dr Marc Haven. Joseph Yankouski. Alphonse Birget. Sédîr. Karl Nissa.
Partie littéraire : Les sciences psychiques à l'Académie des Sciences. — Myrtho. — Liberté ! Liberté ! Liberté ! — Eglise Gnostique UniA verselle. — Invocation à Thoth Hormès. — Le Spiritisme en Chine. — Notre courrier. — Peut-on prédire l'avenir. — Bibliographie. Tout ce qui concerne la Rédaction et les Echanges doit-être adressé 15, Rue Séguier, Paris (VIe) — Téléphone 816-09 Tout ce qui concerne l'Administration : -ABONNEMENTS.
VENTE AU NUMÉRO, ANNONCES doit être adressé à la Librairie Générale et Internationale G- FICRER PARIS — 4 et 6, rue de Savoie — PARIS ... i 1 O francs pour la France. Le niinjéio . 1 fi. 2 ni, 1 2 francs pour l’Etranger
L’lnitation paraît Octobre 1888. Cette Revue a puissamment contribué à la renais sance, en France, du Spiritualisme scientifique. Mais iInitiation, ainsi que son titre l’indique, n’est pas une Revue consacrée spécialement à la dif fusion des premiers éléments et des expériences de début concernant la Science psychique. L’Initiation est une Revue complémentaire de toutes les revues exotériques.
C’est l’organe des études approfondies de l’Esotérisme dans toutes les Écoles, et elle est établie pour compléter les recherches de tousceux qui s’intéressent, au psychisme, aux sociétés occultes et à la traditionin initiatique. La collection de VInitiation forme le compendium le plus complet des recherches occultes dans toutes les branches possibles.
Fidèle à sa ligne de conduite, VInitiation est orga nisée pour faire paraître une foule d’études inédites de Saint-Yves sur l’Archéomètre, ainsi que des publications de manuscrits inédits de Fabre d’Olivet et d’autres auteurs qu’elle possède dans ses archives. Deux manuscrits d’Eckarthansen attendent aussi leur apparition.
On voit que VInitiation est toujours prête à justiAVIS A NOS ABONNES De nombreuses réclamations s’étant produités au sujet desabonnements, nous rappelons à nos lecteurs les faits suivants : • . 1° Tout abonné doit posséder une quittance de l’éditeur-administrateur de IInitiation, M. Ficker.
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L’Initiation de Juin 19Í2 L’INITIATION (RE"sJSs"“TS) DIRECTION 15, Rue Séguier, 15 TÉLÉPHONE 816-09 FARIS-VL Directeur 2P .A. F TT S Secrétaire de la Rédation COMBES Léon ADMINISTRATION ABONNEMENTS PUBLICITÉ : VENTE AU NUMÉRO LIBRAIRIE G. EICKER 4 ei 6, rue de Savoie, 4 et 6 PARIS FRANCE, un an ETRANGER, - 10 fr. 12 fr. JPZRTZMZK G-RATTTITE l Le remboursement du prix de l’abonnement à L’Initiation est assuré par des primes de Librairie.
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' Rite Ancien et Primitif de la Franc-Maçonnerie (Chapitre et Temple INRI). Rite National Espagnol (Loge symb.*. Humanidad)
JUIN Signe Zodiacal : LE CANCER XuOS CANCER t" PAItTlE i: Zuiliaqur du Purdqur di> (cuqdr d'Emê . Zu<Iia<]uc du Purüqar <hi Troylr •u Nord d’E.u«- . O Zodiaque du Pur tique «L» (iriuid Teuiplr à DemlrrahJ 4. Zodiaque C irru! nier A DvMcirrah. ) 3. Vln>ii»|i|irrr »le •Srbalta publié par J Kir.hrr. • <> • SpllélT \rul»r d .\bd>arraliinÀU 2 Spliérr Moderne U/f p.tnriK 1 A Zodiaque» (îrrrw un lùnnain». 2. Zodiaque« Indien» Zodiaque» Gothique»
'<4<4\4 ¥> PARTIE PHILOSOPHIQUE ET SCIENTIFIQUE Cette partie est ouverte aux écrivains de toutes écoles sans aucune distinction, et chacun d'eux conserve la responsabilité exclusive de ses idées. Retour vers, la matière De même que l'homme, sur terre, change de plan quand les temps sont révolus, de même dans le plan spirituel l’esprit prend conscience que les épreuves doivent être poursuivies pour son évolu tion personnelle et l’évolution de tous les autres es prits, dont il n’est qu’un élément. C’est alors que le grand sacrifice lui est demandé. Il est en pleine conscience de toutes ses incarna tions antérieures, il sait ce qu’il a gagné ou ce qu’il a perdu dans ses dernières existences et il sait éga lement quels sont les'clichés dont il aura àj.triompher dans l’existence qui va s'accomplir. Il y a une véritable agonie avec toutes ses affres, il y a une lutte terrible entre l’esprit et. ses souf frances futures, analogue de l’agonie terrestre et de la lutte de la matière qui ne veut pas quitter l’es prit qu’ellei incarne. Devant les épreuves entrevues : le mariage dou loureux, la.mort des enfants, la séparation des êtres chers, la ruine terrestre, la prison, le déshonneur, le bagne, peut-être compensés par quelques joies bien
195 RETOUR VERS LA MATIÈRE faibles, l'esprit est rempli d’angoisse, sa lumière s-obscurcit et il s’écrie, commentant la parole qui a retenti à travers toutes les sphères visibles et invi sibles : Eli, eli, lama sabactani »? Mon Père, mon Père! m’as-tu abandonné?
C’est alors qu'interviennent les esprits de protec tion ; toutes les lumières des ancêtres, tous les rayons divins de l’envoyé céleste se concentrent vers la lumière obscurcie d’angoisse de la victime de la fatale évolution, et les chants célestes l’entourent et la réconfortent.
Dans un moment d’enthousiasme sublime, passant en revue tout le cycle des êtres de tous les plans qui vont évoluer avec lui, l'esprit s’écrie: « Mon Père, je suis prêt, permettez-moi seu lement sur terre d’être un soldat de notre Seigneur, ne m’abandonnez pas et que votre présence me sauve dans cet enfer terrestre où je vais volontaire ment m'engloutir. » Puis les fluides du fleuve astral et non physique entourent l’esprit qui va descendre.
Cette perte de mémoire est indispensable pour éviter le suicide sur terre. 11 y a parfois dans le plan divin des signes d’une telle beauté que les pauvres êtres terrestres peuvent à peine les concevoir.
Ainsi, quand le moment de la descente du Sauveur est arrivé, les esprits divins, qui viennent accomplir la mission sacrée, se grou pent autour de l’envoyé du Père, et, devant la gran deur de leur mission, devant la terreur des épreuves à traverser, les louanges se. mêlent aux gémisse ments. Un esprit, plus ardent que les autres, s’écrie : « O Maître ! nul ne peut t’aimer plus que moi, nul
196 L’INITIATION n’est plus sûr de t’être à jamais fidèle. » O paroles imprudentes! le destin veut un traître, le destin veut un ingrat pour que les clichés rituels s'accom plissent. et celui qui présume trop de sa force sera Judas, celui qui se croit incapable d'abandon sera saint Pierre et il entendra les trois chants du coq.
Mais jetons un voile comme le fait la nature, laissons les fluides d’ombre se condenser autour de la lumière spirituelle, laissons les esprits s’engrener dans les sphères astrales qui vont les conduire aux portes du Zodiaque et de là à la terre, et rappe lons-nous ce que dit Virgile dans son Enéide, livre VI : « Cependant Énée aperçoit dans un coin du vallon un bocage isolé ; les eaux du Léthé baignaient ce lieu tranquille.
Sur les bords du fleuve voltigeaient une foule d’ombres de toutes les nations de l’univers : ainsi durant les beaux jours d’été, les abeilles se ré pandent dans les prairies, se reposent sur différentes fleurs et volent autour des lis ; toute la campagne retentit du bourdonnement de l’essaim. Enée surpris demande à son père quel est ce fleuve, et pourquoi toutes ces ombres paraissent si empressées sur le rivage.
« Ces âmes, répondit Anchise, doivent animer de nouveaux corps ; c’est pour cela qu’elles viennent en foulesur le bord de ce fleuve, dontles eaux qu’elles boivent à longs traits leur font perdre le souvenir du passé. Depuis longtemps je souhaite vous faire connaître, mon fils, celles de ces âmes qui doivent composer votre glorieuse postérité : cette connaissance
RETOUR VERS LA MATIÈRE 197 augmentera la joie que vous devez avoir de votre heureuse arrivée en Italie. « O mon père, interrompit Enée, est-il croyable que ces âmes retournent sur la terre pour animer une seconde fois des corps mortels ?
Est-il possible qu’elles désirent avec tant d’ardeur revoir la lumière et qu’elles aient tant de goût pour cette malheureuse vie. » (Virgile, l'Enéide, livre VI, édition Ernest Flammarion.) t Voici l’esprit attaché à son corps matériel. N’ou blions pas que la nature ne fait pas de sauts (natura non Jacii saltus}.
Aussi cet état spécial, qui sera ap pelé l’enfance terrestre, sera un véritable état mixte dans lequel l’esprit vit encore sur deux plans. Jus qu’à l’âge de sept ans, cette existence double a lieu*, et l’enfant voit ses ancêtres, voit son génie familier lui apparaître souvent et jouer avec lui.
Si les pa rents sont assez intelligents pour ne pas couper ces relations, cette existence en partie double peut avoir une grande importance dans la destinée ter restre. Il nous faut ici dire un mot d’un grand mystère : c’est, d’abord, que l’esprit peut essayer plusieurs corps et ne prendre définitivement possession que du plus fort.
Dans la mort des tout petits enfants, il n’y a pas toujours retour de l'esprit au plan di vin : il y a essai des différents corps, ce qui est toute autre chose. On peut, en général, dire que cet
198 -L’INITIATIUN ^sesai ne dépasse jamais sept mois. Ensuite, à Eétat d’enfance, il existe un lien astro-spirituel entre les ■divers plans,par lesquels a passé l’esprit.
«Résumons : i° Agonie terrestre ; 2° Mort terrestre et naissance au monde spiri tuel ; 3° Constitution des organes astro-spirituel ; 4° Vie spirituelle, participation indirecte à la vie terrestre et constitution des futurs organes phy siques parla création de leurs clichés astraux ; 5° Apparition des épreuves de la future incarna tion, acceptation libre et volontaire de toutes ces •épreuves, demande-de réincarnation ; 6° Agonie spirituelle.
Absorption des fluides-de ■Léthé (Oubli), et descente vers la terre ; 7° Naissance terrestre et constitution progressive ■des organesdu corps physique. Les anciens Egyptiens prétendaient qu’à la nais sance une partie des forces astrales se réfugiait vers iFétoile polaire pour revenir animer le double après la mort et la momification. Cela nous conduit au ■cycle des réincarnations anormales.
Les Réincarnations anormales Vous pouvez être puni jusqu’à la septième géné ration, dit l’Ecriture. Cette phrase est incompréhensible si l’on ne con naît pas le mystère de la réincarnation. Physiquement, une maladie peut modifier les
RETOUR VER’S LA MATIÈRE '199 •torps physiques pendant trois générations, sinon 'plus. 'A'stralement et spirituellement cëttemod'tfïcati'oh'peUt’s’étendre jusqu’à sept générations, conYme ‘le dit l’Ecfituretrès justement. Supposons un homme chargé d’une responsabi lité‘sociale terrible, 'jouant dans-la'société profane le 'rôle de juge, Source, généralement, où d’Un 'destin •affreux ou de récompenses ’sublimes.
Supposons, ’de plus, que cét homme soit Un sceptique, ne croyant à rien qu’au plaisir immédiat, et jugeant les autres hommes comme lui-même.
Par son athéisme 'transcendant et sa certitude de la'non-responsabilité effective de ses actés,-Couverts par sa situation so ciale, cét homme a accumulé, au moment de sa mort, les difficultés les plus grandes pour "lesSiens, ^n se disant, avec un bon sourire : << Après-moi la fin du monde. » Un 'pareil être a déterminé, sans le savoir, luimême son destin; il a voulu qù’il n’y ait pâs d’autre monde, il n’y en aura 'pas pour lui.'H méiirt'âgé, entouré de la fausse 'considération terrestre, ;il n’a jamais fait de bien’durant Sa vie qu’à lui même, il a été un cancer social, aussi le plan divin eS't-il fermé pour lui. .N’ayant pas d’habitation spirituelle de -l’autre côté, il se réincarné immédiatement dans un dé sës-pêtits- 'enfants ou dans un petit enfant de pauvre, S'il n a pas dé famille lui-même.’Mais généralement‘c’est lui-mêmë, comme descendant de lui-même, «qui vient recueillir les intérêts négatifs du capital d’épreuvés qu’il a constitué.
200 l’initiation Il éprouve donc, à la seconde génération, tout ce qu’il a voulu fuir. Le petit-fils du magistrat a des instincts épouvantables, il se révolte contre tout : famille; société, religion, c’est une « forte tête ». 11 accuse son ancêtre de tous ses malheurs, ne sachant pas, le malheureux, que c’est lui-même qui établit son jugement.
La prison, qu’il a largement distri buée aux autres, s’ouvre pour lui, et c’est là que, quelquefois, un rayon céleste vient le chercher, c’est là que dans les épreuves les plus dures son es prit reprend conscience de l’existence d’unau delà, et qu’il est peu à peu ramené vers ce plan divin qu’il avait méconnu et qu’il avait insulté. Un autre cas de réincarnation anormale assez fré quent c’est le suicide.
Le suicide a été laissé à l’homme en compensa tion de l’oubli des existences antérieures. Si l’homme avait conscience de tout ce qu’il lui faut racheter, il ne voudrait même pas commencer la vie physique et se suiciderait de 9uite. Enfin, dans un moment de lâcheté, de folie, de désespoir, l’homme a rompu volontairement le lien qui le retenait au corps phy sique.
Ici non plus on ne peut pas faire de règle gé nérale; il y a des suicides du destin, qui ne déter minent aucune douleur, car c’est une terminaison normale et prévue d’une vie terrestre; il y a des suicides dus à la folie, pendant laquelle l'esprit est étranger à son corps (alienus) ; il y a des suicides causés par des larves astrales... et une foule d’autres cas. Sans poser de règle générale, on peut dire que
RETOUR VERS LA. MATIÈRE ‘ 201 l’homme qui s’est suicidé consciemment n’est pas reconnu mort par la Nature.
C’est le terrible sup plice de Tantale : il a soif, il a faim sans avoir d'or ganes physiques pour réaliser son désir; il a des be soins de sommeil atroces, sans organes physiques pourreposer son esprit ; il revient, dans des moments de colère terrible, vers son corps refroidi, et, sou vent, de retour dans la tombe, il entre dans son ca davre et le retourne.
Il hante les réunions spirites et les centres de prière, demandant des secours à tous les cœurs compatissants, et c’est seulement le jour où le destin avait déterminé sa mort réelle que la délivrance a lieu. Dans ce cas, il peut manquer au corps physique futur l’organe que l’homme avaitvolontairement sup primé dans son existence antérieure, ou, tout au moins, le fonctionnement de cet organe peut être gravement compromis.
C’est ainsi que les gens qui se font sauter la cervelle peuvent naître avec des troubles cérébraux graves : de l’épilepsie, de l’idiotie, ou des retards intellectuels que le médecin terrestre ne peut s’expliquer. Ceux qui se sont empoisonnés naissent avec des troubles gastriques qu’aucun mé dicament ne peut calmer et promènent dans toute une existence terrestre la douleur constante d’un centre digestif impossible à remettre d’aplomb.
Les pendus naissent difformes et bossus... Mais nous ne pouvons établir une chaîne de mo difications physiques, qui serait purement imagina tive. Nous avons voulu seulement indiquer ici les grandes clefs d’un mystère. i
"7^ 7~' / " — - ------- ------~ ~~ 4 Les Egyptiens et le Double •iZlNITrATrON Aussi, Mesdames, si vous voulez connaître la véritable recette de la beauté actuelle et future, soyez croyantes, soyez charitables, soyezbonnes dans tous les plans, et vous reviendrez nous charmer dans des •corps de plus en plus parfaits.
Emp'êchez les sui cides autour de vous, et devenez l’exemple de la ré signation aux épreuves terrestres : vous éviterez •ainsi les terribles réincarnations anormales. II nous reste à parler d’une forme de réincarnation anormale quia existé sur terre pendant des siècles et des siècles : c’est ce que nous appellerons la réin carnation du double chez les Egyptiens.
Ce mystère a été très peu approfondi, et il nous faut cependant en dire quelques mots. L’Egyptien, dont nous ne connaissons qu’imparfaitementtoute la grandeur à l’heure actuelle, a voulu lutter face à face contre les forces les plus terribles de la nature, il a forcé le pôle magnétique terrestre à rester en Égypte plus de 55 siècles, alors que le temps normal d’évolution de ce pôle est un siècle et demi.
Il a, de même, voulu lutter contre cette loi de la réincarnation qu’il connaissait si bien. A cet effet, l’Égyptien immobilisait les cellules du corps physique par la momification ; il enchantait l’astral, qu’il appelait le double, par des cérémonies qui pré cédaient l’introduction de la momie dans son tom beau ; par cet enchantement, il attachait le double à la momie, il empêchait une partie de l’évolution -■ -
*V —“——— ' ■ . ' t • RETOUR VERS LA MATIÈRE 203 astrale et, par suite, une partie de l’évolution spiriluelle. L’esprit accomplissait bien dans le plan divin une série des fonctions qu’il devait normalement .accomplir, il participait à la nature de Dieu; mais la réincarnation était longuement reculée.
Les villes de tombeaux étaient donc réellement habitées par des êtres astraux, et cette’existence astrale importait bien plus à l’Égyptien que son •existence physique. Les charmes magiques avaient rendu positifs les aliments et les serviteurs figurés dans le tombeau, et ainsi se résolvait le problème de la lutte consciente de l’homme contre les décrets divins.
C’est ce que nous pourrions appeler la réincarnation forcée, cas tout spécial de réincarnation anormale. Pour réussir cette opération, il fallait un ensemble de circonstances qui ont été rarement accomplies, si bien qu’on peut dire sans crainte que, malgré toute leur science et toute leur magie, les Égyptiens ne réussissaient l’enchantement véritable du double qu’environ une fois sur mille essais, ce qui est déjà beaucoup..
Tels sont les cas les plus fréquents de réincarna tion anormale. Nous avons ainsi passé en revue les différentes phases de la vie spirituelle avant la réincarnation. Nous allons pouvoir aborder maintenant l'étude rapide de l’influence de la réincarnation sur la vie sociale. Papus (i). (1) Extrait du volume La Réincarnation, i vol. in-8 avec fig , 3 fr. 50. Dorbon aîné, éditeur.
La Réincarnation Un érudit italien, le docteur Calderone, direc teur de la Filosojia délia Scienqa, revue des plus sérieuses et des mieux documentées, vient d’adresser à tous les savants, sans distinction de doctrines ou de tendances, un referendum sur la réincarnation.
Le nouveau livre de Papus : La Réincarnation (i) survient si à propos et étudie si complètement la question que la parole du grand occultiste français dominera, j'en suis persuadé, toute autre voix dans cette discussion.
En outre de son érudition si vaste, Papus a, en effet, une qualité spéciale qui lui assure le succès : il est éminemment clair, éminemment habile à faire saisir une idée nouvelle à des cerveaux qui, sans lui, ne l’eussent pas découverte.
Papus a fait éclore bien, des pensées, formé bien des hommes : Tel, qui somnolait dans l’inertie, qui s’enfonçait dans le dé sespoir ou s’entêtait dans le scepticisme révolté a été illuminé, réveillé, régénéré par lui. C’est un éduca teur, un maître dans toute la vérité du mot. Ce qu’on n’aurait pas vu dans Saint-Yves d’AI- (l) L’esprit avant la naissance et après la mort. La métempsychote... i vol. in-16 avec figures dans le te? te. Paris, Dorbon ainé, éditeur, 19, boulevard Haussmann. Prix : 3 fr. 50.
LA RÉINCARNATION (1) Papüs, Traité méthodique de science occulte. Paris, gr. in-8' (épuisé). C’est une encyclopédie de toutes les branches des sciences mystiques, de toutes les traditions ésotériques. veydre, dans Saint-Martin, encore moins dans Para celse ou Khunrath, lui, qui l’a perçu, vous l’ex plique, vous le traduit en images si vives, si claires qu’on s’étonne de ne pas y avoir immédiatement songé.
Ceux qui, s’étant parfois attaqués aux néo alexandrins, à Bœhme, à Wronsky, et qui. lassés par l’obscurité des termes ou la nébulosité des idées, ayant abandonné leur étude, ont ensuite, un jour, relu dans le colossal Traité méthodique (i) les pages consacrées à leurs auteurs par Papus ont dû être frappés, comme nous, de la puissance avec laquelle Papus sait mettre en relief une œuvre, dé gager les broussailles qui empêchent la vue d’en semble, schématiser, résumer un système.
Et si, par fois, il semble simplifier à l’excès, c’est à dessein, pour engager le chercheur à revoir lui-même les textes, à rétablir les détails que son rôle d’introduc teur le forçait à supprimer. Ces mêmes qualités, cette science didactique, cette sorte d’analyse, nous les retrouvons dans son livre sur la Réincarnation.
Le sujet l’exigeait ; ce qui touche à la vie est mystérieux et, de nos jours comme jadis, le grand problème’de la biogénèse qui angoissa tant d’esprits sincères, malgré tous leurs efforts pour l’éclaircir, reste toujours irrésolu.
Après une expérience dite décisive, une autre survient qui annihile la précédente et les gens qui, tels Drum206 \ L’iNBTATION mond, fondent leurs démonstrations sur les faits de- ■ : ;■ ; ;■ laboratoire de la veille, risquent fort, comme cet auteur, de voir l’engouement pour leurs œuvres tomber et leur château métaphysique s’écrouler avec l'expérience de demain qui, mieux faite, corri gera l'ancienne et fournira des résultats opposés.
Si bien que le savant, au sortir du laboratoire, se pose encore aujourd’hui la même interrogation que le phi losophe grec d’il y a deux mille ans ou le théolo gien d’il y a mille ans : Qu’est-ce que la vie? Où cesse-t-elle ? Où reprendelle? Q_u’est-ce que notre être ? Quel sera son destin ? Répondre à cela n’est pas chose facile : la réponse, s’il en est une, ne saurait en tout cas venir de l’ex périence.
Papus l’a bien senti ; malgré son respect des faits, ses tendances positives, ses préférencespour la démonstration scientifique, assimilable par tous, il a dû dans son livre faire appel plus souvent au cœur, à l'intuition, qu’à l’observation et à la dé duction pour essayer de prouver la valeur de la théo rie des réincarnations.
Dans trois chapitres successifs, il étudie la naturedes principes constitutifs de l’homme, leur évolu tion, en s’aidant des traditions les plus autorisées, en montrant que, de l’Egypte jusqu’à nous, les penseurs les plus estimés, les maîtres en hermé tisme les plus renommés, ont affirmé ou laissé entendre l’existence de ce processus par réincarna tion, par lequel s’effectue le développement de l'être humain en savoir et en liberté. Non content
'■ ■ . ■ 'I Y*;' ’y* .L r5 ■ $£ LA RÉINCARNATION 207 d’évoquer cette- uniformité de croyances, il montreque: notre raison-trouve dans cette-théorie [’explica tion. de: faitsiqui, sans elle-,- restent inexplicables et révoltants.
Enfin, prenant comme exemple dans lemonde: de la- matière les découvertes scientifiques . les-plus établies, les faits chimiques de la décompo sition et reconstitution des corps composés dans lesorganismes, il. établit, et ceci sans contestation pos sible:,. que les?< molécules^ d’oxygène, d’azote, de carbone circulent sans cesse au travers des êtres vi vants dont ils forment la trame changeante, passant d.e- l’homme à la terre pour revenir à l’homme à tra vers- le végétal et l’animal, et continuant ainsi Ieurscycles: évolutifs.
De ce fait indéniable et des plus suggestifs, il s’élève par analogie au monde spiri tuel et fait voir combien cette constatation positive donne de-force et de vraisemblance à la théorie qui enseigne- que, dans le monde invisible, la nature suit une marche semblable-. Tout cela est fort bien, dira>-t-on ; mais quelques ‘ faits évidents feraient bien mieux notre affaire.
L’au teur l’a- compris et; soit dans le corps de l’ouvragei soit dans {’Appendice, en a cité quelques-uns, rares il est vrai, mais frappants. En somme, ce livre est aussi- net, aussi docu menté qu’on peut l’exiger en un tel sujet, aussi apte que possible à faire réfléchir.
On n’y trouvera pas une formule mathématique des phénomènes de la vie et des actes de l’esprit ; Papus est trop avisé, trop instruit pour écrire de telles phrases inconsidé rées. Il sait que les mots : esprit, âme, personna ge f I Í : I I '
208 l’initiation lité sont imprécis ; que chacun les comprend et les emploie de façon trop personnelle pour qu'on puisse s’en servir utilement dans l’énoncé d’une loi géné rale, eût-on même perçu cette loi. On ne trouvera pas non plus dans ces pages la démonstration définitive du fait : Réincarnation. Nous l’avons dit ailleurs et le répétons ici : une telle , démonstration n’a pas été faite et, à notre avis, ne saurait être fournie.
Mais l’auteur a fait entrevoir la vraisemblance de cette hypothèse d’une façon excel lente, avec tout son cœur et toute son intelligence. Amener le lecteur à reconnaître, à la fin de son livre, que cette hypothèse est justifiée, très soutenable, , très raisonnable et même fort probablement exacte, tel était son but et, nous le lui assurons avec tous ceux qui le liront, il y a pleinement réussi.
Son livre sera très goûté et portera de bons fruits : il augmentera la dette de reconnaissance que toute une génération, dont je fais partie, a contractée à son égard ; et si plusieurs, passés grands maîtres de quelque chose aujourd’hui, oublient trop facilement cette dette, ou même la nient, moi, je m’empresse de la proclamer et suis heureux de l’occasion qui m’est offerte de dire ici publiquement à mon cher ami et maître Papus mon affection et ma grati tude. Dr Marc Haven.
Théorie de l’Equilibre « Mais ne mange pas du fruit de l’arbre de la science du bien et du mal, qui est au milieu du pa radis, — dit Dieu ; car, au jour que tu en mange ras, tu mourras de mort ! » Par ces paroles et ces images, éclatant en coups de foudre à -travers le ciel lugubre, dans une su prême détresse illuminant d’éclairs mortifères le paradis perdu, Moïse, le plus illustre des hiérosophes, l’élu de Dieu, fixe à tout jamais dans une inspiration ineffable la grande tragédie du premier homme, Adam.
Ces paroles fulgurantes à travers plus de qua rante siècles, éclairent les noirs abîmes ontologiques de l’homme, —et, depuis, l’on n’a rien ajouté à ce système, l’on n’a rien adjoint de nouveau à ces pa roles de l’Esprit. Pour la foi naïve, elles restent l’image intacte, unique, et s'érigent en vérité immuable; pour la foi (i) Extrait et traduit de La Magie de la Beauté, par Jozct Yankowski.
C’est une œuvre que nous nous faisons un plaisir de faire connaître au public français. M. Yankowski est le poète ésotériste actuel de la Pologne ; il continue la tradition des Miçkiewicz et des Slowaçki : et son livre, qui obtient un grand succès dans son pays, énonce sous un titre trompeur les concepts de la plus pure tradition judéo-chrétienne. (N. D. L. R.)
210 l’initiation ' éclairée elles deviennent l’essence des choses les plus inconcevables, exprimées dans les termes les plus simples, les plus synthétiques, que puisse créer le langage humain quant à ces objets supraterrestres . Les paroles de cette vision de mystères nous ap paraissent comme des blocs arrachés aux mon tagnes de l'Esprit, — chaque bloc avec son verbe essentiel, inné.
Et elles ne cessent de vivre, parce que chacune est la synthèse graduelle de mille autres — et elles atteignent ainsi l’être intrinsèque, qui, de par son droit, s’en est revêtu dans une fusion absolue. Essayons pourtant de dépouiller cet être de ses enveloppes les plus grossières, afin de l’observer sous son aspect moins concret, savoir, d’autant plus certain.
Le mystère renferme l’ontologie spirituelle de l’homme avant que Dieu l’ait revêtu de chair. Ne méditons pas l’union mystérieuse de cet homme-es prit et de la chair; allons droit à l'origine de l’es prit avant cette matière, que l’homme vécut pour châtiment. L’être humain, quoique mortel, en a la vertu, lui qui est cet esprit même, le plus entravé dans les replis épais du corps et lié par un souvenir éter nellement aigu à l’Eden interdit.
Tel le criminel, pleurant amèrement sa faute, re passe en sa mémoire les jours purs qu’il goûtait lors de son innocence. Remémorons ces choses — et, comme point de
THÉORIE DE L’ÉQUILIBRE 211 •départ prenons l’étincelle, génératrice lumineuse de la bonne volonté, ce centre des sphères infinies du paradis, bien que submergé par les flots de la matière et de la mort. Plongeons de tout notre élan dans cette mer ténébreuse !
Toute mauvaise action reflète cette lointaine ma lédiction du Paradis, cette perte douloureuse ; toute bonne action, tout repentir sincère touche aux cordes radieuses de l’espoir du paradis reconquis.
La pensée dans sa marche vise à la reconstruc tion spirituelle ; elle procédera dès la base jus qu’aux sommets, du centré infini Jusqu’aux sphères inimitées, comme cette tragédie mystérieuse s’est accomplie de haut en bas, se déroulant en sens in verse jusqu’à son centre. Commençons par l’étincelle. Refoulée dans l'es ténèbres, elle va ranimer lé foyer, qui est son droit, ce droit de la lumière qui l’alimentait.
Quoi de plus simple : l’étincelle n’est-elle pas bien fa flämme en germe, la lumière en sa préexis tence? Et toutefois c’est impossible, car rétincelle ne comprendra pas la lumière, qui n’est pas encore, ou plutôt qui n’est plus. Commençons par l’étincelle et par le moment. La volonté a jailli. Le moment prend naissance. Et voilà le paradis reconquis dans l’étincelle et le moment. .
Car cette étincelle et ce moment sont en effet les restes du paradis et le commencement de sa reconstruction. Reconstruction de la lumière et de l’éternité.
212 L'INITIATION Et voilà l’équilibre parfait. Paradis unique, — voilà l’absolu, la paix inaltérable, le o parmi les nombres, 1’éternitc et l'infinité dans un clin d’œil. Mais l’homme a joué l’éternité, le moment le lui révèle. La paix n’est plus, l’absolu est mort.
« Car, si vous en mangez, vous mourrez de mort. » L’es prit expire, prend corps, — il n’est resté que l’étin celle, souvenir céleste ; il n’est resté que le moment bribe de l’éternité ; il n’est resté que la vie pour re construire de nouveau le paradis. Le moment se prolongera dans les ténèbres de la matière à tra vers les temps et les espaces. Et voilà, l’absolu-moment s’éclipse. Mais non, n’en croyons rien.
Il surgit au contraire — comme il h’était pas auparavant. 11 émerge de l’éternité. Le o devient unité et la première secousse du mouve ment pris à l’équilibre. Moment fatidique. Moment de la naissance de l’arbre de la science du bien et du mal. C’est la vie même. Naguère l’homme tressaillit simplement, mainte nant il sait déjà. L’arbre a pris naissance. Le mo ment se désunit en i et2.
La vie commence, le sacri fice s’impose, le labeur ardu se manifeste, qui gué rira la mort de l’esprit (i); . '‘Quel essor l’homme est-il capable de déployer à l’égard du moment? Qu’en fait-il en réalité. (1) L’homme subit dans un seul moment les trois moments de la Tolonté absolue, de la volonté en puissance et de la volonté en acte.
Les trois moments sont la triple manifestation de la volonté dans l’unité, qui est la source de tout moment naissant. Dans une
< . ■■ i ■ ■ --r THÉORIE DE L’ÉQUILIBRE 213 A lui le pouvoir d’accroître l’équilibre de l’unité ou de l’anéantir. A lui de gagner un moment pour l’éternité, à lui aussi de l’étouffer. En vérité, grand est le pouvoir de l’homme ! Et voilà l'homme, ce petit Adam mort, possédant déjà son arbre de la science du bien et du mal dans le moment, suit la science du bien. Il ne touche pas à l’arbre, ainsi que la loi ordonne.
Car ne point toucher à l’arbre c’est la loi de l’unité. C'est la loi de la paix et du paradis. Toucher aux deux sciences, c’est faire option du mal, appauvrir l’arbre. Car le mal est la science du moment — le bien, la science de l'éternité. Opter pour le bien, c’est re noncer au bien et au mal. Or, advient que voici. Nourri à la flamme de la bonne volonté, l’arbre pousse comme par enchante ment. L’absolu s’accroît.
L’unité s’enrichit d’un mo ment. Le moment suivant. L’absolu élargi, la lumière amplifiée. L’arbrisseau déjà plus développé. L’his toire du moment se répète. L’unité absolue se dé analyse plus subtile, disons que le o est inconcevable, sans le 1 ; cette triade se constitue comme voici : o, x. La volonté dans l’unité, 3. La volonté en puissance, 3. La volonté en acte.
Ensemble — l’unité absolue, résidant dans le 4, reflet de cette unité, véritable chaîne du phénomène vital. Ce 4 alors résumera la volonté en puissance, volonté embras sant la science (l’arbre de la science du bien et du mal), origine de la vie réelle, triple expression de la loi réelle, comme la triade primordiale en est l’expression de l’unité. C’est elle qui commence la chaîne de la vie sous l’égide de l’absolu. (Note de Vaut.)
214 l’initiation sunit. L’équilibre, bien qu’accumulé, s’altère. Evolu tion nouvelle. C'est de nouveau le fruit tentateur qui se présente. L’homme sait et fait son choix. En core une fois il penche vers la loi. 11 n’a point tou ché à l’arbrisseau. La flamme s’en trouve miraculeu sement avivée. L’équilibre a gagné d’intensité. Le paradis deux fois accru. Troisième moment. Adam redivivus est pris de curiosité. Il s'égare. Il a cueilli le fruit.
Et voici l’arbrisseau s’étiole. L’équilibre décline. La flamme s’éteint. Le paradis n’est plus. Et voilà toute la vie de l’homme dans la construc tion de l’éternité, et tout le paradis dans la recons truction du moment. En vérité, rien de plus facile que de reconstruire le paradis. Rien de plus difficile que la vie de bonne vo lonté (i). (i) L’idée du bien et du mal n’est pas si difficile à résoudre,, qu’on le croit généralement.
Elle trouve sa solution parfaite dans le bien, le bien étant l’absolu, partant l’unité.
Le bien et le mal c’est la désunion de cette unité, .Ainsi le choix du bien nous rap pelle d’une manière admirable l'immortelle allégorie de l'arbre de la science, laissé intact; car il sera l’eflet de l’absolu même (cet arbre de la vie, resté dans le paradis et qui concède l’immortalité), l’efiet de l’unité pure dans l’homme, laquelle ne se décomposera point en sa science du bien et du mal pour le moment à venir, comme la chute du paradis était la désunion du moment, qui lui succédait, dans notre compréhension pour le passé.
C’est ainsi que se déclanche chaque libration du balancier dans la libration suivante, de moins en moins ample; de façon que le ruit défendu est de moins en moins atteint dans l’espace et de plus en plus proche de son unité dans le temps {Note de l'autj.
THÉORIE DE L EQUILIBRE î Jetez un coup d’œil sur le balancier, cette image la plus simple et la plus vraie de la vie humaine, le premier instrument que la vie ait inventé, le der nier que la vie termine, — le premier point du1 mouvement et de toute chose vue. Le balancier à l’état de repos, c’est l’absolu du mouvement, c’est le O, où repose la force poten tielle du mouvement.
C’est le paradis non perdu . avec ses vertus en germe, avec son arbre de perdi tion. Le balancier en mouvement, l’unité absolue de vient un pour la droite et deux pour là gauche. Le mouvement commence la vie du balancier et la mort du repos. La mort? H traverse sans cesse la ligne du repos et s’en approche de plus en plus dans son mouvement. 11 accroît l’équilibre, il ac croît l’unité. Enfin il s’est arrêté. La paix et le para dis reconquis.
La tragédie du paradis n'est-ce pas bien la tragé die du balancier à l’état du repos absolu, — im mense balancier spirituel, suspendu aux voûtes de l’infini, où couvait la force embryonnaire du mou vement, l’arbre de la science du bien et du mal, abandonné à la bonne volonté du balancier, qui l’embrassait dans son ensemble, dans l’absolu, balancier curieux a volontairement écarté au delà son centre le point de la suspension aux voûtes l’infini, — rien que d’un trait à peine perceptible sa mauvaise volonté.
L’équilibre est tombé, l'unité est déchue, le balancier s’est précipité dans un mou vement éperdu, le point a dévié vers un nouveau Le de de de ••
216 l’initiation faîte ; ce qui était base est cime ; ce qui était cime, devient base, la nature s’est renversée, le mou vement a commencé son tourbillon perpétuel, qui dure de nos jours et qui est vie en soi et la mort pour sa cause. Seul le point de suspension demeure immuable, absolu, centre des sphères de l’infini, souvenir éphémère de l’éternel équilibre, volonté créatrice de l’homme, — image et reflet de la paix et de l’unité.
Tout être humain est le balancier infime dans les régions illimitées de l’au-delà. Il est appelé à recon quérir le paradis, à reconquérir la paix, à recons truire l’équilibre, fixé souverainement au point de suspension, incompréhensible— il est vrai — mais aussi certain que le mouvement. Comme ce curieux balancier humain s’acquitte mal de sa tâche naturelle ! Comme il perd de vue le point de son unité, de son équilibre !
Comme il dévie rebelle et retarde la paix, s’engouffrant dans la nuit envahissante de la matière et du mouvement! Voilà encore l’histoire du paradis, que chaque in dividu reflète dans le moment de la vie — de la re construction du paradis. Là c’était la chute de l’éter nité vers le moment, qui l’a anéantie, — ici la chute du moment vers l’éternité, qui allait le re construire.
Telle est l'histoire de l’inversion, de cette décision libre, par laquelle on prend le fruit dé fendu au lieu du sacrifice. Le balancier humain de la mauvaise volonté, s’égarant à outrance dans le chaos de son mouve ment, en vient même... à vouloir briser d’une balle
THÉORIE DE L’ÉQUILIBRE 217 l’instrument du mouvement, l’accusant d’être la cause, le point éternel de son poids ! Mais le balancier de la vie n’est pas atteint il pi vote affolé tout autour des ténèbres, puis croule dans l’abîme et reprend son mouvement plus ra pide, plus discordant, qui durera jusqu’à ce qu’il s’achemine vers l’équilibre.
L'homme meurt mille fois dans l’existence, ré fractaire à son besoin inné de la paix, réfractaire à son éternité, qui ne saurait mourir. L’homme vit sans vivre pour l’éternité, et meurt, sans mourir pour le moment et la vie. Jetez un regard sur une pendule ordinaire, autre application bien simple de ce balancier, dontl’homme a fait l'image parfaite de l’éternité, reproduite dans sa volonté, — pendule.
Que l’œuvre de l’inhabile ouvrier est bonne, est habile 1 Comme elle ne manque à sa mesure ! Comme elle pèse, dûment en raison du poids, qui lui est adapté ! Quelle égalité subtile ce poids ma nifeste en s’abaissant, entraîné vers son pointd’unité, afin que le balancier ne s’écarte point du plan du mouvement, tracé par son auteur!
Et l’heure avance sans faillir, elle avance suprême, et l’éternité règne immaculée, toujours plus proche d’un clin de son apogée solennel. Et voilà toute la théorie de la vie, — théorie de l’équilibre, par laquelle tout est ce qui est, — le commandement inné, unique, le but et la seule réa lité, reflétée dans la volonté humaine : Marcher par librations égales, s’abandonner au
.218 l’initiation poids, comme la loi ordonne, viser au but : em ployer le moment pour l’heure solennelle. Sanctifier sa volonté; comme le veut la loi, ne pas. toucher à l’arbre de la science, afin qu’il croisse : - foire choix du bien. Mitiger son entraînement par le poids de son. savoir, qu’il importe de pencher vers le bien : accu muler la paix et l’unité. Viser le but de la volonté créatrice.
L’impuissance de la volonté humaine en ces choses est tout à fait exclue ; car l’homme, en tant qu’il sait, est fort, et c’est alors seulement qu’il ne pourrait, s’il ne savait; ce qui du reste ne ferait qu’éliminer la vie. Donc l’homme ne veut pas et transgresse volon tairement la loi du paradis, la loi de l’unité éter nelle. Observez les grains de poussière dansant dans un rayon de soleil.
Asservis à la même loi, visant le même but, comme ils aspirent dans un tourbillon nement vertigineux vers les hauteurs. Bouleversez cet univers éphémère : soumis à la loi, ils reprennent leur ascension infatigable. Ils montent, ils montent sans trêve ni arrêt ! L’homme seul est la grande poussière, qui s’évade obstinément des limites du rayon et s’affaisse dans la nuit et les ténèbres pour son malheur et* l’ajournement de la loi inviolable..
Le paradis perdu — la tragédie consommée et se consommant à toute heure. Mais — après des an nées, dont les poussières pullulantes dépassent tout.
' THÉORIE DE L’ÉQUILIBRE 2191 calcul humain — espérons-le — le primitif Adam, Adam dans toute sa grandeur, l’errant déshérité, après avoir traversé les terres inclémentes, jonchées de ses propres ossements, et les mers, saturées de ses sueurs et de son sang, versé en sacrifice, ga gnera les bornes de son patrimoine— l’Eden perdu.
11 quittera le vêtement de chair, que Dieu lui avait prêté, il rejettera la feuille de figuier, dont il avait recouvert sa nudité — cette nudité, il ne s’en res sentira plus, car son arbre en sera exempt. Et alors ni chérubin, ni glaive flamboyant ne sauraient lui. barrer l’entrée du paradis.
11 en franchira le seuil et dans un dernier acte de volonté, déjà éternisée, il lèvera sa main sans crainte sur l’arbre de la vie, resté là en permanence, et il en prendra pour en manger et vivre éternellement. La tragédie du moment deviendra le soleil del’Eternité. Joseph Yankouski. Varsovie (Pologne).
Les Forces centrales et la Vie Un des plus beaux spectacles que nous offre la Nature, parmi toutes les merveilles qu’elle réunit dans son grand livre, est sans contredit la prodi gieuse ordonnance suivant laquelle se disposent les cellules qui constituent la matière vivante.
Qu’on examine les spires de fils ténus qui forment cer tains vaisseaux des plantes; qu’on regarde les couches successives dont est constitué le bois de nos arbres ; qu’on étudie l’étonnante géométrie du travail des abeilles ; partout apparaît l’intervention d’une loi rigoureuse qui préside à cet agencement, régi par des règles mathématiques.
Mais on peut se demander si la loi qui dirige la construction des édifices organisés, qui en oriente les forces agissantes, est la même que celle qui préside au travail des forces chargées de réaliser l’édi fication de la matière non vivante. \ A cette question répondent les remarquables tra vaux du professeur Stanoïévitch, de la Faculté des sciences de Belgrade, qui a réussi à montrer que le développement cellulaire se fait en suivant une loi qui se traduit par les mêmes manifestations que celles que l’on observe dans les phénomènes élec triques et magnétiques, c’est-à-dire par l’action de forces centrales.
LES FORCES Qu’appelle-t-on forces « centrales » ? Ce sont ces forces dont le rôle dans l'Univers est si capital, et qui agissent en proportion inverse du carré de la distance qui les sépare du point sur le quel elles exercent leur action.
Ainsi Vattractionuniverselle, qui s'exerce entre les corps célestes, entre les astres qui gravitent dans le ciel, cette attraction qui, à la surface de la terre, fait tomber les corps et devient la pesanteur, est une force centrale : son in tensité décroît en sens inverse du carré de la dis tance qui sépare les corps entre lesquels elle se ma nifeste.
L'attraction qui attire un corps électrisé sur un autre corps électrisé en sens contraire est une force centrale, et qui agit suivant la même loi que l’at traction universelle ; de même aussi les pôles des aimants sont des centres d’attraction et cette attrac tion est une force centrale. Ce qui caractérise une telle force, c’est ce qu’on’ appelle son champ.
Mettezun pôled’aimant quelque part : tout autour de ce point existe un espace dans lequel se manifeste la force qui en émane, d’autant plus énergiquement que le point est plus voisin du pôle. Il existe, en un mot, autour du pôle d’aimant, un champ magnétique.
L’intensité de ce champ dé pend de la puissance du pôle lui-même, et l’indus trie moderne a tiré de cette notion un parti prodi gieux dans la construction des puissantes dynamos CENTRALES ET LA VIE 221
222 L’INITIATION qui, sous forme d’électricité, nous donnent la force et la lumière, grâce à la création et à l’utilisation maximum d’un «champ magnétique » artificiel que l’on fait aussi intense que possible. La Terre ellemême est entourée d’un champ magnétique, et les aiguilles des boussoles nous en indiquent la direc tion à chaque lieu de sa surface.
On peut mettre en évidence, d’une façon maté rielle, l’existence du champ créé autour d’un, pôle d’aimant : saupoudrons de limaille de fer un mince carton sous lequel on applique le pôle en question : nous voyons la limaille se diriger en rayons,, les grains s’alignent suivant les lignes de forceàu champ magnétique, dont elles manifestent l'existence en rayonnant symétriquement autour du pôle aimanté.
Si sur chaque ligne nous prenons un point à égale distance du centre, nous aurons une circonférence de cercle qui réunit ainsi tous les grains de limaille sur laquelle la force s’exerce également. Ce sont les lignes d’égale puissance ou désignés équipotentielles ; elles coupent les lignes de force à angle droit.
Quand on fait passer, au travers du carton, deux fils qui lui sont perpendiculaires et qui sont par courus par des courants électriques de même sens, les actions sont moins simples : il faut combiner les attractions dues à chacun des pôles individuel lement.
Or, si l’on fait, non plus le calcul, mais l’expé rience, en saupoudrant de limaille de fer le carton traversé en deux points par les conducteurs paral lèles, on voit cette limaille se. disposer en courbes;
LES FORCES CENTRALES ET LA VIE 223 les lignes de force de l’expérience ont donc bien la forme prévue. Ce résultat, cet accord merveilleux entre le calcul et l’expérience serait déjà une chose remarquable en soi : le professeur Stanoïévitch est allé plus loin.
En présence de ces faits constatés dans le domaine mé canique, il s’est demandé si les forces vitales qui président à l’accroissement des végétaux et à l’orien tation de leurs cellules ne sont pas des forces cen trales, comme celles qui régissent les attractions électriques et magnétiques ; en un mot, s’il n’y a pas un «champ cellullaire », comme il y a un champ magnétique». * ♦ ♦ L’expérience et l’observation ont résolu affirmati vement le problème.
S’il on tronçonne des tiges de végétaux sains, on constate la manifestation matérielle, tantôt de lignes de force seules comme dans les radis, tantôt de lignes équipotentielles seules, comme dans un tronc de sapin, tantôt des deux systèmes de lignes à la fois.
Et pour être tout à fait sûr que les lignes ainsi dessinées par les files de cellules dans les troncs de végétaux ont bien les lignes voulues par la théorie des forces centrales, le physicien serbe a cherché, non plus les cas simples, comme celui du sapin, mais des cas essentiellement complexes. ' 11 a pris la section d’un chêne au-dessus de la bi furcation du tronc en deux branches : il avait ainsi
l’initiation 224 une région où se trouvaient en présence les actions des deux « centres >> représentés par les axes des . deux branches bifurquées.
Or cette disposition de la nature reproduit avec une surprenante fidélité non seulement la disposition des lignes de force, mais encore le double système complet des lignes de force et des lignes équipotentielles, en respectant même la condition que ces lignes se coupent réci proquement à angle droit. La concordance est com plète entre les conclusions de la théorie et celles de l’observation.
Ainsi la matière vivante obéit, au cours de ses accroissements, aux lois mêmes qui régissent l’élec tricité et le magnétisme ; les cellules vivantes s’orien tent et s’alignent dans le « champ magnétique ».
On a recherché si dans la vie animale on ne pourrait pas trouver des manifestations analogues : jusqu'ici, il n’y a guère que dans des sections de dents d’élé phant que l’on ait pu observer parfois des résultats du même ordre ; mais, sans nul doute, des recherches ultérieures amèneront la généralisation complète des résultats. Et ces résultats ne sont pas des résultats d’excep tion.
Promenez-vous dans un chantier de bois : vous verrez les bouts des madriers présenter à leur tron cature sciée, en infinie variété, suivant qu'un « nœud » parasite trouble la disposition des lignes de force, ' agissant en cela comme le ferait un morceau de fer dont l’intrusion dans le champ magnétique trouble rait la régularité de la figure donnée par la limaille, en déviant et en déformant les lignes de force végétale. .............. ................................. ...............______________________ ~
LES FORCES CENTRALES ET LA VIE 225 Quelle admirable unité règne dans l'Univers !
Voici l’unité des forces agissantes qui se mani feste avec netteté, au moment même où les physi ciens, grâce aux procès de la radioactivité, voient l’émanation du radium se transformer en hélium, réalisant ainsi le premier cas de transmutation de la matière qui doit, elle aussi, être «une ».Bientôt peut-être verrons-nous les transformations de forces purement physiques en forces vitales ; déjà, sous l’influence de la lumière ultraviolette, Daniel Berthelot a pu obtenir des « photosynthèses » de l’acide formique, point de départdes matières albuminoïdes qui forment la base du protoplasma et de la cellule vivante.
Serions-nous donc sur le point d’atteindre cette frontière si désirée entre le monde inanimé et le mondé vivant? Alphonse Birget, Docteur es sciences. (Les Inventions illustrées.)
II ( Le Mysticisme (,) I Mesdames, Messieurs, r !\ s Il est juste que je reconnaisse d’abord le grand hon neur qui m’échoit d’avoir à parler devant vous des objets les plus sublimes dont l’âme humaine puisse entretenir le souci. Les choses du Ciel font balbutier les lèvres les plus éloquentes. Mais je prends courage parce que je sais d'avance que vous m’accorderez votre collaboration ; je vous la demande instam ment.
Nous allons avoir de courts entretiens, où moi ' seul parlerai, selon l’apparence. Mais c’est vous, ce sont vos âmes si hautes, ce sont vos cœurs ardents qui, dans ces colloques mystiques, diront les paroles définitives, qui jetteront ces éclairs dont s’illuminera pour toujours la totalité spirituelle de vos per sonnes et de vos existences.
C’est l’inquiétude d’un idéal commun qui nous assemble, vous et moi ; cet idéal, il est ici présent, d’une présence immuable quoique invisible. Voici deux mille ans qu’il hante J / (i) Notre ami Sédir a prononcé ce discours à Varsovie dans la grande salle du Musée, le 20 mai dernier. Nos lecteurs trouve ront la série de ses conférences de cet hiver réunies en volume chez Beaudelot. Prix : 6 francs. v • ¡»A — .. . -;2Î
■■'.X •• • A . ■ / A* J. 1 * LE MYSTICISME 227 •cette terre, il se donne lui-même un nom, c’est le Christ, le Verbe Jésus, et ceux d’entre vous que ce nom frappe d’un tremblement indicible, savent que les éclairs, les certitudes; les enthousiasmesqu’ils es pèrent en venant ici, c’est Lui qui les fomentera, et non* pas un discours malhabile. Ceux-là con naissent l’éternel Ami, ou plutôt ils Le reconnais sent.
Messieurs, vous êtes un peuple d’intuitifs et de soldats. A ces magnifiques ardeurs s'ajoute aujour d'hui de nouveau, chez beaucoup d’entre vous, le culte du Savoir. Or, ce dernier présente , des périls ; s’ils n’étaient que matériels, je ne vous en parlerais pas: vous avez toujours vaincu tous les dangers. Mais ils sont spirituels.
Déjà plusieurs, dans les rangs de cette jeunesse studieuse qui est lafleur-de votre race, perdent le sens de la vie. Permettez que je vous rende attentifs à cette désor bitation. Souvenez-vous que la Vie, c’est le Verbe : souvenez-vous de cette immense identité, qui em brasse le naturel et tout le surnaturel.
Ecoutez-moi, Messieurs, non point avec votre intelligence, si subtile et si vive qu’elle soit,— mais avec ce qu’il y a d: plus profond en vous, de plus vivant, de plus flamboyant, de plus divin : écoutez-moi avec vos cœurs. Ne vous dites pas : cette idée est platonicienne, celle-ci vient de Kant, cette autre deBœhme, ou de Mickiewicz, ou de Wronski.
Pendant ces quelques heures, ici, oubliez votre érudition et votre science; plongez dans l’océan sans fond de l’inconnu dont
228 L’INITIATION tout le connu, si vaste, n’est que la légère écume superficielle. L’audace est votre signe, à vous, fils de la Po logne : je vous convie aux audaces mystiques de la foi. Prenez cet élan où vous sollicite votre nature ethnique: c’est votre véritable travail. Regardons ensemble, du regard embrasé del’Amour, ce Christ, si proche à la fois,,et si loin; cet Ami, porteur des baumes éternels; cette Lumière, dont toute lumière n’cst que l’ombre. Parlons ensemble de ce Sauveur, que l’égoïsme crucifie sans relâche, que l’esprit mo derne ensevelit à nouveau. Touchons avec des mains pieuses au linceul que l’intelligence humaine Lui a tissé. Selon notre ferveur, il nous accordera de contempler un esprit nouveau de sa forme divine, — parce qu’il est toute beauté, parce qu’il sourit d'abord aux sincères et aux humbles. Et nous tous, vous et moi, assemblés ici pour une interrogation commune, pour une prière, nous savons combien nous sommes encore éloignés de cette Vérité, de cette Beauté, de cette Bonté, où notre cœur nous af firme que nous trouverons, pour toujours, la per fection de notre être. Mais, Messieurs, la méthode la plus énergique et la plus courte d’obtenir cette simplesse, cet élan que je ne crains pas de vous demander, consiste dans l'acquisition et la mise en œuvre de la très mysté rieuse et très puissante force de la foi. ■ Lâ—------------------ ■
LE ^MYSTICISME 2'29 Examinons ceci avec le soin le plus scrupuleux.
Pour le théologien catholique, lequel est en ce cas d’un avis assez semblable à celui du théologien brahmanique, la foi est la représentation substan tielle de ce que l’on espère, l’affirmation de ce qui n’est pas apparent, la connaissance surnaturelle, c’est-à-dire impossible aux hommes et aux dieux, quelles que soient les facultésglorieuses qui puissent leur appartenir. Un astronome me parle des canaux de Mars.
Je le crois; ce n'est pas la foi, car je puis refaire ses expé riences; je puis, par les privilèges réservés aux adeptes, aller vérifier sur place ses renseignements. Un ange me dit : Jésus est le fils unique de Dieu. Si je le crois, c’est de la foi parce qu'il est impos sible à la raison, comme aux sens, physiques ou transcendants, de s’assurer de ce fait.
Les interpré tations ésotériques, alchimiques, magiques, astro logiques, subjectives, des mystères religieux, n’ap partiennent pas à la foi ; ce sont des concepts natu rels, humains, relatifs. La formule de l’acte de foi n’est pas précisément le fameux : « Je crois parce que c’est absurde », mais : « Je crois, bien que cela paraisse absurde. » La foi vise Dieu, et Dieu seul.
Ainsi elle est unique de son espèce et véritablement universelle, car elle opère au-dessus des formes, des rites, des lois, des religions; elle sauve tout homme; elle transmue en bien tout acte mauvais par lui-même mais effectué dans l’intention pure de l’Absolu.
Cet Absolu, Dieu, dont la présence est univerl’initiation 23 ' selle, plénière, physique, oserai-je dire, faute d'unterme plus exactement expressif, nous ne Le voyons, ni ne Le sentons: cependant nous sommes certaine qu’il est là, parce que notre principe intérieur d’éter nité connaît et reconnaît le principe extérieur d’éter nité dont il procède; mais les organes de cette âme divine : l’esprit, l’intelligence, le sensorium, ne sont pas assez affinés pour l’enregistrement de ces lu mières sublimes.
Tout ce que l'homme peut arriver à percevoir par ses propres forces n’est pas éternel. La Foi, c’est, en dépit de l’incompréhension de la non-perception, de la non-intuition même, un acquiescement entier, un assentiment inébranlable de la volonté à la parole de Dieu. Seule de toutes les religions, celle du Christ réclame de nous cet effort.
A vrai dire, ce n’est pas nous seuls qui l’ac complissons; c’est le Christ dans le centre de notre cœur qui nous rend sensibles aux paroles antéséculaires de la Sagesse éternelle. Par ainsi, la foi: nous unit au ’Verbe Jésus, nous unifie avec Lui, opère notre régénération en Dieu et nous sauve. Une foi immuable éloigne le danger, puisqu’elle nous jette dans l’abîme de la Toute-PuLsance.
Elle ■ opère tous les miracles, puisqu’elle affirme le sur naturel. Elle guérit l’incurable et purifie le criminel, puisqu’elle bouleverse tout en nous et nous réorga nise de fond en comble. Rien n’est impossible à qui en possède la moindre parcelle, et les promesses du Christ à son sujet ne sont pas des métaphores.
Une dans son objet, innombrable dans scs applications, obscure dans son essence, toute-puissante dans sesLE MYSTICISME 231 effets, la foi ne demande qu’une seule condition : c’est d’être vivifiée par des actes, encore plus que par des paroles. Les œuvres matérielles seules four nissent de l’aliment aux plantes spirituelles; de même, en retour, l’intention centrale du cœur, su blimée par la foi, dynamise les travaux de nos mains.
Cette force existe en nous tous; mais elle som meille, comme le grain de blé, dans la terre et sous la neige. Notre désir peut la réveiller, et ce réveil est indispensable pour comprendre quelque peu le caractère unique du Christ. Les définitions qu’on a données du mysticisme sont toutes différentes, parce que chaque auteur s’est placé à un point de vue différent.
Selon la phi losophie officielle, c’est une sorte de contemplation dans laquelle l’être humain s’unit à Dieu» par un pro cédé incompréhensible. Selon la théologie, c’est une connaissance intuitive accomplie dans le silence des opérations rationnelles de l’entendement.
Selon l’étymologie (i), tout système dont les méthodes et les résultats sont secrets, est un mysticisme; dans ce cas, tous ceux qui pensent ou agissent dans les régions extraordinaires de la conscience seraient des mystiques : ces définitions sont trop larges ; le vo cabulaire philosophique de la langue française (1) Mysticisme : du grec muein, fermer la bouche. 1 ■■
232 l’initiation manque de précision. Religiosité, idéalisme, spiri tualisme, ésotérisme, transcendant, alsmie occul tisme, magisme, hermétisme, psychisme, théosophie, kabbale, gnose, soufisme, ne sont pas des expressions synonymes entre elles, et surtout ne sont pas des termes équivalents à mysticisme.
On peut considérer commé mystique, tout homme qui, à quelque. religion qu’il appartienne, se rat tache à Dieu seul, faisant abstraction de toute créa ture et consacrant toutes ses forces à l’accomplisse ment de la volonté du Père. Le mysticisme n’est pas seulement une méthode de contemplation et d’extase; ce n’est pas non plus que la physiologie de l’âme; c’est encore beaucoup d’autres choses(i).
Dès qu'une créature se remet, du fond du cœur, entre les mains du Père, ses voies sont changées; ses travaux, qui varient suivant ses facultés et les besoins de l’évolution générale, sont conduits pas à pas, par des agents spirituels spé- (1) Les philosophes modernes définissent l’union mystique une concentra*ion extrême de l'attention, qui exalte l’intellect, utilise son bagage antérieur, et réalise l’unité de la conscience.
William James ajoute qu’il y a alors communication avec un monde supé rieur par la conscience subliminale. Selon saint Augustin et saint Bernard, la connaissance mystique n’aurait aucun rapport avec les connaissances antérieures, car l’extase vraie les met en communi cation avec l’Absolu. C’est ce dernier avis qui est le juste.
La psycho-physiologie a redécouvert la vieille affirmation de Pataudjali qui lui-même l’avait copiée dans les œuvres perdues des Rishis : toute sensation est, en dernière analyse, un contact hyperphysique.
Les théologiens modernes en induisent que les sensa tions psychiques sont des contacts psychiques; cela revient à dire qu’il existe un monde, ou des mondes, invisibles, objectifs : su perbe résultat pour nous, civilisés, que de nous trouver d’accord avec le dernier des Papous I L’Ancien Testament, le Nouveau, les Pères, tous disent la même chose, pourtant I
LE MYSTICISME 233 ■ ciaux, remplaçant les guides ordinaires dont chaque homme est pourvu selon sa profession et ses alti tudes. La voie mystique conduit directement au plan divin, au royaume de la Miséricorde et de l’Amour; et l’air qu’on respire en la parcourant vient en droite ligne de ces mêmes éternels horizons.
A certaines âmes, uniquement assoifféesd’Absolu, la science ne suffit pas, la religion est trop prudente, l'ésotérisme trop compliqué. Elles pressentent une science des sciences, une religion des religions, une initiation dont tous les collèges secrets ne sont que les débris corrompus.
Il existe une méthode de sa voir par laquelle la connaissance est instantanée, une religion sans rites par laquelle l’homme se relie immédiatement au Père, une initiation inaccessible, mais transmissible gratuitement, qui nous revêt du pouvoir suprême : se faire écouter de Dieu. Quelque part, dans ce vaste monde, se tient le Maître des maîtres ; Il ne manque jamais à la confiance de qui conque s’abandonne entre Ses mains augustes.
Une Lumière, silencieuse, invisible, mais inextinguible, mais innombrable s’offre à qui veut s’en saisir et en éclairer les ténèbres de son propre cœur, celles des abîmes, celles des firmaments. Messieurs, cette Lumière adorable est l’Amour; et le mysticisme est la science de l’Amour.
Il est la géométrie de l’âme, a-t-on dit ; oui, pour des pythagoriciens; mais pour des chrétiens, il est la vie même de l’âme, déroulant les ondes de son occulte et très ancienne splendeur jusque sur ses organes les plus externes, nos facultés conscientes.
234 L’INITIATION Quant aux forces mystiques, ce seront tous lessecours que Dieu nous envoie directement, im médiatement, expressément, parce qu’il nous est impossible de mener seuls ce travail à bien. Le dis pensateur unique en est Celui qui se fit connaître comme Jésus de Nazareth. Les procédés d’appel de ses forces sont tous indiqués dans l’Evangile et ne se trouvent que là.
Vous me pardonnerez l’allure dogmatique de ces déclarations: plus l’objet d’une étude est rare, plus il est nécessaire d’en préciser les contours. Nous rechercherons maintenant les traits caracté ristiques du mysticisme. Les croyances du mystique sont un défi perpé tuel lancé à la raison ; sa sagesse est une folie pour l’opinion commune.
Aujourd'hui on reproche au catholicisme de ne pas tenir compte des développe ments de la science et de la pensée contempo raines ; je suis un piètre théologien et un très pâle dévot ; mais l’incompréhension de tant de prêtres modernistes, sur ce qui constitue l’essentiel de la religion qu’ils prétendent enseigner, me stupéfie. Le caractère original du christianisme, en effet, est cette notion du surnaturel, dont ne parle aucune re ligion. Pour le philosophe, pour le savant, pour l'ésotériste, le surnaturel n’existe pas, parce qu'ils.
LE MYSTICISME 235 croient tout savoir et qu’ils prétendent tout expli quer ; pour le mystique, le surnaturel existe parce qu’il sait qu’il ne sait rien: c’est cela l'essence du christianisme.
Cette notion et celle de la participation constante de l’Absolu dans les affaires du Relatif; cette foi dans la bonté et dans la sollicitude du Père ; cette certi tude que, puisqu’il peut tout, un miracle est tou jours prêt à jaillir selon nos besoins impérieux ; tout cela, ce sont les corollaires de l’évidence intuitive dont s'éclaire le mystique : que Jésus est le Fils unique du Père, et Dieu lui-même.
L’exégèse, la critique, les manuscrits, les inter polations, les contre-sens, les variations du dogme et de la discipline, les disputes de l’Ecole, tout cela est indifférent au disciple ; ce sont des bruits de pa roles étrangères, des cris d’enfants sur la place pu blique. Il porte en lui-même une certitude irréfra gable, une évidence inattaquable, comme la splen deur du soleil.
L’enfant a-t-il besoin de papiers d’état civil et d’un cours d'embryologie pour savoir que sa mère est bien sa mère ? Le mysticisme est un bloc homogène; toutes les molécules en sont fixes, nécessaires et en harmonie réciproque, comme les habitants du Royaume éter nel dont cette doctrine représente J’intersigne.
Puisque ^Absolue s’incline sur chacun, s’approche de cha cun sous la forme du Verbe, cette sollicitude est parfaite, et ses soins embrassent notre être tout en tier. Dieu donc peut s’unir, directement, sans sym boles, sans intermédiaire, à la substance de toute
L’INITIATION 236 âme capable de recevoir une telle extraordinaire.vi sitation. Vous rendez-vous compte, Messieurs, de l’inouï, de la folie de cette idée ? Non, vous ne pouvez pas en circonscrire le sens; toute imagination s’efface et toute intelligence s’abat devant un tel spectacle.
L’Absolu descendant réellement dans le relatif, sans l’intervention d’un ange, d’un prêtre, d'un rite, d’une formule ; dans la nudité sur-intellectuelle, supra-ima ginaire, dans l’abîme terrifiant de la foi, dans la septuple ténèbre des sens, de la raison, de la volonté, du désir, de la solitude spirituelle, de la nuit phy sique, de l’anéantissement du moi ?
Ainsi, les méditations des gymnosophistes, les macérations des ascètes orientaux, nous savons qu’elles ne mènent pas à l’Absolu, puisque ces sages ne veulent pas suivre le Voyageur solitaire qui en fraya le chemin. Mais nos théologiens eux-mêmes reconnaissent que Dieu peut transmetttre à l’âme les vertus de Sa grâce par un autre canal que celui des sacrements.
Certains êtres d’élite, en réponse à leur observance-extraordinaire des lois du Ciel, en reçoivent les dons directement. Le Verbe les leur envoie par un messager spécial. De même qu’à la la messe il y a transsubstantiation des espèces du pain et du vin, le Verbe opère un miracle identique dans les cœurs capables de Le recevoir.
Celui qui se connaît un ennemi mortel, qui l’invite à sa table, le sert, l’embrasse et lui pardonne : dans l’esprit d’un tel disciple, le Christ Lui-même crée à nouveau des organes, transforme en Sa propre chair les cellules
LE MYSTICISME 237 qui agonisent et en Son propre sang les cellules qui aiment le meurtrier (i). Prenons un peu de champ pour apercevoir l’en semble de l’organon mystique. * *■ Les milliards de formes qui composent l’Univers sont les images réfractées d'un certain nombre de sources lumineuses disséminées dans son sein. Ces sources sont les membres, les organes, les facultés, les puissances du Verbe.
Et chaque religion, avec sa théologie, sa liturgie et sa hiérachie est l’image vi vante de l’un des aspects de ce Verbe central. Les religions ne possèdent donc pas toutes une égale va- . (i) Il faut insister sur l’effet organique, biologique, vivant, de cette union transformante ; ceux-là seuls qui l’ont expérimenté peuvent en redire quelque chose. C'est pourquoi tous les théori ciens en parlent d’une façon si terne et si maladroite.
Ainsi par exemple ils disent: « L’état mystique est un état spécial de conscience, ineffable. « transitoire, passif, modifiant la connaissance à l’amour » (W. « James). < L’extase est un envahissement de la conscience par un état «affectif pur. A l’extrême, toute pensée disparue, le sentiment « occupe seul la conscience, sous la forme affectif intense ; c’est la « perception directe du non-moi. » «...
C’est l’absorption delà « conscience dans le non-moi par l’amour sans bornes. » (Godfer- « naux.) C’est un retour à l’état affectif, presque indifférencié, non inconnu, seulement senti. » (Ribot.) Cf. également Récéjac, Pacheu, Poulain, Riber, Gœrres, Boutroux, Séraphin, etc., etc. — Tout cela ressemble plutôt à la Bhakti-Voga de l’Inde qu’à l’évan gile du Christ ; il manque à ces définiteurs l’expérience pratique de la Vie divine.
238 l’initiation leur ; mais, quoique pouvant toutes conduire l’homme à l’éternel salut, puisque toutes comman dent en premier l’amour du prochain, il en est de plus complètes, de plus actives, de plus vraies les unes que les autres.
Cependant, un trait commun les relie, caractère fatidique, sans quoi elles ne seraient plus des reli gions : c’est le formalisme ; c’est à lui qu’elles doi vent leur solidité d’existence, mais aussi lui qui borne le rayon de leurs développements spirituels.
Par les rites, les religions reçoivent la force de ré sister aux torrents des siècles et des mouvements sociaux; par les rites, l’immense majorité des fidèles soutiennent la faiblesse de leur volonté ; par les rites, les hiérarchies invisibles, intermédiaires entre les dévots et leur dieu, reçoivent une nourriture supplémentaire.
Mais aussi, par les rites, les dirigeants ecclésias tiques dévient parfois vers des buts temporels illu soires, les fidèles oublient souvent Dieu pour les intermédiaires, et ceux-ci peuvent également faillir à la stricte obéissance. Ainsi en tout il y a du mal et du bien.
On peut donc dire que le mysticisme vrai esta l’origine des religions, et qu’il se retrouve à leur fin : mais, au cours de leur existence, il subit, du fait des incompréhensions ou des trahisons humaines, des éclipses plus ou moins longues ou plus ou moins profondes.
Pour le retrouver il faut revenir en arrière, et, après s’être tout à fait débarrassé des ■opinions acquises et des préjugés, scruter, d'un es239 LE MYSTICISME prit libre et simple, les paroles du fondateur luimême de la religion que l’on étudie.
Tel est, Messieurs, le travail auquel je prends la hardiesse de vous convier; vous êtes tous capables de l’entreprendre; en effet, revenir en arrière, c’est remonter vers une source, c’est creuser dans la pro fondeur. Remontez donc vers la source très pro fonde et très cachée, au fond de votre cœur, d’où tombe, goutte à goutte, l’eau des fontaines éter nelles.
Le formalisme existe aussi en vous ; débarrassez-vous-en : devenez simples ; mais ne défri chez que si vous vous sentez la force de tenir la pioche jusqu’au bout. Sinon gardez la voiecommune.
Car les rites sont des êtres vivants qui ont agglo méré des.colonies d’êtres vivants dans votre invisible personel, comme dans l’invisible collectif de votre religion, ce sont des factionnaires, ils obéissent à leur consigne : ils servent qui les sert et ignorent qui les nie.
Les habitants de ce monde occulte fournissent des appels aux fidèles moyennant quelques offrandes, je veux dire quelque effort matériel, que le désir du dévot transmue en fluidique, ainsi des abstinences, des veilles, des indulgences, des pèlerinages. En plus de ces agents, on trouve dans l’eggrégore religieux les esprits des défunts, toutes sortes d’êtres, infra-huùiains et supra-humains, autres que les anges et les diables proprement dits.
C'est eux qui transmettent les prières, les litanies, les céré monies, les disciplines, les jeûnes, les chants, les lumières, les travaux de science et de philosophie,
fe-. 240 l’initiation les efforts d’art, toutes choses en un mot consti tuant le corps physique de la religion. C’est eux qui rapportent en retour les exaucements, les bénédic tions, les guérisons, les illuminations. Toutes ces auras, tous ces courants fluidiques, sont des substances créées, naturelles, bien qu’in connues: la foi, la sainteté, — substances divines, le fanatisme, la tyrannie, — substances infernales, — les dirigent.
Dans cet orbe de fluides moyens ou médiateurs, la loi du choc en retour règne; la réac tion s'y produit, égale et de sens contraire à l’ac tion.
Un enfer s’y creuse toujours aux antipodes d’un paradis, La Paternelle Bonté ne ferme cependant point Ses bras à celui qui ne peut se résoudre aux chemins de l’Eglise, nivelés, entourés de barrières, parsemés de gardiens ; les libertaires peuvent tout de même se sauver ; le dernier des sauvages peut parvenir à la vie éternelle, puisque se sauver c'est accomplir la volonté du Père, et que cette obéissance réside dans l’amour du prochain.
Toutefois, l’impatience d’un joug quelconque est si vive en nous qu’il faut spécifier ici avec force l’obligation impérieuse pour celui qui rejette la reli gion extérieure de se soumettre d’autant plus ri goureusement à l’observance littérale de l’Evangile; ' sous prétexte d’avancer plus vite en s'allégeant des formes accessoires, il ne faut pas jeter à terre le far deau des commandement essentiels. Le sentier du mystique libre est direct ; il coupe droit au flanc escarpé de la montagne ; le sol y est
LE MYSTICISME 2/1 raboteux, les pentes abruptes et les ouragans ter ribles, — mais l’air est plus pur, les parfums plus agrestes et plus pénétrants, les horizons plus beaux et la lumière éclatante. On n’y ren contre que peu de monde, des pauvres gens bien simples, des bergers, des laboureurs, quelque sol dat en reconnaissance.
Quoi qu’il en soit, je n’oserais jamais conseiller de prendre la coursière ; ceux qui sont assez forts pour s’y engager s’y décident tout seuls. Il y a le vertige, les terreurs nocturnes, les éboulements, des voleurs parfois, des fauves aussi.
C’est là votre route, vous violents, par où vous montez à l’assaut de la divine citadelle, rouie inconnue, route glorieuse, route des solitudes et des solitaires, route de messagers de Lumière, des porteurs d’éternité, des martyrs de l’idéal; puissionsnous un jour te gravir dans cette détresse propice, sans cette agonie physique et mentale où brille soli taire la grande torche de l’Amour.
Sans doute ceux-là seuls en efifrontent l’escalade, les tempêtes et les aventures, qui durant de longues existences ont patiemment obéi à de minutieuses pratiques : l’homme ne se libère qu’en portant ses chaînes, et non en les rejetant; en payant ses dettes, et non en les niant. * * * A quoi donc reconnaître le mystique vrai, en outre de sa passion de charité? A sa croyance en la divinité de Jésus, — divinité
S l'initiation unique, divinité de nature et non d’évolution; — à sa charité active, à son humilité intérieure. On parle beaucoup de Jésus, depuis ces dernières années; mais de Tolstoï à l’abbé Loisy, les incom préhensions pullulent, chaque novateur L’accapare ; H est néanmoins plus grand et plus proche à la fois qu’on nous Le représente; Il est le plus grand et le plus petit, le plus distant et le plus immédiat, l’Alpha et l’Oméga.
C’est vers Lui que s’efforce le mystique, vers Son œuvre inconnue ; c’est dans les voies neuves qu’il a ouvertes entre le Ciel et la Terre que je voudrais vous faire marcher; c’est de l'effusion qu'il répand dont je voudrais vous faire bénéficier.
Pour L’apercevoir, vous aurez à sortir de cette immense création, à briser les chaînes du Temps, à franchir les bornes de l’Espace, à contem pler d’un regard calme l’abîme inconcevable du Néant originel. Or aucun homme ne peut accomplir ces travaux; les Bouddhas eux-mêmes n’y sont point parvenus.
Ils réalisent cependant de la façon la plus gran diose le type du sur-homme; ils sont montés jus qu’aux cîmes suprêmes de la volonté ; ils ont tout vaincu dans les sphères de la Nature; ils ont con quis tout le possible. Mais ce que je désire pour vous c’est davantage encore : c’est que vous dépas siez vos propres limites, que vous vainquiez votre vous-même, que vous conquériez l’impossible. Que vous obligiez, en un mot, l’amour de Jésus à vous introduire dans la maison du Père. [A suivre.). Sêdir.
L’Enigme A tous ceux qui passaient, le Sphinx effrayant clamait ces mots terribles : « Devinez mon Enigme, ou mourez! » Quand, à mon tour, je me trouvai en sa présence, il ne manqua pas de me faire la même sinistre invitation, et voici quelle fut ma ré ponse : « O Sphinx, terreur des ignorants et des faibles, de quel droit m’interroges-tu ? De quel droit appel les-tu Enigme la Vérité la plus évidente?
Etre illu soire, depuis le principe même des siècles je te con nais ! Car c’est toi que la dixième lame du Grand Livre nous montre présidant aux incessantes révolu tions du Temps, aux perpétuelles vicissitudes des destinées humaines!
Seules l’ignorance, la supersti tion, la peur et la lâcheté donnent un fondement à ton existence; car tu n’es que le reflet sensible delà curiosité passionnée des imbéciles, du sens de la merveillosité inhérent aux âmes frustes, des an goisses invincibles des natures égoïstes et des cœurs amoureux de vivre! Oui, tu n'es que cela, et c’est assez dire que tu n’es qu’un vain fantôme, une apparence inane, un mannequin dérisoire ! Mais pour ceux qui inconsciemment t’ont créé, pour ceux qui dans l’instinct sourd de leur complémentarisme
244 l’initiation t’ont donné ainsi naissance, tu deviens, vain fan tôme, la plus obsédante des réalités; apparence inane, tu affectes la puissance tangible d’un être supérieur; tu t'ériges enfin, mannequin dérisoire, dans une solennelle et tragique horreur 1 Tu vois, ô Sombre interrogateur, que j’ai sondé profondément le mystère de tes entrailles, et que j’ai éclairé de l’indéfectible flambeau le secret de ta vile origine !
Et maintenant, veux-tu toujours que je te réponde ?
Oui, je le ferai, car, ayant vaincu l’ignorance au prix, de mille’ douleurs, je possède la lumière céleste, devant laquelle aucune ombre ne saurait subsister; ayant vaincu la superstition, je me suis retrouvé moi-même, dans la plénitude absolue de mon être; enfin, - ayant vaincu la peur de la mort, je m’épa nouis à jamais dans la vie éternelle, et tes menaces glissent sans elTet sur mon armure infrangible !
Et voici, ta prétendue Enigme est claire comme le jour. D aucuns t’ont dit: « C’est l’Homme », et tu t’es déclaré satisfait.
Je pourrais me borner à te dire présentement : «C’est la Créature, quelle qu’elle soit, qui, résidant d’abord dans le Jardin quaternaire du Bonheur inconscient, dans le sein sacré d’Aditi ou de l’indivision primitive, arrive peu à peu à faire œuvre de séparation et d’égoïsme et à opposer le moi au non-moi, le Bien au Mal, le Mérite au Dé mérite, jusqu’à ce que, blessée et fourbue par les jeux meurtriers de la loi du Binaire, elle se réfugie dans la loi ternaire de l’intelligence rédemptrice, laquelle fait disparaître toute contradiction, concilie toutes les antinomies, et met fin à toute douleur!
l ' « lï-SfciN • ................................................... L ENIGME Voilà ce que, sans être Œdipe, je pourrais jeter à ' ta face d’ombre! Mais écoute encore, ô Sphinx, écoute, je veux compléter ton instruction, et. cette fois-ci, je l’espère, tu ne m’interrogeras plus.
Ecoute: l’interrogé n’est pas différent de celui qui l’interroge: les deux ne font qu’un ; la vie de chacun de nous est tout simplement la réponse aux éternelles questions que le Grand Etre se pose à lui-même et qu’il résoud dans son Intelligence. Poser une question, c’est créer ; réfléchir pour y répondre, c’est vivre; la résoudre, c’est mourir.
Notre vie est donc contenue et puise sa raison d’être dans la question spéciale adressée à. chacun de vous par le souverain interrogateur. Mais cette vie n’est par là même qu’un reflet, car son essence véritable réside dans l’esprit unique et divin du questionneur lui-même.
C’est dans cet esprit divin, dans ce foyer inextinguible où resplendit l’identité de tous les êtres, que nous devons placer notre conscience ; c’est là que doit s’accomplir notre libération défini tive, et là que doit nous être révélé le mystère éclatant de la joie éternelle. O Esprit de tous les es prits, dont la vérité évidente est par elle-même le seul mode de pensée, de parole et d’action!
Esprit qui te questionnes toi-même et te réponds à toimême en un même instant! O sublime question qui, avant même d’avoir été posée, renfermes en toi ta réponse ! O silence qui te proposes l’énigme de ton être, et qui la résouds par la plénitude de ton si lence ! Victorieux amour! Ineffables hyménées ! O Sphinx, que m’importent mon corps et ses ava-
'' •*» je m’affirme à l’infini dans l’homogénéité être, dans la prairie sans limites de mon Je parle de moi-même à moi-même.
Je me ■24G l'initiation tars. que m’importent la maladie, la pauvreté et les pires abandons, que m’importent les affres de la mort, puisque j’ai déserté depuis longtemps le bour bier immonde où les hommes engendrent des bêtes •féroces, où les créatures se traînent en gémissant, où les yeux s’observent, où les mains s’épient, où les sexes ne se recherchent que pour mieux s'entre-dé vorer.
Vois ! de mon Identité, propose et je m'oppose sans me contredire jamais. Je m’engendre sans échapper à moi-même. Je me possède sous mes myriades de faces, sous mes my riades d'angles, sous mes myriades d’attributs; et je n’ai qu’une face, je n’ai qu’un angle et cepen dant qu’un attribut. Je suis Celui qui se crée incessament pour réserver au Fils la joie toujours nouvelle de s’unir à son Père.
Je suis le Maître de moi-même, l’Ami de moi-même, le Disciple de moi-même. Je suis mon commencement et ma fin, et ma fin n’est que le renouveau de mon commencement. Je suis celui qui se promène en lui-même sans jamais quitter son point de départ. Je suis le Midi éternel, la Jeunesse éternelle de toutes choses, et la perfec tion radicale de tous les êtres. En moi tout commence, en moi tout finit, en moi tout se déroule, en moi tout se maintient.
Je suis la Flamme immobile qui brûle dans le cœur des Sages, et devant la splen deur de laquelle les Sages se prosternent en fermant les yeux. Je suis le Centre unique de tous, les cenL ÉNIGME 247 très, d’où partent tous les rayons, où tous les rayons viennent converger. Je suis le verbe unique Æhieh, que répètent en soupirant toutes les poitrines ; je suis la syllabe unique d’amour Aum,. que répètent en battant tous les cœurs.
Je suis l'irrésistible Évidence, dont les rayons; décomposés par tes yeux décevants, se changent en énigmes pour le monde des Corps. O Sphinx, as-tu compris? Salut! je suis ta face de lumière! A moi la Synthèse, à toi l’Ana lyse!
Es-tu content de ton sort? » — « Juges-en,. dit le Sphinx, et dis-moi s’il est possible que je m’ennuie avec de tels imitateurs? » Je tournai les yeux, et je tendis l’oreille : «Citoyens! tonnait une voix féroce, citoyens! Mon ignoble adversaire vous trompe ! Savez-vous ce qu’il faut à un prolétaire pour être heureux?.... Non, vous nele savez pas ?...
Vous êtes trop mo destes, citoyens, mais je vais vous l’apprendre, et, si vous votez pour moi, je me charge de vous lie faire obtenir... plus tard ! Le secret de votre bonheur, le voici : 20 francs par jour, l’absinthe à discrétion, et le droit de dire chaque matin m....... à votre patron !... « Bravo ! hurla l’assemblée, bravo ! ! » Le Sphinx eut un sourire, et je lui tendis la main... Karl Nissa.
La Réincarnation et la Transmigration DES AMES Notes documentaires. CHEZ LES GRECS {Suite') « Que dit-il donc? (Platon). Il n’est point partou assez d'accord avec lui-même pour qu’on puisse aisément saisir sa pensée.
En général il rabaisse les choses sensibles, déplore le commerce de l’âme ayec le corps, affirme qu’elle y est enchaînée, qu'elle s’y trouve ensevelie comme dans un tombeau; il attache beaucoup d’importance à cette maxime en seignée dans les mystères, que l’âme est ici-bas comme dans une prison. » « Ce que Platon appelle la caverne, et Empédocle l'antre, c’est, je crois, le monde sensible ; briser ses chaînes et sortir de la caverne, c’est, pour l’âme, s'élever au monde intelligible.
Dans le Phédon, Pla ton affirme que la cause de la chute de l’âme c’est la perte de ses ailes, qu’après être remontée là-haut elle est ramenée ici-bas par les périodes, qu’il y a des âmes envoyées sur la terre par les jugements, i ■ I • ÊU ; • • ■ , V.’î-: » ■ «■.
RÉINCARNATION ETTRANSMIGRATÏON DES AMES 249 les sorts, les conditions, les nécessités; en même temps, il blâme la descente de l’âme dans le corps. « Alors, comme on le dit, elle a perdu scs ailes, elle est enchaînée dans les liens du corps, parce qu’elle a renoncé à l’existence calme dont elle jouis sait en partageant avec l’âme universelle l’adminis tration du monde; Car elle menait une vie bien meilleure quand elle était là-haut.
L’âme tombée est donc enchaînée, emprisonnée, obligée d’avoir recours aux sens, parce qu’elle ne peut d’abord faire usage de l’intelligence ; elle est ensevelie, comme on le dit, dans un tombeau, dans une caverne.
Mais, par sa conversion vers la pensée elle brise ses chaînes, elle remonte aux régions su périeures, quand elle part des données de la réminis cence pour s’élever à la contemplation des Essences, car elle regarde toujours, même après sa chute, quelque chose de supérieur au corps.
« Les âmes ont aussi une double vie, puisqu’elles vivent tour à tour dans le monde intelligible et dans le monde sensible; plus longtemps dans le monde intelligible quand elles peuvent rester unies à l’intelligence su prême d’une manière durable ; plus longtemps icibas, quand leur nature ou quand leur sort leur im pose une destinée contraire. La descente des âmes n’est ni tout à fait volon taire, ni tout à fait involontaire.
En effet, ce n’est jamais volontairement qu’un être déchoit, mais comme c’est par son mouvement propre qu’il s’a baisse aux choses inférieures et qu’il arrive à une condition moins heureuse, on dit qu'il porte la peine —
250 L’INITIATION de sa conduite. D’ailleurs, c’est par une loi éter nelle de la nature que cet être agit et pâtit de cette manière. Il y a ici pour l’âme deux fautes passibles: la première consiste dans le motif qui la détermine ¿descendre; la seconde, dans le mal qu’elle com met quand elle est descendue ici-bas. La première faute est expiée par l'état même où s'est trouvée l’âme en descendant ici-bas.
La punition de la se conde faute, quand elle est légère, c’est de passer dans d’autres corps plus ou moins promptement d après le jugement porté sur ce qu’elle mérite; mais, quand l’âme a une perversité qui dépasse toute mesure, elle subit, sous la garde des démons préposés à son châtiment, les peines sévères qu'elle a encourues.
« Ainsi, quoique l’âme ait une essence divine, que, soit originaire du monde intelligible, elle entre dans un corps, une fois descendue dans le corps, l’âme peut s’y complaire, au lieu de chercher à s’en séparer; elle peut, oubliant sa patrie intelligible, se donner au monde inférieur qu’elle est venue ha biter. C’est là le mal véritable.
Il a son origine dans la partie irraisonnable de l’âme qui nous trouble par les passions, nous égare par les illusions de l’imagination et nous conduit à commettre des fautes. Aussi cette partie irraisonnable est-elle punie après la mort parles souffrances qu’elle subit,quand nous sommes condamnés par la justice divine à passer dans un nouveau corps.
La nature de ce corps est toujours en harmonie avec la disposition que nous avons contractée dans l’existence antérieure,
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 251 ■et h métempsycose est ainsi notre naturelle et né cessaire punition, jusqu’au terme de chacune des périodes de la vie du monde, où, affranchies de leurs corps, toutes les âmes reviennent, sans perdre leur nature propre et leur indépendance, habiter le monde intelligible avec l’Ame universelle.
Tout en tière à la pensée, l'âme n’a pas non plus besoin de faire un retour sur elle-même pour se connaître; Elle se pense en pensant l’intelligible dont elle a pris la forme et avec lequel elle s’est identifiée : d’un côté, par le regard qu’elle jette sur toutes choses, elle s’embrasse elle-même dans l’intuition de toutes choses ; d’un autre côté, par le regard qu’elle jette sur elle-même, elle embrasse toutes choses dans cette intuition.
C’est de la même manière qu’elle connaît les autres âmes. « Dans cet état, l’âme jouit de la vraie béatitude. Elle possède en effet la vie parfaite et véritable qui consiste dans l’acte de l’intelligence. Elle est com plètement libre, puisque désormais indépendante des choses étrangères à sa nature, elle appartient à elle-même et exerce son activité en elle-même.
Elle jouit alors d’une vie véritablement conforme à sa volonté ; car la volonté ne tend qu'au bien, et, par l’intelligence, l’âme reçoit/du Bien absolu la forme qui la rend semblable à lui.
Arrivée ainsi au but suprême auquel aspirait son amour, l’âme s’unit d’une manière ineffable à celui dont tous les êtres reçoivent leur perfection, et cette union, qui l'ab sorbe et la ravit, comble tous ses veux. » Le Traité des Mystères égyptiens dejamblique dit:
252 l’initiation « Avant d’être exilée dans un corps, l’âme avait entendu l'harmonie des cieux ; si des accents analo gues à ces divins concerts, qu'elle se rappelle tou jours, viennent la. frapper, elle tressaille, elle en est ravie et transportée.
« Pour nous qui avons la vue très courte, nous ne considérons queles choses présentes,et qu’elle est et comment se comporte la vie actuelle; mais les êtres qui nous sont supérieurs voient la vie entière de l’âme et ses existences antérieures, et,s’ils infligent une peine, à la suite d’une invocation, ils ne l’appli quent point en dehors de la justice, mais en atteignant alors les fautes commises dans les existences anté rieures par l’âme de ceux qui sont châtiés.Les hom mes ne considérant point cela pensent qu’ils tom bent injustement dans les malheurs qu’ils subis sent. » Enfin Apollonius de Thyane nous dit :«Les pa rents sont les moyens et non. la cause de la nais sance des enfants, comme la terre fait sortir de son sein les plantes, mais ne les produit pas.
Ce ne sont pas les individus visibles qui se modifient, c’est la substance universelle qui se modifie en. chacun d’eux. LES LATINS Virgile, le meilleur poète de l’antique tradition, croyait également à la métempsycose, mais d’un ordre plus élevé. Voici ce qu’il dit d’abord dans son Enéide, livre VI : « Cependant Enée aperçoit, dans
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AKRS 253 le fond du vallon, un bocage solitaire, plein d’ar brisseaux sonores, agités par le vent. Le Léthé ar rose de son onde ce paisible séjour. Sur ses rives voltigent des nations et des peuples sans nombre.
Telles, dans un beau jour d’été, on voit les abeilles répandues dans les prairies, se poser sur diverses fleurs et se presser autour des lis éclatants de blan cheur; toute la plaine retentit de leur bourdonne ment. Enée tressaille à la vue du spectacle qui s’offre à lui et veut en connaître la cause, et quels peuples, si nombreux, couvrent ses rivages.
Anchise répond : « Ces âmes, à qui les destins doivent d’autres corps, viennent boire dans les eaux du Lé thé la sécurité et le long oubli.
Dès longtemps, ô mon fils! je voulais te parler de ces âmes, les mon trer, ici, à tes regards, et te faire» compter notre nombreuse postérité, afin que tu goûtes mieux avec moi la joie d’avoir trouvé l’Italie. — O mon père, faut-il croire que des âmes remontent d’ici au sé jour éthéré, et qu’elles rentrent de nouveau dans des corps grossiers?
D’où leur vient ce fol amour de la vie? — Je vais te l’apprendre, ô mon fils ! et je ne ferai pas languir ta curiosité. » Et aussitôt Anchise lui dévoile en détail ces grands secrets : D’abord, et le ciel, et la terre, et les mers, le globe lumineux de la Lune, et l’astre de Titan, sont pénétrés, nourris par un même principe, âme uni verselle qui, répandue dans les veines du monde, en meut toute la masse et se mêle avec ce grand corps. De là sont appelés à la vie les hommes et les di verses espèces d’animaux qui peuplent la terre, les
254 ’ ' l’initiation oiseaux dans les airs, et les monstres que la mer contient dans ses profondeurs ; il y a dans ces êtres un feu vivifiant émané des cieux ; donc l’activité s’émousse, s’il s’unit à des corps pesants, à des or ganes grossiers, à des membres périssables : de là naissent la crainte, les désirs, la douleur et la joie.- Enfermées dans les ténèbres de leur obscure prison, • les âmes ne regardent plus les cieux; et même, lorsque, au dernier jour, la vie s’est retirée, les malheureuses ne peuvent se dégager entièrement des maux et des souillures du corps : car dans cette longue union avec la matière, les vices, s’invété rant, ont laissé en elles des traces presque ineffa çables.
Elles subissent donc des châtiments et expient dans les supplices leurs anciennes fautes. Les unes, suspendûes dans les airs, sont le jouet des vents; les autres, dans un vaste gouffre, lavent les taches infectes de leurs corps ou s’épurent par le feu. Chacun de nous est soumis au châtiment, réservé à ses mânes ; ensuite, nous sommes envoyés dans le vaste Elysée, dont les riantes campagnes n’ont que peu d’habitants.
Lorsque, dans la succession des âges, après mille années ’révolues, le temps a effacé les souil lures des âmes et ne leur a laissé que les simples éléments du feu primitif et la pure essence éthérée, un dieu appelle leur nombreuse foule sur les bords du Léthé, afin qu’oubliant le passé elles puissent revoir la voûte des cieux, et qu’elles désirent re tourner dans de nouveaux corps. » L’auteur du Livre des Métamorphoses, Ovide le i
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES poète pythagoricien croit aussi à une métempsy cose plus élevée que l’existence terrestre. Dans son poème qui est l’expression vivante de la foi antique il s’écrie : « Vienne quand il voudra ce jour qui n’a de droit que sur mon corps ; qu’il termine pour moi l'espace d’une vie incertaine.
Dans la meilleure partie de moi-même je serai emporté immortel audessus des astres élevés, et mon nom sera indélé bile. » Cicéron prête au vieux Caton dans son traité de la Vieillesse les paroles suivantes : « Quant à l’ori gine éternelle des âmes, je ne vois pas qu’on en puisse douter, s’il est vrai que les hommes vien nent au monde munis d’un grand nombre de con naissances.
Or, une grande marque que cela est ainsi, c’est la faculté et la promptitude avec laquelle les enfants apprennent ces arts très difficiles où il y a une infinité de choses à comprendre, ce qui donne lieu de croire qu’elles ne sont pas nouvelles, et qu’en les leur apprenant on ne fait que leur en rappeler la mémoire. C’est ce que nous apprend notre divin Platon.
«jamais on ne nous persuadera, mon cher Scipion, que ni votre père Paul Emile, ni vos deux aïeux Paul et Scipion l’Africain, ni le père de celui-ci, ni son oncle, ni tant d’autres grands hommes dont il n’est pas besoin de faire le dénombrement, auraient entrepris tant de grandes choses dont la postérité conservait la mémoire, s’ils n’eussent vu clairement que l’avenir même le plus éloigné ne les regardait pas moins que le présent. Et, pour me vanter aussi
■ ----- • L INITIATION la coutume, des vieillards, croyeztravaillé nuit et jour, comme je a mon tour selon vous que j’eusse l'ai fait et à la guerre et dans l’intérieur de la Ré publique, si la gloire de mes travaux eût dû finir avec ma vie? N’aurais-je pas, sans comparaison, mieux fait de la passer dans le repos, sans m’em barrasser d’aucune sorte d’affaires ?
Mais mon âme s’élevant en quelque sorte au-dessus du temps que j’ai à vivre, a toujours porté ses yeux jusqu’à la postérité et j’ai toujours compté que ce serait après la fin de cette vie mortelle, que je serais le’ plus vivant. C’est ainsi que tous les grands hommes comptent, et, si l’âme n’était immortelle, ils ne fe raient pas tant d’efforts pour arriver à l’immortalité. Pour terminer, nous donnerons l’opinion de l’ini tié au mystère Apulée.
« L’âme naît en ce monde en quittant l'âme du monde où son existence a précédé celle que nous connaissons. Ainsi les dieux qui considèrent ses actions dans toutes les phases de diverses existences et dans l’ensemble, la punissent quelquefois pour les péchés qu’elle a commis pendant une vie anterieure. Elle meurt quand elle se sépare du corps dans lequel elle a traversé cette vie comme en une frêle barque.
Et c’est, si je ne me trompe, le .sens secret de l’inscription tumulaire, si simple pour l’initié: « Aux dieux mânes qui ont vécu. » Mais ce genre de mort n’annihile pas l’âme, elle ne fait que la transformer en une lémure. Les lémures sont les mânes ou fantômes que nous connaissons sous le nom de larves.
Quand ils se tiennent à l’écart et nous témoignent unebienfaiRÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 257* sanie protection, nous honorons en eux les divines: protectrices de la famille terrestre ; mais, si leurs crimes les condamnent à errer, nous les appelons larves, ils sont le fléau des méchants et la vaine terreur des bons. » (Du Dieu de Socrate.) Salluste, Ammien - Marcellin, Pomponius Mêla, Valère, Maxime, Diodore de Sicile, Jules César, etc., nous ont laissé les témoignages, les plus probant, sur les croyances des Druides et des Gau lois en général à l'immortalité de l’âme et au retour de celle-ci dans un nouveau corps pour y subir une nouvelle épreuve.
« Ils s’attachent, dit Jules César dans ses Commen taires, surtout à persuader que les âmes ne périssent pas, mais qu'elles passent d'un corps dans un autre. Ils croient que ce dogme exalte le courage et fait mépriser la mort. » i « Il est un de leurs dogmes, dit encore Pompo nius Mêla, qu’ils ont laissé transpirer au dehors, c’est que les âmes sont éternelles et. qu’il y a une vie chez les mânes.
De là l’usage où sont ces peuples de brûler et d’enterrer avec les morts ce que ceux-ci ont affectionné pendant leur vie. Delà vient encore que jadis ils ajournaient à leur arrivée dans l’autre monde la régularisation de leurs affaires et le payement de leur dettes. » Diodore de Sicile dit enfin : Ils font prévaloir l’opi nion de Pythagore qui veut que les âmes soient im mortelles et qu’elles aillent animer d’autres corps. C’est pourquoi, lorsqu’ils brûlent leurs morts, ils jettent dans le bûcher des lettres qu’ils adressent
258 l’initiation à leurs parents ou à leur amis défunts, comme sceux-ci devaient les recevoir et les lire. » OPINIONS DE QUELQUES AUTEURS MODERNES a Souvent un bel objet, un son plaintif ou tendre Fait rêver : Et, troublé dans sa paix, le cœur cherche à comprendre Sans trouver. Mais nous avons aimé dans une autre existence Et pleuré. Le mystère charmant de la ressouvenance Est sacré. (Kalidasa [Sakeuntala]). Fr. de Bergaione.
Le célèbre métaphysicien Leibnitz veut que la monade humaine soit passée successivement par le règne végétal, puis animal, et, une fois arrivée au summum de l’animalité, elle reçoit la raison par une sorte de transcréation.
Voici ce qu’il dit à ce sujet : « Après avoir établi un si bel ordre et des règles si générales à l'égard des animaux, il ne paraît pasraisonnable que l’homme en soit exclu entièrement, et que tout se fasse en lui par miracle, par rapport à son âme. Aussi ai-je fait remarquer, plus d'une fois, qu’il est de la sagesse de Dieu que tout soit harmonique dans ses ouvrages, et que la nature soit parallèle à la grâce. Ainsi je croirais que les âmes, qui seront un jour âmes humaines, comme celles
réincarnation et TRANSMIGRATION DES AMES 259 des autres espèces, ont été dans • les. semences et dans les ancêtres jusqu’à Adam, et ont existé par conséquent depuis le commencement des choses, toujours dans une manière de corps organisé; en quoi il semble que M. Swammerdam, le R. P.
Malebranche, M. Bayle, M. Pitcarne, M. Hartfocker et quantité d’autres personnes très habiles, soient de mon sentiment; et cette doctrine est assez confirmée par les observations microscopiques de M. Leuwenhock et d’autres bons observateurs.
Mais il me paraît encore convenable, pour plusieurs raisons, qu’elles n’existaient alors qu'en âmes sensitives ou animales, douées de perception et de sentiment, et destituées de raison, et qu’elles sont demeurées dans cet état jusqu’au temps de la génération de l’homme à qui elles devaient appartenir, mais qu’alors elles ont reçu la raison, soit qu’il y ait un moyen naturel d’élever une âme sensitive au degré d’âme raisonnable, soit que Dieu ait donné la raison à cette âme par une opération particulière, ou par une espèce de trans création.
Ce qui est d’autant plus aisé à admettre, que la révélation enseigne beaucoup d’autres opéra tions immédiates sur nos âmes.
« Or, comme j’aime les maximes qui se sou tiennent, et où il y ait le moins d’exceptions qu’il est possible, voici ce qui m’a paru le plus raison nable en tout sens sur cette importante question : Je tiens que les âmes, et généralement les substances simples, ne sauraient commencer que par la création, ni finir que par l’annihilation; et, comme la forma tion des corps organiques animés ne paraît explicable
:—— •. ■■■ •••, • I • . - , .-’A 260 l’initiation dans l’ordre de la nature que lorsqu’on suppose une préformation déjà organique, j’en ai inféré que ce que nous appelons génération d’un animal n’est qu’une transformation et augmentation ; ainsi, puisque le même corps était déjà organisé, il est à croire qu’il était déjà animé, et qu’il avait la même âme; de même que je juge vice versa de la conser vation de l’âme lorsqu’elle est créée une fois, que l’animal est conservé aussi, et que la mort apparente n’est qu’un enveloppement, n'y ayant point d’appa rence que dans l'ordre de la nature il y ait des âmes entièrement séparées de tout corps, ni que ce qui ne commence point naturellement puisse cesser par les forces de la nature (1). » « Le présent, dit cet auteur, est le fruit du passé et le germe de l’avenir. » Lessing, appelé quelquefois le Diderot de l’Alle magne, dans son œuvre : Éducation du Genre humain, qui parut en 1781, un an avant sa mort, donne dans ce travail un exposé très clair de l’évolution accom plie au moyen de plusieurs existences : « Pourquoi, dit-il, l’idée qu’un homme a pu, comme individua lité, exister plusieurs fois sous une différente person nalité, semble-t-elle plus impossible que l’idée ancrée en nous d’une seule existence ?
« Cette manière de voir n’est-elle si ridicule, si impossible, que parce que c’est une des plus vieilles qu’il y ait en ce monde? « Et ne lui fait-on pas aussi la guerre simplement (1) Leibnitz, Théodicée, part. I, ço.
■. ■ ■ ■ . RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 261 parce qu'elle est une partie intacte, restée debout, de ce corps de doctrine, chef-d’œuvre de l’entende ment humain, non encore obscurci, dénaturé par les sophismes de l’Ecole ?
« En quoi ma raison peut-elle sérieusement se trouver blessée par cette affirmation que j’ai déjà, bien des fois, entrepris ces voyages de perfectionne ment, d’épuration, où, en passant, j’ai ressenti joies et douleurs éphémères, récolté des espérances?
« Pourquoi trouverais-je plus impossible la croyance en la répétition de ce trajet de la vie, avec ces alternatives de travail et de repos, que l’assurance d’une seule tournée, n’ayant, pour alléger la souf france de la route, que l’espoir d’une éternelle ré compense ?
« La capacité que je sens en moi de pouvoir pro gresser continuellement pendant cette vie ; la faculté que j’ai de pouvoir acquérir toujours et toujours de nouvelles connaissances, à mesure que j'avance en âge, la moisson d’expérience qu’il m’est permis de faire au cours de mon existence présente, — ne me disent-ils pas de nouveaux retours ici-bas ?
« Si personne n’ose me fairecette objection, qu’en général, en quittant cette vie, l’on sait tout, et que, n’ayant plus rien à apprendre, il est inutile d’y reve nir, on va sans doute me répondre qu'ayant oublié, au retour, tout ce que j’avais appris, on ne voit pas où peut être le bénéfice de ces commencements.
« Tout d’abord, je dois dire : qu’heureux, bien heureux, je suis que certaines conditions de mon passé soient effacées de ma mémoire, sûr que leur
262 l’initiation souvenir ne pourrait que nuire à mon développe ment actuel. Et puis, qui sait combien et comment nous revient l’acquis du passé ? (Socrate disait : Savoir, c’est souvent se ressouvenir.) Qui sait si ce dont nous avons entièrement perdu le souvenir, pour le moment, ne reviendra pas à notre pleine connais sance, un jour ?
« Mais, va-t-on m'objecter, que de temps perdu dans cette interminable procédé de progression et d’évolution par les périodes d’obscurité et d’oubli !
« Où peut-il y avoir du temps perdu, répondrai-je pour celui qui, avançant dans l’espace infini, se .sait éternel ? » Ecoutons maintenant le théosophe, l’illuminé Louis-Claude de Saint-Martin, le philosophe incon nu, qui fut le grand réalisateur du Martinisme: « L’homme, dit ce maître vénéré, est assujetti depuis sa chute à une transmutation continuelle de différents états successifs, avant d’arriver à son terme, tandis que le premier auteur de tout ce qui existe fut et sera toujours ce qu’il est et ce qu’il devrait être {Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers, t.
1er, p. 136). « Notre être pensant doit s’attendre à des dévelop pements immenses quand il sera sorti de la prison corporelle, où il prend une forme initiatrice. J’aperçois une loi superbe. Plus les proportions se rapprochent de leur terme central et générateur, plus elles sont grandes et puissantes. Cette merveille que tu nous permets de sentir, ô vérité divine, suffit à l’homme qui t’aime et qui te cherche. 11 voit en paix dévider
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 263 ses jours ; il le voit avec plaisir et ravissement, parce -qu’il sait que chaque tour de la roue du temps rapproche pour lui cette proportion sublime, qui a Dieu pour le premier de ses termes. » (L’homme de -désir.) « Plus loin dans le même ouvrage : « La mort ne doit se regarder que comme un relais dans notre voyage.
Nous arrivons à ce relais avec des chevaux fatigués et usés et nous y revenons pour en prendre qui soient frais et en état de nous conduire plus loin ; mais aussi il faut payer tout ce qu'on doit pour la course qui est faite, et jusqu'à ce que le compte soit soldé, on ne vous met point en route pour la course suivante. » « Les épreuves et les contrariétés auxquelles nous sommes soumis deviennent des croix pour nous, quand nous restons au-dessous d’elles; elles devien nent des échelons et des moyens d'ascensions quand nous nous tenons au-dessus, et la sagesse, qui nous y expose n’a pas d’autres intentions que de nous élever et de nous guérir au lieu de ces idées cruelles, vengeresses et malfaisantes que le vulgaire lui prête généralement. » H.
Balzac, le Tytan, l’analyste profond, traite aussi, dans son sublime poème de Séraphitus-Séraphita, de la transmigration des âmes avant d’arriver au monde de la lumière. Voici ce qu’il dit : « Peu de créatures savent choisir entre ces deux extrêmes : ou rester ou partir, ou la fange ou le ciel. Chacun hésite. La faiblesse commence l’égarement, la passion entraîne dans la mauvaise voie, le vice,
264 L’INITIATION qui est une habitude, y embourbe, et l'homme ne fait aucun progrès vers les états meilleurs. Tous les •êtres passent une première vie dans la sphère des instincts où ils travaillent à reconnaître l’inutilité des trésors terrestres après s’être donné mille peines pour les amasser.
Combien de fois vit-on dans ce premier monde avant d’en sortir préparé pour recommencer d’autres épreuves dans la sphère des abstractions où la pensée s’exerce en de fausse science, où l’esprit se lasse enfin de paroles humaines ; car, la matière épuisée, vient l’esprit?
Combien de formes l’être promis au ciel a-t-il usées avant d’en venir à com prendre le prix du silence et de la solitude dont les steppes étoilées sont le parvis des mondes spirituels! Après avoir expérimenté le vide et le néant, les yeux se tournent vers le bon chemin. C’est alors d’autres existences à user pour arriver au sentier où brille la lumière. La mort est le relais de ce voyage.
Les expériences se font alors en sens inverses; il faut souvent toute une vie pour acquérir les vertus qui sont l’opposé des erreurs dans lesquelles l’homme a précédemment vécu. Ainsi vient la vie où l’on souffre, et dont les tortures donnent soif de l'amour.
Ensuite la vie où l’on aime et où le dévouement pour la créature apprend le dévouement pour le Créateur, où les- vertus de l'amour, ses mille mar tyres, son angélique espoir, ses joies suivies de dou leurs, sa patience, sa résignation, excitent l'appétit des choses divines. Après vient la vie où l’on cher che dans le silence les traces de la parole, où l’on devient humble et charitable. Puis la vie où l'on
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 265 désire. Enfin la vie où l’on prie. Là est l'éternel midi, là sont les fleurs, là est la moisson ! Les qualités acquises, et qui se développent lentement en nous, sont les biens invisibles qui rattachent chacune de nos existences l’une à l’autre et que l’âme seule se rappelle, car la matière ne peut se ressouvenir d’au cune des choses spirituelles. La pensée seule a la tradition de l’antérieur.
Ce legs perpétuel du passé au présent et du pré sent à l’avenir est le secret des génies humains : les uns ont le don des formes, les autres ont le don des nombres, ceux-ci le don des harmonies. Ce sont des progrès dans le chemin de la lumière. Oui, qui pos sède un de ces dons touche par un point à l’infini.
La parole, de laquelle je vous révèle ici quelques mots, la terre se l’est partagée, l’a réduite en pous sière et l’a semée dans ses œuvres, dans ses doc trines, dans ses poésies. Si quelque grain impalpable en reluit dans son ouvrage, vous dites : « Ceci est grand, ceci est vrai, ceci est sublime ! » Ce peu de chose vibre en vous et y attaque le pressentiment du ciel.
Aux uns la maladie qui nous sépare du monde, aux autres la solitude qui nous rapproche de Dieu; à celui-ci la poésie; enfin tout ce qui vous replie sur vous-même, vous frappe et vous écrase, vous élève ou vous abaisse , est un retentissement du monde divin.
Quand un être a tracé droit son premier sillon, il lui suffit pour assurer les autres ; une seule pensée creusée, une voix entendue, une souffrance vive, un seul écho que rencontre en vous la parole, change à jamais votre âme. Tout aboutit à
266 L’INITIATION Dieu; il est donc bien des chances pour le trouver en allant droit devant soi. « Quand arrive le jour heureux où vous mettez le pied dans le chemin et que commence votre pèle rinage, la terre n’en sait rien, elle ne vous comprend plus, vous ne vous entendez plus, elle et vous.
Les hommes qui arrivent à la connaissance de ces choses, et qui disent quelques mots de la parole vraie, ceux-là ne trouvent nulle part où reposer leur tête, ceux-là sont poursuivis comme des bêtes fauves et périssent souvent sur des échafauds à la grande joie des peuples assemblés, tandis que les anges leur ouvrent les portes du ciel.
Votre destination sera donc un secret entre vous et Dieu, comme l’amour est un secret entre deux cœurs ; vous serez le trésor enfoui sur lequel passent les hommes affamés d’or, sans savoir que vous êtes là.
Votre existence devient alors incessamment active; chacun de vos actes a un sens qui se rapporte à Dieu, comme, dans l’amour, vos actions et vos pensées sont pleines de la créature aimée : mais l’amour et ses joies, l’amour et ses plaisirs bornés par les sens, est une imparfaite image de l’amour infini qui vous unit au céleste fiancé.
Toute joie terrestre est suivie d’angoisses,' de mé contentements ; pour que l’amour soit sans dégoût, il faut que la mort le termine au plus fort de sa flamme, vous n’en connaissez alors pas les cendres; mais ici Dieu transforme notre misère en délices, la joie se multiplie alors par elle-mêrrte; elle va crois sant et n’a pas de limites. Ainsi dans la vie terrestre l’amour passager se termine par des tribulations
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 267 donne à toute chose dans votre âme, il il vous désintéresse et vous y intéresse constantes, tandis que dans la vie spirituelle les tri bulations d’un jour se terminent par des joies infinies. Votre âme est incessamment joyeuse.
Vous sentez Dieu près de vous, en vous ; il une saveur sainte, il rayonne vous empreint de sa douceur, de la terre pour vous-même, pour lui-même en vous laissant exercer son pouvoir.
Vous faites en son nom les œuvres qu’il inspire : vous séchez les larmes, vous agissez pour lui, vous n’avez plus rien en propre, vous aimez comme lui les créatures d’un inextinguible amour ; vous les voudriez toutes en marche vers lui, comme une vé ritable amante voudrait voir tous les peuples du monde obéir à son bien-aimé.
« La dernière vie, celle en qui se résument les autres, où se tendent toutes les forces et dont les mérites doivent ouvrir la porte sainte à l’être parfait, est la vie de la prière. Qui vous fera comprendre la grandeur, les majestés, les forces de la prière? « Que ma voix tonne dans vos cœurs et qu’elle les change. Soyez tout à coup ce que vous seriez après les épreuves !
11 est des créatures privilégiées, les prophètes, les voyants, les messagers, les mar tyrs, tous ceux qui souffrirent pour la parole ou qui l’ont proclamée ; ces âmes franchissent d’un bond les sphères humaines et s’élèvent tout à coup à la prière. Ainsi de ceux qui sont dévorés parle feu de la foi. » Fourier, le fondateur de l’école phalanstérienne, nous dit : « Où est le vieillard qui ne voulût être
268 l’initiation sûr de renaître et de rapporter dans une autre vie l’expérience qu’il a acquise dans celle-ci ? Prétendre que ce désir doit rester sans réalisation, c'est ad mettre que Dieu puisse nous tromper.
Il faut donc reconnaître que nous avons déjà vécu avant d’être ce que nous sommes et que plusieurs autres vies nous attendent, les unes renfermées dans le monde ou intra-mondaines, les autres dans une sphère supérieure ou extra-mondaine avec un corps plus subtil et des sens plus délicats. Toutes ces vies, au nombre de huit cent dix, sont distribuées entre cinq périodes d’inégale étendue et embrassent une durée de quatre-vingt-un mille ans.
De ces quatre-vingtun mille ans, nous en passerons vingt-sept mille sur notre planète et cinquante-quatre mille dans l’atmos phère. Au bout de ce temps toutes les âmes parti culières, perdant le sentiment de leur existence propre, se confondront avec l’âme de notre planète, car les astres sont animés comme les hommes.
Le corps de notre planète sera détruit, et leur âme pas sera dans un globe entièrement neuf, dans une co mète de nouvelle formation pour s'élever de là, par un nombre infini de transformations successives, aux degrés les plus sublimes de la hiérarchie des mondes. » (Théorie de l’Unité universelle.) \ Il y a dans notre vie présente certains états, tels qje l’extase et le somnambulisme magnétique, qui nous donnent une faible idée de notre existence fu ture, mais, si nous la pouvions connaître tout en tière, nous n’y résisterions pas : nous aurions hâte
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 26? reux et si mal gouvernés, le genre humain devien drait une hécatombe. « L’âme entre dans le corps à l'époque de la denT tition : Jusque-là l’enfant est animé par la grande âme de la terre.
« Les âmes spéciales étaient avant la vie, elles sont après la vie ; et, au sortir du corps, pour ne point s’isoler des sensations matérielles, elles s’unissent à un corps éthéré, qui pénètre les solides les plus compactes, ou se transfusent dans un corps humain sur notre globe.
Le désir de la métempsy cose avec souvenir de la vie présente est la preuve de ce fait; car Dieu, distribuant les attractions en dose proportionnelle aux destinées, serait un distri buteur inepte, injuste, cruel, s’il ne réalisait pas le désir que tout homme éprouve, à son déclin, d’une renaissance en corps et en lumière acquises précé demment.
11 est fâcheux que le souvenir d’outre tombe nous manque; ce serait une excellente preuve de la transmigration des âmes. » Maintenant nous puiserons dans l’ouvrage du grand philosophe Jean Reynaud {Terre et Ciel)’.
Aussi, quand on songe aux magnifiques clartés que la connaissance de nos existences antérieures répandrait à la fois sur l’ordre actuel de la terre et sur nos espérances touchant l’ordre du ciel, quel frappant symptôme notre défaut de mémoire ne nous donne-t-il pas de l’imperfection de notre constitution psychologique d’aujourd’hui! Nous ne voyons pas d’où nous sommes partis, de même que nous ne voyons pas où nous sommes conduits ;
• I 270 L’INITIATION seulement nous savons que nous venons d’en bas et que nous allons en haut, et il n’en faut pas da vantage pour nous intéressera nous-mêmes et nous apprendre quelle substance nous sommes. Mais qui oserait assurer que notre être ne ren ferme pas dans ses profondeurs de quoi illuminer un jour tous les espaces successivement traversés par nous depuis notre première heure?
Ne savonsnous point, par l’expérience même de cette vie, que des souvenirs qui nous semblaient absolument éteints se ravivent parfois et nous rendent tout à coup un passé que nous avions cru enfoui à jamaisdans les abîmes de l’oubli.
L’étonnante faculté que nous nommons la mémoire est donc de nature à nous garder au fond de nous-même à notre insu, des impressions qui, pour avoir momentanément cessé d’être disposées de manière à surgir à nos ap pels, ne continuent pas moins à faire partie de notre domaine où elles demeurent comme dormantes ; et, dès lors, pourquoi n’en serait-il pas de même de son action à l’égard des événements qui ont pré cédé la période actuelle de notre existence, comme il en est ouvertement de son action à l’égard de tant d’autres événements qui se sont accomplis de notre vivant, et dont nous voyons la trace, après de longs ensevelissements, revenir au jour de temps à autre.
Ce n’est pas vous qui nierez que cette faculté ne soit purement spirituelle, puisque vous ne faitesaucune difficulté de la prolonger, sans distinction, pour toutes les âmes, de cette vie jusque dans la suivante ; et, si elle constitue en effet, comme on ne — .—....... -Hj > |
RÉINCARNATION ET TRANSMIGRATION DES AMES 271 saurait le contester, une des propriétés les plus es sentielles de ¡’esprit, comment pourrait-elle éprou ver de la part de la mort aucune atteinte radicale? Son immortalité le garantit. Le coup du trépas peut bien la troubler; mais, comme un coup de vent trouble la diaphanéité de l’atmosphère, qu’un autre coup de vent rétablit.
D’ailleurs, si notre progrès dans la béatitudé ne consiste pas simplement dans une admission à des mondes meilleurs, mais avant tout dans le dévelop pement des hautes facultés qui sont inhérentes à nos personnnes, comment la puissance de notre mé moire ne serait-elle pas destinée à s’accroître en même temps que toutes les autres puissances dont nous ne jouissons non plus, actuellement, que suivant le mode imparfait qui convient à la terre?
Et, si elle augmente, n’est-il pas à croire qu’elle arrivera donc tôt ou tard à l’énergie nécessaire pour ressaisir les impressions trop délicates et trop loin taines, pour ne pas être disproportionnée à son état d’aujourd’hui?
C’est ce dont je ne doute pas, et ce qui achève de donner à mes yeux toute solidité à une telle espérance, c’est de penser que nous ne saurions atteindre notre couronnement sans que les souvenirs mis en réserve dans les fonds de notre mé moire ne nous soient en effet rendus, car ce ne se rait nous posséder qu’imparfaitement que de ne point posséder complètement notre histoire.
Pour jouir de notre immortalité en pleine lumière, il faut que nous sachions qui nous sommes, et c’est la contempla tion de notre passé qui nous l’enseigne ; et, cette
L INITIATION même plus, car c’est elle qui, contemplation fait par comparaison, nous fait goûter notre béatitude dans toute sa profondeur, en nous montrant à côté de ce que nous sommes, ce que notre être a été.
Si l’on examinait tous les hommes qui ont passé sur la terre depuis que l’ère des religions savantes y a commencé, on verrait que la grande majorité a • vécu dans la conscience plus ou moins arrêtée d'une existence prolongée par des voies invisibles en deçà comme au delà des limites de cette vie.
Il y a là, en effet, une sorte de symétrie si logique qu'elle a dû séduire les imaginations à première vue : le passé y fait équilibre à l’avenir, et le présent n’est que le pivot entre ce qui n'est plus et ce qui n’est pas en core. »
PARTIE LITTÉRAIRE lies seienees psychiques à l’fleadémie des Seienees On connaît le scepticisme professé jusqu’ici par la très grande majorité des savants à l’égard des phénomènes psychiques : c’est tout au plus s’ils consentent à reconnaître la réalité de l’hypnotisme dont l’importance leur paraît d’ailleurs avoir été singulièrement exagérée par ceux qui l’ont étudié les premiers.
Aussi convient-il de signaler au public le fait qui vient de se produire à l’Académie des sciences et qui autorise peut-être à supposer que les re cherches psychiques vont désormais trouver auprès des représentants officiels de la science un accueil moins par tial et plus favorable.
L’Académie, en effet, a accepté au cours de l’année 1910 la fondation d’un prix biennal de 3.000 francs, Jle prix Fanny Emden, destiné à récompenser le meilleur ouvrage concernant l'hypnotisme, la suggestion, et, en général, les actions physiologiques qui pourraient être exercées à dis tance sur l'organisme animal.
Il est facile de reconnaître dans la dernière partie de cet énoncé le vieux magnétisme animal de Mesmer et de Puységur que les savants du xvm® et XIXe siècle croyaient avoir enterré pour jamais avec la quadrature du cercle et le mouvement perpétuel. Grâce à la générosité de la fondatrice, le prix a pu être mis immédiatement au concours.
Il semble que la commis sion ait craint qu’on ne la soupçonnât, si elle décernait immédiatement le prix, de reconnaître d’ores et déjà la
274 L’INITIATION réalité des phénomènes psychiques et d’accorder ainsi prématurément une sorte de consécration scientifique aux recherches qui ont ces phénomènes pour objet.
On ne pouvait pas s’attendre en effet à ce que des savants aux quels ces phénomènes n’é.taient connus jusqu’ici que par ouï dire et qui n'avaient à l’égard de ces recherches pas beaucoup plus de compétence spéciale que des gens du monde, dépouilleraient du premier coup le scepticisme traditionnel.
L’Académie s’est donc prudemment conten tée de récompenser les deux ouvrages où elle a cru retrou ver quelque cho'e de l'esprit et des méthodes des sciences positives, le livre du docteur Ochorowicz, déjà bien ancien (puisqu’il date d'au moins vingt ans), la « Suggestion men tale », et le livre beaucoup plus récent de M. Boirac, la « Psychologie inconnue, introduction et contribution à l'étude expérimentale des sciences psychiques », publié à la librairie Félix Alcan, en 1908, dans la « Bibliothèque contemporaine ».
Ce dernier livre peut être considéré comme un essai de revue systématique de l’ensemble des phénomènes psy chiques.
L’auteur y montre, d’une part, le rapport de ces phénomènes avec les autres phénomènes de la nature, du moins avec tous ceux qui, comme eux, se présentent sous la forme « cryptoïde » (phénomènes réels, mais qui n’ap paraissent pas et ne se révèlent que sous la condition d’excitateurs et de récepteurs appropriés) ; d’autre part, les principales formes qu’ils présentent et qui, selon lui, peuvent se répartir en trois grandes catégories : phéno mènes « hypnoides », suggestion, hypnotisme, dédouble ment de la personnalité ; phénomènes « magnétoïdes », magnétisme animal, télépathie, clairvoyance ; phéno mènes « spiritoïdes », hantise et médiumnité.
Dans les chapitres consacrés à la seconde de ces caté gories, se trouvent rapportées un grand nombre d’obser vations et d’expériences personnelles, dont le rapporteur •de l'Académie n’a pas manqué de faire ressortir l'origi nalité, tout en regrettant, ce semble, de n’avoir pas été
LES SCIENCES PSYCHIQUES 275 appelé à en constater lui-même la réalité. Entre autres celle-ci : « Si I on approche du sujet, qui a les yeux ban- -dés et autour duquel on observe le plus rigoureux silence, les doigts étendus de la main droite, à une distance de huit à dix centimètres, la partie du corps visée se déplace vers la main de l’opérateur. Si c’est la main gauche, rien -de tel, mais il y a une sensation de picotement. » Autre expérience.
L’opérateur et le sujet ont tenu dans la main chacun un verre d’eau ; les deux verres sont placés l’un près de l’autre aux extrémités d’une même salle. Le sujet a d’ailleurs les yeux bandés et l'on observe le plus profond silence.
Si alors on vient à pincer, piquer, frap per l'opérateur, le sujet n’éprouve rien ; mais, si l’on établit entre les deux verres une communication par un fil métal lique plongeant dans l’un et dans l'autre, le sujet se plaint ■de ressentir tout ce qu’on fait éprouver à l’opérateur par les moyens ci-dessus. > Le rapporteur conclut ainsi : « Si M. Boirac arrive à rendre de pareilles expériences incontestables pour les sa vants les plus sceptiques et les plus exigeants, il aura mé rité mieux que le prix dont nous ne pouvons lui attribuer encore qu’une partie à titre d’encouragement. » Le public approuvera volontiers cette conclusion ; mais n’y a-t-il pas là, de la part de l’Académie des sciences, un engagement tacite de prêter son concours, s’il lui est de mandé, à des chercheurs tels que M. Boirac pour les mettre en mesure de rendre leurs expériences incontes tables, ainsi qu’elle les invite elle-même?
S’il devait en être ainsi, le premier concours pour le prix Fanny Emden pourrait bien marquer une date décisive dans l’histoire des sciences psychiques. Jean Auzolat. Le Progrès de la Côte-d'Or. i7 janvier 1912.
L’INITIATION 276 Myrtho « L’Amour est plus fort que la Mort. » Platon entra chez Myrtho. Malgré sa sagesse univer- .selle, le philosophe ne dédaignait pas la conversation spi rituelle, plus brillante que profonde, de la belle courtisane. Une esclave, le visage baigné de larmes, se jeta au-devant du grand homme. — « Malheur ! malheur I criait cette femme en sanglo tant.
Malheur 1 ma maîtresse, bonne entre toutes, veut mourir ! » Platon précipita sa marche. Il vit soudain se dresser devant lui, parmi les roses et les lauriers tout parfumés du sanctuaire, la forme admirable de Myrtho. Le visage de la belle courtisane était pâle et tragique, sa chevelure roulait en désordre, ses mains se crispaient... — « Oui, dit-elle, je veux mourir!
Je n’écouterai plus ta parole douce comme le miel, ô divin Platon; je ne ver rai plus briller dans la mer argentée le soleil levant, ni les beaux adolescents sur l'Agora : car Myrtho, la plus belle des hétaïres, veut mourir.
Son corps divin ne servira plus de modèle aux sculpteurs; sa chevelure d’or, toute parfumée, n’enivrera plus jamais les poètes chéris des Muses éternelles; ses yeux ne seront plus les belles étoiles qui inspirèrent tant de vers admirables: sa parole douce et chantante ne réveillera plus les échos de cette maison hospitalière ; sa bouche ne donnera plus ses baisers brû lants qui la rendirent fameuse jusque chez les barbares : car Myrtho, la plus belle des hétaïres, veut mourir !
« O Platon ! divin philosophe, Myrtho aux cheveux d’or aime et n’est pas aimée I Tous les hommes sont épris de son corps ou de son âme; tous veulent aspirer le parfum de sa chevelure, tous veulent baiser sa bouche, tous veulent goûter la douceur ou l’ardeur de ses caresses, tous,
oui, tous... hormis Stephanos Saccas. Il est beau comme un dieu, il est jeune et il est chaste; il aime une vierge, mais il ne m’aime pas. J’ai voulu lui livrer mon corps, il a refusé; j’ai voulu l’enivrer du parfum de ma chevelure : il s’est écarté ; j’ai voulu lui donner ma bouche voluptueuse : il s’est moqué de moi !... Mourir, je veux mourir! » La courtisane s’affaissa au milieu des roses et des lau riers.
Le philosophe la prit dans ses bras et lui mit un bai ser sur les lèvres. Il lui répandit des fleurs sur la tète, sur la poitrine nue, et il sortit, pensif et mélancolique, suivi du fantôme de l’amour. A. Porte du Trait des Ages. Liberté I Liberté I Liberté! Je viens de lire le compte rendu du procès Durville, et cela m’amène à me demander où commence et où finit l’exercice illégal de la médecine.
A la réflexion l’alpha c’est le Bien ; l’oméga, générale ment la Condamnation. Est-ce logique et bien digne T J’en doute, et beaucoup sans doute pensent comme moi. . Il faudrait pourtant s'entendre. Hier, MM. Durville père et fils — ce dernier médecin — M. Bonnet et Mme Dufourny étaient condamnés à de fortes amendes. Il y a ’quelques jours, Mme Laloz était pour les mêmes faits ac quittée.
En raison sans doute du bien qu’elle fit, les palmes académiques lui furent décernées. Alors ! il y a vraiment de quoi être perplexe ! L’une acquittée, l’autre condamné. Quelle triste idée de la valeur de notre magistrature ! Condamner parce que l’on guérit, vraiment, c’est in croyable. Vous pensez peut-être que vous avez le droit de soulager votre semblable, votre frère de misère? Haite-là, dit le Syndicat des médecins, où sont vos diplômes?
Com ment? vous n'en possédez aucun? Vos moyens, naturels, dites-vous, votre cœur, votre désir, qu’est-ce que c’est que tout cela ? y
Le ig mai 1912. 278 l’initiation Eh ! bien tout cela, c’est votre avoir, c’est toute la bonté de votre âme, c’est votre Foi, la Prière, les enseignements de Jésus. Ne croyez pas que vous ayez légalement le droit d’en disposer, de les mettre en actions. Jamais t c'est la forte amende, peut-être la prison. Voilà, mes amis, mes fr à quoi chaque jour vous vous exposez.
Mais qu’importe 1 et je me demande si d’encourir cette peine, qui honore, n’est pas un don du Ciel. Je ne sais de combien de membres est composé le Syn dicat des médecins. Je crois cependant que les amendes — 1600 francs — font une somme bien minime pour chacun.. A notre tourne serions-nous pas en droit de poursuivre les dits morticoles pour insuffisance de capacités ?
Effecti vement, vous pouvez être certains que la majorité des ma lades qui viennent trouver les uns le magnétisme, les autres le thaumaturge a épuisé la science officielle. On demande le magnétisme naturel ou le magnétisme spiri tuel, alors qu'après avoir essayé toutes les formules du. Codex le malade n'a eu aucun soulagement. Tous les médecins sont-ils ainsi pétris d’un vulgaire in térêt?
Non, j’en connais quelques uns dont lacarrière mé dicale n’est faite que de dévouement, dépense de temps, voire même d’argent. Pour ceux-là le cœur porte la re connaissance infinie, la vénération. N’est-ce pas, docteur Papus ? Les autres font de la médecine un métier alors que cet * art devrait être un sacerdoce ! Pauvres médecins que ceux-là et que conclure ? Leur incapacité.
Car, retenez-le bien, nous recueillons-les «laissé pour compte», et ce qu’il y a de plus merveilleux c'est que nous qui n’avons comme Inscriptions que le désir de soulager nous y arrivons. La. conclusion de ceci se résume simplement : 1° Lesamendesserventà entretenir le budgetdu Syndicat • 2° Un sot orgueil dans ce qui sert d’âme à ces inca pables. G. W1LFR1D S. I.
ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE 279 ÉGLISE GNOSTIQUE UNIVERSELLE Une Consécration en Bretagne Le vénérable patriarche de l'Église gnostique univer selle, Jean II Bricaud, vient d’effectuer en France un assez long voyage et de visiter un certain nombre de centres. Jeanll s’est assuré, en Bretagne particulièrement, le concours de nombreux amis, et il a confirmé et consa cré, dans la vieille Armorique, le sacerdoce, déjà ancien, de P.
Verdad-Lessard, dont la juridiction s’étend désor mais sur les cinq départements bretons, en même temps qu’elle continue de s’exercer au sein de la Fraternité des Temps Meilleurs.
La cérémonie de consécration qu’a présidée Jean II a été très touchante et très simple (comme cela devait se passer certainement dans la primitive Église, alors qu’on était toujours sous le coup des persécutions et qu’il fallait se cacher pour transmettre les saints pouvoirs, créer le sacerdoce des temps qui venaient et célébrer les divins offices). Nous souhaitons de nombreuses années de vie terrestre à P.
Verdad-Lessard, et nous nous réjouissons sincèrement de ce que le patriarche Jean II vient de faire pour lui. Nous devons à P. Verdad-Lessard, et à ses amis, une partie du réveil religieux dans un monde qui avait aban donné l’idée religieuse. L’action religieuse de P. VerdadLessard a toujours été liée à celle de Charles Fauvety, dont Lessard est resté, malgré des déceptions et des ruines, après la mort du maître, un disciple fidèle. P.
VerdadLessard est de ceux, très rares dans les milieux religieux libéraux,quionttoujours refusé toutes les popularités, parce qu’il sait que les popularités solides ne peuvent se mainte nir que par la haine. Lessard a en horreur quiconque se sert des haines religieuses ou politiques pour se faire un piédestal et des amis. Il est un sociologue et un philo
280 l’initiation sophe qui croit aux nécessités des religions et qui admire surtout les religions qui ont gardé un caractère social. C’est avec tous ceux qui attendent «le règne de Dieu», qui est celui de la justice et de la vérité, que P. VerdadLessard travaille.
Plus que jamais il continue son œuvre de régénération à la fois religieuse et sociale, qui repose sur l’Ordre et la Liberté, chassant les fantômes et faisant la pleine lumière même dans les consciences les plus malheu reuses et les plus enténébrées par les sophismes contempo rains et l’esprit de domination, qui est l’esprit du mal, du quel il faut délivrer tous les hommes.
Encore une fois, heureuses et multiples années au nouvel élu, régulièrement consacré. Invocation à Thoth Homes Génie émerveillant encor nos âges mûrs Où les hommes n’ont plus besoin de rits obscurs Pour te manifester par chaque conscience, Je t’invoque, Entité de l’Auguste Science !
O toi, le trois fois grand, maître du Verbe Pur Et des mystères saints de l'ineffable Azur, Thoth, qui pèses toujours à ta juste balance Les âmes dont le corps sombre au Champ dti Silence, Thoth, Raison de la Vie, Intellect Créateur, Démiurge idéél, Esprit Ordonnateur De l’immense Univers qui n’est que par ta Flamme, Donne-moi le pouvoir, comme auxscribes sacrés, Des doubles lieux de Vie qui t’étaient consacrés D'œuvrer, dans l’Eternel, l’absolu de mon âme I Combes Léon.
Le spiritisme en Chine En vérité, je doute si je suis qualifié pour traiter aussi grave sujet ; car, je ne sais pourquoi, les esprits ont tou jours mis une mauvaise volonté évidente à manifester devant moi leur puissance ou leur fantaisie. Les tables n’ont jamais consenti à valser et à parler qu’après mon expulsion du nombre des fidèles.
Je dois cer tainement être un affreux mécréant ; beaucoup de gens en sont convaincus et m’en tiennent une certaine rancune. Je me rappelle, entre autres, une certaine séance. La table, agitée par des mains fébriles, avait fini par répondre avec une lenteur majestueuse et au milieu d’un silence reli gieux le mot de Waterloo, ce dont les assistants témoignaient uñe certainesatisfaction, encore qu’ils fussent de fort bonne éducation.
D’ailleurs, ils n'étaient évidemment pas respon sables de la mauvaise humeur de l'esprit. « Si ce cher esprit est grossier, c'est évidemment de votre faute », me dit une aimable fanatique ; et elle ajouta : < Enfin, j'espère que vous croyez, maintenant ? » Alors une idée néfaste me vint en tête. Je déclarai que je ne serais parfaitement rallié au surnaturel que si la table se maintenait toute seule en équilibre sur un seul de ses trois pieds.
« Vous aller le voir ! » s’écria-t-on, et on se mit à sup plier : « Cher esprit, m’entends-tu? cher esprit... oui... tu m’entends, eh bien, donne une leçon à l'incrédule ! » Or il arriva ce fait peut-être étonnant que cet esprit, sans doute facétieux, la donna au contraire à ses fidèles. La table, soulevée par le fluide des mains, se souleva bien sur un de ses pieds, pour s’effrondrer lamentablement sur ceux d’une dame.
Ce fut un abominable scandale ! Rien n’y manqua, même pas l'attaque de nerfs. Je m'enfuis lâche ment. Depuis lors, je n’osai plus jamais assister à une séance de spiritisme en Europe. Mais, en Chine, où il m’importe moins de conserver une
282 l’initiation bonne réputation, je n’ai jamais eu aucun scrupule à essa yer de me mêler à une conversation d’outre-tombe. Dans le Céleste Empire, la table est remplacée par un panier au fond duquel est enfoncée une pointe qui dépasse la paille extérieurement de quelques centimètres. C’est ce panier qui joue le rôle actif. La pauvre table, elle, est rabaissée à un rôle passif.
C’est sur elle qu’on étend soit une couche de sable, soit une couche de grains de riz, sur laquelle la pointe écrira la pensée de l’esprit. Voici comment se déroule l’étrange spectacle : On place trois chandelles rouges sur la table et on les allume tandis qu’on fait l’obscurité dans le reste de la pièce. Comme effet, c'est très réussi.
La flamme des chandelles vacille, et les ombres des assistants, projetées sur les murs, semblent se balancer, à la fois burlesques et effrayantes. Un grand silence règne, entrecoupé parfois du souffle haletant d’un spectateur ému. On sent le mystère qui vous enveloppe : les esprits rôdent. Et les étoffes de soie qui re couvrent les corps frissonnants des assistant crissent légè rement.
Et des faces jaunes, éclairées bizarrement, parais sent grimacer d’une manière diabolique. La mise en scène est vraiment très supérieure à celle usitée en Europe pour les tables tournantes ; c’est autre ment pittoresque et impressionnant. Quand le moment est venu, le médium, d’une voix lente et grave, commence l’invocation. Il prie l’esprit de bien vouloir se rendre dans le panier fatidique.
Et, peu à peu, il s’anime ; il décrit avec chaleur les présents que le panier * renferme, des lingots d’or et d'argent, une chaise à por teur de grand mandarin, un cheval superbement harnaché, et des bijoux superbes, et des parures merveilleuses. En vérité toute cette magnificence est bien contenue dans le papier ; mais en raccourci et figurée en papier peint ou en baudruche colorée.
Probablement l’esprit, qui est libre d’errer à travers lesespaces, a perdu la notion des proportions et le sens exact , de la matière.
X • ’ y LE SPIRITISME EN CHINE Et on en profite pour le tromper cyniquement avec une déloyauté regrettable. Il est vrai qu’en Europe, lorsqu’on oblige Voltaire ou Napoléon à venir secouer les pieds d’un guéridon, on n'est guère plus respectueux. Bref, pour en revenir à celui que le médium chinois est ,en train de duper, je dois avouer qu’il se laisse attendrir et séduire avec une ingénuité qui égale celle de ses con frères d’Europe.
Après quelques hésitations, il entre réso lument dans le panier. Alors le médium place deux jeunes Chinoises, l’une en face de l’autre, de chaque côté de la table ; puis il leur recommande de conserver l’air poli exigé par les rites, c’est-à-dire de baisser modestement les paupières et de , garder une impassibilité d’idoles. Enfin, il leur fait étendre un bras au-dessus de la table et allonger la main.
Le moment solennel est arrivé ; le panier qui contient l'esprit est placé de manière que ses bords reposent sur le bout des doigts des Chinoises. Presque aussitôt le panier commenceàremuer, il entraîne les mains qui le soutiennent; et la pointe trace des carac tères sur le sable. Le gros avantage sur les tables tournantes réside en ce fait que le panier remue toujours et presque tout de suite.
J’avoue que cela ne m’a jamais surpris ; c’est le contraire qui m’eût étonné ; mais j’ai sans tourné. Bref, en très peu de temps, la grimoire diabolique. Le médium, des assistants, y découvre des choses étonnantes. Les esprits en Chine montrent beaucoup d’originalité. Il est vrai qu’on les honore beaucoup plus qu’en nos pays. Aussi, s’appliquent-ils à contenter davantage les vivants.
Je serais tout à fait d’avis qu'on essayât en France le procédé chinois. Ceux qui suivront mon conseil en seront extrêmement satisfaits. doute le cerveau mal table est couverte d’un aidé.par l’imagination
l’initiation ■7-----------— son vivant ; 284 D’abord, la mise en scène avec décor chinois sera très intéressante ; il faudra s’efforcer d’imiter les Jaunes dans leurs gestes rituels et au besoin s’habiller comme eux ; cela augmenterait certainement les chances de réussite. Les trois chandelles sont indispensables ; et il faut qu’elles soient rouges ; qu’on oublie pascet important détail.
Si l’on peut inviter un Chinois à la séance me paraîtrait excellent quand cela ne serait que pour déchiffrer les ca ractères ; car l’esprit peut fort bien ignorer le français. Malheureusement, la plupart des Chinois de Paris affec tent par modernisme de ne plus croire à rien ; mais il n’y a qu’à insister un peu. Je conseillerai d'invoquer principalement l’esprit de Li Hung Chang.
Cet éminent personnage, qui eut sur la vieille impératrice Tseu Hi presque autant d’influence que le grand eunuque, régna par son intermédiaire sur tout le Céleste Empire pendant de nombreuses années. On se rappelle qu’il vint honorer la France de ses grâces. Il y commit même quelques incongruités qui sont restées célèbres. Ce ne serait donc pas un inconnu qu’on évoquerait.
On pourrait lui demander son avis sur des sujets brûlants d’ac tualité, telle la Révolution qui agite son pays. Certaine ment il dirait des choses curieuses. Comme ce grand mandarin est décédé fort dignement des suites d’une indigestion de pâtisseries, il de l’attirer dans le panier fatidique par la succulents gâteaux... Mais Li Hung Chang était fort malin de son esprit doit en avoir gardé une trace.
Aussi serait-il préférable de ne pas essayer de le duper et de placer de vrais gâteaux dans le panier. L’invocation serait facile : « Li Hung Chang, cher esprit, nous avons placé dans ce panier à ton intention des babas au rhum et des éclairs au chocolat. Nous t’autorisons à faire entendre ces bruits d’arrière-gorge par lesquels dans ton pays on témoigne de sa satisfaction à son hôte. Cette poliserait habile . promesse de
guère LE SPIRITISME EN CHINE tesse nous remplira d’aise, encore qu’elle ne d'usage en nos pays barbares. « Et, pour nous récompenser de t’offrir des douceurs, dis-nous, cher esprit, si M. Sun Yat Sen deviendra prési dent de la République ou sera simplement pendu. « Cher esprit, nous t’écoutons !.. » Sa réponse pourrait être transmise aux affaires étran gères ; cela rendrait grand service.
On y demeure très perplexe sur les résultats de la Révolution. Seulement, voilà : nos diplomates seraient capables de se méfier de l’esprit de Li Hun Chang : cet excellent homme en faisant la béte, les a tellement trompés de son vivant ! Enfin, spirites qui me lirez, que ce soit l’esprit de Li Hung Chang ou un autre que vous évoquiez, essayez une séance chinoise.
Je suis sûr d’avance, malgré mon scepti cisme, qu’il se passera quelque chose d’original, sinon de surnaturel. Charles Pettit. Viotre courrier Notre secrétaire de la rédaction, Combes Léon, informe ses nombreux correspondants et les lecteurs de l’Initiation qu’il a quitté sa villa, Thoth Hermès, pour aller habiter : Clos Beau-Mont, route de La Vérune, près Montpellier. Prière de lui écrire dorénavant à cette adresse.
Une personne souffrant depuis octobre lçH d’une maladie de l’œil gauche (iritis ayant fait suite à une conjonctivite chronique) et de la faiblesse générale de l'œil droit, serait très reconnaissante aux occulistes charitables qui daigne raient bien s’intéresser à son cas en lui indiquant des moyens occultes ou des personnes qui pourraient la guérir. Ecrire sous initiales à C.
Ra..., à M. Combes Léon, qui mettra sonnes le malade en communication avec qui pourront bien s’intéresser à lui. le ou les per286 l’initiation Peub-on prédire l’avenir Ainsi que l’écrivait récemment M.
Gabriel Trarieux, un éminent auteur dramatique, des sages et des peuples ont cru à cette possibilité Des civilisations puissantes vécurent dans cette notion ; mais elle s'est éclipsée peu à peu des soucis de la science moderne. Aujourd’hui, quelques esprits déclarent que ce procès doit être révisé. Cette révision, le Journal du Magnétisme etdu Psychisme expérimental va la faire.
Notre confrère fait appel à tous les modes de divination : psychométrie, voyance, lucidité ; graphologie, chiromancie, cartomancie, etc., etc., peu im- , porte le procédé. S'il est possible de prédire l’avenir, il faut arriver à la certitude, non par des raisonnements, mais par des preu ves. C’est la méthode que suivra notre confrère, sans parti pris, en ayant recours aux psychistes de toutes les écoles.
En conséquence, les chercheurs sont priés de vouloir bien consigner des faits précis, scientifiquement constatés, dont ils ont été témoins, et de les transmettre au Journal du Magnétisme, 23, rue Saint-Meri, Paris IVe. BIBLIOGRAPHIE Les forces mystiques et la conduite de la vie, par SÈD1K. — Librairie universelle Beaudelot. Voici une nouvelle série de conférences que Sédir a ■faites, tant à Paris qu’en province.
Le nom seul de l’auteur évoquerait la valeur de l’œuvre nouvelle, mais l’affluence des auditeurs qui se pressent autour de lui prouve bien plus encore l’intérêt de ces conférences. C’est, qu’il nous introduit dans la vie du disciple vrai, « vivant dans une atmosphère de miracles », il nous fait sentir le Christ tout proche, nous fait vivre côte à côte avec Lui. Malgré le désir exprimé de parler au cœur
BIBLIOGRAPHIE • i.87 •d’abord afin de faire tressaillir en nous le germe divin, la' doctrine exposée est magnifique d’élévation et précieuse pour la pratique.
« Les forces mystiques » sont l’infusion des puissances divines en nous, ainsi, dès la première, il nous fait voir la source, au fond de soi, où se tient le Verbe ; ■dans les deuxième et troisième sur le Mysticisme, il montre les moyens généraux de modifier notre être de telle sorte <jue le Verbe nous devienne accessible. Dans la quatrième, il expose l’action curative du Verbe, spirituelle, psychique et matérielle, dans les Guérisons du Christ.
Après ces étapes, l’âme devient clairvoyante et prend -contact avec les Esprits qui forment l’objet de la cinquième conférence. Dans la sixième, l’art de se disposer à rece voir les Songes, à les comprendre et les diriger est exposé. L’acte d’ou découlent tous les actes sains : la Prière, où les forces théurgiques s’infusent en l’être pour rayonner dans le Monde, est expliqué dans la septième.
Les Tenta tions du Christ, huitième conférence, permet de comprendre et de pratiquer le contrôle et la direction des désirs. La neuvième conférence : le Maître, montre les différentes ser vitudes auxquelles l’homme se plie, inconsciemment, et le Maître qu’il peut librement accepter et servir. La dixième, qui traite de la Mort, est l’une des plus curieuses et bous culera certainement maint préjugé.
L’Initiation chistique, mode de vie universelle au-dessus des « initiations >, modes particuliers dans la vie universelle, la conscience s’élargis sant jusqu’aux abîmes, tel est le thème de la onzième con férence. Après la Régénération précédemment apparue, le Disciple va œuvrer: c’est l'Apostotat ; le rayonnement des puissances divines incarnées en lui .s’étend dans le Monde et provoque de nouveaux cycles.
Nul sujet ne con venait mieux pour couronner ces causeries que celui de la •douzième conférence. Il n’y a nulle terminologie obscure; écrite dans un style clair, sobre, élevé, mais suggestif, cette nouvelle série s’adresse à tous, apportant un aliment substantiel à notre soif d’idéal. Kadochem.
l’initiation Imprimerie de l’initiation, 15, rue Séguier, Paris, Le Gérant : G. Encausse Le Roi Salomon, drame mystique, par la Princesse Mary Karadja — Vol. in-16 carré, de luxe, avec dia grammes et shemas. — A Londres, chez Kegan Paul, Broadway House, Ludgate Hill. Nous présentons avec un grand plaisir le présent livre aux étudiants de la tradition judaïque et du symbolisme maçonnique.
Ce livre est un poème ésotérique qui décrit les mystères de l'initiation intérieure sous la forme d’un drame dont les acteurs sont le roi mage, la sulamité et la reine de Saba. Toutes les phases de la régénération se trouvent ici dramatisées par la forme la plus poétique et la plus noble.
Depuis les œuvres énormes de Mme Blavatsky, aucune femme n’avait su, dans la littérature ésotérique, condenser un aussi grand nombre de mystères, et accu muler une telle somme d’érudition précise et claire. La princesse Karadja nous appiend qu’elle reçut, en lç04, une initiation mystérieuse qui, autant qu’il nous a été pos sible de nous en assurer, se rattache d’assez près aux doc trines de la Rose-Croix primitive.
Si, sur quelques points isolés, nous ne partageons pas tout à fait ses opinions, et si nous pensons que son système ne concorde pas exacte ment avec la doctrine pure et si peu connue de l'Evangile, nous reconnaissons par contre qu’il y a aussi bien dans ce poème que dans ces commentaires une mine de documents, d’idées et d'intuitions, à explorer même pour des étudiants fort avancés et nous adressons à l’auteur les plus vives félicitations pour la richesse intellectuelle etsymbolique de cette œuvre.
La princesse Karadja est la fondatrice et la présidente de l'Alliance gnostique Universelle, dont le but est de diffuser la connaissance des grandes lois spirituelles pour lutter contre les forces de meurtre et de désagrégation qui empoisonnent l’atmosphère contemporaine. Tous les renseignements à ce sujet seront fournis par Lady Lumb à Folkestone.
Bientôt, d'ailleurs, les travaux de cette Alliance seront publiés dans une revue à grand format qui s’appellera « Sophia ». Tous nos vœux pour la réussite de ses entreprises. SfeDIR.
Librairie Générale et Internationale G. FICKER ■ PARIS — 6‘, rue de Savoie, 6 — PARJS SENSATIONNEL ! Vient. de paraître : MÉTHODE PRATIQUE Pour produire LE CHARME ET LA FASCINATION Sur n’importe quelle personne sans passes magnétiques Par CALYPSO . Volume 28/22 c. ni., broché.............................
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On reconnaît la rareté et l’intérêt des planches hermétiques et magiques de Khunrath; jusqu’à présent, ces planches étaient sans valeur, puisqu’elles n’étaient pas accompagnées de leur texte. Les docteurs I’apus et Marc Haven ont remédié à cet état de choses en publiant, chez. M. G. Éicker, une édition de luxe donnant l’explication de chaque gravure, .